Tellement longtemps que j'attends de poster ce chapitre. Donc, navrée, mais j'ai mis bien trop de choses dedans, et il est beaucoup trop long.
RRA :
Kumiro : Merci beaucoup pour ta review ! Je suis super contente de savoir que tu aimes et que tu sens le suspense monter. Et merci aussi pour m'avoir signalé la coquille « Loki/Luke » (ne pas faire de blague, ne pas faire de blague… LUCKY LUKE, oups, pardon). Ce n'est pas grave si c'est Bagdad dans ma tête à moi, mais si ça devient confus pour vous, là c'est embêtant. Je croise les doigts pour que tu aimes ce chapitre-là également !
Playlist :
Cat Stevens – Father and son
Slimane – Viens on s'aime
-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-
A voice said, Look me in the stars
And tell me truly, men of earth,
If all the soul-and-body scars
Were not too much to pay for birth
Robert Frost – "A Question"
-o-o-o-o-
Le dimanche matin, un Luke plutôt nerveux descendait prendre son petit-déjeuner, quand il entendit son père répéter avec surprise :
« Strange, porté disparu ?
Intrigué, l'adolescent passa la tête dans le salon, et vit son père avec son oreillette, parlant tout seul avec les sourcils froncés. Luke devina qu'il était au téléphone avec un Avenger, et regretta de ne pas pouvoir identifier qui c'était, ni ce qu'il ou elle disait. Il envisagea de demander à Jarvis puis laissa tomber : il saurait bien assez tôt lequel de ses « oncles et tantes » avait appelé son père, et c'était de toute manière bon signe. L'affaire de « soldat de l'hiver », dont Luke n'avait pas eu tous les détails (pour ne pas dire aucun), avait jeté un froid entre eux. Les membres du noyau initial des Avengers se parlaient rarement, et ne se voyaient presque plus. Ils manquaient à Luke, surtout Peter, Natasha et Bruce, mais son père avait l'air si abattu quand il abordait le sujet, qu'il avait rapidement abandonné.
-Ҫa m'inquiète, dit doucement son père. Il ne possède pas un artefact très puissant ce mec ? Le truc qui lui permet de voyager dans l'espace-temps ?
-…
-Je te fous mon billet que c'était pour ce truc-là. Et j'ai peut-être une idée du type. Est-ce que tu as eu Thor, récemment ?
-…
-Comment ça, il a monté une expédition ?
-…
-Et il ne pouvait pas demander du renfort, ou au moins en parler, non, bien sûr, s'énerva-t-il. Je m'appelle Thor, je suis plus fort que tout le monde, je pars seul en laissant ma femme, ma fille et tous mes coéquipiers derrière moi.
-…
-Je suis calme. Je te jure que je suis calme. Tu sais contre qui il partait se battre ?
-…
-C'est officiel, ce type est complètement con. Et bien sûr, aucun moyen de lui filer un coup de main, ou d'y aller via le Bifrost, je suppose.
-…
-Donc qui est sur le trône d'Asgard, en attendant son retour ?
-…
-Oui, je comprends, il était notre seul lien régulier avec Asgard, donc tu n'en sais rien.
-Donc il est possible que le Titan fou ait mis la main sur la gemme de Strange, et que Thor n'en sache rien, tout en lui fonçant dessus.
-…
-Ҫa sent mauvais. Ҫa sent tellement mauvais.
-…
-Oui je sais, on ne peut rien faire qu'attendre son retour. Avec un peu de chance, il fera un truc intelligent, c'est-à-dire demi-tour, l'autre zinzin violet va le suivre, et nous, on les cueillera à l'arrivée.
-…
-C'est Thor qui m'a dit qu'il était violet.
-…
-Je ne sais pas si c'était une information pertinente, je dis juste que ça le rend beaucoup moins effrayant.
-…
-À propos de moins effrayant, c'est totalement hors sujet mais… tu comptes te raser la barbe un jour ?
-…
-Ne le prends pas comme ça voyons, fit son père dans un rire. Bien, tu me tiens au courant. Ҫa marche, je lui transmets. Steve t'embrasse, lui fit son père en raccrochant.
-Qu'est-ce qui se passe avec Thor ? s'enquit Luke, légèrement inquiet, et en en ayant oublié de demander des nouvelles de Steve.
-Il s'est lancé dans une opération un peu risquée, et dans l'espace qui plus est, donc personne ne peut pas aller l'aider.
-Mais ça va aller, pas vrai ?
-Ne t'en fais pas, je ne crois pas que le dieu du Tonnerre en personne soit à sous-estimer.
-Et pour Stephen ?
-Pour l'instant on ne sait rien, on se contente de faire des suppositions. Mais de ce que Steve a entendu du petit club satanique de Strange, il se serait fait enlever pendant un voyage inter-dimensionnel.
-C'est possible ça ?
