Bonjour à tous !
Voici le nouveau chapitre, un peu lent car il ne fait que la transition avec la bataille à venir.
Bonne lecture.
Disclaimer : Naruto appartient à Masashi Kishimoto et Le Seigneur des Anneaux est à J.R.R. Tolkien.
Chapitre 26 : Vers le Gouffre de Helm
A l'extérieur d'Edoras, sur l'un des tumulus, le roi était resté avec Gandalf. Agenouillé sur un tertre vert, tenant une petite fleur aux pétales blancs dans ses mains tremblantes. Le vieil homme maudissait sa faiblesse, ainsi que la trop grande confiance qu'il avait eu en Grima.
A cause de ce traître, Theoden avait été possédé par le magicien blanc et pendant ce temps, il n'avait même pas pu assister à l'enterrement de son propre fils.
Tandis que le monarque pleurait sur la perte de son enfant unique, Sakura faisait également grise mine. Certes, Eowyn avait proposé un bain aux membres de la communauté et l'idée de nettoyer ses cheveux gras l'avait enchantée. Mais c'était les deux enfants arrivés au château qui avaient coulé l'ambiance encore fragile.
Le garçon s'était effondré dès sa descente de cheval et la fille présentait également des signes de fatigue et de faim. C'étaient des réfugiés venus du nord, comme tant d'autres, qui fuyaient les sauvages et les orques qui pillaient et brûlaient tout sur leur passage.
Surtout, ce qui avait chagriné la ninja c'était la question déchirante posée par la gamine. Ce petit « Où estmaman ? » sorti du fond du cœur, posé par une petite fille qui ne comprenait pas ce qui se passait autour d'elle et qui ne demandait qu'à rentrer chez elle.
La nièce du roi était restée aux cotés des deux enfants pour leur apporter un peu de réconfort, même si elle n'avait pas vraiment le cœur à être très joyeuse. Cela ne l'empêchait pas d'avoir une infinie patience et une gentillesse extrême, se montrant quasiment maternelle envers les enfants.
Entre temps, Theoden était revenu. Ecartant son chagrin, il s'était penché sur de nombreuses cartes, ainsi que sur les rapports détaillés laissés par Grima. Il n'aimait pas l'admettre, mais ce conseiller était efficace dans son travail, dommage que sa fidélité ne soit pas au rendez-vous. Le roi discutait des possibilités d'actions en compagnie de ses généraux, ainsi que des membres de la Communauté. Même s'il ne voulait pas d'une guerre ouverte, elle était de fait déclarée. Premièrement, il devait mettre son peuple en sécurité.
- Vous devez combattre, s'écria Aragorn. Eomer vous est loyal, envoyez quelqu'un le quérir et battez vous ici. Ne les laissez pas pénétrer davantage dans vos terres.
- Si je peux me permettre, coupa la ninja, se battre ici est une très mauvaise idée. Si on se bat à Edoras, nos ennemis nous encercleront et mèneront un assaut sur tous les fronts. Cette ville est presque indéfendable au vu du peu de troupes à notre disposition. Sans compter, commença t-elle en touchant les lourdes poutrelles de chêne qui soutenaient la charpente, que le bois … ça brûle. Au moins, ces problèmes seront limités si on se bat dans une forteresse de pierre ou il n'y a qu'un seul accès à défendre.
Theoden n'avait pas l'habitude de voir une femme s'exprimer si ouvertement, mais il ne s'en formalisait guère. Il avait une nièce semblable et il n'allait pas rejeter un conseil qui le soutenait dans sa décision.
- Aux dernières nouvelles, déclara le roi, c'était Theoden et non Aragorn, le roi du Rohan. Nous nous réfugierons au gouffre de Helm.
- Gandalf, s'exclama le rôdeur en désespoir de cause, il n'y a aucun moyen de sortir de ces montagnes, ils courent droit au massacre ! Ou alors, il faut plus d'hommes.
Le magicien acquiesça et sortit en trombe du château, allant chercher Gripoil qui attendait patiemment dans les écuries du palais.
- A l'aube du cinquième jour, guettez les lueurs et regardez vers l'est, déclara énigmatiquement le mage. Je foule ces terres depuis trois cent vies d'hommes, mais cette fois je crains que le temps ne me manque.
Le sorcier partit à grande vitesse, monté sur ce cheval qui semblait infatigable et qui avait une agilité incomparable. Les habitants, surpris, virent passer le cavalier blanc dans la rue principale, son cheval galopant à toute allure vers l'est pour retrouver les soldas dispersés d'Eomer. Pendant que le cavalier blanc s'éloignait dans les plaines, le roi donnait ses ordres pour évacuer la population et rassembler les troupes.
