Réponse au reviews anonymes :

Ecathe38 : Merci pour ta review, je suis contente que ma fiction te plaise et j'espère que ce chapitre te contentera .

Les deux garçons hochèrent la tête et Harry tendit son bras à Malefoy pour transplaner, puisqu'il ne pouvait utiliser la magie sans les mettre en danger. Hermione lui lança un dernier regard, puis un à Ron avant qu'ils ne disparaissent.
Ils atterrirent devant les lourdes portes du Manoir Malefoy. La nuit noire ne faisait qu'augmenter le calme effrayant qui planait autour d'eux, comme si l'univers entier tentait de les prévenir que ce qui les attendait les changerait pour toujours.

La forêt était silencieuse, ce qui accentuait encore leur sentiment d'angoisse. Depuis quand une forêt semblait-elle si vide de vie ? Drago soupira. C'était l'endroit où il avait grandi, et jamais il n'aurait cru haïr à ce point d'y retourner un jour. Ils avancèrent jusqu'à la lisière de la forêt à pas de loups, et Drago indiqua à Harry et Ron les sorts qu'ils devaient lancer pour faire tomber les défenses qui entouraient le Manoir.
Les barrières tombèrent rapidement et ils pénétrèrent dans l'enceinte du jardin. Le silence n'était rompu que par leurs respirations régulières, si discrètes qu'eux-mêmes devaient tendre l'oreille pour les entendre distinctement.

Et soudain, un cri strident retentit et ils sursautèrent violemment. Drago serra les dents. Il savait déjà d'où se cri provenait, et il savait qu'il ne pouvait rien y faire. Qui que soit la personne qui était en train d'être torturée, il ne pouvait rien pour elle, pas plus que Ron et Harry qu'il avait senti se crisper derrière lui.

- Avançons, murmura-t-il.

Ils empruntèrent le même sous-terrain que la première fois qu'ils avaient pénétré dans le Manoir, pour sauver Luna et son père et débouchèrent sur la chambre de Drago. Rien n'avait changé depuis la dernière fois, hormis le cadre désormais vide. Le blond porta une main contre sa poitrine. C'était là qu'il conservait la photo de sa mère et il sentit le papier sous ses doigts. Cela le rassura un peu et il les guida jusqu'à la sortie, ne souhaitant pas s'attarder.
Ils ne croisèrent personne en sortant de sa chambre, mais un nouveau cri de douleur parvint à leurs oreilles.

- Bellatrix loge dans l'aile ouest, venez, susurra Drago en montant les escaliers.

Ils le suivirent à pas feutrés, chaque marche semblant vouloir signaler leur présence et les mener à une mort certaine. C'est avec soulagement qu'ils aperçurent finalement l'étage et quittèrent ces marches menaçantes. Un nouveau cri retentit, d'une intensité telle qu'il leur coupa le souffle.

Drago ferma les yeux, secoua la tête et reprit sa marche, leur exhortant silencieusement de le suivre. Il tourna à gauche, puis à droite et encore une fois à gauche. Les couloirs du Manoir Malefoy étaient nombreux et Ron et Harry se demandèrent s'ils n'étaient pas perdus mais l'assurance qu'affichait leur partenaire les dissuadait de faire toute réflexion mal placée. Ils arrivèrent à une nouvelle intersection et Drago recula brutalement, ouvrit une porte et ils entrèrent dans la pièce, fermant la porte le plus doucement possible. Heureusement, la pièce était vide.

- Greyback, murmura Drago en réponse à leur question silencieuse.

Il regarda dans quelle pièce ils se trouvaient et grimaça en réalisant qu'il s'agissait de la salle de lecture de sa mère. Il avala difficilement sa salive et s'efforça de repenser aux paroles de Granger : "Pas de détours inutiles!"

Faisant fi des souvenirs que lui rappelaient cette pièce, il se détourna donc et posa son oreille contre la porte, rapidement imité par Ron et Harry. Ils entendirent très clairement les pas lourds du loup-garou, ainsi que sa respiration irrégulière, qui se fit de moins en moins forte, pour finir par s'évanouir complètement. Ils attendirent encore quelques minutes pour s'assurer que le danger était loin et sortirent de la pièce.

