Disclaimer :O JK Rowling, tout t'appartient, exceptés quelques ingrédients à ma sauce.

Résumé du chapitre précédent:A la suite d'un entrainement, Drago et Harry se recroisent à nouveau et la situation évolue d'une manière pour le moins innatendue. Alors qu'ils semblent sur la même longueur d'onde, Drago propose soudain à Harry de le venger de Kate.

Petits bavardages : Donc là, j'ai plein de choses à dire.
Déjà non, le titre ne fait pas référence à Twilight.
Ensuite, je fais un point sur ce que j'écris. Je suis dans une periode creuse. Je dois aller d'un point A à un point B mais remplir de manière intéressante et logique est bien difficile, je fais de mon mieux.

Concernant le chapitre précédent.
Qu'il soit clair, je ne cautionne pas le comportement de Drago. Ce n'est pas parce que je l'ai écrit que je trouve ça génial d'agir de cette manière. Je réponds souvent en disant que je pense assez comme Drago, surtout pour ce qui est de la répartie, mais là, je suis du côté d'Harry. Le type, je lui aurais enfoncer la tête dans les chiottes les plus proches.
Donc non, je ne le fais pour rallonger la fic, je le fais parce qu'il le faut dans l'histoire, certains ont même commencé à le souligner. Il ne faut pas faire comme Drago, lui méchant, lui cruel.


- Alors, ça va ?

Harry redressa brusquement la tête.

- Pourquoi est-ce que tout le monde n'arrête pas de me poser la même question ? lâcha-t-il sèchement.

Ron cessa de se passer sa serviette derrière sa nuque et s'arrêta soudain en le fixant avec des yeux ronds.

- Et bien… euh… je suppose que c'est parce que nous sommes le matin et que c'est la première fois que je te croisse vu que tu n'as pas dormi avec tes rideaux ouverts, marmonna ce dernier en considérant s'il allait se faire agresser selon sa remarque. Être poli, c'est interdit ?

Entrouvrant la bouche, Harry le dévisagea un moment avant de se passer la main entre les cheveux tout en tapotant sa plume sur le parchemin qu'il avait devant lui.

- Je vais bien, désolé d'être aussi agaçant le matin, dit-il en lui servant un faible sourire.

- Moi, je n'en serais pas aussi sûr à ta place, rétorqua Ron en reprenant sa marche vers son lit tout en s'essuyant de nouveau les cheveux. Si c'est parce que nous avons quitté le terrain hier, je suis désolé, vraiment, mais pas besoin d'être aussi énervé.

Harry acquiesça vaguement. C'était une bonne excuse, il ne pouvait pas le nier, une très bonne excuse qui venait à point nommé.

- Vous comptez venir ce soir ou bien bouder à cause du froid ? demanda-t-il en refermant son manuel.

- Disons que Ginny a lancé un mouvement de contestation contre ton caractère puéril, répondit Ron en se penchant pour récupérer les vêtements qui traînaient encore dans sa valise.

- Puéril ?

- J'ai allégé le terme, avoua Ron en s'arrêtant un petit instant. Rajoute trois ou quatre insultes et tu auras à peu près le concept.

- Elle a une dent contre moi ?

- Pas vraiment, juste qu'elle ne souhaite pas être l'objet de ton défoulement, et je suis assez d'accord avec elle, dit-il en tirant un pull de sa valise. Il ne t'est pas venu à l'esprit que ce n'était pas parce que tu souhaitais devenir un glaçon pour aller mieux qu'il en était de même pour nous ?

Harry inspira profondément. Lui qui avait plus ou moins voulu essayer de se concentrer sur ses devoirs pour oublier sa soirée devait avouer que Ron lui donnait matière à détourner ses pensées pour éviter d'avoir une mutinerie de l'équipe sur les bras. Décroisant ses jambes, il pivota pour poser ses pieds au sol et ainsi se tourner vers Ron qui commençait à s'habiller.

- Vous êtes conscient que le match est la semaine prochaine ? demanda-t-il.

- Parfaitement mais on ne tient pas non plus à attraper une pneumonie, ce serait difficile pour jouer, répondit Ron. Bien entendu, on va venir, mais on ne restera certainement pas plus de deux heures.

Et que fera-il après ? Il ne pouvait pas insister, il n'était tout de même pas inconscient au point de leur demander de se geler sur le terrain. Inspirant, il acquiesça et se remit face à son parchemin en prenant sa plume.

- Tu fais ton devoir de Potions un samedi matin.

Retour vers Ron qui enfilait ses chaussettes en regardant par-dessus son épaule pour lire le manuel.

- Donc en fait, ce n'est pas réellement l'entrainement qui t'a agacé ? questionna-t-il.

- J'ai envie de faire mon travail, répondit Harry en haussant les épaules.

- Métamorphose, Sortilèges ou Botanique, je veux bien, répliqua Ron. Tu sautes presque de joie lorsqu'il est question de la Défense contre les Forces du Mal mais, Potions, excuse-moi, ce n'est pas du tout la matière qui t'enchante dès le début du week-end.

- Je suis philosophe.

