-RÉPONSE AU REVIEW-
Himawari Konugi : Tu es adorable, merci beaucoup pour ton commentaire! Je suis ultra content de savoir que ma Fic te plait autant :D C'est un honneur!
Présence de lime/lemon dans ce chapitre. Soyez avertis!
Chapitre XXVIII : Mon prince charmant
Dans la pénombre de ma chambre, Haruhi ajustait mon nœud papillon blanc d'un doigté expert tandis que je tenais un petit miroir dans ma main pour vérifier le tout. À force de mettre sa propre cravate au club, mon amie avait développé des talents redoutables dans l'art d'enfiler des machins pareils. Moi, j'en étais toujours incapable, d'où son apparition nécessaire dans la zone masculine du dortoir. Habituellement, sa présence effacée et son costume d'hôte auraient tous deux passés inaperçus dans le dortoir des garçons, mais cette soirée-là, sa robe rose pastel courte et ses cheveux frisés rendaient son côté féminin très apparent. Je lui fis donc la remarque :
- Tu es tout à fait sublime, Haru.
Modeste, mon amie me sourit puis me remercia. Je ne devais certainement pas être le premier à lui passer le commentaire. Pour l'Halloween, elle s'était déguisée en Calice, l'âme sœur d'un vampire. Tamaki, ou plutôt Dracula 2.0, l'attendait dans le salon en bas et nous le sentions nerveux jusqu'ici. Il était évident qu'il était jaloux à mort de savoir que je partageais mon temps de préparation avec son accompagnatrice, alors que les jumeaux l'avaient refusé à l'entrée des chambres. Enfin, ça aurait été de la triche s'il avait vu d'avance son indéniable beauté avant même que la soirée n'ait commencée…
Pour ma part, j'avais aussi choisi un costume agencé à celui de Gon, mon accompagnateur. Ce mot sonnait tout drôle dans ma tête... Je suppose que c'est cette excitation enfantine que l'on ressent quand un de nos rêves se réalise. Quoi qu'il en soit, j'avais simplement des cornes de diable sur la tête et une queue fourchue en guise de déguisement. Je n'étais pas un expert dans l'art du maquillage et je l'assumais pleinement.
Une fois prêts, Haruhi et moi descendîmes les marches et atteignîmes le salon où les rires fusaient de partout. Je lisais sur plusieurs visages de la surprise, en voyant les costumes hilarants de certains, et même quelques fois du désir… en commençant par le regard envieux qu'Aomine lançait à son amie d'enfance car, ce n'était pas nouveau, Momoi faisait l'unanimité.
C'était la première fois que je voyais la rosée habillée de façon aussi chic et distingué avec son accoutrement de reine maléfique; elle portait une robe sirène noire parfaitement bien ajustée. Il va sans dire que le contraste avec ses cheveux roses, qui étaient ramenés en chignon haut, faisait tourner bien des têtes. Je lui envoyai un bisou, ce qu'elle prit bien sûr à la plaisanterie, et elle fit de même. Tout comme moi, elle avait des fausses cornes sur la tête, mais les siennes étaient bien plus massives et rappelaient celles d'un bouc.
De l'autre côté de la salle, Aomine et Imayoshi étaient vêtus de la même façon, complet sobre de couleur foncé, cigare à la main. Des foulards cachant la moitié de leurs visages me firent comprendre qu'ils étaient des mafiosos. Même de dos, je reconnus Makoto et Ymir qui avaient plutôt choisis de rester dans la simplicité : chemise blanche, belle ceinture et masque quelconque. Sakurai s'était lâché lousse en optant pour des bretelles bourgognes sur une chemise noire et des pantalons carottés noir et blanc. Bien qu'il portait un chapeau de chapelier fou, ce dernier avait définitivement le sens du style. Annie, pour sa part, avait probablement enfilé l'unique robe qui trainait dans sa valise, car la sienne était tout simplement noire et sobre, sans décolleté ni froufrou. Ironie du sort, elle avait mis un chapeau de sorcière que l'on pourrait retrouver dans tous bons magasins d'Halloween typiquement Moldu.
