Hello tout le monde ^^
Vous avez été drôlement patients, je vous en remercie.
Je tiens aussi à remercier ici Chibi-san, Yasharu, Mebi et AkuriAtsuki (impossible de répondre à vos gentils commentaires en mp, mais j'en ai été très touché)
Ce chapitre est un peu plus centré sur Kakashi, mais Iruka sera plus présent dans le prochain chapitre c'est promis!
Bonne lecture les zamis!
Chapitre 26: rencontres.
«Allez debout Naruto, on va être en retard!» peste Sasuke.
Le jeune homme vient de trébucher sur le sac de son camarade, s'ébouillantant la main avec son café au passage.
Un grognement sort de l'amas de couvertures qui recouvre le canapé. Sasuke pousse un soupir agacé et tire un grand coup sur les couvertures.
«Lève-toi idiot! On va finir par louper le bus» grogne le petit brun, son air renfrogné habituel déjà plaqué sur le visage, en ce matinal jeudi de septembre.
Naruto ouvre un œil, et le referme aussitôt, agressé par la lumière au plafond.
«Mmh, juste cinq minutes. Cinq petites minutes...» marmonne-t-il en se recroquevillant sous la couette.
Sasuke lève les yeux au ciel avant de répondre:
«Bon, il y a du café, et je t'ai laissé du pain. Tu n'auras qu'à claquer la porte en sortant.»
Naruto ne réagit pas immédiatement. C'est lorsqu'il entend la porte d'entrée se fermer sèchement qu'il percute. Putain, ce connard de Sasuke est parti sans lui! Le jeune homme jette un œil à la pendule et devient blême. Merde, il va vraiment être en retard en fait!
Naruto se rue sur ses vêtements. Tandis qu'il enfile un jeans et un T-shirt à la hâte, il attrape la cafetière. Où sont les tasses? Le blondinet lance un regard circulaire dans la petite cuisine immaculée. Rien ne traine, et lui n'a pas le temps de fouiller dans les placards. Après deux secondes de réflexion, il finit par boire directement à la cafetière. Dans la précipitation, le contenu brûlant finit en grande partie sur son T-shirt tout propre. Merde, merde, merde! Naruto n'a pas d'autre haut propre, parce qu'il est parti sur un coup de tête de chez lui. Il est déjà arrivé en retard en stage la semaine dernière, et il s'est carrément fait allumer par Zetsu, le chef de dermatologie. S'il est encore à la bourre, il va se faire trucider sur place. Alors Naruto ne perd pas une seconde de plus et fonce dans la chambre de Sasuke. Avec un peu de chance, il ne croisera pas son camarade de la journée et celui-ci ne se rendra compte de rien.
Après un rapide coup d'œil dans la pièce, Naruto s'aventure dans l'antre de Sasuke.
Tout semble y avoir une place bien précise. Rien ne déborde, très peu de décoration ni de couleurs. Naruto fronce le nez: Sasuke semble cruellement manquer d'originalité et de fantaisie. Il finit par mettre la main sur un polo bleu marine, sobre et chic. Cela fera l'affaire.
Naruto se précipite dehors et dévale les escaliers après avoir claqué la porte de l'appartement. L'arrêt de bus est à seulement cinq minutes à pied, trois en courant. Le blondinet manque de percuter une mamie qui promène son chien.
«Oups! Désolé Madame!» lance-t-il en poursuivant sa course. Il a l'arrêt de bus en point de mire, mais le véhicule est déjà en approche. L'externe commence à s'essouffler, mais pas question de le manquer! Alors que le bus met déjà son clignotant pour repartir, Naruto tambourine à la porte avant. Le chauffeur pose un regard désabusé sur le jeune homme, et finit par actionner le bouton d'ouverture de la porte en soupirant.
Naruto grimpe et reprend sa respiration tout en fouillant dans sa poche. Merde! Pas de carte de transport, et pas de monnaie bien sûr. Le chauffeur commence à montrer des signes d'impatience, de même que certains passagers. L'un d'eux lance un «alors on démarre?» tandis que Naruto jette un regard dépité vers le chauffeur. Il commence à bégayer:
«Je... J'ai oublié... Pas de monnaie... Désolé... Vraiment besoin de prendre ce bus...»
Le chauffeur secoue la tête négativement en ouvrant la porte, et fait signe à Naruto de descendre.
«Pas de ticket, pas de transport» lâche-t-il laconiquement.
Les épaules de Naruto s'affaissent et il se retourne vers la porte, mais le bruit de quelques pièces tombant dans la coupelle l'interrompt. Naruto se retourne pour voir Sasuke en train de récupérer son ticket. L'externe taciturne lui tend alors le précieux sésame et repart au fond du bus sans un mot. Naruto reste figé deux secondes, avant de se lancer à sa poursuite.
«Hé, n'oubliez pas de composter votre billet!» lance le chauffeur en démarrant. Naruto s'exécute et se dirige vers le fond du véhicule, sous le regard pesant des autres usagers, contrariés par ce contretemps. L'externe s'affale à côté de son collègue.
«Hé merci Sasuke, sans toi j'aurais encore...»
«Sans moi tous les passagers de ce bus seraient arrivés en retard» le coupe Sasuke.
Naruto prend un air boudeur avant de répondre:
«Oh ça va hein. Je suis pas du matin, c'est tout.»
Sasuke pousse un long soupir avant de se tourner vers son camarade et de le fixer durement.
«Naruto, à un moment, il va falloir que tu te décides à te comporter en adulte. Tu vas devenir médecin, bordel!»
Naruto baisse la tête et marmonne:
«Je sais, mais on n'a pas tous la chance d'être aussi parfait que les Uchiwa.»
Sasuke lève les yeux au ciel.
«Je n'ai jamais dit que tu devais être parfait! Mais avoue qu'un peu plus de rigueur ne te ferait pas de mal. Et puis crois-moi, être un Uchiwa peut avoir ses inconvénients» conclut Sasuke en se tournant vers son camarade.
L'externe fronce les sourcils. Il vient de remarquer que Naruto porte l'un de ses polos. Il pointe le vêtement du doigt:
«C'est à moi ça, non?»
Naruto pique un fard et se met à bafouiller:
«Je... Le café... Pas trouvé les tasses... Et tout renversé... Et...»
Sasuke se retient de pousser un nouveau soupir et répond sèchement:
«Pas la peine de flipper comme ça, tu peux le garder. J'en ai plein d'autres de toute façon.»
Naruto décide de rester silencieux. Ça lui évitera peut être de s'enfoncer un peu plus. Les deux jeunes hommes arrivent en vue de l'hôpital et se lèvent pour rejoindre la porte du bus. Ils ont quelques centaines de mètres à parcourir jusqu'au hall de l'hôpital. Sasuke marche d'un bon pas et Naruto peine à le suivre.
«Hé Sasuke, tu peux pas ralentir le rythme? T'es si pressé que ça d'aller en stage?»
Sasuke laisse passer quelques secondes avant de répondre:
«Tu as un plan pour cette nuit?»
«Un plan?» reprend Naruto, ne comprenant absolument pas de quoi veut parler Sasuke.
Celui-ci jette un œil en coin à son camarade avant de s'expliquer:
«Si tu ne sais toujours pas où dormir ce soir, tu peux rester quelques jours chez moi... Le temps de te retourner.»
Naruto observe Sasuke suspicieusement.
«Euh... Sasuke... Tu serais pas en train de me faire une proposition douteuse quand même?»