Et Ron ne le croyait pas un instant. Pour être sincère, Harry avait pris n'importe quel manuel dans son sac pour faire semblant de travailler, toute son attention plutôt concentrer sur la « demande » de Malefoy la veille. Enfin, il était plutôt à l'insulter de toutes les manières possibles et se maudire pour sa sincère stupidité à avoir cédé à ses envies. Envie… Harry en était arrivé à utiliser ce mot mais ce n'était pas pour autant qu'il l'assumait.

- Je crois que je vais te laisser à tes pensées, déclara Ron en le dévisageant quelques secondes face à son silence. Tu viendras me parler lorsque tu en auras envie.

Harry n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche qu'il avait déjà quitté le dortoir. Absolument rien n'allait, vraiment rien. S'il n'était même pas capable d'être honnête avec ses amis, il ne pouvait que s'apitoyer un peu plus. Il était risible, ridicule et pitoyable, le tout accumulé ne faisait qu'un tableau un peu plus bancal.

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- Tu fais ton devoir de Défense contre les Forces du Mal.

Drago approuva dans un grand sourire face à un Théodore de plus en plus perplexe. Installé dans la Grande Salle, le blond n'attendait qu'une chose, l'arrivée de Potter. Mais apparemment, ce dernier semblait connaître un autre moyen de se nourrir sans passer par la salle car il ne l'avait pas vu depuis qu'il était assis sur son banc. A préciser qu'il s'était levé à sept heures du matin pour être certain d'être le premier à prendre place dans la Grande Salle. Mais ça ne mettait pas à mal son moral, occupé à enchainer tous ses devoirs pour s'occuper tandis qu'il levait un œil attentif dès qu'une personne franchissait les portes.

Oh, il vivait plutôt bien les évènements de la veille, trop heureux de savoir ses plans en si bonne voie et sa volonté exprimée si clairement à Potter. Alors oui, il aurait pu se sentir un peu déshonoré de finir ainsi à aimer se faire toucher par un homme, mais c'était bien plus agréable en pensant qu'il établissait de ce fait sa supériorité sur cette garce qui lui avait soi-disant interdit d'approcher Potter. Il n'y avait que lui pour décider ce qu'il devait faire et ses actions, le prouver le rendait des plus heureux et incapable de voir cette situation comme dégradante.

Levant les yeux vers l'entrée, il laissait un léger sourire glisser sur ses lèvres en voyant Colden pénétrer dans la salle. Elle semblait plutôt normale, pas de pique de colère, ni même de yeux rougis par la tristesse. C'était un peu décevant : déjà parce que cela lui aurait fait lui plus grand bien mais aussi parce que cela signalait que Potter n'avait encore rien fait. Il ne pouvait pas lui en vouloir malgré tout, c'était difficile de passer outre ses petits principes de Gryffondor pour faire volontairement du mal à quelqu'un. Mais Drago ne pouvait s'empêcher d'avoir une moue déçue en constatant que cette garce allait si bien.

Voyant qu'elle levait quelques secondes les yeux vers lui, Drago lui fit un petit signe de la main auquel elle répondit en se détournant aussitôt. Potter avait tout de même intérêt à mettre bien vite un terme à son combat intérieur pour le satisfaire, il ne pouvait plus supporter la vue de Colden.

- Si tu veux faire ton devoir, plonge ta plume dans ton encrier et pas ton jus de citrouille, lâcha Théodore en attrapant la coupe pour l'éloigner de Drago alors que ce dernier agitait consciencieusement la pointe de sa plume dans celle-ci.

- Penses-tu que l'on puisse corrompre n'importe qui ? demanda-t-il en profitant d'une serviette pour absorber le jus qu'il avait mis en réserve.

- Si tu penses financièrement, je tiens à te rappeler que tu as quelques petits problèmes en ce moment, répondit-il en replaçant sa coupe face à lui.

- Je parlais en général, accorda Drago en fronçant malgré tout les sourcils à la remarque.

- Et bien ça dépend de la personne, marmonna Théodore en retournant à sa propre carte d'astronomie. La majorité des cas montre que c'est possible, notamment financièrement, si tu utilises d'autres moyens, la part de risques reste tout de même plus importante. Tu comptes me faire quoi ?

Arrachant son regard de la nuque de Colden, Drago se tourna vers lui, sans comprendre.

- Ce que tu viens de me demander ne m'était pas destiné ? s'étonna Théodore en voyant son air perplexe.

- Tu n'es pas le centre du monde, répondit-il simplement. Je demandais cela à titre d'information.

- Comme si tu en avais besoin, maugréa Théodore en prenant son compas.

Drago préféra ne pas relever, se concentrant plutôt sur ce qu'il venait de lui confirmer. Argent, menace, tout n'était que manipulation pour arriver à des fins précis, jouer avec les sentiments, c'était sans doute la pente la plus glissante. Il faisait le pari risqué de croire que Potter allait revenir juste pour plus de plaisir avec lui. Sacrément orgueilleux de sa part, peut être, mais il se plaisait à y penser en constatant à quel point ce n'était pas le Gryffondor qui avait fui les deux dernières fois qu'ils s'étaient croisés dans cette chère salle de retenue.

