J'ignore si c'est moi qui beug ou si c'est le site, mais je ne reçois plus aucune alerte quand je publie un chapitre ou si je reçois la moindre rewiew. Vous aussi ?
Bonne Lecture !
]Chapitre Vingt-Six[
POV Roy Mustang
Ma mère me l'avait toujours dit; "Roy, tu es un gamin foutrement têtu." A l'instant, je n'avais aucune envie de laisser Edward partir. Je pensais effectivement que même si sa présence me mettait en danger, il était encore plus imprudent de le laisser partir. Je trouvais cela très étrange qu'il puisse garder le contrôle de lui-même aussi longtemps et le fait de lui faire des analyses médicales me revint en mémoire. Mais pour l'heure, il fallait avant tout que je convainque tout le monde de rentrer chez lui. Edward me regardait d'un air circonspect pendant que je me dirigeais dans le salon, sans lâcher son bras au préalable. Il n'était pas question qu'il s'en aille. L'assemblée de mes confrères et de ma consœur se tourna vers moi;
"- Chers squatteurs, il est temps pour vous de rentrer chez vous, fis-je d'un ton qui se voulait sans réplique"
L'idée de rentrer chez eux, à mon avis, ne les gênaient pas. Mais ils se tournèrent comme un seul homme vers Edward.
"- Vous voyez ? me dit-il d'un air résigné"
Il força sur son bras que je tenais fermement. S'il pensait pouvoir me faire lâcher prise, il se fourrait un doigt de fer dans l'œil. Ma mère aurait pu lui faire un magnifique discours de mes aptitudes exceptionnelles quand il s'agissait de ne pas lâcher l'affaire. Je me souvenais tout particulièrement d'une fois où j'avais passé la journée à boucher son cendrier d'une main pour qu'elle arrête de fumer (pour ma défense, j'avais neuf ans). C'était sans se départir de son sourire vainqueur qu'elle faisait tomber ses cendres sur mon crâne. Ni l'un, ni l'autre, nous ne lâchions l'affaire. Enfin... Elle avait finit par m'attraper pour me mettre dans le bain. Je ne sais plus si je me sentais vainqueur ou tout simplement sale, ce jour-là... C'était ma toute première campagne contre un acte ignoble qui vise la santé des gens. J'ai arrêté depuis. Surtout depuis que mes doigts claquent pour faire du feu.
"- Colonel, on ne peut pas vous laisser seul avec lui"
C'était la voix de Riza. Qui d'autre ? Elle était la plus suspicieuse, prévoyante et dangereuse des femmes. Je savais qu'elle n'avait pas tord et il est fort probable que si la personne concernée n'aurait pas été Edward, je l'aurais écouté sans rechigner. Cependant, là encore, elle sous-estimait mon aptitude à ne pas lâcher l'affaire;
"- Ne vous en faites pas Lieutenant. Si ça peut vous aider à dormir sur vos deux oreilles ce soir, j'appellerais Maes toutes les heures pour lui faire un rapport de mon état. Si je n'appelle pas, c'est qu'il m'a tué."
Edward déglutit à mes côtés. Il me regardait comme si je venais de signer son arrêt de mort.
"- Non, tu va oublier ! répliqua Maes, donc c'est moi qui appellerais."
Je le dévisageais en essayant de ne pas trop le flinguer du regard. Mais le pire, c'est qu'il avait sans doute raison. Je les voyais qui se détendaient. Sauf mon Lieutenant. Son regard me signifiait au mieux "Que vous êtes naïf et imprudent" ou au pire " Vous voulez mourir ? C'est ça ? Laissez-moi au moins se plaisir au lieu de lui tendre la perche". Comme je ne savais laquelle des deux versions me plaisait le mieux, je choisissais d'ignorer son regard insistant.
Ils commencèrent tous à se diriger dans la direction de la porte, emportant avec eux, Riza qui ne pouvait répliquer. Seul Alphonse s'approcha d'Edward, brisant toutes les limites que les autres s'efforçaient de créer autour de lui. J'appelais plutôt ça un périmètre de sécurité. Son jeune frère lui adressa un regard curieux;
"- Pourquoi tu ne viens pas avec moi ?"
Edward se raidit et alors je le lâchais enfin.
"- Je ne peux pas, lui répondit-il"
Il le fixait avec frayeur mais Alphonse le dévisageait comme s'il ne comprenait pas. Je savais qu'Edward avait une peur bleue d'être confronté à son frère; il ne souhaitait surtout pas se transformer devant lui. J'inspirais faiblement, posant une main sur l'écrin de mon arme;
"- Ce qu'il veut dire, Alphonse, c'est que tu n'aura pas le cran de lui tirer dessus si c'est nécessaire."
Je voyais très bien Jean, Maes et Riza qui me regardaient d'un air curieux derrière lui. Je leur répondais avec un regard aussi déterminé que possible. A présent, je comprenais mieux que personne qu'il me faudrait me défendre si cela devait être nécessaire et je n'hésiterais pas.