-Je n'en sais strictement rien, mais ça doit être comme les voyages normaux. Un méchant et un gentil au même endroit au même moment, et le méchant emmène le gentil dans sa base secrète, sans que les autres gentils ne puisse savoir où il est, ni aller le chercher. Typique, marmonna-t-il, semblant soudain plongé dans ses souvenirs.
-Tu sais, j'ai quinze ans la semaine prochaine, tu peux arrêter d'utiliser les termes « gentil » et « méchant ».
-Laisse-moi au moins ça, lui fit son père dans un sourire, ça me rassure de les utiliser, c'est beaucoup plus simple que la réalité.
-Tu penses à quelque chose de particulier, en disant ça ? s'enquit son fils, pour une fois curieux des radotages de son père, ayant bien vu qu'il menaçait de replonger dedans.
Son père le regarda un instant, de ces regards qui faisaient légèrement flipper Luke, comme si son père lui cachait bien plus de choses que Luke n'en cachait à ses amis.
-Non, pas vraiment, éluda son père. C'est juste que c'est plus simple pour tout le monde de mettre des gens dans des cases, et de ne jamais accorder de secondes chances.
Il le regarda à nouveau en souriant, et Luke ressentit le besoin de le chambrer. Il y avait beaucoup trop de non-dits dans ces mots pour qu'il ne se sente pas extrêmement frustré.
-Ok, tu viens juste de gagner trente ans de plus, et aussi, oh la chance, le droit de te faire appeler Gandalf jusqu'à la fin du mois.
-Trente ans, t'es dur.
-J'suis bête, t'es pas Gandalf, se reprit l'adolescent juste à temps. Je suis Luke, donc t'es Yoda.
-Donc ta mère Yoda et ton père Dark Vador ont forniqué il y a quinze ans, et te voilà, conclut son père en prenant une gorgée de son café froid.
-Papa ! s'offusqua Luke en se cachant les yeux. T'es crade ! J'ai une image mentale maintenant.
Avant que Luke ne puisse trop se torturer l'esprit en réfléchissant comment rebondir naturellement sur sa mère avec ça sans que ça ne sonne trop glauque, Tony sourit dans sa tasse « Best Dad Ever », et releva le nez pour lancer :
-À propos de Yoda, tu sais que j'ai gardé ton doudou préféré ?
-Quoi ? T'es sérieux ? s'étrangla Luke.
-Yep, doudou Yoda doit être dans un carton en haut de l'armoire.
-T'as d'autres trucs là-dedans ? fit Luke en se dirigeant vers l'escalier.
-Sans doute, fit son père en lui emboîtant le pas. Des photos, des dessins… tes couches sales…
-Beuurk, n'importe quoi !
Un instant plus tard, ils étaient assis tous les deux en tailleur contre le bas du lit de Tony, et vidaient consciencieusement un grand carton, ayant manifestement contenu leur spectromètre de masse. Doudou Yoda avait retrouvé sa place en équilibre sur un genou de Luke, et ses petits bras en coton étaient grands ouverts, comme pour demander un câlin. L'adolescent était plutôt content d'avoir trouvé un prétexte pour mettre la main sur ce « carton en haut de l'armoire », mentionné par Trin' la veille. Cela lui faisait se demander : toutes les familles avaient ce fameux carton, ou bien son petit ami avait retourné toute la maison à la recherche d'informations sur sa mère ?
Jusqu'à maintenant, aucune photo de femme inconnue et qui ressemblerait à Luke, mais il prenait son mal en patience. Mentionner sa mère à brûle-pourpoint paraîtrait suspect, par contre, s'il se souvenait bien, il avait réalisé quelques dessins d'elle quand il était petit. Il avait manqué l'occasion avec la plaisanterie de son père sur Yoda et Dark Vador, mais tout bien réfléchi, tomber sur un dessin et demander semblerait plus naturel. Oui, il ne reculerait pas : il voulait savoir.
Son père eut un sourire et déterra du carton une petite pile de photos, tenues entre elle par un élastique rose. Le cœur de Luke s'accéléra, mais la demi-douzaine de clichés ne contenait que deux gamins hilares, l'une blonde et l'autre aux cheveux noirs. Tony contempla un à un les souvenirs en papier glacé. Tantôt Luke et Leyla tiraient la langue, tantôt ils faisaient voir le blanc de leurs yeux, ou bien leur visage était flou car parti en arrière dans un rire. La fille de Thor avait hérité de ses pouvoirs et de ses jolis boucles dorées, mais elle avait les yeux noisette de sa mère. Il lui semblait que c'était Darcy qui avait pris ces photos, un après-midi où elle les gardait tous les deux au Nouveau Mexique, pendant que Thor et lui discutaient de Thanos. Cela fit se demander Tony ce que devenait la jeune femme, et si leur stupide dieu blond allait réussir à sauver ses fesses, tout seul dans l'espace.
