Bonjour à vous ! :-)
Encore une fois je suis…en retard !
Je suis 10000000 fois DESOLEE pour ce rythme de publication complètement décousu et décalé, malheureusement le début d'année a été un peu compliqué, aussi, je n'ai pu accéder au site avant aujourd'hui…
Un grand merci pour vos reviews, elles m'ont fait super plaisir, même si, du fait de tous mes retards, je suis bien consciente de ne pas les mériter… :-(
Sur ce, je vous laisse avec Edward, à l'instant où vous l'aviez quitté au chapitre XXV : avec la photo que lui avait montrée Hale…
Encore désolée, désolée, et désolée, j'espère que vous me pardonnerez… ^^
PS : aucun des personnages ne m'appartient…
CloudeGirofle
CHAPITRE XXVII : EDWARD
La même journée.
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Je reçus de plein fouet le choc de ses yeux mauves.
Le cœur figé comme un oiseau abattu en plein vol, je lâchais le cliché. Ma vision s'était brouillée. Plus rien n'avait de sens autour de moi. Comme sur un bateau secoué par la tempête, ma nausée se mêlait d'une confusion étourdissante.
C'était impossible. Cela ne pouvait pas être elle.
Et pourtant, en regardant une fois encore la photo que j'avais laissée glisser à terre…. Comment aurais-je pu en douter ?
A côté de Véra se tenait, tendrement enlacée, une grande fille blonde, rayonnante, lumineuse vêtue d'une robe de soie à la blancheur aveuglante. Son délicat visage encadré de longues, longues boucles dorées avait été saisi dans un éclat de rire, qui, par sa spontanéité rajoutait à la joie de vivre que criait – non hurlait – chacun des pores de sa peau.
J'étais comme un papillon qui, captivé par la lumière, s'y brûle les ailes : impossible de détourner le regard de cette fille, que je n'avais jamais rencontrée, et que je connaissais pourtant.
Les lèvres peintes en un rose fleuri, le collier autour de son cou, les cils noirs qui ombrageaient ses yeux aux prunelles pétillantes, la chevelure longue comme un voile de fils dorés et ce corps, que l'on devinait, par la faible transparence de la soie, plus épanoui et plus courbe dans sa féminité que celui que je connaissais…
Ce n'était pas Hale qui me souriait avec cette spontanéité exubérante d'assurance, mais Rosalie.
Comment décrire la confusion dans laquelle cette photographie me plongeait ? Tel un fil ténu, il reliait un passé que je n'avais jamais connu, que je pouvais seulement fantasmer à un présent immédiat et réel. J'avais l'impression d'avoir devant moi deux filles, chacune appartenant à un monde tant éloigné l'un de l'autre qu'une collision entre les deux entraînerait un cataclysme inévitable.
Le jour et la nuit. La joie et la douleur. L'innocence et le vécu.
Rosalie semblait un radieux fantôme, condamné à hanter éternellement Hale de ce qu'elle avait été. Ou plutôt, Hale n'était que l'ombre amère et brisée de celle qu'elle avait été. Et la vérité m'apparut : Hale portait bel et bien le deuil celui de Rosalie.
Mais pourquoi…comment…
Car on devinait à ce sourire franc et à ce regard perçant une confiance en soi inébranlable, prête à affronter l »avenir et la terre entière. Elle était belle, incroyablement et dangereusement belle. Elle le savait, elle en jouait même. Cette façon de défier l'objectif du photographe… Elle aurait été sur le tapis rouge des Oscars qu'elle n'aurait pas eu une pose plus majestueuse.
Soudain, je perçus le grincement des marches de l'escalier, puis la voix de Hale qui me héla depuis le salon :
- Ed, j'en ai profité pour te ramener ton bouquin !
Je repliais précipitamment le cliché, remarquant au passage un détail qui m'avait échappé – une banderole, « Concours régional de chant », ou une chose de ce genre – et tâchais de reprendre contenance.
- Tiens ! Fit-elle en entrant dans la cuisine, mon cahier de maths au bout de son bras tendu.
- Merci, m'étranglais-je.
Je fus pris d'une quinte de toux sous son regard curieux.
- Ca va ? Tu es tout pâle…
- Oui, oui, t'inquiète, fis-je avec un geste vague de la main, j'ai juste un peu mal à la gorge.
Et pour échapper à son regard qui faisait naître sur mes joues le rouge de la culpabilité et du mensonge, je me détournais pour mettre mon verre dans l'évier. Machinalement, je saisis une éponge et commençais à frotter le verre, le regard plongé sur la forêt sombre que laissait voir la baie vitrée.
- Eddy…Eddy ? Ouh-ouh ?
