« A quoi tu penses ? Me demande Claire.
_ A rien, je lui réponds en me retournant dans le lit de façon à me trouver dos à elle. »

En fait, je pense à la tête que Lily Evans a faite quand je lui ai présenté Claire. On était là, tous chez Sirius en train de fêter mon retour lorsqu'elle est arrivée. Ses yeux verts se sont tout de suite posés sur moi, j'ai vu un profond soulagement à l'intérieur, suivi par de la confusion, et puis enfin, lorsque j'ai avancé vers elle la main dans le creux du dos de Claire, de la colère.

Une hargne qu'elle s'est efforcée de dissimuler derrière un sourire lorsque je lui ai raconté tout sur cette fille formidable que j'ai rencontré en France juste après qu'elle soit partie, ce qui n'est pas totalement vrai, mais personne n'était là pour me voir me saouler dans un bar et ramasser la première fille qui passait après avoir reçu sa lettre, sèche et mensongère.

J'ai eu des doutes sur le coup, mais depuis ce soir, depuis que je l'ai vu bouillir de jalousie dans un coin de la pièce, je suis certain qu'elle m'a menti. Je sais que je lui ai manqué au moins autant qu'elle m'a manqué si ce n'est plus. Je le sais parce qu'elle m'a évité toute la soirée, mais que ses yeux revenaient constamment vers moi comme pour vérifier que j'étais toujours là, que je ne partais pas.

Et puis il y a ce moment où nous avons brièvement discuté sur le balcon. Je l'ai vu toute seule, alors je suis allé la rejoindre. Son visage était fermé, impassible, gelé, mais je crois que quelque part, elle voulait que je vienne. Ses cheveux volaient derrière elle, elle avait froid, mais elle ne le laissait pas voir. Je ne sais même plus comment je m'en suis rendu compte, je le savais, c'est tout.

« Elle est sympa, Claire, m'a t-elle dit.
_ Très, et en plus, je suis sûre qu'elle s'entendra bien avec mes parents, contrairement à Amélia. »

Là, elle a lâché un rire ironique que j'aurais pu lui demander de justifier si je n'avais pas pensé une seule seconde qu'elle fuirait devant ce genre de requête. C'était probablement la première fois que je la voyais aussi expressive, aussi hors de contrôle.

« Elle a accepté de rester un peu avec moi ici, c'est fou, non ? J'ai continué, à peine conscient de l'effet que cette révélation pourrait avoir sur Lily.
_ C'est super James. C'est génial. Vraiment Génial. Félicitations, m'a t-elle craché au visage avant de se retourner pour ouvrir la baie vitrée.
_ Pourquoi tu t'énerves comme ça ? »

J'ai attrapé son bras pour la retenir, mais la violence de son regard m'a obligé à la lâcher. J'ai vu dans ses yeux qu'elle voulait me gifler tellement fort que ma tête ferait un tour complet sur mon cou, et j'en étais satisfait parce que ça voulait dire qu'elle était jalouse.

Elle a laissé la porte de la baie vitrée ouverte sur son passage, j'entendais la musique, forte, mélangée aux voix de tous ces gens venus pour fêter mon retour, il y avait des jolies filles partout, mais la seule que je pouvais voir c'était elle, éblouissante et élégante sans donner l'air d'avoir cherché à l'être, inconsciente d'être incapable d'être autre que belle.

Elle portait une simple robe noire et Merlin j'aurais pu jurer sur la tête de n'importe qui qu'aucune autre fille sur cette terre n'aurait pu rendre cette robe aussi glamour qu'elle. C'était un mélange, un cocktail explosif entre raffinement et charme qui me retournait le cerveau comme personne ne me l'avait jamais retourné et je me suis demandé à ce moment précis comment j'avais pu être aussi aveugle pendant tout ce temps.

Elle restait discrète, comme si elle voulait se fondre dans la masse, comme s'il était possible que personne ne la voit. J'avais envie d'aller vers Sirius et de lui dire « Mon vieux, celle là, c'est la bonne. » parce que pour la première fois, je l'aurais pensé. Je crois que je le pensais... Je ne sais pas si c'était à cause de la robe, mais je crois vraiment que je le pensais.