Tony quitta son train de pensées sombre en tendant le petit paquet à son fils, l'interpellant dans un sourire :
-Regarde, c'est Leyla et toi. Vous faisiez un concours de grimaces.
-On avait l'air de s'entendre, pour une fois, se moqua Luke en manipulant les photos à son tour.
La relation des deux « cousins » était on ne pouvait plus chaotique. Mais il devait avouer que ces photos d'enfants le rendaient nostalgiques. Leyla avait été la seule enfant à qui il avait pu montrer et exercer ses pouvoirs, et, sincèrement, ils s'étaient bien amusés à foudroyer, enflammer ou couvrir de neige la maison Barbie pendant des après-midi entières.
Luke réalisa que lui aussi s'était finalement perdu dans ce fossoyage de souvenirs. Bien sûr, il gardait sa mère en tête, mais il redoutait ce moment autant qu'il l'attendait, et puis, ils trouvaient de ces trucs dans ce carton, n'empêche.
Luke fouillait dans ses vieux dessins quand il en dégagea un avec un sourire. Le paysage comportait une maison blanche sous un soleil sans nuage, et deux adultes et un enfant posaient devant en souriant. L'un avait une barbe et une armure rouge et or, l'autre n'était qu'un contour bleu avec une tête barbouillée en orange, et l'enfant, lui, était bleu, avec des flammes et des flocons autour de lui, ainsi qu'un sourire immense aux lèvres.
-Regarde Jarvis, fit Luke en levant la vieille feuille vers une caméra de l'IA, c'est toi !
-J'étais bien triste, tout en blanc, fit remarquer la voix.
-Mais nan, regarde, je me souviens, tu m'avais dit la même chose, et j'avais commencé à colorier ta tête de ta couleur préférée !
Tony se rappelait de ce dessin. Il avait eu très peur, à l'époque, que Luke n'ait remarqué qu'il parlait à quelqu'un d'invisible, mais le gosse avait révélé qu'il s'agissait tout simplement de l'IA.
-C'est vrai que tu étais doué pour le dessin, fit remarquer son père alors qu'il contemplait le vieux portrait de famille.
-Je le suis toujours, sauf que je ne te montre plus rien, fit Luke avec un clin d'œil.
-Moui, je pense savoir pourquoi…
-Tu vois le mal partout, balbutia Luke en rougissant.
Il reprit son feuilletage de la pile, et une vague de tristesse passa soudain sur son visage. Luke dégagea des autres le dessin qui avait provoqué sa mélancolie, et le contempla tandis que Tony y jetait un œil intrigué et inquiet. Il s'agissait d'une femme très grande et très belle, avec de longs cheveux noirs et des yeux verts. Un enfant bleu lui tenait la main en affichant un grand sourire.
Il y avait très longtemps que Tony avait vu ce dessin. Sans doute l'avait-il rangé dans le carton dès sa réalisation, écrasé par le poids des mensonges et l'angoisse de l'avenir.
-Eh, papa, glissa doucement Luke. Tu pourrais me parler de maman ?
Son père releva la tête et le regarda un long moment dans les yeux. Sa question avait l'air de l'avoir pris au dépourvu, et également de le rendre triste et inquiet. Cela fit craindre le pire à Luke, et il pâlit.
-Ҫa ne va pas être une conversation facile, avoua son père dans un petit soupir. Tu veux qu'on descende ? Qu'on se boive un verre avec ça ?
-Non, je… Là, ça va. Et je n'ai pas 21 ans. Elle… Elle est morte, pas vrai ?
Son père hocha doucement la tête, un mince sourire tragique aux lèvres.
-Oui mon chevreau.
Luke accusa le coup, regardant par la fenêtre. Il l'avait toujours su, en quelque sorte. Mais l'entendre ne faisait pas du bien.
-Tu m'emmèneras la voir, un jour ? s'enquit-il d'une petite voix.
-Oui, acquiesça à nouveau Tony. Quand tu veux.
Luke s'autorisa le droit d'être mélancolique cinq minutes. Ce n'était pas juste envers son père, de dire qu'avoir une mère lui avait manqué. Luke n'avait manqué de rien, et son père n'aurait pas pu être plus disponible. C'était juste… Ne pas savoir d'où il venait avait laissé une espèce de vide dans sa vie. Il avoua :
-Avant, je me disais que c'était Pepper, ma mère.
-Ҫa aurait pu, fit-il avec un sourire bien moins triste. Mais elle ne m'aurait jamais fait confiance pour prendre correctement soin de son bébé.
-Alors, c'était qui ? fit Loki avec un sourire. Comment tu l'as rencontrée ? Tu aurais des photos à me montrer ?
Une partie du cerveau de Tony avait anticipé que ces questions arriveraient, mais l'autre partie l'avait violemment bâillonnée dans un impressionnant sursaut de déni.
