Base républicaine de «Biem Hoa», enclos des prisonniers.
La nuit tombait et Bujac commençait à trouver le temps long. Jay était partie hier soir, puis cette alerte en pleine nuit qui avait été stoppée après juste un coup de feu, puis plus rien…
Julius dut le sentir car il lui dit :
-Vous avez l'air mal à l'aise, Wolfgang…
-C'est au sujet du major. Je suis quasiment certain qu'elle est pour quelque chose dans l'alerte de cette nuit.
-Vous avez tort de vous ronger les sangs. Vous n'y pouvez malheureusement rien.
Bujac se tut et son interlocuteur prit cela pour un acquiescement. Mais c'était en vérité l'inverse que pensait le jedi.
Bon sang, bien sûr que je pouvais y faire quelque chose ! Si je me suis planté je vais avoir à le porter devant les autres, mais pire encore, devant moi-même, se dit-t-il.
Une contraction commença doucement à se nouer en haut de son estomac.
Il en était là lorsqu'une autre sensation apparut. C'était beaucoup plus dangereux, mais paradoxalement cela le détendit, car cette perception-là il la connaissait parfaitement : le ressac du coté obscur de la force.
Il est venu, se dit-il. Et pas seul…
Ce n'était plus le moment de finasser. Il était parti pour se démasquer lorsque brusquement toute la base s'éteignit.
Classique, se dit-il. Ils préfèrent toujours l'obscurité.
Sa vue ne s'étant pas encore accommodée, il ne distinguait personne dans l'enclos. Il y régnait par contre une grande confusion, tout le monde se hélait dans une complète cacophonie. Il se résigna à y apporter sa contribution :
-Yil, ou est-tu ? Yil, réponds !
Enfin, il entendit la voix du convict :
-Je suis là, représentant ! Juste derrière vous !
Il lui fit signe de se rapprocher, et quand ils furent à portée de voix normale, le jedi lui dit :
-C'est le moment d'utiliser ta boulette ! Fais-moi péter ce portail tant qu'il n'est plus sous tension !
-Vous êtes sûr ?
-A quoi ça sert que tu planques ce genre de choses alors ?
-C'est-à-dire que…
Bujac respira à fond et fit appel aux séances de méditations qu'il avait enduré lorsqu'il était padawan.
-Donne-moi ça, dit-il. Et passe-moi aussi un des clous que tu as aiguisé.
Le convict lui tendit les articles demandés, et le jedi se mit à courir vers le portail en bousculant quelques prisonniers de ci de là. Il y eu bien quelques protestations, mais Bujac en était déjà à sa victime suivante lorsqu'elles furent émises.
Il arriva enfin au portail grillagé et écrasa sur le boîtier de verrouillage l'explosif qu'il avait malaxé durant sa course. Il le concentra bien autour du pêne et planta le détonateur dedans.
Bien tordre l'extrémité se rappela-t-il. Juste ce qu'il faut, et surtout ne pas plier le corps. Pourvu qu'ils ne rallument pas maintenant !
Il s'écarta du portail rapidement, car il ne connaissait pas la valeur du retard, et effectivement cette précaution ne fut pas inutile car la détonation sèche fut émise alors qu'il n'était encore qu'à dix mètres.
Il se précipita dans la fumée piquante pour constater avec soulagement que la serrure avait disparue. Il tira le battant et l'ouvrit en grand, puis s'adressa aux prisonniers d'une voix forte :
-Soldats ! Vous pouvez rejoindre vos camarades ! Profitez-en !
Et il sortit le premier.
Vaisseau amiral républicain RSV115 «Emancipator», ascenseur «Capricorne».
Jed et ses compagnons étaient arrivés un peu essoufflés devant la cage de l'ascenseur. Comme le soldat l'avait dit, il n'y avait pas d'accès par ce niveau.
-Il faut passer par les ateliers, dit-il. Il y a un monte charge toute les trois salles pour acheminer les pièces volumineuses.
-Un instant, répondit Jed.
Il observa les parois de la cage. Elles étaient lisses, mais il remarqua deux trappes d'inspection.
-On peut trouver des outils pour ouvrir ces accès ? demanda-t-il.
-Oui chef, répondit un des soldats.
Il se dirigea vers la porte d'un atelier et l'ouvrit.
Pendant ce temps, le lieutenant tendait l'oreille, essayant de détecter le moindre bruit. Mais il y avait trop de sources, aussi n'entendit-il rien de significatif.
Le soldat revint avec les outils, et entreprit de démonter le panneau. Jed l'aida en supportant la pièce, tandis que les fixations étaient retirées.
-Attention, dit-il il ne faut pas l'enlever tout de suite.
Il disposa sa troupe en deux groupes de chaque cotés de la trappe. Le blaster lourd fut mis en batterie juste devant une des ouvertures et une fois que cela fut fait, il fit éteindre l'éclairage du couloir et prit deux grenades dans le sac.
-Voila ce que nous allons faire. Nous allons retirer le panneau. S'il y a des ennemis, ouvrez immédiatement le feu, et je jetterai les grenades. S'il n'y a personne, je passerai la tête en inspection. C'est compris ?
-Oui chef, répondirent en cœur les fantassins improvisés.
Les dernières fixations furent retirées, et le lieutenant et le soldat posèrent le panneau le plus silencieusement possible.
La bouche était sombre et silencieuse. C'était à lui de jouer.