Je n'avais pas réellement considéré Lily comme une fille avant. Elle était... Je ne sais pas, juste une personne qui me gênait par sa simple présence. Elle n'a jamais été très féminine, et elle a toujours pris grand soin de m'envoyer balader quand je n'agissais pas d'une manière convenable. J'imagine qu'avec son caractère difficile et ses agissements condamnables, je la voyais juste comme un problème à évincer.

Je ne sais pas à quel moment je me suis rendu compte qu'elle était jolie, mais il semble que je ne peux plus voir que cela maintenant. Je sais qu'elle a des soucis, et je sais qu'elle est complètement détruite et déséquilibrée à l'intérieur, mais malgré ça, quand je la regarde, je vois une belle personne. Je me déteste de penser cela à cause des raclées qu'elle m'a mises avant, mais j'ai envie de l'aider.

J'étais toujours sur le balcon, les yeux vissés sur elle, lorsque j'ai vu Sirius s'avancer et lui présenter Christopher Perry, un collègue d'Amélia avec qui nous nous entendons plutôt bien. Le regard vert de Lily s'est allumé quand il lui a serré la main, ils ont continué à discuter ensemble quand Sirius les a laissé, et une alarme s'est mise à sonner dans ma tête.

Elle était trop forte pour que je puisse l'ignorer. Elle avait repris la main. J'étais jaloux, et me rendre compte de ce fait m'obligeait à considérer les sentiments qui se cachaient derrière. Pour la première fois, je réalisais qu'Amélia n'était pas la personne avec qui je voulais passer le reste de ma vie, et ma relation avec elle ne m'apparaissait plus qu'au travers d'un épais brouillard.

Claire, elle, est une nouveauté attrayante non négligeable. Certes, je n'avais pas les yeux en face des trous lorsque nous nous sommes rencontrés, mais cela n'enlève rien à ses qualités. C'est une beauté comme on en rencontre rarement, une grande brune aux yeux bleus, avec un accent français à tomber par terre. Outre son physique, je dois me féliciter d'avoir, pour une fois, trouvé quelqu'un d'intelligent.

Claire a un doctorat en droit et des ambitions bien définies. Elle veut devenir le bras droit du ministre de la magie en France. Rien que ça. Je sais que mon père sera impressionné quand je la lui présenterai, bien que ce ne soit pas du tout dans mes intentions à ce moment précis. J'ai déjà réussi à la traîner en Angleterre, je me demande combien de temps elle va accepter de rester.

C'était compliqué. On ne laisse pas tout tomber pour quelqu'un qu'on ne connaît que depuis une semaine, mais Claire est impulsive alors elle m'a suivi. Elle a simplement pris quelques jours de congé, songeant à repartir en France par la suite, mais je sais déjà que je ferai en sorte qu'elle reste un maximum de temps avec moi.

« Je pense que mon père pourrait t'obtenir du travail avec le Ministère d'ici, si tu restes, je reprends en chassant les images de la soirée de ma tête.
_ James... Toute ma famille est en France, et j'ai déjà un boulot là bas, me répond-elle d'une voix endormie.
_ Tu pourrais gagner plus ici. Et puis tu m'aurais moi. »

Elle éclate de rire et ses doigts courent le long de mon dos pendant que ses lèvres étirées embrassent ma nuque. Là encore, je ne peux penser qu'à Lily, et je m'en veux à peine quand je me retourne pour l'embrasser comme si c'était elle.

« Tu as des arguments de taille, mais je vais devoir y réfléchir, finit-elle par me dire avant de laisser retomber sa tête sur son oreiller. »

Je ne sais pas quel est mon problème. Je ne sais pas pourquoi soudainement, Lily Evans s'est greffée à mon esprit, passant du monstre délirant à la muse indispensable. J'essaie de la faire sortir de là, j'ai l'impression d'être constamment en train de me retenir de la laisser surgir, mais inéluctablement, elle est là, et je vais m'endormir avec elle, que je le veuille ou non.

