Note : C'est un chapitre que je viens d'écrire et d'ajouter, parce que j'avais le sentiment qu'il manquait quelque chose entre le précédent où ils sont apparus et un chapitre que j'ai déjà écrit plus loin.
loup de givre : concernant le chapitre précédent, j'aime l'idée que Seto s'ouvre peu à peu aux autres mais sans vraiment le reconnaître et en ayant l'impression de découvrir un autre monde parallèle avec des gens bizarres xD Sinon, on devrait ré-avoir le point de vue de Mokuba à un moment ou un autre, mais je ne sais pas encore quand.
XIX
« Je veux juste que tu aies conscience d'avoir raté ta chance . »
Am-heh.
Il aimait ce nom, même s'il avait conscience que Marik avait cherché à l'offenser en lui donnant celui d'une déité mineure au service de Maat et de Ammit. Un dieu à tête de chien dont le seul rôle n'avait jamais été que de dévorer ceux qui échouaient à passer le test de la balance et de la plume. Cela n'avait pas d'importance. Il avait grandi dans les ténèbres et dévoré celui qui avait osé graver leur chair. Il avait utilisé Marik pour dévorer d'autres personnes tant que Rishid le maintenait à distance par sa seule présence. Il aurait dévoré le pharaon et ses pitoyables amis si Marik ne l'en avait pas empêché en se raccrochant à son illusion d'humanité quand il n'était rien de plus que lui en plus faible, à cause de ses stupides sentiments. Désormais, il avait un corps qui lui permettait de dévorer tous ceux qu'il voulait, sans la présence encombrante de monsieur personnalité dominante.
Par exemple, il aurait bien dévoré l'homme qui suintait littéralement de terreur devant lui et qui s'était décomposé un peu plus en entendant ses requêtes, pourtant fort simples. Le problème, c'est qu'il n'avait pas encore grand monde à son service. Les ressources humaines étaient précieuses, trop pour qu'il vérifie ce que l'homme avait pris au déjeuner en lui ouvrant le ventre, trop pour laisser son ka le débiter morceau par morceau, dans une agonie interminable. Am-heh aimait la créature monstrueuse. Elle ressemblait à un dieu égyptien vivant dans les tombeaux et prêt à massacrer tous ceux qui oseraient violer la tranquillité des défunts. Il se demanda distraitement si le ka de Marik ressemblait au sien ou s'il était assez pur malgré ses crimes pour avoir un ka divin. Puis il reporta son attention sur le misérable insecte qui n'avait toujours pas bougé pour accomplir sa mission, ce qui lui fit considérer le fait qu'il n'avait peut-être pas besoin d'esclaves, après tout, en tout cas pas aussi incompétents que celui-là.
Il haussa un sourcil. L'autre, au visage dégoulinant de sueur, sembla croire qu'il s'agissait d'une invitation à parler. Ce n'était pas le cas.
— Je-je peux trouver facilement les membres de votre famille… Mais… Mais… Le garçon, au Ja-japon ?
Am-heh se leva de son fauteuil, et l'homme couina quand il l'attrapa à la gorge pour le relever de force. Il écrasa sa trachée tout en le hissant à sa hauteur. Le raclement de ses pieds, qui touchaient à peine le sol, fit naître un large sourire dément sur les lèvres d'Am-heh.
— Oui, susurra-t-il, quel est le problème avec Bakura Ryô ?
L'homme essaya de parler, mais ses mots se transformèrent en gargouillis quand Am-heh resserra volontairement sa prise, usant de son pouce pour bloquer un peu plus sa respiration. Il savait ce que ce bon à rien allait dire. Il voulait juste prolonger son amusement en le torturant.
— Je suis sûr que les Ghouls ont toujours des contacts à Domino. Si ce n'est pas le cas, je m'en remets à ton imagination. En ces temps difficiles, mon frère serait ravi d'avoir sa famille et quelques amis à ses côtés pour le soutenir.
Avec un ricanement, Am-heh ouvrit soudainement sa main pour laisser retomber l'homme au sol. Il le regarda s'écrouler comme une poupée de chiffons, ses jambes trop faibles pour qu'elles puissent soutenir son poids. Dommage qu'Am-heh ne puisse pas l'asphyxier jusqu'à ce que mort s'ensuive. Il avait des frissons extatiques rien qu'à l'imaginer en train de lutter contre lui pendant de délicieuses minutes. Il le relâcherait brièvement, seulement pour le voir tituber jusqu'à la porte en croyant pouvoir s'en sortir, avant de refermer à nouveau ses mains sur lui. Son visage changerait sûrement de couleur et son corps serait pris de spasmes incontrôlés pendant qu'il suffoquerait. Cependant, Am-heh se demandait s'il mourrait les yeux ouverts, ce qui lui permettrait de voir le moment où la vie le quitterait pour de bon, ou s'il perdrait connaissance avant à cause du manque d'oxygène dans son cerveau. La seconde hypothèse était bien moins attrayante que la première. À quoi bon stranguler les gens s'il ne pouvait pas profiter de leurs derniers instants en les regardant droit dans les yeux, en lisant sur leur visage déformé par la douleur à quel point il les avait conduits au paroxysme de la souffrance et du désespoir, en savourant le moment où ils passeraient de vie à trépas ?