Le Club d'Hôtes avait fait agencer leur ensemble : complet bleu marine de la tête au pied surmonté d'un nœud papillon noir, des gouttes de sang au coin de leur bouche et des lentilles de contact rouge. Tamaki avait cependant une particularité en plus : une rose rouge était visible de sa poche extérieure. Quand son regard capta Haruhi, je vis ses genoux faiblirent et un air tétanisé apparaitre sur son visage. Le blondinet devait être aussi ébloui que je l'avais été.
Les deux tourtereaux se rejoignirent et la soirée se poursuivit. Lentement mais surement, notre Salle commune se vida pour qu'on rejoigne à huit heures tapantes les autres étudiants à la Grande Salle. Plus le temps avançait, plus j'étais incertain de mon allure… Je n'arrivais toujours pas à concevoir que Gon et moi y allions ensemble. Pour ne pas que je me dégonfle, Momoi eut la bonne idée de me tirer vers le point de rendez-vous, mon cœur battant un peu plus fort à chaque pas. La distance entre mon meilleur ami et moi s'amincissait, mais mon stress, lui, grandissait.
J'attendis Momoi alors qu'elle alla jeter un coup d'œil dans la Grande Salle qui s'était métamorphosé en salle de réception pleine de citrouilles, de toiles d'araignées et de chants d'horreur pour l'occasion. Outre Neferupitô, les fantômes présents à Poudlard étaient venus célébrer ce qui compléta le décor. Mon amie revint sur ses pas, m'indiquant que Gon n'était pas encore arrivé. Je ne pus m'empêcher d'être soulagé d'entendre la nouvelle.
- Pourquoi ça t'inquiètes autant, Kiru-chan?
- Je… Je ne suis pas tout à fait prêt à le voir, admis-je, gêné. Ça fait seulement une semaine qui s'est écoulée depuis sa demande et j'y pense jour et nuit. Imagine que…
Que je ne lui plais pas?
- Voyons, Kiru-chan!, me sermonna Momoi en mettant ses poings sur ses hanches, l'air autoritaire. Tu es un dieu vivant… C'est sûr qu'il va baver autant que tes fans en te voyant en habit de soirée!
Sa phrase me remonta dans mon estime d'une façon différente que la voix maternelle d'Haru savait le faire. J'avais de la chance d'être entouré d'amies aussi rassurantes et habiles avec les mots. En tout cas, mes épaules se redressèrent et mon anxiété diminua drastiquement. Momoi devait avoir raison.
- Et qu'en est-il de toi?! Ta beauté pourrait transcender les ethnies et les sexualités, et te voilà seule ce soir…
Elle ria de bon cœur malgré mon air atterré. J'avais été complètement renversé en sachant que personne n'avait invité Momoi pour l'Halloween. Soit les garçons de mon âge pensaient avoir aucune chance avec une aussi belle demoiselle pour se risquer, soit ils n'étaient pas très hétérosexuels. Au moins, je savais qu'elle était assez indépendante pour se pointer à la soirée sans être pendue au bras d'une autre personne.
- Ne t'en fais pas pour moi. D'ailleurs, je crois que tu devrais te concentrer sur quelqu'un d'autre…
Mon estomac sembla se compresser alors que je me tournai lentement vers le nouvel arrivant. En le voyant, mon cœur bondit dans ma poitrine, la terre cessa de tourner… vous connaissez la routine. Si mon costume était noir en entier à l'exception de mon nœud papillon, Gon était mon opposé par excellence : il était habillé de blanc avec un nœud papillon noir. Sa peau dorée était mise en valeur et je dus me retenir pour ne pas m'humidifier les lèvres. Son habit devait être bien ajusté il y avait quelques mois de ça, car il moulait désormais son corps un peu trop à mon gout –ou pas assez, dépendamment des circonstances.
Je remarquai qu'il avait mis des ailes d'ange dans son dos et qu'une auréole magiquement créée prenait place au-dessus de sa tête. Je me retins pour ne pas aller l'enlacer de toutes mes forces… Son déguisement en disait beaucoup sur la fragilité de son cœur d'or que je me devais de protéger. Hésitant d'abord, il se rapprocha de nous sans me lâcher du regard. Je crois qu'il tentait d'y voir ce que je pensais de lui. Tant mieux si lire les pensées des autres était toujours impossible, car il aurait découvert toutes les impuretés qui à ce moment peuplait mon esprit… Le costume de démon m'allait à merveille.