Et puis, c'était très plaisant de voir que Potter se jetait sur lui sans même lui demander son avis. Il était certain que le brun n'avait jamais eu ce genre de comportement avec Colden. Il était à lui, rien qu'à lui et ça le satisfaisait amplement. Enfin presque. La veille, il n'aurait certainement pas refusé si leur petite entrevue s'était prolongée, pas du tout. Mais il lui manquait malgré tout la satisfaction de voir Colden dans la même situation que cette grognasse l'avait mis. Et juste pour enfoncer le couteau dans la plaie, il voulait que ce soit Potter qui mette la cerise sur le gâteau.

Après, et bien après il ne le laisserait plus partir et gouterait avec le plus grand des plaisirs la satisfaction d'avoir prouver que personne n'avait à lui dicter son comportement.

- Et mon œuf sur le plat n'est pas non plus ton encrier, lâcha Théodore en tirant son assiette alors que Drago trempait gracieusement sa plume dans le jaune de ce dernier.

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Harry se baissa soudainement, se penchant sur son balai pour piquer droit vers le terrain, remontant directement en chandelle pour éviter le cognard qui passa à coté de son épaule.

- Je veux que tu mettes plus de force à frapper avec ta batte, Demelza, hurla-t-il à travers le terrain à l'interpellée.

- Je ne vais quand même pas te blesser volontairement ? lança-t-elle.

- Et pourquoi pas ? rétorqua-t-il en écartant les bras. Va-y !

- Mais tu es cinglé ?

- Je te dis de frapper aussi fort que…

Et il se baissa juste à temps lorsqu'un cognard siffla à ses oreilles. Regardant par-dessus son épaule, il aperçut la silhouette de Ritchie lui faisant un salut théâtral avant de repartir à travers le terrain.

- A trop en demander, tu vas finir exaucer, lança Ron en descendant à son niveau alors que Demelza se dirigeait vers son cognard. Si tu leur demandes si gentiment, tu auras la nuque brisée avant le prochain match.

- Et bien au moins, ils mettent toute leur volonté à frapper la balle, répondit Harry tout de même rassuré d'être en un seul morceau.

- Par contre, je ne suis pas bien sûr qu'Hermione accepte pendant encore longtemps de garder les lumières allumés, marmonna-t-il en se penchant à son oreille tout en pointant les gradins en partie cacher dans l'obscurité. Tu as peut être su nous faire oublier que l'on tourne dans le froid depuis trois heures mais tu vas avoir une sacré dette envers elle.

Sûrement. Tirant le manche de son balai vers lui, Harry partit en arrière pour se diriger droit vers les gradins où il était certain que la jeune fille se trouvait. Et il n'avait pas du tout tord, Hermione assisse totalement recroquevillée dans sa cape, la baguette dépassant, et le regardant arrivé d'un œil noir.

- Qu'il soit bien clair, Harry, si je te demande un jour de venir chez moi pour déboucher les toilettes, j'espère que tu viendras en vitesse, dit-elle plus ou moins distinctement.

- Oui, répondit-il aussitôt tout en cherchant à la va-vite son sifflet.

Se détournant quelques secondes, il se hâta de mettre fin à l'entrainement avant de tendre sa main à Hermione pour qu'elle redescende avec lui à terre. S'il ne savait pas qu'il représentait son radiateur temporaire, il aurait juré qu'elle tentait de l'étouffer à tel point à elle le serrait. Se rajoutait également son aversion pour tout ce qui était volant, mais Harry était certain qu'elle pouvait supporter les quelques mètres de descente.

- Ron, ici, lâcha-t-elle à peine mirent-ils pied à terre.

Regardant le visage inquiet de son ami, Harry ne put que fendre un sourire lorsqu'il vit Hermione l'attraper violemment par le bras pour l'entrainer vers le château. Au moins, elle avait changé de radiateur et de personne sur qui se plaindre.

- Je range les balles, lança-t-il au reste de l'équipe.

Equipe qui était déjà partie en direction des vestiaires. Harry ne devait pas leur en vouloir, il avait déjà tiré suffisamment sur la corde en cette soirée.

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Mais son engouement pour le Quidditch disparut aussitôt qu'il retira sa tenue en remettant ses affaires du quotidien.

Il ne savait plus du tout quoi faire pour oublier ce qu'il avait osé faire la veille. Sauter sur Malefoy, c'était déjà une chose. Mais se convaincre qu'il n'allait pas laisser le Serpentard le toucher et prendre plaisir à le faire lui-même par la suite le rendait de moins en moins sûr de ce qui allait advenir. Rajouter à cela que la demande de Malefoy le répugnait.

