Titre : La Ligue
Auteur : Ruth Dedallime
Spoilers : Tome V (ne tient pas compte du tome VI)
Disclaimer : L'univers Harry Potter et ses personnages sont la propriété exclusive de J.K. Rowling. En revanche tous ces fabuleux Beauxbâtonneurs sont à moi.
Rating : T
Un grand remerciement au Forum Francophone, qui non content de faire de la pub pour mes fics (cf la bibliothèque francophone), m'a permis d'achever ce chapitre au cours d'un marathon d'écriture organisé en son sein.
Merci également à tous les lecteurs et reviewers, merci pour votre fidélité et votre patience.
Pour que ce soit plus compréhensible, je rajoute un petit rappel des persos :
Marc-Horus Volauvent : alter de Ron, ancien solo. Est en Terminale.
Anne-Bastet Volauvent : la petite soeur de Marcus. Est en Seconde. Alter de Cori.
Théodechilde Quin : punk aux cheveux changeants, alter de Justin Bellamie. A un don pour le dessin. Est dans la même classe que Ron.
Justin Bellamie : punk, frère jumeau de Térence. Fils d'Henri Bellamie, le directeur de l'Haxonaute (journal sorcier le plus vendu en France). Est dans la même classe que Ron.
Viviane Doxis : punk, alter de Raphaela Wlosretzic. Est dans la classe de Harry, Miranda et Simon.
Miranda Ducratère : Déléguée de 1ere A. Alter de Simon Jarnac. Est dans la classe de Harry. A bien sympathisé avec Hermione et avec les Gryffindor dans l'ensemble. Némésis de Junon Sorlimus.
Simon Jarnac : alter de Miranda et cousin de Martial Bernou. Le genre calme et observateur.
Wotan Crèvecoeur : membre de la "Guilde de la Rose", alter de Marie-Céleste Otéane, probablement le meilleur duo d'alter de la promotion. La famille Crèvecoeur a offert la Roue de Fortune à Beauxbâtons. Est dans la classe d'Hermione et Neville.
Marie-Céleste Otéane : membre de la "Guilde de la Rose", alter de Wotan. Est dans la classe d'Hermione.
Axelle Messidor : mère de Junon Sorlimus. Sénéchale de France et par conséquent chef des Aurors.
A chacun sa chaîne… (voire son boulet)
Ronald Weasley était anxieux. Il faisait traîner le moment de rejoindre Marcus qui devait déjà l'attendre pour l'amener déjeuner chez ses parents. Un coup retentit à la porte.
« Ron, tu es là ? » fit sans surprise la voix de Marcus.
« Entre ! Entre ! » répéta Ron, en faisant mine de fouiller dans son coffre.
Le jeune Volauvent entra dans la chambre de son alter et s'appuya à la porte. Il eut du mal à dissimuler un sourire en voyant le rouquin tenter désespérément de perdre du temps. Ron releva la tête.
« Excuse-moi, » marmonna-t-il, « j'essaye de trouver une tenue adéquate… »
« Ron, on va chez mes parents, pas chez le Premier Ministre ! » s'amusa Marc-Horus. « Tu peux t'habiller de manière normale. »
« Oui, mais la seule robe correct que j'ai est une tenue de soirée ! » se plaignit Ron.
« Fais voir ça ! » demanda Marcus, en s'approchant.
Ron tendit la robe que lui avaient offert Fred et George à la fin de l'année précédente.
« Elle est très bien, » commenta Marcus. « Mais pourquoi ne restes-tu pas comme tu es ? »
Ron regarda son pull rapiécé d'un œil critique, tandis que Marcus regardait sa montre :
« On doit y aller ! … Maman n'aime pas les gens en retard, » lança-t-il en dernier recours.
Ne pouvant différer le départ plus longtemps, Ron suivit Marcus une grosse boule dans l'estomac.
« Parle-moi un peu de tes parents… » demanda le rouquin alors qu'ils atteignaient le grand hall de Beauxbâtons.
« Que dire ? Mon père Seth travaille pour la Fédération de Quidditch Française, même s'il n'a jamais été joueur lui-même. Ne lui en parle pas, c'est son grand drame ! Ma mère Tatiana s'occupe essentiellement de trouver des financements pour différentes équipes de Quidditch, notamment pour les Morvac'h d'Ys, l'équipe qu'entraînent mon oncle et ma tante. »
« Les Morvac'h d'Ys ? On en parle pas mal depuis cinq-six ans ! » commenta Ron qui avait oublié ses angoisses dès que le mot Quidditch avait franchi les lèvres de Marcus.
« Le travail qu'effectue ma tante commence à porter ses fruits… »
Marcus s'arrêta devant la grande cheminée.
« Tu as ta carte de transport ? » demanda-t-il à Ron.
Ron déglutit, à nouveau anxieux, en exhibant le bout de plastique.
« Oui, Madame Maxime me l'a donnée hier. »
« L'adresse est : Molitor, le Vivet Doré, » indiqua Marcus. « Et tu passes le premier ! »
Ron s'exécuta sous l'œil amusé de Volauvent, qui le suivit peu après.
Marcus et son alter débouchèrent dans un hall d'entrée modeste de taille, mais avec de nombreuses vitrines remplies de trophées et de médailles. Ron y jeta un œil, certains étaient anciens, d'autres très récents, certains étaient des récompenses prestigieuses de championnats d'Europe, d'autres des médailles d'enfants en équipe minime. C'était amusant cette accumulation sans queue, ni tête. Ron allait interroger son camarade quand une voix féminine appela de la pièce d'à côté :
« Marc ? Tu es là ? Ton alter aussi ? »
« Oui, maman. On arrive ! »
« Dépêchez-vous, la table est mise. On n'attend plus que vous ! »
Marcus précéda Ron et ils entrèrent dans une grande pièce, probablement la salle à manger. Cinq personnes étaient déjà assises et dégustaient un verre de vin, peut-être du Nectar.
Un jeune homme se leva dès qu'il aperçut Marc-Horus :
« Eh ! Salut Marc-Ho ! » dit-il en lui claquant familièrement deux bises.
Ron eut un mouvement de surprise : ces français passaient leur temps à s'embrasser par Merlin ! Déjà il trouvait la coutume embarrassante avec les filles, mais entre hommes, ça devenait encore plus bizarre. Ils ne pouvaient pas… Par exemple, se donner une accolade virile comme les anglais avaient coutume de le faire à la fin des matchs de Quidditch !
Marcus présenta aussitôt le nouveau venu à son alter :
« Mon cousin Thomas. Thomas, voici mon alter anglais Ron. »
Ron lui serra la main puis fit le tour des convives :
« Mon père Seth, ma mère Tatiana, mon oncle Béryl et ma tante Lydie-Isis ! » fit Marc-Horus.
« Vous êtes Lis Piéhellé ? » s'écria Ron, le regard fixé sur cette dernière. « Le capitaine de l'équipe vice-championne du Monde en 1974 ! »
« Tu es vraiment connue, ma chérie ! » fit l'homme à ses côtés.
« Dommage que nous n'ayons pas eu d'aussi bons résultats en 1978… » soupira Lis, en serrant la main frémissante d'émotion de Ron.
Le repas se passa au mieux. La conversation était passionnante. Ron était ravi de se trouver en compagnie d'autant de joueurs ou de spécialistes du Noble sport. Le jeune Weasley provoqua l'enthousiasme général en mentionnant son nombre de frères et sœurs pratiquant le Quidditch. L'après-midi était déjà bien avancée quand les trois Piéhellé prirent congé.
Tatiana prit alors la parole :
« Bon, je me suis occupée de tes affaires, Ron. Il y a eu trois propositions de logement. J'y ai jeté un œil et honnêtement, aucun d'entre eux n'était convenable. J'en ai donc fait part au Ministère de l'Education et… »
« Maman ! » s'écria Marcus. « Tu n'avais pas à… »
« Voyons Marc, je me suis dit que vous auriez tant de choses à faire ce week-end, que vous n'auriez pas eu le temps de vous occuper de cela ! Au moins, cette affaire d'appartement est réglée et... »
Marcus se renfrogna un peu, mais sa mère ne s'en soucia pas :
« ...Et » insista-t-elle, en regardant son fils, « j'ai pu obtenir quelque chose de plus grand que prévu. Tu te rends compte, Ron, qu'il voulait te donner un petit studio ridicule. Là, au moins, tu auras une deuxième pièce qui te servira de chambre ou de bureau... C'est la moindre des choses, tout de même ! »
Marcus réprima un soupir. Impossible d'empêcher sa mère de mettre son nez partout.
« Allons-y, je vais vous montrer ! » fit Tatiana Volauvent, en saisissant de la poudre de cheminette. « Le nom de l'appartement est « Poliphile 2-65 (1) », vous retiendrez ? »
Ils hochèrent la tête puis empruntèrent la cheminée sur les talons de Mme Volauvent.
L'appartement était illuminé de soleil. Il pénétrait à grand flot par la large fenêtre en bandeau qui courait le long du mur.
« C'est plein sud ! » fit Tatiana Volauvent. « J'y ai veillé. Bon, je vous laisse visiter, j'ai encore quelques affaires à régler pour toi, Ron. Marc, peux-tu l'emmener aux Marsides pour lui ouvrir un coffre ? Et vois avec lui, s'il n'a besoin de rien d'autre… Je compte sur toi, mon chéri ! … Oh ! Et prévenez-moi si vous ne dormez pas à la maison, ce soir, » ajouta-t-elle avant de disparaître dans la cheminée.