Il était en train d'élaborer un mensonge que Luke aimerait mais trouverait plausible à la fois, quand la voix de Loki hurla violemment dans sa tête :
« Génie crétin et lâche, tu ne vois pas que c'est le moment parfait ? »
« Il vient d'apprendre que sa mère est morte, nom d'un chien, laisse-le respirer ! » protesta Tony en gardant une expression impassible.
« Si tu lui mens là-dessus après qu'il t'ait posé la question, crois-moi que ça va très mal se passer. Tu te rappelles, moi, quand on m'a fait le même coup, j'ai commencé un génocide. »
«Ce n'est pas pareil ! Il n'est pas… Et toi tu étais… »
« Stark ! Dis-lui la vérité, maintenant !»
-Je suis désolé Luke, céda l'ingénieur. Mais j'ai encore quelque chose d'encore plus dur à te dire.
Muet, Luke fixait son père dans les yeux, son visage blanchissant à vue d'œil.
-Viens là, marmonna son père en se rapprochant pour qu'ils soient épaule contre épaule. Bon. Par où commencer…
Il avait passé les quinze dernières années à imaginer cette conversation, et soudainement, il avait oublié toutes les entrées en matière, arguments convaincants et phrases apaisantes.
-Est-ce que tu t'es déjà demandé d'où venaient tes pouvoirs ?
-Bien sûr, souffla Luke, tendu d'appréhension.
-Tu es très probablement le seul sur Terre à les avoir. Tout simplement parce qu'ils viennent d'ailleurs. Ils viennent d'Asgard.
Les yeux de Luke s'écarquillèrent.
-Quoi, comme Thor ? Comme Leyla ?
-Précisément. Est-ce que tu savais que Thor avait un frère ?
-Non…
-Il s'appelait Loki.
Luke voulut respirer, mais son souffle se bloqua dans sa gorge. Il réessaya, mais semblait toujours manquer d'air.
-Inspire, lui intima son père d'un ton inquiet. Tout va bien. Inspire doucement.
-Le Loki ? hoqueta Luke. Le Loki de New York ? L'attaque d'il y a vingt ans ? Je… Qu'est-ce que j'ai à voir avec lui ?
-Calme-toi d'abord. Tout va bien.
-Non ! Dis-moi ! Est-ce que… Est-ce qu'il est…
-Je ne dirai rien tant que tu ne respireras pas convenablement. Doucement. Concentre-toi sur le flux de ta magie.
Comme un deuxième cœur plus lent, sa magie battait doucement derrière son nombril. Luke tenta d'y faire descendre son souffle, inspirant l'air dans ses poumons, et l'expulsant en tremblant.
-Voilà, fit son père après quelques minutes. Tout va bien. Tu es sûr de vouloir savoir aujourd'hui ? On peut attendre demain, plus tard…
-Non, asséna-t-il. Je veux savoir.
-D'accord. Mais calme-toi. Je suis toujours là, on est toujours dans la maison, et quoi que je dise, tu seras toujours le lycéen Luke Yinsen Stark, fils d'Anthony Stark, membre des Trails et habitant Cleveland. On est bien d'accord ?
-Oui. Maintenant dis-moi.
-Ce Loki a un jour rencontré un sale type. Tha… Le Titan fou.
- Ta quoi ? s'enquit Luke, croyant avoir mal entendu.
-Je ne peux pas dire son nom.
-Bien sûr que si ! protesta l'adolescent.
-Tu vois, les Reliques de la Mort ?
-Mais quel rapport, enfin ? s'énerva Luke.
-Au tiers du livre, persista patiemment Tony, Harry, Ron et Hermione se rendent compte que dire « Voldemort » signale aux Mangemorts leur position. Oui ?
-Oui, confirma Luke avec impatience.
-Bah voilà, ce type, c'est pareil pour nous. Donc on va l'appeler le Titan fou.
-Attends, percuta soudain Luke. Tu n'aurais pas dit ce mot-là à Steve ce matin ? Que c'est lui qui aurait volé la gemme de Strange ?
-… Oui, mais je n'ai aucune preuve. Il est juste le numéro un des gros méchants de l'univers en ce moment, donc je le soupçonne.
-Chaud. Et donc, ce type, qu'est-ce qu'il a fait à Loki ?
Tony fit une grimace, puis passa un doigt sous sa gorge.
-Je vois, fit Luke.
-Evidemment, Loki n'était pas consentant. Donc il a cherché un moyen de survivre. De s'offrir une seconde chance. De mettre un bout de son âme dans une autre.
Tony prit une petite inspiration, puis fixa Luke comme s'il allait partir en courant et qu'il pourrait le retenir avec son regard. Il baissa les yeux, puis dit doucement :
-Et cette autre âme, c'était toi.
Luke resta silencieux, les lèvres légèrement entrouverte, ayant manifestement du mal à digérer l'information.