Ce type se croyait tellement important qu'il pensait qu'il ferait volontairement du mal à quelqu'un pour lui plaire. Et lui plaire pour quelle raison ? Mieux le toucher ? Malefoy ne semblait pas s'être posé la question si jamais cette envie allait un jour le reprendre. Et Harry ne le voulait pas. Enfin…

Jurant, il s'allongea sur le banc des vestiaires en inspirant le plus calmement qu'il le pouvait. Nier qu'il n'avait pas aimé ce qui était arrivé aurait été sacrément hypocrite car il avait été parfaitement conscient de ce qui faisait tout du long. Et c'était cela qui le gênait le plus car il n'avait aucune excuse à se donner. Il avait adoré, ou plutôt, il n'avait pas été capable d'arrêter avant que Malefoy ouvre sa bouche pour lui demander qu'il le venge de Kate. Il ne savait pas pourquoi, mais c'était ainsi et c'était ce qui le frustrait le plus. Homme ou Malefoy, Harry ne pouvait pas dire lequel des deux l'avait poussé à agir ainsi. Pour l'instant, il ne se sentait pas plus intéressé par les hommes qu'avant, se convainquant de laisser son regard trainé pour au moins certifier cela mais rien. Alors, il ne restait plus que la solution effrayante que c'était Malefoy qui l'attirait et là… et bien c'était notamment la raison pour laquelle il cherchait autre chose à se mettre en tête.

- Je peux te parler.

Se redressant brusquement, Harry manqua de glisser de son banc mais passa bien vite de l'état de surprise à la stupéfaction totale.

- Sans vouloir t'offenser, Kate, tu peux aller te faire cuire une bouse de dragon, lâcha-t-il en considérant la jeune fille qui se tenait face à lui.

Non seulement il ne tenait pas à lui parler pour tous les mensonges qu'elle lui avait servis, mais surtout car ce n'était absolument pas le bon moyen pour qu'il sorte de sa tête ce que lui avait demandé Malefoy.

- Je-je veux juste que l'on parle et que je…

- Pas envie, répondit-il simplement en se levant avant de récupérer sa cape. Si ça te dit tu peux éteindre les lumières en partant.

- Attends !

Il n'avait pas besoin de se retourner pour savoir qu'elle l'avait immédiatement suivi, ne semblant pas prendre en compte ses propres envies de solitude. Ne s'arrêtant même pas à son appel, Harry s'enroula dans sa cape avant de s'engager sur le chemin pour retourner au château, ne prêtant qu'une oreille distraite aux bruits de pas derrière lui.

- Harry !

- Je me répète, je ne veux pas te parler, lâcha-t-il.

- Je t'en prie, il faut que je t'explique et…

- Et quoi ? coupa-t-il soudain en s'arrêtant net pour se tourner vers elle. Tu comptes me dire combien d'autres mensonges ?

- Je ne voulais pas.

Ah, au moins un pas dans l'aveu, ce n'était pas si mal. Harry préférait prendre la situation avec ironie plutôt que s'y impliquer entièrement et ne plus maitriser sa colère.

- Tu sais, au fond, les personnes qui mentent, on en croisse tous les jours, dit-il en la regardant droit dans les yeux. Moi, ce que je ne supporte pas, c'est surtout ceux me mentant et qui plus est en se renseignant sur moi. J'ai une nette tendance à vouloir les voir loin de moi.

- Je-je n'ai voulu te faire le moindre mal et…

- Et c'est un bon point pour toi, rétorqua Harry en prenant ses paroles avec philosophie. Parce que, en consultant la liste des personnes que je n'aime pas du tout, se renseignant sur moi et m'ayant servi pas mal de mensonges, le premier en tête est avant tout celui qui tient le plus à me tuer.

La comparaison avec Voldemort ne semblait pas la réjouir, son visage pâlissant encore plus qu'il ne l'était déjà, du moins, de ce qu'Harry pouvait voir. Alors oui, il faisait nuit, ils étaient tous les deux hors du château, mais ce n'était pas pour ça qu'il allait se trouver plus complaisant avec elle. Certes, il avait dit cela pour l'effrayer mais surtout pour lui faire comprendre qu'elle n'était pas du tout sa première préoccupation et qu'il connaissait déjà bien ce genre de situation pour ne pas se faire avoir de nouveau.

- Je n'ai rien dit aux autres, je pense que j'ai déjà fait bien assez pour toi, lança-t-il en mettant ses mains dans ses poches. Je ne tiens pas à te parler ni même à avoir de quelconques explications de ta part car il y a une différence entre de bons mensonges et ceux ne servant car servir tes volontés. Je ne suis pas un jouet, mets-toi ça dans la cervelle.

Repartant vers le château, il laissa son front se plisser en entendant de nouveau ces mêmes bruits de pas. Soit elle tenait encore à lui adresser la parole, soit elle le suivait juste pour rejoindre le château. Les deux cas ne changeaient pas vraiment pour lui, juste que le premier ne ferait que l'irriter un peu plus et valider le fait qu'il ne tenait plus à lui échanger la parole.

- Je-je comprends que tu ais très mal pris ce qui c'est passé mais tu ne dois pas me…

- Je vais me répéter une dernière fois : laisse-moi tranquille, articula-t-il clairement. Je ne veux rien à voir à faire avec toi, même pour prendre le thé et discuter gentiment.

- Mais il faut que…

- Mais bon sang ! Toi et Malefoy vous ne pouvez pas me lâcher deux minutes ? hurla-t-il en se tournant brusquement vers elle. Vous avez décidé de me pourrir la vie, c'est ça ?

Il était en colère, vraiment en colère. Les suppliques, il détestait cela quand elles n'étaient pas justifiées et c'était largement le cas pour Kate. Alors, qu'elle veuille essayer de détendre leur relation, c'était tout à son honneur, mais insister comme elle le faisait rendait Harry de moins en moins apte à l'écouter.

