Bonjour, bonsoir à toutes et à tous.

Je suis partie loin avec cette histoire, je m'en rends compte quand je corrige les chapitres. Je ris toute seule, j'ai trop mais trop détaillé les lieux, les évènements enfin tout. Et puis pour celui-ci « bonjour docteur Peri », MDR.

A la base cet UA était un entraînement, tu parles !

Au final j'ai eu les yeux plus gros que le ventre, désolée pour cette attente interminable. Et aussi pour la longueur des chapitres qui frôlent les 7 000 mots allègrement.

Je n'en écris plus des aussi costauds (sauf pour certains OS, hem).

RaR :

Ignis : merci pour ta fidélité et ta review ^^ C'est vrai que Rhad a bien été gratiné dans le chapitre précédent, pour ma plus grande joie. Ca m'amuse de montrer cette rivalité entre Val et Kanon, ils se battent pour ses beaux yeux. Et c'est le joyeux foutoir avec toute la bande :D

Je suis très heureuse si tu apprécies ma vision du duo Minos/Albafica :3 Que dire après un tel compliment si ce n'est : merci encore ! Bise à toi.

Bonne lecture,

On voit beaucoup Kanon et Saga, ce n'est pas pour me déplaire.

Perigrin.


Chapitre 28

Plus de peur que de mal

Aphrodite consulte en ce mercredi vingt deux janvier, pendant qu'il est à son travail il ne cogite pas. Les rendez-vous s'enchaînent à un rythme soutenu, il faut dire que les gens affluent, sa renommée commence à grimper. Son carnet de rendez-vous devient encombré. De plus, la vie de maintenant offre beaucoup d'inconvénients, les gens sont de plus en plus stressés et sur les nerfs, ce qui favorise son business.

Il sort pour sa pause de midi retrouver son ami-ex Shura pour déjeuner. Ils se retrouvent dans un bar à soupe très en vogue en ce moment. Cet établissement n'a aucune prétention mais offre un cadre coloré pour une petite pause bien méritée. Sur les murs blancs sont suspendus divers tableaux de légumes qui mettent une touche de couleur peps à la décoration. Les tables dans les tons saumons sont rangées bien ordonnées, rien de bien transcendant mais sympathique tout de même. Aphrodite s'est commandé une soupe de topinambours curry et miel tandis que Shura s'essaie à un velouté de champignons forestiers.

— Ca m'a l'air bien bon tout ça, bon appétit mon Shu' !

— Merci bon appétit. Dis-donc, il n'y a rien d'autre après ?

— Après quoi ?

— Bah après la soupe…

— Mais non, ils ne servent que ça. Voyons pourquoi cette question ? Tu n'aimes pas ?

— Si mais ce n'est peu être pas assez consistant c'est tout…

— Il faut te mettre au régime, oh aller cela ne te fera pas de mal pour une fois de moins manger. Et puis mine de rien c'est un plat consistant.

— Si tu le dis…

Shura fait la tête devant son bol de soupe, il ne tiendra pas toute la fin de journée avec pour tout repas du liquide nageant dans son estomac. Il va falloir qu'il s'achète un bon panini en sortant. Aphrodite et son obsession des régimes… Déjà quand ils étaient en couple, le jeune homme lui rabâchait les oreilles avec sa lubie des calories. Cela vire à la démence dans son cas.

— Aph', tu fais toujours tes régimes ?

— Bien sûr comment crois-tu que j'obtienne cette silhouette de rêve ?

— Tu n'en a pas besoin tu es très bien comme tu es.

— Justement ! C'est parce que je me surveille que j'obtiens de tels résultats. Mange ça va refroidir.

— Oui maman.

Aphrodite adore rejoindre l'espagnol pour passer des moments privilégiés avec lui. Malgré leur rupture ils n'ont cessé de se côtoyer, aucune rancœur ne subsiste entre eux. Shura est un confident qui sait être à l'écoute, on peut tout lui raconter. Ses secrets seront bien gardés avec lui. Pas comme son voisin de table qui ne peut garder quelque chose pour lui.

— Oh fait, je ne t'ai pas dit ! Mais à la soirée de Rhada… Rhada… Euh… Rhadatruc là, il y avait Alraune ton plan X !

— C'est qui Rhadatruc ?

— Tu sais l'ami d'Eaque et du chevelu là… Mais si, il était présent au réveillon du trente et un, même que Kanon s'est battu avec son petit ami là l'acteur ! Tu vois ?

— Euh…

— Rho Shu' fais un effort ! Et bien Rhadachose c'est le blond tout renfrogné, celui que ne sourit jamais.

— Mais je n'en sais rien je les ai vu qu'une seule fois ces gugusses ! Et puis il y en avait un autre qui avait le même air renfrogné mais je ne sais plus son nom…

— Oui bah on s'en fout ! Tout ça pour te dire qu'Alraune était présent et qu'il n'a pas arrêté de me chercher de la soirée… Il m'a même demandé pourquoi je n'étais pas venu avec toi. Si tu vois ce que je veux dire…

Shura ne répond pas alors son ami termine ses phrases à sa place.

— Il te veut encore, il est fin jaloux de moi ! Il croit qu'on a une liaison ou que l'on sort encore ensemble. Tu l'as hypnotisé ma parole ! Remarque je comprends vu tes performances…

— Aph' ce n'est pas le moment de parler de ça, nous sommes à table.