Sasuke ne semble absolument pas avoir compris l'allusion. Naruto voit le visage de l'externe se décomposer au fur et à mesure que la signification de sa phrase imprègne le cerveau de Sasuke. Ce dernier jette un regard horrifié vers le blondinet avant d'exploser:
«Nan mais qu'est ce que tu vas imaginer encore, espèce d'abruti? T'es vraiment pas possible Naruto! Je te propose mon canapé pour t'éviter de dormir dehors, et toi tu t'imagines des trucs direct! T'es vraiment pas net mon pauvre! Tu sais quoi, oublie ma proposition. T'as intérêt à avoir débarrassé le plancher de chez moi avant ce soir c'est compris?»
Et Sasuke accélère le pas pour rejoindre les ascenseurs, laissant Naruto en plan au milieu du hall d'entrée de l'hôpital.
«Hé Naruto! qu'est ce que t'as encore fait pour énerver Sasuke à ce point?» lance Shikamaru qui vient d'arriver derrière le blondinet.
Naruto lui lance un regard dépité avant de demander:
«Shikamaru, tu es sûr que vous n'auriez pas une toute petite place chez vous avec Choji, juste pour ce soir?»
L'externe se gratte la tête d'un air ennuyé.
«Je suis désolé, mais ya vraiment pas moyen qu'on te loge Naruto. Il va falloir que tu te trouves un autre plan.»
Les épaules du blondinet s'affaissent, mais Shikamaru l'entraîne déjà vers le service de dermatologie.
«Allez viens, on va y réfléchir tranquillement. Zetsu n'est pas là ce matin, et on n'a pas beaucoup de travail. On va bien réussir à te dégoter une solution.»
Naruto hoche la tête et suit son camarade en trainant les pieds.
...
Il est tôt mais le soleil tape déjà fort sur la petite plage déserte. Kakashi s'est installé juste au bas de la dune, à l'ombre des pins. Il respire l'air iodé en jouant avec le sable. Petit moment de quiétude avant l'arrivée des vacanciers.
Il a laissé sa moto sur le parking, juste à l'entrée, sans crainte. Le chirurgien a étalé une serviette sur le sable, et n'a pris avec lui que sa guitare et son cahier de chansons.
L'endroit est propice à la composition, aux souvenirs aussi. Quelques mouettes, venues picorer les crabes dans le sable, s'envolent en criant dès que les premières notes de l'instrument résonnent.
Kakashi a besoin d'exorciser beaucoup de choses, il le sait. Il a commencé une chanson hier soir, une chanson particulièrement triste. Et il imagine déjà le visage soucieux d'Asuma quand il l'entendra. Mais le chirurgien a besoin de se replonger entièrement dans cette souffrance, pour l'exprimer, pour l'expier plutôt.
(Lonely Day - System Of a Down)
Kakashi murmure les paroles, comme s'il voulait les garder pour lui. Il demandera à Asuma de venir faire pleurer sa guitare électrique sur cette mélodie. C'est une complainte, sa complainte à Minato. Tout à sa chanson, Kakashi n'a pas vu le petit groupe de surfeurs s'installer à une cinquantaine de mètres de lui. Alors que certains se dirigent déjà vers l'eau, la seule fille du groupe s'approche de lui.
«Salut!»
«Salut» répond sobrement Kakashi.
La jeune femme est jolie, et très souriante. Elle porte un bikini qui met sa taille et ses hanches en valeur.
«C'est joli ce que tu chantes» poursuit-elle en s'asseyant en face de lui.
Kakashi sourit devant l'aisance de la jeune femme. Le genre de fille qui s'impose partout, avec un sans-gêne qui est largement compensé par sa bonne humeur contagieuse.
«Je m'appelle Yakumo. Je suppose que la magnifique moto qui est garée là haut est à toi!»
Kakashi lui offre un sourire charmeur et laisse passer quelques secondes avant de répondre:
«Kakashi, et oui, la moto est à moi.»
«Et bien, un motard sexy, qui compose de jolies chansons. C'est mon jour de chance on dirait!» répond Yakumo en lançant un clin d'œil taquin au chirurgien.
Kakashi reste interdit quelques secondes avant d'éclater de rire. D'habitude, c'est plutôt lui qui drague comme ça. Et venant d'une fille, ça fait encore plus bizarre. Mais déjà la jeune femme poursuit, pleine d'aplomb:
«Tu es très beau quand tu ris.»
Yakumo laisse son regard se porter au loin, vers ses camarades qui ont déjà commencé à surfer. Devant le silence de Kakashi, elle reprend:
«Tu es en vacances dans le coin?»
«On peut dire ça en effet. J'ai décidé de longer la côte pendant quelques temps, histoire de me changer les idées. Et toi?»
«En vacances avec des potes. On est basé à Shiba, mais on a entendu parler de ce spot. Les vagues sont terribles il parait. Tu sais surfer?»
«Un peu. Je voulais m'y remettre justement.»
«Super! Tu veux venir te faire quelques vagues avec nous?» lance la jeune femme en se relevant avec enthousiasme.
Kakashi se met à sourire et répond:
«Je n'ai pas de planche pour le moment. Pas pratique de trimballer ça sur une moto. J'attendais de m'être trouvé un point de chute.»
«Ok je vois. Allez, laisse ta guitare et viens. On va te prêter une planche.»
Kakashi sent que la situation lui échappe un peu, et tente de trouver une excuse.
«C'est gentil mais j'aimerais bien finir cette...»
«Tss Tss» le coupe Yakumo, «personne ne dit jamais non à Yakumo, surtout quand il s'agit de surf. Et puis elle est trop triste pour un si beau garçon, cette chanson. Allez, viens t'amuser un peu!»
Tandis que la jeune femme s'éloigne déjà, elle lance un tonitruant:
«Le surf, c'est la liberté, c'est l'extase, le pied intégral! Allez Kakashi, ya aucun danger à surfer sur cette plage. Et puis merde, j'vais en faire du surf moi!(1)»
Un sourire intéressé apparait sur le visage du chirurgien. Une nana capable de débarquer de nulle part pour lui proposer de surfer, en citant un film culte de surcroit, impossible de lutter.
Alors Kakashi se lève et commence à suivre la jeune femme.
En entendant les pas derrière elle, Yakumo ne peut s'empêcher de sourire. Parce que s'il y a bien une chose qu'elle déteste par dessus tout, c'est bien de laisser quelqu'un broyer du noir tout seul dans son coin. Et elle sait que personne ne peut lui résister, pas même un mystérieux et mélancolique inconnu.
Alors qu'ils s'approchent de l'eau, l'un des amis de Yakumo lui lance:
«Tu as encore recueilli un chaton perdu Yakumo?»
Kakashi fronce les sourcils mais le jeune homme reprend déjà:
«Moi c'est Sumaru. Et les deux autres, là bas, Menma et Sora» poursuit-il en désignant les deux autres surfers qui semblent s'amuser comme des petits fous sur les vagues.
Sumaru s'extirpe de l'eau et tend une main amicale à Kakashi.
«Tu as quelques notions de surf ou pas du tout?»
Kakashi se met à sourire. Il est un peu rouillé, mais pas au point de ne pas savoir tenir sur une planche. Il préfère cependant jouer la prudence, et la diplomatie.
«Bah ça fait un bail que je ne suis pas monté sur une planche. Un petit cours particulier ne me fera sûrement pas de mal.»
«Ok, je m'en occupe!» chantonne Yakumo en saisissant sa planche. «Tu veux bien prêter ta planche à Kakashi, Sumaru?»
