Bonjour tout le monde,

Merci pour vos reviews cette semaine. Vous êtes trop mignonnes :-) Du coup, je vous poste la suite aujourd'hui.

Merci Lyra pour ton bêtassage. J'en profite pour vous laisser le lien de son profil. Elle est une excellente traductrice, encouragez-là si cela n'est pas encore fait ! /u/2551146/LyraParleOr

Bonne lecture à vous qui me suivez...


Chapitre 20

2ème partie

Nous sortîmes de la voiture main dans la main et gagnâmes mon appartement. J'ouvris les fenêtres pour aérer. L'impression de ne pas être venue depuis des lustres persistait dans mon esprit. Edward se précipita dans la cuisine et nous servit un verre d'eau. Il prépara nos café et thé respectifs. Une fois fait, nous nous assîmes sur le canapé et dégustâmes notre collation.

- Il faut que j'appelle Crowley pour discuter du portrait que ta sœur a réalisé, relançai-je la conversation.

- Je peux m'en occuper si tu veux.

L'intonation de sa voix ne laissait pas grande place à la discussion.

- Je vais le faire.

- Isabella.

- Edward.

D'une grâce masculine, il étendit ses jambes lascivement et s'étira en passant ses bras derrière le dossier du sofa.

- Je suppose que je ne peux pas gagner à tous les coups.

- Vous supposez bien Edward Cullen !

Je pivotai mon corps vers lui. Il me semblait plutôt calme ce qui paraissait assez étrange parce que le sujet « Crowley » n'était pas son préféré. Je me collai à lui et il me surprit en passant mes jambes autour de son corps.

Toujours cette maudite position !

- À quoi penses-tu ?

- J'ai quelques flashbacks qui me viennent en mémoire.

- Comme..., m'invita-t-il à poursuivre.

- Ne m'oblige pas à le dire, tu as très bien compris... Manipulateur sexy, baragouinai-je.

Il glissa ses mains sur mes reins, sous mon chemisier et passa ses pouces sur mon ventre. Je me raidis sans le vouloir.

- J'aimerais que tu empaquètes tes affaires en lingerie.

- Aucun moyen pour ça Edward, ris-je.

- Pourquoi pas ?

- Tu veux rester ici jusqu'à demain ? l'interrogeai-je.

Il enleva mes talons bordeaux et ses mains réapparurent. Il les approcha du premier bouton de mon chemisier.

- Ce corsage m'obsède depuis ce matin. Juste celui-ci Isabella. Je te promets que je ne t'enlèverai rien de plus que ça.

- Si j'ai ta permission de faire la même chose sur toi, flanchai-je en essayant de cacher ma joie.

- J'adore négocier avec toi Isabella, déclara-t-il d'un sourire et d'un hochement de tête.

- Je peux ? lui demandai-je avec envie.

Mon cœur s'emballa lorsqu'il emmena ses mains sur mon flanc, prenant soin de détailler le centre de ma poitrine de ses pouces puis fila directement sur mes hanches. Je me retins de suffoquer mais mes seins se rapprochèrent de lui sans que je n'y pense vraiment.

- Edward, rouspétai-je dans un chuchotis.

- Tu sais bien que je ne suis pas fair-play Isabella. Ouvres tes yeux.

La tâche aussi excitante qu'elle pouvait être me demandait une maîtrise totale. Entre son regard et mon envie de lui arracher sa cravate, je me retins un maximum et j'eus l'impression d'aller au-delà de mes réserves psychologiques. Ses doigts s'enfoncèrent sur ma peau et ça n'aida pas non plus. Je tirai sur sa cravate et lorsque sa bouche arriva à ma hauteur, je basculai gentiment son dos contre le sofa. Il râla et j'en profitai pour glisser l'extrémité de sa cravate bleue au milieu de son nœud. Je la lui ôtai en prenant garde de ne pas abîmer la soie de grande qualité. Il loucha sur mon corps le temps que je m'occupe de déboutonner son gilet. Après cela, il se permit de commencer sa tâche et je me retrouvai rapidement en soutien-gorge rouge. Sa respiration prit un rythme différent et la mienne devint perturbée. Le jeu qu'il venait de lancer était autant un enfer pour lui que pour moi. Un enfer d'excitation.

De mes doigts tremblants, je pris le relais alors que son gilet et ma chemise blanche étaient à terre. Je défis la sienne avec un empressement non feint et il gloussa de ma procédure. Evidemment, le but était simplement d'anéantir mes tremblements mais il n'était pas né de la dernière pluie, il savait pertinemment pour quelle raison j'agissais de la sorte. Il passa ensuite mes bras autour de lui et me souleva comme si j'étais une plume. Jamais il ne m'embrassa et jamais il ne poussa ses gestes plus loin. Il s'était simplement autorisé à poser ses mains sur mes fesses et j'étais totalement insatisfaite. Edward aimait attiser l'attention sexuelle et la mienne était à son apogée. Je l'aimais et je le détestais quand il se comportait comme ça.

Il partit en direction de ma chambre et me posa délicatement sur le lit. Puis, il s'éloigna de moi et alors que je pensais qu'il allait me déshabiller, il ouvrit une des portes de mon placard. Par l'enfer...

- Edward, rouspétai-je.

- Ouais ? me répondit-il pas le moins perturbé du monde.

Je vis les muscles de son dos se contracter et Dieu qu'il était beau ! À me brûler les yeux tellement mes pupilles s'asséchèrent de le fixer.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Il leva ses talons pour voir ce qu'il y avait sur l'étagère la plus haute.

- Je cherche un sac. Une poche. N'importe quoi.

Il se retourna vers moi. Je croisai mes bras sous mes seins et ils remontèrent d'eux-mêmes, leur donnant un effet push-up et j'eus l'espoir de l'allumer.

- Tu cherches à détourner mon attention Isabella ?

Je souris en coin sans répondre alors qu'il pivota dos à moi pour cacher sa moue amusée.

- Tu me dis non ? dis-je après avoir analyser ses mots.