— Oh ne me dis pas que je te choque ? Je n'en croirais pas un traître mot. Tu vas faire quoi avec lui ?

— Je n'en sais rien… Tu sais qu'il n'est pas sérieux et moi je ne recherche pas un sex-friend.

— Rien ne t'empêche de t'amuser en attendant de trouver chaussure à ton pied…

— Tu rapportes tout au sexe, non je suis désolé mais moi je ne fonctionne pas comme cela.

— Fais comme tu veux, mais ne viens pas te plaindre après que tu es en manque.

— Aph', mange ça va refroidir au lieu de dire des bêtises.

— Oui papa !

Aphrodite ponctue sa phrase par un clin d'œil qui en dit long. Une fois le déjeuner terminé tous deux vaquent à leurs occupations.

Le sophrologue termine sa journée aux alentours de dix huit heures son planning étant chargé. Il passe voir son cousin pour s'inviter à manger chez lui n'aimant pas rester seul dans son logement. Seulement tout à une fin y compris la soirée, il ne veut pas importuner le couple d'amoureux transit alors il s'éclipse sur les coups de vingt deux heures. En rentrant le calme lui saute à la gorge. Sa solitude refait surface. Il se débarrasse de ses affaires et va prendre une bonne douche relaxante. Bien sûr, il répète son rituel d'après-douche en se tartinant des pieds à la tête de ses produits cosmétiques hors de prix. Dans son armoire que des produits chers tels que La Prairie, Dior, Chanel et Lancôme. Note personnelle : son cousin étant un féru d'écologie lui a suggéré de fabriquer ses produits bio maison… Pourquoi pas l'idée semble judicieuse, il fera d'énormes économies.

Il se met assis devant son ordinateur, machinalement il allume sa page Facebook. Rien de nouveau sous le soleil. Il regarde les actualités de ses amis ainsi que leurs photos postées… Toujours rien de bien intéressant. Ah si, il voit les photos de Shura prises au salon de l'automobile en compagnie d'Angelo. Angelo qui se fait photographier aux côtés des belles hôtesses et qui s'empiffre de tout un tas de cochonneries. En notification, il a plusieurs invitations diverses et variées de la part de ses groupes d'amis. Bon passons. Il clique plus bas et voit les photos prises lors de la pendaison de crémaillère de ce Rhadabidule chose. Décidément il n'arrivera jamais à se rentrer son nom imprononçable dans le crâne. Bref, Eaque en est l'auteur – ils se sont échangés leurs noms et acceptés en tant qu'amis. Aphrodite commente quelques unes de ses photos, notamment celles où apparaissent Alraune pour lui écrire quelques vannes bien senties. Toc, ça lui apprendra !

Bien, bien, bien… Il s'apprête à fermer la fenêtre de l'application quand son attention est retenue par un statut ainsi qu'une photo de profil changée… Il ne s'agit que du compte de Shun qui s'affiche sans vergogne enlacé dans les bras de son épave de petit ami lobotomisé ! Comment ose-t-il ? Shun à la montagne en tenue de ski entouré des bras maigrichons de son blond. Le fumier ! Oui, parfaitement le fumier ! Le cœur du breton rate un battement, il retient sa respiration, ne se risquant pas à aller plus loin, pourtant la curiosité le pousse à cliquer sur son profil… Et là, vision de cauchemar. Shun s'affiche sous toutes les coutures aux bras de Hyõga. Chez des amis, au ski – encore – chez eux, dans la famille du blond. Partout, partout ils sont partout ! En statut Shun a marqué :

« Demain c'est l'anniversaire de mon homme, petite soirée en Zamoureux de prévu puis ce week-end direction Annecy pour un séjour romantique. Je t'aime mon ange. »

Le sang d'Aphrodite se glace en un instant, tout tourne autour de lui. La rage l'emporte. Comme ça ce petit serpent joue sur deux tableaux à la fois ? Ou bien, pire il se moque de lui ? Il n'a pratiquement plus de nouvelles depuis leur escapade parisienne, rien de bien étonnant. Il le savait au fond de lui, il redoutait ce revirement de situation parce qu'une voix sourde lui dictait de rester sur ses gardes. Chose qu'il n'a pas faite. Et là ses suspicions se confirment. Pas étonnant que Shun restait évasif au téléphone sur le fait de revenir un week-end ! Forcément la voilà la réponse. De plus, il espace les messages et appels téléphoniques. Pourtant Aphrodite n'est pas de la première rosée du matin, il aurait pu se douter que les choses finiraient comme ça. Comment a-t-il pu espérer en secret que son ex quitte sa nouvelle vie du jour au lendemain pour revenir dans ses bras ? Mais ce qui fait le plus mal au jeune homme, c'est de voir que Shun utilise le même sobriquet qu'avec lui pour identifier son Hyõga de malheur… Il le nomme « mon ange ». Ce constat fait mal au cœur d'Aphrodite. Il rage devant son écran d'ordinateur. Il rage puis il s'effondre en pleurs ne parvenant pas à arrêter le torrent de larme qui s'échoue sur sa poitrine. Il se précipite sur son téléphone pour appeler son éternel bibi en sanglotant. Lui seul peut le comprendre.


Le lendemain au Calydon, Kanon tourne en rond. Il s'en veut d'avoir manqué la soirée de Rhadamanthe son beau gosse. Saga lui a raconté le déroulement en lui disant qu'il n'avait rien loupé. Tu parles Charles ! Rien loupé ? Mais au contraire il aurait dû inverser les rôles avec son frère. La vie est pourrie !

