Réponse a Deydey-chan : Coucou toi !
Oui cette fois-ci pas d'hémorragie nasale, mais beaucoup d'émotions ! La suite tant attendue est enfin la :D
Eren est vraiment dans une situation compliquée (tout comme Livaï), mais l'amour est plus fort que tout le reste ;)
J'adoooooore Gravitation :D Je te l'ai peut-être déjà dit, mais c'est le tout premier yaoi que j'ai regardé. Le couple Shuichi x Yuki est tellement mignon ^^
Effectivement Hanji et Moblit se sentent inutiles, mais ce ne sont pas les seuls... Malgré tout Hanji montre qu'elle sera toujours là pour son meilleur ami. Leur amitié est vraiment très forte.
Les choses vont s'arranger doucement ne t'inquiète pas ~
C'est vrai que maintenant que le nom de Livaï est connu, il peut y avoir des fuites... Mais je ne dirais rien :p
Tes hypothèses sont vraiment très intéressantes :) Peut-être que tu suppose bien, peut-être que non ! Je ne spoilerai pas ;)
Alors comme ça tu es en vacances ? Profites bien ! :) je suis impatiente de lire tes reviews en tout cas.
Bisous, câlin et à bientôt :)
POV Eren
- On trouvera une solution, ensemble.
Je tente d'ignorer la brusque accélération de mon cœur. Les orbes grises de Livaï sont intenses, et sa voix semble sonner comme une promesse.
La chaleur dans ma poitrine menace de submerger tout mon être. Je baisse le regard pour contempler ma main entrelacée dans la sienne, encore ébahi de voir qu'on est ensemble, réunis, malgré tout ce qu'il s'est passé ce soir.
J'ai vraiment cru t'avoir perdu Livaï...
A cet instant je me surprend à ressentir de l'espoir. C'est un sentiment pourtant très dangereux, car la chute peut être très dure selon nos attentes. J'ai malgré tout envie de m'y accrocher, mais surtout d'y croire.
Je ne peux imaginer ma vie sans ma voix, ni le chant. La musique est une part intégrante de moi. Mais je peux encore moins imaginer ma vie sans Livaï.
En quelques mois à peine, il est devenu ma principale raison de vivre et d'exister.
Est ce tu voudras toujours de moi si je ne suis plus capable de parler ? De chanter ?
- Eren ?
Je balaye aussitôt les pensées négatives qui hantent mon esprit pour plonger mon regard dans le sien. Un regard gris comme la tempête que nous avons subi cette nuit. Un orage tellement violent qu'il a failli emporter les fragments de mon cœur pratiquement brisé. A cet instant ses orbes grises reflètent la surface lisse d'un lac sous une nuit de pleine lune. Le lit s'affaisse tandis qu'il est en train de s'asseoir à mes côtés. Ses yeux ont à nouveau capturés les miens, entamant un dialogue silencieux.
Une part de moi prie pour qu'il réussisse à capter les questions que je me pose grâce à mon regard, en l'absence de ma voix pour les lui poser directement.
Un sentiment d'impuissance me saisis, alors que je prends conscience de la situation. Je me sens prisonnier de mon propre corps, incapable de s'exprimer comme je le souhaite. La sensation d'avoir un nœud au niveau de ma gorge est toujours présente, de plus en plus oppressante.
Par réflexe je porte la main à mon cou, essayant désespérément de masser la zone où se situe les cordes vocales, dans l'espoir vain que cela serve à quelque chose. Ma respiration s'accélère de plus en plus tandis que la panique me gagne. Malgré l'espoir que j'ai de reparler un jour, la peur est toujours tapie dans l'ombre. Observant la scène, Livaï retire délicatement ma main afin de poser la sienne a la place. Elle est chaude, douce, rassurante.
- Si vraiment tu n'arrive plus à parler, ce que j'en doute fortement, ça ne m'empechera pas de t'aimer.
Je le dévisage, perplexe mais surtout surpris qu'il ai deviné une des questions que je me pose en ce moment même.
- Mais je suis sûr qu'on aura pas besoin d'en arriver là.
Je l'espère sincèrement.
La main posée sur mon cou se place derrière ma nuque, et nos lèvres se rejoignent à nouveau en un baiser. Un baiser que j'approfondis avec l'énergie que je retrouve progressivement, tandis qu'un frisson parcourt ma colonne vertébrale. Je pourrais l'embrasser des heures sans me lasser. Prenant conscience de l'endroit ou nous sommes et me sentant observé, je m'écarte doucement de Livaï. Ce dernier se réfugie à nouveau contre mon cou, et je peux sentir son souffle chaud contre ma tempe.
Mon regard se tourne vers la vitre, pour apercevoir Hanji ainsi que Mike. Ces derniers semblent satisfait de nos retrouvailles. Évidemment, Hanji est la plus enthousiaste des deux. Je soupire silencieusement, soulagé de voir qu'ils vont bien malgré tout ce qu'il c'est passé.
Néanmoins, repenser aux derniers événements réveille la culpabilité qui enserre mon cœur.
*Toc Toc Toc !*
Par réflexe j'entrouvre la bouche afin de répondre par un "Entrez", oubliant que je suis momentanément muet. Livaï grogne de mécontentement puis se redresse, non sans avoir déposé un baiser dans mon cou. Ce dernier picote agréablement ma peau.
Heureusement le médecin semble ne pas attendre de réponse, puisqu'il rentre presque immédiatement dans la pièce.
