Salut à tous.
Je vous remercie tous et toutes pour vos comm... Je souhaite également la bienvenue aux nouvelles lectrices et je remercie également pour vos reviews encourageantes et plaisantes.
Ce chapitre est celui que vous attendez depuis le début de cette fiction, donc je ne m'étends pas d'avantage et vous souhaite une bonne lecture.
Chapitre 25 : Le bon ou le mauvais chemin ?
Nous venions d'arriver dans la maison. Et bien entendu, je me statufiais devant la porte de ce qui avait été ma chambre. Je me remémorais ce qu'il s'y était passé la dernière fois que j'y avais séjourné. Mais ce qui me perturbait s'était de repenser à la personne qui avait partagé cette pièce et cette intimité avec moi.
-Maîtresse avez-vous besoin que j'aille retirer les protections des meubles moi-même, me demanda Rosalie.
-Non Rose, répondis-je la voix faiblarde. Je ne veux plus de cette chambre.
-Vous voulez la mienne ?
-Non je vais prendre celle de Démétri, répliquai-je en me dirigeant dans la seule pièce qui m'était pratiquement inconnue dans cette maison.
Je l'avais seulement vu lorsque j'avais recouvert tous les meubles de la maison avec les draps avant de partir. Nous étions en froid à cette période et maintenant que je connaissais les raisons pour lesquelles il réagissait comme ça, j'en étais encore plus mal. Je soufflais pour la énième fois depuis que nous avions quitté le château lorsque l'on frappa à ma porte.
-Oui entre Rose.
-Maîtresse, puis-je passer outre le protocole et vous parler comme je l'aurai fait avant. Comme lorsque nous étions ici.
-Je ne suis plus à ça près aujourd'hui. Je t'en prie Rose à ton tour, acquiesçai-je complètement blasée et accablée.
-Bella, reprit-elle en s'installant sur le lit. Je ne suis jamais intervenu dans tes décisions, dans tes choix par le passé et Dieu seul sait que quelque fois cela m'a rendu complètement dingue. Mais aujourd'hui, je pense que tu as besoin qu'on te dise quoi faire.
-Que sais-tu de la situation ? lui demandai-je sans agressivité.
-Ce que Démétri m'en a dit avant de partir s'isoler lui aussi.
-Tu le savais ? lui demandai-je surprise.
-Depuis le premier jour. Enfin depuis celui où tu as été transformée. Aro et Marcus, lorsque Caïus t'a emmené avec lui, nous ont convoqué Jane et moi.
-Jane aussi ! Mais pourquoi ?
-Moi parce que je suis ta sœur ou du moins je l'étais à l'époque.
-Qu'est-ce que tu racontes ? Tu es toujours ma sœur !
-Je n'en suis plus certaine Bella. Depuis combien de temps ne m'as-tu pas traité autrement que comme une simple garde ? Depuis combien de temps n'avons-nous pas eu de discussions entre « sœurs » ? Sans parler que tu fais la même chose avec tout le monde. La dernière fois que tu t'es confiée à Jane remonte à quand ?
-La situation est délicate. J'ai perdu Caïus et toi tu as Alec. Et puis, pour être franche, je ne pouvais pas vous voir ensemble en dehors de vos périodes de travail, tout comme pour Jane et Santiago. Car voir vos attentions, vos gestes tendres me confrontaient au fait que moi, je n'ai plus mon compagnon.
-Il ne l'est pas Bella et il ne l'a jamais été. Il s'est servi de toi pour faire du mal à ton véritable compagnon. Il ne mérite pas la vénération que tu lui voues.
-Peux-tu en vouloir à Carlisle de t'avoir menti ? D'avoir protégé Emmett et sa compagne à ton propre détriment alors que tu étais sa fille ? De ne pas être intervenu en ta faveur lorsqu'ils allaient tout simplement te jeter au bûcher ?
-Non j'en conviens, je ne peux pas. Mais si aujourd'hui, je me trouvais à ta place et que je devais choisir entre Carlisle même vivant et Alec, mon choix irait indéniablement vers mon compagnon. Comment arrives-tu à vivre sans l'avoir auprès de toi ?
-Il a toujours été avec moi, lui rétorquai-je.
-Tu sais ce que je veux dire. Lorsque vous vous êtes retrouvés cette fameuse nuit. J'ai cru que tu allais le reconnaître et agir en conséquence. Mais non tu as été encore plus distante avec lui.
-Je ne sais pas. Jusqu'à présent, seule sa présence me suffisait semble-t-il, répondis-je avec sincérité.
-Pour toi oui, c'est possible. Et lui ? À ton avis de quoi a-t-il envie, lui ? Que crois-tu qu'il veuille maintenant qu'Edward et Caïus ne sont plus une entrave concrète à vos retrouvailles ? Et comment crois-tu qu'il perçoive ton déni, ton rejet de ce qu'il est ? Bella je t'ai vu aujourd'hui lorsque tu as attaqué Katya. Et je t'assure que c'est une chose que je ne suis pas prête d'oublier. Tu m'as fait peur Bella. J'ai moi-même dû appeler Jasper parce que je pensais que tu allais vous faire du mal, à tous les deux. Et c'est-ce que tu allais faire. Tout ça à cause de son manque et de ta jalousie.
-Il était là, je n'étais pas en manque. C'était simplement de la jalousie.
-Les liens d'âmes sont plus complexes que tu ne le penses. Lorsque nous restons trop longtemps loin de nos compagnons, nous frôlons l'état de folie. Et, même s'il était présent, il y a longtemps que tu le tiens éloigné de toi. Et je t'assure que c'est la même chose que d'être loin physiquement de son compagnon. Et je sais de quoi je parle, car j'ai failli te quitter Bella. Tout ça parce que tu me tenais loin de mon compagnon. C'est Démétri qui est intervenu pour me faire rester. Et nous avons joint Aro pour l'informer de la situation. C'est la raison pour laquelle il t'a fait revenir au château.