« Elle est très sympa ta mère et super efficace ! » remarqua le rouquin. « Sans compter qu'elle n'est pas aussi mère poule que la mienne, ça me change… »
Ron regarda autour de lui. La grande pièce où ils étaient devait être le salon. Un coin cuisine avec un bar américain occupait sa partie gauche. En face se trouvaient deux portes : l'une menant à la salle de bains et l'autre à une seconde pièce plus petite que le salon.
« Cet appart est génial ! » s'écria Ron. « Et je n'aurais rien à payer alors ? C'est sûr ? »
« Ouaip ! C'est juste prélevé sur ta bourse mensuelle… Mais tu n'auras plus que 30 galéons par mois, pour vivre. »
« 30 galéons, tu te rends pas compte ! C'est plus du triple de ce que j'avais pour vivre un an ! »
« Tu verras vite que la vie est chère sur Paris… Surtout si tu veux acheter quelques meubles, des livres, des vêtements, etc. … Bref, je voudrais te montrer quelque chose : sortons ! »
Marcus semblait avoir une idée en tête. Il emprunta non pas la cheminée, mais la porte d'entrée. Ils se trouvèrent dans un couloir d'immeuble tout à fait banal. Ils prirent l'ascenseur qui les mena directement au dehors dans une rue passante d'Haxo.
« Tu habites au 6e étage, tu t'en rappelleras, hein ? » lui recommanda Marcus. « Et tu ne peux pas voir l'ascenseur sans connaître ton adresse 'Poliphile 2-65'. »
« C'est comme s'il était incartable ou protégé par un gardien du secret ? »
« Quelque chose comme ça. Tu ne risques rien tant que tu ne donnes ton adresse à personne ! »
Ron hocha la tête. Voilà un appartement qui pourrait s'avérer fort pratique en cas de conflit.
Marcus le mena dans les rues d'Haxo qu'il avait l'air de connaître comme sa poche.
« Où on va ? » demanda Ron, tandis qu'ils déambulaient.
« On y est presque. Tu ne seras pas déçu ! » répondit Marc-Horus avec un sourire.
Ils passèrent deux boutiques aux devantures colorées, puis Marcus s'arrêta devant la suivante. Le magasin proclamait en lettres d'encre mouvante : "sortilèges pour tatouages professionnels ou créatifs", "réduction pour les moins de 25 ans", "tatouage officiel de Beauxbâtons".
« Alors ? » fit Marcus, d'un ton enthousiaste.
« C'est ici qu'on peut se faire tatouer les symboles des alter ? » s'exclama Ron. Il s'éloigna de deux pas et leva le nez pour voir le nom de la boutique. « La Quintessence du Tatoo » lut-il.
La porte s'ouvrit devant eux et ils entrèrent. De grandes plaques de métal étaient disposées sur les murs sur lesquelles étaient dessinées toute sortes de formes noires ou colorées.
« Bonjour les jeunes ! » lança une voix depuis le fond de la boutique. « Vous avez rendez-vous ou vous venez en éclaireurs ? »
Un homme dans la quarantaine s'avançait vers eux. Assez trapu, bien charpenté, il portait une robe de sorcier enroulée autour de la taille comme une toge et un TShirt blanc tout simple. Ses bras étaient magnifiquement tatoués d'une envolée d'hirondelles mouvantes. C'était à la fois somptueux et sobre. Même des novices comme Ron et Marc-Horus ne pouvaient qu'apprécier la qualité de ce travail remarquable. Le tatoueur vit leurs regards émerveillés s'attarder sur ses bras :
« Ah ! C'est beau, pas vrai ? Mais ce motif n'est pas à vendre : c'est un cadeau de ma fille ! » dit-il avec un grand sourire fier. « Mais nous avons beaucoup d'autres modèles qui je pense vous plairont… »
L'homme tendit sa baguette et jeta un sort sur l'une des plaques de métal. Les formes semblèrent s'éveiller. Ron contempla fasciné un dragon chinois crachant des flammes, aussitôt coupé par l'envol d'une chouette hulotte. A droite, des branches d'arbres s'agitaient comme sous l'effet d'une douce brise, tandis qu'une nuée de poissons volants bondissaient au-dessus d'une mer d'huile et qu'un sphinx bombait le torse.
« En fait, Monsieur, nous venons pour obtenir nos tatouages d'alter, » expliqua Marcus.
L'homme haussa un sourcil.
« Hein ? Vos tatouages d'alter ? A votre âge ? Vous permettez ? » fit-il en tendant sa baguette vers eux.
Ron se raidit avec anxiété, tandis que le tatoueur esquissait un geste rassurant de l'autre main :
« Altero » lança-t-il.
Un jet de lumière bleutée fusa et parcourut le corps de Ron, puis celui de Marcus, avant de revenir à la baguette de l'homme.
« Ah oui ! » constata-t-il, surpris. « Vous êtes bien alter, mais vous n'en portez pas la marque ! Excusez-moi, comme je ne tatoue que les petits collégiens, ça me fait bizarre quand deux grands gars comme vous viennent me voir pour ça… »
« C'est bien naturel ! Vous êtes tout excusé… » dit aussitôt Marc-Horus, en souriant.
Le tatoueur prit un carnet sur le comptoir :
« Vos noms, je vous prie ? »
« Marc-Horus Volauvent, j'étais solo jusqu'à peu. »
« Ronald Weasley, je suis anglais. »
L'homme suspendit sa plume et releva vivement la tête :
« Ooooh ! C'est donc cela… Vous faites partie des anglais de Hogwarts, n'est-ce pas ? Ma fille est de votre âge, » dit-il à Ron.
« Votre fille est à Beauxbâtons ? » interrogea ce dernier.
« Vous devez la connaître. Ne bougez pas, je vais l'appeler. »
Il saisit une sorte de bec de cuivre suspendu au mur et cria d'une voix de stentor :
« Childie ! Descends à la boutique, s'il te plaît ! »
Un pavillon accroché au plafond claironna en réponse :
« J'aaaarrriiive ! » fit une voix pleine d'enthousiasme.
Puis ils entendirent un bruit de cavalcade dans l'escalier au fond de la pièce. Une jeune fille aux cheveux bleus dérapa sur la dernière marche et bondit vivement au devant de son père. Ron la reconnut immédiatement : Théodechilde Quin. Elle avait cependant un air différent de celui qu'elle arborait à Beauxbâtons. Déjà ses cheveux étaient juste bleus et ne changeaient pas constamment de teinte. Et elle paraissait plus souriante. Ses vêtements en revanche étaient toujours aussi excentriques.
« Tiens ! » s'écria-t-elle. « Marcus Volauvent et Ron Weasley ! … Je me demandais qui viendrait en premier à la boutique ! »
« Comment ça ? » s'étonna Ron.
« Je veux dire que vous êtes les premiers parmi les nouveaux alter à venir vous faire tatouer… » expliqua-t-elle, avec un nouveau sourire.
« Euh… Tu es une copine de Guillaume Avril, non ? » demanda Marcus en plissant les yeux.
« C'est ça…. Ah oui, c'est vrai : il fait du Quiddich avec toi ! » se souvint brusquement la jeune fille.
« Ce n'est pas un mauvais batteur, d'ailleurs… C'est ton alter ? »
« Non, non, non… Mon alter c'est Justin. Justin Bellamie... Tu sais, celui de Radio Beauxbât ? »
Marcus réfléchit un instant, puis haussa les épaules en signe de dénégation. Il ne pouvait pas connaître tout le monde.
« Bon, Childie, » intervint son père. « Tu vas m'assister pour tatouer ces deux garçons. »
« Roger ! » répondit-elle, en levant le pouce.
La jeune Quin semblait aux anges. Rien visiblement n'aurait pu lui faire davantage plaisir que d'aider son père. Elle se précipita dans l'atelier pour préparer le matériel nécessaire, tandis que son père se faisait une tasse de café.
« Je vous en offre un ? » proposa-t-il aux deux garçons.
Marcus accepta et commença à discuter avec le père de Théod :
« Ca marche bien le commerce du tatouage ? »
« Oui. Indépendamment de l'activité liée à Beauxbâtons et aux alter, j'ai une bonne clientèle, surtout pour les tatouages non permanents. Les étudiants par exemple aiment bien avoir un tatouage d'intégration quand ils entrent en fac ou en école. Parfois même des trucs assez clinquants… »
« Comme celui-là ? » demanda Ron, en montrant un lion bleu turquoise affrontant une panthère noire.
« Par exemple… Attendez, je vais vous en montrer un qui plait beaucoup aux internes en médicomagie, » fit M. Quin.
Il sortit précautionneusement une plaque et l'anima. Le tatouage représentait des os du bras et de la main.
« Vous voyez, je leur fais ce tatouage sur le bras et il suit exactement leurs mouvements… On a l'impression d'un vrai squelette animé ! Quant aux filles, elles ont une préférence pour celui dans le dos avec la colonne vertébrale ou quelque chose de plus discret comme le cœur... »
Théod repassa dans la pièce et agrippa un fauteuil qu'elle poussa vers l'atelier.
« Childie, montre-leur donc ta dandelion ! Comme ça, ils verront ce qu'est un modèle plus discret. »
La jeune fille posa la main à la naissance de son cou. Sous sa paume, à la surface de la peau, surgit tout à coup une pousse noire, qui grandit le long de son cou jusqu'à étaler ses aigrettes duveteuses sur sa joue. Il y eut comme un coup de vent qui agita la fleur et les aigrettes sombres s'envolèrent, traversant son visage, jusqu'à se perdre sous sa chevelure. La dandelion se dessécha et disparut.
« Le tatouage n'apparaît que quand tu le lui commandes ? » s'étonna Marcus.