- Ha vous êtes enfin réveillé Mr Jaeger ! Je me présente, je suis le docteur Kruger.
Il s'exprime d'une voix ferme, mais bienveillante. Je hoche la tête pour le saluer, ne pouvant rien faire d'autre pour le moment. Livaï s'éclaircit la voix afin de s'exprimer à ma place :
- Eren n'arrive plus à parler.
- C'est curieux… Nous allons pratiquer des examens. Mais tout d'abord j'aimerai vous poser des questions. Vous pourrez répondre par oui ou non de la tête. Cela vous convient ?
Je réponds positivement d'un hochement de tête. Livaï me rassure d'une pression de sa main qui est encore dans la mienne. J'inspire un bon coup, me préparant à l'interrogatoire du médecin.
- Avez-vous ressenti une quelconque gêne en parlant ces derniers jours ?
J'hoche la tête sous le regard surpris de Livaï.
- Pourquoi tu ne m'en a pas parlé ?
Je ne voulais pas que tu t'inquiète.
Je le contemple d'un air désolé avant de regarder à nouveau le médecin, lui faisant signe de continuer.
- Votre voix a-t-elle été beaucoup sollicitée ces derniers temps ?
Nouveau hochement de tête. Entre les sessions de chant pour l'album en plus des nombreuses fois ou j'ai appelé Livaï en hurlant… Ma voix en a pris un sacré coup.
- Vous pouviez parler avant votre évanouissement ?
Je secoue la tête négativement. Livaï me fixe avec ses yeux emplis d'inquiétude. Sa main serre de plus en plus la mienne.
- Un traumatisme a eu lieu avant votre perte de conscience n'est ce pas ?
J'hésite quelques secondes, le regard perdu dans le vague. Je finis par répondre par l'affirmative. A mes côtés Livaï blêmit de surprise, se demandant sûrement ce qui a pu se passer pendant qu'il n'était plus là.
Mon cerveau est en pleine ébullition. Des flashs me prennent d'assaut, me paralysant d'effroi. Entre la fatigue de ces derniers jours, l'émission, Livaï… Et pour finir, mon paternel.
Il ne mérite même plus que je l'appelle ainsi.
Mon rythme cardiaque s'affole alors que je pense à lui. Le docteur Kruger regarde tour à tour les machines et moi même, l'air songeur.
- J'ai tout ce qu'il me faut pour l'instant. Je vais vous laisser seul quelques minutes, je vais faire en sorte qu'on prépare tout ce qu'il faut pour les examens. Reposez-vous en attendant.
Tandis que le docteur s'éloigne, les yeux gris de Livaï me prennent en otage. Devinant ce qu'il a en tête, je me recroqueville mentalement, essayant de trouver une parade à sa prochaine question.
- Eren… Que s'est-il passé ? Pourquoi tu n'as pas suivi Mike et Hanji toute à l'heure ? Pourquoi je t'ai retrouvé dans cet état ?
Si tu savais…
J'ai envie de parler, de dire des mots qui expliqueront mon chagrin, demander son pardon... Mais tout est bloqué. Plus rien ne peut sortir.
"Tu n'es qu'une erreur Eren"
"Tu me répugne"
La voix suffisante de mon père répétant ces mots résonne comme un écho sans fin dans mon crâne. Je couvre aussitôt les oreilles de mes mains, dans une tentative désespérée de réduire au silence ces mots ignobles prononcés par la personne qui m'a engendré.
Mon cœur martèle ma poitrine de plus en plus fort, aussitôt trahi par l'électrocardiogramme par lequel je suis relié via des électrodes. Si je continue ainsi, je vais finir par alerter les médecins. Mon regard semble perdu au loin, dirigé vers la fenêtre. La seule chose que je peux voir d'ici est l'astre lunaire, apportant à la nuit noire une faible source de lumière.
- Eren ?
Il tente d'attirer mon attention en caressant mon bras de ses doigts. Alors qu'il frôle l'endroit ou mon père m'a attrapé toute a l'heure, je sursaute et m'écarte vivement. La douleur est encore très présente, que ce soit physique ou mentale.
ce contact a pour effet d'ouvrir une vanne invisible, laissant tous les souvenirs me submerger alors que je voulais à tout prix les oublier. Une peur irrépressible me paralyse.
La peur d'avoir causé du tort au groupe, de ne plus pouvoir parler ni chanter, mais aussi d'être condamné aux yeux de tous comme mon paternel l'a fait.
Livaï a peut-être raison… C'est de ma faute si tout est arrivé. Si je ne l'avais jamais rencontré, si je n'avais pas rejoint le groupe… Mon père n'aurait jamais cherché à faire du tort au groupe si je n'étais pas un membre.
J'ai l'impression que mon cœur va exploser, emportant tout avec lui sur son passage. Je me mords l'intérieur des joues pour m'empêcher de pleurer.
Tout est de ma faute.
Toutes mes pensées deviennent incohérentes tandis qu'elles tourbillonnent dans ma tête. J'essaye de crier ma détresse, mais ma bouche s'ouvre obstinément dans le vide. La terreur m'envahit, me dévore tout entier. Je suis dans ma bulle, inconscient de ce qu'il se passe autour de moi.
Et si Livaï ne voulait plus de moi, malgré ce qu'il m'a dit ?
- Eren !
