Hey~

Alors je commence par signaler un petit bug passager concernant les reviews donc les dernières postées ne sont pas visibles, en tout cas depuis chez moi. Voilà je préfère le signaler, donc pour le moment je vais au moins répondre à ce que je vois déjà ^^ (mais vous en faites pas s'il y a des questions j'y réponds la prochaine fois !)

Traff Lamy : Aaaah si la cuteness pouvait durer... Aussi innocente soit Moineau y a toujours un moment où elle finit par voir la vérité (ben heureusement tiens !) Oh pour moi Sylver oui c'est pas du tout le rival de Law, du moins pas dans ce sens-là ! Ils sont un peu comme deux gamins en désaccords... ça se dispute, ça se chamaille et puis au final c'est pas pour autant qu'ils se haïssent. Enfin c'est complexe ! xD Ha ha oui j'ai adoré le moment où Law croit quand même qu'elles ont copulé quoi ! Bon la scène portait à confusion... En ce qui concerne le sang de Krys je donne plus de détails dessus dans ce début de chap ;)

Guest : Ha ha mais quand tu vois ta copine à poil avec une autre euh... à mon avis tu doutes x) Je comprends tout à fait ce que tu veux dire ! C'est vrai qu'on a pas l'habitude de trouver des débordements d'affection chez Law, mais de mon côté s'est passé naturellement car il venait quand même de lui raconter son terrible passé, une chose vraiment secrète pour lui et donc une preuve de confiance, alors voilà... je sais pas trop comment l'expliquer mais au moins après ce moment nostalgique je le voyais pas agir froidement. Puis si on regarde bien lui et Krys ont vécu des expériences similaires qui les ont transformés alors je trouvais ça normal qu'il trouve en elle une famille et vice-versa ! Nyark oui tous mes scientifiques sont des grands malades xD

Présence d'OC's made in Noctunis-Lepus ! Vous commencez à bien les connaître maintenant mais je vais redire les quelques noms présents : Sacha, Jango, Sorath et Erin !

Allez fini le blabla, bonne lecture ! Vous m'en direz des nouvelles yohohoho~


I hate you !


Ses sourcils se froncèrent un peu plus, tandis que lui et le loup se fixaient d'un air noir pour remplacer ce combat à mort qu'ils n'avaient pas le droit de se donner. Le chirurgien n'éprouvait aucun honte à lui pourrir la vie au mieux. Il l'avait mérité ! Alors il continua le sourire aux lèvres de renverser la bouteille entière sur sa moquette. Il fit mine de ne pas entendre les cordes vocales de l'animal vibrer.

-"Pas comme Sirius"… vous disiez. Mais Sirius n'avait-il pas brisé des gens ? Qu'en est-il de vous Sylver ? Est-ce que le goût de l'argent en valait la peine ?

-Partez ! Je vous dis que ça ne me concerne pas !

-Moineau a pleuré.

Son regard croisa celui du scientifique. Est-ce que ça lui faisait quelque chose ? Il n'arrivait pas à le deviner dans ces deux billes grises et noires qui avaient vu passer les pires atrocités sans broncher. Pourtant Law n'en doutait pas il avait de la compassion pour le sort de petit chiot… ce qui ne faisait que nourrir sa colère. Car il le jugeait identique à Dr. S, donc incapable d'éprouver tous sentiments pour Krys. Il n'en avait pas le droit ! Pourquoi cet air si triste en apprenant qu'elle avait versé des torrents de larmes ? Il n'était même pas là pour la soutenir ! Il n'avait pas épongé son désarroi comme lui ! Ni supporté ses colères d'enfant !

-Combien de déceptions vous croyez qu'elle pourra encore encaisser ? Elle a tout perdu !

-Je suis désolé… vraiment ! Mais je n'aurais jamais su !

-Vous saviez !

Il poussa violemment le mink contre la bibliothèque, grondant aussi fort que lui dans ses entrailles.

-Je vous détruirais.

-Trafalgar…

-Mais qu'est-ce que vous lui voulez ? rugit le pirate. Ce n'est qu'une gamine ! Elle s'en sortira pas sans moi ! Vous pouvez pas juste débarquer de ses cauchemars et venir me l'arracher ! Elle n'a pas besoin de se souvenir de vous ou de quoi que ce soit ! Alors faites ce qu'elle vous demande et ne la touchez pas !

Le loup peina à ravaler sa salive. Il avait malgré lui les oreilles couchées en arrière. Se serait-il trompé ? Trafalgar Law était bien un alpha dans l'âme. Il n'avait pas su tenir compte de ses avertissements, alors il imposait les lois sur un terrain qui de surcroît n'était pas le sien. Aucun humain n'avait réussi à l'intimider de la sorte, pas même Sirius ! Et pourtant lui seul savait à quel point le présumé père de cette enfant mutilée pouvait se montrer odieux envers ses semblables… Sylver se plia lentement et à contrecœur à la volonté du pirate. Que pouvait-il faire ? L'animosité de Trafalgar le dépassait largement ! Ses émotions étaient trop imprévisibles aussi, sans compter l'influence du sang de la cyborg qui les rendait parfois dans un état sentimental commun, ce qui n'était pas mieux. Il ne pouvait pas blesser le chirurgien sans qu'elle ne soit au courant, tout comme ce dernier se retenait sûrement de lui fracasser le crâne sur la bibliothèque. Law le toisa de haut en bas et brisa le dernier vase encore intact dans la pièce. La porcelaine s'effrita sous son talon.

-Ce n'est pas encore terminé. Ce regard que vous avez parfois à côté d'elle… c'est perturbant. J'y ai réfléchi. On dit souvent que les prédateurs sont attirés par le sang, je me demande si ce n'est pas votre cas.

-Quoi ? Alors maintenant vous allez m'accuser de vouloir la dévorer ? C'est ridicule !

-Les recherches de Sirius étaient majoritairement portées sur le sang humain, l'immunisation et la biomécanique. Krys est comme une version finale qui combine toutes les expériences du Dr. S en un seul corps. Avec tant de virus et d'agents pathogènes, ça m'étonnerait que son immunisation et sa capacité de porteuse saine n'aient aucune faille.

