L'oublier? Jamais!
Résumé du chapitre précédent :
Après avoir constaté la disparition subite de Frodon et de Boromir, tout le monde s'inquiète, et les quatre hobbits partent à la recherche de leur ami, provoquant la séparation de la Communauté. Sarah se rend compte, trop tard, que cet événement correspond à ce que sa vision avait voulu lui montrer. Sur le chemin de la rivière, elle est blessée par un Ourouk-hai, mais se bat fougueusement et le tue. Poursuivant sa course vers le rivage, elle arrive pour voir la barque transportant Frodon et Sam s'éloigner déjà sur l'eau. Elle supplie Frodon de revenir, mais ce dernier, quoique bouleversé, ne se retourne pas. Frodon et Sarah se reverront-ils un jour?
Au bord du fleuve Anduin, là où les eaux tombaient en un fracas assourdissant quelques mètres plus bas, formant les chutes du Rauros, ce n'était que silence. En montant une pente, une grande bataille se livrait, mais sur le rivage, seul le bruit de l'eau se faisait entendre. Pourtant, l'endroit n'était pas désert et l'atomosphère était lourde, comme si une grande tragédie venait d'avoir lieu. Dans l'eau peu profonde du rivage, une silhouette était recroquevillée. Chaque pose, chaque geste de son corps évoquait le désespoir.
C'était une hobbite blessée, blessée physiquement et moralement. Ses longs cheveux noirs, qui devaient être beaux et brillants, était mouillés, sales et imbibés de sang. Dans ce silence elle avait l'air morte, si ce n'est des tressaillements qui l'agitaient de temps en temps. Sarah était déterminée à suivre Frodon, à le retrouver, à le voir de nouveau en chair et en os et pas seulement dans ses souvenirs. S'ils s'en allaient tous vers la mort, tant pis, elle le suivrait. Mais elle se sentait engourdie et ne pouvait pas bouger. Elle ne savait pas quelle heure il était, elle ne savait pas combien de temps était-elle restée ainsi. Alors qu'elle s'enfonçait peu à peu dans l'inconscience, un grand bruit la ramena à la réalité. C'était le bruit d'un cor. Il résonna encore trois fois, puissant, appelant. Pour elle, c'était comme le cri déchirant qu'elle voulait pousser, un écho à son propre désespoir. Le cor résonna encore une ou deux fois, puis se tut.
La hobbite, faisant une grimace de douleur, réussit à se mettre à genoux dans l'eau froide. Elle tremblait de froid et d'égarement, mais son âme était animé d'un feu ardent. Ignorant la douleur dans son dos, elle nettoya la profonde blessure sur son front avec l'eau de la rivière. Ensuite, elle arriva à se mettre debout en gémissant, puis à faire quelques pas, tel un enfant qui apprenait à marcher.
Chancelante, elle prit appui contre une barque, respirant par saccades, une main à son dos. Elle sentit une sueur froide sur son corps, mais n'abandonna pas la lutte pour autant. Après s'être reposée quelques secondes, elle poussa la barque dans l'eau. Elle dut marquer une autre pause ; ses jambes voulaient juste céder sous elle, mais elle ne le permettait pas. Au prix d'un effort surhumain, elle réussit à se hisser sur le rebord de la barque, puis se laissa rouler à l'intérieur en poussant un grognement de douleur. Luttant pour se mettre en position assise, sa main légèrement tremblante s'empara de la rame.
Cela faisait maintenant une quinzaine de minutes que Frodon marchait devant lui, ne regardant même pas où il posait les pieds. Il faillit rentrer dans un rocher, si ce n'est Sam qui le tira en arrière à temps. Désorienté et fatigué, il s'assit sur le sol en soupirant. Il ne pouvait continuer ainsi, il mourrait avant même d'arriver en vue du Mordor. Sam le savait, et bien que cela ne lui arrivait pas souvent, il gronda doucement son maître.
« Allons M. Frodon! Vous ne pouvez pas continuer comme ça. Soit vous vous décidez à retourner chercher Miss Sarah, soit vous l'oubliez une fois pour toutes et vous vous concentrez entièrement sur votre mission. »
Frodon leva brusquement la tête vers son jardinier.