Le ton de sa voix trahit la panique et l'impuissance qu'il ressent. Il me saisit par les épaules, me secouant légèrement au passage. Je sens qu'il prend beaucoup sur lui pour ne pas crier, pour ne pas céder à la panique comme je l'ai fait.
- Eren s'il te plait calme-toi…
De toutes mes forces, je tente de faire le vide dans ma tête. Livaï monte sur le lit pour me rejoindre et m'attire contre lui, ses bras fermes se resserrant sur moi. La chaleur de son corps me réchauffe tout entier. J'arrive a ressentir les battements de son propre cœur malgré le mien qui tambourine beaucoup trop fort contre ma cage thoracique. Je respire son odeur, et le soulagement qui m'envahit est tel qu'il me menace de l'engloutir, de me submerger comme une vague dans laquelle je serais heureux de me noyer.
- Je me sens tellement impuissant tu sais...
Je m'autorise à lâcher prise, et ma tête se pose contre son épaule. Livaï me berce doucement, et je prend seulement conscience que nos cœurs commencent petit à petit à battre à l'unisson. Mon souffle devient plus régulier également. La crise semble passée...
Tu as pourtant réussi à m'apaiser.
- Je sais qu'il s'est passé quelque chose Eren. Je t'ai abandonné, laissé seul. Si je ne m'étais pas comporté comme un imbécile, tu n'aurais peut-être pas perdu ta voix. C'est de ma faute.
Je ne suis donc pas le seul a culpabiliser...
- C'est ton père n'est ce pas ?
Mon coeur rate un battement. J'hoche doucement la tête pour répondre à l'affirmative, surpris qu'il ai deviné..
- Je vois. Quel enfoiré...
Ses yeux semblent lancer des éclairs. Il serre les poings, et je peux voir ses ongles s'enfoncer dans ses paumes. La porte s'ouvre brusquement sur le docteur Kruger, nous surprenant tous les deux..
- Tout est prêt pour l'exam…. Il s'est passé quelque chose ?
Je laisse le soin à Livaï de répondre, se détachant de moi non sans avoir gardé sa main dans la mienne. Instinctivement j'empoigne sa veste de mes doigts, pour lui faire comprendre que je ne voulais pas le lâcher.
- J'ai essayé de savoir ce qu'il s'est passé, et il a frôlé la grosse crise d'angoisse.
- Je vois… J'aurais peut-être dû vous rassurer avant de partir. Mr Jaeger vous êtes probablement aphone. Mais sachez que l'aphonie est très souvent un état temporaire.
Je me retourne brusquement pour observer le médecin, les yeux écarquillés. Je digère lentement la nouvelle.
Mais pourquoi il ne me l'a pas dit plus tôt cet imbécile ?
- Pourquoi ne pas l'avoir dit plus tôt ? Vous nous auriez évité beaucoup de soucis !
Sa voix glaciale me fait frissonner, mais le médecin reste impassible.
- Ce n'est qu'une hypothèse que les examens confirmeront. Mr Jeager a probablement été atteint de dysphonie ces derniers temps, ce qui explique sa difficulté à parler ainsi que sa voix rauque. L'aphonie peut suivre dans la plupart des cas, mais elle peut aussi être d'ordre psychologique. Votre voix reviendra d'ici quelques jours, mais tout dépendra de votre état mental.
Livaï et moi poussons instantanément un soupir de soulagement. Je vais peut-être pouvoir chanter à nouveau finalement…
- Est ce qu'il pourra chanter à nouveau ?
Un petit sourire se dessine sur le visage du docteur Kruger.
- Je me disais bien vous avoir vu quelque part. Oui vous pourrez chanter à nouveau, mais il ne faudra pas trop forcer sur votre voix. il faut absolument la ménager le plus possible au début.
Nos regards se croisent, l'angoisse laissant place au soulagement. Le médecin nous a reconnu, mais c'est le cadet de mes soucis. Tout ce qui compte pour moi, c'est la possibilité de parler à nouveau.
- On va vous emmener faire quelques examens. Après ces derniers vous aurez le choix de rester vous reposer ici ou de rentrer chez vous.
- Et que conseillez-vous ?
- Vu l'état de fatigue de votre compagnon, le mieux serait qu'il termine la nuit ici. Mais c'est à lui de voir.
- Dans ce cas il restera ici.
Je proteste aussitôt en secouant la tête négativement. Moins je resterai à l'hôpital et mieux ça sera. Je n'ai jamais supporté l'atmosphère oppressante de ces derniers, y passer quelques heures sera une véritable torture.
- Ne discute pas Eren, on fera ce qui est le mieux pour toi. N'oublie pas que je compte plus te lâcher maintenant.
Ses lèvres se posent rapidement sur les miennes , puis il me murmure à l'oreille :
- Je t'aime.
Ses mots sonnent comme une promesse. Une promesse de d'amour infini, quoiqu'il puisse se passer. Alors que je contemple ses yeux remplis d'adoration et de culpabilité, je décide de ne plus me laisser abattre. Vivre sans voix même temporairement sera compliqué, mais je ne serai pas seul. Je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve, mais je ferai en sorte de braver tous les obstacles.
On y arrivera ensemble.
POV Armin
Malgré l'heure très tardive, la capitale est toujours en pleine effervescence. La circulation est très ralentie, les voitures sont certainement composées de personnes rentrant d'une sortie quelconque. Je pousse un soupir d'agacement, les mains crispés sur le volant. La musique diffusée à la radio ne suffit pas à me distraire, ni calmer mon impatience grandissante.