-Vous en avez la preuve, non ? Elle est en vie.

-Écoutez… En tant que médecins je pense qu'on peut tenir un sérieuse conversation là-dessus. Le corps est une horloge qui ne fonctionne qu'avec ses rouages. Ils sont uniques. On ne peut pas les remplacer par n'importe quoi, car l'horloge ne fonctionnerait plus. Mais avez-vous déjà envisagé que Sirius ait menti ?

-Je ne vois pas où vous voulez en venir !

-Oh si vous voyez très bien. Son sang contient des choses qui vous dépassent. J'ai d'ailleurs remarqué que vous aviez cette espèce de regard lorsque… je crois du moins, lorsque vous êtes assez proches de ses blessures. Dans l'infirmerie par exemple. Vous aviez du mal à tenir en place. L'odeur de son sang vous est insupportable ?

-Trafalgar… c'est trop compliqué. Un humain ne peut pas le sentir de toute façon !

-Dites-moi.

-C-C'est puissant. Mais ça sent la mort… même pas le fer. Vous vous êtes trompé quand vous avez suggéré que ça m'excitait, car pas du tout ! Ce qui l'immunise et la rend si spéciale, c'est cette substance que fabrique son cerveau. Je ne me rappelle plus le nom… Du barathel il me semble. Sirius avait énormément travaillé dessus ! Ce sont des cas incroyables, peu de gens en possèdent, et il faut le développer sinon il est inutile. Le cerveau humain a plus de chances d'en fabriquer suite à des chocs ou des modifications soudaines dans le corps, d'où le choix de faire des cyborgs… Mais s'il vous plaît, ne le répétez pas à Krys. C'est trop tôt pour elle.

-Je comptais bien garder ça entre nous. Le barathel, elle ne peut pas le transmettre c'est bien ça ? Même par le sang ?

-Il y a un moment où vous en avez eu en vous Trafalgar, quand vous veniez tout juste d'avoir son sang, mais donné en trop faible quantité ça finit juste par disparaître.

-Alors comment conserver du barathel afin d'obtenir l'immunisation ? Est-ce que de plus grosses quantités de sang…

-Je n'en sais rien ! cracha le loup. Je ne suis pas Sirius, d'accord ? Et puis s'il avait réussi à transmettre du barathel ça aurait fait le tour du monde ! Mais il n'a pas réussi, ce qui fait de Krys la dernière source inépuisable.

-Le Gouvernement sait qu'elle ne peut pas le transmettre ?

-Je pense… Oh, je vois ce que vous voulez dire. C'est clair que s'il n'y a aucun vaccin où est l'utilité à la garder en vie ? J'imagine que tôt ou tard ils reprendront les recherches avec une nouvelle équipe. A ce moment-là… je compte sur vous pour l'emmener loin d'ici.

-Ça alors le fidèle chien fait confiance à un pirate, je vais vomir.

-On est en temps de guerre Trafalgar, ne faites pas le difficile. Et puis la survie de Krys m'importe bien plus que vos enfantillages.

-Une raison ?

Il soupira longuement.

-Je voudrais me racheter, sincèrement. Vous et Krys je sais que vous avez vécu assez et que vous n'avez plus envie de pardonner et je comprends tout à fait. J'ai été une mauvaise personne en espérant gagner… une certaine notoriété dans le milieu, et je le sais bien. C'est pourquoi je dois aider la petite fille que j'avais vue enfermée à l'étage du manoir. Elle me fixait depuis sa fenêtre. Elle n'avait jamais vu de mink, elle me souriait, me faisait signe parfois… et j'ai jamais eu le courage d'aller la voir. J'avais peur. Je me demandais si elle savait à propos de moi, et si elle savait comme son odeur me rendait malade… Mais Krys doit me connaître maintenant. Je ne demande pas à être son ami, juste à pouvoir lui parler quand il sera temps.

-Je suis censé vous dire quoi Sylver ? Vous n'aurez pas ma pitié ni mon pardon.

-Oui, je sais bien. Je vous demanderais d'arrêter de venir pour juste tout saccager sur votre passage, reprit-il d'une voix moins douce. Mon bureau n'est pas votre exutoire.

-C'est fou comme j'ai envie de vous tuer.

-Réciproque. Voulez-vous bien quitter mon bureau maintenant que vous avez vos réponses ?

-Sylver…

-Oui ?

-Si ça peut vous rassurer, Moineau finit toujours par pardonner.

-Pas aussi intransigeante que vous hein ?

-Malheureusement… quoi qu'il en soit profitez bien de ce qui reste de votre décoration. J'espère qu'elle coûtait pas trop cher.

Il poussa un rire sordide et donna un coup de pied dans la chaise avant de s'en aller tout sourire, sous le regard finalement amusé du loup. Son avis sur le chirurgien restait le même : il était un vrai connard. Mais il savait prendre soin des siens.

Law soupira derrière la porte. Il n'aurait jamais pensé avoir faux sur toute la ligne et quelque part c'était pour le mieux. Sylver n'avait rien de fou. Sa queue ne se balançait pas pour des raisons obscènes en fin de compte. Il était juste dégoûté de lui-même. Le chirurgien se stoppa soudain dans sa marche Les effets du barathel étaient trop minimes pour être ressentis par un homme, mais si les minks pouvaient le sentir, alors Bepo ne le lui aurait-il pas dit ? Cette odeur de mort, selon le loup… Il fronça les sourcils. Pourquoi Sylver mentirait ? Son regard se posa sur la commandante. Elle ferma la porte derrière lui en souriant.

-T'étais où ?

-Je… C'est important. Il faut que tu me répondes. Est-ce que tu te rappelles avoir vu un loup ?

-Hein ? Quel loup ? Mais de quoi tu parles ?

-Quand tu étais enfant, avec Sirius. Tu n'as jamais vu un loup ?

-Euh, non. Pourquoi ?

-Chuut…

Il se pencha à son oreille.

-Tu vas encore me traiter de parano mais il se pourrait bien que ce type nous espionne.