J'espère juste qu'elle ne m'en veut pas trop pour la façon dont j'ai agis à cette soirée, pour lui avoir jeté mon faux bonheur à la figure, car nous avons encore des choses à régler ensemble, et je suis impatient que le jour se lève pour que je puisse transplaner au ministère.

Je lève les yeux au ciel quand ma mère me serre dans ses bras, et je ne lui rends pas son étreinte, constatant avec dépit que Lily se réjouit de me voir aussi embarrassé par les embrassades incessantes de celle qui m'a mis au monde même si elle fait semblant d'être absorbée par ses dossiers.

« Tu viens déjeuner avec moi ? Me demande ma mère.
_ A vrai dire... J'ai quelques trucs à voir avec... »

Je ne termine pas ma phrase, mais je fais un signe de tête en direction de Lily. Ma mère acquiesce en souriant mystérieusement et en me tapotant affectueusement la joue comme si elle savait déjà tout ce qu'i savoir, et elle retourne s'asseoir derrière son bureau tandis que je m'avance vers celui de la jeune femme, m'appuyant dessus pour l'obliger à lever les yeux vers moi.

« Quoi ? Me lance t-elle avec une pointe d'agressivité dans la voix.
_ Bonjour. Je vais bien, merci, et toi ? »

Elle me fixe avec dédain, puis son regard tombe sur mon sourire, et elle secoue la tête avant de soupirer et de passer sa main dans ses cheveux roux, semblant prête à se les arracher. Je sais l'effet que j'ai sur elle, mais elle me laisse si rarement m'en rendre compte que je me sens comme propulsé en l'air, en plein vol sur mon balai à une allure impossible à atteindre, la sensation est étrange mais plaisante.

« Je viens te chercher pour déjeuner, je lui annonce en contournant son bureau pour prendre la liberté de m'asseoir sur le coin le plus proche d'elle.
_ Je suis déjà prise.
_ Par qui ? Je l'interroge en fronçant les sourcils, ne pouvant refréner un tic nerveux.
_ Ton meilleur ami. Il ne devrait pas tarder. »

Le traître. Il en a bien profité pendant que je n'étais pas là. Cependant, je ne compte pas me laisser faire. Ce midi, elle est à moi. J'ai des choses à vérifier, et je ne peux pas le faire avec Sirius dans les parages.

« Je ne suis pas certain qu'il puisse se libérer... Il a beaucoup de travail, tu sais.
_ Il a réussi à me consacrer du temps jusque là, me répond-elle, flegmatique, et puis tu n'es pas censé être à Poudlard ?
_ Je ne commence que dans une semaine alors...
_ On parle de moi ?! Lance Sirius en pénétrant dans la pièce d'un pas léger, exécutant une courbette devant le bureau de Lily, et faisant apparaître une rose blanche sur celui de ma mère. »

Merlin, quel lèche botte. Je ne sais pas par quel miracle il est devenu mon meilleur ami, et je ne sais pas non plus pourquoi son comportement me fait éclater de rire, mais les deux sont sûrement liés.

« Je disais justement à Lily que tu avais trop de travail aujourd'hui pour manger avec elle, je reprends en appuyant sur chaque mot et en le regardant droit dans les yeux.
_ Ah ? Ah ! Oui ! Je me suis déplacé... Juste pour te dire ça, en fait. J'ai vraiment, vraiment beaucoup de travail. C'est dingue, c'est... Pfiou. Il faut que j'y retourne, ment-il en se hâtant hors du bureau sous les « mais » incessants de Lily.
_ Il n'y a plus que moi, je crois, je lui fais remarquer lorsque la porte se referme. »

Elle ne me répond pas, mais elle lâche sa plume, se lève de sa chaise, et enfile sa veste avec humeur avant de me passer devant et d'ouvrir la porte en me lançant un regard appuyé. Je bondis du bureau et je saisis ma chance avec la sensation désagréable que l'opportunité ne se représentera pas de si tôt.