Enfin, j'espère...
En attendant, Alphonse n'était pas vraiment rassuré parce que je venais de lui dire. Il me fixait comme s'il allait me tabasser d'une minute à l'autre. Forcément, dès qu'un des deux frères était en cause, l'autre ne pouvait s'empêcher d'être protecteur. C'était valable pour les deux qui ne se détachaient pas de mon visage. Edward me regardait, les bras croisés, prêt à m'enguirlander pour ce que je venais de dire. Je penchais la tête vers lui et le fixait avec évidence.
Tu veux qu'on parle seul à seul, oui ou non ?
Il dut comprendre le message et décroisa brutalement ses bras.
"- C'est bon, Al. Tout se passera bien, lui dit-il en souriant"
Mais son frère ne démordait pas. Je commençais à croire qu'il avait rencontré ma mère pour lui lancer un regard aussi déterminé. Edward s'approcha de lui et lui murmura quelque chose à l'oreille. Quand il eut fini, il lui tapota les épaules pour le rassurer et le visage d'Alphonse était à présent si rouge qu'il se comparait à la couleur du vin que nous avions consommé.
"- D'accord, souffla Alphonse, un tout petit, petit peu plus convaincu."
Il hésita quelques secondes avant d'ouvrir grand les bras pour happer son frère dans ceux-ci. Ils partagèrent cette accolade quelque seconde avant de se séparer. Ce qui était le plus étrange, c'était cette impression d'adieux qui flottait dans l'air depuis que je leur avait demandé de partir.
"- On se revoit demain, répliqua Edward à son frère"
Ils se souriaient. Avant qu'ils ne commencent tous à se retourner dans leur domicile respectif, je m'exclamais;
"- Ah ! Et...Aucun mot là-dessus au sein du QG"
Ils hochèrent la tête à l'unisson. Il était impératif que nos supérieurs ne sachent pas que je cachais un fugitif dans ma maison par deux fois réquisitionnée et qu'ils ignorent aussi que ce fugitif en question était immortel. Maes m'adressa un dernier signe de la main avant que la porte ne se referme définitivement. Je n'étais pas soulagé pour autant.
J'entendis Edward qui soupirait d'aise derrière moi;
"- Ah, je n'en peux plus."
C'était compréhensible. J'avais moi-même du mal depuis quelques heures à faire comme si de rien n'était. A présent, nous étions seuls. Et c'était pour moi, une occasion en or pour en savoir plus à son sujet. Je m'étirais sous des airs légers avant de lui demander, curieux;
"- Qu'a tu dis à ton frère pour le convaincre ?"
Le fait de m'être étiré agressa ma blessure qui me rappela encore combien elle était présente. Edward devint cramoisi en se dirigeant dans le salon;
"- C'pas vos oignons !
- Alors pourquoi j'ai la sensation que ça me concerne ? demandais-je en souriant"
Il se retourna vers moi d'un bond en me fusillant du regard. Autrefois, cela me faisait rire. A présent, ses yeux violets qui me fixaient me faisaient tressaillir.
"- Je lui ai dis que je vous aimais ! Voilà ! Content ? s'exclama t-il avant de faire le tour de la pièce comme un lion en cage"
Je le regardais, surpris;
"- Qu'est-ce qui ne va pas, Edward ?"
Il tendit un doigt vers moi comme pour m'intimer de me taire avant de s'avancer d'un pas menaçant;
"- Il y a que je ne dois pas rester là ! "
Il recula aussitôt en fixant mon cou. Encore ? Il recommence ! Ses yeux remontèrent dans les miens et il me dit tristement;
"- Si je reste là, je risque de f... Je pourrais m'en reprendre à vous."
C'était peut-être la deuxième ou troisième fois qu'il disait ça. Je commençais à croire qu'il savait quelque chose que j'ignorais. Je haussai un sourcil en croisant les bras sur ma poitrine;
"- Dis-moi."
Il comprit que le ton que j'employais était des plus sérieux. Ses pupilles évoquaient la crainte. Il avait peur de quelque chose;
"- Je... commença t-il en avalant sa salive, j'ai rencontré quelqu'un... "
Il avait débuté sa phrase avec une lenteur anormale mais il releva la tête vers moi et cria plus qu'il ne parla;
"- Voilà, j'ai rencontré quelqu'un qui m'a dit que vous seriez le prochain ! Et c'est moi qui doit..."
Son annonce me coupa le souffle. Je sentais une vague de colère remonter de mon estomac jusqu'à se coincer dans ma gorge. S'il y avait une chose que je ne supportais pas, c'était la défaite avant la bataille. Edward était convaincu qu'il n'arriverait pas à se contrôler. Il était certain qu'il allait me tuer. Je détestais cet état d'esprit ! Je l'attrapais par les bras et le plaquais contre le mur. Mon lampion trembla au dessus de sa tête;
"- Tu vas me tuer, c'est ça ? demandais-je d'une voix forte, tu vas me tuer ? Mais qu'est-ce que tu attends ? Va s'y ! Fait-le !"