« Non. En général, la dandelion est toujours là, mais plutôt sur l'épaule ou le dos et sa floraison n'est pas aussi rapide, » expliqua doctement la jeune fille. « Si je la laisse puiser librement dans ma magie latente, elle fait quatre-cinq cycles de vie et de mort dans la journée. »
« Bien, passons à nos affaires ! » enchaîna M. Quin. « Je dois d'abord vous informer que les tatouages d'alter sont des tatouages permanents et irréversibles. Je vais donc vous donner un récapitulatif des clauses légales, puis vous demander de signer une décharge indiquant que vous en avez bien pris connaissance. »
Ron haussa un sourcil surpris avant de se plonger dans le formulaire donné par le tatoueur :
« Article 1 : seul un Maître tatoueur est habilité à l'utilisation du procédé du tatouage permanent. Aucune personne non habilitée par le ministère de la Création Magique n'est autorisée à pratiquer cette technique.
Article 2 : le Maître tatoueur peut se faire assister par l'apprenti de son choix, mais ce droit ne pourra être exercé en cas de refus écrit ou oral du demandeur ou de son représentant légal.
Article 3 : attendu que le tatouage permanent entre dans la législation sur la protection du droit d'auteur, le tatoué, toute sa vie durant, s'engage à ne faire subir aucune modification, mutilation, suppression à son tatouage, sans autorisation préalable de l'artiste tatoueur. Si le Maître tatoueur venait à décéder, le droit d'auteur serait cédé à ses ayants droits et/ou apprentis.
Article 4 : un tatouage peut être représenté dans toute autre forme d'art (portrait magique ou non, peint, dessiné, sculpté, gravé, photographié ou filmé) sans autorisation préalable du Maître tatoueur.
Article 5 : le tatoué est responsable de son tatouage et de l'utilisation qu'il en fait (hors utilisation commerciale). En cas d'utilisation commerciale, un contrat devra être négocié entre les deux parties.
Article 6 : un tatouage d'alter est relié à une personne unique, déterminée par la Roue de Fortune de l'Académie Beauxbâtons. Sauf contre-indication de la Roue de Fortune, aucune modification ne sera apportée, même en cas de décès d'un des alters. »
Ron et Marcus approuvèrent les clauses sans discuter.
« Bien », fit M. Quin en leur tendant deux plumes, « je vais donc vous demander de signer en bas, s'il vous plaît, avec la mention 'lu et approuvé', la date et le lieu. »
« Qu'est-ce que je mets comme nom de lieu ? » demanda Ron.
« Haxo, Paris » lui répondit Marcus.
Puis, le tatoueur les entraîna vers l'atelier où Théod les attendait.
« Asseyez-vous, je vous prie, » fit-elle en désignant les fauteuils.
« Est-ce que… C'est douloureux ? » demanda Ron, un peu mal à l'aise.
« Bien sûr que ça l'est ! Ce sont des tatouages d'alter. Non seulement, ils vont puiser dans votre magie interne pour fonctionner, mais ils doivent aussi être reliés entre eux. C'est pour cela que l'implantation fait un peu mal, mais rien d'insurmontable pour deux grands garçons comme vous ! » rigola la jeune punk.
« Ne plaisante pas, Childie ! » gronda son père. « En vérité, ce sera un peu plus douloureux pour vous que pour les enfants de 11 ans, car votre magie est plus développée. »
Ron déglutit et s'assit anxieusement dans le premier fauteuil. Marcus l'imita.
Une sonnette indiquant l'arrivée d'un visiteur retentit brusquement.
« J'y vais, » fit Théod, en passant la porte qui menait à la boutique. « Bonjour, bienv… Oh, c'est toi, Just ! Salut ! » l'entendirent-ils claironner.
« En voilà un qui arrive à point ! » s'exclama M. Quin, avant de crier : « Childie ! Dis à Justin de garder le magasin pendant qu'on travaille ici ! »
Justin passa la tête dans l'encadrement de la porte :
« Bonjour M'sieur Quin ! Ok, je m'occupe de la caisse et… Oh, salut les gars ! » fit-il avant de laisser Théod repasser dans l'atelier. Puis il ferma soigneusement la porte de communication.
Le tatoueur fit un clin d'œil à sa fille et confia avec complaisance aux deux garçons :
« Si j'avais une quinzaine de clients comme Justin, je serais riche à l'heure qu'il est ! »
« C'est parce qu'il aime bien tester nos nouveautés, » expliqua Théod, avec un grand sourire.
Monsieur Quin saisit ce qui ressemblait à un œil magique. Il l'enchanta d'un coup de baguette, ce qui le rendit fin comme une lentille de vue moldue, puis il se le posa sur l'œil droit. Il cligna deux-trois fois des yeux. Ron eut la stupeur de constater que son œil était maintenant bleu fluorescent.
« Ah, je vois beaucoup mieux ainsi ! » fit-il. « Bon, par défaut, je vais vous tatouer sur le bras, vous pourrez ensuite le déplacer où vous le souhaitez. Relevez vos manches, les gars ! »
Le tatoueur saisit le bras de Marcus et passa doucement son pouce à la surface de la peau. Il hocha la tête, satisfait, après avoir trouvé un point particulier qu'il nota d'un coup de baguette.
« A toi, Childie ! » ordonna-t-il à sa fille.
Théod saisit le bras de Ron et y passa longuement son pouce. Ron se sentait embarrassé par cette caresse insistante, mais la jeune fille semblait si sérieuse et concentrée qu'il oublia vite sa gêne. Enfin, elle trouva le point qu'elle cherchait :
« Ici, papa. C'est là que le flux est le plus fort, » dit-elle, le pouce très rapproché de l'intérieur de son coude.
Faisant confiance à sa fille, il nota soigneusement l'endroit. Il mit ensuite Ron et Marcus côte à côte, les deux points de tatouages les plus rapprochés possible l'un de l'autre.
« Théodechilde, aiguilles ! » ordonna-t-il en tendant la main.
Elle lui mit en main deux aiguilles effilées. D'un sort, il les lia l'une à l'autre. Elles formaient maintenant une sorte de grand U aux extrémités piquantes. Il posa la première extrémité sur le bras de Ron, à l'endroit déterminé par Théod, tandis que la deuxième cherchait d'elle-même le point équivalent chez Marcus.
« Je vais commencer, » les prévint-il. « Théodechilde, tu sais ce que tu as à faire. »
La jeune fille dégaina sa baguette et la tendit vers eux, marmonnant une incantation.
Ron se crispa, la sensation était douloureuse, mais il n'y avait pas de quoi s'inquiéter. Il avait vécu pire lors de l'affrontement avec les Mangemorts en juin dernier. Il jeta un œil à Marcus qui avait l'air de supporter la douleur lui aussi. Le père de Théod enfonçait l'aiguille sous la peau, y glissait de l'encre bleu, tandis que sa fille répétait à intervalles réguliers son incantation, sa magie passant le long des aiguilles et pénétrant de manière égale dans leurs organismes.
« C'est bien, » fit le tatoueur au bout de vingt minutes de travail. « Continuez à être détendu, j'ai presque terminé le tatouage. »
Théod commençait à donner des signes de fatigue.
« Courage, Childie, encore trois minutes ! » dit-il à sa fille pour l'encourager.
Il ôta enfin les aiguilles, tandis que Théod trébuchait jusqu'au mur pour y s'appuyer en soufflant.
« Oh, Merlin ! … Putain de magie de merde ! » grogna-t-elle, visiblement épuisée.
« Childie, surveille ton langage. Ce sont des clients tout de même… » remarqua Monsieur Quin, avant de crier en direction de la boutique : « Eh ! Justin ! »
La tête de Bellamie apparut dans l'encadrement de la porte.
« Oui, m'sieur ? »
« Occupe-toi de Théodechilde pendant que je termine le boulot ! »
Justin se précipita vers son alter.
« Qu'est-ce qui t'a mis dans un état pareil ? » demanda-t-il en aidant la jeune fille à marcher jusqu'à la boutique. « C'est la première fois que je te vois comme ça ! »
La porte se referma bientôt sur eux.
« Vous inquiétez pas. Avec Justin, elle est entre de bonnes mains, » fit le tatoueur, en répondant à leur interrogation muette. « Elle va bien. Je vous assure ! Sa magie est peu drainée, c'est tout. Elle ne devait pas se douter que faire un tatouage d'alter à des adultes était si éprouvant. C'est une bonne leçon pour elle. »
« Bon, les jeunes, » poursuivit-il, en ôtant sa lentille magique. « A nous ! Il nous reste une dernière ligne droite et en toute honnêteté : c'est la plus douloureuse… Vous vous sentez suffisamment en forme ? Ou vous préférez un petit remontant d'abord ? »
Ron déglutit. La première partie n'avait déjà pas été une partie de plaisir.
« Je veux bien un remontant, » le devança Marcus, lui aussi pas très en forme.
« Oui, ce serait pas de refus, » renchérit Ron.
Le sorcier leur versa un breuvage que Ron identifia immédiatement à du Nectar.
« J'ai ajouté un peu de Potion de Sommeil, » précisa le tatoueur. « Ca va un peu engourdir vos nerfs, vous sentirez moins la douleur ainsi… »
Ron se sentait étrangement bien comme s'il flottait dans un cocon duveteux. Il observa le père de Théod leur tendre des sortes de balles en mousse.
« Prenez ces balles et serrez-les fort dans votre poing dès que vous sentirez la douleur, » conseilla-t-il, avant de tendre sa baguette vers leurs tatouages.