Nous n'avions pas encore échangés lorsqu'il se rangea à côté de moi. J'étais bien trop sidéré par sa beauté pour sortir de ma torpeur. Quand sa main s'appuya contre la mienne, ayant l'air de quémander la permission pour la prendre, mon réflexe fut de la serrer. Un choc électrique se propagea en moi en réalisant ce que je venais de faire, mais le sourire honnête de Gon me rassura et ce même choc se transformant en douce chaleur. Je n'avais pas réalisé à quel point ses douces attentions m'avaient manqués, jusqu'à cet instant.
Momoi se racla la gorge ce qui me fit sursauter. Bon sang, j'avais complètement oublié sa présence!
- Alors… tu dois être Gon Freecss? Bon choix, Kiru-chan, je dirais même excellent…
- S-Satsuki-chan, balbutiai-je aussitôt, me sentant rosir. Nous laisserais-tu seuls quelques minutes?
Mon ton avait été insistant mais pas blessant, car Momoi s'en alla en me faisant un clin d'œil trop taquin. Un peu plus et elle dévoilait à Gon tout mon cheminement émotionnel…
- N-Ne l'écoute pas, réussis-je à dire. Elle ne fait que plaisanter…
Et alors que je ne m'y attendais pas beaucoup, Gon approcha progressivement son visage du mien. Ses intentions étaient claires comme de l'eau de roche et mon sang ne fit qu'un tour. Ses lèvres n'étaient qu'à quelques centimètres des miennes, je pouvais sentir son haleine de menthe et son parfum bestial. J'attendais avec impatience qu'il se rapproche davantage, comblant les quelques centimètres entre nous, mais il préféra répondre, tout aussi espiègle :
- C'est ça, Kirua, c'est ça…
À mon grand dam, il me laissa en plan et se mit à marcher en direction de la Grande Salle. Je ne sais pas ce qui était plus embarrassant à avouer : le fait que je redemandais qu'il recommence ou bien le fait que mon pantalon semblait un peu plus serré tout à coup?
Dans tous les cas, je réclamais une prise deux.
Je le rejoignis rapidement pour que nous arrivions au même moment dans le hall festif. Je n'avais pas prévu que l'ensemble de l'école nous décoche un regard interloqué, mais c'est pile ce qui arriva. Notre réconciliation ne passait pas du tout inaperçu, mais c'était tant mieux… Je voulais que tous sache à quel point Gon était précieux dans ma vie et que rien ni personne ne pouvait nous séparer.
Encore une fois, le dos de la main de Gon se colla à la mienne en guise de subtil rapprochement mais la frousse me saisit à cause de tous ses regards qui nous jaugeaient dans la noirceur. Je ne la pris donc pas cette fois et enfouis plutôt mes mains dans mes poches. Je me promis de faire les premiers pas à la prochaine occasion qui se présentait à moi, lorsque nous serons seul à seul… Mais ici, devant cet amas de gens, je ne me sentais pas suffisamment à l'aise.
Un blond baraqué et un grand brun se détachèrent de la foule et allèrent vers nous, bras sans-dessus-dessous. L'un avait un sourire fort accueillant sur le visage tandis que l'autre buvait un verre rempli d'un liquide douteux. Je me doutais bien que les professeurs ne nous fournissaient pas en substances illicites donc, clairement, Reiner et Kiyoshi avaient caché quelques bouteilles avant d'arriver ici.
- Hey Gon!, s'exclama un Kiyoshi déguisé en prisonnier. Ça va?
Il refila sa boisson à son amoureux, Reiner étant déguisé en policier, et se sépara de lui avant de venir faire un câlin brusque à Gon qui ria avec lui. Mon accompagnateur devait être habitué de le voir sous l'effet de l'alcool, mais moi, je devais admettre être un peu réticent à l'idée qu'il approche Gon aussi ouvertement. C'était mon domaine, pas le sien.
- Comment peux-tu être déjà saoul? Le bal a commencé i peine une demi-heure…
- Gon, par pitié, fit Reiner avec sarcasme. Il n'y a pas d'heure pour commencer à boire!