Le jeune homme hoche la tête et part s'asseoir un peu plus haut sur la plage. Yakumo leur ramène régulièrement des gens qui veulent s'essayer au surf, et c'est toujours assez marrant d'assister au spectacle. Ils ont fait de très belles rencontres grâce au caractère ouvert de la jeune femme. C'est d'ailleurs comme cela qu'il a rencontré sa belle. Naoki(*) n'avait jamais fait de surf de sa vie avant de les rencontrer. Yakumo l'a ramenée avec elle un matin, et lui a appris les bases du surf en quelques jours seulement. En un été passé parmi eux, Naoki est devenue suffisamment douée pour maîtriser des vagues complexes. Mais les débuts ont été assez épiques. C'est d'ailleurs comme cela qu'il est tombé amoureux d'elle: ce qu'il adorait par dessus tout, c'est quand la jeune femme pestait après être tombée de sa planche. Trop mignonne! Naoki n'a pas souhaité les accompagner pour ces vacances. Elle est fatiguée par sa grossesse, et très frustrée de ne pas pouvoir surfer elle aussi, du fait de son état. Sumaru ne sait pas encore si ce Kakashi restera juste la journée, ou bien un peu plus longtemps parmi eux, mais il est le bienvenu en tout cas.
Alors que Yakumo et Kakashi s'éloignent un peu de la rive, assis sur leurs planches, en ramant tranquillement, Sumaru se dit que son amie ne changera probablement jamais. Et c'est très bien comme ça.
«Tiens regarde Kakashi, yen a une petite qui arrive. Tu te rappelles comment mettre tes pieds?»
Le chirurgien hoche la tête, à la fois impatient et anxieux tandis que la vague s'approche. Yakumo le précède et prend la vague facilement en poussant un petit cri de joie tandis qu'elle glisse sur l'eau. Kakashi se concentre, pousse avec ses bras pour se mettre debout et sent qu'il prend de la vitesse dans la vague. Cette sensation, il ne l'a pas oubliée, cette impression de voler, ce sentiment de liberté. Il se surprend lui-même à lancer un cri de joie.
Kakashi ferme les yeux un instant, savourant le plaisir, et se retrouve la tête sous l'eau. Quelques secondes d'inattention ont suffi à le faire tomber. Quand il ressort la tête de l'eau, il entend le rire clair de Yakumo.
«C'est pas mal du tout pour un début! Je n'ai rien à t'apprendre en fait, tu as juste besoin d'un peu de pratique!»
La jeune femme repart déjà vers d'autres vagues tandis que Kakashi se rassied sur sa planche. L'excitation s'insinue dans ses veines lorsqu'il voit une vague, beaucoup plus grosse, arriver droit sur lui. Il entend à peine Yakumo lui crier:
«Kakashi, ne sois pas trop gourmand quand même hein!»
Mais déjà le chirurgien s'est mis en place et attend le moment précis pour prendre la vague.
Sur la plage, Sumaru ne perd pas une miette du spectacle. Il est doué ce Kakashi en fait. Avec un peu de pratique, il atteindrait facilement le niveau de ses amis et lui.
Au bout d'une petite heure, Kakashi abandonne, exténué, et rejoint Sumaru sur la plage. Il plante la planche du jeune homme dans le sable et s'écroule à côté de lui.
«Ahhh, merci Sumaru. C'était vraiment génial! J'ai hâte de remettre ça!»
«Et ouais mon pote, quand on a goûté au surf, on peut plus s'en passer!» lui répond Sumaru en riant.
Les trois autres les rejoignent et commencent à discuter joyeusement. La plage s'est remplie à présent, et Kakashi décide d'aller récupérer ses affaires, avant qu'un enfant maladroit ne décide de recouvrir sa guitare de sable. Lorsqu'il revient vers ses nouveaux amis, ceux-ci réclament immédiatement une chanson.
«Par contre, chante-nous un truc gai, Kakashi. Gare à toi si tu plombes l'ambiance hein!» lui lance Yakumo.
Kakashi fait mine de réfléchir et entonne un grand classique, histoire de faire chanter tout le monde.
(Surfin USA - Beach Boys)
Tandis que les garçons se mettent à chanter fort, attirant l'attention des vacanciers, Yakumo se lève et commence à danser. les rires fusent tandis que les chansons s'enchainent, à la demande de l'un ou de l'autre.
«Hé Kakashi, il faut vraiment que tu viennes nous voir à Shiba, on pourra se faire des super soirées, après avoir surfé toute la journée!» lance Menma enthousiaste.
«Ah ouais ça serait carrément génial ça!» réplique Sora.
Kakashi hoche la tête avant de répondre:
«Effectivement, vu comme ça, c'est assez alléchant!»
«Bon et bien c'est décidé, on t'attend à Shiba dans quelques jours» déclare Sumaru.
Kakashi se met à sourire tandis que les trois garçons s'éloignent en riant pour récupérer leurs planches avant de repartir.
Yakumo se rapproche un peu de Kakashi et dit d'une voix douce:
«J'espère que tu t'es bien amusé aujourd'hui.»
Kakashi se contente de hocher la tête. Il a vraiment apprécié cette journée, et surtout, il vient de se rendre compte qu'il n'a pas pensé un seul instant à Minato.
«Kakashi, je suis vraiment ravie d'avoir fait ta connaissance, tu es une belle personne.»
Le chirurgien a envie de lui répondre qu'elle ne le connait pas assez pour pouvoir déclarer de telles choses, mais il se retient. Le regard intense, perforant, que lui adresse Yakumo parle pour elle. Elle lui sourit avant de reprendre:
«Je n'aime pas voir les gens tristes moi. Ça ne sert à rien d'être triste. Il faut toujours essayer d'aller de l'avant, comme sur une vague.»
Kakashi reste silencieux. La sensation bizarre qu'il a eue tout à l'heure, en parlant à Yakumo pour la première fois, lui revient. Une jeune femme qui recueille les chatons abandonnés, finalement Sumaru n'est probablement pas loin de la vérité. Il y a des gens comme ça qui, par leur présence, leur façon d'être, apportent du bien autour d'eux, soignent naturellement les blessures. Des docteurs de l'âme. Et Yakumo semble être assez douée dans ce domaine.
La jeune femme se lève finalement et s'étire face à la mer. Sans se retourner, elle lance un dernier mot à Kakashi:
«J'espère que cette journée t'aidera à finir ta chanson... sur une note plus positive.»
Yakumo se retourne et offre un sourire lumineux au chirurgien:
«Et on t'attend à Shiba comme promis. Ne sois pas trop long d'accord?»
Kakashi acquiesce et laisse la jeune femme rejoindre ses trois amis, qui lui font de grands signes d'au revoir auxquels il répond en souriant.
Le chirurgien ne s'attarde pas trop sur la plage. Il rejoint sa chambre d'hôtel, et après une douche bien méritée, s'installe sur la petite terrasse de l'hôtel avec sa guitare.
Il reprend sa chanson, mais la tristesse du texte et de la mélodie le frappent. Il décide cependant de la conserver telle quelle, comme symbole de ce jour maudit où il n'a pas eu le courage d'assister à l'enterrement de Minato. Il se remémore ces souvenirs douloureux, l'annonce de sa mort, ses larmes dans les bras de Tsunade, ses jambes flageolantes et son désespoir à l'heure même de l'office funéraire, tandis qu'il pleurait toutes les larmes de son corps dans sa misérable chambre à l'internat. Et puis le visage souriant de Yakumo lui apparait, porteur du petit souffle nécessaire pour tourner la page. Kakashi saisit son crayon et griffonne le dernier vers de sa chanson:
It's a day that I'm glad I survived.
...