-Je ne sais pas vraiment comment je dois prendre cette information Rosalie. Je suis à la fois agacée, contrariée que tu n'aies pas eu assez de foi en moi pour venir m'en parler au lieu d'agir dans mon dos.
-Mais regarde ce que tu es devenu Bella ! Tu n'es plus celle que tu as été ! Tout le monde s'accorde à dire que tu es devenu aussi froide et je dirai même aussi cruelle que Caïus quand on voit ce que tu es capable de faire à ton propre compagnon. Je grognais d'irritation et d'avertissement aussi. Alec et Félix apparurent aussitôt.
-Rosalie ne la pousse pas, lui conseilla son compagnon.
-Il est temps que quelqu'un lui ouvre les yeux. Elle a beau être une reine, elle était ma sœur avant tout, lui répliqua-t-elle.
-Vas-y en douceur tout de même, lui conseilla-t-il. Alors que je me levais pour aller à la fenêtre et tentai de me calmer seule.
-Bella je ne veux pas te perdre, mais il y a certaine fois où je me demande si ce n'est pas déjà trop tard. Cette nuit-là, c'est lui qui est mort pas toi. Tu sais lorsque j'ai entendu Jasper te calmer et qu'il te demandait de revenir. J'espérais sincèrement que c'était ma sœur qui allait revenir. Tu es une reine maintenant et je ne doute pas que tu seras une bonne reine. Mais tu peux être tellement plus que ça, si tu arrivais à redevenir celle que tu étais avant.
-Ce n'est pas possible Rose, vous ne pouvez pas comprendre. J'aimais Caïus et je l'aimais sincèrement et de tout mon cœur. Je n'arrive pas croire ni à admettre qu'il était ce que vous essayez de me dépeindre. Bien sûr que j'aime Démétri également et ce, depuis le jour où je l'ai vu dans cet aéroport. Mais c'est lui qui a créé cette situation, c'est lui qui m'a rejetée le premier. Alors maintenant je vous entends tous venir me dire que je suis la méchante. Mais à l'origine de tout, c'est lui qui m'a repoussée. Pourquoi devrais-je remettre en cause mon engagement auprès d'un homme qui m'a aimée, qui m'a choyée et qui m'a acceptée ?
-Parce que Démétri est ton compagnon tout simplement et parce que Caïus est mort. Je conçois qu'il t'ait aimée, il ne se serait jamais sacrifié autrement. Et je comprends également que tu culpabilises parce que tu devais être celle qui aurait dû mourir enfin du moins enlevée dans un premier temps. Mais avant toute chose Bella, il s'est servi de toi avant de développer des sentiments à ton égard, tu n'étais qu'un simple pion. Et puis, tu oublies aussi qu'il n'a pas été que douceur et tendresse. J'ai vu ce qu'il t'a fait, je suis intervenue également et puis nous en discutions assez à l'époque.
Que répondre à ça ? Rien, parce qu'elle avait raison. Avais-je trop idéalisé Caïus ? Se pourrait-il que je me sois mise des œillères toutes seules ?
-Tu as devant toi deux chemins Bella, le bon et le mauvais. L'avantage que tu as sur beaucoup c'est que tu connais le bon chemin à emprunter. Vas-tu t'obstiner à avancer dans la mauvaise direction ? Ce n'est pas plus compliqué que ça !
-Ce n'est pas si facile, répliquai-je.
-Le plus difficile dans ta situation sera de mettre ton égo de côté. D'apprendre à baisser la tête et de demander pardon à ceux que tu as blessés. Ce sera également savoir reconnaître tes torts à voix haute et devant tout le monde. Mais une fois que tu auras pris conscience de ça, une fois que tu l'auras fait, tu reviendras celle que tu étais. Mais surtout, à ce moment-là, tu verras que, contrairement à ce que tu penses, nous ne t'avons pas abandonnée, c'est toi qui t'es isolée seule. Démétri est le seul qui se soit battu contre toi et je ne parle pas que d'un combat physique, mais aussi un combat beaucoup plus intense. Un combat contre ton esprit pour t'empêcher de te perdre d'avantage et cela à son propre détriment. Il ne mérite vraiment pas ce que tu lui fais endurer.
Je ne savais pas quoi penser, j'étais perdue, je crois qu'il n'y avait pas d'autre adjectif pour qualifier ce que j'étais. Tous prenaient le partie de Démétri, tous pensaient que j'étais trop cruelle avec lui. Avaient-ils raison ?
-Je t'ai entendu Rosalie. Maintenant j'aimerais pouvoir m'isoler dans mes pensées. Je ne peux pas partir seule. Donc vous allez me suivre à cause du protocole de sécurité mais s'il vous plaît laissez-moi un espace assez conséquent pour que j'ai l'illusion de solitude dont j'ai besoin.
-Très bien. Nous allons t'accompagner. Où veux-tu aller ?
-Près du sentier de randonnée, là où je m'installais lorsque je testais mon contrôle.
-OK allons-y, dit-elle en faisant demi-tour.
-Rose ?
-Oui ? répondit-elle en se retournant alors qu'elle tenait la porte ouverte pour sortir.
-Tu es toujours ma sœur et je t'ai toujours considérée comme telle, l'informai-je.
-Ce n'est pas la sensation que j'ai eu ces derniers mois. Mais si c'est vraiment le cas je sais que mes paroles seront entendues et surtout que tu reviendras. Et je t'attendrais sois en sûre. Je hochais la tête alors qu'elle sortait cette fois de la pièce.
Je me reconfectionnais une figure humaine avant de sortir à mon tour. Je ne prononçai aucune paroles et sortis sous bonne escorte. Notre conversation n'avait échappée à personne. Mais ce n'était apparemment un secret pour aucun. Tous avaient l'air d'avoir appris nos liens d'âmes avant moi.