« Je vais maintenant fixer le tatouage, c'est-à-dire le lier à votre corps afin qu'il puisse se déplacer et puiser dans votre magie latente. Ok ? »
Les deux garçons hochèrent la tête en signe d'assentiment. Ils serrèrent les dents, la marque semblait leur mordre la peau et s'enfoncer profondément dans leur chair. Ron se demanda confusément si la pose de la marque des Ténèbres des Mangemorts était aussi douloureuse. Non, ça devait être infiniment plus douloureux. Voldemort aimait voir la souffrance sur les traits de ses esclaves à ce que Harry lui avait raconté.
La douleur cessa brusquement. Ron observa son bras craignant d'y voir une trace sanguinolente, mais il n'y avait que le petit tatouage de Beauxbâtons avec ses deux baguettes croisées. Sous son regard, la marque bougea d'emplacement, filant jusqu'à la paume de la main. Ron eut un hoquet de surprise et il desserra le poing, laissant échapper la balle en mousse.
« Tu veux le garder à cet endroit ? » demanda monsieur Quin.
« Euh, je ne sais pas… » fit Ron, en réfléchissant. « Où est-ce le plus pratique ? »
« Ca dépend de toi et de tes habitudes… Il ne faut pas qu'il te gène dans la vie courante. »
Marcus, de son côté, semblait s'être déjà décidé à le mettre sur son épaule gauche. Il expliqua :
« Si je le laisse sur ma main, il me gênera pour le Quidditch… »
« Ah oui ! » approuva Ron. « Bonne idée ! »
Il se concentra et regarda son tatouage glisser sous la peau de son bras, puis le perdit de vue.
« Comment puis-je savoir s'il est au bon endroit ? » demanda-t-il, en se tordant le cou pour voir si la marque était bien sur son épaule.
« Place un doigt où tu le souhaites en restant concentré. Il va vite rejoindre ce point. Un tatouage recherche toujours à être en contact avec la plus grande source de magie et les doigts en concentrent un bon peu. Mais il ne s'éloignera plus guère de l'endroit imposé ensuite. »
Le rouquin posa un doigt entre sa nuque et son épaule.
« Il y est Ron ! » lança Marcus, en jetant un œil.
Monsieur Quin hocha la tête avec satisfaction. Il les fit ensuite tester leurs tatouages. Ron et Marcus purent l'un et l'autre se déplacer instantanément de la boutique à l'atelier sans difficultés. Justin et Théodechile les regarder apparaître et disparaître en rigolant :
« C'est toujours marrant la première fois ! » remarqua Justin. « Tu te rappelles, Théod ? »
« Ouais, on s'arrêtait plus ! »
Marcus et Ron repassèrent bientôt dans la boutique, Monsieur Quin sur les talons. Celui-ci alla au comptoir et en chassa Justin d'un simple sourire complice.
« On a donc deux tatouages d'alter officiel, répondant aux normes des tatouages permanents. Apparition comprise. En comptant bien entendu, la réduction pour les moins de 25 ans, ça nous fera donc un total de 3 galéons par tête de pipe ! »
Ron ouvrit la bouche, mais Marc-Horus le devança et posa les six galéons sur le comptoir. Le tatoueur les remercia, avant de leur expliquer :
« Même si vous les avez eus un peu tard, vous pouvez considérer ces tatouages comme les symboles d'un rite de passage. A Beauxbâtons, pour les sixièmes ils représentent la fin de la petite enfance et l'entrée dans l'adolescence. Mais comme vous avez enduré une souffrance bien supérieure à la leur, on peut dire que vous êtes passés à l'âge adulte. Et je vous considère comme tel. »
« Ca veut dire quoi ça, papa ? Que nous, nous sommes encore des mioches ? » maugréa Théod.
Son père eut un sourire :
« Vous voyez, les jeunes sont jaloux ! »
Ron se sentit mal à l'aise. Qu'est-ce que c'était ce charabia ? En quoi la souffrance physique pouvait-elle faire passer à l'âge adulte ? Il en toucherait un mot à Hermione. C'était vraiment étrange cette manière de voir les choses. Puis il repensa brusquement à la bataille du département des mystères au Ministère. Non finalement, ce n'était pas si idiot…
« Tu devrais prendre en compte ma propre fatigue, papa ! » se plaignait Théod pendant ce temps. « Si c'est aussi crevant de faire des tatouages d'alter à des gens de 16 ans, j'espère que les anglais ne vont pas tous se pointer le même week-end ! Je n'aurai jamais la force d'en faire plus d'un par jour ! » grommela-t-elle en guise de conclusion.
« Tu vas prendre l'habitude, Childie… » fit son père d'une voix apaisante. « Tu as souffert aujourd'hui parce que c'était la première fois. La prochaine fois sera plus tolérable, j'en suis sûr… »
Il n'eut pas le temps de développer qu'une nouvelle arrivante passa la porte d'entrée de la boutique :
« Salut tous les deux ! » lança la fille en les apercevant. « Bonjour M'sieur Quin ! »
Elle salua Volauvent et Weasley d'un simple signe de tête. Ron n'avait pas la moindre idée de qui était cette fille, mais au vu du look, ce devait être une amie de Bellamie et Quin.
« Eh ! Viv' ! » la salua Justin. « Ca va ? »
Les trois punks se frappèrent dans les paumes comme ils en avaient l'habitude pour se saluer, sous l'œil approbateur du père de Théod.
Ron et Marcus remercièrent le tatoueur et quittèrent les lieux, en se disant que la boutique de Monsieur Quin devait certainement être le lieu de rendez-vous de tous les punks de Beauxbâtons.
« On doit pas aller à la banque ? » demanda Ron.
« On ira demain, les gobelins bossent le dimanche. Autant profiter des boutiques aujourd'hui et s'occuper de l'administratif demain. »
« Mais je dois faire quelques achats pour l'appartement. Tu as déjà payé mon tatouage… » commença Ron, confus.
« Je t'avance aujourd'hui et tu me rembourses demain avec l'argent de ton coffre, » proposa immédiatement Marc-Horus.
Ron acquiesça et ils partirent acheter quelques meubles pour son appartement, en faisant bien attention cependant de ne pas dépasser un budget de 20 galéons. Ron tenait à garder à une petite réserve pour finir le mois. Mais c'était si agréable de dépenser sans vraiment compter. Le jeune Weasley avait l'impression de se délivrer d'une dizaine d'années de frustration.
Le soir venu, Marcus l'invita à dîner pour fêter son installation. Ils s'installèrent dans un petit restaurant d'Haxo appelée 'La Salamandre' où son alter avait l'air d'avoir ses habitudes. La patronne les salua chaleureusement et ébouriffa les cheveux de Volauvent au passage.
« Bon, tu t'installes, Ron, c'est très bien ! » fit Marc-Horus, en dégustant un civet de lapin aux herbes. « Mais il va falloir qu'on songe un peu plus sérieusement à notre entraînement commun… »
Ron leva le nez de son assiette de veau en sauce.
« On peut s'entraîner hors de Beauxbâtons ? » demanda-t-il. « Il y a des Arènes à Paris ? »
« Pas des Arènes, mais des salles de sport où beaucoup d'Auror viennent pour entretenir leur forme. Tu veux qu'on y aille demain ? » proposa Volauvent.
« Tu ne préfères pas ta propre salle d'entraînement ? Ta mère m'a dit que vous en aviez une très bien aménagée au Vivet Doré… »
A la surprise de Ron, une expression vaguement coupable passa un bref instant sur le visage de Marc-Horus, avant qu'il ne réponde :
« Il me semble que Cori et ma sœur Annet vont l'occuper toute la journée de demain… Tu te souviens d'Anne-Bastet ? »
« Mes oreilles s'en souviennent, oui… » fit Ron d'un ton ennuyé.
Marcus avala deux-trois bouchées, puis expliqua :
« C'est vrai que Maman a dépensé beaucoup d'argent pour me faire construire cette salle… Je devrais m'en servir plus souvent, mais je n'ai pas vraiment le cœur de refuser quelque chose à Annet. … Ce n'est pas évident pour elle d'être ma sœur ! »
Ron leva un sourcil. Qui pouvait bien se plaindre d'avoir un frère aussi formidable que Marcus ?
« On m'a toujours tout accordé : équipements, professeurs particuliers, privilèges divers, financements, etc. Même si Anne-Bastet en a profité aussi, elle doit croire qu'elle n'a aucune valeur. C'est pour cela qu'elle s'entraîne au duel comme une forcenée ! »
Ron s'abstint de faire le moindre commentaire. Il trouvait que Marc-Horus était déjà bien trop attentionné envers cette peste.
Le dîner terminé, ils rentrèrent à l'appartement de Ron à une heure déjà bien avancée de la nuit. Les meubles faisaient merveille et les quelques globes lumineux, conseillés par Marc-Horus pour illuminer les pièces, diffusaient une agréable lumière orangée. Le Gryffindor déplia d'un coup de baguette le lit-sofa pour son alter, puis il s'assit sur son propre lit.
« Tu sais, » fit Marcus en se tournant vers lui, « je voudrais, si tu es d'accord bien sûr, qu'on partage une chambre à Beauxbât. Je pense qu'ainsi, on apprendra à se connaître plus vite et nous ferons davantage de progrès en duel… »
« Quoi ? ... Oh… Mais… Je… Les autres Gryffindor… Et Harry… J'ai toujours été avec Harry, » bafouilla Ron.
On sentait son combat intérieur entre se rapprocher de son nouvel alter et sa fidélité à son meilleur ami.
« On peut proposer à Harry de s'installer avec nous… » proposa Marcus, dans un élan de générosité. « Mais je ne suis pas sûr que Junon acceptera cette option… Je m'étonne d'ailleurs qu'elle ne lui ait pas encore ordonné de s'installer seul. »
« Pourquoi devrait-il s'installer seul ? Parce qu'il est solo ? » s'exclama Ron.