- Je-je n'ai rien à voir avec lui, marmonna Kate. Tout ce que je veux c'est…

- Rien avoir avec lui ? releva Harry. Sans vouloir te vexer, me servir un autre mensonge alors que tu essayes de me convaincre du contraire ne te profite pas du tout. Je ne sais pas ce que tu lui as fait et je m'en fiche pas mal mais je ne suis pas votre jouet.

Même s'il ne prêtait pas vraiment attention à ses réactions, préférant écouter ce qu'elle lui disait, Harry n'eut pas vraiment de mal à entrevoir qu'elle se raclait difficilement la gorge. Oh, il avait visé juste ? Elle s'amusait véritablement avec lui ? Pour Malefoy, il préférait ne pas y penser, le principe de l'honneur de sa famille à refuser de changer face aux traditions lui donnant un minimum de crédit vu qu'il avait fini à moitié nu la veille. Un petit jeu ne l'aurait certainement pas amené jusque là, sans compter qu'il la haïssait véritablement.

- Je ne t'ai pas u-utilisé, marmonna-t-elle.

- Mais tu connaissais tout de mes parents et de leurs amis alors que moi j'ai mis des années à l'apprendre, rétorqua-t-il. On me reproche que je peux être trop gentil et donner trop de chance, pour l'instant, je ne compte pas dire quoique ce soit à ton sujet aux autres Gryffondors. Au lieu de me convaincre d'une chose totalement fausse, tu ferais mieux de te racheter un minimum mais loin de moi. Ce n'est pourtant pas très compliqué.

N'attendant pas qu'elle lui réponde, il se détourna aussitôt, parcourant à grand pas le chemin menant jusqu'au château et s'enfonçant dans l'obscurité, bien plus loin que les lumières encore allumées du stade pouvaient atteindre.

Il n'aurait jamais imaginé qu'elle revienne un jour lui adresser la parole, encore moins dans ce si court laps de temps qui ne l'avait fait en rien oublier la rancœur qu'il avait contre elle. Non seulement elle voulait s'expliquer pour des choses qui n'avaient aucune excuse mais en plus elle lui mentait en affirmant qu'elle n'avait rien à voir avec Malefoy. Harry aimait peut être jouer les pigeons de temps à autre mais certainement pas les ingénus en la croyant bien sagement. Malefoy la haïssait, il y avait bien une raison à cela et pas seulement à cause de deux ou trois petits échanges peu polis.

Le Serpentard voulait carrément qu'il le venge, qu'il la blesse. Concept déjà bien dur à croire au naturel encore plus en sachant ce qu'il y avait à la clé. Et Harry ne pouvait faire autrement que jurer en constatant qu'il y pensait tout de même, comme envisageant ce qu'il se passerait si jamais il le faisait. Il ne le voulait pas, il ne le voulait pas, il ne le voulait pas ! Peut être que se le répéter lui permettrait de s'en convaincre.

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… et parce que la vie à Poudlard me semble bien monotone, j'ai hâte de pouvoir vous rejoindre et rétablir nos affaires telles qu'elles étaient auparavant. Ayant déjà plusieurs projets en tête, il me tarde de vous en faire part.
Sincèrement, votre fils,

Drago.

Reposant sa plume, Drago se relit avec plus ou moins d'attention, levant de temps à autre les yeux vers le cadran de l'horloge. Il n'aimait pas mentir à ses parents. Si la fin de sa lettre était tout à fait sincère et remplie d'engouement, les trois-quarts n'étaient qu'un tissu de mensonges pour inventer un ennui inexistant. Au contraire, il ne s'était jamais autant amusé et impatienté. Tout ce qu'il attendait, c'était un courrier ou bien un signe de Potter en cours mais… rien, le néant.

Depuis la fin de week-end et le début de la semaine, le Gryffondor l'ignorait encore bien plus qu'auparavant et toutes ses tentatives pour finir à côtés de lui en Potions ou bien en Défense contre les Forces du Mal s'étaient conclues par un échec. Non seulement il le fuyait physiquement mais également verbalement et Potter n'avait jamais réagi à toutes les remarques qu'il avait pu lui glisser. C'était un goût amer qui flottait dans sa gorge même s'il espérait toujours que son plan allait marcher. Il ne pouvait pas admettre qu'il avait visé trop haut ou bien qu'il en avait trop demandé, il était certain qu'il tenait le Gryffondor entre ses mains. Mais là, il ne pouvait qu'avouer qu'il commençait à lui filer entre les doigts. Cela commençait à tourner en obsession et, quand ce n'était pas sur Potter qu'il braquait son regard, c'était sur l'objet de toute sa colère.

Colden était toujours aussi fraîche qu'une rose, parlant avec les autres Gryffondors et plaisantant avec eux comme si rien ne s'était passé. Non seulement il perdait Potter mais aussi les chances de voir sa satisfaction de vengeance réalisée. C'était une situation intenable qui le rendait de plus en plus irritable et de moins en moins loquace avec les autres Serpentards. Il voulait que Potter revienne, ce n'était pas négociable et il ne pouvait certainement pas le voir l'ignorer ainsi. Mais Drago ne pouvait s'abaisser à aller directement le coincer dans un couloir pour mettre les choses au clair, cela prouverait que c'était lui qui perdait au jeu et que ce n'était pas Potter qui se pliait à ses bonnes volontés.