Nous sortons du ministère et marchons l'un à côté de l'autre sans même nous parler. J'avais oublié à quel point je devenais bizarre en sa présence. Je ne sais plus quoi dire. C'est comme si tous les mots de la langue anglaise s'évaporaient soudainement de mon esprit pour me laisser comme un idiot face à sa répartie qui ne m'épargne jamais.

« Si tu crois que je n'ai pas remarqué que tu as inventé un prétexte pour que Sirius s'en aille, tu te plantes. Je trouve cela particulièrement grossier, me lance-t-elle.
_ Grossier ? Tu n'as rien de plus violent dans ton répertoire ? Je me moque gentiment.
_ Inélégant, désagréable, pénible, déplacé...
_ Désagréable, pénible, et déplacé, je veux bien, mais inélégant ?! Je me suis mis sur mon 31 pour toi, Evans. »

Elle risque un regard vers moi, alors j'en profite pour la bousculer juste un peu, épaule contre épaule, juste pour la taquiner, juste pour essayer de retrouver le peu de complicité que nous avions avant que je ne lui envoie la lettre qui a tout changé pour elle comme pour moi, et je me retrouve béat devant son sourire lorsqu'il apparaît enfin sur son visage.

« Claire n'aimerait très certainement pas cela, me fait-elle remarquer.
_ Claire aime beaucoup que je me mette sur mon 31, je lui réponds, feignant ne pas comprendre. »

Elle acquiesce et soupire si discrètement que je ne relève pas, mais je suis ravi qu'elle ait abordé le sujet parce que la jalousie déborde de sa bouche et qu'elle ne peut pas la contenir. Je sens qu'elle est partagée entre l'envie de me pousser sous une voiture et celle de m'étreindre parce qu'au fond, elle est heureuse de me revoir.

Nous nous arrêtons dans un petit restaurant non loin du ministère et très vite le silence revient s'installer entre nous. Je sais qu'il va falloir que j'aborde la lettre si je veux dissiper toute la gêne, mais je n'ai aucune idée de la façon dont je dois m'y prendre. C'est probablement la première fois de ma vie que je ne sais pas comment faire quelque chose, et je me sens démuni.

« A propos de la lettre... Commence t-elle, osant à peine croiser mon regard.
_ C'était... Je ne sais pas ce que je... Enfin... Tu... Je veux dire, je... »

Je bafouille et elle m'observe avec étonnement avant de se mettre à sourire et à froncer les sourcils, comme si elle était touchée par ma gêne, comme si elle se rendait compte qu'au fond de moi, je pense toujours chaque mot que j'ai écrit malgré la présence de Claire. Je suis énervé de ne pas réussir à m'exprimer correctement, contrarié de me rendre compte encore une fois que la présence de Lily me met dans un état déplorable.

« Je voulais juste te dire que j'y ai été un peu fort dans ma réponse... Je suis désolée. C'était froid et méchant, je ne savais pas comment faire et... Et j'ai écrit ce qui m'est venu, elle m'explique en tripotant nerveusement son couteau. »

Je la dévisage, elle a l'air vraiment embêtée, mais rien dans ses mots ne m'indique qu'elle regrette le contenu de sa lettre, seule la forme semble lui poser problème. Je prends une profonde inspiration et j'essaie de rassembler mes esprits pour pouvoir lui dire ce que je pense sans ressembler à un parfait idiot, et j'y parviens à mon grand soulagement alors qu'elle s'apprête à manger une bouchée de volaille.

« Peu importe. Tout était faux, de toute manière.
_ Comment ça ? M'interroge t-elle en interrompant son geste, troublée.
_ Ta lettre. Je n'y ai pas cru une seule seconde. »

Cette fois, sa fourchette retombe dans son assiette, et Lily me dévisage avec un mélange de peur et de soulagement que je ne sais pas comment interpréter. Elle déglutit, perdue, et encore une fois, j'ai devant moi la jeune femme vulnérable et abîmée à qui j'ai envie de porter secours. Le seul problème, c'est que je ne sais pas comment faire.

