Auteur : Tiro

Rating : M

Genre : Général/Romance

Couple : Harry Potter/OC & Sirius Black/Severus Snape

AVERTISSEMENT : Il s'agit d'un Slash, donc de relations intimes entre deux personnages du même sexe. Néanmoins, le slash n'est pas présent avant de nombreux chapitres.

DISCLAMER : Les personnages appartiennent à J.K Rowling et l'Histoire appartient à Tiro. Je ne fais que traduire !

Notes : Salut salut tout le monde :DD Eh, 19 reviews pour le dernier chap ?! Vous êtes tout bonnement des anges, sérieux ! C'était adorable ! Merci beaucoup :D

Alors par contre, j'ai une petite mauvaise nouvelle : Je vais entrer dans ma période de révision de BAC ( Eh oui, je suis toujours en première … ah, les joies du lycée ! ), du coup, je ne posterai plus qu'un chapitre toutes les deux semaines jusqu'au début du mois de Juillet. Croyez-moi, j'en suis franchement désolée mais sinon, ça devient pas gérable pour moi … Pardonnez-moi T_T

Ah, dernière chose, si jamais vous lisez cette note : Dans le prochain chapitre, vous saurez enfin avec qui finit Erus :)) Oui, il est un peu jeune je trouve … mais on s'y accommode :)

« Parole »

« Fourchelangue »

'Pensée'

Vision & Souvenir

XXXX

Chapitre Vingt-quatre : Vampires, Patronus et le Traître

Erus pénétra dans le Chaudron Baveur avec son père et Lucius à ses côtés. Il repéra immédiatement les jumeaux qui le virent à leur tour. Fred et Georges se levèrent et vinrent à leur rencontre. Les deux adultes les agrippèrent simplement Voldemort attrapa Fred et Erus tandis que Lucius s'occupait de Georges puis ils transplanèrent.

Une fois arrivé au Manoir Riddle, les deux frères étouffèrent presque Erus de leur étreinte et ne remarquèrent pas les deux parents se retirer discrètement.

« Tu nous as manqué. » finirent-ils par lui dire.

« Vous aussi, vous m'avez manqué, les gars. » Ils consentirent enfin à le relâcher. « Les cours ne sont pas drôles sans moi ? »

« L'école est ennuyeuse sans toi ! » pleurnicha Fred. « Ce n'est même pas drôle de taquiner le gosse de Potter quand t'es pas là. »

« En parlant de lui, comment est-il, en général ? » s'enquit le garçon aux cheveux de jais tandis qu'ils se déplaçaient vers le salon.

« Il est tout bonnement horrible. » marmonna George. « Il agit comme s'il était le roi du monde parce que même les élèves de septième année ne le réprimandent pas pour ses mauvaises actions. Il est vraiment orgueilleux et son sourire est presque aussi ridicule que celui de Lockhart ! »

« Au fait, où est Lockhart ? » demanda Fred, sembla quelque peu perplexe. « Dumbledore a dit qu'il était parti pour s'occuper d'autres affaires mais toutes ses affaires étaient encore à l'école, l'année dernière. »

Erus leur fit un grand sourire et les deux le regardèrent.

« Erus ? » l'interrogea finalement George. « Que lui est-il arrivé ? »

« Je pense qu'il est mort, maintenant. » déclara pensivement Erus, ses yeux brillant d'amusement. « Au même titre que son 'maître'. »

« Maître ? » s'enquirent-ils.

« Vous voulez écouter une histoire ? Celle-ci est plutôt intéressante. »

XXXX

Les jumeaux n'arrivaient pas à détacher leurs yeux de lui lorsqu'il finit de narrer la petite histoire sur Mauro et Ginny.

« Notre Ginny ? » dirent-ils enfin. « Notre Ginny était contrôlée non pas par une mais par deux personnes ? »

« En effet. L'âme de mon père la contrôlait et Mauro les contrôlait tous les deux. »

« Donc elle est responsable des pétrifications ? »

« Ouais, en quelque sorte. Personne n'est mort, ça passe encore. »

Ils se regardèrent, semblant choqués par le fait que leur petite sœur ait été la cause du drame de l'année passée.