Bien évidemment, je savais que Rosalie, tout comme Sulpicia, n'avaient pas tort et j'admettais que je n'avais pas été tendre avec personne et encore moins avec Démétri. Que ce dernier avait vécu bien plus que sa part de souffrance dans cette histoire. Je voulais lui épargner ça et au plus profond de moi, je souffrais de le savoir meurtri et par ma faute qui plus est. Mais comment revenir sur tout ça sans me discréditer, sans perdre la face et mon autorité. J'avais conscience que j'avais un problème d'ego. Qu'effectivement, Rosalie avait mis le doigt exactement sur mon problème. J'avais porté Caïus si haut avant, mais surtout après son décès. Je n'avais gardé que ce que je voulais me souvenir de lui et relégué ce qui me gênait loin au fond de mon esprit. Et puis, j'avais toujours cette culpabilité qui me rongeait, car je n'arrivais pas à me défaire de cette vision de lui sur moi me protégeant. Et lorsque je m'obstinais, comme me le répétait Rosalie ou Sulpicia, c'est cette image qui s'imposait à moi.
Je prenais conscience que Caïus n'était pas totalement l'image que j'essayais de faire paraître de lui. Ce n'est pas que j'en prenais conscience étant donné que je l'avais toujours su. C'est juste que je ne voulais pas l'admettre c'est tout. Et puis je ne pensais pas non plus que cela touchait autant mon entourage, je pensais que j'étais la seule à souffrir de cette situation. Ce qui me touchait le plus c'était de les entendre faire ressortir ce qu'il y avait de moins honorable chez lui. Il n'était pas si mauvais, il m'avait aimée même si ce n'était pas le cas au début il m'avait aimée. Il me l'avait dit et il avait été sincère.
Maintenant les véritables questions étaient : Comment lui aurait réagi à ma place ? Serait-il resté fidèle à ma mémoire ? Aurait-il rejeté sa compagne pour rester fidèle à notre histoire ?
Je devais en toute objectivité m'avouer qu'il y avait de fortes chances que non. Lui ne l'aurait pas repoussé et de ça, j'en étais pratiquement certaine.
Je devais me rendre à l'évidence, je m'étais enfermée dans ce monde de souffrance et d'adoration pour Caïus en délaissant tout ce qui pouvait m'aider à me sortir de cette torpeur. Je réalisais que j'avais le droit d'être affectée, d'être triste et de pleurer son absence. Mais cela ne m'empêchait pas de chercher du soutien auprès de mes proches, même si je pensais, et à mauvais escient semble-t-il, qu'ils ne comprenaient pas.
En fait, j'avais besoin d'un électrochoc pour me remettre. J'avais besoin d'une bonne remise en place, comme venait de le faire ma sœur. J'étais peut-être une reine, mais je devais admettre que je n'avais pas le savoir absolu, ni même la science infuse. Que je n'étais également pas aussi sage et réfléchie que je le pensais. J'avais véritablement un gros problème d'orgueil qu'il faudrait vraiment que je rectifie.
Qu'est-ce que je devais faire maintenant ? En toute impartialité quel conseil donnerai-je à ma sœur par exemple si elle était à ma place ? Je savais parfaitement ce que je lui dirais. Le problème était qu'il me fallait moi-même appliquer cela. Et je ne sais pas si je pouvais admettre mes torts.
Mais si mon refus le poussait à partir, à me quitter véritablement comme je l'avais cru quelques heures auparavant. Pourrais-je le supporter ? En toute conscience, non je ne le pourrais pas. Sinon je n'aurais pas réagi comme je l'avais fait en m'en prenant à cette pauvre fille.
Enfin pauvre fille c'était vite dit. Elle était tout de même venue draguer mon compagnon sous mes yeux. Donc ma réaction n'était pas si déplacée que cela. Et puis elle n'avait pas non plus à entrer dans notre salle d'entraînement alors qu'elle ne faisait pas partie de notre famille ni même de notre garde. Et puis, de toute façon, je ne l'aime pas je n'ai pas besoin d'autre justification. Cette dernière réflexion me tira un sourire sans le vouloir. Il faudrait vraiment que je dégonfle ma tête et rapidement.
Je prenais également conscience de ce que mes gardes, mes frères et ma belle-sœur avaient dû vivre avec moi ces derniers mois et du fait que j'avais été véritablement odieuse avec tous. Car j'étais persuadée que tout m'était dû à cause de ce que je vivais.
Donc si je résumais le fil de mes pensées. Il me faudrait présenter des excuses à... pour faire simple et court, à tout le monde. Mais principalement à celui que j'avais le plus blessé. Il me faudrait ravaler ma fierté et lui demander de me pardonner en même temps que de bien vouloir me reprendre.
Car oui je savais que sans lui je ne serais rien et que je n'arriverais à rien. Il avait toujours été là pour moi. À chaque étape de ma vie vampirique, il avait été présent, il m'avait aidée, soutenue, épaulée, protégée et sauvée. Et ce, plus souvent qu'à son tour . Il m'avait sauvée de tous les dangers extérieurs mais aussi de moi-même.
Et quel remerciement je lui offrais ? Je le repoussai alors qu'il avait toujours été admirable et irréprochable. Sulpicia avait raison à son propos, il méritait une femme à sa hauteur et je n'étais pas sûre d'être cette femme. Et encore moins de pouvoir changer assez pour le devenir. Je lui avais fait trop de mal et cela me frappa avec la force d'un tsunami. Je devais tenter de réparer ça et puis je dois dire que j'en avais marre de souffrir et d'être en permanence sous tension et en colère contre tout et tout le monde. J'avais une chance incroyable d'avoir mon compagnon pour m'aider à faire face à mes futurs devoirs. J'avais la chance de connaître un bonheur quasi similaire à celui que vivait Sulpicia et Aro. Pourquoi est-ce que je m'en priverai ? Par orgueil ?