Il passa lentement la tête dans l'ouverture en regardant vers le haut. Il ne vit que le plancher de la cabine de l'ascenseur.
-La cage est au-dessus ne nous, dit-il en chuchotant à ses camarades. Ils ont du l'appeler.
Il ajouta :
-Démontez vite le deuxième panneau !
Les pilotes et soldats s'affairèrent. Lorsque cela fut fait, Jed les sépara en deux groupes devant chaque ouverture, les armes braquées vers le haut.
-Dès que la cage se mettra en mouvement, ouvrez le feu au travers du plancher. Si la cabine arrive jusqu'à notre niveau, continuez à tirer au travers des parois, et finissez par le plafond si elle continue à descendre. C'est clair ?
-Compris ! répondit la troupe.
Il repassa la tête par l'ouverture.
Ce fut l'éclairage de la cabine qui lui sauva la vie.
Il vit le halo de lumière sur la paroi en face de l'encadrement, ce qui lui fit arrêter son geste. Le rayon passa à moins de dix centimètres de sa tête.
Il recula précipitamment.
-Ils ont ouvert les trappes de plancher ! Feu à volonté !
Les soldats ouvrirent le feu. Il y eu quelques tirs en retour, mais peu précis.
-Halte au feu ! cria Jed. Il ajouta :
-Tant que nous ne passons pas la tête, ils auront du mal à nous atteindre.
-Pour l'instant, nous les bloquons, répondit Sven. Tenter de descendre dans ces conditions serait un vrai carnage.
A peine avait-il dit cela que la cage de l'ascenseur se mit en marche.
-Feu à volonté ! cria à nouveau Jed.
A nouveau, les blaster se déchaînèrent.
La cage était juste au-dessus d'eux lorsque Jed compris et hurla :
-Halte au feu ! Tout le monde en arrière !
La troupe recula. La cage arriva à leur hauteur, et ils furent tous balayés par le souffle.
Le lieutenant se releva, sonné et les oreilles bourdonnantes. Sven à coté de lui faisait de même. Il entendit sa voix lointaine :
-Comment avez-vous deviné ?
-Il n'y avait pas de tirs de riposte.
Les deux hommes regardèrent le reste du groupe se relever sauf un.
-C'est un de mes pilotes ! dit Sven en s'approchant de lui.
Il le retourna. L'homme était mort.
Encore un, pensa-il en se prenant le front. C'est la dernière mission de l'escadrille ou quoi ?
-Retournez à vos postes ! dit Jed. Ce n'est pas fini !
Les parois de la cage avaient volé dans toutes les directions. Il y avait maintenant un grand puis, et l'on voyait des cordes osciller dans le vide.
-Attention ! cria Jed, ils descendent en rappel ! Feu à volonté !
A nouveau, les blaster émirent leurs dards mortels, mais cette fois-ci la riposte était abondante, et personne ne put s'approcher à moins de deux mètres de la fosse pour ajuster son tir.
Il ne nous reste plus qu'à les abattre à bout portant lorsqu'ils seront à notre hauteur, se dit le lieutenant.
-Reculez ! Cria-il. Tout le monde couché !
Les silhouettes apparurent brusquement, blanches et noires.
Des Death trooper ! se dit Jed. Invulnérables au blaster individuels ! Il se tourna vers les deux soldats qui servaient l'arme sur trépied.
-Feu sur les «noirs» !
Une silhouette blanche fut touchée, lâcha la corde et disparut. Mais déjà deux Death trooper avaient pris pied dans le couloir. Une décharge coucha le premier, mais le second riposta instantanément et abattit le tireur et son servant.
Jed jeta une grenade vers le tireur, et l'explosion le renvoya vers la fosse de l'ascenseur.
Tout s'arrêta.
Le lieutenant refit à nouveau l'appel. Il ne restait plus que lui, Sven et Esan plus deux pilotes et le soldat qui avait porté les grenades.
-Où sont les monte-charges ? demanda, ou plutôt hurla Jed au soldat, car ils étaient tous à moitié sourds.
Le soldat fit un geste vague vers l'une des portes.
-Bien, répondit le lieutenant. On va ouvrir la porte et mettre devant le blaster lourd en batterie. Quand les accus seront épuisés, on filera rejoindre les nôtres par le monte-charge.
Il s'approcha du Death trooper mort et lui prit son arme.
-S'ils nous envoient des «noirs», ne gaspillez pas vos munitions. Il n'y a que les armes lourdes pour les abattre et les grenades pour les secouer un peu.
Les cinq hommes se mirent rapidement en position. Devant eux, les cordes se remirent à bouger.
Ils étaient prêts à ouvrir le feu, mais personne n'apparut. Soudain, une volée de grenade fut dispersée.
Ils sont descendus tête en bas, et maintenant ils nous saturent à loisir ! se dit Jed résigné.
-En arrière ! Prenez le blaster ! hurla-t-il.
Tous se couchèrent, et la porte de l'atelier fut arrachée. Le lieutenant se releva immédiatement, reprit l'arme sur trépied et passa par l'encadrement pour se retrouver nez à nez avec un trooper.
Il appuya sur la détente, mais rien ne se fit. L'arme avait du être endommagée. Il voulu s'en servir comme massue, mais son adversaire avait déjà réagi et fait feu. Il sentit la brûlure se répandre sur son coté droit.
Pas de cuirasse… se dit-il avant de perdre connaissance.