-Qui ?

-Sylver…

-Law, sérieusement, arrête de t'occuper de lui !

-C'est un menteur.

-Qu'est-ce qu'il a dit ?

-Il a tenté de me faire croire qu'il t'avait vue chez Sirius, et que l'odeur de ton sang… le dégoûtait.

-Je comprends pas.

-Il ment Krys. Même s'il travaillait pour Sirius il ne t'a jamais rencontrée, et malgré tout ce qu'il peut dire il a les pupilles qui se dilatent dès qu'il a l'occasion de te renifler !

-M-Mais… Pourquoi il ferait ça ? Law !

-Calme-toi, te mets pas à pleurer.

-J'ai pas l'intention de pleurer ! cria-t-elle. J'ai pas cinq ans ok ?

Le chirurgien déglutit, Moineau souffla.

-Laisse tomber. C'est à moi de m'en charger.

-Je te laisse pas approcher ce malade.

-Tu pourras pas tirer ça au clair Law ! Il te parlera pas ! Moi si !

-Tch ! Tu te prends pour une héroïne ? Tu n'as que dix-huit ans miss. Laisse faire les adultes !

-Je suis une adulte aussi idiot !

-Ben t'en as pas l'air !

-Grr…

-Han on me grogne dessus ? Ça ne me fait absolument rien.

La jeune fille avait beau faire vibrer sa gorge son regard restait toujours si indifférent. Et pour bien l'enflammer jusqu'au bout des ongles il lui tapota la tête avec un sourire en coin.

-Qu'est-ce qu'il y a petit chiot ? Tu veux que je te donne un bonbon ?

-…

-Oï ! Te mets pas en colère, je plaisante.

-…

-Quoi tu me boudes ? (Il lui tira les joues.) Arrête de faire l'enfant.

-Fais ce que je veux…

-Tiens.

Tandis qu'elle reculait en le regardant de travers lui sortait une petite bille orange de sa poche. Le capitaine essuya un sourire mutin.

-C'était pas ce que tu voulais ? Et si je le mangeais à ta place ?

-N-Non…

La cyborg se dandinait sur place, partagée entre le désir de goût sucré sur son palais et un bon coup de poing dans la face de ce monsieur prétentieux attitré. Sa mâchoire se crispait à le voir tenir entre ses doigts ce petit trésor savoureux. Elle se faisait appâter comme un animal et s'en rendait bien compte, mais sa bouche s'inondait de salive rien qu'à imaginer cette merveille orangée sur sa langue. Elle le lui arracha des mains et courut se réfugier sous la couette pour le déguster. Le petit bonbon avait beau être différent de ceux qu'elle piquait dans le sous-marin il n'en était pas moins délicieux. Et même après l'avoir terminé elle resta planqué dans son cocon, du moins jusqu'à ce qu'on soulève la couverture.

-T'as pas grandi hein ?

-Hm…

Il s'assit à côté d'elle.

-T'écoutes pas un mot de ce que je te dis.

-Je sais de quoi tu parles, mais je te laisserais pas tout supporter à ma place. Je peux endurer plus que ce que t'imagines.

-J'en suis conscient. Mais c'est pas le bon moment. J'ai entendu parler de cette mission que tu prépares. Je préfère que tu te concentres là-dessus et que tu me laisses gérer Sylver, ok ?

-Mouais… ok.

-Tu pars dans deux jours c'est bien ça ?

-Oui. Oh maintenant que j'y pense ! s'écria la cyborg.

Elle se leva expressément et s'accroupit au sol dégager le gros sac enfoui sous le lit.

-Mais qu'est-ce que t'as fait ? ricana le chirurgien.

-Ben… comme tu vas te retrouver tout seul, je me suis dit qu'il te fallait du matériel au cas où. Je savais pas très bien à quoi ça servait alors j'ai juste récupéré des trucs dans l'infirmerie, vois ce que tu peux faire avec.

-T'es sérieuse ? Et si on t'avait chopée en train de voler ça ?

-Mais c'est pas du vol…

-Oh tu crois ? Sérieusement ne recommence pas !

-Ok, ok ! Mais c'est pas du vol, insista-t-elle. Regarde, y a même des antibiotiques !

-Youhou…

-Merci l'enthousiasme ! Et puis y a aussi ces trucs…

Elle fit la moue devant le sac. Et si elle avait fait n'importe quoi ? Peut-être que ça n'avait juste aucune utilité… Law esquissa un sourire en apercevant les minuscules patchs reliés à des fils électriques. Il se mordit la lèvre malgré son calme. C'était trop tentant !

-Moineau, tu sais à quoi ça sert ?

-Hein ? Non… c'est quoi ?

-Viens là, je vais te montrer.

Intérieurement il trépignait d'impatience et son petit regard curieux ne l'aidait pas à se contrôler. Il fallait se rendre à l'évidence : il n'en aurait pas deux fois l'occasion ! Et c'était de plus une délicieuse expérience qui allait ravir n'importe quel fantasme de chirurgien. Il lui chuchota de rester tranquille et commença à lui retirer son corset de combat. Elle se tétanisa.

-Qu'est-ce que tu fais ?

-Détends-toi, je te montre comment ça marche.

-Il… Il faut vraiment se déshabiller ? Ou tu te moques de moi ?

-Chuut… je vais pas te faire de mal. Qu'est-ce qui te fait peur ? Tu vois bien que je n'ai pas de bandeau, pas de menottes…

-Ok !

Elle prit une grande bouffée d'air et laissa ses mains tatouées la parcourir, non sans un frisson. Le capitaine la mit en sous-vêtements.

-Regarde bien Moineau. Qui sait, peut-être qu'un jour je t'enseignerais la médecine.

-Dépêche-toi de me montrer…

Il feint un sourire. Quel dommage, mais il ne pouvait que prendre du bon temps dans une expérience si fascinante ! Le capitaine revêtit un air impassible et écarta doucement les pans de tissu qui lui couvraient la poitrine.

-Arrête !

-Ne sois pas gênée, c'est ici que ça pose, assura-t-il en indiquant ses poumons.