L'homme à ses pieds bougea enfin, visiblement désireux de mettre une distance respectable entre eux. Même s'il essayait de conserver un masque de soumission, Am-heh voyait à quel point il suscitait chez lui peur et dégoût. Il pouvait même imaginer le fil des pensées de sa victime alors qu'elle évitait de le regarder directement tout en massant sa gorge douloureuse. Am-heh était psychotique, dangereux, imprévisible, et sans doute valait-il pour lui mieux fuir le plus loin possible, à l'autre bout du monde peut-être, avant d'être à sont our jeté dans une fosse creusée dans un endroit désolé, comme ce qui avait été fait pour les hommes que le démon avait tués plus tôt dans la journée.
— Je m'ennuie, fit capricieusement remarquer Am-heh tout en regardant ses ongles. Je te conseille de trouver rapidement de quoi me distraire, parce que tu es pour le moment la seule chose avec laquelle je puisse jouer.
Il laissa un sourire sardonique flotter sur ses lèvres en voyant le mélange de confusion et d'horreur se peindre sur le visage de l'homme. Ce n'était pas aussi exquis que de manipuler l'esprit de Mai pour lui faire croire qu'elle était enfermée dans un sablier et à la merci de scarabées mangeurs de chair humaine, mais il éprouvait néanmoins de la satisfaction à le tourmenter par de simples mots. Cela dit, avec son sceptre, les choses prendraient un tour beaucoup plus intéressant. Il lui serait possible de jouer avec l'esprit de ses esclaves sans avoir besoin de les abîmer physiquement, ce qui signifiait prolonger leurs tourments au-delà de ce que leur corps aurait été capable d'endurer.
— Et… et qu'est-ce que vous voulez pour vous… distraire, maître ?
Am-heh arqua à nouveau un sourcil. Il aurait cru que son souffre-douleur aurait fui plutôt que de persévérer avec ses questions inutiles. Mais à voir sa confusion, il était évident que son cerveau n'avait pas réussi à relier les indices pour parvenir à la seule conclusion qui s'imposait.
— Des femmes ? ajouta l'idiot.
Il pâlit quand Am-heh révéla ses dents avec un rictus carnassier qui n'avait absolument rien d'engageant.
— Oh, parce que tu penses que quelqu'un qui a mon apparence a besoin de s'en remettre à des prostituées ? Ou peut-être que tu te dis que ma personnalité les ferait fuir ? Que je ne serais pas capable de me contrôler assez longtemps pour en séduire une sans avoir besoin de la kidnapper ? Peut-être que je devrais essayer avec ta mère, ou ta sœur, ou ta fille avant de les tuer ? Je ne sais pas quel âge tu as, mais j'imagine que tu as au moins l'une des trois.
Am-heh ne ressentait aucun intérêt pour ces choses. Pas pour le moment, du moins. C'était peut-être parce que Marik n'avait jamais réprimé en lui ce genre de pulsions. Malgré tout, la question avait réussi à égratigner la fierté et l'arrogance que monsieur l'ex-personnalité dominante lui avait léguées. Il n'existait pas un seul domaine où il n'excelle pas, et s'il parvenait à se faire obéir de cancrelats comme celui qui venait encore de mouiller son froc devant lui juste parce qu'Am-heh le vrillait du regard, il n'était pas concevable qu'il soit incapable de séduire quelqu'un. S'il se fiait à l'expérience Marik, il n'avait même pas besoin d'ouvrir la bouche pour y arriver, de toute manière.
— Trouve quelqu'un que personne ne regrettera. Sauf si tu souhaites que je brise chacune de tes phalanges à ton retour. À ce propos, n'essaye pas de fuir : je sais ce que tu fais en tout instant et je te retrouverai.