Le calme règne sur le restaurant, Saga s'est rendu au marché et l'heure creuse n'accueille aucun client. Kanon parle avec Aspros de la mise en place de la salle quand arrive sûr de lui Milo… Milo le retour… Qu'est-ce qu'il veut encore ? Se dit son ex.

Le patron délaisse son occupation pour réceptionner l'intrus.

— Qu'est-ce que tu viens fiche ici !? Tu n'as pas compris encore que je ne voulais plus te voir ?

— Oh là pas la peine de t'exciter ! Je te rends tes affaires c'est tout, tiens.

Milo balance devant les pieds de son ex un sac comprenant les affaires du jeune homme. Qui le ramasse et vérifie son contenu. Des CD, sa brosse à dent, un pyjama.

— C'était pas la peine de te déranger pour ça va.

— J'allais en faire quoi ? Franchement, je n'en veux pas de ton pyjama pourri.

— Fallait les jeter moi j'en sais rien mais tu n'étais pas obligé de venir ! C'est bon tu peux dégager.

Milo intériorise sa colère. Ce jeune homme intriguant ne s'est jamais vraiment dévoilé en y repensant…

— Ne me parle pas comme ça Kanon je ne suis pas ton chien. T'en est où avec l'autre primate ? Tu l'as eu ça y est ?

— Mais je ne veux pas te parler tout court ! Cela ne te regarde pas, j'hallucine !

Milo esquisse un sourire en coin puis fait mine de partir. Il se retourne au dernier moment pour déclarer.

— Je n'en ai pas fini avec toi… A bientôt Kanon

Il s'en va sous les vociférations du jeune restaurateur.

Aspros revient avec les menus en mains.

— Ca va patron ? Il vous voulait quoi ce gugusse ?

— Oh rien, ce n'est rien va. Bon où en étions-nous ?

— Je ne sais plus, pour être franc je ne vous écoutais plus… J'avais décroché avant que le type ne débarque.

Kanon regarde mi-amusé, mi-contrarié son maître d'hôtel. Son étourderie le fait sourire, il lui rappelle son caractère tout simplement. Il ne peut pas le réprimander, il laisse cette joie à son aîné. C'est bien connu, dès qu'il s'agit de se déresponsabiliser le cadet répond présent.

Saga revient avec ses commis pour décharger la camionnette. Ils ont fait leur marché à Rungis. Aiolia les accueille avec un air réprobateur, ils sont en retard, il ne devra pas chômer derrière ses fourneaux. Le chef cuisinier inspecte les produits ramenés par son patron puis les étalent sur le plan de travail et commence de dicter ses ordres aux commis. Bien, le grec pourra se débrouiller, Saga retourne à ses autres tâches.

On ne peut pas dire qu'il va mieux, ses migraines le reprennent depuis ces derniers jours. Il se rend chez Aphrodite trois fois par semaine dorénavant, et aucune amélioration ne se fait sentir. Il vit avec, il s'y est fait. Quoi que… La douleur intolérable qu'il ressent dans ces moments là est indescriptible. Cette douleur foudroyante le paralyse sur place. Ses yeux cognent derrière leurs orbites comme s'ils allaient s'expulser tous seuls hors de leur emplacement. Le haut le cœur s'empare de lui, il ne peut réfréner son envie de vomir tellement ce mal l'engloutit. Aigue, une crise aigue, stridente qui lancine dans sa tête. Il ne voit plus rien, il ne distingue plus les formes. Des taches lumineuses apparaissent devant lui. Saga tombe à terre, il ne peut crier tellement la douleur anesthésie ses autres sens, ses cordes vocales ne lui répondent plus. Il se tient la tête et pose sa main devant ses yeux. Rien, il ne voit rien. Il n'entend qu'un bourdonnement sourd résonner dans ses oreilles.

Kanon arrive avec Aspros en hurlant. Tente de relever son frère, lui parle, lui pose des questions. Saga n'articule plus, les mots ne sortent plus de sa bouche. Que lui arrive-t-il ?

Son frère répète inlassablement.

— Parle Saga ! Parle-moi ! Dis quelque chose !

Sa bouche se meut mais rien ne sort, que des sons incompréhensibles. La panique le gagne, puis cette douleur qui ne le quitte pas, elle tape sans cesse dans sa tête comme pour lui faire exploser le crâne. Kanon a peur, très peur. Il appelle à l'aide, indique à Aspros d'appeler les urgences. Vite qu'il se magne ! Le cadet se rappelle de ce que lui a appris Mû. Les engourdissements des membres, un mal de tête atroce, l'aphasie. Tous ces signes peuvent faire penser à un accident vasculaire cérébral. Des larmes coulent le long des cils longs de Saga, la douleur est insupportable, il préférerait mille fois s'évanouir.

L'ambulance arrive un quart d'heure plus tard, Kanon ne quitte pas son frère, il lui parle toujours, lui prend la main mais les médecins urgentistes le poussent. Il doit s'écarter pour libérer le passage. Il voit son frère partir sur un brancard. De suite, il monte dans l'ambulance qui les amène à l'hôpital.

