Bonjour à toutes !

Tout d'abords, je tiens à m'excuser de ne pas avoir posté la semaine dernière. Comme certaines d'entre vous le savent, on m'a appelé pour du boulot de nuit en urgence et depuis, je n'ai pas pu décrocher ! Entre le travail, mes tentatives de repos, ma fille et mon mari, je n'ai pas pu prendre le temps de me consacrer à ma fic !

Donc rassurez-vous (et pour répondre à un commentaire), je n'abandonne pas ma fic, loin de là ! Je risque juste d'avoir quelques retards, parfois.

Avant de vous poster la suite, je tiens, comme à chaque fois, à vous remercier pour vos reviews, mises en alertes et favoris ! Pour les mêmes raisons, je n'ai pas eu le temps de vous répondre personnellement. Désolée !

J'arrête mon blabla : voilà la suite ! Bonne lecture !


Chapitre 26 :

Seul dans ce grand lit froid, je regardais défiler les heures. Cette fin de soirée avait été éprouvante pour Bella et je m'en voulais terriblement d'avoir insisté pour qu'elle me parle de ses amis. Se confier a parfois un effet libérateur, mais quelquefois, cela a pour seul effet de faire remonter de vieux démons à la surface. C'est ce qui s'était passé ce soir. Bella s'était totalement fermée, elle n'avait cessé de pleurer, puis s'était éloignée de moi avant de s'enfermer dans un mutisme relatif. Juste quelques mots, des ''oui'', des ''non'', un simple ''bonne nuit'' lorsqu'elle revint après avoir préparé ma chambre. La sienne plus exactement. Aucune photo, aucune décoration, froide et vide, à l'image de ce que ressentait Bella.

Je ne savais rien de plus sur les circonstances de ce drame. Je ne pouvais que supposer. Je rassemblai mes souvenirs, tentai d'analyser, mais tout restait très flou. Il s'agissait d'un accident, il ne pouvait en être autrement. Dans le cas contraire, elle serait derrière les barreaux et non pas à se morfondre dans la pièce à côté. Elle n'allait probablement pas dormir cette nuit et si, par miracle, elle finissait par tomber d'épuisement, je me doutais que des cauchemars prendrait le relais de sa conscience tourmentée. Elle m'avait fait comprendre qu'elle voulait rester seule, qu'elle avait besoin de s'isoler et j'avais accéder à sa requête malgré ma culpabilité à la laisser seule dans cet état.

Les minutes sont longues lorsque votre esprit vous interdit de dormir. Je n'avais de cesse de réfléchir à tout ça. Je me refaisais le fil de notre soirée, me remémorais sa conversation avec Jasper, nos moments au centre, tout ce qui pouvait m'aider à la comprendre d'avantage. Je la revis entrer dans la salle de rééducation et s'effondrer sur mes genoux, je me remémorais ses regards tristes et lointains, son agressivité le jours où elle avait relevé son pantalon pour me montrer ses cicatrices afin de me faire taire. Son comportement, ses réactions, ses paroles, sa personnalité, elle, tout était plus clair désormais. Je me sentais bête au possible, j'avais passé mon temps à me plaindre auprès d'elle alors que depuis tout ce temps, elle souffrait le martyre, en silence. Je ne savais rien de ce qu'il s'était passé, juste que ses amis étaient morts par sa faute, et qu'elle s'en voulait au point de se détruire elle-même.

Je réfléchissais à un moyen de l'aider, de lui montrer qu'elle pouvait me faire confiance, que je resterai auprès d'elle, peu importe ce qui avait pu se passer. Rien ne me venait, je ne pouvais qu'être là, rien de ce que je pouvais faire, ou dire, n'allait l'aider. J'étais impuissant, démuni face à sa douleur.

Je me tournai difficilement face à la porte et aperçu sa silhouette dans l'encadrement. Je ne distinguais pas son visage mais je pouvais entendre sa respiration, difficile et profonde. Elle restait immobile, son corps entouré de ses bras, la tête appuyée contre le chambranle. Je me relevai sur un coude, tendis ma main vers elle.

- Viens, chuchotai-je comme pour ne pas l'effrayer.

Elle ne bougea pas pendant quelques secondes, elle hésitait probablement. Je la voulais dans mes bras, je voulais lui laisser une autre image que cette soirée qui avait pourtant si bien commencé. Comment avions-nous pu passer du bonheur de nous découvrir, à cette situation où nous n'osions même plus dire un mot ?

J'attendais, toujours dans la même position, quand elle se décida à avancer, lentement, très lentement. Elle vint s'asseoir près de moi, saisit ma main et je tentai de me redresser pour lui faire face, en vain.

- Il faut d'abord que tu pivotes un peu plus le haut du corps et que tu t'aides de ton coude, après seulement tu pourras t'asseoir, me rappela-t-elle, la voix cassée.

Je m'exécutai et voulu allumer la lampe de chevet mais elle m'en empêcha.

- Non ! Ce sera plus facile comme ça …

Je ne dis rien, lui fis de nouveau face. Elle s'approcha encore plus, vint saisir mon visage entre ses mains. Elle caressa mes joues, mes lèvres, y déposa un baiser chaste avant de les reprendre avec douceur. J'y répondis sur le même rythme lent et je ne pus m'empêcher de la serrer contre moi. Mes bras plaqués dans son dos, remontant vers ses cheveux, je voulais la sentir au plus près. Elle se décolla légèrement, posa son front contre le mien et souffla pour se donner du courage.