La voix d'Hanji ne m'a pas du tout rassuré lorsque je l'ai eu au téléphone. Cette soirée a tellement dû être terrible pour elle, ainsi que pour Mike, Livaï et Eren. Eux qui ont tellement fait d'efforts pour rester anonymes ces dernières années... Un frisson d'horreur parcours ma peau alors que je repense à tout ce qu'il s'est passé. Je revois encore Eren paralysé par l'effroi, puis se mettre en colère contre la présentatrice. Hanji et Mike étaient trop sous le choc pour s'exprimer, tandis que Livaï était très agressif. Il y est allé un peu fort, mais je peux que le comprendre.
Prenant tardivement conscience qu'une personne traverse un passage piéton, je pile brusquement la voiture. Je maudis avec force la pauvre personne qui voulait simplement passer, avant de reprendre la route, mais aussi le fil de mes pensées.
Je me demande encore comment tout a pu basculer en quelques minutes. Tout allait bien, puis soudainement cette présentatrice a balancé les noms de tout le groupe. J'ai reconnu rapidement la maîtresse du père d'Eren, qu'il m'a montré une fois alors qu'on l'avait croisé. Étant un simple spectateur derrière la télévision, je n'ai rien pu faire sur le moment, a part regarder la scène rageusement, impuissant… J'ai aussi essayé de joindre Hanji et Eren, inlassablement.
J'espère que tu vas bien Eren.
Pris d'un mauvais pressentiment, je renforce la pression sur l'accélérateur pour foncer rapidement sur une voie dégagée, grillant un feu rouge au passage. L'hôpital est à mon soulagement enfin en vue. Je me gare rapidement sur une des rares place disponibles, puis quitte le véhicule pour rejoindre l'entrée. Une personne m'y attend, scrutant le parking à ma recherche.
- Hanji !
Je l'appelle d'une voix forte, me moquant bien d'être entendu. Cette dernière se tourne vers l'origine de ma voix, son regard s'arrêtant sur ma silhouette. Elle s'élance aussitôt vers moi, et son corps rencontre le mien une fois la distance réduite. Sa tête est posée sur mon épaule, tandis que ses bras me serrent contre elle de toutes ses forces.
Je sais qu'on est devant l'hôpital où elle a perdu son ancien petit ami. Être ici doit-être une épreuve pour elle, en plus de tout ce qu'il s'est passé pour No Name.
Mais… Pourquoi sommes-nous à l'hôpital ?
- Armin…
Je profite encore quelques secondes de notre étreinte, avant de m'écarter doucement pour la regarder dans les yeux. Les siens sont brillants, et probablement chargés de larmes. Mon instinct me dit que ce n'est pas seulement à cause de la révélation de ce soir.
- Qu'est ce qu'il s'est passé ?
Elle hésite quelques instants avant de me répondre, me jaugeant du regard, se demandant si je suis prêt à entendre ce qu'elle va dire.
- C'est Eren…
- Eren ?
Mon cœur rate un battement à l'évocation de mon meilleur ami.
- Il… On l'a laissé seul quelques instants, puis Livaï l'a retrouvé au bord de l'inconscience. Par précaution nous avons prévenu les secours, et il a été emmené ici. A son réveil, il lui manquait quelque chose…
Mon corps est paralysé par l'effroi. Des larmes perlent sur les joues de ma petite amie, alors qu'elle s'exprime d'une voix tremblante :
- Il a perdu sa voix, Armin…
- Non !
Merde, non non non pas ça...
La panique déferle dans mes veines, menaçant de m'emporter. Eren ne peut pas avoir perdu sa voix, c'est impossible. Le chant est trop important pour lui, il ne supporterai pas cette perte.
Avec nostalgie je repense aux cours de chants que nous avons pris tous les deux lorsque nous étions plus jeune. Je n'y suis pas resté longtemps, car je n'avais aucun talent. Eren était le chouchou du professeur, qui lui prédisait un bel avenir dans ce domaine s'il s'en donnait les moyens.
Aujourd'hui il est le second chanteur de son groupe favoris. Il a réalisé son plus grand rêve, tout en trouvant l'amour. De mon côté je suis plus qu'heureux de pouvoir travailler avec lui dans l'ombre. Je ne suis pas envieux de sa carrière, je suis surtout heureux pour lui. J'ai aussi tout ce qu'il faut pour être heureux : un travail aux côtés d'Eren mais aussi d'Hanji, ma petite amie que j'aime plus que tout et qui me le rend bien.
Je connais Eren depuis presque toujours, je ne peux concevoir l'idée de ne plus jamais entendre sa voix.
Ce n'est pas possible...
- Je suis tellement désolée Armin...
J'inspire profondément pour retrouver mon calme, du moins en apparence. Je ne veux pas inquiéter davantage Hanji en extériorisant mon angoisse.
Avec mes doigts j'entreprend de chasser les dernières larmes qui coulent sur ses joues, avant de l'embrasser. Nos mains s'entremêlent, tandis que nous nous dirigeons tous les deux vers l'immense bâtiment.
Une fois l'entrée franchie, je laisse Hanji me guider jusqu'à la chambre de mon meilleur ami, détaillant tout ce qu'il se passe autour de moi. Je n'ai jamais mis le pied dans un hôpital, et je trouve que celui-ci est loin d'être lugubre. L'atmosphère est en revanche très oppressante, et un sentiment de malaise s'est emparé de moi depuis que nous sommes entrés. Des médecins ainsi que des infirmières font des des allers et venus le long des couloirs que nous traversons.