-Donc, réussit-il à dire après un long moment de choc. En résumé… j'ai un bout de l'âme d'un criminel mégalomane dans la mienne ?
-En gros, c'est ça, lui accorda Tony. Mais tu dois savoir que pendant l'attaque de New York, il était en grande partie sous l'influence du Titan Fou.
-« En grande partie » ? Ҫa veut dire quoi ça, « en grand partie » ? s'énerva soudain l'adolescent. Il a tué des milliers de personnes, ou pas ?
-D'une, majoritairement ce sont les Chitauris, et de deux…
-Mais c'est lui qui les contrôlait, non ? Il aurait pu éviter ce massacre, s'il l'avait vraiment voulu. Et puis, pourquoi toi, tu le défends ? l'attaqua soudainement son fils. Tu t'es battu contre lui, non ? Si je me souviens bien, il t'a même jeté du haut de la tour !
-J'y viens, j'y viens, juste, écoute-moi. Je ne veux pas que tu penses avoir l'âme d'un criminel en toi.
-Pourquoi, ce n'est pas le cas ? lança Luke d'un ton agressif.
-Écoute-moi. C'était un dieu quasi immortel.
L'affirmation eut le mérite de faire taire Luke cinq secondes, et Tony put expliquer sa vision de l'attaque. Il lui était difficile de défendre complètement Loki, parce que oui, il avait été complètement mégalomane à pas mal de niveaux (« Je n'ai que faire de ton point de vue », fit une voix dédaigneuse dans sa tête). Mais il lui semblait primordial de changer l'opinion que Luke avait sur Loki. Durant toutes ces années, il avait méthodiquement analysé les souvenirs du dieu dans sa tête, dans le but d'éviter à son fils un choc psychologique aussi violent que celui que sa précédente « incarnation » avait subi. Et il en avait conclu que le plus grave n'avait pas été l'adoption, mais le fait qu'il soit jotun (sans compter qu'Odin avait légèrement foiré son rôle de père). C'était son identité haïssable, mais qu'il ne pouvait pas rejeter pour autant, qui avait cassé quelque chose en lui. Et malheureusement, le même schéma pourrait se reproduire chez Luke. En comparaison, Luke avait tellement appris dans sa scolarité à détester l'auteur de l'attaque de New York, que Tony aurait aussi bien pu lui annoncer qu'il était la réincarnation d'Al Qaïda.
-Comment tu crois que, commença Tony, quelqu'un qui vit trois mille ans et a la puissance d'un réacteur nucléaire, regarde quelqu'un qui en vit quatre-vingt en moyenne, et a du mal à soulever un pack de bières ?
Luke ne lui répondit rien, affichant son poker face habituel de quand il ne voulait pas admettre quelque chose.
-Il le voit comme un humain voit des fourmis, pas vrai ? reprit l'ingénieur. Est-ce que toi, à chaque pas que tu fais, tu vérifies s'il n'y a pas une fourmi sous ton pied ? Quand tu fais ton footing, quand tu cours pour attraper ton bus ? Mieux, trouva soudain Tony, est-ce que tu es végétarien ?
Luke hésita un instant, affichant une moue coupable, puis secoua légèrement la tête. Tony put donc continuer :
-C'est comme ça que Thor voyait les humains avant de rencontrer Jane, et c'est comme ça que Loki les a vus toute sa vie. Pourtant, il t'a choisi, toi. Parce qu'il a pensé que ce que tu ferais suffirait à contrebalancer ses mauvais choix. Et puis, bon, il faut dire que tu as sans doute une espérance de vie plus longue que celle d'un américain lambda, relativisa Tony.
-Genre, réalisa Luke dans un souffle. Combien ?
-D'après les estimations de Jarvis… Quelques centaines d'années.
-Waouh. Je… Waouh. Quelques centaines d'années… répéta Luke en se passant la main dans les cheveux.
-Je te dis ça parce que je ne veux plus de mensonges entre nous, dit soudain son père d'un ton grave. Mais honnêtement, je serais déçu que t'avoir dit tout ça ne change ton attitude, que tu deviennes imprudent, ou que tu penses que tu vaux mieux que les autres… C'est vrai, dit-il d'un ton léger, mais je pense que ce serait dommage.
-Je vais faire de mon mieux, juste… C'est énorme… Est-ce qu'il m'a vraiment choisi moi ? C'est bizarre, qu'il se soit… transféré dans le fils d'un de ses ennemis. 'Fin… C'était risqué, non ? Pourquoi il a fait ça ? C'est comme si… Je ne sais pas, moi… comme si Al Qaïda avait confié son bébé à la maison blanche avant de mourir, élabora Luke.