Je crus rêver, mais tandis qu'il prit une gorgée de son breuvage, je surpris un clin d'œil de Reiner bien plus alléchant que celui que Momoi m'avait envoyé tout à l'heure. Confus, je fis semblant de rien et reporta mon attention vers Gon.
- Tu veux que j'aille te chercher un verre?
Il hésita quelques secondes avant d'acquiescer. Ne souhaitant pas endurer leur proximité davantage, même si je la savais inoffensive puisque Kiyoshi était déjà pris, je me dirigeai d'un pied ferme vers le bar improvisé. Je fus perplexe de tomber sur Eren qui y servait les élèves, jouant le barman en cette nuit d'Halloween. Derrière lui se tenait Mikasa qui, fidèle à son rôle d'ombre, préparait les prochaines commandes.
Il hocha la tête en guise de salut quand il me vit. Il ne devait pas être très impressionné par mon costume banal et, en me fiant à sa tentative de ressembler à une momie avec du papier de toilette enroulé autour de lui, c'était réciproque.
- Yo, Jaeger.
Avant que je lui pose la question, il m'expliqua d'un air détaché :
- Tu remercieras Mustang de ma part pour m'avoir donné des heures de colle.
Sa bataille contre Jean en début d'année ne devait effectivement pas avoir été glorieuse côté conséquences. Il avait donc un certain temps de bénévolat à compléter dans de pareilles occasions. Je lui commandai deux verres de jus d'orange et grenadine et lui demandai par le fait même s'il avait vu son ancien ennemi dans les environs.
- Kirschtein? Excellente question… Je crois qu'il a rejoint les coulisses, si tu vois ce que je veux dire…
Les coulisses ne me disaient rien, et en voyant mon expression perdue, Eren se tourna vers sa petite copine qui écoutait la discussion en silence. Mikasa étudia son amoureux durant quelques secondes, comme incertaine de vendre la mèche, puis confia :
- J'ai récupéré Armin qui avait été trainé dans un lieu louche il y a quelques minutes…
J'eus de la difficulté à percevoir ce qu'elle racontait en raison du bruit environnant, mais même en lisant sur ses lèvres, je ne savais pas plus où ils voulaient en venir. Eren reprit, tout en me servant les verres :
- Armin est naïf, ce n'est pas étonnant qu'on l'aille amener là sans qu'il ne se plaigne. Gon l'est aussi d'ailleurs… Comme vous êtes amis, je te conseille de garder un œil sur lui ce soir.
Je n'avais pas plus eu de réponse mais je me résignai à rester dans l'ignorance afin de retrouver Gon dans la foule. Si je devais le tenir à l'œil, autant commencer maintenant.
Je ne distinguai aucun déguisement angélique à la ronde. D'abord intrigué de ne le voir nulle part, ma tension augmenta après une fouille au peigne fin d'une bonne trentaine de minutes. Ce qui me parut être une éternité plus tard, je tombai par hasard sur Armin qui était affublé d'un costume de squelette.
- Armin! T'as vu Gon quelque part?
Ses yeux bleus doublèrent de grosseur et il me pointa tout simplement un coin de la Grande Salle, là où une maison hantée avait été aménagée. Je voulus lui demander ce qu'il avait vu, mais une vague de gens frénétiques l'emporta sur la piste de danse et je le perdis de vue. Tant pis, j'allais bien le découvrir par moi-même de toute façon.
J'arrivai à l'entrée de la maison hantée dont les contours étaient délimités par des rideaux opaques qui empêchaient les curieux d'y voir au-travers. Je lus à l'entrée, sur un petit panneau posé sur un support, que la maison hantée de Poudlard était une gracieuseté d'un club dont je n'avais jamais entendu le nom, un amalgame de lettres pour être exact : le Club LGBT. Haussant les épaules, je décidai d'entrer, mais pile à cet instant, une personne qui en sortait me fonça dedans. En temps normal, je me serais déjà excusé, mais le regard catastrophé d'Aomine m'enleva les mots de la bouche. Il ne s'attendait visiblement pas à me trouver là, c'en était comique.