Une fois arrivé devant la chambre d'Eren, on retrouve cette dernière vide. Seul Livaï est présent, adossé contre le mur, la tête baissée. Je lâche aussitôt la main d'Hanji pour le rejoindre.
- Qu'est ce qu'il s'est passé ?
Le petit ami d'Eren redresse la tête, me laissant apercevoir ses yeux remplis de tristesse.
- Il est en train de subir des examens.
Sa voix est neutre, quoique légèrement tremblante. On est très loin du Livaï qui apparaît souvent comme étant insensible et sûr de lui. Le voir ainsi est très déstabilisant.
- Le médecin n'a pas d'hypothèses ?
- Son aphonie est selon lui temporaire, mais il doit nous lui confirmer.
Mes épaules s'affaissent sous le soulagement.
- Il a dit qu'elles étaient les causes de sa perte de voix ?
Ses orbes grises se détournent de moi pour contempler la chambre vide. Mes yeux s'écarquillent légèrement sous la surprise, étonné de le voir aussi triste et vulnérable. Il semble ployer sous le poids de la culpabilité.
Qu'a t-il pu bien faire pour être dans cet état ?
- Que s'est-il passé Livaï ?
Le temps s'égraine lentement, tandis qu'il semble chercher ses mots. Entre temps Hanji nous rejoint, sa main cherchant la mienne pour la saisir. Nos regards se croisent, et ses lèvres s'étirent en un petit sourire rassurant.
- J'ai fais une immense connerie. Eren voulait m'aider et montrer qu'il était là pour moi, et je l'ai repoussé en l'accusant de choses horribles. Il s'est passé quelque chose dont j'ignore la nature… Mais je pense que c'est un traumatisme lié à son père. Lorsque je l'ai retrouvé, il était en train de s'effondrer sur le sol. il a perdu connaissance dans mes bras.
- Comment tu as pu deviner que c'était son père ?
- Ue intuition. Eren avait déjà un mauvais pressentiment avant l'interview. Je ne pensais pas qu'il aurait raison à ce point...
On sent au timbre que c'est une épreuve pour lui de raconter ce qu'il s'est passé. Il n'est pas rentré dans les détails, mais j'ai déjà une meilleure idée de la situation.
Pauvre Eren...
- Aujourd'hui sa voix est devenue rauque, et il m'a caché qu'il avait sa voix fatiguée. De plus, il a accumulé beaucoup de fatigue avec notre album en préparation… Tout rentre en compte dans sa perte de voix.
- Livaï…
- Je m'étais promis de le protéger, et voila ou nous en sommes aujourd'hui… Je suis un monstre. J'ai osé lui reprocher tout ce qu'il s'est passé lors de l'émission. Je lui ai même reproché notre rencontre, ainsi que notre couple… Il ne méritait pas ça.
Pris d'un élan d'audace, je me plante face à lui et le saisit par les épaules. Hanji semble surprise mais ne réagit pas, ayant probablement compris mon attention. Il tressaillit à ce contact, mais ne tente pas de se dégager. Ses yeux sont emplis de colère, dirigé contre lui-même. Grâce à mon meilleur ami, j'ai appris à connaître cet homme froid aux premiers abord, mais pourtant sensible. Mon regard prend en otage le sien, alors que je m'exprime d'une voix douce mais ferme :
- Je connais Eren par cœur, et je sais qu'il doit en ce moment même culpabiliser autant que toi. C'est à vous-même que vous vous en voulez, pas à l'autre. ce n'est pas le moment de te laisser abattre Livaï. Eren t'aime a un point dont tu ne peux t'imaginer, et je sais que c'est réciproque. C'est ce qui compte là, tout de suite. Eren va avoir besoin de toi pour surmonter cet épreuve. Même temporaire, son aphonie ne doit pas être facile à vivre. Pour avancer, il va falloir vous pardonner tous les deux. Ne laissez pas tous ces obstacles gâcher votre relation. Si son blocage est en partie psychologique, il aura plus que jamais besoin d'être épaulé. La musique a une place importante dans le cœur d'Eren, mais celle que tu occupe est bien plus importante.
Il écoute ma tirade sans m'interrompre, pour ensuite me toiser d'un air perplexe.
- Tch, tu crois vraiment que je vais l'abandonner une nouvelle fois ? Ce n'est pas mon attention, loin de là. Je ne le lâcherai plus maintenant, je lui ai promis. Qu'il devienne aveugle, muet ou sourd, ça n'a aucune importance pour moi.
Néanmoins… Merci de m'avoir remonté les bretelles Armin. J'en avais bien besoin.
Je le dévisage, surpris par sa soudaine gentillesse.
- De rien ! Tu as as intérêt à prendre bien soin de lui !
Pour une fois que je n'ai pas d'arrière pensée … Quoique.
- C'est mon attention.
Son air est grave et sérieux, mais il s'autorise pourtant un petit sourire, à peine perceptible.
Je sais qu'il t'a fait souffrir Eren, mais je suis persuadé que tu es entre de bonnes mains maintenant.
Une bruit de roulement venant du couloir attire brusquement notre attention. Une fois à notre hauteur je reconnais mon meilleur ami, allongé dans le lit. Il semble très fatigué, et dois avoir hâte de dormir. Une fois le lit placé dans sa chambre, le médecin lui dit quelques mots avant de quitter la pièce, pour se planter devant nous.