Ils traversèrent à nouveau quelques couloirs, puis Drago leur murmura qu'ils étaient arrivés. Il n'y avait qu'une seule et unique porte face à eux, d'un noir semblable à celui de la capuche d'un Détraqueur. Drago murmura un Alohomora et il y eut un discret déclic qui résonna cependant à leurs oreilles habituées au silence.

Harry poussa doucement la porte et ils entrèrent, soulagés de trouver la pièce vide. Ils commençaient d'ailleurs à s'inquiéter de n'avoir vu personne d'autre que Greyback, cela était étrange et assurément anormal. Mais ils préférèrent ignorer leurs soupçons pour se concentrer sur leur but premier : dénicher quelque chose pour le Polynectar. Ils ne savaient pas alors combien ils avaient tort d'avoir prêté si peu d'attention à cet inhabituel calme.
Ils fouillèrent quelques placards, mais tout était désespérément vide. L'atmosphère de la chambre était aussi sinistre que le personnage qui l'habitait. Noire, froide, insensible.

Finalement, Harry se dirigea vers le lit, où il trouva, sur l'oreiller, un long cheveu noir ondulé et épais qui ne laissait nul doute sur sa propriétaire. Il l'enveloppa dans un mouchoir et le glissa dans sa poche. Il adressa un signe de tête aux deux autres et ils firent demi-tour.
Une fois encore, Drago les guida à travers les sombres couloirs du Manoir et ils revinrent vers sa chambre. Il appuya sur la poignée, mais ne parvint pas à l'ouvrir. Il lança un Alohomora, mais le résultat ne fut pas plus concluant.

- Pensiez-vous vraiment pouvoir pénétrer ici sans vous faire prendre ?

Ils sursautèrent violemment et se retournèrent, leurs baguettes pointées en direction du propriétaire de la voix : Fenrir Greyback. Il eut un sourire carnassier.

- Vous tombez bien, le Maître est parti rendre visiter à un vieil ami, mais il ne devrait pas tarder. Il sera content de vous voir là.

- Et que comptes-tu faire à un contre trois ? rétorqua Ron avec hargne.

C'était à cause de cette immonde vermine que son frère Bill était défiguré et il lui démangeait bien de lui rendre la pareille. Le loup-garou éclata d'un rire gras, auquel plusieurs autres rires vinrent faire écho.
Jusque là tapis dans l'ombre, cinq autres Mangemorts sortirent de l'obscurité qu'offrait le Manoir Malefoy, baguettes levées.

- Père, cracha froidement Drago en apercevant les longs cheveux blonds caractéristiques de leur famille.

- Évitons les retrouvailles familiales, voulez-vous ? s'exclama Bellatrix qui venait d'apparaître à son tour. Ces morveux ont pénétré dans ma chambre. Qu'est-ce que vous cherchez ?

Sa voix s'était faite autoritaire et elle s'était rapprochée de son neveu à une telle vitesse qu'il était désormais plaqué contre le mur froid, la baguette de sa tante sur sa nuque tendue.

- Drago, Drago, Drago, tu n'as donc toujours pas fini ta petite crise d'adolescent ? Que dirait Cissy ?

- Vous le sauriez si vous ne l'aviez pas laissée se faire tuer ! cracha-t-il, ses yeux plus froids que la pierre des murs.

- Narcissa est morte par ta faute, Drago, intervint Lucius. Tu aurais du mourir à sa place, et nous aurions été plus tranquilles.

Le blond accusa le coup sans broncher.

- Mais tu as encore une chance de rattraper ta lâcheté. Reviens avec nous. Le Maître te pardonnera si tu nous promets de nous dire tout ce que tu sais.

Drago ne répondit pas, abasourdi qu'il ose lui faire une telle proposition. N'avait-il donc rien compris ?