Hôpital Saint Anne, service de neurologie. Kanon appréhende d'une force monumentale, il se ronge les ongles depuis qu'il attend dans la salle prévue à cet effet. Pourquoi avoir transporté son frère dans un hôpital psychiatrique ? Saga n'est pas fou ! Il n'est pas atteint de troubles mentaux !

En entrant il a vu des patients asthéniques sans réaction, l'œil mort, choutés aux psychotropes. Des zombis vivants. Puis un homme s'agitant et hurlant dans tous les sens. Les hurlements qu'il poussait sortaient tout droit d'un film d'horreur, Kanon a pris peur. Réellement. Ils sont passés à côté des urgences psychiatriques. Ce mot veut bien dire ce qu'il veut dire. Là, les cas les plus extrêmes se présentent. L'équipe médicale doit les prendre en charge dans les plus brefs délais, tous les cas sont représentés. De la tentative de suicide en passant par le patient schizophrène qui croit que son corps se disloque. Non, ce n'est pas un endroit pour son frère. Saga ne peut pas rester là.

Le neurologue vient enfin lui parler, il l'invite à entrer dans son bureau. Kanon transpire l'inquiétude, c'est rare de le voir dans cet état là. Mais dès que cela touche son frère, une angoisse ressurgie. La peur irraisonnée de rester seul, de le perdre. Saga l'a toujours protégé, couvert, que serait sa vie sans lui ? Il n'ose pas imaginer la gravité de la situation mais en même temps il s'oblige à ouvrir les yeux. Et s'il avait fait un AVC ? S'il devait s'occuper de son aîné sous couvert de séquelles graves ? Si Saga n'était plus Saga ? Il s'empresse de demander au médecin.

— Alors mon frère ? Qu'est-ce qu'il a ? Est-ce que c'est grave ? Où est-il ? Je veux le voir !

— Votre frère est en chambre d'observation. Après avoir subi un examen médical il a été monté dans ce service.

— Mais enfin qu'est-ce qu'il a eu ? Il n'a pas quand même fait un…. Un AVC ?

— Non rassurez-vous. Je peux comprendre que les symptômes de sa crise de migraine ne différaient pas de ceux d'un accident vasculaire cérébral mais d'autres signes nous confirment qu'il n'en ait rien.

— Comment pouvez-vous en être sûr ?

— Pour commencer il n'a pas subit de paralysie partielle. Lors d'un AVC, le cerveau selon la partie endommagée, provoque une paralysie sur un des hémisphères du corps. Or là dans ce cas il n'en est rien. Votre frère n'a pas eu le faciès paralysé non plus, il peut arriver que pendant un épisode vasculaire la bouche se déforme de côté. Là non plus pas d'inquiétude. De plus, votre frère a retrouvé la faculté de parler ainsi que celle d'écrire. Il a juste fait une crise aigue de migraine ophtalmique. Ses traitements ne font plus effet. Il faut les réajuster. Je lui ai prescris un autre type de médicament.

— Et quoi comme médicament ? Il en prend déjà des tas…

— Je vais essayer un nouveau traitement, des antiépileptiques. Logiquement ce type de traitement est conseillé pour les personnes atteintes de bipolarité. Mais des études ont démontrés que couplées à des antidépresseurs, les molécules agissent et ciblent la zone migraineuse pour diminuer voire stopper la douleur.

— Vous êtes en train de me dire que mon frère qui est bourré de cachet en tout genre, va prendre un traitement destiné aux fous ? C'est ça que vous voulez me faire avaler ?

— Monsieur Costa. La neurologie est une science bien complexe, tout ce qui touche au cerveau recèle de la difficulté. Nous ne savons pas encore à l'heure d'aujourd'hui comment fonctionne cet organe en profondeur. Il faut tester, tâtonner, et chercher de nouvelles pistes pour soigner au mieux les personnes se présentant avec de tels troubles. Je ne peux vous en dire plus. Il va falloir observer les effets sur votre frère puis réajuster si besoin.

— Et il n'y a rien à faire de plus ? Genre, il faut attendre ?

— Tout à fait, les effets ne se feront sentir que sur un long terme. Disons dans un premier temps voir sur les semaines à venir. Votre frère reste en observation cette nuit, il pourra sortir demain en début d'après-midi.

— Et c'est tout ? Vous ne le garder pas plus ? S'il refait une autre crise ?

— Son état ne nécessite pas de la garder plus longtemps. Il n'est pas préoccupant au point de prolonger son séjour.

Kanon sort perplexe de cet entretien. Le médecin enrubanne les faits par des termes techniques dont il ne comprend pas la signification pour la plus part d'entre eux. Il ne retient que le fait que son frère servira de cobaye et qu'il avalera des cachets destinés à des personnes ayant de véritables troubles mentaux. Une véritable maladie mentale.

Il demande à l'accueil dans quelle chambre réside sa moitié, il s'y rend. Il voit Saga blanc comme un linge allongé dans un lit. Il s'assoit à ses côtés sur le matelas.

— Ca va ? Tu m'as fait une peur bleue ! Ne recommence jamais !

— Je me sens bizarre, comme dans du coton. Ma tête est emprisonnée dans quelque chose mais je n'ai plus mal rassures-toi.

— Tu as encore envie de vomir ? Tes yeux ça va ?

— J'ai mal encore aux yeux, surtout quand la lumière devient trop vive. Pour les nausées c'est passé. Désolé de t'avoir apeuré.

— Ton doc t'a donné un autre traitement. Il m'a dit que tu pouvais sortir demain après-midi. Je viendrai te chercher.