- Bon sang… ça doit faire vraiment peur là-dedans!
Je trouvai étrange qu'Aomine en personne évite mon regard, mais c'est ce qu'il fit. Durant son silence, je pus détailler son cou puisque son foulard de mafioso avait été retiré, ou devrais-je dire, arraché… Des marques rouges et violacées, visiblement récentes, s'étendaient sur ses clavicules et le long de sa gorge. Gon aurait probablement cru que ceux ayant organisé cette maison hantée prenaient leur rôle un peu trop au sérieux, mais je n'étais pas mon meilleur ami naïf. Il s'agissait là de bleus qui viraient tranquillement en suçons.
- Pas… Pas vraiment. Je crois pas que c'est une bonne idée que tu y ailles, Zoldik…
Son conseil évasif piqua ma curiosité encore plus. Le Serpentard le ressentit car il me lassa passer avec regrets. Je tassai donc les rideaux et m'engageai dans cette supposée maison hantée, plus fouineur que jamais.
Le lieu était encore moins illuminé que la Grande Salle mais il était tout de même spacieux. Des bougies vertes disposées un peu partout étaient la seule source de lumière. Je n'avais pas spécialement peur mais une fébrilité m'animait et un petit quelque chose d'imprévisible flottait dans l'air. Puisque la musique du dehors était atténuée, le changement drastique des alentours était d'autant plus frappant. Alors que je m'attendais à ce qu'on me prenne par surprise, Reiner s'avança tout simplement vers moi depuis les ombres du fond.
- Bienvenue dans les coulisses, Zoldik! Je savais bien que nos chemins se recroiseraient…
Il posa alors une main sur ma hanche et m'incita à le suivre. Nous nous arrêtâmes plus loin, devant un autel où toutes sortes d'alcool se mélangeaient en un fouillis éclectique. Il y avait une quinzaine d'étudiants dispersés autour sur des poufs confortables et qui socialisaient. Parmi eux se trouvaient Marco, déguisé en cerf, qui embrassait goulûment Jean, lui qui était déguisé en chasseur.
Je fus soulagé de retrouver Gon qui était assis en face. Mes jambes se mirent à avancer vers lui mais elles ralentirent instinctivement leur cadence quand je vis que Kiyoshi était encore présent, lui faisant quasiment des avances. Je me contins de le remettre à l'ordre en demandant à mon guide ce qui se passait.
- La maison hantée est une excuse pour réaliser nos sombres desseins, me murmura-t-il à l'oreille.
Je devais avouer que la quantité de boissons était faramineuse, mais de là à dire qu'il s'agissait d'un vice, je trouvai le tout exagéré. Je ne perdis pas de temps ensuite et rejoignis Gon en m'assoyant sur le même coussin que lui, tout en lançant un regard de braise à son interlocuteur. Le préfet Gryffondor devait être encore plus saoul que tout à l'heure car il ne s'en rendit même pas compte. Il cria plutôt, tout enjoué :
- Zoldik, ça fait un bail! Aide-moi à faire boire Gon, il est beaucoup trop sage ce soir…
- Teppei, je te l'ai dit des millions de fois, contesta Gon gentiment. Je veux me rappeler de ma soirée parfaitement, elle est vraiment important pour moi…
À ce moment, il m'envoya un de ses regards indescriptibles qui avaient le don de me faire chavirer.
- S'il ne veut pas boire, c'est son choix, approuvai-je d'un ton sec.
Je tendis à mon accompagnateur son breuvage sans alcool et je sentis que Reiner versait dans le mien de la vodka sans préavis. Ça ne me faisait ni chaud ni froid, tant que le verre de Gon reste intact.
- Tu supportes bien le fort, Zoldik?
Mon initiation Serpentard me revint en mémoire et je me gardai bien de partager que ce n'était pas le cas. En constatant que je m'abstenais de répondre, Reiner sourit davantage mais je ne lui renvoyai pas son sourire. Je voulais qu'il comprenne que son petit ami dépassait les bornes en touchant les cuisses de Gon aussi impunément. Étaient-ils en couple oui ou non?