- Pour une fois, écoute ton père, siffla la terrible voix de Bellatrix, alors qu'elle glissait l'un de ses longs doigts fins le long de sa joue. Tatie Bella te défendra auprès du Seigneur des Ténèbres. Nous saurons le convaincre que tu es de nouveau parmi nous ! Il était très fâché que tu sois parti, il comptait beaucoup sur toi.

- C'est pour ça qu'il a voulu me tuer ? s'enquit Drago, un sourire narquois aux lèvres.

- Il a changé d'avis depuis. Le fait que tu sois parti lui a fait comprendre que tu pouvais être très important ! Si tu reviens avec nous, ta place au sein des Mangemorts dépassera toutes tes espérances et ton avenir sera assuré.

Drago demeura silencieux, mais ses adversaires durent percevoir l'hésitation dans ses yeux, car leurs sourires s'élargirent.

- Allons, Drago, reprit son père d'une voix doucereuse, tu ne peux pas rester l'ami des traitres à leur sang et des Sang-de-Bourbe, réfléchis. Que feront-ils de toi une fois la guerre terminée ? Ils te laisseront tomber. Tu ne compteras pas plus pour eux que ne comptait Blaise...
Le blond se raidit violemment à l'évocation de son meilleur ami défunt. Il ferma les yeux, serra les poings et prit une grande inspiration.

- Ils t'oublieront bien vite, chantonna Bellatrix. Pas nous. Nous sommes ta famille. Ta seule famille.

- Ne les écoute pas, hurla Harry.

Drago tourna les yeux vers lui. Lui et Ron s'étaient fait retirer leurs baguettes et l'un et l'autre étaient prisonniers des bras forts de quelque Mangemort, sans espoir de s'échapper. Il les scruta un moment avant de se concentrer à nouveau sur son père. Le brun blêmit : ce qu'il avait vu dans ce regard, c'était tout ce qui avait disparu des yeux gris métallique au fil des jours, tout ce qu'ils étaient parvenus à lui faire oublier.

- D'accord, murmura Drago.

- D'accord ? répéta Bellatrix, semblant se retenir de taper dans ses mains d'enthousiasme.

- Je suis avec vous, souffla le blond.

- Traître ! hurla Ron. Je croyais que tu l'aimais ! Je croyais que tu avais compris que tu valais mieux que ça !

- Tu ne sais rien de moi, cracha brutalement Drago. Et je ne l'aime pas, comment as-tu pu croire un seul instant que j'étais amoureux de... ça.

Il avait craché ses mots avec une telle hargne qu'Harry ne put s'empêcher de sursauter. Évidemment, il savait de quoi ils parlaient, les récentes disputes qu'ils avaient eu tous les deux n'avaient échappé à personne, mais Harry ne savait pas jusqu'alors que c'était parce que Ron le pensait amoureux d'Hermione. Il avait juste pensé que le fait qu'ils soient si proches tous les deux avait fait ressortir en lui sa jalousie maladive.

- Ne fais pas ça, murmura Harry, mais cela lui parvint plus comme une supplique. Nous croyons en toi, je croyais que nous étions amis.

- Amis ? railla Drago. Dois-je te rappeler qui je suis, le balafré ?

- Regarde-moi ! hurla le survivant.

L'ex-Serpentard sursauta discrètement et se tourna vers son ancien ennemi. Il fronça les sourcils et le regarda droit dans les yeux. "Réfléchis, stupide Potter !" songea-t-il si fort qu'il pensa un instant l'avoir dit à haute voix. Le visage du brun se décrispa une demi-seconde, avant d'afficher une haine viscérale. Drago dut retenir un soupir de soulagement : il avait enfin compris.
Bellatrix le libéra de son emprise et se tourna vers les deux prisonniers : un bref mouvement qui fut assez pour lui faire perdre sa vigilance. Drago s'empara de sa baguette qu'elle tenait dans sa main et, vif comme s'il avait été sur un terrain de Quidditch, fit un bond pour se retrouver hors de sa portée.

- Expelliarmus !