— Comment ? Tu n'as pas de voiture.

— Je prendrais la tienne.

— Ne la casse pas ! lance en riant Saga.

— M'en fous de la voiture, ce qui compte c'est toi.

— Mais ça va aller frangin. Oh ! C'est moi qui m'inquiète pour un rien, pas toi.

— Tu m'énerves Saga. Tu veux quelque chose de spécial pour cette nuit ?

— Non ne t'inquiète pas. Par contre si tu pouvais me ramener des habits propres pour demain…

— Ouais pas de problème.

Kanon s'installe aux côtés de son frère en attendant d'être gentiment viré par les infirmières à la clôture des heures des visites.

Le soir Saga reçoit d'interminables coups de fils de la part de ses amis, quand il raccroche l'appareil sonne aussitôt et un autre ami prend le relais. Ainsi il ne voit pas la soirée défiler mais il recommence son récit une bonne dizaine de fois. Kanon aussi le bombarde de messages – bien qu'il n'ait pas le droit d'allumer son portable – en lui demandant un rapport détaillé de son état toutes les dix minutes.


Le lendemain en début d'après-midi, vers les alentours de quatorze heures trente, Kanon vient chercher son frère avec Albafica. L'infirmier lui pose des centaines de questions plus techniques les unes que les autres mais les deux frères se regardent dans le blanc des yeux, la bouche ouverte. Ils ne comprennent pas tout ce charabia. Albafica sort pour alpaguer une infirmière qui n'en sait pas plus. Il demande la surveillante du service pour lui faire subir un interrogatoire digne des débriefings du Doc House. Les frères Costa s'impatientent. Au bout d'une demi-heure le bleuté revient les traits tirés, il n'est pas convaincu de ce qu'il vient d'entendre. Ils plient bagage et raccompagne le migraineux chez lui.

Albafica ameute toute la petite bande, Mû passera pour s'assurer que Saga soit bien. Ils en font de trop. De trop ? Probablement mais l'attention reste touchante, au moins l'aîné des jumeaux ne se retrouvera jamais seul. Il se sait entouré par de véritables amis fidèles. Il voit son frère déployer des trésors d'imagination pour le faire sourire et penser à autre chose. Ce soir il sera dorloté : Kanon lui prépare un festin de roi. Rassuré, l'infirmier retourne chez lui, Shion attend de ses nouvelles.

Il entre dans le hall de l'immeuble quand il voit dans le vestibule Minos épluchant son courrier, il peste contre les prospectus qui envahissent sa boîte aux lettres. Albafica n'a pas le cœur à rire, il passe distraitement sans prêter attention à son voisin. Ce dernier relève la tête aigris d'avoir été ignoré de la sorte, il prend ça encore pour du snobisme. En attendant l'ascenseur, Minos rejoint son voisin en l'attaquant d'une pique.

— Tu recommences à jouer les mijaurées ?

Le concerné tourne la tête de côté, son après-midi fût des plus éprouvantes psychologiquement. Insidieusement, lui aussi pensait fortement à un AVC concernant le malaise de Saga. Toute la nuit il s'est fait du souci. La tension retombe, les larmes coulent sans pouvoir les contrôler. Minos ne comprend pas. Sa pique n'était pas méchante ? Il le sait bien. Pourquoi le prend-t-il mal ? Il lui en a dit des plus terribles, ce n'est pas ce petit truc de rien du tout qui peut l'émouvoir à ce point ?

Albafica camoufle son trouble, il se gratte le nez, prend un mouchoir, s'essuie mais sa peine reste.

— Oh Alba qu'est-ce que tu as ? Ne me dis pas qu'une petite pique comme ça te mets en bas ? Tu me déçois, je t'ai connu avec plus de répartie que ça… Alba ?

Les portes s'ouvrent mais les jeunes gens ne montent pas. Minos prend son homologue par les épaules pour le forcer à le regarder. Ses yeux rougis et bouffis trahissent un état dramatique, c'est comme s'il avait passé sa nuit à se morfondre – ce qu'il fît d'ailleurs. Minos porte sa main pour écarter une mèche de cheveux qui barrait le front du jeune homme. Ses iris saphirs deviennent presque translucides tellement les larmes les recouvrent. Minos reprend.

— Dis-moi ce qui ne va pas. Je ne voulais pas te blesser…

Il dit vrai. Minos ne veut plus le blesser, ne veut plus le piquer au vif. Là, il souhaiterait faire disparaître son air morose et abattu.

— C'est Saga… Il a fait un malaise hier dans la journée. Il a été transporté à Saint Anne…

Albafica raconte la suite des évènements pendant que son voisin l'écoute en le rassurant de sa main qui peigne ses cheveux topazes. Sans forcer l'étreinte, Minos reste distant tout en étant présent, c'est indéfinissable, c'est bizarre comme sensation mais il est . Présence rassurante, attentive. Sur les traits de sont visage aucune marque d'ironie ne s'affiche, non, Minos est on ne peut plus sérieux à la détresse du jeune homme. Tout en gardant ses mains sur ses épaules, il s'écarte.

— Rentre auprès de Shion, ça va aller pour votre ami. Tu vas voir. J'appellerai le service de neurologie pour demander que les meilleurs spécialistes s'occupent de son cas. Il va être mis entre de bonnes mains.