Drago commençait à avoir l'impression qu'il s'étouffait dans son propre piège. Rien de très séduisant à écrire dans une lettre destinée à ses parents, il tenait encore à être considéré comme leur fils.

- Bonsoir, j'aimerai t'informer d'une nouvelle.

Pivotant sur son siège, Drago considéra d'un œil noir Millicent qui se tenait face à lui plus ou moins de manière figée, des regards paniqués lancés par dessus son épaule pour voir la réaction de Blaise quelques mètres derrière elle.

- Il semblerait que ton devoir manque au professeur Chourave.

Pas besoin d'une grande réflexion pour comprendre qu'ils avaient dû tirer au hasard celui qui allait venir lui annoncer la nouvelle.

- Je lui donnerai demain matin, lâcha-t-il sans même un merci avant de retourner à sa lettre.

L'entendant s'éloigner, Drago cessa cependant de rouler le parchemin pour le cacheter en voyant une nouvelle ombre se dessiner sur la table.

- Au vu du silence, je dis soit Théodore, soit Blaise, lança-t-il en prenant sa baguette et une tige de cire.

- Le dernier.

Drago n'aurait pas été aussi frustré qu'il en aurait même fait un salut théâtral. Mais il préféra s'occuper du sceau de sa lettre plutôt que ce pouvait bien lui vouloir Blaise.

- Tu devrais avoir un minimum de politesse.

Belle déclaration dont il avait déjà conscience. La politesse, il la retrouverait dès que Potter viendrait directement jusqu'à lui ou bien que Colden sombrerait dans une immense dépression. Pour l'instant, vu qu'aucun de ces deux éléments ne semblait vouloir voir le jour, il resterait aussi aimable qu'une porte de prison.

- C'est tout ce que tu as à me dire ? lâcha Drago.

- Pour l'instant.

Voyant l'ombre disparaître, le blond ne jeta pas un coup d'œil par-dessus son épaule pour l'apercevoir, reposant sa lettre en inspirant le plus calmement possible. Il avait besoin que son plan marche, et ce n'était une subite alternative qui allait pouvoir le calmer.

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Assis sur son lit, Harry laçait à l'aveugle ses chaussures, bien trop occupé à désespérer sur son propre reflet. Le miroir n'était pas très grand, posé de façon bancale sur le lit de Ron, il n'y voyait que la moitié de son visage. Mais c'était déjà suffisant pour qu'il constate la mine qu'il avait.

Visage pâle, cernes apparentes. Ce n'était pas le stress dû par le match approchant juste les conclusions de ses nuits blanches où il s'était refusé à fermer les yeux. Non pas qu'il ne dormait pas, ça oui. Plutôt que ses rêves n'étaient pas du tout à son goût. A force de se lever précipitamment au beau milieu de la nuit pour s'enfuir dans les toilettes, il était certain que ceux du dortoir auraient fini par se douter de quelque chose. Alors il avait préféré ne pas dormir plutôt que constater que son cerveau se plaisait à lui faire revivre la soirée qui s'était déroulée une semaine plutôt. Il préférait bailler en cours plutôt de sentir la honte le gagner tout comme les premiers soirs où il avait cédé à la fatigue.

- Tu ne comptes pas descendre manger ?

Se détournant du miroir, il regarda Hermione qui rentrait dans le dortoir totalement vide, excepté lui.

- Je n'ai pas très faim, marmonna-t-il.

- Nous aurions été un samedi comme un autre, je n'aurai rien dit, mais là tu as un match de Quidditch, répondit Hermione. Il faut que tu avales quelque chose.

- Je sais…

Mais il ne se leva pas pour autant, tirant toujours sur ses lacets en ne cherchant même plus à les faire. Quittant l'encadrement de la porte, Hermione vint le rejoindre, lui tendant une serviette repliée.

- Je t'ai pris des toasts, dit-elle tout en s'asseyant.

Lui souriant, il lui prit la serviette des mains, déballant ce qu'elle lui avait amené tout en croisant ses jambes sur son matelas.

- Tu as une mine affreuse, marmonna Hermione en le regardant avaler avec plus ou moins d'envie les toasts.

- Je passe juste de très mauvaises nuits.

Il ne lui mentait pas, il n'en avait pas le cœur. Alors, même s'il omettait une partie des faits, il tenait à parler.

- Est-ce que tu crois que…

Harry s'arrêta au beau milieu de sa phrase. Il ne voyait pas comment formuler ses idées sans inquiéter Hermione, ce qui aurait été pour le moins tout à fait légitime

- Que ferais-tu si on te demandait de faire quelque chose dont tu n'as pas envie ?

Elle le fixa un instant, semblant réfléchir. Elle ne paraissait pas s'inquiéter, juste répondre à ce qu'il voulait sans s'alarmer. Peut être était-ce parce qu'il ouvrait enfin la bouche, après tant de jours de silence vis-à-vis de ses problèmes personnels et qu'Hermione profitait de l'occasion pour l'écouter tout simplement, profitant du fait qu'il souhaitait parler avec elle.