Pour exprimer mes dires, je prenais sa main de chair dans la mienne et la posais contre mon arme;
"- Prend-là ! Tire-moi dessus ! Mais bon dieu, qu'est-ce que t'attends ?!"
Il me fixait avec horreur et stupéfaction. Je passais ma main sur sa joue et serrais son visage aussi fort que possible. Je détestais la défaite.
"- Il est passé où le gars qui voulait absolument retrouver le corps de son frère ?!"
Sa joue se déformait sous mes doigts et il haletait;
"- Il est passé où, dis-moi ! Le type qu'était déterminé à braver l'impossible ?!"
Il retira sa main de mon arme et la posa contre ma clavicule pour me faire reculer. Mais je tenais fermement ma position et je le fixais d'un œil noir;
"- Tu ne partira pas d'ici tant que tu n'auras pas accompli ce pourquoi tu es venu, ça non, FullMetal ! fis-je, ironique. Alors dis-moi, t'es là pour me tuer ? Ou est-ce qu'on peut parler pour tenter de te sauver ?"
J'inspirais pour reprendre mon souffle et décidais de le lâcher. Il me regardait comme s'i j'étais le plus dément des cinglés. J'avais envie de me mordre les doigts jusqu'aux sang et c'est d'ailleurs ce que je commençais à faire avant de m'énerver pour de bon. Son manque de réaction m'insupportais. Je foutais mon poing dans sa figure sans qu'il s'y attende et il glissa le long du mur pour tomber par terre. Je m'agenouillais pour attraper sa chemise et je secouais vivement le poignet;
"- Réveille-toi bon sang !"
Il me fixa avec détermination mais ce n'était pas celle-ci que je voulais voir. Non, là, il n'avait apparemment qu'une seule envie et c'était celle de me rendre mon coup. Ce qu'il fit. Je tombais à la renverse en fermant les yeux. En les rouvrant une seconde après, il était debout devant moi et il me donnait un coup de pied dans la poitrine;
"- Mais vous croyez que je disais ça pourquoi ?! Je voulais vous prévenir et vous, tout ce que vous trouvez à faire, c'est me gueuler dessus !"
Au moins, j'étais certain que c'était lui qui me tapait et non pas son double malveillant. Il avait eu la décence de ne pas me frapper dans ma blessure. Je reprenais mon souffle qui avait tenté de s'échapper un peu plus tôt et frottais mon cou d'un air résigné. Il pensait être le vainqueur de cette querelle ? Non... Moi aussi je sais jouer la comédie ! Il commença à faire demi-tour, persuadé qu'il me laissait sur le carreau. J'attrapais sa cheville et la tirais vers moi. Il tomba à plat ventre, surpris et tenta aussitôt de se retourner mais je lui grimpais dessus en plaquant ma main sur son visage pour qu'il ne puisse plus bouger;
"- Oui, j'te gueule dessus, Edward ! C'est pas possible d'être aussi défaitiste !"
Il remua sous ma prise en me fixant de son œil meurtrier au possible. La seule ouverture qu'il avait était de me donner un coup de coude exactement en plein milieu de ma blessure actuelle. Ce qui me surpris, c'est qu'il le fit. Je gémissais de douleur et m'effondrais sur le dos. Je sentais ses jambes qui m'escaladaient et il se retrouva au dessus de moi, un doigt sur mon nez, ou presque;
"- Je suis réaliste ! cracha t-il, car ce que vous ne savez pas c'est que j'ai été envoyé ici, non pas pour vous tuer, mais pour vous faire souffrir ! Je viens de comprendre il y a quelques minutes que j'ai une envie irrésistible de vous tomber dessus !"
Il reprit son souffle quelques secondes pendant que je sentais ma plaie se rouvrir. Le tissu de mon bandage était imbibé de sang.
"- Je viens de comprendre, poursuivit-il plus bas, que si je craque sous mes pulsions sentimentales, j'ai bien peur que cela ne fasse qu'aider cet enculé à revenir !"
Son souffle chaud se mélangeait au mien.
"- Je viens de comprendre, continua t-il presque en murmurant et en rapprochant son visage du mien, que ce ne soit rien d'autre qu'une ruse de plus... Et que..."
Il avala difficilement sa salive et il replia son doigt contre ma joue. J'ignorais à quoi il pensait, mais ce n'était définitivement pas à ma mort.
"- Peut-être que..."
Il avait une folle envie de m'embrasser, cela se voyait. Son envie transparaissait dans la mienne. J'avais l'impression que les rôles étaient inversés et que c'était à mon tour de lui prouver que l'amour pouvait être plus fort que tout. Je lui coupais la parole, parlant aussi bas que lui;
"- Alors lâche-toi, soufflais-je, et prouve moi que tu y arrives toujours."
Ses lèvres happèrent les miennes comme toute réponse.
A la suite ! Je crois que c'est mon chapitre le plus long lol ! Roy en avait des choses à dire depuis...