— Mais pourquoi tu ferais ça ? Non, ce n'est pas utile… Et comment ça se fait que tu aies des relations là-bas ?

— J'ai de nombreuses relations c'est tout. Autant en faire profiter mes amis.

Minos se fige en s'entendant prononcer ses mots, au même moment qu'Albafica écarquille ses yeux. Que vient-il de dire là ? Son ami. Albafica devient son ami comme par magie ? Saga ne le concerne pas, mais en voyant le jeune homme en dessous de tout, Minos a pris cette décision, la décision de l'aider à s'apaiser. Incrédule par ce qu'il vient d'apprendre, le bleuté rentre chez lui. Minos le surprend de plus en plus, sous cette couche de condescendance et de vanité se cache un type bien finalement. Un homme noble aux principes honorables. La vérité lui écorche la bouche : Minos est un type bien mais il ne veut pas le montrer. Albafica le perce à jour de plus en plus.

Forcément la rumeur comme quoi Saga fût transporté à l'hôpital s'est propagée comme la peste et le choléra en temps de guerre. Minos l'a dit à Eaque qui a téléphoné à son groupe d'amis. Par conséquent Rhadamanthe fût mis au courant. Mais dans ce capharnaüm, le brun omit bon nombres de détails en se mélangeant les pinceaux. Son ami entendît juste : un des frère Costa… Hôpital… Suspicion d'AVC… Kanon dans un état lamentable.

Son sang froid de british flegmatique bouillonne dans ses veines. Au bout du fil c'est lui qui hurle comme un dératé à la barbe d'Eaque.

— Quoi !? Kanon est à l'hôpital ! Mais qu'est-ce qu'il a putain ?

— Rhad t'énerve pas comme ça ! Et ne crie pas tu me perces les tympans !

— Crache aller ! C'est grave ? Quoi ? Parle bon sang !

— Mais attends, minute ! Non j'en sais rien moi. Pourquoi tu prends tant à cœur l'avenir d'un de ces types ? Il est à l'hôpital, il se fait soigner, relax !

— Relax ! Mais enfin tu me dis que Kanon a fait un AVC et tu veux que je me calme !? You're crazy !

Jamais au grand jamais de toute son existence Eaque n'a vu son ami dans un tel déchainement !

— Rhad mais pourquoi à la fin l'état de santé de ce Kanon te préoccupe autant ? Je veux bien admettre que c'est terrible mais enfin tu ne l'as vu que quelques fois, pas de quoi en faire un drame ! Et puis il est rentré en compagnie de son frère et d'Albafica, reste tranquille.

Rhadamanthe raccroche et commence à faire les cents pas dans son appartement en emprisonnant son menton entre son index et son pouce. Le « penseur » marche de long en large, il ne sait pas quoi faire. Il ne sait pas s'il peut se permettre d'aller le voir chez lui pour lui rendre une visite. Une visite. Une visite de quoi grand dieu ? Pour quel motif débarquerait-il chez Kanon ? Parce qu'ils se sont pelotés et embrassés fougueusement au Calydon ? Cela ne lui donne aucun droit. Qui plus est, il prévoyait d'aller s'expliquer avec Valentine pour leur malentendu. Tant pis par tous les saints de la création, Valentine attendra ! L'anglais prend son manteau, glisse une cigarette dans sa bouche et part clefs de voiture en main rejoindre Kanon. Pour avoir des nouvelles. Juste des nouvelles. Rien d'autre. Juste pour s'assurer qu'il va bien. Non, il ne meurt pas d'envie de contempler son visage de rebelle. Son allure féline. Kanon porte peut être des séquelles de son AVC… Malheur !


Au volant de sa Bentley Continental GT Speed bleu ciel, Rhadamanthe mange littéralement le bitume en se rendant compte un quart d'heure après qu'il ne détient pas l'adresse du concerné. Il se gare sur une place handicapée – oui c'est mal, très mal – et appelle son ami Eaque. Qui ne possède pas cette précieuse information. Au téléphone le blond braille à son ami de se renseigner illico presto auprès de son voisin. Téléphone en main, Eaque détaille tout ce qu'il fait à Rhadamanthe qui s'impatiente dans la rue.

— Dépêche-toi je vais me prendre un PV !

Rhadamanthe n'est pas des plus aimables, encore pire qu'en temps normal. Enfin il entend des voix discuter sommairement. Pressé, il ne cesse d'indiquer à tout va ses ordres au bout du fil. Eaque dispose enfin de la fameuse adresse qu'il s'empresse de donner. Rhadamanthe raccroche et jette son téléphone sur le siège d'à côté. Cette fois-ci il file en mettant le turbo jusqu'à l'immeuble des frères Costa.

Que de péripéties pour pas grand-chose ! Surtout quand il s'apercevra que le malade concerné n'est autre que le frère de son soupirant…

Il arrive devant la bâtisse à une heure assez tardive – vingt et une heure pour être exacte. Il sonne. Se trompe d'appartement. Une jeune fille lui indique qu'il se méprend, que l'appartement de Monsieur Costa se trouve juste à côté. Ces logements sont construits de façon inhabituelle. La cours intérieure donne sur divers appartements tous indépendants des uns des autres. En fait le bâtiment étant un ancien couvant, les logis forment comme de petites maisons miniatures individuelles aux pierres anciennes. La grande porte en arrondie renforce cette idée d'époque du temps passé. On se croirait presque revenu au Moyen-âge avec toutes ses briques apparentes.

