Minho se retrouvait à nouveau seul dans la cuisine. Il lança un regard à la boîte de conserve qu'il venait d'ouvrir. Des boules rouges étaient dessinées sur l'étiquette. L'altercation lui avait coupé l'appétit, mais il ne voulait certainement pas gâché la nourriture. C'est une denrée qu'il avait appris à chérir.
Il plongea un doigt dans la boîte, et le lécha. Ses yeux s'écarquillèrent. Oh. Mon. Dieu. Il réitéra le geste, aimant de plus en le goût sucré des fruits. Il chercha dans les tiroirs après une cuillère, et dévora le contenu de la boîte. Wahou ! Qui aurait pu croire qu'un truc aussi bon puisse exister ?
Il repensa à Newt. En fait si, il connaissait sûrement quelque chose qui devait être encore meilleur… Il se souvint de ses rêves. Déjà dans son imagination, l'embrasser était délicieux, alors en réalité…
Il soupira. Il ne savait plus quoi faire. Pourquoi se séparer de lui alors qu'ils avaient des sentiments réciproques ? Ou au moins une attirance certaine…
Il entendit des pas dans le couloir. Peut-être que Newt revenait ?
Thomas ouvrit la porte. Déception. Il soupira.
« Thomas. C'est toi » souffla-t-il
« Très perspicace, l'ami » railla Thomas
Minho grinça des dents.
« Pas le moment de te foutre de moi » lâcha-t-il, franchement agacé
« D'ac-cord » grimaça l'autre
Le Runner repoussa sa chaise et se leva.
« J'avais quelque chose à te demander… » reprit Thomas
« Ça ne peut pas attendre ? » le coupa sèchement Minho en se dirigeant vers la porte. Il n'était pas d'humeur.
« Eh mais qu'est-ce qu'il vous arrive à tous les deux ? » s'indigna le Glader, excédé. « Ce n'est pas mes histoires mais arrêtez de m'y fourrer avec vos sautes d'humeur ! ». Il venait juste de se faire bousculer par Newt !
Minho haussa les sourcils. Il croyait l'impressionner ? Il n'en avait juste rien à foutre. Le Runner ferma les yeux. Il avait le chic pour se comporter comme une teigne.
« Ok, allez vous faire voir » balança Thomas en sortant, claquant la porte derrière lui. Ça devenait une manie dans ce Berg.
Minho allait rouvrir la porte quand il faillit se la prendre dans la figure.
« Thomas ? » s'exclama-t-il, surpris.
« J'ai faim » grogna l'intéressé en le poussant pour entrer.
Minho hocha la tête sans rien dire et s'en alla.
Il lança des regards furtifs de tout côté, guettant Newt. Rien à signaler. Il se décolla de la porte, et s'approcha du dortoir. Il se demandait si Newt y serait, et ne savait pas s'il préférerait que ce soit le cas ou non.
Il hésita, la main posée sur la poignée. Il expira un grand coup, et poussa.
Personne. La pièce était vide. Bon…
Il se laissa tomber sur un lit. Il repensa à tout ce que ces enflures lui avaient dit, quand il était enfermé tel un chien en cage. Il avait du mal à se rappeler les détails, comme s'il avait été drogué. Et à bien y réfléchir, c'était sûrement le cas. Ils étaient venus seulement une fois qu'il avait cédé et s'était jeté sur leur foutu plateau repas. Tout ce qui lui restait de cet épisode, c'était la sensation urgente de garder ses distances avec Newt.
Mais la nouvelle de la maladie de Newt était plus forte que ça. Il voulait être avec lui, vraiment, et maintenant. Minho était parfaitement conscient que Newt n'était pas éternel. Il fallait qu'il se décide.
Il se précipita hors du lit, bien décidé à parler à Newt. Alors qu'il poussait fort sur la porte, il trébucha en avant et bouscula le Glader, sur le seuil. Il se retint au dernier moment au chambranle.
Newt avait tournicoté un bond moment dans le Berg, ne sachant où aller. Il était épuisé par toutes ces histoires. Thomas lui avait dit qu'il ne pourrait pas les accompagner dans la ville. Newt n'avait pas compris sur le coup, puis l'évidence lui avait serré la gorge. La Braise. Ils ne pouvaient pas contaminer tout le monde.
