Merci à Ezra Robin : j'espère que cette suite te satisfera ! :)
Merci à Brenda : Ouais Vega est un peu comme toi et Maïmouna ;) Oh je crois que maintenant on va lui foutre la paix ! Délia, ça m'a un peu fait mal de les séparer, mais il le faut.
Merci à CFLM Angel ! Enjoy :)
Merci à Picotti : Oui je suivrai le canon. Oh j'ai tenté de trouver un moyen de faire survivre Sirius. Mais il ne peut en être autrement, c'est triste à dire mais Sirius doit mourir. Pour la suite de Harry Potter mais aussi parce que c'est le paroxysme de mon histoire. Et oui c'est très ironique et terriblement triste. C'est la vie comme on dit... Je n'aime pas particulièrement Harry mais ce n'est pas un idiot ;)
Bonne lecture et partagez votre avis ! :)
Chapitre 25 : Vieux souvenirs
« Oh non en vérité c'est très drôle ! Nous étions en mission ensemble pour repérer des Mangemorts, ils étaient derrière Fol Œil et moi quand elle a dit : « Il est plutôt pas mal, hein, malgré Azkaban. » »
Ma mère avait le visage fermée, apparemment elle ne trouvait pas cela très amusant. Sirius le remarqua et il rit doucement.
« Oh mon étoile, tu devras être fière. Ton homme est diablement attirant !
- Ouais c'est ça. » marmonna-t-elle
Il embrassa la paume de sa main qui était posée sur son torse deux secondes plus tôt. Debout derrière lui, alors que nous étions assis à la table, elle écoutait également le récit de la déclaration à demi-mots de Tonks à Remus.
« Comment est-ce que tu sais ça d'abord ? demanda ma mère.
- Etre Animagus décuple les sens et par conséquent aiguise l'ouïe. Alors tes marmonnements Véga, je les entends. » s'amusa-t-il.
Il était vrai que ma mère avait la mauvaise habitude de maugréer tout bas.
« Je ne suis pas jaloux de toi Sirius, déclara Remus d'une voix clame et maîtrisée.
- Je cite : « C'était toujours lui qui attirait les filles. » Vraiment Lunard, même pas un petit peu ?
- C'était également toujours toi qui attirais les problèmes.
- Ça va ensemble ! » s'exclama-t-il hilare.
Maman lui donna un coup dans l'épaule et il pencha la tête vers elle, lui envoyant un clin d'œil.
« Quoiqu'il en soit, savez-vous ce qu'elle lui a répondu ? »
C'était une question rhétorique et il n'attendit que quelques millièmes de secondes pour poursuivre son histoire.
« Si tu arrêtais un peu de t'apitoyer sur ton sort, tu verrais très bien pour qui j'ai succombé ! »
J'ai regardé Remus qui avait visiblement l'air gêné.
« Et qu'as-tu répondu ? lui ai-je demandé.
Il n'a rien dit et j'ai compris qu'il s'était tu aussi devant Tonks. Sirius allait faire une remarque mais ma mère mit une main devant sa bouche, l'empêchant de parler :
« Ne sois pas désobligeant, tout le monde n'a pas ton assurance. »
Posant son regard sur le loup-garou elle s'adressa à lui :
« Je sais que pendant longtemps tu as considéré que je ne méritais pas Sirius, tu avais peut-être raison, je n'étais pas la meilleure personne qui puisse exister. Et je ne t'ai pas traité comme j'aurais dû. J'ai voulu utiliser ta faiblesse comme je le faisais avec tous mes ennemis alors que tu étais l'ami de quelqu'un qui comptais pour moi. Je ne m'en suis jamais excusée, alors je te demande pardon. Quoiqu'il en soit, ce que je voulais initialement dire c'est que tu penses que tu ne la mérites pas, parce que tu es plus âgé, pauvre et que tu es…tu sais un loup-garou. J'étais mauvaise, cruelle et égoïste, mais Sirius m'aimait quand même, l'imbécile ! Il passait outre parce qu'il savait au fond de lui qu'il avait plus que cela à l'intérieur de moi. Je ne nous compare pas, nous sommes très différents, tu es bon, altruiste et presque un martyre. Tu préfères souffrir de ne pas l'avoir à tes côtés alors que tu en meures d'envie plutôt que la condamner à être avec toi, toi qui ne la mérites pas. Mais c'est là que tu te trompes Remus, tu ne la condamnes à rien, elle choisit d'être avec toi et elle a décidé que tu la méritais. Tu es celui qu'elle désire Remus, toi et pas un autre. Alors ne la repousse pas en pensant qu'elle finira par trouver quelqu'un de mieux. Tu n'es pas sûr de vivre encore longtemps, la guerre approche, les morts se multiplient, ne perds pas cette chance d'être un peu heureux. Pour une fois sois égoïste Lupin. »
L'atmosphère était intense, pas lourde, non mais décidément étrange, chargée d'émotions. L'homme à la chevelure de bronze se leva, fit le tour de la table et prit soudainement la femme qu'il n'avait pas toujours appréciée dans ses bras. Je savais que ma mère respectait Remus désormais, mais ce n'avait pas non plus été toujours le cas.