Il se ressaisit et lit bien le nom avant de sonner. Perdant patience, il réitère son appel. La porte s'ouvre sur Kanon les cheveux en bataille – comme d'habitude – jeans décontracté et T-shirt. Question mentale : comment fait-il pour ne pas avoir froid accoutré de la sorte ? Et puis il a l'air de se porter parfaitement bien.

Au même moment, Kanon va voir ce qu'il en est en maudissant déjà Milo de le faire suer de la sorte ! Estomaqué, il plonge de suite dans le regard en fusion de son beau gosse. Son beau gosse en personne sur son palier ! Qu'est-ce qu'il fout là ? Toujours classe quoi qu'il arrive, il détaille le look de l'anglais. Comme dans ses souvenirs il présente une apparence soignée, tirée à quatre épingle, sa coiffure travaillée en coiffé-décoiffé. Waouh son Rhad est là devant lui !

Personne ne parle, c'est Saga au loin qui coupe ce silence pesant.

— C'est qui ?

Kanon tourne la tête en blaguant.

— C'est l'plombier !

Puis reporte son attention sur le blondinet.

— Rhad, toi ici ! Pourquoi tu es venu me voir ? Et comment tu as eu mon adresse ?

— Eaque m'a appris que tu avais fait un AVC et que tu étais allé à l'hôpital, je suis venu prendre de tes nouvelles. Et pour ton adresse je lui ai demandé de la soutirer à Albafica.

— Oh je vois… C'est très gentil de t'inquiéter et de te déplacer pour moi mais vois-tu je n'ai rien.

— Comment ça tu n'as rien ?

— Non je te le dis, je n'ai rien. Ce n'est pas moi qui me suis retrouvé à l'hôpital mais mon frère. Et il n'a pas fait un AVC mais un épisode migraineux foudroyant. C'est pour ça qu'on a tous cru à quelque chose de plus grave… Eaque est mal renseigné, vérifie tes sources Rhad avant de paniquer ! dit Kanon en tapant sur l'épaule de son vis-à-vis.

Rhadamanthe relâche la tension et souffle en baissant les épaules. Ainsi son ami la commère de Paris s'est trompé, une fois de plus. A parler trop vite on parle dans le vent. Maintenant il se sent ridicule de s'être précipité au chevet d'un non malade. Le pire étant qu'il dévoile en ce moment son penchant pour Kanon… Sinon il ne se serait pas déplacé… S'il ne comptait pas un tant soit peu à ses yeux… Logique, élémentaire mon cher Watson…

— Entre, ne reste pas là ! invite le non-malade.

— Euh c'est-à-dire que… Je ne voudrais pas déranger…

— Mais tu me déranges déjà, un peu plus, un peu moins on ne verra pas la différence.

— Comment ?

— Je plaisante ! Viens entre je te dis.

Kanon ne lui laisse pas le temps de protester, qu'il entraîne son beau gosse chez lui en lui tirant la manche de sa veste.

— C'est bien décoré chez toi.

— Oh ce n'est pas mon appart, mais celui de Saga.

— Tu vis chez ton frère ? Bizarre.

— Non ce n'est pas bizarre c'est comme ça ! cingle Kanon.

Il déteste qu'on lui rabâche cette évidence continuellement au nez.

Saga entre à son tour dans la cuisine et envoie un regard noir au blond. Il ne l'aime pas ce sale rapace. Ce vautour d'avocat endimanché qui tourne autour de son petit frère. Il n'aura pas Kanon, son petit frère adoré mérite mieux. Et ce mieux s'appelait Milo. L'aîné en veut avec son Milo, il souhaiterait que les deux anciens tourtereaux renouent les liens.

Kanon ouvre le frigo et les placards pour servir quelque chose à boire à son invité surprise. Effaré, Rhadamanthe voit le restaurateur verser du coca-cola sur un fond de whisky.

— Tu fais quoi là ?

— Ca ne se voit pas ? Je te sers un verre, t'es marrant toi quand tu t'y mets, hein.

— Sacrilège ! Ne mélange pas cette horreur au whisky !

— Tu te mets dans des états pour pas grand-chose enfin !

— On ne plaisante pas avec cet alcool ! Pose ce verre je n'en boirai pas !

Kanon pose ce qu'il tenait dans les mains et se met à rire. Un fou-rire le prend littéralement.

— Tu m'éclates Rhad franchement, j'adore !

L'anglais ne comprend pas le drôle de la situation, pour lui Kanon s'apprêtait à commettre un crime, une infamie. Il relève un sourcil puis demande d'un ton vexé.

— Tu peux m'expliquer ce qu'il y a de si comique !?

— Mais c'est toi ! Avec tes petites manies de vieux riche, tu me fais rire. Non mais c'est cool, je trouve ça… Comment dire… Je ne sais pas, j'ai pas de mot, tout ce que je peux te dire c'est que j'adore ! Bref, tu sais nous on n'a pas un grand whisky de renom chez nous, on peut le mélanger à du soda ce n'est pas grave.

— Non, je le préfère sec.

— Un glaçon quand même ?

— Non.

Rhadamanthe ne plaisante jamais avec son liquide favori. Cependant, il s'avoue pour lui-même que de voir Kanon rire à gorge déployée, d'être aussi naturel le trouble. Il aime le voir enjoué, il aime respirer sa joie de vivre en étant à ses côtés. Le blond se débride en présence de son restaurateur, il est si franc du collier. Spontané, une vraie bouffée d'oxygène.

