Chapitre 26 : des excuses à te pardonner
Grissom se donna une journée – après son travail, une fois chez lui - pour réfléchir à la proposition de Sara : il avait le choix entre construire quelque chose avec elle ou faire définitivement une croix sur leur relation et essayer de tourner la page.
« Que pourrai-je faire d'autre Sara ? Je ne m'attendais pas à ce que tu t'en ailles le matin d'une si belle nuit passer ensemble. Lorsque je te faisais l'amour, ton regard, tes gestes, tes caresses, tes baisers semblaient me dire que toi aussi tu ressentais ces sentiments pour moi. Pourquoi n'as-tu pas su voir que je t'aime aussi ? Ai-je été si maladroit ?
« Comprends-moi, la nuit que nous avons passé ensemble a été merveilleuse et je ne l'oublierai pas. Ce que je ressens pour toi, je n'arrive pas à l'oublier, encore moins depuis que nous avons fait l'amour ensemble, parce que c'est par amour et désir que je suis restée cette nuit-là. Ce sont les circonstances que je regrette. »
« Moi je ne regrette rien, tout simplement parce qu'il n'y a rien à regretter cette nuit-là. D'accord nous avions bu, mais de mon côté, ça ne changeait rien, j'avais déjà pris ma décision de m'ouvrir à toi. L'alcool a peut-être un peu aidé c'est vrai, mais j'étais tout à fait conscient de mes paroles et de mes actes, j'agissais en mon âme et conscience. »
« C'est pour ça que je suis partie, j'ai eu peur que tu regrettes d'avoir passé la nuit avec moi, que tu me tiennes pour responsable de tes agissements, que tu m'en veuilles et que tu me chasses de ta vie. »
J'étais si perdu quand tu es parti, je n'arrivais pas à comprendre ce revirement de situation. Je m'imaginais à mon réveil te trouver paisiblement endormie dans mes bras, te regarder si sereine et si heureuse, comme tu semblais l'être quelques heures auparavant, te voir ouvrir les yeux doucement et me sourire lorsque tu te rendrais compte que je suis en train de te regarder dormir. Alors je me serais penché vers toi pour te donner le premier baiser du matin et te souhaiter « bonjour » de la manière la plus belle que je puisse le faire. J'aurais voulu te sentir contre moi, sentir que tu avais tout autant envie que moi de sentir nos corps si proches et de nous rapprocher, de nous enlacer et de faire l'amour à nouveau, tendrement. Je me sentais prêt à te dire « je t'aime », je voulais construire quelque chose. Je t'aurais invité à prendre notre premier petit déjeuner ensemble, et passer l'après-midi à l'extérieur, à nous promener sur le Strip et à parler d'autres choses que de travail pour une fois. J'aurais aimé passer notre première journée tous les deux en tête-à-tête à nous tenir par la main, à vivre une vie de jeune couple qui se forme et qui a envie d'apprendre tant de chose sur l'autre. Je croyais que tu en avais envie aussi et ton absence m'a fait comprendre que j'étais dans le faux, que je n'avais pas su interpréter ton comportement. Je suis tombé de très haut Sara, parce que j'avais espoir de commencer une nouvelle vie à tes côtés, je t'offrais ma confiance et tu m'as trahi. Je me suis tant haï depuis, moi qui n'avais jamais baissé la garde entre nous afin de ne pas nous retrouver dans cette douloureuse situation, je fais les frais de cette chance que je nous ai accordée. Depuis deux mois je ne veux que me refermer, te chasser de mon esprit comme tu m'as chassé de ta vie. Je n'arrive pas à oublier la douleur, toi que je continue d'aimer malgré tout, tu refuses de partir et tu m'appelles alors pour me dire que tu regrettes d'être partie. Que dois-je faire ? T'accorder une autre chance ? Pour souffrir encore ? Pour que tu t'en ailles une autre fois à la moindre difficulté qui surgirait entre nous ? Tu crois être la seule à souffrir de cette séparation, parce que je ne t'ai jamais fait savoir les sentiments que j'éprouve pour toi. Tu crois que mes décisions sont dictées par l'impulsion du moment : comme tu me connais mal ! Depuis quand Sara me laisserais-je guider par des impulsions, alors que l'on me reproche bien trop souvent de ne pas être spontané et de réfléchir trop ? Pourquoi n'as-tu pas été capable de te rendre compte que j'avais choisi de nous laisser enfin une chance, pourquoi n'as-tu pas décidé de me faire confiance ? Que j'ai bu ou non ce soir-là ne changeait rien à mes intentions : si j'avais été sobre, je t'aurais invité de la même manière… j'avais envie d'être avec toi… Et maintenant où en sommes-nous ? Tu m'appelles hier soir pour que je choisisse pour nous deux, me disant que ton choix ne dépend plus que du mien, que tu es prête à revenir à Las Vegas pour construire quelque chose avec moi, que si tu reviens, c'est avant tout pour moi… Je sais qu'en quittant Las Vegas, tu ne m'as pas seulement quitté moi, mais l'équipe entière et j'imagine que ça a dû être dur de prendre cette décision… Sara, j'aimerais tellement pouvoir te faire confiance, mais puis-je réellement le faire ? Ne vas-tu pas changer d'avis à nouveau ? J'aimerais croire que je peux. »
« Grissom, maintenant je te dis ce que je ressens, ce que je veux et je te laisse le choix, écoute ce que te dicte ton cœur, mets de côté le fait que je sois partie ce matin-là s'il te plait. »
« Comme si c'était facile à faire ! Ce que me dicte mon cœur à présent est étroitement lié au fait que tu sois partie, il a peur, d'être mis à nu une nouvelle fois et d'être détruit, piétiné à nouveau. Je t'aime toujours Sara, c'est évident puisqu'à chaque appel de ta part mon cœur ne peut s'empêcher de parler et de me dire de te laisser t'expliquer, de t'écouter. Pourquoi ne puis-je tout simplement pas ignorer tes appels, te dire que ce n'est pas la peine d'insister ? Parce que j'ai au fond de moi envie et espoir que tu m'appelles pour me dire que tu veux revenir, de la même manière que je comptais te convaincre de rester au Jour de l'An… »