« Tu le mérites désormais Véga. Je ne pensais pas dire cela un jour, mais tu es celle qui lui faut. »
Sirius souriait légèrement. Pour une fois son rictus n'avait rien d'amusé mais il était sincère, doux, presque mélancolique. Et puis son expression pure, sans artifice disparut sous un masque et il rétorqua :
« Tu nous donnes enfin ta bénédiction Lunard ? »
Ceci détendit considérablement l'atmosphère et nous rîmes. C'était son rôle, n'est-ce pas, parmi les Maraudeurs, il était le plaisantin, le blagueur, celui qui ne prenait jamais rien au sérieux. Mais j'étais heureuse d'avoir entraperçu un autre aspect de lui qui le rendait plus intéressant. Il pouvait être bien plus qu'un bon copain avec lequel on se marrait autour d'une bierraubeurre.
Weasley entra soudainement dans la pièce, son regard se posa d'abord sur moi puis sur ma mère qui l'invita à s'asseoir manger l'assiette qu'il avait entre les mains avec nous à table. Mais avec un coup d'œil mauvais il repartit.
« Laisse tomber Véga, la rassura Sirius avec un sourire tendre.
- Peu importe. » maugréa-t-elle.
Cela fit rire de nouveau le brun qui récolta une tape joueuse sur la tête.
« Outch ! Ne sois pas si cruelle, il a déjà si peu de neurones ! plaisanta Remus.
- Dis-moi, ce n'est pas bientôt la pleine lune ? Il te reste des potions tue-loup ?
- Servillus devait m'en ramener mais je suppose qu'il savoure sa petite vengeance de me faire attendre.
- Viens je vais t'en préparer une.
- Tu le peux ?
- Pour qui me prends-tu ? »
Elle leva son annulaire gauche et fit miroiter la bague d'argent sertie d'émeraudes.
« Serpentard un jour, Serpentard toujours ! » claironna-t-elle.
Et il était bien connu que les Vert-et-Argent avaient une facilité pour les Potions. Après que ce soit dû au professeur ou à des qualités naturelles…
« J'aimerais sortir à l'air frais un moment. Est-ce que…tu voudrais m'accompagner ? demandais-je à mon père.
- Bien sûr. Le jardin n'est pas très accueillant, rajouta-t-il quand nous y arrivâmes.
- Comme le reste de la maison je suppose.
- Merci bien ! rigola-t-il. Tu m'insultes déjà, sympa ! »
Je détournai la tête, embarrassée. Ce n'était pas ce que je voulais dire. Visiblement conscient de ma honte il ajouta légèrement :
« Ne t'inquiète pas Selena, moi non plus je n'aime pas cette maison ! J'ai essayé comme j'ai pu de la rendre vivable avant que l'Ordre ne s'installe mais apparemment Molly n'a pas l'air satisfaite de mes talents ménagers ! C'est la seule chose que j'ai faite dont je suis fier, dit-il en indiquant la planche de bois tenue par les cordes.
- La balançoire ? »
Il hocha la tête et je lui souris. Je m'avançais vers l'objet et il me suivit. Doucement, il commença à me pousser alors que je m'y étais installée. Je n'allais pas très haut. C'était agréable mais si on voulait profiter de la hauteur il n'y avait rien de mieux que le balai.
« Je me demandais… commençais-je.
- Oui ?
- Si tu en voulais à Maman de ne m'avoir jamais parlé de toi.