« Et bien, oui ! » avoua Marcus. « Les solos logent souvent seuls. C'est le cas de Junon, mais c'était aussi mon cas avant. »
« Mais pourquoi ? »
« C'est une recommandation assez courante des tuteurs. Déjà à cause du climat de jalousie qui entoure les solos au collège. Heureusement, ça se calme au lycée… Et puis quand on est solo, c'est tout un état d'esprit. »
« Je ne comprends pas, » fit Ron, en secouant la tête. « Le fait qu'il soit solo n'a rien à voir avec le fait que lui et moi sommes amis, non ? »
« Comment t'expliquer ? » commença Marcus. « … On attend beaucoup des solos, même quand ils sont encore élèves à Beauxbâtons. Les solos sont des combattants complets. Ils ne sont ni attaquants, ni défenseurs. Comme ils ne sont pas dépendants d'un alter, ils sont très prisés dans le milieu des Aurors… Ca me causait souci d'ailleurs par rapport au Quidditch. Plus tard, je voudrais continuer ce sport et je ne veux pas être Auror… Mais tant que j'étais solo, c'est comme si je n'avais pas ou très peu le choix… »
« Tu veux dire qu'ils t'auraient forcé à devenir Auror ? » s'écria Ron avec de grands yeux.
« Disons que la Sénéchale aurait beaucoup insisté… J'aurai peut-être pu négocier quatre ou cinq ans de Quidditch pro. Mais pfff… Je sais que vers mes 25 ans, le ministère de la Défense m'aurait très probablement récupéré. Surtout au vu des sommes qu'il a investi dans mon éducation depuis la sixième… »
« Je n'aurai pas cru que c'était comme ça, la France… » remarqua le Gryffindor. « Je croyais que c'était le pays de la Liberté ! »
« Pour la plupart des gens, oui… Mais si tu trouves le temps, va discuter avec Suzanne Martin et Sirène Piccolo, tu seras surpris de ce que tu apprendras à propos des psychométristes. »
« Mais pour en revenir à Harry, il n'est pas français, il n'a donc de compte à rendre à personne ! »
Marc-Horus secoua la tête :
« Pour Harry, on se heurte à un autre problème : son tuteur est la future Sénéchale ! Anglais ou pas, elle entraîne Harry comme si c'était un futur membre de son équipe. … Elle a d'ailleurs déjà une assez bonne idée des futurs membres qu'elle veut introduire dans son service. Elle a à l'œil un certain nombre d'élèves et je peux te dire que j'en faisais partie quand j'étais solo. »
« Quoi ? Elle anticipe autant que ça ? »
« Oh que oui ! » acquiesça Volauvent. « La première fois qu'elle m'a parlé de tout cela, elle n'avait même pas douze ans… »
Ron grogna un juron.
« Je vois. Je ne peux vraiment donc pas abandonner Harry aux mains de cette maniaque ! »
Et sur ces mots, il s'endormit. Marcus se retourna deux-trois fois, embêté par toute cette affaire, puis il s'endormit à son tour.
Neville roula sur le sable de l'Arène, mais ne lâcha pas sa baguette. Il devait défendre Hermione à tout prix, rien d'autre n'avait d'importance. Il se redressa sur les genoux et envoya un bouclier pour protéger la jeune fille. Mais elle était déjà hors combat suite à un sort de jambencoton envoyé par Simon.
« Beaux réflexes, Neville, » commenta Jarnac, en l'aidant à se relever.
« Vous avez fait de nets progrès en coordination, » les encouragea Miranda, en libérant Hermione du sort. « C'est nettement mieux qu'hier ! » ajouta-t-elle avec satisfaction.
« Si tu n'avais pas eu à te défendre contre les attaques de Miranda, tu aurais pu facilement éviter mon jambencoton, » expliqua Simon à la jeune fille. « C'est le principal problème des duos d'alter : dès que l'un est en difficulté, cela créé un déséquilibre, qui peut entraîner l'autre dans sa chute. »
« Que faire en ce cas ? » demanda Neville, très sérieux.
« Déjà, quand vous aurez vos tatouages d'alter, vous aurez moyen de vous déplacer instantanément, » fit Miranda. « Il suffit qu'un des deux alter soit à couvert. Il appelle son partenaire et le tour est joué ! »
« C'est pour cela que le défenseur est plus mobile que l'attaquant en général. Tout en défendant son alter, il cherche les positions sûres, » compléta Simon.
« Mais dans une Arène, il n'y a aucune position à couvert… » remarqua Neville.
« Prends juste l'habitude de bouger beaucoup tout en défendant Hermione. Cela te servira plus tard ! » recommanda Miranda.
Neville hocha la tête.
« Et moi ? » demanda Hermione, attendant une correction.
« Tes sorts sont très intéressants… » commença Miranda d'une voix pensive. « Vos sorts à tous les deux le sont d'ailleurs ! La Comtesse disait que vous aviez un haut niveau en DAN, mais je le constate de mes propres yeux… »
« Et au niveau des techniques de Duel ? » insista Hermione, qui ne voulait pas que Miranda évoque par mégarde devant Simon les événements de juin dernier au département des Mystères.
« Vous manquez de pratique bien entendu… » répondit Simon à la place de son alter. « Hermione, tu as le défaut classique des attaquants débutants : tu as peur à l'idée de ne faire que de l'attaque. Il faut dépasser ça et faire confiance à Neville pour te défendre. »
« Oui, c'est la condition sine qua none d'un bon duo d'alter ! » renchérit Miranda. « Bien entendu, ça ne veut pas dire rester figée face aux attaques de tes adversaires. Si tu peux les éviter, évite-les, mais n'y consacre pas l'essentiel de ton énergie. Plus tu attaqueras à la fois le défenseur et l'attaquant adverses, plus tu les mettras en difficulté et moins ils t'attaqueront. La règle la plus commune des attaquants est la suivante : des sorts à grosse amplitude quand les deux alter adverses sont proches l'un de l'autre. Et du concentré quand ils sont séparés. Dans ce cas, cela demande beaucoup de précision. »
« Visez en priorité la main qui tient la baguette, les jambes et les yeux, » conseilla Simon à son tour.
« L'abdomen également, si aucun bouclier n'a été invoqué, » ajouta Miranda. « En cas de bouclier, vous pouvez tenter des attaques davantage physiques que magiques. »
« C'est-à-dire ? » demanda Neville.
« Aguamenti, Expulso, Bombarda au cas où il y aurait des rochers au-dessus de l'adversaire… » énuméra Simon.
« Ce qui ne risque pas d'arriver dans une Arène ! » commenta Miranda, en souriant.
Puis elle s'étira comme un chat.
« Je crois qu'on en a fait assez pour la journée… Je suis fourbue ! » s'écria-t-elle. « Vous n'aurez pas volé un bon dîner… et nous non plus ! »
En quittant la salle, Miranda regarda les noms qui étaient inscrits sur les portes des Arènes.
« Wotan Crèvecoeur et Marie-Céleste Otéane versus Padma Patil, Parvati Patil et Dean Thomas, » lut-elle, avant de s'étonner : « Quoi ? Ils y sont encore ! »
La rouquine se tourna vers Hermione et Neville :
« J'aurai bien aimé que Wotan et Céleste jettent un œil aussi à vos entraînements, mais le Comte et la Comtesse ont insisté pour qu'ils s'occupent du trio d'alter, » fit-elle, déçue. « Enfin, comme c'est assez inédit un trio, ça a dû les intéresser… J'espère qu'ils nous en toucheront un mot. »
« Il y a un défenseur et deux attaquants, c'est cela ? » demanda Neville.
« Oui, le défenseur a double travail… Tu saurais faire ça Simon ? » demanda Miranda, curieuse.
« Je pense que je saurais le faire avec deux Miranda parce que je connais parfaitement tes techniques… Mais avec une autre personne, ça me parait nettement plus difficile, » remarqua-t-il.
Hermione regarda à son tour les portes et sans surprise y vit inscrit les noms de 'Junon Sorlimus versus Harry Potter'. Elle eut une pensée d'encouragement pour son ami. Elle avait envie de le voir, mais Harry semblait peu à peu se détacher d'eux. Comme s'il se punissait d'être le Survivant par un entraînement excessif. Elle secoua la tête. Allons, elle devait être une courageuse Gryffindor, elle aussi ! Pour ceux qui étaient en Angleterre, pour ses parents, pour Hogwarts… Elle rejoignit Neville et les deux français qui s'éloignaient déjà vers la sortie.
« Cette pauvre Comtesse ! » disait Miranda. « Elle ne se remet vraiment pas de l'affaire Marcus ! »
« C'est parce qu'elle le suit depuis sa sixième… » commenta Simon. « Elle doit penser que la Roue a remis en cause son travail avec Volauvent. »
« Ou elle s'inquiète pour lui ! » s'exclama Miranda avec feu. « Rappelle-toi de cette vieille histoire ! »
« Quelle histoire ? » demanda Neville.
« Une histoire qui date de l'époque de nos arrière-grands-parents, donc pas vraiment récente… C'est à propos de la Roue de Fortune et de sa manière d'associer les alter. On se la chuchote dès qu'elle créé des duos étranges, genre entre des élèves de deux années différentes ou dès qu'il y a des solos inattendus. »
« Des solos inattendus ? » s'écria Hermione. « Tu veux dire que Harry… ? »
« Oh, mais Harry est le Survivant ! Ce n'est pas vraiment un solo inattendu… Au contraire ! » s'empressa Miranda pour la rassurer, tout en agitant ses boucles.
« Et cette histoire ? » insista Neville, curieux.