- Oui, fit-il.

- Pourquoi pas ?

Je le soupçonnai d'hésiter. Il osa alors un regard vers moi et me détailla comme si j'étais une denrée rare. Sa négation était à la limite de ma vexation mais je savais qu'il cherchait à me rendre folle.

- Parce que je veux te kidnapper.

- Tu l'as déjà fait Edward !

- Pas dans de bonnes conditions. Désormais je le veux pour toi.

- Je n'aime pas que tu me dises non.

Ma voix n'était qu'un chuchotis mais je sus qu'il m'entendit clairement. Pas un bruit ne fit rempart dans la pièce.

- Je dis non maintenant mais lorsque j'aurais mis la main sur toi, tes fringues et ton jouet, je ferais uniquement ce que j'ai envie de faire et crois-moi, tu auras envie de participer.

Ses yeux percèrent mon corps en de multiples points, picotant ma peau.

- Promis ?

- Promis, acquiesça-t-il solennellement.

- Porte de droite, sous la penderie, soufflai-je comme si cela allait aider à calmer mon envie de lui.

Il pivota sur lui-même et sortit une valise. Plus au fond dans le placard, il pêcha quelques autres sacs. Je me contentai de l'admirer. Il détacha soigneusement chaque habit de chaque cintre et les déposa au fond avec soin.

Lorsqu'il trouva ma robe noire, celle dans laquelle il m'avait aperçue pour la toute première fois au Crispín's, il fut captivé par sa découverte. On aurait dit que la mélanger au reste de mes affaires était une option qu'il allait rejeter. Finalement, elle rejoignit la valise avec le reste, mais il fut encore plus méticuleux que pour le reste de mes vêtements. Puis, il saisit ma grande pile de tee-shirts et d'autres hauts.

- Tu aimes t'occuper de tout.

Ma formulation n'était pas une question et après un acquiescement, il reprit sa tâche.

- Est-ce un problème pour toi ? dit-il au bout de quelques secondes.

- J'aimerai une version plus déshabillée de mon gouvernant !

Il secoua sa tête en riant.

- Je te l'ai proposé Isabella, me rappela-t-il.

- Non Edward. Tu as proposé que je me déshabille pour être en lingerie.

- Toi à demi-nue est mon pêché-mignon, m'avoua-t-il.

Il s'approcha alors du lit et défit sa ceinture devant moi. Je ne sus pas vraiment s'il était sérieux ou juste serein. Il enleva ses chaussettes, chaussures et pantalon de costume.

- À toi, m'ordonna-t-il. Je t'ai dit que je ne t'enlèverais rien de plus que ton chemisier avant d'avoir fini ces paquets.

Satisfaite d'avoir son attention, je descendis la fermeture éclair de ma jupe taille haute. Il m'aida tout de même dans la manœuvre et je le basculai sur mon lit. Il m'embrassa et je le maintins contre moi. Il avait mon vêtement dans son poing et paraissait aussi jeune que lorsqu'il était habillé plus simplement. Autant je trouvais l'homme d'affaires intimidant, autant j'adorais l'homme hors job, audacieux.

- Je ne céderai pas Isabella.

- Allez Edward. Vite fait, ris-je.

- C'est ça, vite fait ! se marra-t-il. J'ai compris comment tu t'y prenais pour du vite fait.

- On a du temps devant nous, non ? On ne travaille pas, plaidai-je.

Il prit délicatement ma bouche entre la sienne et croqua mes lèvres envieuses gentiment.

- Tu ne travailles peut-être pas Isabella mais j'ai du boulot qui m'attend.

- Vraiment ? le relâchai-je.

Je m'écartai légèrement de lui.

- Ouais. J'ai quelques coups de fil à passer et je dois caler certaines choses avec Tia. Je vais en avoir pour une partie de l'après-midi.

- Oh, je ne voulais pas te retarder. Je pensais que toi et moi... Je n'ai pas réfléchi.

- C'est une bonne chose que tu oublies de réfléchir. Et... Je sais ce que tu veux bébé. Je vais travailler chez nous alors on sera ensemble. Il fait beau aujourd'hui, peut-être que je pourrais te brancher sur cette idée de bikini, plaisanta-t-il.

Je soupirai délassée et étendis mes bras au-dessus de ma tête contre le matelas. Il plaqua ses mains sur mes flancs et me souleva. Je me redressai contre lui pour m'asseoir sur ses jambes et passai mes mains automatiquement autour de son cou.

- Tu m'aides ?

Il lança un regard vers le placard.

- Ok, m'avouai-je vaincue.

Nous passâmes toute la matinée à remplir de multiples sacs de mes affaires. Nous dépouillâmes ma salle de bain, rendant les choses très réelles. Nous mangeâmes rapidement le midi et je jetai les quelques produits périmés. Pour finir, j'empaquetai les restes du garde-manger pour l'autre appartement. Il ne restait plus que les meubles et pas mal d'affaires sans grand intérêt.

Après une fouille minutieuse, Edward trouva mon vibromasseur et me signifia qu'il le séquestrait. Bien entendu je ne relevais pas parce que la gêne avait tellement paralysé mon corps que je mis bien vingt minutes pour reprendre la parole. Les quelques coups d'œil que j'avais réussi à darder vers son visage m'avait réconfortée en appréciant le fait qu'il ne s'était pas moqué. Non, il avait été carrément stimulé et son boxer avait mis un moment à revenir à la normale. Cette journée était bien un enfer d'excitation pour tous les deux.

Il me posa quelques questions en fonction de quelques trouvailles qu'il fit. Photos, objets ou même d'autres tenues. Il avait une mémoire phénoménale et regonfla mon ego en plus de ma libido en me précisant à quelle occasion il m'avait vue porter telle ou telle fringue. Dire que je n'y avais vu que du feu ces longs mois où nous étions regardés de loin.