- Vous pensez qu'on pourra gagner cette guerre ? s'inquiéta Aragorn qui doutait de ses capacités de meneurs d'hommes.
- Nous affronterons des ourouk-hai, déclara Gimli en frappant le sol de sa hache. Ils ont de lourdes armures, mais ils meurent comme les orques. Et puis nous avons de grands guerriers avec nous, ça ne signifie pas rien !
- C'est vrai, admit la ninja.
Elle savait que certains ninjas de légende ont tenu tête à des centaines des leurs, spécialement formés pour la traque et l'exécution. L'ancien Raikage a réussi l'exploit d'arrêter dix-mille shinobis en combattant seul pendant trois jours.
- Ce ne sont pas les soldats de Saroumane qui m'inquiètent, reprit pensivement Sakura. C'est ce qu'a dit Grima.
- A propos de l'inconnu appelé Tobi ? déclara l'elfe qui avait prêté une attention particulière à ces paroles. Vous semblez le connaître.
Il n'avait même pas idée ! Mais comment lui dire qu'elle avait été sous les ordres de Madara, qu'elle avait servi ce fou qui cherchait à conquérir le monde en endormant l'humanité dans une illusion éternelle ?
- Tobi, commença t-elle en soupirant, est en réalité Madara Uchiha, le fondateur du village de Konoha. Quel que soit sa réputation, ce n'était pas une simple personne. Madara est une légende, une croisade, une idéologie, mais il ne sera jamais un simple nom. Il est mort plus de cinquante ans avant ma naissance. Enfin, c'est ce qu'on croyait tous. En réalité, il a planifié et mis en scène sa mort pour agir plus aisément. Dans l'ombre, il a réussi à manipuler tous les chefs d'état pour qu'ils servent ses desseins. Il a trempé dans les trois grandes guerres, dans divers complots et massacres afin d'envenimer la situation et d'amener le monde shinobi là ou il le désirait, exactement comme il l'avait planifié.
- C'est l'ennemi de votre organisation, coupa Aragorn en se remémorant la discussion de Bree. Vous me l'avez dit durant notre première rencontre.
- C'est cela, dit Sakura. Son but est purement et simplement la conquête et la domination du monde. La dangerosité de Madara ne vient pas seulement de son don pour manipuler les autres, mais aussi de sa puissance. Grâce à ses yeux, il dispose d'un pouvoir démentiel et j'espère récupérer le Rinnegan avant de tomber face à lui. Je peux peut être le battre et le faire reculer, mais je ne sais pas si je pourrais le tuer. Il dispose de techniques d'esquives le rendant intouchable et il a maîtrisé les techniques du clan Senju pour modifier la structure de son corps. A l'heure actuelle, Madara est probablement devenu immortel.
- Comment on bat un ennemi pareil ? grogna Gimli, sous les hochements de tête vigoureux des autres.
Madara avait quelques caractéristiques à ne jamais oublier. Même si on ignorait ses plans, il fallait garder à l'esprit ses habitudes et ses défauts. Il ne venait jamais se battre si ce n'était pas nécessaire, sans compter qu'il était prompt à abandonner ses alliés, lorsqu'il n'avait plus besoin d'eux.
- Il ne viendra pas, affirma catégoriquement Sakura. Pour l'instant, il observe tranquillement, cherchant à comprendre les subtiles relations politiques, car peu de choses échappent à son intelligence. De toute façon, c'est moi et mon pouvoir qu'il recherche, rien d'autre. Il n'hésitera pas à changer d'alliés s'il en bénéficie. Il ne gagne pas grand-chose à aider Saroumane, mais je crois qu'il est cependant curieux de savoir comment cette bataille finira.
- Vous jouez gros, répondit Aragorn. Je ne suis pas certain d'être d'accord sur l'idée de jouer notre destin sur un simple pari.
- Mais, c'est ce que j'ai toujours fait. Il se trouve que j'ai bien joué moi aussi et que je dispose d'une chose qu'il ne s'attend pas à savoir affronter. Maintenant, j'ai hâte de voir ce qu'il garde également dans sa manche, susurra la guerrière.
Le groupe s'équipa avant de sortir de la ville, en compagnie du roi et de ses hommes. De nouveau perchés sur leurs chevaux, tous voyaient la longue file de réfugiés qui quittait Edoras. Tandis que Aragorn chevauchait près du roi, Sakura était restée légèrement en arrière, allant à pied et marchant aux cotés d'Eowyn. Le convoi allait à une vitesse si lente qu'il n'y avait pas besoin d'être sur un cheval pour tenir le rythme.