Am-heh plissa les paupières de façon significative, et cela fut suffisant pour que l'autre s'enfuie à toutes jambes, comme s'il avait le Diable aux trousses. Am-heh éclata de rire, hautement satisfait de constater que son esclave le croyait sans la moindre preuve de ses prétentions. Mais après avoir vu son ka, il ne pouvait en être autrement. Pour un esprit aussi simple que celui de l'homme, il avait un démon à ses côtés, alors si Am-heh prétendait pouvoir le surveiller, peu importe la distance, c'était forcément vrai.
Satisfait, Am-heh quitta le salon où flottait encore l'odeur de la mort pour gagner les étages. Le soleil avait décliné à l'horizon, nimbant le ciel de rouge et de mauve et plongeant la villa dans une semi-obscurité qui ne le dérangeait pas.
Tout en approchant de la chambre où il avait abandonné ce qui lui servait de frère, il se demanda si l'esprit qui se prétendait l'incarnation même des ténèbres était lui aussi revenu parmi les vivants et s'il hantait comme autrefois l'adolescent pour qui Marik semblait avoir de l'intérêt. Am-heh n'était pas certain de la nature exacte dudit intérêt, surtout en considérant avec quelle cruauté Marik avait traité Ryô dans le but de concrétiser ses plans avec un petit peu d'aide de sa part. Cependant, les faits étaient là : Marik avait réclamé son pardon dans son délire et s'était apitoyé sur son sort une fois éveillé. C'était suffisant pour qu'Am-heh songe à exploiter la situation à son avantage. Il connaissait Marik. Il parlerait à propos du sceptre. Mais il ne dirait pas la vérité, pas sans une motivation suffisante. Même s'il était plus faible qu'Am-heh, il avait bien plus de courage que la limace qui s'aplatissait devant lui en espérant être épargnée. Marik l'avait défié, tué, le tuerait à nouveau s'il en avait l'occasion. C'est ce qui rendait le fait de le garder en vie aussi intéressant. C'est ce qui rendrait le fait de capturer l'autre Bakura, l'esprit, tout aussi amusant pour peu qu'il soit encore présent en ce monde. L'adolescent, Ryô, était faible, dénué du moindre intérêt en dehors de celui que Marik lui portait, mais le démon ne s'inclinerait pas, même sous les tortures les plus extrêmes. À part si Am-heh ressentait le besoin de tuer quelqu'un, il n'avait pas besoin d'autres jouets que Marik et lui.
Il entra dans la chambre plongée dans une obscurité encore plus grande que celle du couloir, mais celle-ci ne l'empêcha pas de voir que son alter ego n'avait pas bougé d'un pouce sur le matelas où il l'avait déposé après avoir acté le changement de propriétaire de la villa dans le sang. Marik était toujours allongé sur le ventre, les cicatrices gravées à jamais dans son dos parfaitement visibles même sous le peu de lumière filtrant au travers du moucharabieh. Am-heh, lui, ne possédait plus les marques et ne les regrettait pas. Elles étaient le symbole d'une vie de servitude au nom du pharaon, et il n'était pas son esclave.
— Marik… murmura-t-il, presque ronronnant, en s'asseyant au bord du lit.
Un gémissement étouffé lui répondit. En dehors de cela, Marik ne fit rien d'autre indiquant qu'il avait conscience de sa présence. Joueur, Am-heh appuya son index au niveau d'une des ailes, là où les entailles étaient les plus enchevêtrées, là où ils avaient commencé à le scarifier. Même avec un bâillon entre les dents, Marik s'était brisé les cordes vocales en essayant de hurler et avait finalement perdu connaissance lorsque cette partie avait été achevée. Les membres du clan auraient pu en profiter pour dessiner le reste, mais c'était attendre bien trop de pitié de leur père. L'intolérable souffrance était une part essentielle de l'initiation du futur chef des gardiens des tombeaux. Marik avait dû endurer celle-ci jusqu'au bout, sans que quiconque lui témoigne la moindre pitié même lorsque les larmes noyaient ses yeux ou qu'il tentait de se débattre malgré les liens qui le retenaient. Au fond, c'était un miracle qu'il ait – qu'ils aient – survécut à un traitement aussi barbare à leur jeune âge. Non pas qu'ils n'aient pas eu la volonté de surmonter l'épreuve, mais les gardiens n'utilisaient aucun médicament moderne, pas même de quoi désinfecter les plaies. La douleur avait poursuivi Marik durant des semaines, et sa chair en conservait encore le souvenir, tant et si bien qu'il détestait que l'on touche son dos, surtout par surprise. Le jeune homme aurait dû bondir rien qu'en sentant son doigt suivre les contours des ailes. Il ne le fit pas, signe qu'il était réellement assommé par ce qu'Am-heh lui avait donné. Ce n'était pas bien grave. Ils avaient leur temps pour partager d'autres moments de complicité et resserrer leurs liens indéfectibles ; après tout, Marik avait exprimé son désir de l'avoir pour frère, n'est-ce pas ?