Edward était très divertissant dans le sens où sa curiosité était facilement satisfaite. Il n'allait jamais trop loin dans sa quête de vouloir plus de renseignements. Il était aussi loyal envers moi qu'il était respectueux envers ma vie passée, ce qui était très encourageant. Il me demanda si je gardais d'autres souvenirs de ma vie à Seattle et je lui confiai mon album avec ma jeune vie. Il fut étonné en l'ouvrant de ne trouver que quelques paysages et la photo de la maison de mon enfance puis celle dans laquelle nous avons déménagé, beaucoup plus confortable. Il ne trouva aucune photo de mon frère ni de mon père dans cet album mais je supposai que celles au salon et à mon bureau chez Newton avaient déjà assouvi son esprit curieux.

Nous avions tout de même baptisé ma nouvelle-ancienne chambre et je n'avais pas eu à insister du tout. J'imaginais qu'il en avait eu assez de jouer à se chercher.

Après avoir pris plus que l'essentiel, nous portâmes l'ensemble jusqu'à ma Chevrolet. Mon camion se révéla un excellent moyen de déménager puisqu'Edward n'avait en aucun cas mandaté une société de déménagement.

- Tu peux te parquer sur ma place de parking, je garerai ma voiture à l'extérieur, d'accord ?

- Ok, répondis-je.

- Ça va aller pour rentrer ?

Il toucha ma joue de la paume de sa main puis enleva une mèche de cheveux près de mon visage et la passa derrière mon épaule gauche.

- Oui, j'ai bien retenu la route. Tu comptais me semer pour me tester ?

Les Chiennes retrouvent toujours leur maître ! pensai-je de façon morne. Lauren l'avait fait. Et moi, j'allais balancer du poison caché dans des boulettes de viande jusqu'à chez lui au cas où d'autres s'approcheraient de trop près...

- Sûrement pas. Tu es sûre de toi pas vrai ?

J'opinai du chef toujours autant hypnotisée et il me sourit amoureusement.

- Je t'ai dit qu'une fois que je prenais ma décision, je n'arrivai pas à y revenir dessus. Je suis sûre de moi.

- On y va alors ?

Il me présenta sa main et j'entrelaçai nos doigts ensemble. Il m'embrassa furtivement devant la porte. Il portait un dernier sac, sac qu'il avait gardé dans un coin depuis cet après-midi. Je savais très bien ce qu'il cachait à l'intérieur et j'eus envie de rire rien qu'en le voyant procéder. C'était à la fois sexy, dominant et aphrodisiaque.

- Tu es un collectionneur en plus d'être un fétichiste de poignets.

- Oh mais ne t'inquiète pas, je te rendrais tout au fur et à mesure.

- Qu'en est-il du soutien-gorge que tu m'as dérobé à San José ?

- Tu es aussi futée que tu es belle. Ça me joue des tours !

Il cajola la pommette de ma joue droite et j'aurais pu me vanter de l'avoir pris par surprise si ma volière ne s'était pas mise à me secouer à ce moment-là.

- Je t'aime Edward, dis-je en collant ma tête contre son torse.

Il appuya son menton sur ma tête.

- Moi aussi bébé. Je suis content que tu veuilles rester avec moi.

- Tu veux dire, malgré toutes tes petites manies.

Ses pectoraux remuèrent un petit peu.

- Oui Isabella, malgré ça, ricana-t-il. Je suis tellement amoureux de toi que j'en suis pathétique.

Je relevai ma tête, posant mon menton sur son torse. Il était si grand par rapport à moi. Je me détachai de lui pour pouvoir appréhender les expressions de son visage.

- Pas du tout.

- Heureusement que Dém ne me voit pas, j'en pendrais pour dix ans !

- Je n'ai pas dit que je ne raconterai rien à Kate ! lui balançai-je en m'enfuyant en courant.

Bien sûr il me rattrapa et ce fut sur cette bonne humeur que nous rejoignîmes l'appartement. Je me garai sur sa place tandis que lui se parqua quelque part à l'extérieur. Après qu'il m'ait rejoint, nous déchargeâmes la caisse de ma Chevrolet en effectuant des allers retours entre l'appartement et le parking.

- Je vais bouger ma voiture pour que tu reprennes ta place.

- On verra ça plus tard.

Il prit ma main et nous remontâmes avec mes dernières affaires. Je commençai à ressentir les premiers signes de fatigue et tus tant bien que mal un bâillement. Je regardai mon téléphone et vis qu'il était déjà seize heures quinze.

- Pourquoi n'irais-tu pas te reposer un moment pendant que je travaille ? Tu as l'air fatigué.

- Mhum, répondis-je simplement.

Je l'embrassai et rejoignis le lit. Je m'endormis vite après et ne me réveillai qu'une heure plus tard. Seule et un peu vaseuse. J'allai me rafraîchir dans la salle de bain appréciant le calme qu'offrait cet appartement. C'était vraiment reposant.

Après avoir enfilé une jupe légère et un débardeur, je décidai d'appeler Tyler Crowley.

- Crowley.

- Bonjour Monsieur Crowley. C'est Isabella Swan.

- Isabella, combien de fois vais-je devoir vous demander de m'appeler par mon prénom ?

- Jusqu'à votre dernier souffle, lui répondis-je du tac au tac amusée.

- Vous allez pouvoir attendre un moment. J'ai pas mal de ressources, rit-il. Que me vaut le plaisir de votre appel Très Chère ?

- Est-ce qu'il serait possible de vous rencontrer ? Ce n'est pas vraiment urgent mais...

- Encore un problème avec Uley ? me coupa-t-il.

- Non rien ne concerne Equador. C'est personnel Monsieur, dis-je évasive.

- Dix-neuf heures trente à mon bureau, me notifia-t-il. Mon assistante avertira la réception.

- Euh… Très bien, merci Monsieur. Je vous dis à tout à l'heure.

- À tout l'heure Isabella.

Je raccrochai et me laissai tomber dos sur la couette, réfléchissant à la réaction de Crowley trop avenante et surtout à comment j'allais pouvoir récupérer le dessin. Comment allais-je amener le sujet ?