- Ce n'est pas tous les jours facile de me dire que pendant quatorze ans de ta vie je n'existais pas, tu n'avais aucune idée de qui j'étais, de qui était ton père, mais non je ne n'en veux pas à ta mère. Je ne l'ai jamais fait. Ça n'aurait aidé en rien de te le dire. Tu auras fini par te renseigner sur moi et qu'aurais-tu découvert ? Que j'étais un traître, un criminel, un meurtrier. Cela aurait pu te détruire. Il valait mieux que tu ne saches rien. J'ai conscience que cela a dû être difficile de grandir sans père, sans rien à quoi te raccrocher. Tu n'avais aucune idée de la raison de mon absence et c'est ce qui me fait le plus mal. L'éventualité que peut-être un jour tu aies pensé que j'avais délibérément choisi de t'abandonner, que je ne t'aimais pas, que tu m'étais indifférente. Il y a tellement de choses que j'aurais voulu te dire avant de t'être arraché, avant que tu disparaisses de ma vie. Tellement de choses. Je me les suis répétées en boucle pendant tout ce temps, ces douze longues années. Ça m'a aidé à tenir, ça m'a donné une raison de lutter. Puis de m'évader. Pour Harry, pour ta mère, pour toi.
- Tu pourrais me les dire maintenant, chuchotais-je.
- Je pourrais mais euh… »
Il parut gêné et je fis tourner la balançoire dans l'air, entortillant les cordes pour me retrouver face à lui. Il était en effet embarrassé, le visage teinté de rouge. Il passa une main dans sa chevelure sombre et bouclée.
« Attends-moi deux minutes, je reviens. »
Je le regardais partir et penchai la tête sur le côté, intriguée. J'étais encore troublée par sa déclaration. Comme un peu plus tôt, je découvrais un Sirius plus honnête, plus…sensible. Il était un homme blessé, brisé qui retrouvait peu à peu la force de se battre pour reconquérir ce qu'il avait perdu un jour. Son dos était encore légèrement courbé et je devinais la souffrance qu'il avait dû endurer et le poids qui devait peser sur ses épaules. Il avait enfermé douze ans dans une cage avec comme seule visite celle des Détraqueurs qui avaient tenté d'aspirer jour après jour des morceaux de son âme. Comment pouvait-il encore tenir debout ?
Un sourire triste s'étira sur mon visage et je réprimais la vague d'émotion qui me prit. J'entourais le haut de mon nez avec mon index et mon pouce en serrant les dents. Glissant mes doigts le long ses mes arcades sourcilières je cachais mon visage derrière ma main. Respirant longuement je contrôlais mon corps et me remis droite, comme si rien ne s'était passé.
Il réapparut dans mon champs de vision et je souris tentant de paraître sereine malgré la crispation qui rôdait telle une ombre en moi. Tout en s'approchant il me tendit une fiole dans laquelle flottait un mélange inidentifiable, entre le liquide et le gazeux.
« Je suis un grand bavard et un blagueur inconditionnel mais pour ce qui est de traduire mes sentiments, je dois avouer que je ne suis pas bien doué. J'espère que tu ne m'en veux pas mais je préfère te donner ça. C'est bien plus que je ne pourrais te dire. »
Je le remerciai silencieusement et enfouis le flacon dans une des poches de ma veste en jean. Nous décidâmes de rentrer et alors qu'il allait disparaître dans l'obscurité de la lugubre maison je déclarai :
« Merci Sirius, pour la balançoire. »
Il posa sa paume sur ma joue tendrement puis rajouta :
« Oh au fait Lena, la pensine est dans la chambre en face de la tienne, celle de mon petit frère.
- Regulus ? Tu étais proche de lui. »
Il eut un sourire mélancolique puis ses yeux se mirent à pétiller :
« Oh je suppose que j'étais jaloux de lui lorsque nous étions petits. Il était le préféré, l'espoir de la famille, le fils parfait, mais finalement j'aurais voulu être là pour lui au lieu de m'éloigner par rivalité. Je ne peux m'empêcher de me dire que s'il a fait des mauvais choix c'est en partie à cause de mon absence. Il avait peur de se rebeller, j'aurais dû lui procurer le courage qui lui manquait. Nous ne nous entendions pas à merveille, mais il était mon petit frère. Je suis heureux qu'il ait trouvé la bravoure de tenter de défaire Voldemort, même s'il a dû le payer de sa vie. Je considère que nous devons être prêts à nous impliquer corps et âme dans notre cause. Et si nous devons mourir, qu'il en soit ainsi.