« Qu'est-ce qui te fait peur ?
_ Rien, me répond-elle brièvement.
_ C'est ma notoriété ? Je tente, à cours d'idée. »

Elle secoue la tête, m'envoyant un rire ironique et un soupir désabusé en pleine figure, me signifiant clairement que je suis irrécupérable et qu'elle n'aime pas ce côté là de moi, celui qui parle de sa réussite. Dommage, c'est quelque chose que j'affectionne tout particulièrement.

« Alors quoi ? Tu n'aimes pas mes parents, c'est ça ?
_ C'est fou, James. Tu es si égocentrique qu'il ne te viendrais même pas à l'esprit que le problème puisse simplement venir de toi, me lance-t-elle avec mépris.
_ Qu'est-ce que tu veux dire ?
_ Tu m'as envoyé une lettre laissant suggérer que tu éprouvais des sentiments à mon égard, puis tu es revenu avec Claire, et maintenant, tu agis comme si elle n'existait plus et que tu étais intimement persuadé que je n'attendais que toi, ici. C'est toi, le problème, James, juste toi. »

Elle se lève pour partir et je ne peux qu'encaisser les coups, bien qu'encore une fois, je sois incapable de croire un seul mot ayant franchi le seuil de ses lèvres.

« Alors dis le. Dis le que tu ne m'aimes pas, je la défie en la rattrapant hors du restaurant.
_ Tu n'es vraiment qu'un gamin, proteste-t-elle.
_ C'est bien ce que je pensais, je réplique avec un sourire satisfait.
_ Et je ne t'aime pas, tranche t-elle sèchement avant de pivoter. »

Je prends ses mots en pleine tête, comme des cognards lancés à pleine vitesse un jour d'hiver où le vent glacial gèle la peau et fissure les mains. Lily Evans aura ma mort si elle ne l'a pas déjà eue. Peut-être que j'ai tort, finalement, peut-être que mes sentiments m'ont rendu abrutis, peut-être qu'ils m'ont plongé dans une telle confusion que je ne suis plus capable de discerner correctement. Peut-être qu'on se déteste, peut-être que ce n'est rien d'autre que cela.

Mon plan ne fonctionne pas comme je l'aurais espéré. Je m'étais dit qu'il suffirait de ramener Claire, que Lily nous voit tous les deux, et d'aller discuter de la lettre avec elle pour qu'elle avoue enfin avoir des sentiments pour moi. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle m'envoie promener comme elle l'a fait, mais peut-être que je le méritais.

La vérité, c'est que je ne sais pas comment m'y prendre avec elle. Elle envoie des signaux tellement contradictoires que c'est à s'y perdre. Peut-être que c'est parce qu'elle a perdu son petit-ami, peut-être qu'elle a peur de trouver quelqu'un d'autre, d'apprécier quelqu'un d'autre, mais le problème c'est que je ne peux même pas en parler avec elle. Elle m'enverrait promener. Elle n'aime pas parler de lui, et je n'aime pas l'évoquer non plus car dès que je le fais, elle change.

Son visage se métamorphose. Ses traits se tirent, elle devient nerveuse, l'écume des larmes qu'elle retient reste au coin de ses yeux verts, son regard devient fuyant, ses gestes sont secs tout comme ses mots, et elle se renferme en elle, dans un coin minuscule dans lequel elle semble se recroqueviller en espérant que personne ne la trouvera.

Lily est une personne étrange, et j'aimerais que cette étrangeté me rebute après ce qu'elle vient de me lancer au visage, mais elle m'intrigue et m'attire plus qu'autre chose. Je crois que je suis incapable de la lâcher, j'ai la sensation que je n'ai pas le choix et que je suis forcé de continuer à l'apprécier un peu trop pour mon bien tout en continuant de mépriser son attitude de reine des glaces