Je me levai d'un bond et traversai l'appartement pour arriver jusqu'à la porte du bureau. Je tapai deux coups brefs et distincts et Edward m'ouvrit la porte instantanément, me surprenant. Il me sourit, son téléphone vissé à l'oreille. Il tendit sa main gauche pour que je me tienne près de lui. Il avança vers le Chesterfield et je me laissai aller contre le dossier douillet.

- Je ne sais pas trop combien tout ça va durer, finit-il. Je te tiens au courant... hum oui... Aujourd'hui, ça nous a pris toute la journée. Isabella a beaucoup d'affaires.

Il me fit un clin d'œil et je pinçai sa cuisse dure comme la pierre. Il avait quitté son costume pour un jean bleu, détonant totalement avec la pièce au style merveilleusement noble. Détendue, je posai ma tête sur ses jambes et m'allongeai de tout mon long sur l'assise large, prenant garde à ne pas laisser mes chaussures abîmer le cuir bleu.

- Peut-être que nous viendrons à l'occasion. Je lui demanderai mais pour l'instant… On verra maman, ok ?

Edward continua quelques minutes sa conversation avec sa mère tout en peignant mes cheveux avec une douceur telle que je manquai de me rendormir. Le plafond lumineux apparaissait immense et je détaillai l'environnement dans lequel je me trouvai.

- Tu t'es bien reposée ? me demanda-t-il après avoir coupé la communication.

- Très bien merci. Comment va ta mère ?

- Elle ne parle que de te rencontrer. Je la tiens à l'écart mais je ne sais pas pour combien de temps encore, rit-il. Elle est pugnace !

- Je sais d'où tu tiens ça alors ! le charriai-je.

- Bree me surpasse. Tu as pu le constater.

- Elle a des choses à m'apprendre pour tenir tête à son frère obstiné !

- Je ne pense pas que tu aies besoin d'apprendre de qui que ce soit Isabella. Tu me décodes mieux que quiconque.

- Pas la peine de me flatter, je continuerai de coucher avec toi Edward ! roulai-je des yeux.

Il pencha la tête en arrière sourire aux lèvres et j'eus envie de croquer son menton, lécher son cou et dévorer son oreille droite, dans cet ordre.

Edward resta dans sa paresse jusqu'à ce qu'il passe sa main sur son visage et je supposai de là où j'étais, qu'il frottait ses yeux pour se vivifier. Mes billes ouvertes décortiquaient chacun de ses gestes. C'était si tentant de l'admirer. Je me doutais qu'il le voyait mais j'en avais fini des regards à sauvette chez Newton avant que nous sortions ensemble.

- Est-ce que tu veux que je te laisse pour que tu continues de travailler ?

- Tu peux rester ici. Tu ne me déranges pas, ça me plaît assez de bosser avec toi à mes côtés.

- Edward. Nous n'en avons pas encore parlé mais le dossier Equador est bientôt terminé. Tyler Crowley ne prendra peut-être pas sa décision dans la minute concernant ce rachat mais on ne pourra pas prétexter que nous avons du travail à faire ensemble éternellement.

- J'y ai pensé, dit-il d'une voix terne. Travailler avec d'autres personnes est un challenge pour moi. Je ne supporte pas avoir quelqu'un dans mes pattes.

- Pourtant tu as Tia.

- Elle est très autonome. Je ne pense pas être un mauvais patron mais je ne préfère pas m'occuper des broutilles. Tia le fait pour moi d'instinct et c'est un travail qui lui plaît.

Je hochai la tête mais ne compris pas exactement ce qu'il essayait de me dire.

- Je t'ai perdue pas vrai ?

- Totalement.

- Viens, je vais te montrer.

Je me dégageai de ses jambes et il se leva. Il alla jusqu'à son bureau et s'assit dans son fauteuil.

- Viens bébé, m'appela-t-il distraitement.

Mon cœur bondit dans ma cage thoracique et je le dévisageai, debout entre son bureau et le canapé, alors qu'il était concentré à dégager quelques dossiers pour faire place nette. Bizarrement, la vision qu'il m'offrait se bloqua dans mon esprit et ma volière se déplaça comme si elle était en alerte. Pourtant rien n'était sexuel dans sa façon de se comporter. Mais au fur et à mesure que les secondes passèrent, je me rendis compte que la dernière chose que je ne connaissais pas réellement était le PDG devant moi. Celui qui exerçait son pouvoir.

La tenue ne correspondait pas mais l'attitude était là. Il déplaça les portes coulissantes en bois massif derrière lui et je découvris l'écran d'un Mac imposant. Il fit glisser la tablette avec le clavier devant lui et je fus impressionnée par tout l'attirail technologique que le semblant de bibliothèque rustique cachait.

L'écran d'accueil afficha une page au logo de E. C. Consulting, Inc. puis disparut pour laisser place à une carte des Etats Unis. Il développa diverses applications pour je puisse me repérer correctement en intégrant quelques détails géographiques sans rendre la carte illisible. Il se retourna vers moi et tendit un bras pour que je vienne m'asseoir près de lui. Il se recula légèrement et posa ses mains sur mes hanches pour m'installer sur sa cuisse gauche, mes deux jambes au milieu des siennes. Encerclé par ses bras, je respirai avec plaisir son effluve typiquement chaude et l'admirai pianoter sur son clavier et sa souris.

- Es-tu prête à écouter mes explications assommantes ?

Son regard fixé sur l'écran, il semblait être dans un état presque second, comme si ses actes lui demandaient de ne pas se laisser distraire par ma présence.

- Plus que motivée, répondis-je en demandant mentalement à mon cœur de ralentir le rythme.

Il passa une main dans ses cheveux et tenta de desserrer le col de son tee-shirt blanc.

- Alors voilà le topo. À l'Onyx, tu as pu constater que je ne bossais qu'avec Tia.

- En effet.