Il avait raison, Caïus n'était plus et lui était encore bien présent. Il avait donné et perdu bien plus que n'importe qui l'aurait fait et accepté, même pour son compagnon.
Je sentis mon espoir réinvestir mon corps en même temps qu'une angoisse presque aussi puissante pénétrer par chacun de mes pores. Je devais le faire, je ne devais pas le laisser partir et me quitter. Et si je devais perdre ma crédibilité aux yeux de mes gardes parce que je ramperais devant mon compagnon pour le récupérer, tant pis.
Il méritait au moins ça pour ce que lui avait dû sacrifier pour moi. Je ne pouvais plus laisser cette situation s'envenimer. Je l'avais créée et devais la régler. C'est forte de ma décision que je pris mon téléphone et l'appelai. Il y eut deux sonneries avant qu'il réponde. Je me doutais qu'il devait se poser la question de savoir s'il allait prendre mon appel ou non. Je fus heureuse qu'il le fasse bien que j'avais la crainte qu'il m'envoie balader. Ce que j'aurais compris.
-Oui, répondit-il d'une voix neutre.
-C'est moi. je...
-Je sais ! répliqua-t-il d'une voix plus sèche.
-Viens me rejoindre s'il-te-plait ?
-C'est un ordre ?
-Non, tu es libre de le faire ou pas. Je lève mon bouclier pendant environ une heure. Si tu ne m'as pas rejoins d'ici la fin de l'heure, j'accepterai ta décision.
-Bien, répliqua-t-il, puis il raccrocha.
J'avais envie de pleurer, j'avais poussé ses limites un peu trop loin, je m'en rendais compte. Peut-être était-il déjà trop tard ? Et s'il décidait qu'il préférait souffrir seul, mais loin de moi parce qu'il n'en pouvait plus ? Ce pouvait-il qu'il le fasse ? Les vampires pouvaient arriver à survivre sans leur véritable compagnon, Marcus en étant la preuve concrète. Et si Démétri choisissait de prendre ce chemin-là ?
J'avais levé mon bouclier dès le moment où je le lui avais signifié. L'heure arrivait à son terme. Et je dus me rendre à l'évidence que mes craintes étaient fondées, il avait choisi qu'il avait assez souffert. Comment lui en vouloir ? Je l'avais moi-même poussé à cette extrémité.
Je replaçai mon bouclier à sa place initiale et restai prostrée sur ma branche, sur ce même arbre dans lequel je m'installais pour réfléchir, celui contre lequel il m'avait immobilisée lors de mon premier test. Je ne sentais personne autour de moi bien que je sache que tous étaient présents et pas loin. Mais ils avaient eu la sympathie de ne pas venir me déranger et de se faire discrets pour me laisser cette illusion d'intimité. Bientôt deux heures que j'avais appelé Démétri et j'avais passé la dernière heure à pleurer sur son choix et ses conséquences. Mais j'avais pris la décision de le respecter et d'essayer d'être moins dure avec mes gardes. D'essayer de revenir la Bella qu'ils voulaient tous que je sois. Et qui sait peut-être qu'avec le temps il entendrait parler de moi et des progrès que j'ai fait pour redevenir celle qu'il avait aimée et qu'il me reviendrait. De toute façon, je n'avais pas d'autres choix. J'allais descendre de mon arbre pour partir lorsque je le sentis s'approcher. Cette odeur qui m'avait envoutée dès l'instant où je l'avais sentie. Il approchait, je l'entendais, puis il réduit l'allure, je me doutais qu'il était vers l'un des gardes. Je levais mon bouclier pour lui signaler ma présence. Et rapidement, il se trouva au pied de l'arbre.
Lorsque je le vis apparaître dans mon champ de vision tout mon corps entra en fête. J'étais heureuse qu'il soit, tout compte, fait venu. Enfin, juste avant qu'une pensée moins joyeuse ne vienne semer le trouble dans mon esprit. Et s'il venait pour me signifier qu'il ne voulait plus de moi. Qu'il ne voulait pas me pardonner. Il coupa mes sombres pensées.
-Tu voulais me voir, je suis là. Je soufflais d'appréhension car son ton était froid et distant.
-Merci d'être venu. Je ne pensais plus que tu allais le faire.
-J'ai beaucoup réfléchi avant de me décider, m'avoua-t-il.
Je sautais de l'arbre car je devais lui parler les yeux dans les yeux. Il était de dos lorsque j'atterris à ses côtés.
-Je... je soufflai un bon coup avant de me décider à tout déballer. Je suis désolée Démétri, commençai-je.
-Désolée pour quoi au juste ? D'avoir cédé à tes pulsions et m'avoir embrassé alors que tu étais avec Caïus ? Désolée de m'avoir fait espérer qu'un jour je pourrais avoir droit à une place autre que celle de garde à tes côtés ? Désolé pour toi parce que je ne suis pas le compagnon que tu souhaitais ? Dis-moi au juste pourquoi tu es désolée, parce que pour moi ce n'est pas clair. Il s'était retourné et son regard était plein de tristesse, de reproche et de colère. Cela me faisait encore plus mal de voir dans quel état je l'avais mis.
-Je suis désolée de ne pas être à ta hauteur. De ne pas être celle que tu mérites véritablement. De t'avoir fait autant de mal par mes actions ou mes manques d'actions certaines fois. De ne pas avoir pris la peine d'ouvrir les yeux et de me contenter du peu que j'avais alors que je pouvais avoir beaucoup plus encore et surtout beaucoup mieux. Mais surtout, je suis désolée d'être responsable du fait que tu doutes de toi. De ne pas t'avoir accordé la place qui te revient de droit et ce, au profit de quelqu'un qui ne te voulait que du mal. Je ne suis pas une bonne personne, et je suis désolée que tu doives te contenter de moi pour compagne.
-Tu es sérieuse ? Me demanda-t-il incrédule.