Donc, il avait pensé à Al Qaïda lui aussi. Tony avait eu raison d'insister sur la moralité de la précédente incarnation de son fils, et il devrait continuer jusqu'à ce qu'il ait la certitude que Luke ait imprimé. Pour ce qui était de sa question… Tony hésita fortement. Tout bien considéré, dans sa phrase, Luke n'avait pas demandé s'il était vraiment son père biologique. L'ingénieur pourrait tout aussi répondre en surfant sur le malentendu. Il n'aurait pas démenti, mais il n'aurait pas menti non plus.
« Stark, le rappela à l'ordre Loki. Que tu le veuilles ou non, c'est maintenant. Dis-lui la vérité, toute la vérité.»
-Je suis vraiment désolé, s'excusa une nouvelle fois Tony. Mais j'ai une dernière chose difficile à te dire.
Alors là, non, rien n'aurait pu le préparer à ça.
En quinze ans de paternité, c'était définitivement le moment le plus dur et désagréable.
-Environ deux ans… trois ans ? Trois ans, se décida-t-il, après la bataille de New York, j'ai fait un rêve. Loki m'avait laissé une énigme franchement tordue. Tu sais combien je déteste ne pas comprendre quelque chose. Et bien, quand j'ai appris que Loki s'était fait tuer par le Titan fou, j'ai obligé Thor à m'emmener à Asgard.
-Geeenre, resta bouche bée Luke. T'es allé à Asgard ? Tu m'as dit que les humains ne pouvaient pas y aller.
-Thor était le prince héritier, il faisait ce qu'il voulait. Donc il m'a emmené, et là-bas, j'ai vu le fantôme de Loki.
Tony fit une pause dans son récit pour tourner sa tête vers Luke. L'adolescent était à la fois pris dans le récit, et à la fois, il appréhendait la suite de l'histoire. Ҫa se voyait comme le nez au milieu de la figure. Mais Tony appréhendait la suite, lui aussi. Il avait peur que ce soit la dernière fois qu'il voit ce regard-là. Que tout ne change entre eux, une fois qu'il lui aurait dit.
-Et ? dit Luke avec une peur triste dans sa voix. Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
Tony se résigna, et prononça les deux phrases suivantes d'une voix sans émotion.
-Que lorsqu'il était mort, il avait mis son âme et sa magie dans un bébé en train de naître. Et qu'il voulait que je l'élève comme mon fils.
Luke eut un hoquet de tristesse. Tony prit une rapide inspiration, ne se sentant pas bien non plus. L'adolescent avait porté sa main à sa bouche, sous le choc ou pour retenir ses sanglots.
-Mais ! ajouta rapidement l'ingénieur, mais, pendant mon rêve, il était en réalité présent dans la pièce, et m'a volé un cheveu. Il a utilisé l'adn pour modifier le tien avant même que tu ne naisses.
-Quoi ? Mais… On ne peut pas faire ça… balbutia Luke. Et puis tu as les yeux marrons, tu es brun, trapu, petit…
-Hey ! Respecte mon mètre soixante-quatorze, protesta soudain l'ingénieur.
-Et je suis grand, l'ignora son fils brun pour continuer son argumentation, maigre, avec les cheveux noirs, les yeux verts...
-Tu peux faire un test adn si tu ne me crois pas. Il sera positif. C'est comme ça que j'ai pu te récupérer à la maternité. Luke… fit Tony avec une main devant sa bouche, se mettant à parler comme s'il portait un masque à gaz. Je suis bien ton père…
Luke eut un rire nerveux.
-Vraiment ? demanda-t-il confirmation. On a vraiment le même adn ?
-Non, fit Tony en prenant une voix aigre de vieux professeur de biologie, pas le même, parce que vois-tu, je vais t'expliquer, l'adn est la carte d'identité de chaque être humain…
-Tu vois très bien ce que je veux dire.
-Oui, lui assura son père avec un sourire. On ira faire un test si tu veux, répéta-t-il.
-Ne le prends pas mal, mais je veux bien, avoua Luke.
-Pas de problème, assura son père. Cela t'embête si c'est Jarvis qui le fait et non un labo ? Je n'aime pas savoir ton sang impliqué dans d'autres magouilles scientifiques que les miennes.
-Non, je lui fais confiance.
Ce n'était pas vrai. Mais autant Luke trouvait son père paranoïaque avant aujourd'hui, autant, maintenant qu'il savait avoir le sang de l'indésirable numéro des Etats-Unis dans les veines, il voulait rester le plus loin possible des hôpitaux.
Il y eut un silence plus paisible après ça. Tony savourait l'absence de mensonge sur sa conscience, tandis que Luke finissait de cogiter ce qu'il venait d'entendre.
-Juste, s'exclama-t-il soudain, je ne comprends toujours pas pourquoi Loki t'a choisi toi. T'étais Iron Man, quand même.
« Pourquoi tu m'as choisi moi ? » songea Tony d'un ton moqueur
« Parce que tu m'as résisté ce jour-là dans ta Tour, et ça m'a plut. » ronronna Loki.