« Que dis-tu? »
« Vous m'avez bien entendu. Si vous voulez un conseil, chassez-la de vos pensées. Portez toute votre attention sur l'anneau et la route à suivre, et arrêtez avec les regrets, puisque de toutes façons vous ne voulez pas revenir en arrière. Oubliez-la! »
Oubliez-la… oubliez-la…Ces derniers mots résonnèrent comme les paroles qu'entend un condamné à mort. Seulement, les condamnés à mort ne peuvent changer leur destin, alors que lui, si. Agrippant sa tête dans ses mains, il s'obligea à s'éclaircir les idées. Il l'aimait, d'accord, il lui avait promis de rester avec elle, d'accord, mais il s'était aussi juré de partir seul. Or, il avait déjà Sam avec lui, et avec une troisième personne, surtout une personne à laquelle il tenait…Mais au fait, qu'est-ce que ça changerait d'avoir quelqu'un d'autre? En effet, toutes ses pensées étaient tournées vers elle, s'inquiétaient de son état. L'oublier? Impossible! Se mettant debout, il mit la main dans sa poche pour sentir l'anneau, car ce dernier était la source de toutes ses souffrances. Mais à la place, elle rencontra quelque chose de lisse et de doux. Intriguée, il sortit deux feuilles d'or de ses poches. Ces feuilles elfiques provenant de la Lorien n'avaient encore rien perdu de leur éclat. Il se rappela le moment où elle lui avait glissé une de ces feuilles dans la main, les paroles qu'elle lui avait dites. L'oublier? Impossible! S'il ne pouvait pas s'empêcher de penser à elle, alors…
Il se retourna d'un bond vers Sam, ses yeux bleus soudainement électriques. Sam eut un sursaut de surprise : son maître n'était plus égaré, il avait prit une décision. Frodon marcha jusqu'à lui puis le dépassa. Il marchait vite, essayant de ne pas courir. Sam regardait son maître prendre le chemin de la rivière d'un air satisfait. Tout à coup, le bruit d'un cor résonna dans le lointain, mais il était clair et puissant. C'était comme un appel. Ne pouvait résister plus longtemps, Frodon commença à courir à perdre haleine. En quelques minutes à peine, il débouchait sur le fleuve.
Sarah avait pagayé seulement une ou deux fois, avant de s'effrondrer en avant en marmonnant qu'elle n'en pouvait plus. Son dos la tuait, inutile d'ignorer la douleur à présent. Elle avait tellement mal qu'elle suait à grosses gouttes. Cet horrible Ourouk-hai lui avait sûrement cassé quelque chose dans le dos. Comme cela, elle n'allait jamais rattraper Frodon, jamais!
Frodon arriva au bord du fleuve et la première chose qu'il vit fut la barque dérivant de l'autre côté du cours d'eau. Sur la barque, la tête baissée, celle pour qui il était revenu était assise dans la barque. Il ne savait pas pourquoi elle ne ramait pas, mais peu lui importait. Il poussa d'un coup sa barque à lui dans l'eau, et le bruit que cela provoqua fit redresser la tête de la jeune hobbite. L'expression dans ses yeux à ce moment-là, Frodon ne l'oublierait jamais. Elle resta un moment sans paroles, se demandant si elle rêvait, mais quand Frodon commença à ramer vers elle en criant son nom, elle sanglota de soulagement et de bonheur. Elle croyait qu'elle n'avait plus de larmes dans tout son corps, mais pourtant, elle n'arrivait pas à contrôler ses pleurs. En quelques secondes, la barque de Frodon touchait la sienne. La jeune hobbite voulut s'élancer vers lui, mais elle était clouée à son siège. De toutes façons, Frodon enjambait déjà la barque, la faisant tanguer. Ensuite, il serra Sarah de toutes ses forces contre lui, comme s'il l'avait perdue pour toujours mais venait de la retrouver grâce à un miracle des Valars. Il pleurait lui aussi et murmurait :
« Pardonne-moi Sarah, pardonne-moi. Je ne voulais pas, mais je devais le faire… »
« Frodon… Frodon, tu es revenu! » s'exclamait la jeune hobbite, le serrant aussi contre elle, et posant sa tête sur ses épaules.
« Je m'en veux de t'avoir laissée, et… mon Dieu, dans quel état tu es! »
Il essuya le sang sur le visage de sa compagne d'une main tremblante.
« Et tout est de ma faute, je t'ai laissée et te voilà… »
« Non, non, ce n'est pas de ta faute. Mais tu es revenu, tout va bien. Tu ne vas plus repartir hein? »
« Plus jamais, je te jure! »
Frodon avait les larmes aux yeux, et serra Sarah contre elle pour qu'elle ne voie pas qu'il pleurait. Sarah se pressait contre lui, contente de sentit la chaleur d'un autre coprs après ces moments de douleur et de tristesse. C'est alors qu'elle se rendit compte à quel point elle tenait à lui. Il était son soutien moral, c'est à lui qu'elle s'était confessée, elle avait appris à lui faire confiance, et maintenant c'était plus qu'un ami pour elle. Il était différent de Merry ou Pippin avec qui elle aimait s'amuser et ne penser à rien, mais avec Frodon, elle pouvait parler sérieusement et se réconforter quand elle n'allait pas bien. C'était comme… un frère pour elle. Toutes ces pensées la traversaient alors qu'elle sentait les bras de Frodon l'entourer. Finalement, derrière son dos, Frodon s'essuya les yeux et la prit par les épaules pour la regarder longuement. Comme elle semblait fatiguée, et fragile! Ses yeux noisette étaient presque éteints. Et le plus grave, c'est que sa coupure ne semblait pas vouloir s'arrêter de saigner.
« Qui t'a fait ça? » demanda-t-il en désignant sa blessure.