« Elle a fait pétrifier Draco ? »

« Nan, c'est Mauro qui en était responsable. Il contrôlait aussi Lockhart. »

« Quoi ?! »

XXXX

« C'est sympa que vous soyez venus. » dit Erus pendant que les deux roux se préparaient à se faire transplaner au Chaudron Baveur par Lucius et Narcissa.

« Le plaisir était partagé » l'assurèrent les frères, lui faisant une révérence moqueuse. Erus leur grogna doucement dessus. « A une prochaine fois, Seigneur ! »

« Je croyais que vous aviez arrêté avec ce surnom ! »

Fred et George rirent puis disparurent de sa vue.

XXXX

Erus étreignit une dernière fois Draco et Cynthia et leur dit :

« Embêtez bien Dumbledore de ma part, d'accord ? »

« Pas de problème. Je l'énerve beaucoup en ce moment et Cygnirius m'a confié qu'il tente désespérément de trouver qui m'avait adopté. »

« Mais il ne trouvera rien ? » demanda le brun. Sa cousine lui sourit.

« Nan. Cygnirius n'a jamais écrit son nom et la femme n'a pas vérifié. De plus, on lui a lancé un sort d'Oubliettes. »

« Génial ! » s'enthousiasma l'adolescent. « Et toi, Blondie, sois prudent, d'accord ? »

« Ne m'appelle pas comme ça ! »

Erus pouffa de rire, ce qui lui rapporta un grognement sourd de la part de Draco. Sirius interpella Erus.

« Il est presque cinq heures, Erus. Tu dois être à Santuario à cinq heures trente. »

Le jeune garçon hocha la tête, jeta un coup d'œil à ses amis et leur fit un signe de la main. Il devait repartir à son école un jour avant eux.

Il était temps de se dire au revoir. Il marcha jusqu'à Sirius et cligna des yeux, confus, lorsqu'il vit Bellatrix à ses côtés.

« Ton père est très occupé. » lui dit-elle avec un sourire d'excuse. « Il ne sera pas libre pendant quelques mois, à moins qu'il ne s'agisse d'une urgence. Je vais vivre avec mon très cher cousin et rapporterai tes progrès au Lord. »

« Es-tu sûr que les gardiens ne sont pas autorisés à vivre à l'école ? » demanda Sirius à Erus, plein d'espoir.

Bellatrix lui frappa le bras.

« Et je vais m'assurer que tu ne baises pas d'autres personnes que Severus. Il sera triste si tu le fais ! »

« Bellatrix ! » s'exclama Sirius, rouge d'embarras pendant que les enfants riaient.

XXXX

Ce fut avec joie mais aussi avec tristesse qu'Erus s'assit à une des tables du réfectoire. Lamia et Invisus le repérèrent rapidement et lui firent un signe de la main, geste que le garçon leur rendit.

« Je ne suis pas bleue. » lui dit une voix derrière lui. Il se retourna pour voir Stella avec son habituel sourire rêveur sur les lèvres. Elle s'assit en face de lui.

« Toutes mes félicitations. »

« Toutefois, j'ai été inconsciente pendant un moment » Elle fronça les sourcils. « Mère pensait qu'il s'agissait d'une simple potion de sommeil qu'elle avait faite mais je lui ai dit que cela ne ressemblait en rien à un sommeil paisible. »

« Est-ce qu'elle t'utilise toujours en tant que cobaye ? » demanda Erus, un de ses sourcil se haussant.

« Pas toujours. Des fois, elle essaye d'utiliser ma tante. Elle fuit, en général. »

« Je ne peux pas dire que je l'en blâme … » marmonna Erus. »

Soudain, il fut attaqué par deux adolescents identiques et sentit l'air s'enfuirent de ses poumons.

« Abel ! Cain ! »

Les jumeaux ricanèrent et resserrèrent leur prise sur lui. Erus se retrouva à suffoquer, à la recherche d'air qui ne parvenait plus à rentrer dans son organisme et Stella rigola doucement d'eux. Nikolaj et Dimitriv arrivèrent bientôt et s'assirent à leurs côtés, les saluant tranquillement avant de se mettre à manger la nourriture qui était apparu depuis peu dans les plats.