- En vérité, j'emploie quelques personnes. J'ai une succursale dans chaque état des Etats-Unis. Grosso modo ce que je fais à petite échelle à New York et Boston, mes employés font la même chose dans leur propre zone. Sauf que dans chaque état, des gens peuvent intervenir dans n'importe quel secteur d'activités. Nous proposons des séminaires à la carte, des études personnalisées qui peuvent aller de la gestion de patrimoine à l'étude de marchés d'un équipement d'hôpital par exemple. Ma société ne s'arrête pas à un seul domaine de compétences. Je brasse à peu près tout.

Il cliqua avec sa souris sur quelques options et des croix bleues s'affichèrent un peu partout. Quant à moi, j'analysai la qualité des données à assimiler.

- Voici mon équipe. Toujours des jeunes diplômés ou presque et motivés avec un curriculum vitae neutre. Ces gens sont souvent très bien formés dans les universités. Leur passeport pour rentrer dans E. C. Consulting, Inc. est de proposer une étude dans le secteur qu'il souhaite en parallèle à son cursus universitaire. Hiérarchiquement, c'est l'employé qui est le plus proche qui chapote l'embauche. C'est un effet boule de neige.

- Je vois. C'est une gestion différente de ce que je connais.

- Je sais. Quand j'ai développé ce projet, un de mes profs à Columbia m'a dit que cela n'allait jamais marcher parce que chacun doit se gérer ou en gérer d'autres. Tout repose sur la confiance. Mes employés ont un objectif à atteindre et doivent s'y tenir. Si ça merde, le gars est viré. C'est assez rare. Je suppose que la récompense salariale est un bon remède.

- Combien de personnes travaillent pour toi ?

- Nous sommes un peu plus de quatre cents.

Je clignai des yeux, abasourdie. Muette et étourdie.

- Ce n'est pas si énorme, minimisa-t-il son parcours invraisemblable. Mon père avait un ratio de rentabilité à peine inférieur au mien à mon âge. Pour son époque, c'était excellent. Je suis en dessous de l'objectif que je m'étais fixé. Il est vraiment très très bon en affaires.

J'entourai mon bras droit autour de son cou et il porta à nouveau son regard sur moi.

- Qu'est-ce qu'il y a Isabella ?

J'hésitai à en dire un peu plus et il me fit un signe de tête pour m'engager à continuer.

- Est-ce que ton père t'a lancé un défi ?

Il soupira et pencha sa tête sur le côté, impatient ou bien excédé que je décompose tout ceci rapidement.

- Isabella, c'est là tout la signification du pouvoir au mérite.

Je hochai la tête pensive.

- Tu dois apporter la preuve que ton entreprise est quoi ? Rentable ? Stable ?

- En réalité, mon père est toujours resté évasif sur la marche à suivre mais je pense que je devais être simplement capable d'être à la tête de sa société sans que tout n'arrive tout cuit. Tu vois ce que je veux dire ?

- Tu es très brillant, ne pus-je m'empêcher de lui dire.

- Peut-être, je ne sais pas.

- Tu as été conditionné pour reprendre l'entreprise familiale. Cela semble un peu désaxé de te dire ça comme ça mais d'un point de vue extérieur, je pense que tu es fait pour ce métier.

- Ce que je fais me plaît et c'est vrai que j'ai toujours été admiratif du travail de mon père. Mais entre lui et moi, ce n'est pas forcément de bonne guerre. Un des pôles du groupe s'occupe de la partie conseil et je… Ma société est en concurrence directe avec la sienne.

Mes lèvres se soudèrent et je ne pus empêcher mes yeux se remplir de larmes tellement je me retenais de rire.

- Tu peux te moquer Isabella, fit-il en roulant des yeux.

- Désolée, répondis-je en me contenant.

Il essuya mes larmes qui coulaient d'elles-mêmes.

- Donc tu saccages le boulot de ton père par provocation et tu lui voles ses clients.

- Non, pas directement, se marra-t-il. Je ne suis qu'une goutte d'eau par rapport à son groupe. Mais on va dire que je rivalise sur quelques-uns.

- Et ton père doit extrêmement bien le prendre je suppose !

Il grimaça.

- Tu ne crois pas si bien dire. En tout cas c'est un bon divertissement pour ma mère et ma sœur. Elles pensent que si mon père voulait jouer et bien, j'ai su lui rendre la monnaie de sa pièce !

- Tu manigances contre ton père, souris-je.

Il haussa les épaules et porta attention à l'écran face à nous.

- Voici les clients que j'ai enlevé à la C.C. Group, reprit-il en me faisant apparaitre des milliers de points rouges sur la carte et voici les miens en tout et pour tout, continua-t-il en faisant apparaitre encore plus de cibles. Chacun de mes employés a un avantage salarial s'il arrive à lui retirer un client potentiel. Mais avant cela, il faut découvrir qui sont ses clients. Tu te rappelles, je n'ai jamais eu accès aux locaux de la boite de mon père. Avant que tu ne dises quoi que ce soit, tu peux te rendre compte que je joue la partie à la loyale !

C'était un jeu pour lui !

- Vous êtes aussi diaboliques l'un que l'autre !

Il sourit.

- Sûrement. N'oublie pas Newton est également de la partie puisque l'un dans l'autre nous proposons des prestations équivalentes dans certains domaines. Evidemment comme je travaillais pour Newton, je ne l'ai jamais concurrencé sur ses propres dossiers.

- Donc mon boss chiffonne ton père. C'est intéressant ça !

- Isabella, mon père est le tout puissant ! Ni Newton ni moi ne faisons peur à Carlisle Cullen.

- En tout cas, ton père me paraît très intimidant.

- Je comprends. Mon petit jeu contre lui s'arrêtera si je le rejoins dans la C.C. Group.

- Que se passera-t-il alors ? Je veux dire… si c'est ce que tu décides, que va devenir ton entreprise.

- Le pôle « Consulting » sera très certainement fusionné et quelqu'un le gèrera. Mon père ne s'y opposera pas puisqu'il trouve que mon concept est, je cite « avant-gardiste ».

Il secoua la tête pour me signifier sa modestie.