- Je peux dorénavant vous confirmer mon hypothèse : Sa perte de voix est bien temporaire. je n'ai rien observé de grâve. Cependant retrouver sa voix peut prendre du temps, et ça sera surement difficile pour un chanteur comme lui. Elle peut revenir au bout de deux ou trois jours, comme une semaine.
Le soulagement m'envahit à nouveau, et je peux observer les traits de Livaï se détendre instantanément.
- Tout dépendra de son repos, mais aussi de son mental. S'il ne retrouve pas sa voix rapidement, revenez me voir. En attendant je lui prescris beaucoup de repos, ainsi qu'un ménagement total de sa voix. Il ne doit rien faire qui est susceptible de le faire crier.
Je rêve ou son regard est lourd de sens ?
Je contiens de toute mes forces mes pensées obscènes de yaoistes, mais le regard de Livaï montre qu'il a compris mes pensées. Ses joues sont légèrement empourprées.
- Tch, tu n'es pas possible.
Je sais.
Il se tourne ensuite vers le médecin, non sans avoir repris son air impassible habituel :
- Je prendrais soin de lui.
- Sur ce je vous laisse. Il a besoin de repos, mais vous pouvez lui rendre visite. Essayez de ne pas rester longtemps.
J'acquiesce de concert avec Livaï. Entre temps Hanji me rejoint, accompagné de Mike et d'Erwin. Je hoche la tête pour saluer les nouveaux arrivants, pour ensuite tourner le regard vers la chambre de mon meilleur ami.
Je fais mine de vouloir rendre visite à Eren seul, et ma petite amie doit faire pression sur Livaï pour qu'il me laisse tranquille. Je la remercie du regard, avant de l'embrasser. Je pose la main sur la poignée et j'inspire un grand coup, observant tout le petit groupe s'éloigner dans le couloir pour aller chercher un café. J'ouvre la porte avec prudence, pour constater qu'il ne dort pas.
- Salut toi !
En retour mon meilleur ami me fait un grand sourire. Il semble sincèrement heureux de me voir. Je me dirige rapidement vers lit, et il me laisse une petite place pour que je puisse m'asseoir à côté de lui. Je m'y installe avec précaution, afin d'éviter de le bousculer.
- Tu nous a fait une sacré frayeur tu sais !
Il acquiesce, l'air penaud. je fouille la poche de ma veste, et en ressort mon téléphone que je lui tends :
- Tiens, tu pourra me répondre par écrit via le téléphone si tu le souhaite.
Il saisit le téléphone avec des yeux emplis de reconnaissance.
- "Merci Armin. Je suis soulagé de pouvoir m'exprimer par écrit, à défaut de pouvoir te répondre de vive voix"
- Je sais que ma question est surement idiote, mais… Comment tu te sens ?
- "Je tiens le coup"
- Tu es sûr ?
- "Il faut bien"
Je plonge mon regard dans le sien, tentant de déceler un quelconque indice sur ses sentiments. Il peut être très doué pour cacher ce que qu'il ressent lorsqu'il le souhaite. heureusement que j'ai appris à reconnaître les signes.
- "Arrête de me scruter comme si j'étais un livre !"
- Pris sur le fait !
- "Tu sais comment vont Hanji et Mike ?"
Du Eren tout craché.
- Ils vont bien ne t'en fait pas. Je suis sûr que vous allez tous remonter la pente. Tu sais…
Ma voix se brise :
- J'aurais tant aimé être avec toi ce soir. Si j'avais su que les choses se seraient passées comme ça… J'aurais pu te soutenir, ainsi qu'Hanji. Je m'en veux vraiment.
- "Tu ne pouvais pas le savoir Armin"
- Peut-être mai-
Les paroles qu'il est en train d'écrire frénétiquement me coupent dans mon élan :
- "Si on se met tous à s'en vouloir, on ne s'en sortira jamais."
- Rien n'est de ta faute pourtant Eren.
Il me toise quelques instants, avant de grimacer :
- "Ne dit pas n'importe quoi. Si je n'avais pas rencontré Livaï et rejoint le groupe, on en serait pas là aujourd'hui. Si j'étais resté auprès de Livaï qui me repoussait plutôt que de partir, je n'aurais jamais…"
Il hésite quelques instants avant de terminer sa phrase :
- "Croisé mon père. Je n'aurais jamais eu à entendre toutes ces choses qu'il a dites"
Ses mains tremblent, suivi du reste de son corps. Je pose doucement ma main sur son bras pour le réconforter, ce qui a effet de le faire sortir de ses pensées dans lesquelles il était plongé.
- .Tu sais que tu peux tout me dire Eren.
Je serais toujours là pour toi.
En temps normal, il aurait fait le fier en disant qu'il n'avait pas besoin de se confier, pour finalement céder sous mes suppliques. En cet instant, nous sommes loin de partager un moment de confidences sur nos relations amoureuses.
- "Il a dit…"
Un frisson d'horreur remonte l'échine alors que je lis les mots abominables que mon meilleur ami est en train d'écrire. Comment un père peut-il dire ça à son fils ? Pourquoi ne pas l'accepter tel qu'il l'est ? Quelle personne abominable...
Je meurs d'envie de lui répondre quelque chose, mais les mots se bloquent.