- C'est plutôt extrême !
- Tu le sauras quand tu auras trouvé une chose ou une personne pour laquelle tu seras prête à mourir.
- J'espère ne jamais l'être.
- La souffrance peut faire peur, mais parfois la félicité est telle qu'elle surpasse toute douleur et à ce moment tu comprendras que tu l'es, que tu le veuilles ou non. »
Il embrassa le haut de mon crâne et je me rendis compte de ma taille comparée à la sienne. Oh il n'était pas exceptionnellement grand, non, mais je devais être exceptionnellement petite. Je restais immobile un moment, serrant la fiole entre mes doigts, puis attrapant la rampe je rejoignis la chambre de Regulus Black.
La chambre était parfaitement rangée, seuls des livres de magie noire traînaient sur le bureau en bois sombre de mon…oncle. Comme si personne n'avait touché à rien depuis sa mort. Derrière les vitres d'une armoire en verre se trouvait la fameuse pensine que j'effleurais du bout des doigts. Je n'en avais jamais vue. Elle était plutôt épurée, comme une large coupelle en argent dans laquelle tournoyait un liquide bleuté et vaporeux.
Je n'osai pas sortir tout de suite les souvenirs de Sirius. Pas encore. Il me fallait un instant. Je pris la bassine entre mes mains et m'assis sur le lit somptueux du feu fils Black. Mes yeux ne quittaient pas les vaguelettes qui remuèrent à peine quand j'expirais longuement avant de verser les filaments de mémoire dans le pensine. Les brins se tortillèrent sur eux même, tournant, plongeant comme si la coupelle n'avait pas de fond et je me sentis attirée dedans comme si ma tête s'allongeait.
L'instant d'après mon corps était en chute libre dans le ciel gris de Londres. Les toits des maisons se rapprochaient considérablement et je fermais les yeux, horrifiée. C'était désarmant, je n'avais aucun contrôle sur mon être. Je tombais et je ne pouvais l'arrêter. Soudain alors que mon cœur battait à tout rompre, mes membres touchèrent le sol, mais ce ne fut étrangement pas violent. Non ce fut comme si un fil me retenait par les pieds et venait de m'empêcher de percuter le carrelage.
Papillonnant des paupières, je découvrais le décor. La pièce était aveuglante de blancheur. Il n'y avait pas de doute, je me trouvais dans un hôpital. Tout était trop propre. Trop lumineux. Et l'odeur ! C'était un mélange de désinfectant et de médicaments.
Un homme me tournait le dos, son dos courbé vers une chose qu'il tenait dans les bras et qu'il berçait régulièrement. Sa chevelure me permit d'affirmer qu'il s'agissait de Sirius. Il était en train de babiller joyeusement, totalement gaga et ridicule.
« Oui tu es à croquer ! Tes joues sont comme du chocolat ! Oh tu es adorable ma toute petite étoile ! Évidemment que tu n'aimes pas que je te dise cela, tu as le caractère de ta mère, mais tu n'es pas obligée de serrer mon doigt dans ta minuscule bouche. » rigola-il.
Il se retourna doucement tachant de ne pas réveiller le bébé dans ses bras. J'étais ce bébé sans aucun doute. Ma toute petite poigne était accrochée à la chemise de mon père, près de son cœur tandis que son doigt dans ma bouche avait dû m'aider à me calmer. Son regard était posé sur mon modeste être, doux et aimant alors qu'un sourire illuminait son visage plus jeune que celui de l'homme vu il y a cinq minutes.
« Tu es ma toute petite fille, mon étoile naine, ma déesse de la nuit. Selena Whiteraven-Black. Ma vie. »
Tout d'un coup je fus aspirée loin de cette scène, loin de cet homme si affectueux et dévoué à celle que j'étais alors et j'atterris sur un parquet de chêne clair. J'entendis des éclats de rire et découvris de l'autre côté de la pièce Sirius et mon alter ego âgé d'à peu près quoi…un an ?
« Allez Lena s'il te plaît laisse Papa coiffer tes cheveux ! Ça fera plaisir à Maman et Papa aime quand Maman est contente, elle est beaucoup plus facile à vivre, si si je t'assure. »
Quelqu'un toussota derrière moi et nous nous retournâmes Sirius et moi en même temps. Une superbe femme avança jusqu'à son mari, s'accroupit pour se mettre à sa hauteur et pencha la tête sur le côté.