Iruka a fini exceptionnellement tôt aujourd'hui. Le service de chirurgie cardio-thoracique, orphelin de son chef, est étrangement calme. Pour un peu, Iruka dirait presque qu'il a perdu son âme. Pas un jour ne passe sans que quelqu'un ne demande la date du retour de Kakashi. Yamato, qui dirige le service en l'absence du chirurgien, ne semble pas s'en offusquer. Le rôle de chef lui pèse, indéniablement. Les patients eux mêmes semblent s'être donné le mot pour éviter cette période de transition. Le service tourne au ralenti, le tiers des chambres étant vide. Iruka a décidé de profiter de son temps libre pour se remettre vraiment au dessin. Pas question de plancher sur ses cours de chirurgie ce soir. Alors qu'il s'est installé sur son lit, ses crayons étalés devant lui, un poing martèle discrètement sa porte.
«Entrez!»
«Iruka, tu as du courrier.»
Le jeune homme lève un regard interrogateur vers son amie Shizune, qui entre en brandissant une enveloppe. Elle s'assied au bord du lit et tend le courrier à Iruka.
Tandis qu'il se saisit de l'enveloppe, la jeune femme attrape le carnet à dessin trônant sur ses genoux.
«Tiens, tu nous as dessinés!» lance joyeusement Shizune en pointant un dessin la représentant avec Kotetsu.
«Et oui, vous êtes une source d'inspiration inépuisable» répond Iruka sur un ton volontairement pompeux avant d'éclater de rire.
Le jeune homme tourne et retourne l'enveloppe dans ses mains. Il a reconnu le logo du corpus de Professeurs attribuant les prix de la prestigieuse Académie de médecine de Konoha.
«Mais tu vas l'ouvrir cette fichue lettre?» lâche Shizune en levant les yeux au ciel.
Iruka pousse un soupir. Cette lettre lui rappelle Kakashi évidemment. Il s'est demandé à plusieurs reprises, cette semaine, ce que le chirurgien pouvait bien être en train de faire, s'il était seul, ou bien dans les bras de quelqu'un, s'il allait bien tout simplement. Kakashi lui manque, il le sait. Même s'il s'est juré de ne plus succomber à la tentation, même s'il a tourné la page, même si...
Iruka finit par déchirer fébrilement le haut de l'enveloppe et parcourt les quelques lignes du courrier. Son visage reste impassible, à la différence de celui de Shizune, marqué par l'impatience.
«Alors?» demande-t-elle.
Le visage fermé d'Iruka est plutôt un mauvais signe. Mais en quelques secondes, ce dernier s'illumine et offre un sourire radieux à la jeune femme.
«Premier prix! C'est pas la grande classe ça hein?»
Shizune pousse un cri de joie et se rue sur Iruka pour le prendre dans ses bras.
«Tu es vraiment le meilleur Ruka! je suis très fière de toi! Vraiment très fière!»
«Bah quand on y réfléchit, je n'ai pas fait grand-chose pour...»
La jeune femme fronce immédiatement les sourcils et interrompt son ami d'une voix ferme:
«Ah ne commence pas hein! Tu t'es investi dans cette étude, tu l'as brillamment présentée devant un parterre de grands pontes, donc tu mérites amplement ce prix!»
«Mais...»
«Pas de mais! C'est ta réussite! Et à partir de maintenant, je t'interdis de te dévaloriser à tout bout de champ, c'est compris?»
Iruka hoche la tête, amusé par l'enthousiasme maternel de son amie.
«Bon, je vais pouvoir m'offrir un nouvel ordinateur du coup. Et peut être que j'aurai assez pour m'offrir une tablette à dessin numérique.»
«C'est une superbe idée ça! Tu as vraiment du talent tu sais» répond Shizune en feuilletant le carnet de son ami. La jeune femme s'arrête quelques instants sur un visage, et plisse le front.
«Tiens, il me dit quelque chose lui...»
Iruka sourit avant de lever un œil malicieux vers la jeune femme.
«C'est Idate.»
«Non! Pas possible! Maintenant que tu le dis en effet! Mais il a drôlement changé quand même! Le petit Idate qui se cachait toujours derrière son grand frère. Haha, qu'est ce qu'on a pu l'embêter le pauvre! Tu l'a revu à Shiba?»
Iruka laisse son regard se perdre, un sourire timide sur les lèvres.
«Ouais, on a passé un peu de temps ensemble. On a même été pécher une ou deux fois. C'était sympa.»
Shizune fixe son ami, un sourire entendu sur les lèvres, mais reste muette.
«Quoi?» finit par lâcher Iruka sur un ton agacé.
«Rien, rien» répond Shizune amusée.
Iruka fronce les sourcils et tente de reprendre son carnet, mais Shizune est plus rapide que lui.
«Donc tu as passé du temps avec le gentil Idate. Et vous avez fait autre chose, à part pécher?»
Bon, il est clair que Shizune ne lâchera pas l'affaire. Et Iruka sait qu'à trop nier, il paraîtra encore plus suspect. Shizune est trop forte, mieux vous tout avouer avec elle.
«Bah on s'est bien bécotés un peu. Mais rien de vraiment sérieux.»
«Je vois. Un petit flirt d'été si je comprends bien.»
«C'est exactement ça!» lance un peu trop précipitamment Iruka.
Le visage de Shizune est maintenant barré d'un franc sourire.
«Et bien, qui aurait parié sur le petit pécheur pour mettre le grappin sur notre Iruka?» se met à chantonner la jeune femme.
Iruka pousse un long soupir avant de répondre:
«Nan mais te fais pas trop de films non plus. Tu l'as dit toi-même, c'était un petit flirt de vacances. De toute façon, il est à Shiba, et les relations à distance, c'est vraiment pas mon truc.»
«Mais il ne tient qu'à toi de retourner régulièrement à Shiba. Tu as une excuse toute trouvée quand même!»
Iruka secoue la tête négativement.
«Non Shizune, franchement, c'est voué à l'échec. Ce n'est sûrement pas à Shiba que je trouverai un poste de chirurgien cardio-thoracique, et Idate ne quittera jamais son petit village adoré. C'était sympa, mais éphémère. Et c'est très bien comme ça.»
Shizune hoche la tête de manière compréhensive. Mais au fond, elle redoute qu'Iruka, malgré les apparences, n'ait pas encore totalement tiré un trait sur un certain chirurgien aux cheveux argentés. La jeune femme préfère cependant ne pas aborder ce sujet sensible. L'absence de Kakashi à l'hôpital a permis à Iruka de retrouver tranquillement ses marques, en douceur, sans heurt. Le jeune homme semble à la fois apaisé et décidé. Et il fait plaisir à voir.
Alors Shizune préfère taire ses doutes et entraine son ami pour une petite virée, afin de fêter son succès. Dans le couloir, les deux amis croisent Genma et Tsunami, et ensemble ils vont retrouver Kotetsu et Izumo dans la salle de billard. Direction le centre de Konoha, pour se faire un petit resto suivi d'un karaoké. Une bonne soirée entre amis, comme ils en ont peu l'occasion.
...
Naruto grimpe lentement les marches menant à l'appartement de Sasuke. Il a séché les cours cet après-midi, pour faire le tour des agences immobilières. Mais il a bien vite du se rendre à l'évidence: à part quelques clapiers à lapins, rien n'est dans son budget. Il comprend mieux à présent pourquoi quasiment tous ses amis sont en colocation. Outre le fait de ne pas se retrouver seul, la question financière s'allège immédiatement lorsque l'on partage les frais. Le blondinet hésite à sonner: Sasuke est déjà en train de bosser probablement. Alors qu'il s'apprête à appuyer sur le bouton de la sonnette, la porte s'ouvre en grand, lui faisant faire un pas en arrière de surprise.
«Ah, c'est toi» dit laconiquement Sasuke, un sac poubelle à la main.