« C'était un Ourouk-hai… »
« Un… quoi? Oh, tu dois sûrement parler de ces grands Orques qui étaient arrivés quand j'étais avec Grand Pas! Et… et tu dis que c'est l'un d'entre eux qui t'ont attaquée?
Elle hocha la tête mais ajouta précipitamment :
« Ce n'est rien! C'est pas grave si un c'était Orque normal ou plus grand que la normale, l'important c'est qu'il soit mort et que je suis toujours vivante. »
« Oui, c'est l'essentiel – soupira-t-il – et je dois avoir quelque chose pour ta blessure dans mon sac qui est avec Sam. On y va? »
« On y va! »
Prenant l'une des rames, Frodon commença à ramer énergiquement d'un côté, puis de l'autre, pour diriger la barque sur une ligne droite. Sam les attendait sur l'autre bord, un grand sourire accroché sur son visage, avec cependant un mélange d'inquiétude pour la blessure de Sarah qui s'était remise à saigner. Lorsque la barque heurta le rivage avec une légère pulsion en avant, Frodon reporta son attention sur sa compagne. Celle-ci faisait de gros efforts pour se tenir normalement, mais Frodon voyait bien qu'elle était souffrante.
« Qu'est-ce que tu as? Tu te sens mal? Est-ce que c'est ta blessure? Viens, on va y remédier. »
Elle ne put alors réprimer un gémissement.
« Ça dépend de laquelle tu parles. » fit-elle en se crispant.
Mais Frodon n'était pas dupe.
« Où as-tu encore mal? S'il te plaît, dis-le moi! »
Elle se pinça les lèvres sans répondre. Elle se rappela la brutalité avec laquelle l'ourouk-hai l'avait frappée, mais elle n'était surtout pas prête de dire cela à Frodon. Il se ferait des soucis à son égard pour rien. Cependant, quand le hobbit voulut l'aider à sortir de la barque, elle chancela, et serra très fort le bras de Frodon. La douleur était presque devenue insupportable, et après l'effort qu'elle avait fourni, elle se trouvait quasiment paralysée. Épuisée, elle s'appuya un moment contre la poitrine de son ami pour reprendre des forces. Frodon était de plus en plus inquiet, jusqu'à ce qu'il entendit soudain Sarah mumurer d'une toute petite voix :
« Mon dos… »
Comprenant soudain, il la souleva comme il put dans ses bras, alors qu'elle s'accrochait à lui en grinçant des dents. Son état avait empiré, c'était évident. Il eut du mal à sortir de la barque, mais finalement, aidé par Sam, il y parvint et porta Sarah jusqu'à un endroit où le rocher cédait la place à la terre et un peu de gazon. Là, ils la déposèrent sur le ventre alors qu'elle était à demie consciente. Frodon souleva doucement sa cape, puis dévoila son dos où un énorme ecchymose de la taille de sa paume se dessinait sur la peau délicate de la hobbite. Sam fit la grimace, alors que Frodon posait doucement la main dessus pour voir si l'os était brisé. Ce faisant, Sarah fut parcourue par un tressaillement nerveux. Frodon eut beau effleurer cette partie de son dos, il ne pouvait savoir si un os avait été cassé, ou l'un des nerfs avaient été sectionné. Mais il réfléchissait : après le coup, Sarah avait pu bouger, ce ne devait pas être si grave. Par contre, tous ses efforts avaient sûrement épuisé ses défenses.
Observant la partie endommagée de plus près, il découvrit que l'ecchymose n'était pas totalement au centre de la colonne vertébrale. Avec un peu chance, ce n'étaient que des muscles qui avaient été endommagés. Poussant un soupir, il dit à Sam d'aller mouiller son mouchoir dans le fleuve. Resté un moment seul avec elle, et se sentant soudain coupable de l'état où se trouvait son amie, il regarda ailleurs. La crise de douleur de Sarah semblait être passée, et remuant un peu, elle essaya de se lever, mais aussitôt, la main de Frodon l'en empêcha.
« Non, reste tranquille, je vais voir si j'ai quelque chose pour toi dans mon sac. »
Sur ce, il commença à fouiller, mais tout ce qu'il trouva, c'était des pansements. Il n'avait rien pour ce genre de blessures-là. Par contre, il fit un bandage qu'il noua autour de la tête de la jeune hobbite. C'est alors que Sam revint, le mouchoir trempé, qu'il déposa aussitôt sur l'ecchymose de son amie. Cette dernière poussa un soupir de soulagement.
« Ça fait du bien… »
« Tant mieux alors – renchérit le jardinier – c'est une méchante blessure que vous avez là. Qui vous l'a faite? »
« Un ourouk-hai, à ce que j'ai compris. Ils ressemblent à des Orques, seulement ils sont beaucoup plus grands et plus terrifiants. Et ils voyagent dans la lumière du jour! C'est terrible. »
« C'est un Orque qui vous a fait ça? » balbutia Sam en blémissant.