-T'es… sérieux ?

-Pourquoi je ne le serais pas ? Allez, arrête de t'en faire. Je te montre et je les enlève tout de suite ok ?

-Ok…

-C'est bien.

Elle ferma néanmoins les paupières pour ne pas avoir à affronter ce magnétisme entre leurs yeux qui la faisait déjà fondre. Il lui accorda ce court moment de répit, et plaça deux électrodes sur ses tétons. En son fort intérieur le chirurgien ne pouffait plus de rire, il se roulait par terre tant c'était à mourir de rire et alluma sans plus attendre le courant. Le cri effrayé de la cyborg face aux vibrations qui la paralysaient au sol fut le plus beau qu'il ait jamais entendu ! Si soudain, inattendu… Elle devait sans aucun doute se demander comment ces petites merveilles pouvaient la faire trembler de partout. Cette fois il ne résista pas à la tentation et éclata définitivement de rire en tenant ses poignets.

-Enlève-les moi ! supplia-t-elle en agitant frénétiquement les jambes, l'air totalement désemparée.

-Ha ha ha ha ! Oh non… sûrement pas.

-S'il te plaît ! C'est… C'est bizarre…

-Détends-toi. Ce n'est que la première étape, tu vas bientôt y prendre beaucoup de plaisir.

Elle lui jeta un regard noir, il dégrafa ce soutien-gorge qui devenait gênant pour ses caresses. Moineau avait les jambes déjà toutes flageolantes et se mordait la lèvre pour retenir des gémissements à la limite de l'érotisme. Il s'étonnait qu'elle soit si sensible alors qu'il n'avait mis que la première intensité ! Mais comment allait-elle tenir le coup ? C'était presque si sa culotte n'était pas trempée. Il l'allongea sur le lit, toujours en lui tenant les poignets pour qu'elle ne retire pas les électrodes, et s'attaqua à ses oreilles qui ne demandaient qu'à être mordues. Sa salive se répandait généreusement dessus tandis qu'il pouvait sentir son souffle haletant bourré de cris lui titiller les tympans. Ses muscles se tétanisèrent brusquement lorsqu'il appuya son torse contres les patchs. Cette sensation nouvelle semblait lui plaire malgré ses sons plaintifs. Il augmenta d'un cran le courant et la regarda se tordre comme si son corps entier était possédé par une entité sensuelle. Le noiraud ricana.

-C'est si bon que ça ?

-Nhh… Arrête…

-T'as l'air d'aimer.

-C'est faux…

Sa respirations se bloqua : le courant devait bien avoir soudainement triplé d'intensité, et était d'un coup si puissant qu'elle arquait le dos malgré elle la bouche grande ouverte sous le choc des vibrations. Sa mâchoire se crispa, des larmes tâchèrent le coussin.

-T-T'en supplie… arrête !

-Tu pleures petit chiot ? Mais j'ai à peine commencé ! se réjouit Law. Et si je te mettais une troisième électrode ?

-Non !

-Chuut… ça va bien se passer.

Il descendit un peu la tension pour la calmer le temps qu'il glisse la merveille de trop dans sa culotte. Son poing de métal étranglait les draps tandis que l'autre tentait de contenir ses pleurs. Le chirurgien soupira. C'était bien beau de se mettre à chialer pour tout et n'importe quoi, mais pourquoi tremper l'oreiller alors qu'il lui fait connaître des sensations merveilleuses ?

Krys ne parvenait plus à se contenir alors que le supplice redémarrait et que cette fois, c'était son ultime point sensible qui était stimulé jusqu'à l'orgasme. Et Trafalgar, quant à lui face aux spasmes incessants de la jeune fille, semblait être l'homme le plus heureux du monde. Il déboutonna son pantalon définitivement trop serré à présent et se mit à quatre pattes au-dessus de son petit chiot soumis et tremblant comme une feuille. Il n'aurait jamais cru que ça puisse être si bon de forcer le plaisir dans ses absurdes limites. Elle ne pleurait pas de douleur il en était sûr… elle ne pouvait qu'aimer ! Law débarrassa sa poitrine des électrodes et la couvrit toute entière de baisers. Les griffes de Moineau serraient fort son cuir chevelu, sa culotte trouva refuge quelque part dans la chambre, là où les mains du chirurgien voulurent bien la faire voler. Quand elle crut avoir droit à un peu de répit, il n'en fut rien, car son intimité elle, était toujours victime d'une électricité pervertie qui la forçait à cambrer le dos et écarter les jambes pour le plaisir malsain du pirate, les larmes aux yeux. Elle s'accrocha fermement à un coussin en fermant les paupières pour à tout prix ne pas voir ses iris gris la déshabiller de vêtements qu'il lui avait déjà retirés alors qu'elle croyait apprendre un peu de sa médecine. Ce n'était encore qu'un vulgaire piège ! Et ce sourire… ça l'amusait vraiment ? Était-ce si drôle de l'humilier à coups de décharges électriques ? Son corps tout entier ne le supportait plus. Elle perdait lentement ses forces à retenir des cris euphoriques qui la dégoûtaient et repousser des mains qui visiblement ne se souciaient pas de sa pudeur ! Se souciait-il même encore un peu d'elle ? Lui qui prétendait la protéger ! C'était finalement lui qui la blessait le plus.

Les muscles de la jeune fille purent enfin se reposer, le rookie désactiva le courant pour de bon et la libéra du dernier patch à son bas-ventre lorsqu'il jugea le sourire aux lèvres qu'elle en avait eu assez. Il passa un petit coup de langue sur sa nuque blanche comme si tout était normal, et nota son regard de bête effrayée.

-Regarde-toi… tu trembles encore. C'est adorable.

-…

-Qu'est-ce qui t'arrive ? Allez, je sais que ça t'a plu !

-Dégage… sanglota-t-elle.

-Hé, Krys, ce n'était qu'un jeu tu sais !

-Un jeu ? T'arrêtais pas de sourire avec tes putains d'électrodes ! Mais y a quoi de drôle ?! rugit Moineau. Tu m'as fait mal !