Même si Erus avait passé de très bonne vacances, cela faisait du bien de revenir à l'école.

XXXX

Les quelques semaines qui passèrent, il étudia et contacta de nombreuses fois son père et ses amis. Il aimait particulièrement le rapport journalier de Draco sur sa vie à l'école et cela l'amusait toujours autant de le voir se battre gentiment avec Ambre pour récupérer le miroir qu'elle venait de lui prendre des mains. La panthère avait maintenant atteint sa taille adulte et était assez effrayante. Le blond pouvait désormais faire mourir de peur la moindre personne qu'il croisait lorsqu'il se baladait dans les couloirs avec elle à ses côtés. Ambre avait peu à peu commencé à détester Ron Weasley, au grand plaisir de son maître : on l'avait vu en train de le courser On réprimandait quelques fois le blond pour la conduite de son animal, à quoi répondait Draco qu'elle ne faisait que de simples exercices.

Cynthia avait trouvé un Détraqueur qu'elle appréciait particulièrement et il semblait que le Détraqueur aimait grandement sa compagnie, lui aussi. Erus avait eu un bref contact avec leur Parleur de Détraqueur et avait appris que le familier de l'homme était un Détraqueur. Quand l'adolescent l'avait annoncé à sa sœur de sang, il avait pu voir ses yeux briller. Elle voulait, elle aussi, parler à ces créatures, sa décision avait été prise à ce moment et Erus avait ri de son empressement.

Quant aux sorts, Erus n'arrivait toujours pas à produire un bon Patronus. Invisus l'aidait de son mieux mais rien ne marchait vraiment.

« Je me concentre sur un souvenir agréable mais ça n'aide pas ! » s'écria Erus, son visage pâle et couvert de sueurs froides. Ses jambes tremblaient tellement qu'il était assis au sol.

Invisus soupira et s'assit en face de lui.

« Ce souvenir doit être le meilleur dont tu te souviennes. » tenta-t-il de lui expliquer. « Tu te sens bien quand tu penses à cela. Mon propre souvenir n'était pas vraiment ce que j'aurais pensé en être un bon. Ça change d'une personne à une autre. »

Erus laissa sa tête s'affaisser et prit une grande bouffée d'air.

« Comment vont les cours ? »

« Bien. Je n'aime toujours pas les boules de cristal »

« Je vois. » L'homme sourit. « Et tes prédictions ? »

« Elles me viennent un peu quand elles le veulent et ne sont que mineures. Des fois, je vois des choses qui se produiront dans les quelques heures à venir mais je n'y prête pas vraiment attention puisqu'elles n'impliquent aucun danger. »

« Mais tu te débrouilles bien dans les autres matières, pas vrai ? »

« Ouais. » dit Erus en levant la tête.

« Je dois te demander quelque chose. » déclara Invisus. L'adolescent se tourna vers lui et haussa un sourcil. Le professeur continua sur sa lancée « As-tu déjà été torturé par le Doloris, auparavant ? »

« Pas torturé mais j'ai déjà été frappé par ce sort quand j'étais petit. Pourquoi cette question ? »

« Lors de notre première séance d'entraînement au Patronus, tes membres tremblaient à cause du contrecoup. C'est tout. »

« Ce n'est pas tout. Vous voulez savoir qui c'était. »

« … Pas faux. » confessa l'instituteur.

« Ce n'était personne d'important. Je ne sais même pas qui c'était mais mon père s'est occupé de lui. »

Invisus observa l'adolescent en face de lui et dit après un moment :

« Prêt pour un nouvel essai ? »

XXXX

Rodolphus lançait sort sur sort, toujours en mouvement, toujours alerte. Il tailladait ses ennemis aussi facilement que s'ils avaient été composés d'air. Il souriait d'une oreille à l'autre, exactement comme sa femme et rien ne semblait pouvoir l'arrêter. Des cris de douleurs pouvaient être entendus, l'air brûlant à cause des flammes rougissant son visage. Le feu faisait briller ses yeux.

Une subite perte de concentration, un cri s'échappant de ses lèvres. L'homme tomba à terre, du sang coulant de sa bouche. L'épée s'était figée dans sa poitrine, traversant de part en part son poumon droit.