« Oui, mais je l'ai tué. Enfin, j'espère. Il était fort, je lui avais déjà planté mon épée dans le dos une fois, mais il continuait à…à se battre. »
Elle avait failli dire « à me frapper » mais s'était retenue à temps. Elle ne voulait pas que les autres sachent cet épisode traumatisant. Sam secoua sa tête et quelques minutes s'écoulèrent dans le silence, au bout desquelles Sam murmura :
« Dites, M. Frodon, je ne veux pas vous presser ni quoi que ce soit, mais si on ne se déplace pas vite, les autres vont traverser la rivière et vont nous trouver. Après, je pense que la plupart d'entre eux voudront vous suivre. »
« Oui, tu as raison. »
Il semblait préoccupé. Sarah savait que c'était elle qui gênait, et elle en fut agacée. Si seulement elle n'avait pas cette blessure, ou si elle pouvait la guérir à l'instant… À ce moment-là, elle se rappela de quelque chose. Elle sortit son pendentif en boîte contenant les feuilles elfiques, les eithels.
« Qu'est-ce que c'est? » demandèrent les deux autres, curieux.
« Je pense que c'est un moyen pour nous sortir, ou plutôt me sortir, de ce mauvais pas. »
Elle prit délicatement l'une des feuilles en forme d'étoile à cinq branches. Les deux autres se penchèrent vivement pour l'observer de plus près.
« Je ne sais toujours pas ce que c'est, par contre » fit Frodon.
« C'est mon cadeau de Galadriel. On les appelle eithels, et elles sont rares et ont des multiples fonctions. Je sais qu'elles peuvent guérir les blessures, alors on en essaie une? »
« Comment faut-il faire? » demanda Sam, émerveillé par la plante.
« Je ne sais pas, je pense qu'il faut les déchirer pour qu'un effet quelconque se produise. »
« Je peux la prendre? »
« Oui, mais attention, pas de gaspillage. Tu es sûr que tu sais ce que tu fais? »
« J'essaie, que oui. »
Avec beaucoup de précautions, Sarah laissa Sam prendre une petite feuille, la poser sur une pierre, et le regarda avec attention lorsqu'il commença à la broyer avec une autre pierre plus petite. Finalement, il obtint une sorte de pommade vert sombre, et en déposa une couche sur la blessure de la jeune hobbite. Cette dernière sentit une agréable fraîcheur se propager dans son dos, puis le reste de son corps. Quelques minutes après, elle se sentit même assez forte pour s'asseoir. Sam dénoua le bandage sur le front de la jeune hobbite, nettoya la blessure avec le mouchoir et déposa le reste de la substance verte sur la coupire, de tel sorte que cela formait comme une croûte naturelle.
« On ne peut toujours pas rester là » fit Sam avec hésitation.
Sarah se pinça les lèvres sans rien dire mais essaya de se relever.
« Non, non, reste tranquille s'il te plaît! » commanda Frodon d'une voix douce.
Cependant, il était d'accord avec son jardinier : moins longtemps ils resteraient dans les parages, mieux cela vaudrait. Alors, comme il l'avait fait quelques minutes plus tôt, il s'accroupit près de Sarah et lui proposa de la porter avec Sam. La jeune hobbite commença d'abord par refuser, puis voyant qu'il n'y avait pas d'autres moyens, elle hocha la tête. Frodon la souleva doucement dans ses bras, et aidé de Sam, ils parvinrent à avancer de quelques mètres et à la cacher derrière un buisson sans la faire trop souffrir.
Quand elle fut enfin couchée sur sa cape, Frodon étira ses bras endoloris par l'effort. Sam en fit de même. Ils savaient qu'ils devraient passer la nuit dans cet endroit puisque le soleil s'apprêtait déjà à se coucher. Ils mangèrent du lembas pour le dîner, puis les deux autres hobbits s'enroulèrent dans leurs capes et s'apprêtèrent à se reposer pour la nuit. Curieusement, ils n'avaient vu aucun membre de la Communauté passer et ils en furent surpris. Peut-être que la bataille avait mal tourné et que… Les hobbits se forcèrent tout de même à rester optimistes.
Au milieu de la nuit, Frodon fut réveillé par un gémissement. Se relevant sur un coude et encore endormi, il regarda autour de lui. À côté de lui, Sarah gémit de nouveau. Toute trace de sommeil disparut des yeux de Frodon et il se précipita à ses côtés. Les cheveux collés contre son front à cause de la sueur, Sarah se mordait le poing pour ne pas carrément hurler de douleur. Essayant de ne pas céder à la panique, Frodon lui demanda si la douleur sur son dos s'était réanimée. Incapable de parler, elle hocha la tête.
Sarah continuait à mordre sa main jusqu'au sang en laissant échapper un sanglot. Désespéré, Frodon la souleva un peu pour la reposer sur ses genoux puis lui saisit la main en lui répétant que tout allait bien, que peut-être ses blessures étaient seulementen train de guérir.
"Après tout, à ces moments-là, ça fait toujours mal. Tu sais, normalement tu devrais guérir à un rythme normal, mais je pense que cette feuille a accéléré un peu le processus, donc ça doit faire très mal. Mais c'est passager, je t'assure. Rien ne va t'arriver, je suis là."