Naruto, gêné, marmonne:
«Je suis venu récupérer mes affaires.»
Sasuke se pousse pour laisser entrer son camarade.
«Je vais déposer la poubelle et je reviens» déclare le jeune Uchiwa en s'éloignant rapidement. Lorsqu'il remonte, Naruto a déjà rassemblé ses maigres effets personnels. Sasuke le regarde refermer son sac d'un geste accablé. Le brun pousse un soupir discret. Il tourne à présent le dos à Naruto, faisant mine de s'occuper dans la cuisine.
«Tu n'étais pas en cours aujourd'hui» lâche-t-il sobrement.
Naruto ne sait pas si c'est une critique. Le ton employé par Sasuke semble plus proche de l'annonce d'un état de faits. Mais Sasuke poursuit déjà:
«C'est dommage, les cours étaient intéressants pour une fois.»
Naruto, immobile au milieu du salon, observe son camarade. Pourquoi faut-il toujours qu'ils se chamaillent? Parce qu'il aime bien Sasuke au fond, lui. Pourquoi a-t-il fallu qu'il fasse cette allusion douteuse tout à l'heure? C'était évident que Sasuke allait mal le prendre! Mais il est si mystérieux qu'on est obligé de s'inventer plein de films à son sujet aussi!
Le blondinet pousse un profond soupir et répond finalement:
«J'ai passé tout l'après-midi à chercher une chambre d'étudiant.»
Sasuke ne répond pas immédiatement. Mais devant le silence de son camarade, il se sent obligé de l'encourager à poursuivre:
«Ah, et tu as trouvé quelque chose?»
«Non, enfin rien dans mes prix en tout cas.»
«Je vois. Et donc tu vas faire quoi ce soir, tu rentres chez toi?»
«Pas question!» répond fermement Naruto. «Je vais me démerder. J'irai à l'hôtel quelques temps s'il le faut.»
Sasuke se met à sourire. Il a envie d'envoyer une vacherie dans les dents de son camarade. S'il n'a pas les moyens de se prendre un appartement, comment pourrait-il aller à l'hôtel? Franchement, la logique de Naruto reste un vrai mystère pour lui.
«Bon ben, merci de m'avoir accueilli cette nuit. C'était sympa.»
Naruto quitte l'appartement sans un mot de plus. Sasuke n'a pas bronché. Mais le bruit de la porte se refermant derrière son camarade lui tire un frisson. Et puis merde, au diable la fierté!
«Naruto!» lance l'externe en haut de l'escalier.
Le jeune homme, qui vient juste d'atteindre le petit hall d'entrée de l'immeuble, lève la tête intrigué, pensant qu'il a du oublier quelque chose dans l'appartement de Sasuke. Il voit alors le jeune homme pousser un soupir en fermant les yeux, comme s'il essayait de se concentrer. Quand il rouvre les yeux, Sasuke fixe Naruto d'un regard à la fois doux et ferme.
«Allez remonte espèce d'idiot.»
Et Sasuke tourne les talons, en prenant soin de laisser sa porte ouverte. Naruto n'hésite pas longtemps et grimpe les marches des trois étages à une vitesse impressionnante.
«Merci Sasuke, t'es vraiment un bon pote tu sais!» lance le blondinet, sa bonne humeur apparemment retrouvée. Il s'affale dans le canapé en poussant un soupir de soulagement. Sasuke se rapproche et lui tend un verre de soda, tout en balançant un violent coup de main sur les pieds de Naruto, qu'il a posés sur la table basse du salon.
«Bon, voilà ce que je te propose» déclare Sasuke en prenant place dans son fauteuil préféré. «Tu peux rester ici, en tant que colocataire...»
«Génial! Je suis sûr qu'on va bien se marr...»
Mais Sasuke interrompt son camarade en levant une main autoritaire pour réclamer le silence.
«Mais je tiens à ce que tu respectes certaines règles. Sinon je te fous dehors sans préavis c'est compris?»
Naruto hoche la tête, un peu vexé cependant de s'être fait réduire au silence de la sorte.
«Premièrement, interdiction de foutre le bordel dans l'appartement. On va t'aménager le bureau en chambre. Et je ne veux voir aucune de tes affaires trainer ailleurs que dans cette pièce.»
Naruto hoche la tête de nouveau.
«Deuxièmement, interdiction d'inviter qui que ce soit ici sans que je donne mon accord.»
Naruto tique un peu, mais accepte. Ce sera toujours plus facile de convaincre Sasuke d'inviter des filles que sa mère. Enfin, tout bien réfléchi, peut être pas, mais bon...
«Troisièmement, partage équitable des frais: le loyer, les charges, les courses.»
Naruto ne peut qu'acquiescer à ça. Il a d'ailleurs l'intention de se trouver un petit job le weekend, qui devrait suffire, en plus de sa paye d'externe, à couvrir les dépenses courantes.
«Quatrièmement, interdiction formelle de rentrer dans ma chambre.»
Naruto accepte de bon cœur toutes ces règles, et offre un sourire chaleureux à son ami en lui tendant la main.
La poignée de mains que les deux jeunes hommes s'échangent scelle le début de leur cohabitation. A peine se sont-ils lâchés que Naruto s'exclame:
«Bon alors, qu'est ce qu'on mange ce soir?»
Sasuke lève les yeux au ciel, en se demandant s'il ne vient pas de faire la plus grosse connerie de sa vie. Mais l'enthousiasme débordant de Naruto, une fois canalisé bien sûr, risque bien de soulager un peu son fardeau de solitude.
...
Sous son casque, Kakashi sourit en voyant le panneau annoncer l'entrée dans le petit village de Shiba. Il a mis trois jours. Trois jours pour se décider à reprendre la route, pour répondre à l'invitation de Yakumo et de ses amis. Envie de soleil, envie de surf, envie de s'amuser et de profiter à fond de ses deux dernières semaines de vacances.
Shiba, ce nom lui dit quelque chose. Mais le chirurgien a beau creuser dans sa mémoire, impossible de se rappeler où il a déjà entendu ce nom. Aucune importance, il est là maintenant. Et le paysage qui s'offre à ses yeux est particulièrement réjouissant. Une grande plage, bordée de palmiers. Et des vagues magnifiques!
Kakashi a vite fait le tour du village, dont les maisons semblent d'étirer en étoile autour de la petite place centrale. Un unique hôtel, à la façade colorée en rose, trône au milieu de ce décor de carte postale. Kakashi gare sa moto sur le petit parking de l'hôtel et se dirige vers l'accueil. Une petite femme rondelette l'accueille avec un grand sourire.
«Bonjour Monsieur! Bienvenue à Shiba! Je suppose que vous désirez une chambre, il m'en reste justement une avec vue sur la mer!»
«Parfait je la prends!» répond hâtivement Kakashi, de peur que la propriétaire ne poursuive son babillage. Non pas qu'elle soit antipathique, loin de là. Mais à cet instant, Kakashi n'a qu'une idée en tête, retrouver ses nouveaux amis et aller surfer.
«C'est la dernière chambre à droite, au deuxième étage, Monsieur?»
«Hatake» répond Kakashi en apposant sa signature sur le registre. Il récupère rapidement la clé et se dirige vers l'escalier en bois massif qui lui fait face.
La chambre est simple mais très lumineuse. Et il y a effectivement une vue magnifique sur la mer. Au loin, un phare qui semble perdu en pleine mer se dresse fièrement, comme un guide indétrônable. Kakashi ne s'attarde pas. Il se change rapidement: un short et un vieux T-shirt, des sandales, une casquette et une paire de soleil. Il jette une serviette de bain sur son épaule et quitte la petite pièce qu'il habitera pour les deux prochaines semaines.