- Je suis impressionnée.

- J'ai eu du temps pour préparer cela, toutes mes études à vrai dire.

- Et Alec dans tout ça ?

Ses yeux tranquilles jusqu'à présent, se réveillèrent sous mes paroles et le nom d'Alec transforma son attitude avec une mine chagrinée. Il le cachait mais je vis à cette seconde-là à quel point son amitié vacillante lui faisait de la peine.

- Le fait que nous nous associons ?

- Oui.

- Isabella, cela n'a jamais été un souhait de ma part. Notamment parce que nous nous entendions bien et je ne voulais sûrement pas avoir à débattre de quoi que ce soit. Et puis principalement parce que je ne supporte pas de travailler avec qui que ce soit mis à part toi et Tia.

- Il n'a jamais été une option alors ?

- Non, me répondit-il sereinement. J'ai essayé de lui faire comprendre en douceur. La question ne se pose vraiment plus au vu des derniers événements. Tu vois, tout ça est vraiment très chiant !

- Au contraire Edward, je suis fascinée. Tu es fascinant.

- Ça donne une autre dimension à l'éternel « Sexy manipulateur », rit-il à basculant complètement contre le dossier de son siège en cuir noir, m'amenant contre lui.

Ma main gauche se faufila sur son torse.

- Ça ne change rien à tes manies, développai-je en lui faisant un baiser dans le cou. Donc après le vol de soutien-gorge, tu appauvris ton père.

- C'est ça, rigola-t-il. J'avoue que c'est assez drôle ! Il est comme dément par moments et je reçois des mails où il est fou de rage. C'est déjà arrivé qu'il m'annonce lui-même que ma société a décroché un contrat juteux sur lequel il était en lice. Il ne s'occupe pas personnellement de ce genre de dossiers mais je suppose que les types qui bossent pour lui le tiennent au courant de ce que ma société fait. Si ça se trouve il a même une équipe dédiée à ça !

Il ricana à sa réflexion.

- Et toi ?

- Moi ?

- Oui, toi. Comment tu te sens par rapport à tout ça, osai-je.

- Je ne sais pas... J'aime ma boite et j'aime bien travailler avec toi, insista-t-il. Surtout lorsque tu as tes jolies lunettes.

Je ris flattée qu'il revienne dessus. Idiote.

- En parlant de travailler je vais te laisser continuer. Je ne veux pas que tu prennes plus de retard pour t'enrichir, ironisai-je.

- Peut-être que tu pourrais rester ici un moment alors ? dit-il en remontant sa main droite entre mes cuisses.

Je papillonnai des yeux alors qu'il continua son ascension. Il écarta mon corps du sien et embrassa ma gorge. Instinctivement, ma tête tomba en arrière pour lui laisser un accès plus large. Sa main droite remonta puis atteignit mon sein. Il lui prodigua des caresses à travers les couches de tissus. Je grognai intérieurement de frustration parce que je voulais être plus près de lui. Être touchée par Edward était d'une certaine façon, développer une grande gourmandise. Il était expert dans l'art des préliminaires et honnêtement, je n'y prenais vraiment goût qu'avec lui. Je n'avais jamais éprouvé autant de plaisir qu'avec lui. C'était tout le temps exquis. Les paumes de ses mains me cajolèrent avec sensualité sur mon débardeur trop épais. Il passa sous ma cuisse et remonta largement jusqu'à mes fesses et je me soulevai à peine pour qu'il obtienne les gestes qu'il avait certainement développés dans sa tête. Il passa mes deux jambes sur les siennes et j'étais allongée dans ses bras, à la verticale de son corps.

Il se souleva en passant ses mains sous mes jambes et me prit dans ses bras pour s'assoir sur le canapé. Il enleva mon débardeur et mon soutien-gorge et me mît à sa hauteur pour s'amuser avec ma poitrine. Il prit mes seins en coupe et glissa sa langue entre les deux. Je me débattais avec moi-même pour garder une certaine hauteur mais mes muscles avaient envie de se relâcher tellement mes jambes tremblaient. Je posai mes mains derrière sa tête, dans ses cheveux, sentant à travers lui chaque coup de langue, chaque baiser, chaque toucher de son petit nez sur ma peau nue.

Ses mains descendirent dans mon dos et recouvrirent mes fesses sur ma jupe. Je posai mes coudes sur ses épaules pour être plus proche de lui, écrasant les tétons contre ses pectoraux. Il fit glisser la fermeture de ma jupe et la baissa, entraînant mon shorty avec elle. Il m'allongea délicatement sur l'assise du canapé et j'aperçus mes seins mouillés par ses jeux sensuels.

- Tu es fascinant, lui souris-je alors qu'il enlevait son tee-shirt depuis l'arrière de sa tête.

Charmant prenait son temps pour m'admirer et je me délectai de son striptease improvisé. Il était d'un calme olympien mais mon phare le trahissait. Tout à fait fascinant.

- Fais attention, tu es en train de m'enlever les anciennes étiquettes.

- Rien ne change vraiment Edward. Ce n'est pas parce que tu es plus puissant que Crowley que tu seras toujours tout seul en compétition, le taquinai-je.

Il déboutonna son jean et s'en extirpa avec, à nouveau, cette grâce masculine signée Cullen.

- Au diable Casse-Noisette et Crowley. Aucun des deux n'a droit à la pose que tu es joliment en train de m'offrir.

Il plongea sur moi lentement et ses lèvres se fondirent sur la peau de mon ventre. J'étais tellement brûlante que j'eus envie que sa bouche me transperce. Le sexe avec Edward me donnait exceptionnellement envie d'en avoir plus. Découvrir comment il me voulait et comment je pouvais l'avoir. Le laisser m'entraîner dans le charnel. Cela n'était plus exceptionnel, l'avoir en moi devenait nécessaire. Expérimenter, consommer, exploser. Tout ça je ne le voulais qu'avec lui. Tout. Avec Charmant.

- J'ai l'exclusivité, affirma-t-il. Pour toujours.