- On fait tous des choses dont nous n'avons pas envie, répondit-elle. Moi par exemple, je ne tenais pas plus que cela à me geler durant trois heures dans des gradins mais je l'ai fait car vous en aviez besoin.

- Encore désolé pour ça, marmonna Harry qui grignotait lentement ses toasts.

- Pas de problème, accorda Hermione en haussant les épaules. Ce que tu me demandes, il y a bien des cas dans lesquels cette situation peut s'appliquer. Aucun soldat ne veut partir à la guerre mais ils le font car ils le doivent, le tout est de savoir pourquoi tu le fais.

Moins noble que défendre son pays : Malefoy. Rien qu'en l'entendant, cela lui certifiait que c'était une très mauvaise idée. Mais s'il ne parvenait pas à retrouver un sommeil calme au plus vite, il allait devoir trouver une solution d'urgence. Sans compter qu'il savait que faire volontairement du mal à quelqu'un ne lui ressemblait pas du tout et qu'il l'aurait sur la conscience pendant très longtemps. Même s'il n'appréciait plus Kate, il ne tenait pas non plus à remuer le couteau dans la plaie.

- Si tu continues à avoir des problèmes de sommeil, passe voir Mme Pomfresh, dit Hermione. Elle a suffisamment de potions efficaces dans la majorité des cas.

- J'y ai pensé, avoua-t-il. Mais je devais attendre le match sinon elle aurait cru que je profitais de la situation pour faire une meilleure performance.

- Chaque joueur doit avoir un peu de stress, plaisanta-t-elle.

- Oui.

Et surtout qu'il avait espéré pouvoir reprendre des nuits paisibles avant le week-end. Même avec une potion sans rêve, Harry redoutait que son esprit se mette alors à divaguer en pleine journée vers ses pensées et souvenirs peu sages. Bien plus effrayant que de devoir partir en courant de la bibliothèque ou de la salle commune en prétextant une envie présente alors que la nuit avait l'avantage de lui donner un minimum de discrétion.

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Drago enfonça sa tête entre ses bras croisés, grimaçant de nouveau lorsque le cor à côté de son oreille se mit de nouveau à résonner à travers le terrain. Il ne savait pas qui avait eu la brillante idée de séparer les maisons de Gryffondor et Serdaigle pour le match mais il n'était certainement pas une lumière pour mettre les Serpentards à côté de la maison des rouge et or. Depuis le début du match, Drago lorgnait le deuxième année qui l'exacerbait au plus au point à souffler dans son instrument. Il ne savait pas comment il avait bien pu se le procurer, mais le blond était prêt à parier que, s'il forçait un peu, il pourrait faire rentrer le jeunot de Gryffondor dans son cor. Au bout d'un an et demi, le garçon ne semblait pas avoir compris qu'il n'était pas bon d'agacer un Serpentard qui faisait deux fois sa taille.

- Les Serdaigles mènent de quatre-vingt points sur Gryffondor ! hurla la voix surexcitée de Crivey dans le mégaphone. Pour l'instant le score est de deux cents à cent vingt ! Rappelons qu'un poursuiveur de Gryffondor a dû quitter en urgence le terrain dès la dixième minute du match dû à une grave collision avec un cognard, mettant à mal leur stratégie ! Va-y, Harry !

Enfonçant instinctivement sa tête entre ses bras alors que toute leur tribune se baissait au passage des deux attrapeurs, Drago suivit des yeux le balai de Potter qui s'éloignait à pleine vitesse, tentant de distancer le joueur de Serdaigle qui ne semblait pas vouloir le lâcher d'une semelle. Il ne savait pas à quoi pouvait bien s'amuser le Vif d'Or, mais cela faisait bien plusieurs minutes qu'il menait les deux attrapeurs à la baguette, disparaissant quelques secondes avant de soudain réapparaitre à l'autre bout du terrain.

- Nouveau but en faveur de Serdaigle ! lâcha la voix sèche de McGonagall en monopolisant quelques instants le mégaphone des mains de Crivey qui ne voyait rien d'autre que la course menée par les attrapeurs.

Ah oui, en effet. Mais il n'y avait pas à dire, la dispute pour le Vif d'Or était bien plus intéressante.

- Je fais le tour pour les paris, lâcha Blaise en se penchant pour croiser son regard.

- Potter, répondit Drago en tendant sa bourse de quinze gallions.

- Vu que l'équipe de Gryffondor est en position de faiblesse, c'est une valeur sûre, dit-il en récupérant sa mise tout en sortant son carnet.

- Non, je mise sur Potter, reformula Drago en fixant son regard sur la silhouette de ce dernier qui repartait en piqué vers la pelouse.

- Pardon ?

A l'entendre, c'était comme s'il venait d'avaler un aliment de travers. Tournant quelques secondes son regard vers Blaise, Drago se redressa légèrement en se recalant.

- Je fais fructifier mon argent, répondit-il. Si je gagne, je vais récupérer énormément.

- Sans doute, mais de là à miser directement sur Potter, ça m'étonne de toi, marmonna Blaise en rayant ce qu'il venait d'écrire pour rectifier.