Pour noyer ma fureur, je décidai de boire cul sec le contenu de mon verre sans grimacer, ce qui impressionna la majorité. Je sentis le feu descendre le long de ma gorge tellement il avait été concentré. Gon se rapprocha encore plus et me susurra :
- Comme ça je vais m'occuper d'un Kirua saoul cette nuit?
L'humour dans sa voix me fit comprendre que c'était quasiment ce qu'il espérait. Les papillons dans mon ventre s'intensifièrent à cette idée.
- T'inquiète, je gère.
Le temps passa alors qu'on me servait un deuxième verre, puis un troisième, puis un quatrième. Mes mouvements s'engourdirent, devinrent plus maladroits. Au dernier, je me sentis vaciller un peu, mais heureusement j'étais resté assis. J'étais toujours maître de mes pensées, mais je remarquai que la proximité de Kiyoshi et de Gon me tapait moins sur les nerfs. Je dirais même que j'atteignis un certain niveau d'apaisement et les gens autour en rigolèrent beaucoup. La plupart devait être dans le même bateau que moi, d'ailleurs.
À un certain point, je me transformai en moulin à paroles sous l'œil diverti de mon meilleur ami qui, je lui en veux encore, ne m'arrêta pas. Je racontais des anecdotes aussi stupides les unes que les autres et je nous remémorais des souvenirs lointains. Je n'avais pas prévu être mignon d'aucune manière, mais la façon dont Gon m'avait regardé quand je lui avais avoué avoir vu quelque chose d'exceptionnel en lui depuis le tout premier jour m'avait finalement faite taire. Ce n'était pas l'un de ses regards envieux qu'il m'avait lancé, comme la fois où j'avais dormi dans son dortoir, mais plutôt un regard doux et plein de profondeur. J'aurais pu me réfugier pour toujours dans ses perles maronnes.
Son geste suivant me jeta carrément au tapis. Il appuya sur ma tempe un baiser chaste et court, ce genre de baiser que l'on pense pouvoir recevoir une fois dans toute sa vie tellement il était parfait. Sans même me laisser le temps de réagir, il partit se chercher un autre jus, me laissant seul dans un silence des plus admiratifs.
Bordel, je l'aime.
Mon cœur sembla me lâcher. Avoir une pensée aussi claire et précise dans un moment pareil sembla me dessaouler grandement. L'alcool m'empêchait de me censurer, certes, mais je n'étais pas prêt à l'entendre même dans ma tête. Le hic, c'est que cette affirmation me paraissait bien réelle, aussi concrète qu'une flèche qui se plante dans ma poitrine.
Je décidai de me dégourdir les jambes et d'éviter le sujet qui me semblait de toute façon beaucoup trop sérieux pour l'Halloween. Jean et Marco s'était distancé un peu et je rejoignis leur conversation, m'assoyant à même le sol froid. Les deux m'adressèrent alors un regard chamboulé, ne comprenant visiblement pas pourquoi je m'incrustais ainsi.
- Kirua?, fit Marco, les yeux ronds. Qu'est-ce que tu fais ici?
- Bah quoi? Ça fait longtemps que je suis là.
J'avais de la difficulté à bien articuler dû à tout l'alcool dans mon système et je suppose que mes amis avaient senti mon haleine de vodka.
- Qui t'a amené?, demanda Jean, sceptique.
- Je cherchais Gon, je l'ai trouvé.
Ils se glissèrent un regard complice, visiblement sur la même longueur d'ondes.
- Oui, Gon vient souvent au Club, ça ne nous étonne pas…
- D'ailleurs, c'est quoi ce foutu Club?!, m'emportai-je. J'en ai marre de pas savoir ce que c'est…
Ils déglutirent, et ce n'est qu'à cet instant que je me rendis compte que Gon avait peut-être omis de me faire part d'une information importante.
- Les lettres sont un définitif pour ''Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres''. Bref, tous ceux qui font partie du club…
- Sont tout sauf hétérosexuels, compléta Jean.
J'avalai ma gorgée de travers et me mis à tousser avant d'arrêter d'un coup. J'avais beau être saoul, je comprenais les grandes lignes. Et cette fois-ci, il n'y avait pas place à l'interprétation…
Avais-je la confirmation que Gon n'était pas hétéro? Et si c'était le cas, pourquoi en étais-je aussi heureux?