-Je pense chaque mot que je viens de te dire et plus encore. Je sais ce que tu as dû traverser à cause de moi et de mes mauvais choix. J'ai pris connaissance de la souffrance que tu as dû endurer durant tant de temps. De la distance entre nous, mais surtout de ma proximité avec Caïus. Et je dois avouer qu'à ta place, je ne l'aurais pas supporté. Je n'ai déjà pas supporté que cette femelle t'approche alors que j'étais dans la même pièce. Et pour être on ne peut plus franche, je dois avouer que j'ai eu plaisir à ordonner l'exécution d'Heïdi pour les mêmes raisons. Mais de cela, je viens seulement d'en prendre conscience. Je ne pourrais jamais effacer ces mois, ces années où tu as dû vivre avec tout ça à l'esprit et dans un silence absolu. Mais je suis prête à accéder à tous les changements que tu jugeras nécessaire afin que tu restes avec moi. Il resta silencieux me défigurant littéralement.
Au plus les secondes passèrent au plus je me sentais de plus en plus mal. J'étais gênée, honteuse, misérable sous son regard.
-Ne reste pas sans rien dire, le suppliai-je.
-Je ne sais pas Bella. J'ai attendu ce moment tellement longtemps que j'ai peine à y croire. J'ai peur que si je tente le moindre geste quelqu'un d'autre ne vienne et t'arrache à moi encore.
-Je ne laisserai plus personne s'interposer entre nous. Plus jamais personne ne viendra prendre ta place, je te l'assure. Tu es à moi comme je suis à toi et j'accepte cela. Plus que ça j'en suis heureuse, enfin si tu acceptes mes excuses et que tu rentres avec moi au château.
-Bien sûr que je rentre avec toi, me dit-il, mais il ne bougeait toujours pas.
Cette crainte devait être ancrée plus profondément que je ne le pensais. Je fermais l'espace qui nous séparait qui n'était pas si grand mais qui l'instant d'avant me paraissait être un gouffre. J'étais heureuse de m'être mise à nue et je dois dire que Rosalie avait raison. En faisant abstraction de mon orgueil, j'avais l'impression de redevenir celle que j'étais avant, enfin au moins un peu. En tout cas, je retrouvais une certaine sérénité que j'avais perdue depuis bien longtemps.
Arrivée tout contre lui, je plaçai mes mains sur ses pectoraux et me lovai tout contre lui. Il enroula ses bras autour de moi et me serra fortement.
-C'est bien vrai. Cette fois, tu vas rester, je n'aurai plus besoin de faire semblant.
-Je suis à toi et rien qu'à toi. Nous serons aussi proche que nous le souhaitons. Mais j'ai bien peur qu'il nous faille adopter la stratégie d'Aro en public. Je ne peux pas pour le moment t'accorder, aux yeux du monde, la place qui te revient à mes côtés. Mais je le ferai, sois en sûr. Je trouverais la solution qui fera que je pourrais te présenter dans un futur proche comme mon véritable compagnon.
-Si tu me veux auprès de toi en privé et que tu ne sortes jamais sans moi, je pourrais supporter cette contrainte. Ce sera même la plus facile à laquelle j'aurai dû m'adapter depuis que tu es entrée dans ma vie.
Nous restâmes comme ça quelques minutes, sans un mot, juste en silence. Un silence reposant, réparateur dans mon cas. Car je pouvais de nouveau accumuler calme et bien-être à l'intérieur de mon corps. Comme pour la danse, mon corps se détendit et encore plus vite maintenant que nous avions pu nous expliquer. Mais principalement, parce que je savais que maintenant il serait avec moi et que je sentais au plus profond de moi que j'avais fait le bon choix. Que j'étais en accord et en harmonie avec moi-même. Même mon démon semblait d'accord avec ce fait, il était apaisé tout comme moi et cela était bon.
-Je pense qu'il vaudrait mieux rentrer, m'indiqua-t-il tendrement en déposant un baiser sur mon front.
-Nous rentrerons au château demain. Ce soir, nous restons ici.
-Je ne veux pas aller dans cette pièce, dit-il subitement.
-Ça tombe bien puisque j'ai emménagé dans ta chambre, lui répondis-je. Il me sourit avec malice. Tu sais que j'ai toujours eu du mal à ne pas perdre pied quand tu souris.
-J'avais remarqué oui.
-Il y avait bien longtemps que je ne l'avais plus vu.
-Il y a longtemps que j'avais perdu l'envie de sourire également. Et puis hier j'ai souri.
-Effectivement, répondis-je alors que nous partions main dans la main en direction de la maison.
-Nous arrivons près de Félix, m'indiqua Démétri.
-Et alors ce n'est pas comme si c'était un secret dans nos murs. Tout le monde était au courant avant moi.
-J'ai été mis dans la confidence assez tard, m'avoua-t-il.
-Quand ?
-Lorsque je suis venu te secouer dans tes appartements.
-Tu le savais à ce moment là ?
-Oui, répondit-il. Je t'ai laissée quelques indices pour que tu puisses comprendre, mais tu es trop bornée.
-Pourquoi ne pas m'en avoir parlé, tout simplement.
-Tu crois sérieusement que tu aurais cru ce que je te disais. Tu me tenais déjà responsable de sa mort. Si, en plus, j'étais arrivé en te disant : Bella arrête de pleurer pour lui, il n'est pas ton compagnon puisque c'est moi. Comment aurais-tu réagi ?
-J'aurai confirmé les doutes que j'avais fondé, avouai-je.
-Tu vois. C'était trop tôt. D'ailleurs, je pensais même qu'aujourd'hui était trop tôt enfin c'était avant de voir ta réaction quand tu as cru que j'avais une compagne. Ce qui me surprend c'est que pas une seconde tu ne t'es doutée qu'il pouvait s'agir de toi.