La nièce du roi était assez gentille, mais sous son apparente fragilité se cachait une redoutable guerrière. Elle était armée d'une lame accrochée parmi ses bagages et semblait avoir hâte de montrer qu'elle n'était pas une simple potiche.
- Je vous envie, Sakura, finit par avouer la princesse blonde. Vous êtes indépendante et vous pouvez vous battre comme vous le souhaitez, sans craindre d'être enfermée. Je ne crains ni la douleur, ni la mort. Mais, j'ai peur de finir dans une cage.
- Vous ne pensez pas ce que vous dites, j'espère ? s'indigna la ninja.
La nièce du roi était très ferme et elle réaffirma sa volonté de pouvoir combattre. Elle ne récolta qu'un soupir de la part de Sakura.
- La guerre, chuchota Sakura pour éviter d'être entendue des civils déjà effrayés, ça n'a rien d'honorable. Je le sais, j'ai déjà fait des batailles contre d'autres groupes de ninjas. On est là, au milieu d'un carnage, à découper et à tuer, faisant tout pour survivre tout en se demandant si on reverra nos proches et si on sera encore en vie le lendemain. La douleur et la mort, ce sont les seules réalités de la guerre. Et puis, il y a toujours cette odeur qui prend à la gorge, l'odeur du sang qui empeste sur le sol, sur les vêtements, dans les cheveux. Il y a toujours ce bruit obsédant et assourdissant. Les armes qui claquent, le métal qui frappe sur le métal et après, il y a les cris de douleur, les gémissements des blessés et les râles des mourants. A la fin, il n'y a plus que le silence, ce son atroce qui fait perdre tout espoir, toute volonté, alors que l'on comprend au fond de soi que l'on est seul, qu'on se demande pourquoi est-on encore en vie et pas les autres, qu'on a peut être tout perdu. Ensuite, les charognards viennent sur la plaine silencieuse, seulement teintée du sang des morts qui y sont tombés.
- Vous avez déjà vécu ça, n'est-ce pas ? demanda inutilement la blonde qui savait que parler ainsi de la guerre, c'était y avoir participé.
- Des batailles rangées, juste une seule fois. Sinon, j'ai participé à de nombreuses missions. J'ai assassiné ou j'ai volé quand on me l'ordonnait. J'ai pas hésité face aux ordres, j'ai tué des gamins qui avaient à peine mon âge, que ce soit des ninjas en combat ou alors des civils, pour faire payer un seigneur récalcitrant.
Sakura avait brièvement expliqué ce qu'était le fonctionnement d'un village ninja à la blonde. La sourire éclatant et fasciné de la vierge protectrice s'était fait moins prononcé, avant de changer pour une crainte teintée de dégoût.
- A quel âge as-tu commencé à tuer ? demanda Eowyn avec appréhension, avant de se rendre compte de l'incongruité de sa question.
- Je suis sortie de l'Académie à douze ans. A partir de là, je suis majeure. C'est la règle : assez grande pour tuer, assez grande pour boire ou pour baiser. J'ai arraché ma première vie à l'âge de treize ans et depuis, ça n'arrête pas. A quinze ans, j'ai fini par déserter pour me libérer de mes chaînes. Depuis que je suis rentrée dans l'Akatsuki, je suis devenue une légende. On perle de moi partout, on me craint, les gens s'écartent de ma voie et certains s'inclinent devant moi. Je compte même plus les gens que j'ai tués, les vies que j'ai arrachées, les types qui m'ont supplié d'épargner leur vie, les villages que j'ai brûlés et les trahisons qui s'accumulent, car je peux faire confiance à presque personne. Et tu sais ce qui est le pire ? demanda Sakura à son interlocutrice.
- Que tu n'as pas le choix et que tu es obligée de le faire pour vivre ? tenta la princesse en hésitant sur le choix des mots.
Sakura réfléchit à ces mots, songeant à leur sens en regardant défiler le même paysage herbeux et occupé par de rares accidents de terrain.
- Non. Si je me bats, c'est d'abord pour amener la paix dans mon monde. Le pire, c'est que je ne regrette absolument rien. Je dois accomplir mon but et si ma route vers la paix se trouve bloquée par des ennemis, des civils ou même d'anciens amis, je n'hésiterais pas. J'ai même tué mon meilleur ami, ainsi que le garçon que j'ai aimé. Si je devais le refaire, je le ferais.