Sans qu'ils ne puissent rien y faire, toutes les baguettes des six Mangemorts s'envolèrent de leurs mains et vinrent atterrir dans les siennes. Lui-même fut surpris d'une telle puissance, mais la colère était telle en lui qu'il ne se contrôlait même plus.
Il n'arrivait pas à comprendre que son père ne veuille pas admettre qu'il n'avait rien à faire avec eux, que sa place était auprès de l'Ordre. Pourquoi ne pouvait-il pas l'accepter comme il était ?

Il n'était pas un assassin, ce n'était pas lui. Il voulait retrouver la paix, celle qu'il avait connue enfant, dans les bras de sa mère. Celle qu'il avait retrouvée il y a peu, dans les bras de Granger.
Les six Mangemorts le regardèrent, choqués de s'être fait avoir d'une telle façon.

- Comment oses-tu ? réprimanda la terrible voix de Lucius.

Drago l'ignora superbement et libéra ses amis d'un rapide coup de baguette. Si Harry ne semblait pas surpris de ce revirement de situation, Ron ne cherchait pas à cacher l'étonnement qui s'était emparé de ses traits. Drago leva les yeux au ciel. Que fallait-il donc qu'il fasse pour qu'on lui fasse enfin confiance ?

Il leur tendit leurs baguettes, qu'il avait récupérées au passage et ils s'éloignèrent à reculons du groupe d'ennemis qui leur faisaient face.

- Qu'est-ce qui se passe ici ? gronda la voix grasse de Crabbe.

Personne n'aurait pu prévoir ce qui se passa ensuite.
Aveuglé par la haine, Lucius lui arracha sa baguette des mains et se tourna vivement vers son fils. Son unique fils.

- Avada Kedavra !

Cette fois-ci, Drago réagit rapidement. Il vit le jet de lumière verte se précipiter vers lui et il serra durement sa baguette dans sa main.

- Expelliarmus ! hurla-t-il.

Il aurait pu choisir d'arrêter simplement le sort. Il aurait pu choisir de s'enfuir en courant avant que le sort ne l'atteigne. Mais il était épuisé et incapable de réfléchir, d'autant plus que sa fatigue se mêlait à la haine sans bornes qu'il vouait désormais à son père.
Alors, le jet vert vint percuter le rouge et, au lieu de mourir contre cette solide barrière, se retourna vers son envoyeur. Drago eut l'impression que le temps s'était arrêté.

Le sort vint frapper Lucius en pleine poitrine et ses yeux d'ordinaire gorgés de haine ou froids comme la glace se vidèrent de toute expression. Sa bouche était entrouverte de surprise et ses yeux arrondis par la peur.
Et il tomba. Dans un bruit sourd qui vint briser le calme du Manoir, le calme de la forêt. Le calme que Drago ne connaitrait plus jamais.

Il se figea d'horreur. Qu'avait-il fait ?
Il n'était pas un assassin, ce n'était pas lui. Il voulait retrouver la paix, celle qu'il avait connue enfant, dans les bras de sa mère. Celle qu'il avait retrouvée il y a peu, dans les bras de Granger.

Mais il savait que cela n'arriverait plus. Il avait tué. Il avait tué son propre père, aveuglé par la rage que cet homme avait toujours suscité en lui. Il n'était en réalité pas mieux que lui.
Il était devenu son père.

Harry fut le premier à réagir quelques secondes après ce qui lui sembla être des heures. Il l'attrapa par le bras et courut jusqu'à la barrière de protection, d'où ils transplanèrent. Ron et Harry l'attrapèrent chacun par une épaule, le soutenant. Il ne semblait même plus capable de se soutenir lui-même, les yeux perdus dans le vide dans une expression douloureuse.
Il ne bougea pas davantage quand ils atterrirent dans le salon de la femme qui les avait recueillis, et pas plus quand il entendit des pas s'approcher d'eux. Harry saignait un peu au front, à cause d'un coup de Greyback, et Ron au bras, car il s'était trop précipité en voulant transplaner, mais rien de grave qui aurait pu les arrêter.

A vrai dire, Harry ne sentait même pas la douleur dans son front. Il se disait simplement qu'il aurait une sacrée migraine le lendemain. Il posa les yeux sur le blond et pressa légèrement l'épaule qu'il soutenait.