Abel tenta de tenir un Erus convulsant pendant que Cain courut chercher un professeur. Erus criait et, à la grande horreur de son camarade de chambre, du sang commença à s'écouler de sa bouche. Le Basilic sifflait comme un fou mais Abel ne comprenait pas le Fourchelangue et ne put, par conséquent pas répondre.

La porte s'ouvrit brusquement, laissant entrer un Lamia et une Maria hors d'haleine et les yeux grands ouverts lorsqu'ils virent l'état de leur élève. Ils s'avançaient tous deux quand Erus se raidit, ses yeux grands écarquillés et sa bouche ouverte en un cri silencieux. Après quelques instants, il s'effondra mollement sur son matelas et Lamia le prit dans ses bras. Du sang s'échappait toujours d'entre ses lèvres, obligeant Maria à lui jeter un sort de scan de santé.

« Pas de saignement au niveau de la gorge, rien. » déclara-t-elle enfin.

« Rodolphus. » souffla Erus, ses yeux désormais fermés.

« Qui, Erus ? » demanda Lamia.

« Mon père … a besoin de savoir … »

« De savoir quoi ? » le pressa l'homme.

« A besoin de savoir … » Erus continua à radoter des choses qui n'avaient pas de sens pour eux. Finalement, il sortit le miroir de son médaillon et tenta de l'élargir.

« Erus, non. » s'écria Maria. « Erus, où es-tu blessé ? »

« Pas blessé. » Comme pour confirmer ses paroles, le flot de sang qui s'écoulait toujours d'entre ses lèvres se tarit un peu. « Je dois le dire à mon père … s'il vous plaît. »

Lamia agrandit le miroir mais ne savait pas comment contacter le père du jeune garçon. L'adolescent prit le miroir des mains de l'homme et essaya de parler. Le flot de sang s'était peut-être ralenti mais cela ne l'empêcha de se mettre à tousser violemment et de cracher du sang sur les draps. Voldemort apparut et vit son fils de l'autre côté du miroir l'instant d'après, de la fumée noire s'échappait de la glace.

« Abel, Cain, sortons. » déclara rapidement Maria lorsque Voldemort émergea des fumées noires. Elle quitta la pièce avec les deux enfants. Lamia hésita à les suivre. Mais lorsqu'il vit l'homme prendre contre lui le corps tremblant de l'enfant, le professeur estima que ce dernier était en sécurité et s'en fut.

« Erus ? » demanda son père.

« Où se trouve Rodolphus ? »

« Chez lui, dans son lit, j'imagine. Pourquoi cette question ? »

« Au prochain raid … Ne le laisse pas partir, où que ce soit. »

« Pourquoi cela ? » Le Lord était perplexe.

« Si tu veux qu'il reste en vie, tu m'écouteras. »

Voldemort ouvrit grands ses yeux et Erus toussa encore un peu. Il essaya de se débarrasser du sang qui encombrait sa bouche mais son paternel fut plus rapide que lui en prenant sa baguette et le fit pour lui, profitant de cette occasion pour le laver de toute trace de sang.

« Es-tu blessé ? » lui demanda-t-il, faisant ouvrir la bouche à son enfant. Erus leva les yeux au ciel mais laissa Voldemort vérifier.

« Je vais bien. Je ne sais pas d'où vient tout ce sang. »

Le Seigneur des Ténèbres déposa son fils sur le lit et Vates s'enroula autour de son maître. Voldemort se pencha et posa doucement ses lèvres sur le front d'Erus avant de ramener les couvertures sur lui.

« Tu penses que tu peux t'endormir tout seul ? »

Erus ferma les yeux quelques instants avant de les rouvrir et d'acquiescer. Voldemort lui sourit brièvement et lui baisa une nouvelle fois le front.

« Je vais y aller et avoir une petite discussion avec tes professeurs. Bonne nuit, fils. »

Erus hocha la tête et s'enfonça un peu plus sous les couettes. Voldemort quitta la pièce et posa son regard sur les deux adultes et les deux frères qui attendaient devant la porte de la chambre.