A ce moment, la nukenin planta son regard perçant dans celui d'Eowyn qui n'avait plus trop envie de combattre et qui songeait à abandonner ses illusions. Si elle voulait toujours se battre, elle saurait désormais à quoi s'attendre.
Avec un accord tacite, les deux femmes changèrent de conversation. Gimli, toujours en compagnie de l'elfe, discutait de son peuple et insistait auprès de Legolas qui ne voyait pas l'intérêt de passer ses journées sous terre, même si la splendeur des mines de la Moria était indiscutable et restait gravée dans son esprit.
- Une rumeur dit même qu'il n'y a pas de femmes naines et que les nains naissent des rochers, en jaillissant des trous du sol, ce qui naturellement est ridicule ! En réalité elles sont si proches, tant au niveau de la voix que du physique, qu'elles sont souvent confondues avec les hommes.
Légèrement en retrait, Aragorn pointa Gimli, puis ses propres parties intimes en mimant une barbe imaginaire. Bien évidemment, Gimli ne comprit pas l'hilarité qui s'en suivit. Sakura était incapable de parler, plongée dans un fou-rire contagieux. Les larmes aux yeux, elle imagina une petite fille avec une barbe et l'image mentale la replongea dans son rire, qui n'avait pas été entendu depuis longtemps, et qui sonnait étrangement à ses oreilles.
- Il faudra qu'on vérifie quelque chose, Gimli ! Vous venez de me mettre un doute !
L'elfe avait aussi poussé un petit rire, il semblait trouver la chose cocasse. Gimli bougonna quelque chose sur « l'androgyne blond avec qui il partageait le cheval », avant de sourire à son tour.
Bref, la route vers le Gouffre de Helm était calme, l'ambiance était à la détente comme le prouvait les blagues et les railleries légères. Eowyn avait même abordé le sujet de l'âge d'Aragorn.
- On m'a dit que vous aviez combattu aux côtés de feu mon grand père, le roi Thengel. Comment est-ce possible ? Vous ne m'avez pas l'air d'avoir atteint soixante ans.
- J'en ai quatre-vingt sept, répondit le rôdeur.
La princesse resta figée un instant, avec des yeux ronds, le temps qu'une hypothèse vienne à son esprit.
- Vous êtes un des Dunedains, ces descendants des rois qui ont une longue vie, comprit Eowyn.
- Vous êtes bien conservé pour votre âge, siffla Sakura sans parvenir à masquer un sourire.
- Tu es bien impertinente, petite fille, répondit Aragorn en prenant un ton volontairement pompeux et paternaliste. Si tu continues, tu seras punie et tu resteras dans ta chambre.
Gimli ricana, alors que la ninja rougissait et trouvait que les brins d'herbes sous ses pas étaient très intéressants.
Même si l'ambiance était assez gaie, Theoden n'oubliait pas le plus important. Le roi, qui chevauchait à quelques pas de la Communauté, envoya deux de ses fidèles hommes en avant, pour repérer les lieux.
Gamelin et Hama firent une course vers l'avant de la colonne, cote à cote, chacun refusant fièrement de se laisser distancer par l'autre. Ils ne lâcheraient pas le moindre pouce de terrain. Les deux hommes, toujours à égalité, arrivèrent en vue d'une vaste plaine qui était entaillée par une large gorge. Les terres vertes et découvertes étaient le chemin le plus direct vers le bas de la rivière et le gué qui conduisait vers la forteresse du Rohan.
Gamelin, arrivé finalement le premier sur les lieux, ne vit pas l'orque monté sur un ouargue, juché en hauteur sur un promontoire rocheux. Sans qu'il ne comprenne quoi que ce soit, la bête lui tomba violemment dessus, le désarçonnant de son cheval.
Le cavalier fut sonné, mais une flèche de Legolas stoppa la créature aux dents jaunes, qui ne put mettre fin à la vie du valeureux guerrier.
- Un éclaireur ! s'adressa Hama à Theoden. Nous sommes attaqués !
A ce moment, la panique aurait pu gagner les paysans, si le roi n'avait pas fermement repris les choses en main, ordonnant ses troupes pour le combat. Il demanda à sa nièce de prendre quelques cavaliers pour mettre la population en sûreté et les garder dans la forteresse, hors de portée des griffes des troupes de Saroumane.
Eowyn voulait se battre, mais un regard insistant de la kunoichi et une demande expresse de son oncle firent qu'elle se résigna à escorter les civils.