« Je t'en prie, je ne peux pas lui répondre ça ! »
-Il m'a dit qu'il m'avait choisi parce que j'avais fait beaucoup de recherches sur sa magie, et que je la connaissais mieux que personne, révéla l'ingénieur avec sincérité. J'étais donc le mieux placé pour t'aider à la développer et la contrôler.
En parlant naturellement à son fils de toutes ces choses qu'il avait gardé secrètes toute leur vie, Tony se rendit soudain compte à quel point vider son sac lui avait vraiment fait du bien.
Était-ce ça qu'avait ressenti Luke lorsqu'Amandine l'avait vu bleu par accident, et qu'il n'avait eu d'autre choix que de révéler la vérité ?
Sachant ça, comment Tony pouvait-il encore obliger son fils à cacher ce qu'il était à ses plus proches amis ?
-À propos de magie, rebondit l'ingénieur, pourquoi ne parlerais-tu pas de tes pouvoirs à Trin' ? Vous êtes très proches, vous deux. Peut-être même plus que tu ne l'es d'Amandine, fit son père dans un clin d'œil.
Luke rougit affreusement dans un temps record. Ce fut très drôle à voir.
-Tu- tu crois ? bégaya-t-il.
-Que vous êtes proches ? Oui, j'ai ma petite…
-Mais non ! glapit l'adolescent. Que je devrais lui dire !
-Si tu prends des pincettes, il le prendra bien. Les mutants sont de mieux en mieux intégrés, maintenant que Trump n'est plus au pouvoir.
-Mais je ne suis même pas un mutant, protesta Luke, je suis bien plus bizarre que ça.
-Tu es bien plus génial, tu veux dire. Un mutant n'aurait développé qu'une capacité. Toi, tu en as quatre en tout.
Cinq , corrigea le lycéen dans sa tête.
-Ouais, t'as raison. Juste, je ne sais pas trop comment… aborder le sujet.
-Tu peux commencer par la téléportation, proposa son père. C'est le plus classe et le mieux appréhendable. Mais après, Amandine l'a su avec ta peau, et la téléportation lui fait peur. Alors, je dirais que tu dois écouter ton instinct. »
Luke écouta le conseil de son père, et la semaine suivante, il invita Trin' à dormir chez lui. Pas pour faire des trucs, avait-il aussitôt mis les choses au clair, mais il voulait faire un truc cool qu'ils ne pouvaient faire que la nuit. Et pour ne pas que leur disparition ne paraisse suspecte, il fallait qu'ils dorment à la maison. Croyant qu'ils feraient des trucs, son père ne les dérangerait pas. « Ҫa fait beaucoup de « trucs » », avait balbutié Trin' avec son air impatient et angoissé.
Le jour J, Luke avait forcé son père à se coucher tôt pour être en forme le jour de l'anniversaire de son fils et lui faire plaisir. Ne pas faire comme d'habitude, se coucher à 10h du mat', se lever à 13, pendant que Luke avait déjà fait la cuisine et l'attendait pour manger, voire, avait dû faire son gâteau lui-même. « C'est arrivé une fois », avait protesté son père, « le traumatisme reste palpable », avait répliqué Luke. Et aussi simplement que ça, son père était allé se coucher tôt. Il n'aimait pas manipuler son père, mais il devait convenir qu'il avait un certain talent pour la discipline, et qu'il serait dommage de ne pas en profiter.
Vers vingt-trois heures, Trin', allongé sur le lit, comptait avec ennui les tatouages sur les bras d'Eminem, tandis que Luke, un stéthoscope plaqué contre le mur, écoutait avec attention la respiration de son père.
« C'est long, râla finalement son copain dans un chuchotement.
-Un peu de patience, répliqua tout bas Luke, tu vas l'avoir ta surprise.
-Pourquoi tu veux me faire une surprise de toute façon ? C'est ton anniversaire demain, pas le mien.
-C'est bon, il dort, émit Luke avec satisfaction en se décollant du mur.
Trin' roula sur le ventre pour le regarder s'accroupir devant le lit, et dégager de sous le sommier un sac à dos gris de saleté.
-De la poussière, commenta mollement Trin', coudes sur les draps et poings sous le menton. Super swag, grave original, merci.
Luke sourit en défaisant la fermeture éclair, révélant plusieurs bonbonnes de peinture.
-Mortel ! s'exclama Trin' à voix basse, jetant rapidement un coup d'œil à la porte de la chambre. Je croyais que ton père t'avait tout confisqué ?
-J'en ai racheté exprès pour ce soir. Ҫa te dit d'essayer ?
-Il n'y a plus de bus à cette heure-ci, objecta Trin'. On ne va pas aller taguer tes voisins quand même ?
-C'est ça, le truc que j'avais à te montrer, pas des bombes de peinture. Donne-moi ta main.