- "Tu sais tout. Entre les révélations sur No Name, le rejet et les reproches de Livaï, les mots de mon père… Je voulais que tout s'arrête. Je n'en pouvais plus… C'est à ce moment là que j'ai senti ma voix partir. Au début je pensais que c'était le choc, mais apparemment je suis aphone."
- Eren tu vas retrouver ta voix et chanter à nouveau sur scène. Livaï ne pensais pas ce qu'il a dit.
- "Je le sais. Ce que j'ignore, c'est si j'aurais le courage d'affronter des fans qui auront les même propos que… Celui qui m'a engendré"
- Il y a des homophobes partout malheureusement. Mais les vrais fan vous apprécieront pour votre musique, et non votre orientation sexuelle. Et puis si ça les dérange tant pis pour eux ! Je suis persuadé que le reste du groupe pense la même chose. Rien ne doit vous empêcher de faire ce que vous aimez, pas même les révélations de cette garce.
Il se contente d'hocher la tête en guise de réponse. Ses yeux verts contemple le couloir derrière la vitre, dans l'espoir d'y retrouver son petit ami. Un coup d'oeil me permet de constater qu'il n'est pas encore arrivé.
Je reprends avec fermeté :
- No Name a subi un coup dur aujourd'hui. Ton couple en a aussi pris un sacré coup… Mais vous êtes fort, et bien entourés. Vous allez réussir à surmonter tout ça. S'il faut que je te donne des coups de pied aux fesses pour te motiver je le ferai, compte sur moi !
Les traits de son visage sont tristes, mais je peux apercevoir une lueur de détermination dans son regard. Ses poings sont serrés, agrippés aux draps.
Le Eren que je connais n'est pas du genre à abandonner. Lorsqu'il a un objectif, il se bat jusqu'au bout pour y arriver. C'est grâce à ça qu'il a pu réaliser son rêve.
Il va lui falloir du temps pour se reconstruire, mais il y arrivera. Je sais qu'il donnera tout ce qu'il a, pour sa passion et ceux qu'il aime.
- "Tu as tout à fait raison, je vais me battre. Je ne laisserai plus personne m'atteindre comme je l'ai fait. Je deviendrais fort… Pour No Name, Livaï et toi. Tu as vraiment le don pour me galvaniser tu sais. Merci Armin."
- Tu aurai fait la même chose pour moi.
- "Peut-être pas avec le même tact"
- C'est vrai.
Je ne pu m'empêcher de rire. Aussitôt l'atmosphère devient moins pesante, plus chaleureuse. Je passe un bras autour de ses épaules, et nous restons ainsi quelques instants dans le calme. Le temps ou nous étions de simples lycéens sans histoires qui jouaient ensemble dans ma cave aménagé en studio me semble tellement loin. En quelques mois nous avons grandit, mûrit et trouver de nouvelles priorités. Malgré tout, nous sommes toujours meilleurs amis, et je sais qu'on fera tout pour que ça continue ainsi.
Soudain une silhouette derrière la vitre attire mon attention. Livaï vient d'arriver, aussitôt suivi de ma petite amie, Mike et Erwin.
Allant partir pour leur laisser la place, j'enlève le bras que j'avais placé autour des épaules de mon meilleur ami.
- Je vais te laisser, tu as encore de la visite. Garde mon téléphone si tu veux, je le récupérerai demain. D'ici là on trouvera un autre moyen de communiquer.
- "Merci Armin, pour tout."
Mes lèvres s'étirent en un sourire, tandis que je presse ma main posée sur son bras.
Je m'éloigne en direction de la porte, non sans avoir fait un dernier signe de la main. Il répond par un simple hochement de tête, mais son sourire me montre à quel point il va mieux. Je suis heureux de voir qu'il a retrouvé son esprit combatif.
Tout va bien se passer maintenant.
Dans cet état d'esprit, mon meilleur ami peut déplacer des montagnes. On a tous des moments de faiblesses, mais ce sont ces moments qui nous rendent plus forts.
Une fois sorti de la pièce, des yeux gris intenses me transpercent. La même détermination brûlante de se battre brille dans son regard. Cette lueur me conforte sur une chose :
Ils sont décidément fait pour être ensemble.
POV Livaï
Alors que le blondinet s'est enfin décidé à sortir de la chambre, je laisse Hanji, Mike et Erwin prendre la relève. Je me laisse aller contre le mur face à la vitre, les bras croisés, mes yeux ne quittant pas mon compagnon une seule seconde. Il semble aller beaucoup mieux depuis toute à l'heure, ce qui me réconforte au plus haut point.
- Oi Armin.
Ses yeux bleus rivés vers la chambre se tournent vers moi, interrogateur.
- Oui ?
- Tu as pu apprendre quelque chose sur son père ?
Il ne répond pas, soudainement absorbé par la contemplation du sol. Je soupire d'agacement, mes doigts pianotant sur mes bras.
- Je lui ai prêté mon téléphone, et il a pu me raconter tout ce qu'il s'est passé.
- Et qu'est ce qu'il s'est passé ?
- Tu veux vraiment le savoir ?
C'est une très bonne question.
Une part de moi souhaite connaître la vérité tout de suite, sachant qu'il y a de fortes possibilités pour que j'ai des envies de meurtre. Je veux savoir ce que cette ordure a dit, mais aussi lui faire payer. Mais pour l'heure, j'ai quelque chose de plus important à faire.
Eren a besoin de moi.