"Ça faisait pas mal… c'était même plutôt bon, et excitant, mais t'as réussi à me faire mal."

-Quoi ?

-Je suis pas ton jouet ! Tu peux pas te moquer de moi comme ça !

-C'était pas pour me moquer de toi petit chiot…

-Si ! Toute façon mon avis t'en as rien à foutre ! Tu poses juste tes machins où tu veux et tu fais ce qui te plaît ! Je te demandais d'arrêter, et toi qu'est-ce tu fais ? T'augmentes le courant, tu m'enlèves ma culotte, et t'oses sourire après ? C'est quoi ton problème Law ? C'est facile de traiter Sylver de chien en rut mais je crois pas que tu sois mieux !

Il n'en fallut pas plus à la commandante pour fondre en larmes. Le chirurgien en restait bouche bée. Il était insulté, comparé à un animal… bon sang mais qu'est-ce qui n'allait pas ?! Il se savait en tort et pourtant son entrejambe lui donnait le sentiment d'avoir su se satisfaire de manière convenable. C'était n'importe quoi ! Moineau chialait sous la couette et lui il pensait encore à se faire plaisir ! Mais sur le moment il devait l'avouer, la vue était trop bonne. Alors oui il critiquait le loup et ses instincts naturels, et pourtant il aimerait pouvoir accuser des besoins charnels à assouvir d'urgence… mais ça n'était pas le cas. La situation l'avait juste tenté comme elle tenterait n'importe quel prédateur face à un être plus fragile, et il s'était amusé d'elle, et pour ne pas arranger sa culpabilité l'utilisation d'électrodes au profit de rapports sexuels restait une expérience mémorable en tant que chirurgien… il avait adoré. Vraiment. Son ventre s'était échauffé comme jamais et ses doigts de toubib le démangeaient. Il ne s'était plus connu de limites à cet instant. Alors qu'importe qu'elle crie, qu'elle hurle, qu'elle pleure, ça n'était que par plaisir et pour le plaisir. Law se rendait compte là qu'il avait faux sur toute la ligne ! Depuis le début il se prétendait meneur car il avait plus d'expérience qu'elle, ce qui est vrai, mais ça ne voulait pas dire qu'il devait la réduire à l'état de poupée. Elle n'avait pas à supporter ses envies ou subir plutôt que d'apprécier. Mais comment le lui faire comprendre ? Une fois que petit chiot grogne ou chiale impossible de lui faire entendre des mots ! Il les déchirait juste entre ses dents puis l'attaquait pas le moins du monde effrayé par un grand méchant loup. Trafalgar ne tenta donc rien pour la consoler, et surtout pas la prendre dans ses bras ! Il se contenta de ranger ces conneries électriques hors de sa vue, se rhabiller et partir dans le silence assourdissant de ses pleurs.

Les mains dans les poches, masque sur la bouche, il se sentait déambuler sans but ni lieu où se rendre. Car voilà ici ce n'est pas sa maison et son sanctuaire ne veut plus de lui. N'y a-t-il pas plus triste ? Bien sûr qu'il y a plus triste. Moineau est plus triste. Dans ces moments-là n'importe qui ferait le souhait de retourner en arrière mais Law ne respectait pas cette généralité. Quoi qu'il tente ce monde s'arrangeait pour lui pourrir la vie au mieux, mais le pire cette fois était qu'il y avait pris son pied. Ce fantasme de chirurgien venait de le détruire. Ou alors n'était-ce pas ce jeu, mais lui ? Évidemment ! Ça aurait pu lui plaire s'il ne s'était pas comporté comme ce chien de Sylver ! Le capitaine continuait de songer aux reproches de Krys, assis sur un banc de la cour extérieure, lorsque des bruits de pas saccadés l'interpellèrent. Il vit débouler un étrange individu vêtu d'une large capuche à cornes de démon sur une chevelure blanche comme neige, des yeux carmins malsains et un visage peint de noir et de blanc sur un motif de crâne. Il identifia aussitôt le diablotin souriant comme étant Jango, ce membre de l'Unité Sentinelle qui renie pourtant les idéaux de la cyborg. Il avait beau ne pas encore le connaître, il avait bien vu comme type se plaisait à provoquer les gens à la manière d'un sociopathe. Il le regarda approcher de sa démarche nonchalante.

-Nehehe ! Si c'est pas m'sieur l'infiltré !

Il jaugea le clown de la tête aux pieds avec une légère grimace sous son masque : il y avait définitivement trop de gens au courant de son identité. Trafalgar se contenta de l'ignorer, il n'était pas d'humeur à accorder de l'importance à un fouteur de merde.

-Hé ! Tu m'écoutes quand je te parle le dépravé ? Hehe… Ou c'est le tas de ferraille qui pose problème ? ricana Jango en penchant le tête de côté. Elle fait vraiment chier celle-là avec ses conneries de paix ! On dirait une petite princesse qu'a pas fini de mouiller son lit ! Toujours en train de se prendre pour une privilégiée !

Sa mâchoire se crispa de colère et d'indignation à l'entendre parler ainsi de sa commandante. Et le clown n'était pas prêt d'arrêter la comédie. Il posa les poings sur les hanches en le narguant de sa grimace.

-Nehe, c'est vraiment bon de se taper un tas de ferraille ? Vu ta tête on dirait pas ! Zombie et tas de ferraille… le couple de crétins ! Nehehe !

-La ferme.

Le chirurgien se dressa face à lui le regard empoisonné par les conneries qu'il avait l'audace de lui cracher à la figure.

-Tu t'ennuies ? T'as que ça à foutre de venir me parler ?

-Hm Zombie-kun, t'as une sale tronche quand tu te mets en colère. Elle aime ça ferraille ? Quand t'es vilain avec elle, que tu la fais chialer…

Il déglutit. Comment pouvait-il savoir ? Le sourire mauvais du croque-mort le fit grogner comme une bête. Il en vint rapidement à l'évidence qu'il ne faisait que bluffer avec des mots, car personne ne pouvait imaginer ce fossé qui se creusait sans cesse un peu plus entre lui et Moineau ni quelle horreur il venait de lui faire !