Am-heh avisa les bracelets et les pendants en or qu'il avait déposés sur la table de chevet. S'il ne souhaitait pas scarifier sa chair, il ne résista pas à l'envie de passer l'un des bracelets autour de son poignet et de contempler les reflets qu'il projetait dans le jour de plus en plus déclinant. Contrairement aux secrets du pharaon gravé dans la chair de son alter ego, ces bijoux étaient un symbole de pouvoir.
— Pour quelqu'un qui méprisait sa charge, tu sembles plutôt réticent à t'en séparer.
Malheureusement, Marik en avait laissé certains chez lui, et Am-heh se sentit frustré de ne pas pouvoir prendre possession de l'ensemble de la parure. Il n'avait aucun intérêt pour le statut de chef de clan, surtout quand il lui était possible de conquérir le monde grâce au sceptre millénaire, mais il ne dédaignait pas ce qui contribuerait à le rendre plus royal ni ce qui humilierait Marik.
Cependant, contempler l'or qui brillait à ses poignets ne lui offrit qu'une brève distraction. Soupirant, il reporta son attention sur Marik et le retourna sur le dos. Il déroula la bande de gaze autour de son bras, puis souleva les compresses stériles pour vérifier l'état de ses blessures et les changer. Même s'il aimait voir Marik souffrir, il avait besoin de lui en vie et, contrairement aux gardiens des tombeaux, il n'était pas stupide au point d'ignorer l'importance des soins médicaux. Lorsqu'il eut terminé, il sentit des doigts se crisper sur son avant-bras.
— Am-heh…
— Oui, Marik ? Il y a quelque chose que tu meurs d'envie me dire ? Comme où se trouve mon sceptre ? questionna-t-il d'un ton beaucoup trop doux pour être sincère.
Le regard de Marik était presque vitreux sous ses paupières à moitié ouvertes. Am-heh lui pinça la joue tout en se demandant s'il faisait semblant d'être toujours étourdi par les tranquillisants ou s'il l'était vraiment. Quand il enfonça ses ongles au point d'y laisser leur marque, il jugea par son absence de réaction que Marik n'était toujours pas en état de lui répondre. Il attendit un peu, jusqu'à ce que son impatience le pousse à parler pour deux.
— Est-ce qu'il t'arrive de te demander ce qui se serait passé si tu n'avais pas tout fichu en l'air en déclarant forfait face au pharaon ? Tu me reproches d'avoir voulu me débarrasser de toi, mais pourquoi je ne l'aurais pas fait ? Tu n'as pas cessé de me combattre, que ce soit en m'empêchant de tuer Rishid ou en t'associant avec l'esprit de l'anneau millénaire dans l'espoir de me battre.
— … prétexte, marmonna Marik dans un souffle.
Il laissa sa tête rouler sur le côté, comme si ce simple mot lui avait demandé trop d'effort. Il n'en fallut pas plus pour qu'Am-heh se sente irrité et le gifle pour l'obliger à se ressaisir. Quand Marik ouvrit grand les yeux pour le fixer, Am-heh sut que, cette fois, il avait tenté d'esquiver la conversation, même si son regard restait brumeux et endormi.
— Tu sais ce qui est désolant ? Que je sois intervenu aussi vite quand ton, notre père voulait te punir. Si j'avais attendu un peu avant de l'écorcher vif, il aurait sûrement tué Rishid. Mais ne t'en fais pas, Marik, je ne suis pas là pour essayer de te faire culpabiliser. Je t'ai offert de te joindre à moi et tu as refusé. Je n'ai aucune intention de renouveler ma demande même si tu m'en supplies.
Il se pencha en avant afin de pouvoir murmurer à son oreille.
— Je veux juste que tu aies conscience d'avoir raté ta chance et que tout ce qui arrivera sera entièrement ta faute.
— Je sais… Je t'ai créé…
— Aussi, s'amusa Am-heh tout en se redressant. Maintenant, dis-moi où est mon sceptre.
— Non…
— D'accord.
Sans se départir de sa bonne humeur de façade, Am-heh attrapa sa main valide et la leva pour que Marik puisse la voir lui aussi. Il saisit son index entre ses doigts. Quand il le tordit vers l'arrière, à la limite de ce que l'articulation pouvait endurer, son frère cilla légèrement avec un air de défi, les lèvres pincées.