« Il y avait un solo, il y a une centaine d'années qui s'appelait Arnaud Casadéi. C'était un sorcier, fils de moldus et d'origine italienne. Il était réputé pour être très talentueux. Mais le jour où il rentrait en quatrième, il s'est vu associé à un petit sixième, un Messidor que tout le monde anticipait solo, Augustin. »
« Deux ans d'écart ? » s'étonna Neville.
« Oui, deux ans. La déception a été grande du côté des Messidor, car tout le monde espérait en Augustin le prochain Sénéchal de France. Ce dernier a eu du mal à digérer sa déception, mais il a néanmoins commencé son apprentissage en duo avec Casadéi. Ce dernier était lui-même assez perturbé de ne plus être solo et surtout d'être associé à un élève de deux ans son cadet. Enfin bref, on ne sait pas trop ce qui se passa dans les cinq années qui suivirent, mais on suppose que les deux parvinrent à s'entendre. Puis quand Arnaud fut diplômé et qu'il quitta Beauxbâtons, on fit repasser Augustin à la Roue de Fortune, sur insistance de la famille Messidor qui n'avait toujours aucun héritier solo. Et cette fois-ci, la Roue le décréta solo. Casadéi, qui souhaitait devenir Auror aux côtés du futur Sénéchal, repassa également la cérémonie de la Roue, mais elle continua à l'associer à son ancien alter. Arnaud n'était pas assez solide pour supporter cette nouvelle rebuffade du Destin. Il crut que tout le monde s'était servi de lui pour faire progresser Augustin. Il y vit un rejet de ses capacités et, peu après, de désespoir il mit fin à ses jours. On cacha pendant des années à Augustin le suicide de Casadéi. On lui fit croire que Arnaud avait trouvé la mort face aux forces de Von Dresden. Puis, une décennie après la chute de ce sorcier sombre, Augustin devint à son tour Sénéchal de France et il trouva le dossier concernant les circonstances du décès d'Arnaud Casadéi. Une triste histoire… C'est l'un des innombrables drames qui jalonnent l'existence de la famille Messidor, » conclut Miranda en haussant les épaules avec légèreté.
« Je n'aurai pas cru que tu connaissais aussi bien les histoires de la famille Messidor… » remarqua Hermione suspicieuse. « Je veux dire c'est la famille de ton ennemie jurée, quand même ! »
« Hé ? … Vous n'êtes pas au courant ? » fit Miranda, en ouvrant grand les yeux.
« De quoi ? » demanda Neville.
Miranda échangea un regard surpris avec Simon, puis croisa les bras :
« Je croyais qu'elle aurait crié ça sur les tourelles ou, tout du moins, qu'elle aurait demandé à cette connasse de Christine Müller ou aux Piscies de le faire à sa place ! » grinça-t-elle.
« J'ai toujours pensé que Junon Sorlimus était moins mauvaise que tout le monde s'accordait à le dire… » répartit calmement Simon.
« A d'autres ! » lança Miranda de mauvaise humeur. « Telle mère, telle fille ! »
Simon eut un petit sourire un peu triste, puis il se tourna vers les deux Gryffindors qui attendaient toujours la suite des révélations :
« En fait, ce n'est pas un secret du tout, mais Miranda est une Messidor… »
« Quoi ! » s'écrièrent conjointement Hermione et Neville, éberlués.
« Il y a une raison bien précise pour laquelle Axelle Messidor déteste ma mère Clarisse, » expliqua Miranda. « Elles sont demi-sœurs. Ma mère est une enfant bâtarde. La fille illégitime d'Ivan Messidor, le propre fils d'Augustin dont je vous parlais. »
« Tu veux dire que… » commença Neville.
« Oui, je suis l'arrière petite-fille d'Augustin, tout comme Sorlimus. Nous sommes demi cousines. Et si j'avais été solo, j'aurai pu potentiellement devenir Sénéchale de France. Elle ne me hait pas pour rien, vous savez ! »
Miranda fit une pause puis regarda Simon :
« En fait, c'est ta faute ! » dit-elle d'un ton faussement mécontent. « Si tu n'avais pas été là, j'aurai certainement été solo. Et j'aurai sans doute eu Marcus comme tuteur… Trop le pied ! »
« Je plaide coupable… » sourit Jarnac, en levant la main.
Hermione regarda la jeune Ducratère s'éloigner en compagnie de Simon, songeant :
"Si Miranda avait été solo, ça aurait une lutte sans merci entre elles deux. Et pas seulement une forte inimitié. Quoi qu'il en soit, ça ne doit pas être évident d'être issue d'une branche bâtarde. Il faudra peut-être que j'en touche un mot à Harry, qu'il évite de faire un impair à ce propos devant Sorlimus…"
Dans une autre Arène, Harry se trouvait une fois de plus opposé à son implacable tuteur :
« Qu'est-ce que c'est que ça ? » demanda-t-il, en désignant les masques que Junon avait apporté.
« Ce sont des masques d'entraînements spéciaux : ils altèrent la vue. Ils peuvent simuler une blessure à un œil ou même aux deux, un aveuglement partiel ou complet, mais aussi simuler différents degrés d'obscurité. »
Elle ajusta le masque sur la figure d'Harry avant de lui demander :
« Que vois-tu ? »
« Tout est sombre, mais je te vois encore bien. »
« Et là ? » fit Junon, après s'être éloignée de quelques mètres.
« J'aperçois tes mouvements et vaguement ta silhouette. »
« OK. Ceci est le niveau de difficulté le plus aisé. Nous allons le travailler dix minutes, puis je verrai si tu peux affronter le niveau suivant. »
Harry ne répondit pas. Il avait vite compris qu'il valait mieux ne pas perdre de temps à répondre à Junon. Elle utilisait ses moindres moments d'inattention pour l'attaquer et répondre était définitivement un signe d'inattention, le plus léger des hochements de tête pouvait lui faire baisser sa garde. Rester concentré… Concentré…
Il ne vit pas partir le sort qui arriva droit sur lui et ne l'évita que par pur réflexe. Il voyait beaucoup moins bien qu'il ne le pensait au début. Il allait devoir trouver un moyen de contrer son handicap. Bien vite, il conjura un bouclier, et s'efforça de bouger le plus possible pour ne pas se faire toucher par ses sorts. Il devait trouver un moyen de l'attaquer. Il sentit brusquement une source de chaleur s'approcher dangereusement de lui. Il renforça immédiatement son bouclier d'un Salveo Maleficia. Il chercha Junon des yeux, mais le masque ne laissait presque rien deviner. Elle devait être immobile pour l'empêcher de la repérer. Il lança un puissant Lumos Solem essayant d'y voir plus clair. Il aperçut nettement sa silhouette et lui lança immédiatement un sort de confusion, mais elle disparut aussitôt de son champ de vision. Il devait l'atteindre mais ne la voyait pas. Que faire ?
« Serpensortia ! » cria Harry. Puis il ordonna en fourchelangue au reptile qui venait d'apparaître : « Attaque ! »
Le serpent hissa et glissa avec agilité en direction des ombres. Harry entendit un juron et une pluie de sorts s'abattre sur la pauvre bête. Le Gryffindor en profita pour lancer plusieurs Stupefix en direction de l'affrontement. Mais fut lui-même touché de plein fouet par son serpent que Junon avait renvoyé d'un Waddiwasi rageur.
« Ok, Potter ! » fit la voix de Junon. « C'est pas mal. Tu peux enlever le masque. »
Harry ôta l'artefact magique.
« Deux choses bien vues : le Lumos Solem, car si tu étais aveugle, je ne l'étais pas, et la lumière m'a un instant éblouie, » commenta Junon. « Et le Serpensortia. »
Harry se redressa. Enfin elle reconnaissait qu'il valait quelque chose. Mais Junon doucha aussitôt son orgueil :
« Je n'ai créé cet exercice que pour tester ta réactivité, Potter. Il faudrait que tu t'entraînes pendant mille ans avant de pouvoir me battre avec un avantage en ma faveur. »
« Ce que j'apprécie chez toi, Sorlimus, c'est ta capacité à me donner confiance en moi ! » fit Harry, d'un ton colérique.
« La confiance, ça se construit, Potter. Ca n'apparaît pas du Néant comme tu as l'air de le croire… » répondit la jeune fille d'une voix froide. Harry ne répondit pas. « Et puis, parlons franc, tu crois vraiment que je t'ai attaqué sérieusement ? » ajouta-t-elle, en levant un sourcil.
Il réfléchit un instant. Elle n'avait pas du envoyer plus d'une douzaine de sorts pendant l'affrontement et encore, la majorité d'entre eux avait été dirigé contre le reptile.
« Non, » reconnut-il avec honnêteté. « Mais tout de même, le serpent ! Tu ne t'y attendais pas, n'est-ce pas ? »
« Affirmatif. Ca m'a distrait un instant, te donnant le temps, soit de m'attaquer, soit de fuir. Une bonne tactique, » reconnut-elle. « Je ne savais pas que tu étais fourchelangue… Parle-lui un peu ! » ordonna-t-elle en désignant le serpent, encore étourdi par le choc.
Harry se tourna vers lui et d'un sifflement aigu, il s'excusa platement de l'avoir impliqué dans son combat. Puis il le fit disparaître. Le Gryffindor se tourna vers la solo et lut une certaine curiosité dans son regard.
« Ne me fais pas le coup de 'les serpents sont sensibles'… » le prévint Sorlimus, avec un minuscule sourire en coin.
« Je n'en avais pas l'intention ! » répondit-il du tac-au-tac, surpris qu'elle fasse de l'humour.
Il y eut un silence.
« C'est bien d'être fourchelangue ? » demanda-t-elle finalement avec curiosité.