-Ben pas vraiment dans le sens où il est de notoriété publique que les âmes sœurs se reconnaissent. Et puis vu le temps que l'on passait ensemble, si je ne m'en étais pas aperçue avant c'est que ce n'était pas moi tout simplement.
-Alors qu'en fait nous nous sommes reconnus c'est le plus dramatique. Mais nous sommes passés à côté de ça et le résultat est là, soupira-t-il.
-Le résultat est que nous avons traversé beaucoup d'épreuves qui nous ont endurcis. Mais au final, nous sommes là toi et moi et c'est ce qui compte non ?
-Oui, c'est vrai, céda-t-il. Bien que je le soupçonnais de le faire pour ne pas partir sur un sujet plus délicat pour le moment. Nous arrivâmes près de Félix qui arborait un sourire conspirateur, lorsqu'il nous vit.
-Dois-je intervenir comme la première fois où nous vous avons surpris ensemble, nous demanda-t-il espiègle. Si j'avais pu, j'aurai pu rougir en repensant à la scène à laquelle il faisait référence.
-Si tu tiens à mourir, je te le conseille, lui rétorqua Démétri entrant dans son jeu. Félix me sourit d'un vrai sourire heureux et cela me ravit. Il y avait longtemps que je ne l'avais pas vu comme ça lui aussi.
-Bien si nous rentrions, lançai-je. Félix avertis Rose et Alec que nous retournons à la maison.
-Et si tu pouvais y aller plutôt que les appeler, je t'en serai reconnaissant, lui signifia Démétri avec un sourire entendu.
-Mouais, maugréa de bonne grâce le garde.
Il partit dans la direction par laquelle nous venions d'arriver. Nous rentrâmes rapidement. Une fois arrivés à l'intérieur, Démétri me conduit dans sa chambre, enfin la nôtre. Je ne jetais même pas de coup d'œil à celle que j'avais occupée précédemment. Je venais de ranger cette partie de ma vie dans un coin de ma tête. J'y repenserai de temps à autre, mais je ne ferai plus de ce passé, mon avenir. Lorsque nous arrivâmes dans la chambre, il ferma la porte et me prit dans ses bras avec avidité et douceur à la fois. Il m'embrassa avec cette même force d'amour que j'avais ressenti lorsque nous nous étions embrassés aux États-Unis. Mais au lieu de nous freiner comme la première fois, nous nous laissâmes aller. Ce baiser devint vite urgent, passionné et empli d'un désir ardent. Ses mains vinrent se perdre sur mes hanches qu'il plaqua tout contre lui. Je pouvais sentir son envie de me faire sienne. Envie que je partageais, que je souhaitais plus que tout. Je voulais m'unir à lui, car si la promesse de ses baisers était au quart de ses capacités physiques, j'avais hâte d'y être. Il remonta ses mains le long de mes côtes pour finir sur ma poitrine. Je me frottais effrontément contre lui. Il y avait certainement plus romantique comme première fois. Mais je pense que l'attente que nous avions dû endurer, et principalement lui, faisait que nous ne faisions pas dans le romantisme. Et puis, de toute façon, nous aurions bien le temps de pourvoir à cela une prochaine fois, car il y en aurait des milliers d'autres, je n'en doutais pas. Mais comme un écho à mes propres pensées, je l'entendis me dire.
-Je suis désolé mais je ne pourrais pas faire durer le plaisir bien longtemps.
-Il y avait longtemps, lui répondis-je. Ce qui l'arrêta net et il me regarda avec curiosité les sourcils légèrement froncés. Que tu n'avais pas complété l'une de mes pensées, terminai-je voyant qu'il n'était pas sur la même longueur d'onde.
Il sourit malicieusement et il reprit l'ascension de mon cou qu'il parsemait de baisers. J'avais, quant à moi, entrepris de le débarrasser de son polo qui m'agaçait sérieusement. Mais, pressée comme je l'étais, je le déchirais dans la manœuvre. Ce qui le fit sourire d'avantage, en tout cas je le sentis.
-Déchiré pour déchiré, déclarai-je. Et je finis par le détruire entièrement en faisant des lambeaux de tissu.
-Il va me falloir prendre des actions dans le textile. C'est mine de rien le deuxième que tu me détruis aujourd'hui, me taquina-t-il.
-Hum... et quelle a été ta façon préférée ?
-Je dirais bien les deux puisque la première fois ta jalousie m'a enorgueilli. Mais vu comment cela a dégénéré tout de suite après, je dirais que j'ai une préférence particulière pour cette méthode-ci.
-Tant mieux parce que c'est ma préférée aussi, répliquai-je malicieuse. Il répondit à ce sourire par un plus ou moins similaire.
-Si tu veux que l'on profite de ce moment, il va falloir se dépêcher car ils vont bientôt rentrer.
-Bien, je suppose que nous aurons bien d'autres occasions pour jouer un peu plus.
-Des milliers de fois, dit-il en me prenant sous les fesses afin de me porter.
Il me déposa sur le lit alors que j'admirais son torse finement sculpté, ses muscles ciselés dans une rare perfection. Je me mordis la lèvre en le dévorant du regard.
-Tu n'imagines même pas l'effet que cela me fait que de te voir me détailler comme ça. Déjà la première fois, ça m'avait troublée, mais maintenant que je peux en profiter, je suis aux anges.
-C'est ton corps qui a un effet incroyable sur moi, lui répondis-je en me frottant toujours plus contre son érection. Il me retira mon pantalon à vitesse vampirique ainsi que le sien.
-Tu ne portes pas de sous-vêtements ? lui demandai-je surprise.
-Non jamais, dit-il en s'allongeant au-dessus de moi et reprenant l'exploration de mon corps avec sa bouche.
-Alors comment se fait-il que tu en avais un lorsque je t'ai fait enfiler le kilt ?
-Parce que je le savais, répondit-il tout sourire.