Je me mis à inspecter les environs et je notai d'innombrables détails qui habituellement auraient passés inaperçus. Je remarquai d'abord la main baladeuse d'un inconnu dans le dos de Sakurai qui rougissait à ce contact. Plus près, Kise Ryouta échangeait avec un couple, Midorima et Takao. Plus loin, Reiner qui, malgré le fait d'être en relation avec Kiyoshi, zieutait Historia en pleine séance de massage avec sa copine. Copine qui, d'ailleurs, se permettait bien de s'habiller en garçon manqué sans tenir compte du jugement des autres.
Eren avait eu tort de penser que Gon était naïf puisque c'était moi qui, au final, n'avait pas vu le subterfuge.
Reiner repéra mon regard inquisiteur et me fit signe de le rejoindre. Je ne me fis pas prier et Kiyoshi vint aussi à notre encontre. Je ne ressentais plus d'animosité envers ce dernier donc je le laissai s'approcher de moi et me chuchoter :
- Comment c'est d'être le petit nouveau, tu aimes?
Je sentis sa main tracer des cercles invisibles sur ma hanche et mon excitation monta d'un cran. Quand il passa sa langue sur ses lèvres, j'eus une envie folle de le faire à sa place. Moi qui pensais le détester une heure plus tôt, mon corps me confirmait le contraire. Je devais me reprendre un peu si je comptais me retenir toute la soirée de faire une bêtise.
- Je… Je pense que oui.
Sa main se balada ensuite le long de mes côtes puis de mes pectoraux pour trouver refuge sur ma nuque. Je penchai ma tête vers l'arrière tellement le contact était agréable et je sentis le torse de Kiyoshi se coller au mien. L'attention de plusieurs était tournée vers nous, mais je n'en avais que faire. Mon seul but à cet instant était de profiter de cette soudaine marque de tendresse.
- Je n'en doute pas une seule seconde, Kirua. Tu me permets que je t'appelle par ton prénom?
Cette nouvelle familiarité nous rapprocha une fois de plus. Bien que l'alcool brouillait ma vision, ou du moins qu'elle ralentissait ma compréhension des évènements, la chaleur engendrée par sa caresse ne passa pas inaperçu chez moi. Soudainement, je voulais plus, oui… beaucoup plus.
- Kirua, tu n'as qu'à demander et tu recevras…
J'avais l'impression d'être tenté par le diable alors que c'était moi qui était déguisé comme tel. Kiyoshi en prisonnier, chandail orange sur pantalon de la même couleur, me faisait plutôt penser à une citrouille géante. Avant ce jour, je n'avais jamais voulu avoir des relations sexuelles avec une citrouille…
- Ça devient chaud tout ça…
C'était Reiner qui venait de passer le commentaire, sirotant son verre même s'il n'avait pas de réel intérêt pour la boisson présentement. En tout cas, c'est ce qu'il laissait entendre, car il avait défait quelques boutons de son chemisier de police et nous avait approchés de quelques pas, le regard avide. Je sentis ma poitrine et mon boxer chauffer à cette vue, signe que je voulais éventuellement passer à l'étape supérieure. Ça devenait limite dangereux de jouer à ce jeu, en effet.
- Tu sais, Kirua, me minauda Kiyoshi. On a toujours voulu d'un troisième joueur dans notre équipe…
Ma participation dans cette partie me parut tout à coup comme étant une option tentante. Après tout, le simple effleurement de nos corps me donnait des frissons… je n'arrivais pas à imaginer ce que ça me ferait de les toucher en profondeur et simultanément.
- Tu as l'air d'un mauvais garçon, Kirua, ajouta Reiner d'un ton débordant de sous-entendus. Je parie que tu aimerais te faire passer les menottes…
En disant cela, il avait attrapé mes poignets et les avais rejoint brutalement dans mon dos. À vrai dire, je n'avais même pas envie de me débattre…
Peu à peu, je me laissai séduire et le duo m'amena tranquillement à ce qui me parut être un espace clos. Rendu à ce stade, je me foutais bien de savoir où j'étais... Tant que l'exploration corporelle était de mise, j'étais satisfait.