La main blanche tendue vers lui fit battre plus fort le cœur de Trin'. Un truc dément allait se passer.
Il allait attraper la paume qu'il savait froide, quand il se rétracta, se rappelant soudainement :
-Attends, si on sort faire un truc illégal, il vaut mieux que je te le donne avant.
Il rampa sur les draps avec ses coudes pour atteindre son propre sac à dos. Il en dégagea un emballage cadeau au motif de la boutique geek en centre-ville, et le tendit à son petit ami.
-Je t'avais dit de ne rien m'offrir, protesta Luke pour la forme en prenant le paquet.
Trin' ne daigna pas répondre à ça et se contenta de lever les yeux au ciel, chuchotant :
-Allez, ouvre-le !
Luke déchira le papier le plus silencieusement possible, dégageant une boîte rouge et noire avec le logo de Star Wars. Il leva un sourcil intrigué à son petit ami, qui l'intima de se dépêcher avec son éternel air mi-impatient mi-angoissé.
L'adolescent ouvrit la boîte, se débattit avec le plastique rigide, et finit par dégager un masque de Chewbacca.
-C'est le même que dans la vidéo, murmura Trin', tu te rappelles, la femme dans sa voiture, il y a quelques années.
-Mortel ! chuchota à son tour Luke. Il est génial. Merci beaucoup.
-Rod voulait en acheter un de Dali, mais je suis tombé sur celui-là.
Trin' ne verbalisa pas que ça symbolisait pour lui leur séance de cinéma, celle qui avait chamboulé sa vie, mais il lut dans les yeux verts de Luke que la référence ne lui avait pas échappé. L'adolescent passa l'élastique du masque derrière sa tête, puis le baissa pour pouvoir le relever sur ses cheveux.
-Je vais le tester dehors, chuchota Luke, j'ai peur que le bruit ne réveille mon père.
-D'ailleurs, comment on va sortir ? Jarvis va bloquer la porte.
-Donne-moi ta main, souffla l'adolescent en mettant son sac sur ses épaules, les yeux pétillants et sa voix pleine de promesses.
Le cœur de Trin' s'accéléra dans sa poitrine. Il se leva du lit pour prendre la main du lycéen, mais continua de se rapprocher, jusqu'à ce que le sourire de son petit ami ne s'élargisse et qu'il ne se penche pour l'embrasser. Plus Trin' embrassait Luke, plus il sentait que ces émotions étaient trop fortes pour lui tout seul, qu'elles risquaient de gangréner son cœur jusqu'à ce qu'il y en ait trop, et que ce dernier ne s'arrête net. Ils se détachèrent sans s'éloigner, Luke s'avança pour murmurer contre son oreille :
-Accroche-toi. Et inspire profondément.
Surpris par la demande, Trin' s'exécuta trop tard, et eut l'impression de se noyer tandis que sa main était tirée vers l'avant. Il atterrit par terre, sur un sol dur et lustré, qui sentait le caoutchouc brûlé. Cela lui rappelait le City Skate Center de Painesville, au nord-est de Cleveland, où ils allaient régulièrement le samedi.
Ils étaient au City Skate Center, constata-t-il malgré la forte nausée.
-Bordel, jura l'adolescent en tentant de se relever mais retombant sur ses mains. Il vient de se passer quoi, là, exactement ? »
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Dans la maison, Jarvis passa Thunderstruck, et lorsque Tony se réveilla en sursaut, l'IA lui révéla que Luke s'était téléporté.
« Ah, ça y est, il lui a dit, fit Tony avec un petit sourire. Super. Ce n'est pas grave Jarv', relax. Il a mon feu vert. »
Puisque Luke avait le feu vert, Jarvis n'allait pas lui dire qu'il avait racheté des bombes de peinture et qu'il avait sa petite idée sur ce que Trin' et lui étaient sortis faire cette nuit.
Sans doute n'était-ce pas prudent, mais après tout, son créateur lui-même avait réalisé d'innombrables actes stupides et dangereux au cours de sa vie. Et l'IA pouvait témoigner que contrairement à ce qu'il avait dit un jour à Luke, il avait bien plus « qu'état d'ébriété sur la voie publique » sur son casier judiciaire.
L'ingénieur finit par se rendormir, mais trente minutes plus tard, un cauchemar le réveilla en sursaut.
Il ne savait pas si c'était sa paranoïa de père, ou si quelque chose allait réellement mal se passer ce soir-là, mais en tout cas, le mauvais pressentiment lui collait à la peau, et avait chassé le sommeil.
Il se leva, et commença à tourner en rond dans toutes les pièces, attendant que son fils ne rentre à la maison.
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Le prochain chapitre va donner à certaines personnes l'envie irrépressible de m'amputer à la cuillère, mais malgré ça, je vous embrasse bien fort, portez-vous bien !