-Qui ? demandais-je. Je voulais savoir qui m'avait trahi. Bien que je ne prenais pas cela dans le sens premier du terme, en tout cas dans sa portée.
-Jane, répondit-il.
-J'aurais dû m'en douter, il détourna rapidement mon attention en s'emparant de l'un de mes seins.
J'oubliais tout le reste instantanément. Il réussit à faire naître un feu qui me consumait littéralement. Je n'étais que lave en fusion et c'est certainement la chaleur qui devait se dégager de mon antre. Il relâcha le premier alors qu'il s'attaqua au second, mais dans le même temps, il descendit l'une de ses mains directement sur mon sexe. Ses doigts glissèrent entre mes lèvres intimes et humides, puis il les introduisit en moi en même temps qu'il mordilla mon sein. L'effet était dévastateur. Je me cambrai en jurant un :
-Oh putain oui ! de plaisir. Il fit quelques allers et retours avec ses doigts dans mes plis. Mais cela n'était pas suffisant. Prends-moi ! lui ordonnai-je. Pas comme la reine qui commande à son garde, mais comme la femme qui supplie son homme pour qu'il accède à sa délivrance.
-Oh que oui je vais te prendre, me dit-il en se déplaçant afin de s'installer entre mes jambes.
Jambes qu'il prit et qu'il positionna sur ses épaules. Cette première fois était vraiment loin d'être romantique et cette constatation me tira un sourire. Il releva mes hanches afin que je sois à la bonne hauteur pour la pénétration, puis je le vis prendre son sexe en main alors que moi je prenais appuis sur mes bras pour garder l'équilibre d'une part mais aussi pour maintenir la hauteur adéquate. Il se présenta devant mon entrée. Je le regardais intensément et lorsqu'il me pénétra il ferma les yeux en même temps qu'il laissa échapper un grognement, ce qui attisa mon désir. Le fait de le sentir à l'intérieur de moi était remarquable. Il était physiquement fait pour moi, il n'y avait aucun doute à cette constatation.
Il partit à l'assaut de mon antre et fis ses allées-et-venues avec fougue. À chaque coup de rein qu'il me donnait, il m'approchait un peu plus des étoiles. J'avais la sensation que je n'allais pas tarder à décoller et ce n'était pas une impression car mon corps était en feu. Nous étions pris dans une frénésie totale. Il n'était pas doux, il était sauvage et puissant et c'est tout ce que je voulais. Il retira mes jambes de ses épaules alors que mes parois commençaient à se resserrer doucement annonçant que j'allais bientôt atteindre le septième ciel.
Il n'arrêta pas pour autant ses coups de reins. J'emmêlais mes jambes aux siennes afin que nous soyons en totale fusion. Puis j'accordais mes mouvements de hanches à ses coups de reins afin de lui donner plus de profondeur.
Nos corps étaient emmêlés l'un à l'autre bougeant en rythme et en harmonie. Il avait une de ses mains sous mes reins accompagnant mes mouvements alors que j'avais l'une des mienne sur ses fesses et l'autre caressant son dos. Nos bouches se dévoraient littéralement. Les seuls sons qui résonnaient dans la pièce étaient nos corps qui claquaient l'un contre l'autre, nos gémissements et halètements lorsque nous arrivions à séparer nos bouches l'une de l'autre assez longtemps et nos respirations saccadées.
Il mettait toute la force de son amour dans chacun de ses gestes, coups de reins et baisers. Je sentais tout ça et j'essayais de répondre de façon identique. Mon vagin continua de se resserrer autour de lui et je sentis que j'étais proche de la jouissance. Il intensifia ses mouvements en y mettant encore plus de lascivité et de sensualité et cela suffit. Je me contractais avec force autour de son membre. Alors qu'il émit un grognement de délivrance et de plaisir en écho au mien.
Il fallut quelques secondes à mon vagin pour se décontracter et le libérer. Il fut plus long qu'il ne l'avait jamais été pour ce faire. Ce qui allait de paire avec les sensations que j'avais ressenti.
Je crois que tout allait être démultiplié avec lui. Car il était mon compagnon, mon âme sœur, celui qui avait été fait pour moi et inversement. Il n'était pas pensable de faire la moindre comparaison avec ce que j'avais pu vivre avant. Enfin, c'est ce que je pensais et j'espère que c'était également le cas pour lui.
Après avoir repris un rythme respiratoire plus normal ce qui me fit sourire car c'était un principe de base qui ne nous était pas indispensable, mais ce vieux réflexe humain avait la vie dure. Il m'embrassa sans pour autant se retirer de moi.
-Je te promets que nous aurons d'autres occasions d'améliorer ça, me dit-il.
-Je ne sais pas pour toi mais moi j'ai trouvé ce « ça » très bien. Mais je suis également pour la diversité, lui répondis-je avec un sourire taquin, qu'il me rendit.
Il leva la tête pour regarder un point sur le mur derrière nous. Puis se retira de moi et attrapa son jean par terre pour y prendre son téléphone.
-Qu'est-ce que tu fais ? lui demandai-je surprise en me redressant à mon tour.
-Ils veulent savoir s'ils peuvent rentrer maintenant. Apparemment ils ont une vague idée de ce que l'on vient de faire, m'informa-t-il appuyant sa phrase d'un clin d'œil.
-Quelle bande de pervers, répliquai-je sur le ton de la plaisanterie.
-Tu devrais aller prendre une douche avant qu'ils n'arrivent.
-Tu me rejoins ? lui demandai-je pleine d'espoir.
-Ce serait avec plaisir mais ils risqueraient de nous surprendre. Et cette fois-ci, tu aurais toutes les raisons de les traiter de pervers.
-Hey ! Nous ne sommes pas pervers. On aurait pu arriver sans rien dire ! entendis-je Félix dans l'appareil. Ce qui me fit glousser puis je partis dans la salle de bain.