Ne sachant plus quoi dire d'autre, il enleva la mèche de cheveux qui lui collait au front. Cependant, la respiration de Sarah s'était calmé, et bercée par la voix de Frodon, elle avait fini par plonger dans un sommeil agité. Parfois elle se réveillait et sentait la douleur sur son dos, mais la présence de Frodon tout près d'elle la rassurait et elle s'endormait de nouveau. Frodon veilla sur elle toute la nuit, jusqu'aux premières lueurs du petit matin. Mais entretemps, exténué et ne pouvant garder les yeux ouverts plus longtemps, il était tombé endormi à côté de la jeune hobbite.
Quelques heures plus tard, Sam les découvrit dans cette positionen se réveillant, et une expression attendrie passa sur son visage bien qu'il ignorât tout des évènements de la nuit. Il fit un petit feu rapide pour faire cuire quelques saucisses. Ils n'en avaient plus beaucoup,donc il faudrait penser à ne pas en abuser. Sarah ouvrit les yeux à son tour, gardant un vague souvenir des fantômes de la nuit. Cependant, elle se rappelait la présence de Frodon à ses côtés. D'ailleurs, elle sentait toujours sa main dans la sienne. Se mettant sur ses coudes, elle l'observa longuement avec ravissement, remarquant combien il était mignon quand il ne se rendait pas compte qu'on l'observait. Lorsqu'il ouvrit enfin les yeux, elle lui sourit. Frodon se mit en position assise et se frotta les yeux. Il semblait fatigué.
"Comment te sens-tu?" demanda-t-il en bâillant.
"Beaucoup mieux! – assura Sarah – je ne sens même plus la moindre petite douleur."
"Ah, tant mieux!" renchérit Sam par dessus son feu.
La jeune hobbite laissa échapper un rire joyeux et avant que Frodon puisse la retenir, elle sauta debout et tourna deux fois sur elle-même pour leur montrer qu'elle allait bien désormais. L'hématome sur son dos avait mystérieusement disparu pendant la nuit. Alors que Frodon soupirait de son insouciance, elle se planta devantlui, et le regardant droitdans les yeux,le remercia sincèrement de son soutien pendant la nuit. Les joues de Frodon rougirent quelque peu, mais personne ne le remarqua.Tout le monde avala leurs saucisses dans la bonne humeur et Sarah laissa Frodon jeter un coup d'œil de plus près à sa petite boîte et à son contenu. Néanmoins, une question la tracassait depuis quelques minutes. Finalement, n'y tenant plus, elle demanda :
« Dis Frodon, pourquoi tu voulais partir tout seul? »
Le jeune hobbit secoua sa tête avec tristesse, mais réponditcependant :
« Cet anneau va corrompre tout le monde, je le sais. J'ai même vu ce dont il était capable. C'est tellement affreux de voir un ami se jeter sur toi, que j'ai eu peur, pour vous tous et pour moi. Je ne voyais pas d'autres solutions que de partir»
« Se jeter…sur toi? – balbutia Sarah – mais Frodon, jamais je ne ferai une chose pareille, et Sam non plus, et Grands Pas donc! »
« Mais plus vous resterez longtemps avec moi et l'anneau, plus vous serez sensibles à son attirance maléfique. D'ailleurs maintenant, je me demande si c'est une bonne idée de… »
« Tais-toi! Oui, tu as bien fait. Pas question que je parte. Par contre, est-ce que toi tu n'es pas en danger en gardant tout le temps l'anneau? Je veux dire, on pourrait se partager la tâche ou quelque chose du genre. »
Frodon sourit : c'était bien le genre de Sarah de toujours vouloir aider les autres pour la moindre petite chose.
« Je pense que ce n'est pas vraiment la peine pour le moment. Après tout, ce n'est qu'un anneau. Il m'arrive même parfois d'oublier son existence. »
Sarah haussa les épaules. Quelques minutes plus tard, elle annonça qu'elle se sentait assez forte pour partir. Après s'être assuré qu'elle pouvait vraiment marcher, et s'étonnant une fois de plus de l'efficacité de la plante, Frodon porta son sacsur ses épaules et ouvrit le chemin. Moins d'une demie heure plus tard, ils s'engageaient sur une série de rochers. Le gazon avait complètement disparu et il n'y avait plus d'arbres. Les hobbits marchaient sur un sol pierreux. À un brusque tournant du sentier, un rougeoiment soudain clignota à l'Est. Au loin, au delà des forêts et des montagnes, des plaines et des cités, se dressait la montagne du Destin sous un ciel noir, en crachant une boule de lumière orangée qui illuminait ses contours d'un halo menaçant. Des éclairs zébraient le ciel au dessus de l'endroit maléfique, et un autre scintillement plus lointaine, indécelable, provenait de l'Oeil.
« Le Mordor… » murmura Frodon à voix basse, brisant le silence.
Leurs yeux balayèrent les rochers au devant d'eux, puis se levèrent encore sur cette masse imposante.
« Espérons que les autres trouveront une route plus sûre. »
« Grands Pas veille sur eux. » assura Sam.