- D-Drago ? murmura-t-il, s'étonnant de se découvrir une voix si tremblante.

L'intéressé sursauta violemment, comme si on l'avait réveillé d'un long sommeil. Sa léthargie était assez effrayante et Harry n'avait pu tenir plus longtemps. Drago se sépara vivement d'eux et courut jusqu'à la salle de bain. Le bruit de la porte claquant dans ses gonds le fit sursauter doucement et il l'écouta vomir avec amertume.

Il était un monstre, rien de plus qu'un monstre. Il ferma la porte derrière lui, plus brutalement qu'il ne l'avait voulu. Il vacilla sur ses jambes épuisées et, l'instant d'après, il s'effondrait au-dessus des toilettes. Il avait besoin de dégorger sa haine, ce qu'il était devenu en l'espace de quelques secondes. Alors il vomissait son dégoût de lui-même, ses illusions perdues et les fantômes qui viendraient le hanter. Il voulait mourir ici.

Et des cris lui parvinrent de la pièce d'à côté. Il reconnut sans mal la voix hystérique de Granger. Il avait appris à en aimer la moindre intonation et quand elle partait ainsi dans les aigus, il la trouvait plus amusante qu'effrayante. Mais pas à cet instant. Cette pensée ne fit qu'accentuer le dégoût qu'il ressentait déjà pour lui-même, et il vomit à nouveau.
La voix de Granger s'éteignit comme le dernier espoir qu'il avait d'être heureux un jour. Et il vomit à nouveau.

Hermione n'avait toujours pas bougé depuis la révélation d'Harry. Lui et Ron avaient été embarqués par Ginny et les jumeaux pour soigner leurs blessures minimes, si bien qu'elle était seule, plantée au milieu du hall d'entrée, les yeux perdus dans le vide. C'est alors qu'elle les entendit, les sanglots de Drago Malefoy.

Elle reprit vite ses esprits et, vérifiant que personne ne viendrait l'en empêcher, se précipita vers la salle de bain dans laquelle il s'était enfermé. Un Alohomora plus tard, elle était entrée et avait refermé la porte derrière elle.

Il ne bougea pas, prostré devant la cuvette des toilettes comme si elle avait constitué son ultime recours pour échapper à la cruauté du monde. Il ne voulait pas se relever et affronter son regard. Il n'en était pas capable, plus maintenant qu'il était devenu tout ce qu'il avait toujours refuser d'être. Plus maintenant qu'il savait qu'il était amoureux d'elle, et que jamais plus il ne mériterait qu'elle l'aime en retour. Il voulait qu'elle aille rejoindre Ron. Sa place était avec lui, pas auprès d'un monstre de son espèce.

- Malefoy ?

Sa voix n'était qu'un murmure qui parvint à ses oreilles comme une claque en pleine figure. Il serra les poings et posa son regard sur le mur, lui tournant complètement le dos.

- Va-t'en.

Il s'agissait plus d'une supplication que d'un ordre. Sa voix était aussi faible que ses mains étaient tremblantes et il se savait dépourvu de toute autorité, à cet instant.

- Malefoy, répéta-t-elle.

- S'il te plaît Granger, murmura-t-il, les larmes dévalant ses joues creusées par la culpabilité. Va-t'en.

Un silence s'installa entre eux et il l'entendit s'asseoir près de lui.

- Non, répondit-elle, sur un ton sans appel.

La rage qui monta en lui fut telle qu'il dut se lever pour ne pas la gifler sur le champ. Il alluma le robinet d'eau froide et s'aspergea abondamment le visage. L'eau était glaciale et elle agressa sa peau sensible, mais il sembla se réveiller à nouveau. Il s'essuya avec une serviette et attrapa violemment le bras de la brune pour la relever.

- Va-t'en ! s'énerva-t-il. Laisse-moi !

Il voulut la trainer vers la sortie mais elle se dégagea de lui d'un coup sec. Quand il se retourna vers elle, les yeux pleins d'une colère qu'il ne parvenait pas à maitriser, elle se tenait droite sur ses pieds, ses yeux inquisiteurs plongés dans les siens.