Je poussais alors un hurlement horrifié : Hale m'avait aspergé de la tête aux pieds avec le tuyau d'eau de l'évier.
- Argh ! Mais t'es malade ou quoi ?
- Ca faisait trois heures que je t'appelais, se défendit-il en essayant de réprimer un fou rire.
- Et alors, c'est pas une raison !
- Oh, c'est bon, détends-toi un peu gamin, c'est pas la fin du monde !
Devant tant de mauvaise foi, mon sang ne fit qu'un tour. Sans lui laisser le temps de protester, je lui arrachais le tuyau des mains et répliquais en l'arrosant du mieux que je pus…du moins, le temps pour elle de réaliser mon acte de mutinerie et de se jeter sur moi avec un cri de rage qui s'envola dans les aigus.
Nous roulâmes à terre dans un bruit sourd. Habile comme un félin, elle en profita pour me plaquer à terre et me bourrer le torse de coups de poings. Mort de rire, je criais grâce pour pouvoir reprendre mon souffle.
- Arrête, arrête Hale, s'il-te-plaît, hoquetais-je.
- Alors, c'est qui le plus fort ?
- C'est toi, c'est toi, haletais-je en plongeant mes yeux dans les siens.
Son visage penché au-dessus du mien, ses doigts liant mes poignets au sol, elle sembla méditer un instant sur la sincérité de ma réponse. Avec ses courtes boucles ébouriffées et ses hautes pommettes ruisselantes d'eau, elle ressemblait à un petit chaton trempé, dont les lèvres retroussées lui donnaient l'air vainement vindicatif. Je dus me mordre l'intérieur de la joue pour ne pas rire.
- Ok.
Elle se releva, me rendant ma liberté, puis fit passer son T-shirt par-dessus sa tête et fis glisser son pantalon le long de ses jambes. J'écarquillais les yeux, la bouche légèrement entrouverte.
- Euh… Hale ?
- T'emballes pas gamin, fit-elle en se dirigeant vers le salon sans se retourner. C'est juste que je meure de froid avec ces fringues trempées… Pas toi ?
- Euh, si, admis-je en accélérant le pas pour la rattraper.
- Bah viens alors, on va se changer.
Elle s'avança alors dans l'escalier, comme si de rien n'était.
Moi, j'étais horriblement gêné. Parce que, si j'avais déjà vu Hale nue, je ne l'avais jamais vue en sous-vêtement. Aussi étrange que cela puisse paraître, les rares fois où je l'avais déshabillée, Hale ne portait pas de soutien-gorge. Aussi la démarcation noire du tissu sur son dos blanc captivait mes regards, faisant naître au creux de mes reins une sensation que je ne connaissais que trop bien.
On se calme Edward, on se calme…
Arrivés dans le couloir, elle pila devant une porte et me fit signe de la suivre à l'intérieur. Je m'exécutais, curieux. C'était une grande salle de bain qu'une fenêtre inondait de lumière. Les carreaux de faïence bleue du sol épousaient les parois de la douche et les rebords de la baignoire. L'ensemble était élégant et épuré, à l'image de la maison. Intimidé, j'hésitais à entrer. Ce fut finalement elle qui m'attrapa par la main pour me tirer de force à l'intérieur, avant de s'attaquer au bouton de mon pantalon.
- Euh… M'inquiétais-je, ta mère est toujours là, non ?
Elle releva les yeux vers moi d'un air amusé.
- Pourquoi, ça te gênerait ?
- Oui-non, enfin, tu vois quoi…
Elle pouffa doucement avant de m'aider à enlever mon T-shirt.
- Non, t'inquiète, elle est partie à la salle de sport à l'heure qu'il est…
- Ah, bon…
Quand nous nous retrouvâmes l'un en face de l'autre, vêtus en tout et pour tout de nos seuls sous-vêtements, elle se dirigea vers la douche et, ainsi parée, se glissa sous le jet d'eau. Je n'hésitais qu'un bref instant avant de la rejoindre. Le pommeau de douche était si large qu'une fois à l'intérieur de la cabine, j'eus l'impression de me retrouver sous une pluie délicieusement chaude. Je fermais les yeux en offrant mon visage à l'eau.
- C'est génial, murmurais-je. Avec la fenêtre on se croirait presque au milieu de la forêt…
Hale ne répondit pas mais sourit doucement.
- Attends, tu n'as pas vu le meilleur.
Puis sans attendre, elle fit coulisser la paroi de verre pour se diriger en sautillant sur le sol froid vers une armoire qui trônait à l'opposé de la douche. Elle trifouilla quelques secondes à l'intérieur avant de se rejeter sous l'eau chaude en frissonnant.