Frodon sourit tristement.
« Je pense, Sam, que nous ne les reverrons plus. »
« Ça se peut que si, M. Frodon, ça se peut. »
Sarah approuva doucement, bien que tout au fond d'elle-même, elle commençait à douter. Frodon, qui était devant eux, se retourna alors vers eux, en souriant.
« Sam, Sarah, je suis content que vous soyez là avec moi. »
Sam lui retourna son sourire, et Sarah souria et dit :
« Moi aussi, Frodon. »
Sentant un élan d'affection pour les deux hobbits, elle passa un bras autour du cou des deux garçons. Les trois hobbits restèrent là, dans cette position de solidarité et d'amitié pour observer la montagne du Destin. Soudain, Frodon se dégagea de l'étreinte de recula de trois pas, en détournant son regard de l'horizon rouge. Alors que Sam se précipitait vers lui pour lui demander ce qu'il avait, il répondit que ce n'était rien et que cette vue l'avait seulement un peu bouleversé. Sarah ne le croyait pas, mais elle se garda de le faire savoir ; elle était cependant décidée de lui en parler plus tard. Les hobbits descendirent alors de leur point culminant vers la vallée rocheuse qui s'étendait devant eux comme une mer irrégulière.
Le lendemain et le jour d'après, ils pénètrèrent encore plus profondément dans ce labyrinthe fait de pierres et de roches. Ils marchèrent droit devant eux jusqu'à la tombée de la nuit. Des murailles pierreuses se dressaient des deux côtés d'eux comme s'ils avançaient dans un gouffre. La nuit promettait d'être fraîche, alors ils s'installèrent rapidement, prirent un repas frugal, et s'enroulèrent dans leurs capes.
Comme si la situation ne s'était pas assez empirée, un brouillard froid et collant descendit des nuages et s'installa sur toute la région des Emyn Muil, avec des minuscules possibilités d'éclairci. Ils rampaient dans les crevasses, descendaient le long de murailles coupantes ou montaient une pente raide et pierreuse, mais tout ce qu'ils voyaient devant eux c'était encore des rochers et toujours des rochers. Leur vision se réduisait à moins d'un mètre lorsque le brouillard était vraiment épais. Il faisait humide et froid, et les hobbits étaient de mauvaises humeur. Frodon était convaincu qu'ils tournaient en rond depuis qu'ils étaient là. Après tout, comment savoir dans quelle direction ils allaient s'ils ne voyaient pas plus loin que leurs pieds? Fatigué, il s'assit sur un rocher en frissonnant. Le ciel s'était obscurcit encore plus et de gros nuages noirs chargés de pluie s'amoncelaient sur leurs têtes.
« On ferait bien de trouver un endroit où s'abriter » fit Sarah en désignant le ciel noir.
Frodon regarda autour de lui.
« Je pense qu'on va devoir s'en passer. »
Tout juste comme il disait cela, la première goutte de pluie s'écrasa sur le sol, aussitôt suivi de plusieurs autres de plus en plus grosses. En quelques secondes, un vrai déluge se déversaient sur leurs têtes. Les hobbits mirent leurs capuchons, mais ils étaient déjà trempés de la tête aux pieds.
« Faut pas rester là, tout de même! » gémit Sam en serrant le bas de son capuchon.
« Je pense voir un rocher qui peut nous servir de toit, par là… » leur parvint la voix de Sarah à travers les bruits du tonnerre.
Les deux autres la suivirent jusqu'au pied d'une pente abrupte. À deux mètres de hauteur, la roche était saillante, formant un petit toit. Cela procurait une faible protection, mais c'était mieux que rien. Les trois hobbits s'installèrent dessous en se serrant les uns contre les autres, et attendirent que le déluge passe.
Cepedant, la pluie ne donnait pas l'impression de vouloir s'arrêter. L'orage redoublait de violence et le vent leur fouettait le visage, puis il se calmait un peu pour redevenir violent encore une fois. Sarah avait l'impression que le froid était une serre malveillante qui traversait ses vêtements et lui serrait le cœur dans son étau glacial. Une rafale de vent amena une vague de pluie qui se déversa sur eux. Serrée entre Frodon et Sam, elle maudit ce temps de chien et cet endroit inhospitalier.
Quand elle tourna la tête, elle vit qu'à sa grande surprise Sam paraissait endormi. Elle ne pouvait pas corire que quelqu'un puisse dormir par ce temps. Frodon, quant à lui, regardait droit devant lui, avec sa cape enoulé autour de lui pour lui tenir chaud. Le temps passa. Tout à coup, semblant avoir entendu quelque chose, Frodon leva la tête vers le haut de la falaise. Aussitôt, la pluie l'aveugla et il se frotta les yex pour enlever les goutelettes sur ses cils. Il ne vit rien. La personne ou la créature qui avait fait ce bruit avait disparu. Ou peut-être n'était-ce que la pluie après tout, ou une pierre qui avait roulé.