Harry fut surpris par la question. Il avait pensé que Sorlimus aurait plus d'a priori sur le sujet. Il hésita une seconde :
« Ce n'est pas très utile, tu sais… Et puis, c'est mal vu ! »
« Pas très utile, ça reste à voir… » réfléchit Junon, en s'asseyant en tailleur à même le sable. « Tu parles aux lézards aussi ? »
« Aucune idée. Pourquoi les lézards ? »
« Les lézards sont de petite taille et personne ne fait attention à eux. Ils seraient très utiles dans un service d'espionnage… »
« Pas plus les lézards que les serpents ne seraient d'une grande utilité. Les animaux ne comprennent pas ce qu'ils voient. Au mieux, ils pourraient te dire combien il y a de portes dans la pièce… » fit Harry, en secouant la tête.
« Hmmm… J'en toucherai néanmoins un mot à Mère… Je veux dire à la Sénéchale ! » se reprit aussitôt Junon.
« Ca veut dire que je viens de gagner du crédit aux yeux des tout-puissants Messidor ? » demanda le Gryffindor d'un ton grinçant.
La solo se releva d'un bond.
« Si ça t'amuse de penser cela… » répondit-elle, en haussant les épaules.
Lettre 7
« Salut Irrimo !
Je n'ai que peu de choses à te dire sur cette semaine écoulée. Alors, je suppose que je t'écris pour mon seul plaisir personnel. J'aimerais t'expliquer ce qui a changé dans ma vie depuis dimanche dernier, mais nous n'avons pas pour habitude d'étaler nos vies privées sur le papier. Je le regrette par moment… Mais, trêves de lamentation ! Ce n'est pas ainsi que tu m'aimes, n'est-ce pas ?
Je fréquente toujours quelques anglais. Ils sont calmes pour la plupart, mais ils s'entraînent tous dur. La situation outre-Manche semble les avoir tous choqués en profondeur. Il est vrai que je n'aimerais pas être à leur place. Malgré nos petits soucis, qu'il fait bon vivre en France ! D'ailleurs, je n'ai pas l'impression que nos condisciples aient changé quoi que ce soit dans leurs attitudes. Est-ce une façade ? Qu'en penses-tu et comment l'analyses-tu ?
J'espère avoir de tes nouvelles bientôt.
"I found the future in my grasp,
the line of least resistance, naturally;
joined up the dots and never thought to ask
could I somehow do this differently ?"(2)
FELTER »
« Cher Felter,
Tu n'as pas besoin de raison particulière pour m'écrire. J'attends toujours tes messages avec impatience. Il est hors de question de limiter la fréquence de nos échanges, à partir du moment où nous nous astreignons à la plus grande discrétion.
Il est vrai que les anglais semblent plus déterminés que nous. Quoi de surprenant ? Ils sont sous le choc. Mais nous finirons bien par changer nous aussi à leur contact. La guerre, ce n'est gai pour personne alors on tente d'oublier en pensant à autre chose. Il y a eu tout de même des changements dans mon cercle d'amis : tous leurs projets sont en hiatus. Est-ce identique de ton côté ? Paradoxalement, je crois que l'année risque d'être plus calme que les précédentes.
Je t'ai vu aujourd'hui, même si je doute que tu m'aies vu. Tu te demandes quand ? Au moment où tu sortais du réfectoire ce midi. Ca m'a fait plaisir de t'entrapercevoir.
Je te salue pour ce soir.
Non scholæ, sed vitæ discimus (3)
IRRIMO »
Contrairement à ce que disait la légende qui courait à son propos, Marc-Horus Volauvent n'était pas un garçon parfait. Il trouvait l'idée ridicule d'ailleurs. La perfection, est-ce que ça existait même en ce monde ?
Marcus était prêt à beaucoup de choses pour que cela se passe bien entre lui et son nouvel alter. Mais autant, il était prêt à faire des efforts pour Ron, autant il ne voyait pas pourquoi il ferait des efforts pour son meilleur ami. Certes, il avait de la sympathie pour Harry Potter. Mais Harry était actuellement sous la coupe de Junon Sorlimus et Marcus, malgré ses bons rapports avec la solo, n'était pas assez fou pour tenter de l'en délivrer.
C'est vrai que dans un élan de générosité, qu'il regrettait maintenant, il avait proposé à Ron de prendre aussi Harry dans leur chambre commune. Mais c'était uniquement pour faire plaisir à son alter et surtout dans l'espérance que Harry refuse. Marcus devait maintenant mettre toutes les chances de son côté. Harry devait refuser.
Le jeune Volauvent soupira, écoeuré par son propre égoïsme, mais ne pouvant se résoudre néanmoins à y renoncer. En définitive, il envoya le parchemin à Junon. Celui où il révélait que Harry souhaitait s'installer avec lui et Ron. Junon devait absolument mettre un holà à cette idée !
1 : Poliphile : « Le songe de Poliphile » ou « Hypnerotomachia Poliphili » est un ouvrage de la Renaissance, racontant le voyage iniatique en songes de Poliphile pour gagner l'amour de la femme qu'il aime. Ce livre a eu une grande influence dans l'art des jardins et l'architecture et a influencé entre autre l'œuvre littéraire de Rabelais, La Fontaine et Nerval.
2 : Peter Hammill, « We are written », album « Clutch », 2002
J'ai trouvé le futur à ma portée,
de la manière la plus simple, naturellement ;
j'ai joint les points sans jamais penser à demander :
Est-ce que j'aurais pu faire les choses différemment ?
3 : Non scholæ, sed vitæ discimus. Locution latine : 'Nous n'apprenons pas de l'école, mais de la vie'
Je vous soumets, en bonus de ce nouveau chapitre, une petite gâterie. Un regard sur trois professeurs de Beauxbâtons. Comme ils sont plus proches de moi en âge que les élèves, je les ai particulièrement soignés. J'ai l'impression de parler de mes potes.
Un regard sur Maël Keryizau, Sylvius Wyatt et Aimé Zéphyr
« Sylvius ! » cria Maël Keryizau en tambourinant à la porte de la chambre de son collègue et ami.
« Fuck off ! » répondit une voix enrouée.
« Debout, vilain ronfleur ! T'es en retard ! »
Seul un grondement menaçant lui répondit. Maël hésita un instant, se demandant s'il devait adopter des méthodes plus radicales pour faire lever son colocataire. Il n'eut pas à s'interroger davantage, le visage ensommeillé et grognon de Sylvius Wyatt, professeur d'anglais de Beauxbâtons, apparaissait dans l'entrebâillement de la porte.
« Tu voudrais pas écrire un mot à notre géante préférée et lui dire que je suis cloué au lit par une mauvaise grippe ? » hasarda le nouveau venu, dans un français presque sans accent.
« Tu sais bien que ça ne marche jamais avec elle... » lui rappela Maël.
Le prof d'anglais grinça des dents, ce qui fit sourire largement son collègue.
« Ok, donne-moi trente petites secondes et j'arrive... » maugréa Sylvius, en tournant les talons.
« O-oh ! Pas si vite, mon ami ! » fit Maël en entrant dans la chambre à la suite de Wyatt.
« Quoi encore ? »
Keryizau tendit sa baguette vers le lit de son collègue et y lança un petit sort.
« Pour t'éviter toute tentation... » se contenta-t-il d'expliquer avant de sortir.
Il n'y eut qu'un Go to Hell étouffé pour toute réponse, quand la porte claqua sur ses talons.
Cela faisait trois ans que Maël Keryizau et Sylvius Wyatt cohabitaient dans une petite maison d'Avallon. En réalité, la maison appartenait aux Keryizau, et Sylvius payait une petite pension tous les mois à son collègue. Quand Wyatt avait été embauché par Madame Maxime en tant que professeur d'anglais et de musique, il n'était pas dans une situation brillante. C'était une sorte de musicien bohème qui parcourait la France et une partie de l'Europe de l'Ouest en travaillant de-ci, de-là. Il avait un peu tout fait : ouvrier agricole chez les moldus, musicien des rues à Berlin et à Naples, garde-malade chez des sorciers trop âgés pour s'en sortir seuls... Il avait même travaillé dans le bâtiment moldu, s'aidant illégalement de la magie. L'administration avait plusieurs fois tenté de mettre la main sur lui, mais il avait toujours une longueur d'avance, disparaissant on-ne-sait-où, le temps que les choses se tassent.
Maël avait appris, petit bout par petit bout, quelle vie avait mené Sylvius ces dix dernières années. L'anglais n'était guère dissert sur le sujet. Il avait dû fuir l'Angleterre à la fin de ses études à cause de ses ascendances moldues, puis avait commencé ses années d'errance. Aussi Maël s'était-il empressé d'offrir le gîte et le couvert à ce curieux fuyard. L'invitation s'était peu à peu muée en une cohabitation amicale.
Une voix grave l'interrompit dans ses souvenirs :
« Et bien, Maël ? As-tu l'intention de verser l'eau dans la théière ou comptes-tu rester ainsi la bouche ouverte ? »
Kerizau leva les yeux et aperçut la tête de Aimé Zéphyr dans la cheminée.
« Salut, joli coeur ! » le salua Maël. « Ton café est prêt ! »
Le grand noir émergea de la cheminée et secoua les cendres de sa tenue de Quidditch rouge sombre. Une tasse de café chaud était déjà posée sur la table.
« Bonjour Maël ! » fit le nouveau venu, en s'attablant. « Ca va ? Notre english roupille encore ? »
« Phase deux ! » répondit Keryizau, en beurrant avec application sa tartine.
Tous les matins, Aimé Zéphyr, professeur de Quidditch et de Sports de Beauxbâtons rejoignait ses collègues au moment du petit-déjeuner. Ou plutôt, son collègue. Sylvius n'avait souvent que le temps d'avaler sa tasse de thé en se plaignant systématiquement de se brûler la langue. Zéphyr avait rarement des cours si tôt le matin, mais il avait gardé ses habitudes de joueur professionnel et se levait toujours aux aurores.