- Je suis sincèrement désolée Edward.

Sa voix était éraillée, pleine de douleur. Mes mains vinrent caresser ses pommettes et je dégageai quelques mèches de son visage avant de le relever vers moi. Je voulais qu'elle me voit malgré la pénombre.

- Tu n'as pas à t'excuser, je n'aurais pas dû être aussi indiscret.

Elle renifla, baissa de nouveau sa tête. Elle était gênée, luttait pour ne pas pleurer.

- Je crois que je te dois quelques explications maintenant.

- Ne t'oblige à rien si tu ne te sens pas prête. Je suis là de toute façon, quoi qu'il arrive, peu importe ton passé, assurai-je, me voulant rassurant.

- Je peux comprendre tu sais. Tous ces secrets, mes non-dits, mon comportement, ma réaction de ce soir, ça en aurait fait fuir plus d'un …

- Pas moi. Je n'ai pas l'intention de fuir. Je te l'ai dit, il est hors de question que je te lâche.

- Tu devrais pourtant, sembla-t-elle me conseiller. Je ne suis pas quelqu'un de bien Edward.

Sa voix se brisa une fois de plus et je la forçai de nouveau à me regarder. Je ne pouvais pas la laisser se descendre ainsi.

- Bella … Je ne sais pas ce qui s'est passé mais je sais ce que tu es au fond de toi. Dis-moi que tu t'en veux, que tu culpabilises, qu'il s'est passé quelque chose d'horrible dont tu es responsable, mais ne me dis pas que tu es quelqu'un de mauvais. Parce que c'est faux. Peu importe ce que tu pourras me dire, je sais ce qu'il y a au fond de toi.

Je sentis une larme sur mon pouce, sa mâchoire se crispa et elle déglutit difficilement. Elle se dégagea de mes mains, cacha son visage avec les siennes et je l'attirai à moi pour la consoler. Je caressai ses cheveux, sans un mot, la laissai se reprendre lentement. Elle se détacha mais pour mieux m'enlacer à son tour. Les bras autour de mon cou, accrochés comme à une bouée de sauvetage, elle tenta d'articuler, toujours secouée par ses larmes.

- Je ne serai jamais de bonne compagnie.

- Ça c'est à moi d'en juger, rectifiai-je avec tendresse.

- Je n'arrive pas à passer au-dessus … C'est là, tout le temps. Je le revis toutes les nuits, je les revois dès que je ferme les yeux, je les entends, je …

Elle stoppa sa phrase, à la limite de l'hyperventilation. Elle se défit de notre étreinte, passa ses mains sur son visage, prit quelques secondes avant de reprendre.

- Il faut que tu saches … Je ne veux pas te perdre Edward, alors il faut que tu saches.

Je liai mes doigts aux siens pour lui faire comprendre que je ne voulais pas fuir, bien au contraire. Je voulais être là pour elle, écouter ce qu'elle avait à me livrer. Je la laissai poursuivre sans prononcer un mot. Elle souffla, renifla et serra d'avantage ses doigts avant de reprendre d'une voix toujours tremblante.

- Je … ça s'est passé le 12 mars, jour de mon anniversaire.

Mon sang ne fit qu'un tour. Son agressivité ce fameux jour, lorsque je m'étais risqué à lui souhaiter. Son visage, sa réaction, tout me revenait en mémoire.

- Nous étions cinq dans la voiture. Rosalie, ma sœur, Rachel, ma belle-sœur, Mike et Paul, des amis, et moi. C'est moi qui conduisais.

Elle s'arrêta une fois de plus, libéra quelques larmes, encore, et serra mes mains. En parler semblait être une torture, ses yeux fixaient un point imaginaire, loin, perdu dans ce passé, chaque mot paraissait être arraché à sa gorge.

- Paul et Mike dormaient à l'arrière, Rosalie somnolait à côté de moi. Rachel était derrière, côté passager … On était en train de se disputer, j'étais hors de moi. Je me suis retournée pour la regarder, j'ai entendu ma sœur hurler, l'instant d'après tout était terminé. J'ai fait une sortie de route, on est parti en tonneaux et la voiture s'est littéralement encastrée dans un arbre.

Elle ferma les yeux et je devinai que cela devenait bien trop difficile à revivre pour elle. L'histoire n'était pas terminée, je le voyais dans son regard. Elle revoyait la scène, j'en étais persuadé. Les corps et les cris, à n'en pas douter, l'horreur et l'agonie pour elle seule qui avait survécu. C'en était trop pour elle, c'était beaucoup pour moi, la voir souffrir ainsi devenait insupportable. Je la serrai dans mes bras, eu envie de la rassurer avec une phrase idiote et faussement déculpabilisante. C'était un accident, rien n'est de ta faute mon amour. Mais je me ravisai aussitôt. Elle n'avait pas besoin d'entendre ça, elle ne voulait surtout pas entendre ce genre de phrase. Aucune parole, toutes déplacées et inconvenantes. Juste mes bras, aimants et protecteurs, juste ma présence, être là, juste là.


N'hésitez pas à me laisser vos avis les filles !

A très vite !