Dans le hall, il retrouve la femme de l'accueil, affairée à trainer de gros cartons vers ce qui semble être la remise.
«Besoin d'un coup de main?» propose gentiment le chirurgien.
La femme semble ravie. Tandis que Kakashi s'empare des cartons, il en profite pour demander à son hôtesse si elle connaît une bonne boutique de surf dans le coin.
«Mais bien sûr Monsieur Hatake! Mon beau-frère tient la boutique qui se trouve juste à l'entrée de la jetée, à côté du petit restaurant de poissons! Dites-lui que vous venez de la part de Luci(**), il vous fera un prix d'ami.»
Le chirurgien remercie la femme et prend la direction de la jetée à pied. Il repère rapidement le magasin en question, et fait tinter un joli carillon en poussant la porte.
«Bonjour Monsieur!» lance une voix joviale.
Décidément, tout le monde à l'air particulièrement joyeux dans ce village! Mais Kakashi n'a pas le temps de s'approcher des planches de surf qu'il entend quelqu'un l'appeler derrière lui.
«Kakashi! tu es venu finalement! On commençait à se demander si tu ne t'étais pas perdu en route!»
«Hé salut Menma! J'ai pris mon temps ouais. Comment ça va vous autres?»
«Bien bien! Tu viens louer une planche?»
«C'est ça» répond le chirurgien en s'approchant du rayon, la mine un peu perdue.
Menma se rapproche de lui et lui murmure:
«Le vendeur de cette boutique est très sympa, mais il sait aussi très bien embobiner les touristes.»
«Ah, tu veux pas m'aider à choisir du coup?»
Menma sourit à son nouvel ami et jette un coup d'œil aux planches.
«Celle-là fera très bien l'affaire. C'est une bonne marque, et elle est pas chère. Tu restes combien de temps à Shiba?»
«Deux semaines pas plus. Après je dois reprendre le travail.»
Menma prend un air contrit.
«Ah pas cool. Et tu fais quoi au fait?»
«Je suis...»
Kakashi hésite, il sait que le statut de chirurgien impressionne les gens d'habitude, mais il ne voudrait pas perdre cette familiarité naturelle qui s'est installée entre lui et ses nouveaux jeunes amis. Alors il répond finalement sur un ton volontairement sobre:
«Je suis médecin.»
«Wow, la classe! Et ben tu sauras nous soigner si on se fait bouffer par un requin alors!» répond Menma.
La tête de Kakashi s'allonge, ce qui entraine un rire tonitruant de la part du jeune homme.
«Mais non je déconne Kakashi! Ya pas de requins ici! Allez, prends ta planche, je t'emmène dans notre petit QG!»
Kakashi règle rapidement la location de sa planche, ainsi que d'une petite combinaison, et emboite le pas de Menma.
«On a posé nos tentes dans le camping, qui a un accès direct sur la plage. Au plus proche des vagues!»
«Et bien, vous êtes plus des fanatiques que des amateurs de surf en fait!»
«Carrément!» répond Menma en riant. «Tiens regarde, les autres doivent déjà être sur la plage!»
Kakashi et Menma poursuivent leur route dans le petit chemin sablonneux, encadré par des joncs de mer, après que le jeune homme ait récupéré sa propre planche.
«Hé ho!» se met à hurler Menma pour attirer l'attention de ses camarades, qui sont déjà dans l'eau, «Regardez qui je vous ramène!»
Yakumo pousse un cri de joie en voyant Kakashi et sort rapidement de l'eau. Elle se met à crier en courant vers les deux garçons:
«Kakashi! Tu es enfin arrivé!»
Arrivée à sa hauteur, la jeune femme prend Kakashi dans ses bras, comme si elle le connaissait depuis des lustres, et comme s'ils s'étaient quittés il y a tout aussi longtemps. Kakashi sourit devant cette marque d'affection spontanée. Yakumo est vraiment une fille à part.
Il a à peine le temps de réagir qu'elle l'entraine déjà vers la mer.
Le petit groupe profite de cette matinée ensoleillée pour surfer jusqu'à plus soif. L'après-midi, la plage se remplit de touristes, et il est plus difficile de surfer dans le coin. Les surfers sont alors obligés de migrer vers une zone non surveillée, un peu plus dangereuse en raison de la présence de rochers.
Après plusieurs heures dans l'eau, c'est l'estomac dans les talons que les quatre amis se dirigent vers leur emplacement réservé au camping.
«Kakashi, tu restes manger avec nous hein?» demande Sumaru sur un ton n'appelant qu'une réponse positive apparemment. Kakashi sourit au jeune homme en hochant la tête. Yakumo le saisit par le bras et l'entraine vers la banquette qu'ils ont sorti de leur camion bariolé de couleurs vives. Kakashi ne peut s'empêcher de la taquiner.
«Dis-donc, vous faites vraiment dans le cliché «surfeurs» avec ce camion!»
Yakumo lui tire la langue d'un air faussement vexé et commence à chatouiller le chirurgien.
«Et toi alors, avec ton look de biker solitaire, tu fais pas cliché sûrement?»
«Ok, un point partout! Bon, vous n'allez pas me dire que vous n'avez pas une petite guitare qui traine dans tout votre bazar là?» reprend Kakashi en jetant un coup d'œil au campement désordonné qui l'entoure.
«Ah si! Sora en a une, mais il ne sait absolument pas en jouer. Du coup on l'a planquée au fond du camion pour qu'il ne puisse pas remettre la main dessus!» lance Sumaru en riant.
«J'y crois pas! Moi qui croyais qu'elle était définitivement perdue! Comment voulez vous que je m'améliore si vous me privez de mon instrument hein?» proteste Sora.
«T'améliorer? Déjà si tu apprenais à jouer ce serait bien!» rétorque Sumaru.
«Et à l'accorder aussi, ce serait bien» renchérit Menma, ce qui entraine l'hilarité générale.
«Allez, montre-moi cette merveille» reprend Kakashi, «je vais voir si on peut en tirer quelque chose, et je pourrai t'apprendre quelques trucs si tu veux.»
Yakumo pose un tendre regard sur Kakashi. Elle l'a immédiatement deviné: cet homme est une belle personne. Tandis que Sora et Menma partent à la recherche de la guitare, et que Sumaru tente d'allumer le barbecue, Yakumo donne un gentil coup d'épaule à Kakashi.
«Alors,» murmure-t-elle, « tu as fini ta chanson triste?»
Kakashi la regarde et acquiesce, tandis qu'un sourire mutin apparait sur son visage. «J'ai une surprise pour toi, enfin pour vous. Je vous ai composé une petite chanson!»
«C'est vrai?» répond Yakumo enthousiaste. La jeune femme se lève d'un bond et commence à sautiller sur place.
«Alors, elle vient cette guitare?» lance-t-elle à ses deux amis.
Comme pour répondre à l'impatience de la jeune femme, Menma et Sora reviennent, ce dernier brandissant l'instrument tant convoité. Kakashi grimace un peu en voyant l'objet, mais ne fait aucun commentaire. Il saisit l'instrument et laisse courir ses doigts sur les cordes. «Oulala, effectivement, elle a besoin d'une bonne révision. Bon, je vous promets rien pour aujourd'hui, mais je te ramènerai des cordes neuves dès demain, Sora. Ce sera déjà un bon début!»
Kakashi prend le temps d'accorder l'instrument comme il peut, et obtient finalement un son potable. Les trois amis se sont assis en tailleur devant lui, alors que Sumaru est resté près du barbecue, pour surveiller la cuisson de leur repas.