Mon regard se rive à nouveau vers mon compagnon, qui tente de se dégager d'une étreinte forcée d'Hanji. Mike est en train d'essayer de canaliser ses ardeurs, mais sans succès. Erwin quand à lui observe la scène, attendri et amusé par la situation.
- Je compte sur toi pour me l'expliquer demain.
Il semble surpris que je ne cherche pas à lui tirer les vers du nez. Je sens son regard dans mon dos, alors que j'ouvre la porte de la chambre d'Eren :
- Oi la binoclarde, tu va le laisser tranquille oui ?
Eren semble accueillir ma venue avec soulagement, tandis qu'il se débat encore contre ma meilleure amie. Je pourrais presque l'entendre soupirer d'exaspération. Ses yeux brillent d'un nouvel éclat depuis que je suis apparu sur le seuil de la pièce.
- Mais Lili, Eren a besoin d'un cal-
- Laisse le chérie, Livaï se fera une joie de lui en donner un lui-même.
Je n'avais pas fait attention au blondinet, qui m'avait finalement suivi. Hanji s'écarte vivement d'Eren pour frapper dans ses mains. Elle semble soudainement déborder d'enthousiasme.
- Mais oui bien sûr ! On peut vous prendre en photo ?
Le couple de yaoiste me regarde avec des yeux suppliants. Eren secoue la tête frénétiquement pour signaler son désaccord, mais je vois bien qu'il est amusé par la situation. Je ne pu retenir un sourire face à ce spectacle, a la fois ébahis et heureux de voir tout le monde ainsi, comme si rien ne s'était passé.
Je sais que derrière ces sourires se cache une blessure. Chacun d'entre nous gardera des séquelles, même minimes. En cet instant, c'est pourtant comme si rien ne s'était passé. J'ai encore du mal à croire que quelques heures seulement se sont écoulés depuis l'émission.
Ce moment simple et léger montre qu'après la pluie survient toujours le beau temps. Cela peut prendre du temps, mais je peux déjà entrapercevoir un mince rayon de lumière traversant les nuages épais au dessus de nous.
La voix ferme de Mike me sort de mes pensées :
- Aller les gars laissons les deux tourtereaux ensemble !
- A demain Reren, repose toi bien !
Tout le monde fini par céder et nous saluer. Je les regarde s'éloigner, et la porte finit par se fermer derrière eux. Ils font quelques signes de la main, avant de s'éloigner dans le couloir. Je rejoins aussitôt Eren, qui m'accueil avec le sourire.
- Tu as l'air de te sentir mieux.
Il hoche la tête et m'attire doucement vers lui jusqu'à ce que nos fronts se touchent. Je ferme les yeux pour lutter contre les larmes brûlantes qui menacent de se déverser. Des larmes de soulagement, mais aussi de chagrin et de culpabilité. Son souffle, léger comme une plume sur ma joue, embrasse ma peau telle une flamme. Nos lèvres se réunissent en un baiser doux et chaste, qui devient rapidement plus fougueux. Malheureusement le manque d'air nous sépare, et j'en profite pour reprendre mon souffle.
Pendant ce temps Eren se contente de m'observer, d'absorber chaque recoins de mon visage, s'attardant sur les joues, les lèvres puis les yeux. Son regard brillant de combativité et d'amour semble emplis de promesses.
Il me fait finalement une place pour que je puisse m'installer à côté de lui. Je me laisse aller contre le lit, et il se jette aussitôt dans mes bras, la tête contre mon cou. Je peux sentir son souffle chaud et régulier contre ma peau. Mes doigts caressent distraitement ses cheveux, les décoiffant un peu au passage.
Je devrais rentrer à l'hôtel pour le laisser se reposer, mais les forces me manquent.
La simple idée de me réveiller demain matin sans voir son visage fait naître en moi une bouffée de panique et enserre mon cœur d'un étau glacé.
Tout en continuant de jouer avec ses cheveux, je murmure à son oreille :
- Je reste avec toi cette nuit Eren.
Seul un souffle régulier me répond. Déduisant qu'il s'est endormi, je dépose un baiser sur le sommet de son crâne, puis entoure son corps de mes bras. Mon regard vagabonde vers la fenêtre, ou je peux apercevoir l'astre lunaire briller dans la nuit noire. L'orage semble définitivement passé, laissant place à une nuit calme.
Je ne verrai plus l'orage de la même manière maintenant.
J'ai l'esprit qui tourne à plein régime, et les pensées qui s'y bousculent m'empêchent de me m'endormir. Je tente de toutes mes forces de faire le vide dans ma tête, réglant ma respiration sur la siennes. Je me laisse bercer par le rythme de nos souffles, tout en resserrant la prise sur Eren. La chaleur de son corps contre le mien m'apaise, et je peux sentir les battements réguliers de son cœur. Le sommeil commence petit à petit à me gagner, alourdissant mes paupières de plus en plus.
Demain nous allons devoir rentrer chez nous et faire face à la réalité de la situation. Je ne sais pas ou tout ceci va nous mener, ni ce que nous allons devenir, mais je n'ai pas peur.
Tant que tu restera à mes côtés, je pourrais tout surmonter.
Coucou ! Vous allez bien ?
J'espère que vous avez passé une bonne semaine !
Voici enfin le chapitre avec la réponse tant attendue : l'aphonie d'Eren est effectivement temporaire !
Evidemment je garde pour moi la durée :)
Ce chapitre est assez long (en même temps j'ai introduits 3 pov cette fois-ci), mais j'espère qu'il vous a quand même plu !
A bientôt :)