Il avait hoché la tête lentement, le moral au plus bas. En plus de ça, rien n'allait avec Minho. Il soupira et décida d'aller s'allonger. Il ne dirait pas non à un peu de repos. Et d'inconscience aussi d'ailleurs.
Il actionna la poignet de la porte du dortoir, et Minho lui tomba littéralement dessus.
D'abord surpris, il se renfrogna rapidement. Il avait seulement envie de se cacher sous les couvertures.
Minho avait les yeux écarquillés et les joues rouges. En un mot, il était embarrassé. Tiens donc.
« Newt, je voulais justement te parler… » dit-il en reculant d'un pas, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon.
Newt le fixait avec un détachement feint. Il ne lui faciliterait pas la tache. Il le regardait ouvrir la bouche et la refermer comme un poisson hors de l'eau. C'était … jouissif. Il leva les yeux au ciel :
« Oui ? » l'encouragea-t-il néanmoins.
Minho déglutit et sortit les mains de ses poches pour les frotter contre ses cuisses.
« On perd notre temps » annonça-t-il enfin.
Newt fronça les sourcils et recula inconsciemment. Ce n'était pas vraiment ce à quoi il s'attendait. Qu'est-ce qu'il essayait de lui dire exactement ?
Minho avait l'air ahuri. Si Newt ne s'était pas inquiété du sens de ses paroles, il aurait ri.
« Non non, attends, ce que je veux dire c'est qu'avec mes conneries je gâche les seuls moments qu'on pourrait avoir ensemble, tu vois ? » débita le Runner, une note paniquée dans la voix.
Newt garda le silence, appréciant l'embarras de Minho. Lui qui était toujours le maître du monde, il verrait ce que c'est. Newt se mordit la lèvre. C'était faux, il savait qu'il faisait seulement semblant, qu'il ne possédait pas la moitié de la confiance qu'il prétendait avoir en lui.
Un petit sourire se dessina sur le visage de Newt. Ses yeux bleus s'adoucirent et rencontrèrent à nouveau ceux de Minho, bien moins détendu. Son sourire s'effaça alors que le Runner restait silencieux.
« Ce qui veut dire ? » le relança-t-il. Silence. Newt contracta les mâchoires. « Ça donne quoi en pratique ? » insista-t-il
Il vit Minho se raidir. Son regard le fuit une nouvelle fois, pour revenir se poser sur son visage.
Newt suivit le mouvement de sa main qu'il tendait lentement vers lui. Les doigts de Minho tremblaient. Il le regarda droit dans les yeux, et une envie de rire lui secoua le ventre. Minho avait le visage tellement concentré, ses pupilles étaient dilatées. Il avait l'air d'un fou.
Et ses doigts effleurèrent sa joue. Son ventre se contracta, mais pour une autre raison. Minho le touchait, délibérément, et avec une certaine idée derrière la tête. Le Runner déglutit, faisant danser sa pomme d'Adam. Il ne put s'empêcher de mordiller sa lèvre.
Minho fit un pas en avant et posa son autre main sur son épaule. Newt ne bougeait pas d'un iota, et Minho se figea.
Newt se mordit l'intérieur de la joue. Est-ce qu'il allait finalement faire quelque chose… de plus ?
« J'attends » murmura-t-il tout bas, un sourire en coin lui étirant les lèvres.
Minho lui rendit son sourire, gêné au possible. Il était trop craquant. Newt ne se lassait pas de le regarder, il était adorable.
Le Runner finit pas se pencher en avant, les yeux de plus en plus écarquillés au fur et à mesure qu'il s'approchait de lui. Newt ne put retenir un petit rire, s'en était trop. Minho rougit, on-ne-peut-plus embarrassé, et déposa un baiser sur les lèvres de Newt. Il ne bougea pas les lèvres, il les pressa à peine et s'écarta.
« C'est tout ? » le taquina Newt, un sourire joyeux accroché au visage. Il s'humecta les lèvres intentionnellement, les yeux rivés sur Minho.
Voyant que Minho restait immobile, il leva les yeux au ciel et le poussa à l'intérieur du dortoir, refermant la porte d'un coup de pied. Il s'assura que le verrou (de fortune) était fermé, et se retourna.