-Tu dis plus rien Zombie ? Eh je vais te rafraîchir la mémoire… Ta petite traînée a l'air d'avoir un faible pour les sacs à puces si tu vois où je veux en venir !

Il serra les poings jusqu'à ce que le sang dégage ses veines et laisse blanchir ses phalanges. Au fond de lui Law le savait, ce mec joue sur tout ce qu'il y a de plus sensible. Il pousse les gens à bout mentalement avant de les détruire physiquement. C'est un véritable sociopathe. Il saisit violemment le diablotin à la gorge et le plaqua au mur.

-Tu vas fermer ta grande gueule avant que je te l'arrache.

-Nehe… Déjà en colère ? Le pire c'est que je dis la vérité Zombie-kun ! C'est tout à ton intérêt d'aimer ton petit cabot en sucre, mais les chiens se reniflent le cul qu'entre chiens pas vrai ? Et c'est limite si elle lui lèche pas les crocs !

-Mais ferme ta gueule ! Tu sais absolument rien !

Jango se dégagea de sa prise d'un coup bien porté. Sons sourire s'élargit sur sa skullface.

-Tas de ferraille est une fragile. Où tu crois qu'elle va aller se réfugier quand tu l'auras bien faite chialer, hein Zombie-kun ? Nahahaha ! Faut que croire que t'es carrément nul au lit !

Sa propre lèvre se déchira entre ses dents. Il n'en pouvait déjà plus d'entendre cette petite ordure le rabaisser ! Aussi bien lui, sa virilité, que Moineau et ses nobles intérêts ! Et qu'est-ce qu'il savait de ses performances sexuelles d'abord ?! Les femmes hurlent de joie sous ses mains ! Il n'y a eu qu'elle pour en pleurer…

-Nehe, j'ai pas raison ? Cette traînée en a juste rien à foutre de toi !

Jango écarta les bras de part et d'autre de son corps avec un sourire hypocrite. Trouer les carapaces, c'est vraiment le pied ! Il voyait aux traits contractés du chirurgien que celui-ci n'allait pas tarder à craquer. Et vu son tempérament il devait avoir essuyé déjà pas mal de frustrations aujourd'hui pour perdre si vite le contrôle. Le noiraud engagea le premier les hostilités d'un grand coup dans la mâchoire qui profita au diablotin pour lui enfoncer son genou dans le ventre.

-Ça te fout en rogne hein ? Une nana qui te dit non ! Si c'est pas chiant ça !

-C'est ta gueule qu'est chiante à voir.

-T'as vu tes cernes Zombie-kun ? Nyah ! T'es même pas effrayant !

Pas effrayant ? Tss ! Et depuis quand le chirurgien de la mort était un charmant personnage ? Même pour Krys il n'avait jamais caché cette véritable nature, ou plutôt cette facette belliqueuse de lui-même. Depuis combien de temps n'avait-il pas eu une telle quantité d'adrénaline dans les veines ? Sûrement trop pour daigner se souvenir. En revanche ce crissement dans ses poings alors qu'il le martelait férocement, ça il s'en souviendrait. Lorsqu'il laissa au blanc un peu de répit, celui-ci lécha le sang qui dégoulinait sur son visage malmené. Son sourire de clown partit dans un crachat sanglant où il jura.

-Là tu fais vraiment chier Zombie-kun…

-Bats-toi sérieusement qu'on en finisse.

-Et pourquoi faire ça vite hein ? C'est pas comme si t'avais tas de ferraille pour t'attendre ! Faut se rendre à l'évidence Zombie, t'es aussi pute qu'elle.

Jango dégaina une dague restée planquée dans ses vêtements depuis le début et lui entailla le bras avant qu'il ne bondisse en arrière. Law mit du temps avant de se rendre compte qu'il n'avait pas simplement tranché sa peau, mais arraché tous ses points de suture. Il plaqua une main gelée d'effroi sur le ruisseau écarlate qui s'écoulait de sa blessure. Le salaud… Il avait profité de sa colère pour lui imposer la peur de se vider de son sang, et ainsi le déconcentrer un peu plus. Trafalgar cracha à son tour, en calculant malgré lui ses chances d'être recousu avant d'avoir commencé à pâlir. S'il avait eu la liberté d'user de son fruit du démon cette querelle serait réglée depuis cinq minutes déjà, mais il ne pouvait pas courir le risque d'être reconnu et par chance le récent combat de la sentinelle avec Sacha Barnet avait laissé quelques traces sur son corps. Il faucha les jambes du diablotin avant que celui-ci ne le poignarde au coeur, car il semblait ne viser que les organes vitaux, et profita de sa chute pour lui mettre une bonne droite au visage et enchaîner sur des coups de pied circulaires lorsqu'il se releva. Étant un combattant de longue portée habitué à la distance entre lui et ses adversaires cet affrontement n'était pas à son avantage, et pourtant l'animosité le contredisait. Quelle journée étrange… songeait-il en foutant Jango à terre. Sylver devient un perfide menteur à l'affût de ce qu'il chérit, et ce qu'il chérit se met à le haïr comme jamais. Ok cette journée de malheur il l'avait cherchée ! Mais il pouvait encore réparer ça. Il lui fallait juste un moment de réflexion… Et putain il pouvait pas réfléchir dans les gémissements de ce fouteur de merde ! Le chirurgien s'apprêtait à laisser Jango à son sort, pour l'avoir vraiment foutu en rogne, quand ce dernier lui retourna un coup de poing au ventre et lui écrasa le dos au mur. Law esquissa un sourire machiavélique malgré la douleur qui lui retournait le cerveau, et qui n'était pas due aux coups de la sentinelle.

-Dégage… j'ai pas que que ça à foutre.

-Nehe. Je t'avais bien dit que tu faisais grave chier Zombie-kun ! T'es comme ta traînée !

Le soldat esquiva de peu la dague tranchante près de son oreille et s'apprêtait à lui déboîter l'épaule une bonne fois pour toutes lorsqu'ils furent tout à coup séparés d'un côté et de l'autre de leur arène invisible. Le croque-mort se débattait comme un dément tandis qu'un grand blond le tenait immobile. Law, quant à lui, fit mine d'être calmé pour que l'homme à la longue tresse grise derrière lui le lâche.