- Il faut savoir changer ses habitudes pour saisir les meilleures opportunités, répliqua Drago en remettant sur l'attrapeur de Gryffondor.

Il ne remarqua pas le haussement de sourcil de Blaise avant que celui-ci ne s'éloigne, trop préoccupé à suivre des yeux les déplacements de Potter.

Ce n'était pas par pure satisfaction d'argent qu'il misait ainsi, Drago en profitait pour lui-même parier sur ce qu'il adviendrait du retour de Potter. Ce choix pouvait être considéré comme stupide car gagner le match donnerait au Gryffondor de nombreuses occasions de l'ignorer encore un peu plus. Mais s'il gagnait, Drago était convaincu que lui aussi.

Sursautant violemment lorsque le cor résonna de nouveau à son oreille, il jeta un regard noir au deuxième année qui sautait littéralement sur place, se retenant de sortir sa baguette pour lui lancer un sortilège qui le rendrait définitivement muet, ou au moins dépourvu de cordes vocales.

- Il semble qu'il y ait un problème entre deux des batteurs, commenta Crivey.

Court moment d'intérêt envers la dispute, un peu plus concret lorsque Potter passa en vitesse près de Coote pour lui hurler de se calmer, virant aussitôt pour rattraper l'attrapeur de Serdaigle qui avait pris de l'avance dans la poursuite du Vif d'Or. La petite balle disparaissant presque immédiatement. Drago devait avouer que là, c'était un appel à la violence.

Même lui n'arrivait pas à suivre le Vif d'Or des yeux, fixant un court moment l'attrapeur des Poufsouffles dans les tribunes à l'autre bout du terrain qui semblait tout aussi irrité que lui. Pour Drago, il n'y avait que deux solutions possibles : soit la petite balle était munie d'un sortilège de dissimulation, soit elle arrivait à s'emmancher dans le terrain même, passant dans la construction pour se faufiler où il lui plaisait. Et cette pensée semblait être partagée par tous les joueurs, la fille Weasley pressant Potter pour qu'il attrape le Vif d'Or. Peu de politesse mais cela faisait bien trois heures que le jeu avait commencé.

- Gryffondor parvient à s'accrocher et c'est un nouveau but de leur part ! scanda Crivey qui omettait vraiment les buts, sauf lorsqu'il était question de sa propre maison.

Et Drago avait le Vif d'Or devant le nez. Ce n'était pas une image, mais la réalité. Il lui suffisait de tendre le bras pour l'attraper, mais pas sûr que cela puisse profiter à sa propre maison puisque ce n'était pas un match incluant les Serpentards.

- Harry semble vouloir se tuer…

Vague murmure dans le mégaphone qui se répercuta sur tout le terrain de la part de Crivey. Ce ne fut pas la phrase qui obligea Drago à se redresser brusquement dans son siège mais plutôt les hurlements des Serpentards qui levaient tous les yeux au-dessus d'eux. Le blond eut à peine le temps de quitter la balustrade que celle-ci éclata alors que les deux attrapeurs avaient piqués droit vers le Vif d'Or, le balai du Serdaigle percutant le morceau de bois.

Des tribunes des bleu et gris, il eut un mouvement simultané d'inquiétude alors que les Gryffondors hurlaient de joie en voyant Potter secouer vaguement la main tout en tournant autour de l'attrapeur des Serdaigles qui était à terre, grimaçant mais faisant signe qu'il était en un seul morceau. Pas de quoi rassurer la maison vu que le Gryffondor posa pied à terre en lançant le Vif par-dessus son épaule.

- J'ai gagné, dit Drago qui observait la scène quelques mètres plus bas tout en tendant la main par-dessus son épaule en apercevant Blaise se presser derrière lui comme la majorité des Serpentards.

- Je te donnerai tout au dortoir, répondit ce dernier tandis que la totalité des joueurs se regroupaient autour de l'accidenté. Tu crois qu'il a quelque chose de cassé ?

- Potter a gagné, je ne m'intéresse pas du tout de la santé de celui de Serdaigle.

- Gentil de ta part.

Oui, surtout au vu du regard que lui jeta un instant Potter en levant les yeux vers lui tandis que Mme Bibine prenait sa place aux côtés de l'attrapeur de Serdaigle qui semblait avoir une jambe cassée. Drago n'avait aucune peine à voir qu'il n'y avait strictement rien à envier au regard noir qui lui réservait, comme s'il l'accusait d'avoir attiré le Vif d'Or devant lui. Il ne trouva rien d'autre à faire que lui sourire, montrant sa montre. Rien de très intelligent mais suffisamment pour le voir se détourner en vitesse.

Drago gardait de l'espoir, et bien plus en le voyant parler rapidement à la belette pour quitter au plus vite le terrain. Ainsi, il n'avait pas totalement perdu la bataille et Potter n'appréciait pas de croiser son regard. Il ne restait plus à espérer que la fièvre de la victoire n'allait pas définitivement lui donner l'occasion de s'échapper à la demande qu'il lui avait faite.


Harry va-t-il céder ? Kate tentera-t-elle de nouveau de lui adresser parole ? Drago a-t-il raison de reprendre espoir ?

La jolie histoire continuera au prochain chapitre : byyyyye ^o^