Plongée dans un état léthargique, Sarah n'entendit rien, et exténuée, elle finit par s'endormir, comme Sam. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, la première chose qu'elle constata fut que la pluie avait cessé, et deuxièmement, qu'elle avait mal partout à force d'avoir dormi dans cette position inconfortable. Levant les yeux, elle aperçut un timide rayon de soleil au dessus de la crête de la falaise. La brume s'était retirée, mais le paysage n'avait pas changé. Sam et Frodon était tous les deux endormis, appuyés contre le rocher dur. Avec effort, elle se mit debout, détacha sa cape et la jeta sur un rocher pour la faire sécher. Ses vêtements étaient mouillés et elle avait froid. Il n'y avait pas de bois mort pour faire un feu, et elle se contenta se tordre ses manches pour faire sortir l'eau.
Comme personne ne semblait vouloir se réveiller et qu'elle était exténuée par cette nuit mouvementée, elle s'assit contre un autre rocher, et au bout d'un moment s'endormait de nouveau.
C'était agréable : il faisait chaud! Elle ouvrit lentement les yeux, mais elle ne pouvait rien voir autour d'elle. Serait-ce déjà la nuit? En fait, la chaleur parassait augmenter à chaque seconde, et bientôt il fit un peu trop chaud à son goût. Commençant à transpirer, elle voulu enlever son pardessus, mais se rendit compte qu'elle ne pouvait pas bouger. Qu'est-ce qui m'arrive?- cria-t-elle. Mais aucun son ne sortit de sa bouche. La chaleur devenait insupportable. Elle voulait sortir d'ici, voir un peu de lumière, et… oh! Voilà que son vœu semblait s'exaucer. Un point rougeoyant descendait lentement de ce qu'elle considérait être le ciel. Il s'agrandissait de manière plus que rapide, et des bruits de chocs l'accompagnaient. Qu'est-ce que ça pouvait bien être? À présent, c'était un peu plus qu'un point lumineux, c'était une flamme, une flamme qui tombait. Et à l'intérieur, un corps noir qui agitait ses bras longs et charnus comme s'il voulait chasser une mouche. Sarah plissa les yeux pour mieux voir. Tiens, il y avait une silhouette grise qui combattait le monstre! Car c'était un monstre, et pas n'importe lequel. Sarah avait l'impression de l'avoir déjà vu quelque part, et ce n'est que lorsque les deux combattants étaient au dessus d'elle qu'elle découvrit que ce monstre n'était autre que le Balrog de la Moria! Mais alors l'autre devait être…Gandalf! La boule de feu tombait droit sur elle, qui était impuissante pour l'arrêter ou ramper hors du danger. Il lui sembla que Gandalf l'avait vue et essayait de dévier la chute du Balrog dans l'autre sens, mais c'était trop tard. Alors que les flammes léchaient presque sa peau, elle hurla :
Non! Gandalf! Au secours!
Elle se redressa en position assise, les yeux grands ouverts et l'esprit en ébullition. Écarquillant des yeux, cela lui prit un moment avant de réaliser qu'une autre vision venait de s'imposer à elle. Elle avait presque oublié ces histoires de vision à cause de tout ce qui lui était arrivé depuis si peu de jours. Elle espérait que les autres n'avaient rien remarqué. Sam dormait encore, le paresseux! Mais Frodon… il était raide contre le rocher et fixait un point sur le sol en inspirant profondément. Levant les yeux, il rencontra le regard de Sarah, et en quelque sorte, ils virent leur propre expression dans les yeux de l'autre.
« Qu'est-ce qui s passe? » demanda Sarah à voix basse.
« Rien… rien, je… c'est stupide. C'était juste un rêve. »
« Ce n'était pas seulement un rêve. »
« Pourquoi tu dis ca? »
« Tu as rêvé de Gandalf? »
« Mais comment le sais-tu? »
Frodon passait de la surprise à la stupeur. Il lui vint à l'idée que Sarah avait peut-être assisté à son rêve grâce à son don.
« J'ai rêvé de la même chose. Enfin, si on peut appeler ça un rêve. Je paris que c'était une autre vision. »
« Gandalf tombait à côté de ce Balrog, et ils combattaient. Puis, ils se sont écrasés au fond de ce gouffre. Je ne sais si… tu crois qu'il est toujours vivant? »
« J'en sais rien. Il est un magicien, mais il peut être tué comme tous les autres hommes, non? »
Frodon haussa les épaules et se défit de sa cape comme l'avait fait Sarah.