-Ne, Sorath, emmène Jango autre part. Je m'occupe du pirate.

-Ouais ça vaut mieux, soupira-t-il en traînant de force le clown déchaîné derrière lui.

Erin haussa nonchalamment en découvrant tout ce sang qui maculait l'uniforme blanc et la flaque répugnante qui ne cessait de s'agrandir à mesure que ses veines abîmées le trahissaient.

-Ne, venez là au lieu dé dégueulasser la cour. Je vous emmène à l'infirmerie.

-Une seconde…

Il s'appuya au mur et rendit son déjeuner sous le regard si indifférent de la sentinelle, qui ne perdit pas son temps pour vite le conduire à l'infirmerie du mink. Ce dernier frôla la crise de nerfs en l'apercevant dans cet état.

-Non ! Hors de question de vous recoudre ! tonna-t-il. Allez donc demander ça à Krys !

-...

-Quoi ? Dépêchez-vous c'est une grosse plaie !

-Ne Sylver-kun, il a besoin d'aide, murmura le gris.

Le loup sembla cogiter intérieurement. Il jeta son bouquin et se leva.

-Qu'on soit clairs c'est la première et dernière fois !

-Allez vous faire voir… grogna le chirurgien.

-Tch ! Si c'est encore pour une histoire avec la commandante je vous jure que…

-Mais fermez-la putain ! Vous aussi vous allez encore me faire chier ?! Continuez Sylver, donnez-moi enfin une raison de vous buter j'attends que ça !

Le docteur se fit soudain silencieux. Il n'était pas stupide au point de rentrer dans ce jeu de colères. Ça se voyait comme le nez au milieu de la figure Trafalgar n'était pas dans son état normal et le manque de sang ne devait pas l'aider à se contrôler. Il fit mine de coucher les oreilles en signe de soumission pour que sa rage cesse. Law se laissa fondre sur la table d'opération tandis qu'Erin s'en allait déjà. Le jeune homme prit soin de fermer la porte en lui jetant ce même regard indifférent, comme si malgré tout il cherchait à protéger son secret. Sylver désinfecta ses points de suture bousillés par l'attaque du clown et tâcha de mettre sa rancune de côté pour lui planter une aiguille dans le bras. Le pirate cracha des injures. Moineau, elle au moins elle s'était souciée de sa douleur et s'était énervée la dernière fois en remarquant qu'il n'était pas anesthésié, le loup, il n'en avait rien à foutre. Tout était bon pour le faire grincer des dents maintenant qu'il en avait l'occasion ! Pourtant il plissa les paupières d'un air soucieux.

-Mauvaise journée pas vrai ?

-…

-Vous n'êtes pas un imbécile, Trafalgar. Vous savez aussi bien que moi que je pourrais arranger au moins d'un peu la situation alors dites-le. Que s'est-il passé ?

-Ça… n'aurait pas de sens, si je ne le faisais pas moi-même.

-Donc ça semble plus grave que d'habitude.

-Pas vraiment… c'était que la vérité.

-Vous vous êtes engueulés ? A cause de quoi cette fois ?

-Hé, fermez-la une seconde. Vous êtes la dernière personne à qui j'ai envie de parler !

-Réciproque. Je fais ça uniquement pour aider Krys à se relever. Dès qu'il est question de vous elle n'est plus la même, elle a trop de failles. Alors on n'ira pas par quatre chemins Trafalgar, lança-t-il en terminant ses points de suture. En tant que commandante elle ne pourra jamais vous accorder de l'attention, mais Krys est encore là, vous voyez. Et si vous perdez Krys, ce n'est pas la commandante qui vous la rendra. Deux solutions : ou vous arranger ça, je me fiche de savoir comment, ou vous lui foutez la paix et vous disparaissez. Je vous avoue que la deuxième me plaît…

Law poussa un grondement bestial.

-Comptez pas là-dessus ! cracha-t-il remettant sa manche en place.

A croire que ça devenait une habitude de foutre le bordel chez le mink il renversa la table d'opération d'un grand coup de pied, lui jeta un regard noir et claqua la porte. Il inspira, expira, inspira… Ainsi de suite jusqu'à retrouver une fréquence stable. Mais intérieurement c'était le même déluge ! La même tempête qui rasait tout sur son passage. Une à une il enchaînait les frustrations et les crises de rage ! Lui, réputé de froideur et d'insensibilité, se retrouvait comme un livre ouvert. Brûlé. Avec les pages si pâles que son encre se voyait de trop. Bon sang si elle pouvait le voir… elle le trouverait si pitoyable. Complètement misérable à voler un uniforme pour le troquer contre le sien imbibé de sang. Tellement stupide d'avoir cru ne serait-ce qu'un instant qu'il n'était pas le seul à prendre du plaisir là-dedans !

C'était le genre de trucs étranges qu'ils partageaient, des expériences à deux qui les faisaient rire, et il l'avait fait tout seul. Ça dérogeait à tout ce qu'ils se fixaient et tous les engagements qu'ils s'efforçaient de tenir pour justement éviter ça ! Mais quelle folie dégueulasse l'avait fait sourire alors qu'elle criait et pleurait en espérant un signe de lui ! N'importe quoi juste pour lui faire savoir que le grand méchant loup n'avait pas perdu la raison ! Et si, il l'avait perdue au profit de besoins charnels et primitifs… Comme s'il était en manque alors que pas du tout ! Moineau le comble. Mais son unique question le tournait en rond : qu'est-ce qu'il imaginait ?