« Vraiment ? Je ne suis pas facile à vivre ?
- Oh mon cœur ne le prend pas mal, tu sais bien que…
- Que quoi ? » demanda-t-elle en levant un sourcil, un sourire mi-amusé mi-sadique sur les lèvres.
Sirius me prit dans les bras, enfin mon moi minuscule et me tendit à ma mère.
« Tiens regarde comme ta fille est belle ! »
Elle s'esclaffa puis déclara faussement menaçante :
« Tu ne t'en sortiras pas ainsi Black.
- Je n'ai pas peur Whiteraven, car si tu me tues je mourrais en étant l'homme le plus heureux du monde, entouré des deux femmes de ma vie.
- Tu n'as pas intérêt à en avoir d'autres ! »
D'un baiser il fit disparaître la moue sur le visage de Maman. Leurs visages rayonnant d'un doux bonheur devinrent de nouveau flous puis la foule me bouscula. Je me retrouvai dans un salmigondis de robes de sorciers. Sirius était traîné par une dizaine d'hommes pointant leurs baguettes sur lui. Il fut jeté devant une femme aux traits sévères et cruels.
« Madame la Ministre de la Magie, que devons-nous en faire ? »
Ses paroles résonnèrent contre les briques de marbre noir du Ministère alors que la sorcière observait avec mépris mon père allongé au sol, le visage boursoufflé et tâché d'ecchymoses violacées. Du sang coulait de son nez et je me sentis enragée. J'aurais voulu lancer des Impardonnables à ces connards qui le maintenaient à terre, le frappant de leurs pieds que ce soit nécessaire ou non.
Après un moment pesant de silence durant lequel elle avait fait tourner sa baguette entre ses doigts, elle répondit enfin :
« Mettez-le dans une cellule. Il sera transférer demain à Azkaban. »
Un des Aurors leva la tête étonné.
« Sans vouloir manquer de respect Madame La Ministre de la Magie, Black n'a pas eu de procès, selon les Droits du Magenmagot, tout accusé à le droit à…
- Vous ai-je demandé de me réciter tous les articles de loi ?
- Non Madame mais…
- Dans ce cas-là, Monsieur Scrimgeour, vous feriez mieux de vous taire si vous ne voulez pas finir sans travail.
- Bien Madame. »
L'instant d'après les Aurors tiraient de nouveau Sirius jusqu'à ce qu'ils le jettent au fond d'une cage sombre et sale.
« S'il vous plaît, murmura-t-il d'une voix faible alors que les hommes partaient, prêts à refermer les barreaux qui l'emprisonnaient.
- Qu'est-ce qu'il y a Black ? Tu te sens mal ? Tu voudrais peut-être que je t'apporte un oreiller en plume d'hyppogriffe ? Un verre d'eau ? Ou même ta petite femme, histoire que tu la baises une dernière fois ! »
Sirius se jeta sur lui avec ce qu'il lui restait de forces et son assaut fut rapidement réprimé par le groupe d'Aurors. Dix contre un, vraiment ? Quel courage !
« Si vous touchez ne serait-ce qu'à un seul cheveu de ma femme, je vous retrouverais, chacun de vous et on ne m'appellera plus un meurtrier pour rien !
- C'est bien beau les menaces Black, mais je ne crois pas que tu sois en position de le faire, après tout c'est toi qui sera enfermé à vie d'ici demain. Mais ne t'inquiète pas, on ne lui fera rien à ta petite femme ! Par contre ta gamine ! » rajouta-t-il.
Sirius attrapa le col de la robe du sorcier et lui cracha ces mots :
« Touche à ma fille et je m'assurerais que tu n'en auras jamais.
- C'est ça Black, rétorqua-t-il en se dégageant de son emprise. Fais de beaux rêves clébard ! »
Le corps de mon père retomba sur le sol, épuisé et des larmes coulèrent le long de ses joues. Dans un dernier effort il leva sa main et la posa tout contre son torse, sortant de sous sa chemise un pendentif que je pris sur le moment pour un serpent. J'en fus étonnée. Que faisait Sirius, un Gryffondor valeureux avec un serpent autour du cou ? Puis en me rapprochant je constatais qu'il s'agissait d'un S et je sus qu'il n'était pas pour Sirius mais pour Selena. Sans que je ne puisse le contrôler, une larme roula sur mon visage également puis je fus happée lui de mon père. Comme si le fil qui m'avait retenue me tirait désormais, m'élevant dans les airs de Londres avant de me faire retomber sur le lit de Regulus Black au Square Grimmaurd.