Les cavaliers Rohirrim se mirent en triangle pour charger les chevaucheurs des monstrueux loups, dès qu'ils arriveraient en masse. Legolas les apercevait de loin, alors qu'ils se répandaient dans la plaine en aboyant férocement, et commença à décocher ses flèches. Il fut surpris lorsqu'une de ses flèches fut recouverte de flammes sombres dès qu'il la tira, mais il comprit ce que cherchait à faire la kunoichi. L'ouargue touché prit instantanément feu, carbonisé par les flammes noires. Sakura commença à contrôler le feu sombre, pour interdire l'accès de la plaine aux ouargues situés à l'ouest. Un barrage noir brûlait les monstrueux loups qui arrivaient d'un côté, tandis que les cavaliers du Rohan pouvaient concentrer leur défense sur l'autre flanc, qui se faisait pourtant rapidement déborder par l'afflux des féroces chevaucheurs.
La bataille était terrible, car les montures des orques étaient aussi, voire même plus dangereuses que leurs cavaliers. Les ourouk-hai étaient de dangereux ennemis, toujours vêtus de leurs armures lourdes, difficiles à briser, frappées de cette sempiternelle main blanche.
Sakura était restée en arrière, agenouillée derrière un monticule, alors qu'elle gémissait de douleur. Avec la sur-utilisation de son Mangekyô, son œil étant irrité et des larmes de sang coulaient sur son visage. Elle laissa le feu divin brûler, sans même chercher à l'éteindre, n'ayant pas envie de s'abimer la rétine pour la sauvegarde de l'environnement.
Agenouillée, elle ne vit pas Aragorn se faire surprendre par un ouargue plus vicieux que la moyenne. En tentant de désarçonner le cavalier, le rôdeur se coinça bêtement la main dans les multiples liens de cuir de la selle. Le loup sans cavalier continua sa course sans réfléchir, lorsqu'il arriva au bord du ravin. Freinant au dernier moment, l'animal qui avait pris trop de vitesse dégringola de la falaise, emportant le rôdeur dans sa chûte.
Les cavaliers restés en vie finirent par décimer les derniers chevaucheurs, tandis que Theoden contemplait silencieusement le carnage.
- Mettez les blessés sur les chevaux valides et laissez les morts. Nous devons partir sans perdre de temps, les loups de l'Isengard vont revenir.
Legolas et Gimli cherchaient désespérément Aragorn sur le champ de bataille, ne l'ayant pas vu revenir. Durant leur exploration, ils finirent par trouver un orque à l'agonie qui ricanait.
- Il est mort, asséna la créature en émettant un petit gargouillis accompagné d'un vomissement de sang noir. Il a dégringolé de la falaise.
- Menteur ! cria Legolas qui ne voulait pas y croire.
Sakura visita l'esprit de la créature avec Tsukuyomi, forçant impitoyablement les faibles défenses mentales de la créature, violant les souvenirs et brisant mentalement la créature.
- Il ne ment pas, déclara la ninja ébranlée pour qui la mort d'Aragorn était intolérable.
Elle ne voulait pas y croire, malgré les preuves et essayait de se convaincre que ce n'était qu'un horrible rêve.
Legolas remarqua quelque chose briller dans la poigne serrée de la créature ensanglantée qui venait de mourir. Ecartant les doigts encore chauds, il retira l'Evenstar, le pendentif qu'Arwen avait donné à l'homme qu'elle aimait.
La ninja ne dit rien, face à cette preuve indiscutable. Elle retourna vers le reste de la troupe, sans dire un mot, persistant dans son mutisme. Sakura gardait les yeux baissés, ne voulant pas pleurer. La mort d'Aragorn lui faisait vraiment mal, c'était le premier homme qui l'avait soutenue dans ce monde. Il lui avait fait confiance, il l'avait aidée à tenter de trouver un moyen de rentrer chez elle.
La forteresse du Gouffre de Helm était certes imposante, mais la ninja n'était pas en état de s'émerveiller devant la puissance dégagée par ce lieu. Gimli, qui aurait surement commenté l'assise sur le roc des montagnes ou les tons de la roche, n'avait pas non plus le cœur à dire quoi que ce soit.
Eowyn les accueillit rapidement, ayant commencé à donner des ordres pour préparer la forteresse et aider son oncle à la défense de sa place forte.
Elle fut surprise de voir si peu de cavaliers revenir, alors qu'on manquait déjà cruellement d'hommes pour faire cette guerre. Lorsqu'elle demanda ou était Aragorn, ce fut Gimli, retenant ses larmes, qui lui répondit qu'Aragorn était tombé, sans mauvais jeu de mots.