(You and I - Crystal Fighters)
Dès les premières notes, les têtes balancent en rythme. Au son de la voix mélodieuse et entrainante de Kakashi, Yakumo se lève et commence à danser, entrainant Sora avec elle. Menma commence à taper en rythme sur une casserole avec un bâton. Les amis reprennent le «you and I» de Kakashi à plein poumons. Sumaru se joint à la bonne humeur ambiante en apportant les premières merguez.
Yakumo et ses amis applaudissent à tout rompre quand Kakashi s'arrête de chanter. Les garçons réclament déjà une autre chanson, mais Sumaru décrète que la session musique reprendra après le repas. Yakumo rejoint Kakashi sur la banquette et passe un bras amical autour de ses épaules. Posant négligemment sa tête sur l'épaule de Kakashi, elle lui murmure: «Et bien tu vois que tu sais écrire des chansons gaies! C'était super, franchement! Tu as beaucoup de talent.»
Kakashi la remercie silencieusement. C'est bon de se retrouver là, parmi ces jeunes sympathiques, sans penser à rien d'autre qu'à prendre du bon temps. Kakashi comprend à présent qu'on peut profiter de la vie sans forcément être égoïste, comme le lui répétait si souvent Obito. Le partage est une valeur qui apporte sans conteste le bonheur.
Kakashi ne quitte ses amis qu'à la nuit tombée, après une après midi de surf, de farniente et de jeux sur la plage. Quand il décide de rejoindre son hôtel malgré les protestations des garçons, Yakumo se propose de le raccompagner. Kakashi n'ose pas refuser, et ils quittent rapidement le camping après que Kakashi ait promis de revenir le plus tôt possible le lendemain.
«Je suis crevé! C'est plus de mon âge ce genre de journée franchement!» lâche Kakashi sur le chemin du retour, en étouffant un bâillement.
«Rooo, écoutez-le un peu, le papi!» le taquine Yakumo en passant son bras sous celui du chirurgien. «Avoue que tu t'es bien amusé aujourd'hui avec nous!»
«J'avoue» répond Kakashi en souriant.
Un silence confortable s'installe entre les deux jeunes gens. Quand l'hôtel de Kakashi arrive en vue, Yakumo stoppe sa marche, et le chirurgien tourne un visage interrogatif vers elle.
«Je crois que je vais te laisser maintenant. On a passé une journée vraiment géniale avec toi.»
«Moi aussi» répond sobrement Kakashi.
Yakumo reste silencieuse quelques secondes avant de reprendre:
«Kakashi, je ne sais pas ce qui te rend si mélancolique, et je ne veux pas le savoir. Mais tu sais, tout le monde a le droit d'être heureux.»
«On m'a déjà dit ça» murmure le chirurgien en souriant.
Yakumo s'approche de lui et dépose un baiser sonore sur sa joue.
«Fais de beaux rêves Kakashi.»
La jeune femme ne s'attarde pas et disparait déjà dans la pénombre, laissant Kakashi seul, planté au milieu du chemin. Yakumo a-t-elle une sorte de pouvoir divin, une capacité à lire dans les âmes meurtries? Kakashi en vient à se demander ce que la jeune femme cherche vraiment. Il est bien avec elle, elle semble enveloppée d'une sorte de joyeuse sérénité. Le chirurgien sent qu'il pourrait facilement lui déballer toute sa vie, toutes ses peurs et ses blessures, alors qu'il ne la connait que depuis quelques jours seulement. Certaines personnes sont comme ça, pleines d'une bonté qui appelle aux confessions. Pleines d'une ardeur à faire le bien, à procurer de l'amour simplement, sans contrepartie.
Kakashi secoue la tête et reprend sa route. Demain est un autre jour, qui lui laissera l'occasion de découvrir un peu plus les multiples facettes de Yakumo.
...
Asuma se dirige lentement vers l'entrée de l'internat. Entre sa voiture et la porte, il y a environ trente mètres, mais cela fait bien la quatrième fois qu'il consulte compulsivement son portable.
«Bordel, mais qu'est ce qu'il fout?» marmonne le neurochirurgien en contemplant son écran vide.
Kakashi a un jour de retard. Il avait promis d'appeler toutes les semaines, mais cette fois, il a un jour de retard. Kurenai lui a bien dit de se calmer, que la journée n'était pas finie, et que Kakashi allait forcément appeler. Mais Asuma n'y peut rien: il est à présent vingt heures et toujours pas de nouvelles de son ami. Alors il angoisse. Il a du se faire violence pour ne pas l'appeler. Bon, pour être honnête, Kurenai l'a surveillé toute la journée, et elle a même fini par lui confisquer son portable, en lui promettant de lui rendre dès que Kakashi appellerait. Mais il faut se rendre à l'évidence, Kakashi a zappé. Asuma tente de contrôler son niveau de stress en s'allumant une clope. Il voit Aoba et Kotetsu traverser le réfectoire à travers l'une des vitres de l'internat. La répétition de Mescaline va commencer, et il n'entendra plus son portable si Kakashi décide de l'appeler maintenant. Asuma pense sérieusement à confier son téléphone à quelqu'un, le temps de la répèt. Mais pourquoi ne l'a-t-il tout simplement pas laissé à Kurenai?
Parce qu'il a espéré jusqu'à la dernière minute que Kakashi tiendrait son engagement. Asuma écrase rageusement son mégot dans le cendrier de l'entrée et pousse la porte.
Juste à cet instant, son téléphone se met enfin à vibrer.
Les rares internes présents dans le réfectoire jettent un œil intrigué vers le neurochirurgien, dans un état de fébrilité particulièrement inhabituel chez lui, qui tente de sortir le portable de sa poche.
Le «Allo?» qu'il prononce a un ton tellement désespéré que même Kakashi, à l'autre bout du fil, marque un temps d'arrêt.
«Asuma, c'est moi. Tu... Tu vas bien?» lance Kakashi d'une voix inquiète.
«A ton avis, bougre d'idiot! T'imagines même pas comment j'ai flippé de ne pas recevoir ton coup de fil plus tôt!» lui crie Asuma, comme pour laisser échapper toute la tension de la journée.
«Bougre d'idiot?» reprend Kakashi en riant. «Vachement moderne comme insulte dis-donc!»
«Oh ça va hein! Et pourquoi tu appelles si tard d'abord?»
Kakashi ne peut réprimer un rire franc.
«Mais t'as fini de jouer les mères poules? J'ai fait du surf toute la journée, y'avait des super vagues aujourd'hui! Je viens juste de me poser là.»
«Mouais, bon. Tout va bien alors?»
«Mais oui Asuma, tout va bien. Tiens au fait, t'as regardé tes mails? Je t'ai envoyé quelques compos. Enfin juste des lignes de guitare ou de piano. Ca vous donnera de la matière pour composer autour en attendant que je rentre.»
«Ouais ouais, j'ai vu ça. On a justement une répèt ce soir. Je vais montrer tout ça au jeunes.»
«Parfait! J'ai hâte de rentrer pour vous faire écouter les textes en tout cas!»
Asuma reste interrogatif en entendant des protestations derrière Kakashi, à la mention de son retour.
«Il y a des gens avec toi Kashi?»
«Ouais, je me suis fait des potes surfers. On s'éclate comme des petits fous!»
Derrière, une acclamation s'élève comme pour donner raison à Kakashi, qui se remet à rire.
«Et bien je vois que tu profites bien de tes vacances. C'est bien, mais sois sage quand même hein. Pas de bêtises, c'est promis?»