— … sens pas la douleur…
— Maintenant, oui, mais plus tard…
— … dirai rien même si tu me tortures…
Am-heh relâcha le doigt de Marik et se contenta de caresser doucement la paume de sa main avec son pouce. Au fond, il aurait été déçu du contraire. Malgré son impatience, il n'avait pas envie que son frère laisse tomber aussi facilement.
— Et si je torture le pauvre, pauvre Ryô dont tout le monde a abusé ?
Une étincelle de colère passa dans le regard éteint de Marik. Il essaya de s'asseoir. Cependant, son corps était trop engourdi pour qu'il y parvienne aisément, et Am-heh gloussa cruellement devant ses efforts. Quand Marik se décolla enfin du matelas, il prit un grand plaisir à le plaquer à nouveau dessus en appuyant une main sur son torse.
— Je suis sûr que sa peau blanche se marque merveilleusement. Je me demande combien de temps ça prendrait pour le faire pleurer… fit Am-heh tout en se passant la langue sur les lèvres de façon suggestive.
— Ryô n'est pas faible…
Am-heh ricana et se réjouit lorsque l'expression de Marik se teinta d'inquiétude.
— Tu n'aides pas vraiment ton ami en disant ça. Je suis encore plus impatient de faire sa connaissance. Après tout, je suis le seul ici à ne pas avoir abusé de lui, non ? Oh, certes, je l'ai plus ou moins tué, mais c'était la faute de l'esprit. Et la tienne. Est-ce que vous lui avez demandé son avis avant de me provoquer dans un duel ? Parce que je suis certain qu'il a parfaitement senti les flammes brûler son corps et les ténèbres le dévorer.
Le visage de Marik trahit un mélange d'horreur et de tristesse.
— Tu crois qu'il serait heureux de te revoir ? De me rencontrer ? Si ça tombe, nous nous entendrions bien, conclut Am-heh en lui tirant la langue.
Constatant que Marik imaginait sans son aide tout ce que ses paroles pouvaient impliquer, Am-heh n'ajouta rien de plus et laissa le silence qui s'était installé entre eux accroître l'angoisse de son frère.
— Kul-Elna, murmura Marik en déglutissant et en fermant les yeux.
Am-heh ne dit rien. Il se pencha pour prendre la bouteille d'eau posée sur la table de chevet. Après avoir relevé la tête de Marik en glissant une main derrière sa nuque, il approcha le goulot de ses lèvres entrouvertes, satisfait de voir son frère aussi résigné. Cependant, il ne versa pas immédiatement dans sa bouche le liquide rendu tiède par la chaleur étouffante de la chambre.
— Donc, la cérémonie a eu lieu…
Marik acquiesça.
— Et tu as donné le sceptre… Ce qui signifie qu'il est sûrement enterré sous plusieurs tonnes de roches et de sable.
Il sourit en voyant le visage de Marik se contracter douloureusement lorsqu'il pressa ses doigts avec force contre sa nuque et enfonça ses ongles dans sa chair.
— Oh, regarde, tu sens la douleur, maintenant !
— Putain de psychopa…
Marik n'acheva pas sa phrase. L'eau ruissela dans sa bouche et le long de son menton, étouffant ses insultes. Lorsque Am-heh écarta la bouteille pour la reposer sur la table, Marik toussa violemment, des larmes perlant au coin de ses yeux.
— La bonne nouvelle, Marik, c'est que les autres objets millénaires sont enterrés avec, alors je ne vais pas te punir pour avoir été aussi stupide.
Am-heh posa son index entre les sourcils de Marik, qui arrondit les yeux, et suivi le tracé de son nez jusqu'à la pointe.
— Tu sais ce dont je suis capable avec le sceptre, alors imagine avec les autres objets millénaires en ma possession…
Son sourire s'agrandit lorsqu'il rallongea Marik. Il savait par son regard que son alter ego glissait à nouveau dans la torpeur dont il avait été arraché.
— Bien sûr, c'est en supposant qu'ils soient toujours là-bas… Tu ne prendrais pas le risque de me décevoir, hein ?
Marik marmonna quelques syllabes incompréhensibles avant de perdre connaissance. Sans se départir de son sourire, Am-heh se pencha pour déposer un baiser sur son front.
— Tu as raison. Repose-toi. Je pense que tu en auras besoin.
Note : Je crois que le grand jeu de ce chapitre est d'arriver à nommer tous les pairing auxquels il est fait allusion.
Je ne suis pas du tout désolée de l'avoir fait. :)
Je ne dis pas qu'il y aura ces pairings (mettre Yami Marik avec qui que ce soit me fait craindre une agonie lente et douloureuse pour l' élu.e).