Dans le salon Saga s'assoit en face de son invité le fixant de ses yeux inquisiteurs. Il souffle toutes les deux secondes.

— Bon, on n'a pas besoin de toi, tu peux aller faire autre chose, autre part s'il te plait ? réclame Kanon.

— Quoi ? J'ai le droit de rester dans mon salon il me semble.

— Ah c'est bizarre ça… Quand je m'engueulais avec Milo la dernière fois tu t'es bien barré dans le bureau. Alors retournes-y !

Saga se lève puis part en ruminant quelques reproches.

— Tu t'es disputé avec Milo alors ? interroge Rhadamanthe portant le breuvage à ses lèvres.

— Oui, en fait pour être précis, c'était la dernière que je le voyais. On a cassé.

— Désolé.

— C'était après la bagarre au Nouvel An… Il voulait savoir pourquoi je me suis battu avec ton… Ton… Ton truc tout mou.

Rhadamanthe tique, il n'aime pas qu'on insulte Valentine.

— Ne l'appelle pas comme ça. Et alors pourquoi tu t'es battu avec lui j'aimerais bien avoir le fin mot de l'histoire ?

Sans prendre de pincette Kanon lâche d'un seul bloc.

— Parce que je lui ai dit que j'avais envie de toi et qu'il allait bientôt chialer quand tu le quitterais pour moi.

Rhadamanthe surpris recrache le liquide qu'il gardait dans la bouche.

— Quoi !? Mais t'es dingue ! Tu… Tu n'es pas croyable ! Mais quelle arrogance. Qu'est-ce qui te fais penser que tes plans fonctionneraient ? J'ai peut être mon mot à dire dans cette affaire, non ?

Kanon se fait liquoreux, il lance une œillade ravageuse puis répond.

— Tu veux que je te redonne un aperçu ici, sur mon canapé ? Comme ça à chaque fois que Saga s'assiéra dessus, je penserais à toi…

Cette bravade fait tousser son invité, Rhadamanthe exulte ses poumons. Ce qui ne manque pas d'amuser le restaurateur.

Le cerveau de l'anglais tourne à plein régime, comme ça son rebelle aux cheveux d'océan a quitté son benêt… Quelle nouvelle forte agréable. Ils discutent sous les interruptions intempestives de Saga. Saga qui vient surveiller toutes les cinq minutes le rendez-vous de son frère. Parce qu'il s'agit ni plus ni moins de ça ! Cet avocat de malheur s'incruste chez lui pour y passer la soirée saperlipopette !

— Il est très protecteur ton frère, non ?

— Ouais ça tu peux le dire, il m'a toujours couvé. Mais je le laisse faire, il n'est pas méchant tu sais. Au fait, tu étais venu croyant que j'avais fait une attaque mais à aucun moment tu ne m'as demandé comment allait mon frère… C'est gonflé !

— Ton frère je m'en tape. Je suis venu pour prendre de tes nouvelles pas pour lui. Je suis heureux pour toi qu'il n'ait rien et entends-moi bien : je ne lui souhaiterais jamais de malheur. Mais honnêtement je m'en contre carre .

— Alors toi, t'es cash aussi à ce que je vois. Tiens je te resserre.

Kanon adore le caractère incisif et intransigeant de son beau gosse. Il semble franc tout comme lui, quand il a quelque chose à dire il n'y va pas par quatre chemins, il ne prend pas de détour, il fonce. Droit dans le mur pour l'exploser. Tout comme lui. Ils restent longtemps comme ça juste à parler de choses anodines comme cette fois où ils s'étaient retrouvés par hasard au marché. Ils avaient fini au pub, et bien cette ambiance décontractée les jeunes gens la récupère de nouveau.

Après une dernière allée et venue du grand frère, le blond prend congé pour partir. Au pas de la porte, ils recommencent à s'embrouiller au moment des au revoir sous l'œil suspicieux de Saga qui observe la scène au loin. Kanon tend sa main pour serrer celle de Rhadamanthe qui lui se penche pour lui faire la bise. Au dernier moment, le restaurateur bouge du mauvais côté et donne ses lèvres en offrande. Les deux rougissent puis l'anglais balbutie un « bonne soirée » pour s'échapper dehors. En se retournant, Kanon affiche un air béat, Saga les bras croisés hoche de la tête dans un mouvement de négation qui se veut désespéré.

— Tu me fatigues Kanon… Tu as le don de te mettre dans des histoires glauques. Je ne le sens pas du tout ce Rhadamanque !

— Rhadamanthe, il s'appelle Rhadamanthe ! Et je fais ce que je veux je te signale que je suis majeur et vacciné. Tu ferais mieux de t'occuper de ta vie sentimentale plutôt que la mienne.

— Je te préviens : il est hors de question que tu l'invites ici pour tes parties de jambes en l'air ! Est-ce que c'est clair ? Il va me mettre ses poils partout dans la maison.

— Saga ! Oh ! Mais… Mais…

Pour une fois que le cadet des frères Costa ne trouve plus ses mots, c'est à marquer d'une pierre blanche.

Oh et puis zut, il s'en fiche. Parce que son bel Apollon aux yeux dorés est venu s'enquérir de sa santé. Il s'est présenté à sa porte rien que pour lui, et ça, ça vaut tout l'or du monde.

(suite...)