- Qu'est-ce que…
Elle me fit taire en posant un doigt sur mes lèvres. Alors que je fronçais les sourcils, un air de musique, lent et mélancolique, se mit à envahir la pièce. Je reconnus le refrain d'un vieux groupe de rock que Hale aimait par-dessus tout, et je ne pus m'empêcher de sourire en fermant les yeux. Il ne manquait plus que…
Hale appuya sa joue contre mon épaule. Ca y est, j'étais au paradis. Elle glissa le long du mur pour s'asseoir sous le jet de la douche et je l'imitais. L'eau chaude sur mon dos, la vue de la forêt, la musique… Je ne sais combien de temps nous restâmes ainsi sans parler.
Finalement, ce fut quand le CD eut fini de tourner que nous sortîmes pour se glisser dans d'épaisses serviettes blanches. Nous longeâmes le couloir en direction du dressing – m'apprit-elle – quand j'aperçus par la porte entrouverte d'une pièce devant laquelle nous passions quelque chose qui m'interpella.
- Ed ? S'étonna-t-elle.
- J'ignorais que tu avais un piano…
Je brûlais de curiosité. C'était un magnifique instrument de bois sombre, dont les touches blanches luisaient dans l'obscurité de ce que je devinais être une bibliothèque.
- Il était à ma grand-mère.
- Le son doit être merveilleux, ne pus-je m'empêcher de dire.
Elle m'observa attentivement, avant de murmurer :
- Il l'était, oui. Mais cela fait tellement de temps qu'il n'a pas été ouvert… J'ai peur qu'il ne soit totalement désaccordé.
- Oh…
Le ton déçu de ma voix n'échappa à personne, y compris à moi-même. Je rougis et décidais d'avancer dans le couloir quand sa voix me retint.
- Mais tu peux essayer si tu veux, je pense que ça ne lui ferait pas de mal.
- Non, non, t'inquiète, bafouillais-je, c'était juste comme ça…
- Non, mais vraiment Edward, ça lui ferait du bien de se dépoussiérer un peu.
Connaissant Hale, j'ignorais complètement si essayer son piano lui rendrait véritablement service ou si elle présentait seulement les choses de cette manière pour m'encourager à jouer.
- Je suis sûre que ça ferait plaisir à ma grand-mère, ajouta-t-elle avec un petit sourire qui acheva de me convaincre.
Nous rentrâmes donc dans la pièce dans un silence presque religieux. C'était le seul endroit de la maison où les volets de la fenêtre étaient fermés et où la pénombre n'était éclairée que par la faible lumière d'une ampoule vacillante. Je m'assis sur le banc en laissant à Hale la place de s'asseoir à mes côtés et regardais le clavier avec un bonheur mêlé de mélancolie.
- J'ignorais moi aussi que tu savais jouer.
Je perçus nettement l'accusation dans sa voix.
- Oh, tu sais, me défendis-je maladroitement, je me débrouille, mais sans plus…
Elle hocha la tête sans rien dire, et je devinais que c'était à moi de rompre le silence. L'angoisse embrouillait ma tête et accélérait les battements de mon cœur. C'était comme le syndrome de la page blanche. Je jetais un petit coup d'œil à Rosalie et tout s'évapora d'un seul coup. Je sus exactement ce qu'il fallait jouer : le morceau que m'avait évoqué mon amie le premier jour de notre rencontre.
Je posais donc doucement mes doigts sur le clavier et commença à s'élever dans la pièce le Clair de Lune de Debussy. La mélodie se déroulant, j'en vins presque à oublier la présence de Rosalie. Ce fut le claquement de la porte, violent et brutal, qui me ramena à la réalité. Sur le siège à mes côtés, là où elle se tenait quelques minutes plus tôt, il n'y avait plus personne. Trop étourdi pour m'en inquiéter, j'abrégeais à contrecœur le morceau en plaquant un accord doux et grave sur le clavier. Puis je me levais, éteignis la lumière, et refermais sans un bruit la porte sur la pièce qui avait retrouvé son obscurité de naguère.
- Hale ? Appelais-je en avançant vers ce que je devinais être sa chambre.
Elle ne me répondit pas. Je poussais la porte avec une certaine curiosité mêlée d'angoisse. Comme toutes les autres pièces de la maison, elle était vaste et lumineuse, mais là où elles étaient toutes meublées avec soin et distinction, celle-ci était complètement hétéroclite dans son aménagement. Un grand lit en fer forgé longeait la baie vitrée en face de laquelle une étagère en bois croulait sous de vieux livres poussiéreux et des vinyles multicolores. Des photos en noir et blanc de paysage s'intercalaient de posters de vieux chanteurs de rock, sur son bureau, une longue plaque de verre fumé, trônait une guitare et des partitions, et plusieurs cendriers pleins. A côté de la porte fermée qui devait mener à la salle de bain, s'étalait un gros fauteuil de cuirs sombre, et je décidais de m'y asseoir pour l'y attendre.