« Au fait, comment ça se fait qu'on ait rêvé de la même chose? Ne me dis pas que j'ai des visions maintenant! »
« C'était peut-être seulement une prémonition. Mais sincèrement, je ne souhaite pas que tu aies des visions. C'est terriblement éprouvant, et puis dans mon cas, tu risques la mort à chaque fois, ou presque. »
Elle se garda bien de lui dire que les deux combattants avaient failli l'écraser. Frodon fit avec sympathie :
« Oui, ce doit être fatigant aussi. Je trouve que tu as beaucoup de courage. »
« Qu'est-ce que tu veux? On est obligé d'avoir du courage si on veut survivre. C'est comme porter l'anneau, non? Dans ce cas, toi aussi tu es courageux. »
Frodon hocha la tête. Il prit son sac à dos et sortit un morceau de lembas qu'il cassa en deux. Il était préoccupé par la durée de leurs provisions de pain elfique. S'ils continuaient comme cela, ils allaient mourir de faim avant de sortir de ce labyrinthe. Les deux hobbits mangèrent en silence, puis Frodon fit :
« Tiens, à propos de l'anneau, il faut que je te confesse quelque chose. »
« Oui? »
« Tu te rappelles d'avant hier, quand on était sur ce point culminant d'où on pouvait voir la Montagne du Destin? Eh bien, l'anneau est devenu subitement plus lourd, et puis, c'était comme si le Grand Œil m'avait transpercé de son regard, comme ça, de part en part. Et depuis ce moment, l'anneau s'alourdit. »
Il soupira.
« J'espère qu'il ne nous a pas déjà repérés. »
« Je ne sais pas, mais je garde espoir. S'il nous avait découverts, il envoierait des troupes et des espions pour nous capturer. Mais de toutes façons, même si on nous poursuit, c'est notre devoir d'essayer de nous rendre le plus loin possible.»
À ce moment-là, Sam grogna et se réveilla en grommelant à propos d'une courbature dans le dos.
« Alors paresseux! Tu dors sous la pluie comme si tu étais dans ton lit, et en plus tu fais la grasse matinée? » se moqua Sarah.
« Quoi? Quelle grasse matinée, pardi! Comment savoir si c'est tôt ou tard dans cet endroit? En tout cas, je suis fourbu, ces rochers ne sont pas ce qu'il y a de plus confortable par ici. »
« Tu t'attends à des divans-lits dans les Emyn Muil peut-être? »
Sam fit une face grognonne et ne pépia mot. Sarah alla le taper amicalement dans le dos et lui jeta un morceau de lembas.
« On devrait repartir, il faut qu'on sorte d'ici coûte que coûte » déclara Frodon.
« Et on sortira! » affirma Sarah.
Il y avait tellement d'assurance et d'espoir dans sa voix que les deux autres se sentirent réchauffés intérieurement. Ils mirent leurs capes sèches, hissèrent leurs sacs à dos et commencèrent une nouvelle journée de marche. D'abord, ils suivirent un sentier qui montait, et après avoir contourné quelques rochers, Sam découvrit une sorte de gouffre en bas qui paraissait mener quelque part. La pente étant très abrupte etils durent descendre avec la corde elfique de Sam. Une fois en bas, ce derniermaugréa et tapa du piedparce qu'il n'avait pas envie de perdre la corde qui était solidement attachée à un rocher en haut de la falaise.Mais, en tirant légèrement dessus, Frodon parvint à la détacher ; quelques secondes plus tard, la corde tombait en spiral vers eux. Sarah pâlit.
« Et c'est avec ce nœud qu'on est descendus? – s'écria-t-elle – mon Dieu, on aurait pu mourir mille fois! »
«Sauf votre respect, vous êtestoujours vivante, et puis c'est un nœud à la manière Gamegie, c'est-à-dire solide, efficace, un nœud mort quoi! »
« Ah ouais? Et comment t'expliques le fait que la corde soit ici à nos pieds? »
« C'est parce qu'elle est elfique » intervint Frodon pour trancher le conflit.
Il paraissait inquiet et regardait de tous les côtés. Il porta un doigt à ses lèvres et tenta de percevoir un bruit quelconque. Sam et Sarah tendirent l'oreille eux aussi, mais ne sachant pas ce qu'ils devaient écouter, abandonnèrent bien vite. Frodon semblait suivre des bruits que lui seul pouvait percevoir, et finalement, le visage sombre et d'une voix à peine plus forte qu'un murmur, il fit :
« Nous ne sommes pas seuls. »
cassiopée la copine de pégase : salut! Je sais que tu as reviewé pour le premier chapitre, et c'est ça qui m'embête un peu, parce que je suis sûre que tu ne pourras lire cette RAR qu'après avoir lu le chap 26. Bref, je te remercie quand même pour ta review et je t'encourage à lire plus loin que le chap 1.
Vilya0 : yay! Ma revieweuse préférée? Lol, bon faut dire qu'en tout cas j'ai pas trop le choix parce que j'ai pas trop de reviews de toutes façons, mais je suis contente avec ça. Ouaip, c'est vrai que c'est triste : j'ai essayé de reproduire l'atmosphère du film, et apparemment, c'est assez réussi. Un brevet blanc, en France, c'est une préparation pour le brevet qui est un gros examen de fin d'année. Ce n'est pas un examen très « important » parce que ça ne détermine pas ton passage à l'année suivante, mais tu peux avoir un diplôme, et bref, il faut réviser. Bon, parlons pas trop d'école de toutes façons. Ok, alors ayant obéi à tes ordres, voilà le chapitre 26! J'espère que ça t'a plut et que tu laisseras qq commentaires lol. A plus! Nama.