- Kirua, reprit Kiyoshi, le visage tout à coup sévère. Tu es certain que… que tu veux…?
Reiner s'éloigna aussi pour me donner le temps de réfléchir. C'était une décision à prendre sur le vif, mais mes deux compagnons me donnaient le choix. J'eus envie d'eux encore plus grâce à cette confiance qui nous unissait. En guise de réponse, je leur souris et je pris Kiyoshi par le collet en posant sauvagement mes lèvres sur les siennes. Elles étaient exquises et je pus goûter au rhum instantanément car sa langue vint rejoindre la mienne dans une danse folle.
De toute façon, il aurait été un mensonge dire que je n'avais pas le gout de les baiser.
Beaucoup moins pudique une fois seul à seul, la grande main de Kiyoshi descendit finalement de ma nuque puis glissa vers le creux de mes reins et plus bas encore, jusqu'à ce qu'elle atteigne ma fesse. Il la pressa de sa main et je sentis ma respiration s'accélérer. Reiner, toujours en arrière-plan, avait détaché complètement son chemisier et abandonné sa boisson pour passer aux choses sérieuses, nous observant avec un désir évident. Son rôle de voyeur m'allumait encore plus; savoir qu'il y avait un témoin de nos actes sensuels me mettait dans un état de transe total.
Tandis que sa main gauche s'occupait de mon derrière, la main droite du préfet se posa sur l'intérieur de ma cuisse et remonta lentement vers le haut –trop lentement à mon avis. Je savais que le but de cette manœuvre était de me voir quémander pour plus, ce que je fis presqu'immédiatement. Je n'avais rien à foutre de chigner et de donner l'impression d'être en manque, car au fond, c'était bel et bien mon cas.
Un léger tremblement m'animait tandis que Reiner se joignit à nous, se mettant dos à moi. Il se plaça de sorte à pouvoir danser sur moi, mouvant son bassin agilement en me donnant de langoureux coups de bassins. Dans les secondes qui suivirent, je crus entendre sa ceinture tomber au sol. Tous mes sens étaient en éveil et je ne savais sur lequel me concentrer tellement chacun d'eux était mis à l'épreuve.
Le toucher fut le grand gagnant quand je sentis la paume de Kiyoshi masser mon entre-jambe déjà durci dans un mouvement de haut et de bas. Je me mordis la lèvre inférieure pour ne pas gémir de plaisir ce qui brisa notre baiser enflammé. Sa bouche de nouveau libre, il la plaça sur mon cou et m'embrassa à cet endroit précis avec une rudesse que j'appréciais follement. Jamais Momoi n'avait osé cela et je suis certain que le talent de Kiyoshi devait être responsable de mon érection encore grandissante. Entre deux souffles, Reiner réussit à dire :
- P-Putain, Kirua…
Cette phrase ajouta à mon ardeur et je décidai de prendre les devants à mon tour, recopiant ce que Kiyoshi me faisait non sans une pointe d'inquiétude. J'étais tout sauf sûr de ce que j'étais capable de provoquer chez autrui mais ses geignements incontrôlés me rassurèrent grandement. Aux siens se mélangeaient ceux de Reiner que je percevais dans mon dos ce qui m'enivra de la tête aux pieds.
Cette danse lascive, suave et presque féline, était mon talon d'Achille.
Tandis que Reiner s'attaqua à ma fermeture éclair, nous fûmes interrompus dans notre élan :
- K-Kirua?!
Je sentis des sueurs froides dans mon dos tandis que les deux autres fautifs et moi étions sidérés sur place. Puis, nous nous rhabillâmes en littéralement trois secondes suite à l'interpellation que j'associais à quelque chose d'aussi grave qu'une mort imminente. Je tournai finalement mon regard consterné vers celui qui avait mis fin à notre échange mouvementé. À votre avis, que pouvait-il arriver de pire que de se faire surprendre lors de sa première expérience?
Je vous répondrai que se faire surprendre lors de sa première expérience par celui que vous considériez être votre prince charmant est mille fois pire.
Oui, je sais, ça fait mal...
Qu'avez-vous pensé de cette dernière scène les cocos? :) Laissez-moi vos avis si ça vous a plu. Xx
- Zuzu-kun.