Tout ceci n'était pas un rêve, en témoignait ma joue mouillée et je me laissais m'affaler sur les draps de velours sombres. Je fermais les yeux, toutes les images auxquelles je venais d'assister refaisant surface dans mon esprit, m'empêchant de penser clairement. Son amour pour moi était tangible et c'en était étouffant. Je ne pouvais pas le supporter. Car cet amour me donnait envie de l'aimer à mon tour, de reconnaître que je l'appréciais. Et si je le faisais c'en était fini de moi. Je serais faible. Accablée par mes sentiments contradictoires, je me laissai emporter par le sommeil.
Je marchais parmi la foule jusqu'à ce que mes pieds me conduisent devant Les Trois Balais. Je pénétrais dans le pub et aperçus Cassandra qui me fit un signe. Je la rejoignis à sa table et me laissais tomber sur la chaise en face d'elle. Elle me tendit une bierraubeurre en me saluant.
« Alors comment est-il ? »
Je souris devant son accueil abrupt et bus une gorgée avant de répondre :
« Déconcertant.
- Comment ça ?
- Je m'attendais à un blocage, de ma part surtout, mais... »
Elle leva un sourcil et je déglutis.
« Je l'apprécie. Beaucoup.
- Et c'est déconcertant ?
- Oui parce qu'il a détruit chacune de mes barrières à la vitesse d'un nimbus. Cela fait à peine une semaine que je le connais mais je serais prête à tout pour ne plus le perdre. Et je déteste ça. Parce que cela me rend vulnérable.
- Oh tout le baratin "l'amour est une faiblesse".
- C'en est une quand on ne le contrôle pas. Et ce genre de lien est incontrôlable. »
Il y eut un silence pendant lequel elle me sonda de ses yeux améthyste.
« Mais tu ne vas pas le rejeter.
- Non.
- Bien. »
Je tapotais le bois de la table avec mes doigts et rajoutais :
« Il m'a demandé d'espionner Hyperion. »
Elle se redressa sur sa chaise, soudainement intriguée.
« Tu veux dire...
- Lui soutirer des informations.
- Et... Tu vas le faire ?
- Oui. »
Elle eut un mouvement de surprise et pencha la tête sur le côté. Oui, je m'étonnais également. Ce n'était pas mon genre.
« Je croyais que tous les deux vous étiez... plutôt proches.
- On peut dire ça. »
Je ris intérieurement et déclarais d'un coup :
« Nous avons couché ensemble. »
Elle faillit recracher sa boisson et toussa en écarquillant les yeux.
« Répète-moi ça.
- Tu m'as bien entendue McFear.
- Oh Morgane tu es terriblement mal !
- Je sais.
- Mais...c'était sérieux ? »
Il me fallut réfléchir avant de répondre. Je n'en savais trop rien. Est-ce que cela signifiait quelque chose ? Je repensais à sa main frôlant la mienne avant de transplanter devant le Square, à ses bras autour de moi, à sa bouche sur mes lèvres. Et à ses yeux posés sur mes pupilles sombres. Ce fut ce qui me décida.
« Oui, déclarais-je.
- Morgane..."répéta-t-elle avant de se caler de nouveau contre le dossier de son siège.
Je pensais exactement la même chose. Je ne voulais toujours pas faire cela mais je le devais.
« Tu vas lui mentir alors ? »
Je hochais seulement la tête dans un signe affirmatif.
"Je n'aime pas ça Whiteraven. C'est dangereux.
- Je sais bien, soupirais-je. Mais que veux-tu, si je peux aider à faire tomber Voldemort.
- Moins fort imbécile, Malefoy est à quelque table de nous."
Je me retournais discrètement mon cœur battait à la chamade. Hyperion était ici. Elle rit en observant ma réaction.
« Désolée il va falloir que je sois rigoureuse désormais si je ne veux pas qu'à chaque fois tu nous fasse une syncope. Je parlais de Drago Malefoy. »
Je soupirai, à la fois soulagée et déçue.