Il remonta sur ma bouche et fit passer ma cuisse gauche au-dessus de sa fesse droite. Il flotta sur moi. Le pic vert tapa sur ma tête avec une force maîtresse. Il m'imposa son rythme avec des plus, plus, plus, plus, plus... Je me sentis partir. Le voluptueux, le nuageux tout ça je le voulais tellement et à chaque fois, je savais que c'était encore mieux.

- Pour toujours, fit-il en se relevant.

J'ouvris mes yeux lascivement et il me dédia un sourire provocant en raison de mon état de prémices à l'extase. Ma main trouva la force de passer dans ses cheveux et tirer dessus sans lui faire mal pour qu'il arrête sa moquerie. Je lui souris, arrivant à sortir de mon trouble.

- Si tu veux me garder, tu n'as qu'à me le prouver.

Je bloquai l'air dans mes poumons lorsqu'il écarta mes cuisses en les soulevant à deux mains sans geste brusque. Il mordit sa lèvre et se releva à peine, m'offrant la vision de son sexe bandé. Il relâcha sa lèvre et je m'aperçus que sa poitrine se soulevait de façon désordonnée. Il ne détacha pas ses yeux des miens et sa façon de me prendre au piège fit sonner une alarme qui atteignit mon seuil maximal d'excitation. J'appréhendais même de continuer. L'attente était insoutenable et son jeu me fit frissonner dans ses bras.

Il se baissa ensuite avec une lenteur qui m'obligea à garder les yeux ouverts, complètement obnubilée par ce qu'il allait faire. Au fond de moi, je le savais et bon sang que c'était étrangement difficile de ne pas lui demander de passer à la vitesse supérieure. Lorsque son sexe arriva au niveau de mon centre nerveux, la tête me tourna et je me demandai comment ce faisait-il que je n'aie pas encore perdu connaissance. Son sexe me caressa pour me préparer à plus et je déglutis pour casser ma respiration désordonnée. Mes poumons relâchèrent l'air à petite dose parce que me laisser aller m'aurait immédiatement fait jouir. J'avais du mal à résister. Son regard bloqué sur moi m'empêchait de l'espionner. Mon phare était son arme. Son sexe était son énergie cinétique. Je voulais être son aimant magnétique pour toujours.

Au bout de quelques instants interminables, il dévora ma gorge puis prit ma nuque dans ses mains alors que je caressai son corps si proche de moi et pas suffisamment à la fois. Ses baisers prirent la route de ma mâchoire et il termina sur ma bouche. Il était si alerte dans sa façon de composer avec moi mais lui comme moi voulions vraiment atteindre la ligne d'arrivée. Se toucher était bon mais jouir était définitivement aller dans son royaume. Charmant. Charmant. Charmant.

- Est-ce que c'est un bon début de preuve ? sourit-il contre ma peau.

- Fascinant, lui dis-je en mordillant sa lèvre. Brillant, continuai-je en agrippant ses fesses dans mes mains. Manipulant, finis-je en passant mes jambes autour de lui réclamant implicitement la suite.

Il s'ajusta aisément puis entra en moi embrasant les parois de mon vagin. Vicieuse au possible, j'intimai un mouvement de hanches vif et il accéléra la cadence sans que cela ne lui demande le moindre effort. Au début...

Notre danse dura de longues minutes et mon souffle augmenta dans le tempo de mes gémissements. Lorsqu'il noua nos mains ensemble au-dessus de ma tête, je compris qu'il était proche. Aussi proche que je pouvais l'être. Je mémorisai ses muscles devant moi qui se tendaient à chaque coup de rein et je pris conscience à cet instant-là que je me concentrai plus sur son propre plaisir que sur le mien. C'était du sexe doux et j'aimais le fait qu'il me parle avec des gestes. La communication était sincèrement symbiotique. J'adorais tellement cela. Ça amplifia complètement le fait qu'il m'apparaissait comme un être à part entière. Nos esprits connectés. Nos déhanchés combinés. Nos centres imbriqués.

Lorsqu'enfin il me propulsa au summum de mon plaisir, j'oubliai tout. Je le sentis encore mieux lorsque qu'il écrasa mes mains avec force et les colla au canapé. Il se libérera à l'intérieur de moi et présomptueusement, je voulais le garder pour moi dans cette position quelques heures supplémentaires.

- Est-ce que la preuve tenait la route ? m'interrogea-t-il essoufflé.

Il me relâcha et je pris son visage entre mes mains. Je passai mes pouces sur ses sourcils parfaitement dessinés sur son visage bienheureux et enlevai quelques gouttes de l'énergie transformée sous l'effort de notre ébat.

- Tu te bonifies avec le temps ou tu as tout donné sur un seul coup ? ris-je.

Il éclata de rire.

- Il va falloir que tu me gardes pour le savoir.

Il se dégagea de l'intérieur de mon corps et je me décalai pour qu'il puisse s'allonger à mes côtés.

- C'est stupide de ma part de dire que c'est encore mieux à chaque fois. Même si la première était spéciale… Vraiment très spéciale.

- Ce n'est pas stupide, dit-il en s'installant correctement en passant un bras derrière ma tête pour me caler contre son thorax. C'est aussi ce que je pense.

Il passa une mèche derrière mon oreille gauche et refit ce geste plusieurs fois, peignant mes cheveux. Nous ne nous dîmes rien pendant un long moment, nous contentant de nous sourire et de nous regarder. Il m'embrassa une fois de ses lèvres pleines de tendresse mais qui ne semblaient pas vouloir s'éloigner de moi.

- J'aime bien quand tu viens me voir dans cette pièce.

- Parce que tu aimes me raconter ta vie de dictat de PDG ? continuai-je à le bousculer gentiment.

- Non Isabella. Quoique je pourrais. Tu aimerais ? Isabella, apportez-moi le dossier X et n'oubliez pas vos lunettes et votre bikini blanc ! entra-t-il facilement dans le jeu.

- Merci Monsieur Fantasmes, le message est passé !