Keryizau et Zéphyr étaient arrivés la même année à Beauxbâtons en tant qu'enseignants et s'étaient immédiatement bien entendu, malgré leurs dix ans de différence. Sylvius avait complété le trio, quatre ans plus tard, et leur amitié était devenue proverbiale dans l'école. Il est vrai que l'équipe enseignante de Beauxbâtons était des plus étranges et qu'il était difficile de s'y faire une place. Entourés d'une demi-géante, d'un couple querelleur, d'une maniaque de l'alchimie, de deux furieux de la prédiction, d'une errante psychométriste, d'un tableau poussiéreux, d'un vieux grognon sadique et d'une vampire, ces trois-là étaient fait pour s'entendre. La normalité n'était pas si courante à Beauxbât !
« Alors ? » demanda Maël d'un ton faussement désintéressé. « Quoi de neuf ? »
Zéphyr ne se laissa pas prendre :
« Je le reconnais : tu avais raison. Elle n'était pas aussi bien que je le croyais... Les femmes ! Elles arrivent toujours à camoufler leurs petits défauts... »
« Je te l'avais bien dit ! » sourit le professeur de littérature. « Tu as sans doute bien fait de rompre. »
« Mais qui a dit que j'avais rompu ? » s'étonna Zéphyr. « Je t'en prie, mais j'ai bien l'intention d'en profiter encore quelques temps ! »
« Aimé ! » s'insurgea Maël.
« Je n'ai pas ton âme délicate, mon ami... Et puis, je ne lui ai pas promis le mariage, après tout ! »
« Faut-il toujours que vous parliez de cul au petit matin ? » intervint Sylvius, qui se tenait sur le pas de la porte.
« Miracle ! » s'exclama Zéphyr. « Dix minutes d'avance sur ton timing habituel ! »
« Maël a eu la brillante idée d'enchanter mon matelas afin qu'il m'éjecte directement sous la douche... Je ne peux pas lutter contre ça, » expliqua Sylvius.
« Mieux vaut ça que de recevoir une visite impromptue d'Olympe venue s'enquérir de son pauvre petit Sylvius ! » remarqua Maël, en servant le thé.
« Très juste ! » répondit Wyatt en s'asseyant. « Aurais-tu la gentillesse de me passer les toasts, Aimé ? »
Dès qu'il avait franchi le difficile cap du lever, Sylvius était toujours d'une politesse et d'une amabilité extrêmes.
« Tu as qui, ce matin ? » demanda Zéphyr, en terminant son café.
« Les 1ère C... en classe rétrécie. »
« Eh ? » fit Keryizau.
« Mais oui, c'est vrai : il ne va pas faire cours d'anglais aux anglais ! » remarqua Aimé.
« Au moins, ils pourront dormir, eux... » soupira Sylvius.
Soudainement, dans un grand fracas, un pigeon de belle taille explosa une des fenêtres de la cuisine et lâcha un parchemin d'une dangereuse couleur rouge devant Maël. Sans même becqueter quelques miettes de pain, l'oiseau s'en fut aussi vite qu'il était arrivé.
« Oh, non... » gémit le professeur de littérature, en voyant la beuglante fumer comme un dragon.
'Espèce de salaud ! Si tu crois qu'un jour je vais te pardonner ta trahison, tu te fourres la baguette dans l'oeil ! Tu n'es même pas digne d'avoir un jour levé les yeux sur moi. Je te souhaite de crever aux mains des Erinyes !' hurla une voix féminine.
Pas un muscle ne tressaillit sur le visage de Sylvius qui s'appliquait à savourer son thé. Maël décolla lentement les mains de ses oreilles, tandis qu'Aimé sortait la tête de dessous la table et relevait tranquillement sa chaise qui était tombée.
« Si tu veux mon avis, je crois qu'elle t'en veut encore... » fit Sylvius, en étalant de la marmelade d'orange sur son toast.
« C'est pour cela que je ne leur propose jamais le mariage ! » expliqua Zéphyr en réparant la vitre brisée.
Seul un gémissement de Maël leur répondit.
« Le mariage, c'était vraiment un mauvais plan ! Surtout entre alter... » poursuivit l'ancien joueur de Quidditch d'un ton critique.
« Tu noteras qu'elle pense encore suffisamment à toi pour ne pas rater annuellement l'anniversaire de votre rupture... » remarqua Sylvius, pince sans rires.
« Pas plus qu'elle n'oublie ton anniversaire... » renchérit Zéphyr.
« Ni ta fête... »
« Ni Noël... »
« Sans oublier le jour de l'An, bien entendu... » ajouta Wyatt, un petit sourire aux lèvres.
« Et parfois même la Saint-Valentin... » continua Aimé.
« Bon, vous avez fini ? » s'impatienta Maël. « Elle refuse de le reconnaître, mais elle m'en aurait voulu bien davantage si elle avait découvert que je... hem hem... ne suis pas du même bord, après le mariage ! »
« Oui, j'imagine très bien la scène : 'Au fait chérie, désolé, mais je viens de me rendre compte que je suis gay. Mais j'ai un ami qui serait ravi de prendre en charge mes activités conjugales. Tu sais ? Aimé Zéphyr, le grand joueur de Quidditch des Phoenix d'Avallon !' »
« Tu ne manques pas d'air, Aimé ! » s'indigna Maël.
« Elle n'aurait pas perdu au change ! » expliqua Zéphyr avec un sourire coquin.
« Et vantard avec ça… » répliqua Sylvius.
« Et puis ça n'engage que toi ! » fit Maël à son tour.
« Bon, allez ! Il est 8h10, faut que vous y alliez ! » rigola Aimé, en se levant. « Je vais faire un petit tour en balai, moi ! »
« C'est ça, casse-toi ! Et te fatigue pas trop surtout ! » fit Maël, avec un sourire ironique en coin.
« Aucun risque ! Mes maîtresses comptent sur moi ! » fit Zéphyr, avant d'ouvrir la porte d'entrée et d'enfourcher son balai.
« Le jour où il arrêtera de parler de femmes, c'est qu'il sera mourant... » remarqua Sylvius, en regardant la grande silhouette du professeur de sport s'éloigner.
« Ca risque pas d'arriver de sitôt ! » s'exclama Maël. « Bon, on y va ? » ajouta-t-il, en désignant la cheminée. « Nos chers anges ne nous attendront pas éternellement ! »
« Vas-y, je te rejoins tout de suite... » répondit Sylvius, l'air un peu préoccupé.
« Ok, mais te rendors pas ! » sourit le professeur de français en prenant un peu de poudre de cheminette qu'il lança dans la cheminée. Les flammes verdirent : « Beauxbâtons, âtre professoral ! » cria-t-il.
Puis, il plongea dans la cheminée. Se laissant porter par les sensations de déplacement, Maël ferma les yeux. Le temps semblait s'étirer. Le mouvement cessa brusquement et il fut projeté hors de la cheminée d'arrivée. Ce n'était pas une cheminée à proprement parler, plutôt un vaste espace carré ouvert sur les quatre cotés au centre de la salle des professeurs. Maël s'épousseta d'un sort et passa une sorte de carte magnétique dans une machine placée contre un mur. 'Keryizau Maël. Crédit voyage : 16' afficha l'écran lumineux.
Puis, le jeune professeur alla vers une rangée de casiers au fond de la salle. L'un d'eux était à son nom. Maël sortit sa baguette :
« Mea ! » lança-t-il.
« Bonzour Maël ! » s'anima le casier, en zozotant de sa bouche métallique. « Z'ai le devoir en retard d'Antoine Rantal. Il l'a dépozé hier zoir à 19h. Z'ai aussi une note de la directrize sur les reztrictions des zallées et venues dans le zardin zen. Z'ai mis tes cours de la zournée dans le tiroir de droite. T'as bezoin que ze te prépare que'que zoze ? »
« Merci. Tout est parfait. Si le besoin s'en fait sentir, je te joindrai par le parchemin, » répondit le professeur tout en prenant ses cours dans ledit tiroir.
« Bien compris. Bonne zournée, Maël ! »
« Ah, si ! Arrange-toi avec le casier de Sylvius pour que ses cours soient disponibles dès qu'il arrive. Ou alors, il sera encore en retard. »
« Compte zur moi... Au revoir ! » fit l'objet magique.
« Dormitio ! »
Le casier poussa un bref soupir, puis ne bougea plus.
Maël prit la liasse de parchemins et sortit de la salle des profs. Il passa par l'une des tapisseries et déboucha directement dans le couloir des salles de cours. 'Et une journée qui commence !' pensa-t-il, avant de passer la porte n°26. Il s'assit au bureau et attendit l'arrivée des élèves, en relisant ses notes. Bientôt la classe de 4e passa la porte et s'installa dans un brouhaha sonore. Le professeur leva sa baguette et le titre du cours s'inscrivit au tableau : 'Le Graal vu par les moldus. Les raisons d'un mythe.'
Une minute plus tard, un bruit de cavalcade se fit entendre. Sans interrompre l'élève qui lisait, Maël réprima un sourire en regardant sa montre. Sylvius n'aurait que trois minutes de retard aujourd'hui.
Et voilà, des mois de stagnation, un marathon et bingo : le chapitre ! Miraculeux, non ? J'espère que La Ligue continue de vous combler.
Alors maintenant, postez une review et vous sauverez un nain de jardin ! (ou je torture un nain de jardin, à votre choix...)
Je vous embrasse
Ruth (égarée dans son dédale comme à son habitude…)