« Que dois-tu récolter comme informations ?
- Je n'en sais rien, n'importe quoi je suppose. Je ne sais même pas s'il est au courant des agissements des Mangemorts.
- Ouais... En tous cas sois prudente Whiteraven. »
Je souris en répondant :
« Merci McFear. »
Elle fit sonner son verre contre le mien en claironnant :
« À Selena l'agent secret ! »
Elle ricana et nous avalâmes une longue gorgée du liquide ambré.
« Alors tu as couché avec lui ? Comment était-ce ? Est-ce qu'il mérite toutes ces rumeurs ? »
Mon sourire sembla être une réponse suffisante pour elle.
« Whaoa la nouvelle tu ne t'en fais pas ! Tu ne te contentes pas de n'importe qui ! Mais celui qui m'étonne le plus c'est lui, il faut dire.
- Comment ça ?
- Et bien toutes ces rumeurs sont certainement là pour une raison mais en vérité pendant un temps j'ai cru qu'il était gay.
- Malefoy gay ? »
De quoi parlait-elle Merlin ?
« On le disait dieu du sexe mais aucune de ces aventures avec des filles qui prétendaient avoir été dans son lit n'a pu être prouvée. Ce n'étaient que des rumeurs et je n'aurais pas été étonnée qu'elles aient été lancées pour préserver la réputation de notre cher Roi.
- Tu veux dire qu'il ne s'est jamais affiché avec une de ces filles.
- Non jamais. »
Ça promettait. Tout d'un coup la rentrée me paraissait effrayante. Moi qui avais tant voulu le repousser sans jamais y arriver, allais-je être mise au coin comme une vulgaire chienne. Il allait voir ce petit connard ! S'il croyait pouvoir se payer ma baguette ! Me prendre puis me dégager telle une catin !
« Respire, ça va aller. Peu importe ce ne serait pas la fin du monde. » me dit-elle comme si elle avait lu dans mes pensées.
Plus rien n'allait. Je devais me contrôler. Ce n'était pas bon de me mettre dans tous mes états, surtout pour un garçon. Mon visage devait être impénétrable. Froide, impassible et lointaine. Bien.
« Et toi ton début de vacances, lançais-je pour changer de conversation.
- Oh pas grand-chose, j'ai vu Rafael il y a quelques jours.
- Il y a quelque chose entre vous ?
- Oh non, rigola-t-elle. Lui par contre est bel et bien gay ! »
L'atmosphère s'allégea et bientôt je pus respirer tranquillement sans sentir mon cœur se serrer en pensant à Hyperion. Le sortir de me tête me faisait de l'air. Il était comme un poison, un virus m'ayant infecté que les déblatérations de Cassandra alliées à la bierraubeurre firent disparaitre de mon esprit en conflit.
Me concentrant sur ses paroles, aussi futiles puissent-elles être, je me pris à son histoire et rigolais même quand elle me parla de sa rencontre malencontreuse avec Acanthus dans les toilettes d'une soirée bien arrosée, la tête dans la cuvette. Tout allait bien.
Ma mère me prit dans ses bras en me serrant contre elle.
« Tu vas me manquer ma petite étoile.» Me chuchota-t-elle à l'oreille.
Lupin, à ma grande surprise me souhaita également un bon voyage en reposant sa main sur mon épaule.
« Fais attention à toi, ajouta-t-il. Ne te mets pas en danger inutilement, tout ne repose pas sur toi, alors ne fais pas de folie.
- Peut-être que vous devriez en faire un peu plus, rétorquais-je avec un clin d'œil. La vie est courte.»
Il jeta un coup d'œil à la femme aux cheveux roses qui me salua d'un air réjoui. Au moins une qui ne faisait pas acte mélodramatique. Ce qui n'était pas le cas de Molly Weasley qui embrassait chacun des enfants pendant de longues minutes pour chacun d'entre eux, autant dire que cela prenait du temps !
« Allez ma chérie, il est temps de les laisser repartir pour Poudlard ! lui dit son mari en la tirant gentiment.
- Oh Arthur laisse-moi un peu de temps, on dirait que cela ne te fais rien de voir tes enfants partir si loin de toi !
- Molly voyons tu vas les accompagner à la gare !