Elle ressortit quelques minutes plus tard, vêtue d'un large jean noir et d'un sweat à capuche gris. Ses yeux étaient brillants, et ses joues pâles.
- Oh ! S'étonna-t-elle en m'apercevant. Edward…
Elle rejeta machinalement ses boucles en arrière et tâcha de sourire.
- Tu joues bien.
Elle toussa pour raffermir sa voix.
- Tu aurais dû me le dire.
- Et toi, pourquoi tu es partie ? Répliquais-je.
Il y avait dans ma voix davantage de tristesse que de vexation.
- Ah, ça…fit-elle en haussant nonchalamment les épaules. J'ai jamais trop aimé le classique tu sais.
J'étais à peu près certain qu'elle mentait.
- Tiens, ajouta-t-elle après plusieurs minutes d'un silence pesant, habille-toi tu vas finir par avoir froid.
J'acceptais sans rien dire les vêtements qu'elle me prêtait et m'enfermais dans la salle de bain pour me changer. C'était étrange qu'un tel silence puisse exister. Même dans ma maison il arrivait qu'on entende parfois le crissement d'un pneu sur l'asphalte de la route voisine…
Alors que je constatais que le pull prêté par Hale n'était que légèrement trop petit – aurais-je donc grandi ? – j'entendis les accords d'une guitare esquisser la mélodie qui avait bercé notre douche. J'ouvris la porte sans faire de bruit. Allongée sur son lit, Hale jouait distraitement en fredonnant les paroles de la chanson.
- J'ignorais que tu savais jouer, dis-je en reprenant le même ton accusateur qu'elle avait eu peu auparavant.
Elle releva les yeux avec un sourire malicieux.
- Contrairement à toi, petit virtuose, je ne fais que « gratouiller » !
J'haussais les sourcils avant de m'affaler sur son lit.
- J'ai envie de dormir… Soupirais-je en enfonçant mon visage dans les oreillers.
- Ouais, bah c'est pas au programme, gamin ! Rétorqua-t-elle vivement. Et puis arrête de baver sur mon oreiller !
Ignorant mes gémissements de protestation, elle m'arracha l'oreiller des bras après avoir reposé sa guitare au sol, et commença à me tirer par le bras pour me lever.
- Maiiis… Geignis-je. Pourquoi on est pressé comme ça ?
- Parce qu'on a rendez-vous avec Alicette !
Surpris, je me relevais derechef.
- Ah ouais ? Depuis quand ?
- Depuis qu'elle m'a envoyé un texto pendant que tu te faisais beau dans la salle de bain !
- Mais tout va bien ?
-Oui, oui, ils font juste la fermeture un peu plus tôt donc on peut en profiter pour se voir !
- Cool ! M'exclamais-je, complètement réveillé. Je suis partant !
- Ouais, bah t'as plutôt intérêt !
Je levais les yeux au ciel et la suivit jusqu'aux escaliers qu'elle descendit quatre à quatre en sifflotant. Une fois dehors, elle ferma la porte derrière nous et se dirigea vers sa moto. Machinalement, j'attrapais « mon » casque et attendit qu'elle ait enlevé la quille de sa moto pour m'y installer.
- N'empêche, ne pus-je m'empêcher de dire, j'aimerais trop que tu m'apprennes à conduire…
- Si tu m'apprends le piano ! Répliqua-t-elle avec un clin d'œil.
Je souris avant qu'elle n'attache la sangle de son casque. Le moteur vrombit, et l'air froid de janvier nous fouetta le visage. Je laissais vagabonder mes pensées, seulement rattaché à la réalité par mes deux bras qui serraient fortement la taille de Hale.
La route serpentait entre les hauts pins verts sous un ciel lourd de nuages sombres. Pourtant, je savais qu'il ne pleuvrait pas.
Mon cœur battit quand je pris conscience de ce dont je venais de penser : j'avais finalement fini par comprendre Forks, ses habitants, sa nature sauvage…
Oui, j'avais fini par comprendre Forks, et peut-être parce que depuis la première fois que j'y avais emménagé, je m'y sentais enfin chez moi.
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Voilà, j'espère que ça vous a plu ! :-)
Bonne soirée et à bientôt j'espère ! ^^
(Encore désolééée pour mon retard…)