Et bien il imaginait des gémissements sensuels, coulés sur des larmes de peur qui allaient bientôt se tarir car au fond ça ne pouvait pas être si horrible ! Mais il avait tort. C'était même affreux. Il l'avait humiliée ! Sa pudeur n'était plus qu'une excuse tandis qu'il prenait possession comme un barbare d'une créature trop chétive sous ses doigts. C'est comme ça qu'il la remerciait ? Alors qu'elle est tellement compréhensive avec lui pour ces choses-là ! Law ne se le cache pas son affection se limite à de très petites choses et il ne sait pas comment donner de lui dans une relation sans craindre de passer pour un homme niais. Krys faisait donc des efforts pour ne pas trop lui en demander, et surtout prendre du bon côté sa manière à lui de gérer la chose… car glacé comme il est Trafalgar n'y avait trouvé qu'une solution : faire l'amour. "Au moins elle ne se sentirait pas délaissée à cause de ma froideur." C'était ce qu'il pensait, et il le pensait toujours, mais aujourd'hui ça avait viré à l'humiliation. Pour la première fois il avait abusé d'elle ! Ce n'était pas comme se faire des frayeurs avec un bandeau sur les yeux et même se mordre ça faisait moins mal que ça ! Le chirurgien avait beau chercher il ne savait plus comment aborder le petit chiot qui s'était senti maltraité par des doigts de toubib amoureux. Lui-même il trouvait ça impardonnable d'assouvir ses pulsions de mâle à la manière d'une bête, sans demander l'avis de personne ! Être ce genre de méchant loup c'était pas ce qu'il voulait…

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Elle projeta son dernier souffle sur la bougie flamboyante, plongeant la pièce dans le noir et la renfermant silencieuse dans ses pensées. Si elle avait été seule dans le lit, une montagne de larmes aurait traversé les draps ! Or elle n'était pas seule, et elle ne voulait surtout pas troubler le sommeil de Sacha par ses couinements misérables. Moineau se fit muette après s'être asséchée la bouche à se confier tout ce temps à la rousse.

Sur le sous-marin si quelque chose n'allait pas avec le chirurgien, il est le capitaine, s'il veut qu'elle en parle elle le fait, personne d'autre ne comprendra de toute façon. Ils sont fous ! Complètement tarés ! A l'intérieur ça bouillonne à l'extérieur ça gèle ! Ils peuvent avoir toute la volonté du monde c'est pas l'envie qui manque pour se sauter à la gorge. Et c'était bon de pouvoir crier à quelqu'un d'autre qu'elle-même comme il lui avait fait du mal ! La chaleur de la jeune femme avait été d'un grand réconfort, son chocolat aussi qu'elle avait dévoré en quelques bouchées enragées, et ses paroles débordantes de vérité.

Sacha étant plus âgée elle voulait bien la croire malgré sa colère quand elle disait que le chirurgien avait vécu l'enfer en son absence, lorsqu'il la croyait morte, et qu'il était fait comme ça, incapable de témoigner des surplus d'affection autre qu'en prenant le corps car ce n'est pas matériel, et qu'il est loin d'être matérialiste. Dans sa tête un présent attentionné n'égalerait jamais l'ardeur de deux chairs en contact. Moineau le sait c'est sa manière à lui d'aimer. Mais Sacha avait dit autre chose… Elle fronça les sourcils, elle avait dit qu'il culpabilisait sûrement ! Et pourquoi ça ? Il avait l'air de bien s'amuser plus tôt, lorsqu'il avait posé ces choses sur elle et l'avait déshabillée en ricanant comme un diable ! Rien que repenser à cette peur qui avait broyé les entrailles à cet instant la faisait trembler de partout. Elle se blottit contre sa onee-san, seule source chaude dans ce grand lit vide. Elle donnait raison à la rousse sur un point : ils s'aimaient. C'était encore frais dans sa tête de se l'avouer mais oui ils s'aimaient ! Comme les malades qu'ils étaient peut-être mais ça n'en restait pas moins passionnel et doux dans le fond. C'est pourquoi il fallait d'urgence qu'ils mettent ça au clair sinon ils allaient se briser mutuellement. Le chirurgien avait déjà commencé.

Alors qu'elle profitait enfin d'un moment de répit dans les bras de la rousse endormie après cette journée désastreuse, quelqu'un toqua la porte. Elle s'empressa d'aller ouvrir sans prendre le temps de se couvrir par-dessus ses sous-vêtements de crainte que la jeune femme ne soit réveillée. Avant même qu'elle n'ait eu le temps de comprendre ce qu'elle voyait Krys bouillait déjà de colère. Ses poings la démangeaient de frapper, mais ce visage devant elle semblait avoir déjà essuyé quelques coups. Il était fermé, fixe, gelé dans le temps et sa bouche ne s'ouvrait pas. Ce fantôme à sa porte elle l'aurait bien écorché vif si le couloir n'était pas sous surveillance ! L'homme sembla se défaire à sa torpeur en apercevant les boucles de la rousse dans le lit de la commandante. Il fronça les sourcils mais ne dit rien. Ce silence la fit grincer des dents.

-Dégage.

-Krys…

La cyborg prit une grande inspiration. Elle s'excusa silencieusement auprès de Sacha qui l'incitait à faire ce premier pas, mais non, c'était trop dur, elle n'était juste pas prête à revoir sa tête et lui parler calmement ! Là elle voulait juste qu'il souffre comme elle a souffert. Mais pas comme ça…

-T'as quelque chose à dire ? Ça attendra. T'es pas la première personne dont je devrais me soucier ok ?

-Juste une seconde, c'est tout ce que je te demande.

-C'est trop. Si t'as toujours pas compris Law, ici, tu n'es pas capitaine. Regarde-toi, sérieusement ?! Avec qui tu t'es battu ?

-Jan…

-La ferme. Bonne chance pour te trouver une chambre, connard. Ah… et reviens encore me parler et je m'arrange pour te dégager de mon chemin ! Je précise, de manière définitive.

Elle lui claqua la porte au nez. Le chirurgien resta complètement abasourdi au milieu du couloir, ses épaules s'affaissèrent lentement. Quelque chose d'amer coulait dans sa gorge. C'était le goût de la défaite ? Il avait envie de vomir ses tripes une deuxième fois. Ses doigts pressés autour de la tige verte le brûlaient. Qu'il aimerait qu'elle ait des épines, les plus pointues qui soient, cette rose qu'il tenait dans son dos aurait alors fini de l'achever.