«Oui Asuma, c'est promis. Je vais rentrer en pleine forme et tout bronzé! Bon allez, je te laisse, on va se faire une petite soirée sur la plage, au coin du feu, avec de la musique et tout et tout. Et passe le bonjour à tout le monde hein!»
«Ok. Amuse-toi bien et...»
Mais Asuma n'a pas le temps de finir sa phrase. la communication se coupe, mettant fin aux rires à l'autre bout du fil.
Le neurochirurgien pousse un soupir, à la fois d'agacement et de soulagement. Quand il entre dans la salle de répétition, il sourit à ses camarades avant de leur lancer:
«Vous avez le bonjour de votre chanteur, qui se la coule douce au soleil.»
Les membres de Mescaline se mettent à rire, contents de savoir que Kakashi va bien. Asuma leur a expliqué que les vacances forcées de Kakashi faisaient suite à des événements très douloureux pour lui, sans trop rentrer dans les détails. Personne n'a osé demander plus d'explications, mais tous sont heureux pour leur leader et ami, qui semble avoir retrouvé toute sa superbe.
«Il va être intenable en rentrant, si je comprends bien» déclare Aoba.
«Ya des chances ouais» lâche Asuma dans un soupir, entrainant par la même occasion un fou rire généralisé.
«Bon, et si on se mettait au travail? Parce que Monsieur Hatake prend des vacances pour faire du surf, mais il nous envoie du taf à nous!» reprend Asuma en agitant sa clé USB.
La répétition démarre dans la bonne humeur, et se poursuit jusque tard dans la nuit.
...
«Moi je suis crevé, je vais me coucher les amis!»
«Bonne nuit Sumaru!» lance Yakumo.
«Attends je viens avec toi!» dit Sora en se levant pour rejoindre son ami.
«Moi aussi j'abandonne» lâche Menma en s'étirant. «A demain Kashi, bonne nuit ma belle!» poursuit-il en embrassant la jeune femme sur le front.
Kakashi et Yakumo suivent leurs amis du regard, et le chirurgien s'étend dans le sable. Yakumo s'étend près de lui et murmure:
«Les étoiles sont magnifiques ce soir.»
Kakashi reste silencieux, profitant de ce petit moment de quiétude avec son amie. Mais Yakumo, qui comme à son habitude ne tient pas en place, sse relève d'un bond, et commence à se déshabiller. Lorsque Kakashi la voit enlever son maillot de bain, ses yeux s'écarquillent et il tourne vite la tête. Le rire clair de Yakumo résonne dans le silence de la nuit étoilée.
«Ca te tente un petit bain de minuit?»
Devant le silence gêné de Kakashi, la jeune femme pousse un soupir amusé.
«Allez viens, au lieu de faire cette tête d'ahuri. Franchement tu ne me feras jamais croire que tu n'as jamais vu une fille toute nue Kashi!»
Kakashi finit par se retourner vers Yakumo, en prenant soin de bien la fixer dans les yeux.
La jeune femme lui tend la main pour l'aider à se redresser. Et tandis qu'il enlève son T-shirt, elle en profite pour baisser son short de bain.
«Hé!» proteste Kakashi, mais le rire clair de la jeune femme emplit l'air à nouveau.
«Allez, arrête de jouer les prudes, et viens te baigner. On a la mer pour nous tous seuls ce soir!»
Yakumo part comme une flèche en direction de la mer. Kakashi semble réfléchir quelques secondes, puis part à sa poursuite. Yakumo a raison après tout, la plage est déserte, et il a très envie de la rejoindre dans l'eau.
Après s'être chamaillé dans l'eau, et avoir joué avec les vagues, Yakumo entreprend de faire couler Kakashi. Mais la poigne du chirurgien rend les choses plus difficiles que prévu. Yakumo décide alors de jouer son meilleur atout. Elle s'approche sournoisement de son ami et se redresse, à quelques centimètres de lui seulement, la lueur de la lune dévoilant alors sa magnifique nudité. Kakashi marque un temps d'arrêt, et sent ses joues s'empourprer. moment d'inattention suffisant pour que Yakumo passe à l'attaque. Elle plaque ses mains sur les épaules de Kakashi et appuie de tout son poids, entrainant le chirurgien au fond de l'eau. Kakashi a le réflexe de la faire prisonnière et ils se laissent couler tous les deux, les yeux rieurs, pour réapparaitre quelques secondes plus tard à la surface, dans une belle gerbe d'écume. Leurs regards se croisent, pleins d'affection et Yakumo se penche pour déposer un doux baiser sur les lèvres de Kakashi.
Le chirurgien sait qu'il n'éprouve pour Yakumo qu'une profonde amitié. Il ne veut pas la faire souffrir, comme il a pu le faire avec d'autres. Avec Iruka notamment. Le chirurgien ne sait pas pourquoi il pense à son jeune interne à ce moment précis d'ailleurs. Mais son trouble n'a pas échappé à Yakumo.
Tandis que Kakashi déserre son étreinte, la jeune femme passe ses bras autour de son cou, et lui murmure:
«Tu es amoureux de quelqu'un Kakashi. Cette personne a beaucoup de chance.»
C'est une affirmation, pas une question.
«C'est... C'est un peu compliqué» répond Kakashi pour tenter de se justifier.
«Je vois, Et c'est pour ça que tu as entamé ce périple. Tu avais besoin de réfléchir à tout ça.»
Le chirurgien hoche la tête et murmure:
«Ça et pas mal d'autres choses aussi.»
«Kakashi,» reprend Yakumo en passant un doigt sous le menton du chirurgien pour pouvoir le fixer dans les yeux, «faisons-nous une promesse ce soir. Profitons ensemble de notre dernière semaine, amusons-nous, faisons du surf, et de la musique, embrassons-nous et faisons l'amour. Et quand cette semaine sera finie, tu repartiras à Konoha, et tu feras tout pour réparer tes bêtises et reconquérir ton amoureux. D'accord?»
Kakashi se noie dans ces yeux compréhensifs et plein d'affection. Il se noie dans ces paroles qui semblent prendre avec elles une partie du poids qu'il a sur le cœur.
Un bel amour de vacances, comme point de départ d'une nouvelle vie. Comme une promesse de réussite.
Alors il enroule de nouveau ses bras autour de la taille de la jeune femme. Et il se perd dans sa bouche, dans ses seins, dans son corps tout entier. Ce soir, il a envie que Yakumo lui apprenne à aimer.
Tandis que leurs corps s'unissent sur le sable balayé par les vagues, une barque passe au loin, annonçant déjà l'aube toute proche. Le regard du jeune pêcheur est attiré par ces deux corps faiblement éclairés par les premiers rayons du soleil. A cette distance, il n'arrive qu'à distinguer une touche d'argent mêlée à une touche brune et deux corps qui ne semblent plus faire qu'un. Le jeune homme pousse un soupir. Lui aussi aimerait connaître l'amour. Il l'a touché du doigt, mais l'oiseau s'est envolé. Mais lui ne sait attraper que de poissons dans ses filets. Peut être que l'oiseau reviendra un jour, qui sait?
...
(1) Apocalypse now
(*)Naoki n'est, à ma connaissance, pas un personnage de Naruto. Ce personnage fait ici référence à l'un de mes reviewers les plus actifs, Naoki Akuro ^^
(**)Luci fait aussi référence à l'un de mes reviewers adorés: Lucifer-L.
(Comme quoi, ça a du bon de commenter les fics, on se retrouve dans l'histoire du coup ^^ D'ailleurs, si vous êtes toujours là au 4e arc, vous risquez d'avoir de jolies surprises les amis ;) )
A bientôt pour la suite! Et n'oubliez pas les commentaires (j'adooooore les commentaires ^^)