- Non, dit-elle d'une voix ferme. Laisse-moi t'aider !

- Je n'ai pas besoin de ton aide, Granger ! cracha-t-il, mauvais. Je n'ai pas besoin de l'aide d'une Sang-de-Bourbe.

L'insulte claqua dans l'air comme un coup de tonnerre une nuit d'été. Elle se figea instantanément. Quand était-ce, la dernière fois qu'il lui avait parlé de la sorte ? Elle ne s'en souvenait plus.

Les souvenirs lui montèrent à la tête et elle se rappela de toutes les fois où elle s'était retrouvée à pleurer dans les toilettes de Poudlard à cause de lui. Elle n'était plus une enfant désormais et il n'avait pas le droit de lui parler comme ça. Pas alors qu'elle voulait l'aider. Pas alors qu'elle ressentait sa peine comme si elle l'avait connu elle-même.

Elle lui asséna une gifle monumentale et le bruit sourd leur parvint aux oreilles avec autant d'intensité que la haine dans leurs regards. Il releva les yeux vers elle et ce qu'elle y vit apaisa immédiatement sa colère.

Il était perdu. Malheureux. Et tout ce qu'elle trouvait à faire, c'était le gifler.

Drago, lui, était bien trop choqué pour bouger le moindre muscle. Venait-elle réellement de faire cela ? Il aurait eu envie de l'étrangler à cet instant, mais il croisa ses yeux chocolat et la tension diminua légèrement dans son esprit embrouillé. Il venait de l'insulter, et d'une façon qu'il s'était promis de ne plus jamais recommencer. Comment pouvait-il être si stupide ? Elle voulait simplement l'aider. L'aider à oublier le monstre qu'il était.

Il l'aimait. Et il était incapable d'agir comme la logique l'aurait voulu. Qu'est-ce qu'il y connaissait, de toute façon, lui, à l'amour ? Rien, il n'avait jamais aimé une fille plus longtemps qu'une nuit. Pas même Pansy.
Et il n'avait jamais cherché à cacher son attirance pour l'une de ses proies. Encore moins pour préserver son amitié avec quelqu'un. Il ne voulait pas blesser Ron, il s'y refusait, mais tout cela était bien plus fort que lui.

Il vit Granger ouvrir la bouche pour parler, puis la refermer, visiblement confuse. Une fois de plus, ils avaient dépassé les limites qu'ils avaient eux-mêmes instaurées. Elle ouvrit la bouche à nouveau, pour s'excuser.

- Je...

Mais il ne la laissa pas finir. La pulsion qui s'empara de lui fut plus forte que sa raison. Il la plaqua sans délicatesse contre le mur de carrelage et attrapa ses lèvres avec ardeur. Elle laissa échapper un hoquet de surprise, mais ne chercha pas à se débattre, trop choquée pour réagir. Et puis, sans qu'elle ne puisse rien contrôler, elle sentit ses défenses tomber et elle enroula ses bras autour de sa nuque pour lui rendre son baiser.
Il n'y avait rien en cela d'un baiser tendre ou amoureux. C'était sauvage, violent, comme les sentiments qu'ils avaient l'un pour l'autre. Il n'essayait même pas d'être délicat, elle n'essayait même pas d'être raisonnable.
Il intensifia leur baiser en la soulevant dans ses bras, la posant sur le lavabo et laissant glisser sa main le long de sa cuisse avec une passion non dissimulée.
C'était sauvage, violent. C'était la vie.
Et puis, il reprit ses esprits. Tout aussi brutalement qu'il l'avait commencé, il interrompit leur baiser, la laissant bouche bée contre la plomberie.

- J-Je suis désolé, bafouilla-t-il.

Et il sortit à toute vitesse. Hermione ouvrit de grands yeux en réalisant ce qui venait de se produire. Avait-elle perdu l'esprit ? Les cheveux ébouriffés bien plus qu'à l'accoutumée, les sens en ébullition, elle sortit à son tour, ses jambes tremblant un peu plus à chaque pas.

Voilà, j'espère que ça vous aura plu !
Je vous embrasse,
L.