-C'est bon, vous pouvez rentrer. Au fait, j'emprunte ta douche et un tee-shirt, le mien n'est plus en vie.
-Ouais, entendis-je dans le combiné accompagné de railleries de la part d'Alec. Mais je n'y prêtais plus d'attention dès que la porte fut fermée.
Je pris mon temps sous la douche, le temps d'apprécier les bienfaits que cette décision m'apportaient. Je me sentais plus calme et sereine, j'avais l'impression que tout rentrait dans l'ordre. Et, dans un sens, je m'en voulais de ne pas avoir ouvert les yeux plus tôt, surtout que c'est d'une telle évidence. J'avais toujours senti ce pouvoir qu'il avait sur moi et souvent je m'en étais fait la remarque toute seule en plus. Mon Dieu que je pouvais être aveugle, limite obtuse. Je sortis enfin de ma douche et après m'être habillée, je les rejoignis tous. Ils étaient dans la pièce à vivre de la maison, ils se charriaient. Démétri et Félix se cherchant en s'envoyant quelques coups, s'envoyant des objets de toutes sortes alors que Rose essayait de préserver son mobilier et ses bibelots. Alec attendait que sa compagne lui tourne le dos pour renvoyer à son tour les objets qu'elle venait de replacer, sur les deux joyeux lurons. Lorsque je pénétrais dans la pièce, ils cessèrent tout de suite leurs enfantillages. Cela me fit un pincement au cœur. Car c'est vrai que j'avais un statut important maintenant, mais j'avais pris plaisir à les entendre et les voir aussi joyeux, aussi léger, je regrettais que ma présence mette fin à cela.
-Ne vous arrêtez pas pour moi, leur indiquai-je. Mais c'était trop tard, la magie du moment s'était brisée.
-Désolée maîtresse, s'excusa Félix.
-Félix tu n'as pas à t'excuser de prendre du bon temps. Bien je vais profiter de votre attention à tous. Voilà ce n'est pas facile ce que je m'apprête à faire. Parce que, comme me l'a fait remarquer ma très chère sœur, j'ai ces derniers temps laissé mon ego et mon orgueil prendre l'ascendance sur celle que j'étais. J'ai laissé ma souffrance et ma peine prendre le pas sur tout le reste. Sur moi, sur Démétri et sur vous également. Je me rends compte que je ne vous aie pas mené la vie facile. Je n'ai pas tenu compte de votre soutien que vous avez tenté de me témoigner. De votre vie en vous séparant plus longtemps que nécessaire. Mais surtout, je ne vous ai pas apporté d'autres intérêts ni attentions que celle qu'on accorde à de simples étrangers. Alors que vous tous ici présents, plus Jane qui elle ne l'est pas, vous m'avez tous soutenue, aidée, épaulée et ce, depuis mon arrivée au château. Pour Jane, j'irai lui parler en rentrant parce qu'elle aussi mérite que je lui présente mes excuses. Donc je me répète Rose, je t'ai entendu, mais surtout je t'ai écoutée parce que tu avais raison, comme bien souvent d'ailleurs. Je vous présente à tous mes excuses et je vais essayer, avec votre aide bien entendu, de faire dégonfler la montgolfière qui me sert de tête. Terminai-je avec un sourire que je voulais léger.
-Compte sur moi et la prochaine fois, je tacherai de le faire avant.
-J'espère bien qu'il n'y aura pas de prochaine fois, répliquai-je.
-Moi non plus, renchérit Démétri.
Rose vint à moi avec un sourire radieux, puis une fois à ma portée, elle me prit dans ses bras. Ce geste, d'une telle banalité, me gonfla littéralement. En plus d'avoir enfin aplani ma relation avec Démétri mais surtout l'avoir accepté. Ce geste, ce contact avec ma sœur me transportait presque de bonheur, en fait, il me transportait au delà de ça. J'avais la sensation d'ouvrir les yeux après une longue période dans le noir et le flou le plus total. De retrouver une vision claire et simple de ma vie, comme si tout prenait une place logique.
-Je suis contente de te revoir, me dit-elle en m'étreignant.
-Tu avais raison. Je me sens mieux et surtout tout me paraît beaucoup plus simple maintenant.
-J'ai toujours raison, répliqua-t-elle avec sarcasme, avant de me relâcher.
Elle avait gardé une petite sculpture en bois qui devait sans doute avoir perdu quelques éléments dans le chahut un peu plus tôt. Je la lui pris des mains et visais mon compagnon qui l'esquiva. Il répondit en grognant, prenant une position d'attaque. Je fis la même chose en grognant et lorsqu'il voulut me sauter dessus, je l'esquivai et pris la fuite à l'extérieur, ne voulant pas détruire le reste du mobilier de ma sœur. Il me suivit ainsi que les autre gardes. Nous nous bataillâmes une partie de la nuit, ne se souciant plus de nos statuts, ni des fonctions qui étaient les nôtres. Nous étions que des amis, une famille.
N/CM: Première lecture terminée et je n'ai pas pu m'empêcher d'aller lire le suivant aussi… *rougit, honteuse* Grâce, encore une fois, à tes talents de narratrice, je les voyais se livrer une bataille de bibelot, Alec lançant des objets dans le dos de sa compagne, Rose les empêchant, du mieux qu'elle le peut, Demetri et Felix se faire une guerre « amicale »
Au fait, elle a très bien fait Rose de ne pas s'empêcher de la remettre à sa place… La reine en avait besoin… surtout sa GROSSE tête de mûle et son ego surdimensionné ! Mdr
N/A: Oui effectivement elle avait besoin d'une bonne remise en place et surtout que quelqu'un la remette sur le droit chemin.
Encore merci pour le compliment, il me touche sincèrement et j'aime savoir lorsque j'ai réussi à faire entrevoir une situation que j'ai décrite.
Ça y est ils sont enfin ensemble... Alors qu'en pensez vous?
Bonne semaine et à mardi.
Bet's