J'étirai mes lèvres.

- Isabella, tu me demandes, je te réponds. Je n'aime pas forcément raconter ma vie professionnelle mais je n'ai pas le choix si je veux que tu prennes en compte toutes les possibilités pour décider de notre sort. Même si tu ne te sens pas à l'aise avec l'idée d'une vie différente avec la C.C. Group, je veux que tu saches que je ne suis pas malheureux avec ce que j'ai déjà construit.

Il posa son index sur ma joue et descendit sur mon menton pour relever mon visage que j'avais baissé involontairement.

- Edward, je ne prendrai jamais une décision pour toi, lâchai-je honnêtement.

Il médita mes paroles en silence. Il n'y avait pas de malaise entre nous. Enfin c'était ce qu'il me semblait mais je voulais éclaircir la chose. J'espérais qu'il n'était pas vexé et quoi qu'il en dise, à certains moments je n'arrivais pas tout à fait à décoder ses expressions.

- En y réfléchissant bien, repris-je, le fait que nous soyons ensemble depuis peu n'y est pour rien. Je pense que je n'interférai pas entre toi et ton père pour la simple raison que cela ne me regarde absolument pas.

- Mais ce sera aussi ta vie, enfin... si tu le veux toujours, hésita-t-il.

- Edward, quelle que soit ta décision, je te suivrai, soupirai-je en regardant mon nouveau bracelet qui flottait près de son corps.

- Vraiment ?

- Bien sûr, lui souris-je. Je veux voir si tu vas t'améliorer dans le temps ou si tu as tout donné cet après-midi !

Il écrasa son dos contre le cuir bleu, m'emportant dans sa position, sa main sur ma fesse.

- Isabella, autant te dire que j'espère ne pas te décevoir. Ça vaut pour le sexe comme pour notre vie.

- Je ne pense pas que tu me déçoives un jour. Je t'aime Edward et puisque que c'est réciproque, je pense que ça ira pour nous, poursuivis-je presque timidement.

- Je t'aime aussi Isabella. Je ne pourrais pas m'en remettre si... si tu me quittais à cause de mauvaises décisions que je pourrais prendre.

- Je te fais confiance Edward. Bien plus qu'à qui que ce soit. Ce ne sont pas des paroles en l'air. Je te le promets.

Nous nous dévisageâmes un instant plus admiratifs l'un de l'autre que complices. Il finit par remontrer ses doigts de mon dos à ma nuque, non sans masquer la dominance de sa prise sur mon corps. Je ne pouvais plus vivre sans sa peau contre moi. J'étais totalement accro.

- Est-ce qu'on pourra discuter des toutes les options ensemble ? Je ne veux pas que tu sois inquiète ou que cela te semble flou, tu vois ce que je veux dire ?

- Je ne changerai pas d'avis.

- Tu es si juste bébé, fit-il en soulevant sa tête pour atteindre ma bouche. Si réfléchie.

- On pourra toujours négocier Edward ! Je n'ai pas dit que je te laisserai tout faire de moi.

- Et persévérante ! me taquina-t-il. Toujours ces satanées négociations !

- À prendre ou à laisser Cullen !

Il m'embrassa rapidement et laissa retomber l'arrière de son crâne contre le cuir chaud au contact de notre corps à corps.

- Comme si je pouvais être en mesure de reconsidérer le fait que ton vibromasseur et toi vous partiez d'ici !

Je ris et descendis ma main le long de son torse pour atteindre son bas-ventre jusqu'à ce que je m'engage plus au sud. Ses paupières papillonnèrent une demi-seconde et je me sentis fière intérieurement de voir l'effet que je pouvais avoir sur lui. Si invraisemblable.

- Est-ce toujours l'heure des négociations ? J'ai quelque chose à te dire et à te demander.

Sa respiration s'accéléra et sa main gauche serra mon bassin au niveau de mon rein droit. Je vis une nouvelle lueur dans ses yeux alors que je le caressai pour essayer de lui donner du plaisir. Et accessoirement pour l'amadouer. J'étais grillée.

- Tu me touches pour monnayer quelque chose, murmura-t-il lucide dans le début de son abandon.

- J'ai rendez-vous avec Crowley ce soir au sujet du dessin. Est-ce que je peux prendre ta voiture ? lui demandai-je en essayant d'avancer mes pions à sa manière.

Sa tête bascula plus en arrière et il gémit passionnément, s'emportant avec émotion. J'interprétai cela par une réponse positive et je redoublai d'ardeur pour envoyer Charmant, exceptionnellement seul dans son royaume.

Je ne sus pas vraiment si j'avais gagné une manche ou si je venais de faire un compromis mais lorsqu'un peu plus tard j'embrassai Edward avec sa litanie de recommandations près de son 4x4 à l'extérieur de la résidence, il m'ordonna de répondre à l'intégralité de ses messages et appels. Tellement exigeant.

J'acquiesçai parce qu'il ne me laissait pas d'autres choix possibles que de faire ce qu'il me demandait. Il était d'une telle autorité parfois. Il ne me lâcha qu'après mon accord verbal et me donna pour la seconde fois de la journée les clés de sa voiture. Ça, ma voiture ou le métro, je supposai qu'il n'avait pas eu longtemps à réfléchir. Je savais qu'il stressait de me laisser partir à l'aventure avec la tarée qui traînait peut-être dans les parages mais j'avais obtenu un droit de veto concernant sa non-présence à mon rendez-vous. Crowley était dans le même panier que Casse-Noisette pour lui et il n'y avait aucun moyen pour que j'arrive à lui faire voir les choses autrement.

Mon dessin dans une enveloppe sur le siège passager, j'analysai la situation et priai pour que Crowley accepte que je fasse pression sur Uley pour qu'il m'apporte son aide. Et alors que je m'éloignai de mon nouveau chez-moi, je n'avais qu'une envie. Rebrousser chemin.


Passez un excellent WE. Merci d'avance pour vos reviews.

Pleins de bises.

Tess