« Je croyais que le regard des autres ne t'importait pas ? » plaisanta Minho avec un haussement de sourcil, tentant vainement de masquer sa gêne.
Newt rit doucement en s'approchant de lui : « Il y a des limites à tout, cher ami » répondit-il d'une voix profonde.
Minho recula au même rythme, et sentit rapidement un matelas derrière ses genoux.
Newt prit les devants, mettant ses mains de chaque côté de la nuque de Minho, l'attirant lentement mais sûrement vers lui, pour l'embrasser. Leurs lèvres s'effleurèrent à nouveau.
Minho ferma les yeux, retint Newt par son t-shirt, le pressant plus près, plus serré. Il glissa les mains sur ses hanches et entrouvrit les lèvres. Voir Newt se lécher les lèvres l'avait mis en appétit. A mon tour maintenant. Il caressa les lèvres de Newt de sa langue, sans rien demander de plus.
Il voulait faire les choses bien, tout ça était nouveau pour lui. Il sentit Newt frémir et grogner doucement. Le son, pratiquement inaudible, sembla comme une explosion dans sa tête.
Il se rapprocha encore plus de Newt, enroulant un bras autour de sa taille, pressant le bas de son dos plus près. Les doigts du Glader, d'abord enfouis dans son cou, se firent explorateur et il lui caressa le dos, répondant au baiser en ouvrant les lèvres, laissant Minho introduire sa langue dans sa bouche. Alors que Newt se prenait au jeu, Minho s'écarta et le regarda.
Newt se raidit, la peur remplaçant vite le désir. Et s'il ne voulait plus de lui ? Ou bien s'il s'était moqué de lui ? Ce ne serait pas la première fois…
« Est-ce plus clair comme réponse ? » lui demanda cependant Minho, un grand sourire fendant son visage en deux.
Le soulagement fit rire Newt, « Ya shank ! » gronda-t-il en réduisant à nouveau la distance entre lui et Minho.
La bosse dans son jeans ne saurait mentir, réalisa-t-il. D'une main il souleva la chemise de son pote, et de l'autre il le tira par la ceinture. Minho redevint sérieux et l'embrassa à pleine bouche, caressant sa langue de la sienne, mordillant sa lèvre inférieure, tandis que Newt essayait, quelque peu déconcentré, d'ouvrir la boucle de sa ceinture.
Qui aurait cru que c'était si dur dans un tel moment ? Il y parvint finalement, s'attaquant au bouton, Minho se faisant plus insistant dans son baiser, marquant de ses doigts la peau de Newt.
« Nom de dieu ! »
La voix ne monta au cerveau des deux Gladers qu'un temps plus tard. Ils s'écartèrent, surpris, tournant leurs regards vers la porte, laissée ouverte par Thomas de toute évidence.
« Ce verrou c'est vraiment de la dobe ! » s'exclama Minho en riant.
Newt examina son visage, n'y décelant aucune gène ni colère. Que Thomas les ait vus ne le traumatisait pas. En voilà une surprise.
Un élan de tendresse grossit le coeur de Newt et, le sourire aux lèvres, il enlaça Minho, son corps fort et chaud collé au sien. D'abord rigide, Minho se relaxa et referma les bras autour de son copain.
« Merci » chuchota Newt tout contre son oreille.
Stoppés dans leur élan, il sentit le sommeil alourdir ses paupières. Un bâillement lui échappa.
« Eh papi, tu as sommeil ? » murmura Minho dans ses cheveux blonds, moqueur
« Humhum » fût la seule réponse qu'il obtint.
« Alors au lit, blondinet. »
Minho l'entraîna sur le lit où Newt s'allongea. Il lui retira ses chaussures, son jean et remonta la couverture sur lui avant de se déshabiller et s'installer à son tour. Après une courte hésitation, il se blottit contre Newt, enroulant son bras autour de la taille du garçon.
Newt expira longuement, tout va bien désormais. Minho déposa un baiser sur sa tempe, puis sur ses lèvres, tout doux. Newt sourit, déjà emporté par le sommeil.
PS : merci, tellement merci pour vos review, follow et favori, c'est génial ! :D je vous aime, continuez !