- Et alors ! »
Oh pitié ! Aussi gentille que la mère Weasley pouvait l'être, j'étais ravie de ne pas devoir subir ces interminables aurevoirs. Et dire que j'allais devoir faire le chemin avec elle…
Sirius disparut de la pièce et je fus déçue. Il avait longuement parlé à Potter mais à moi il ne m'avait presque rien dit, et il s'en allait ainsi. Très bien. Mais l'instant d'après un gros chien noir apparut dans mon champ de vision et je fis le rapprochement immédiatement.
« Oh pour l'amour du ciel, Sirius, Dumbledore a dit non ! Non, mais vraiment…, se lamenta Mrs Weasley. Oh et puis, après tout, fais comme tu voudras !»
Il était évident qu'elle n'était pas ravie à l'idée d'emmener Sirius faire un tour, si l'on peut dire. Le chien se mit à tournoyer autour de moi et je lui souris, caressant son pelage sombre comme la nuit.
« Allez c'est parti les mômes ! s'exclama Fol Œil. Et surtout n'oubliez pas…
- Vigilance constante ! s'esclaffèrent les jumeaux.
- C'est ça.» grogna le borgne.
Sur le chemin Sirius s'amusa avec des pigeons, aboya sur d'autres molosses, remua sa queue de bonheur. On aurait dit qu'il n'était pas sorti à l'air libre depuis des mois ! Et en y réfléchissant bien l'éventualité n'était pas si stupide. Il était toujours recherché par les Aurors et ne pouvait sûrement pas se balader aux yeux de tous. Pourtant, même si j'étais consciente du danger qu'il courait, j'étais heureuse qu'il nous accompagne. Je savais qu'il ne le faisait pas seulement pour moi. Depuis que Potter lui avait parlé de sa maudite cicatrice qui lui faisait mal, Sirius s'inquiétait terriblement pour lui. Comme s'il n'avait pas déjà assez d'attention ! J'étais mauvaise, je le reconnaissais mais je ne pouvais contrôler ce sentiment en moi qui ne me plaisait pas.
Quand nous atteignîmes la gare, nous traversâmes une arcade pour pénétrer dans le quai 9 3/4. C'était déroutant et amusant. La première fois que j'étais venue, nous avions transplané ma mère et moi. Sirius se dressa sur ses pattes de derrière et posa celles de devant sur les épaules de Potter et le mal de ventre me reprit. Je détournais le regard et aperçus Hypérion à l'autre bout du quai. Il était avec sa mère qui lui ajustait correctement sa cravate aux couleurs de Serpentard. Ils ne me virent pas. Tant mieux peut-être, je n'étais pas prête à affronter son regard indifférent. Pas encore. Mais à la fin du voyage dans le Poudlard Express, il fallait que j'aie trouvé un moyen de l'être.
Je sentis un museau se frotter contre ma paume et je souris tout en baissant la tête pour croiser le regard tout à fait lucide de Sirius. Je m'accroupis et me retrouvais plus petite que lui. Chasser les habitudes et elles reviennent au galop ! Je grattais l'arrière de ses oreilles et il grogna de plaisir. C'était vraiment étrange mais cela me fit rire. Je crois que je ne me sentais plus autant gênée que quand je me trouvais face à lui humain. Il aboya en courbant sa tête pour toucher son collier du menton. J'y portais mon attention et découvris un petit papier plié que j'ouvrais discrètement.
Lena, si jamais tu as besoin de me parler, n'hésite pas un seul instant. Si tu dois m'envoyer une lettre adresse toi à Patmol et sinon le réseau de cheminée suffit. Enfin…c'est si tu le désires, je ne serais pas véxé si tu ne le fais pas. Je t'embrasse. S.
Avant de me relever, j'appuyais ma paume contre sa joue et le fixais longuement. Il pencha la tête sur le côté, se frottant à ma main et je bougeais mon pouce contre son pelage.
Il aboya une nouvelle fois et je lui fis un signe de la main puis disparut dans le train, libre de tout bagage, contrairement aux autres qui réussissaient difficilement à les traîner derrière eux. Après un ricanement amusé, je me trouvais une cabine libre et m'y installais. De ma fenêtre je voyais encore le chien noir qui me faisait office de père. Je ne l'aurais pas cru mais il allait me manquer, définitivement. Sirius Black était un bien captivant homme.
Confortablement calée contre la banquette, je sortis le Journal de ma mère, et repris une nouvelle fois ma lecture.