Maria dit aux jumeaux : « Retournez au lit, maintenant. ».

« Allez, vite. »

Abel et Cain dépassèrent Voldemort et dirent bonne nuit aux adultes avant de pénétrer dans leur chambre. Ils jetèrent immédiatement un coup d'œil au lit de leur colocataire mais le garçon ne bougeait plus, dormant paisiblement avec Vates roulé en boule sur son torse, celui-ci défiant quiconque de s'approcher de son maître.

XXXX

« Nous nous rencontrons dans de drôles de circonstances, je dois dire. » dit Invisus, ramenant un peu plus ses robes contre lui.

« Je suis bien d'accord. » répondit Voldemort, sentant la pierre froide sous ses pieds nus tandis qu'ils traversaient un couloir. Il portait seulement un pantalon de pyjama et une chemise légère, ses cheveux étant relâchés mais il sentit que Invisus ne se soucierait pas des vêtements avec lesquels il s'habillait.

« Vouliez-vous m'entretenir que de quelque chose en particulier ? »

« Non, je voulais simplement avoir une petite discussion avec vous. Nous pouvons choisir un moment plus approprié si vous le souhaitez. »

« Je ne dormirai plus de la nuit, c'est donc bon de mon côté. »

« Dans ce cas-là, c'est bon pour moi aussi. » répondit Invisus. « Savez-vous que j'apprends le Patronus à Erus ? »

« Oui, il ressort de chacune de vos séances toujours aussi frustré, d'ailleurs. Personnellement, je ne suis pas en mesure de jeter ce sort et de ce que je me rappelle, sa mère ne le pouvait pas, elle non plus. Donc, si Erus réussit à accomplir le lancement de ce sort, je serai impressionné par la force de sa volonté, plus qu'habituellement en tous les cas. »

« Il semble apprécié de tous nous choquer. » Invisus sourit. « Je ne suis pas le seul à sentir qu'il deviendra puissant. »

XXXX

Les jumeaux s'inquiétèrent lorsqu'Erus tituba en sortant de son lit. L'adolescent s'agrippa la tête à deux mains et grogna, son pantalon bas sur ses hanches. Il s'était débarrassé de sa chemise durant la nuit et il ne s'était pas embêté à la remettre.

« Tu vas bien ? » demanda enfin Cain.

Le garçon aux cheveux d'ébène le regarda, tituba encore un peu puis s'assit sur son lit.

« Ça tourne. » répondit simplement Erus alors que les deux se levaient. Abel l'aida à se remettre debout et il grogna à nouveau, patientant quelques minutes, immobile puis essaya de faire un pas. Au soulagement des jumeaux, il réussit à aller jusqu'à la salle de bain sans trébucher une seule fois.

XXXX

Stella le fixa des yeux et Erus lui rendit son regard.

« Quoi ? » finit-il par l'interroger après cinq minutes avant de revenir à son petit-déjeuner désormais froid. Il fronça le nez et jeta un sort de réchauffement sur son porridge.

« Abel et Cain m'ont dit. Ce qu'il t'est arrivé hier. »

« Ce qu'il m'est arrivé ? »

« Ta vision. » continua-t-elle. « Sur quoi portait-elle ? »

« Un ami de mon père. » Il balaya la remarque d'un geste de la main. « Rien de bien important. »

« Ils m'ont dit que tu avais du sang qui coulait de ta bouche. »

Le garçon jeta un regard désapprobateur aux jumeaux qui répondirent par un simple haussement d'épaules. Il refit face à la fille avec un soupir.

« Je ne sais pas pourquoi il sortait du sang de ma bouche. Ce n'était pas le mien et je n'étais pas blessé. Mon père est venu, je lui ai dit quelle était ma vision puis c'était fini. Toutefois, j'avais la tête qui tournait ce matin. »

Stella le regarda plus attentivement. Cela lui rappela Cynthia et il déglutit. Elle pouvait être méchante, lorsqu'elle le voulait, s'il se souvenait bien.

Heureusement pour lui, Stella n'était pas Cynthia. La fille poussa juste un soupir et dit :

« Bon, je crois que ça ira pour cette fois. Mais tu ferais mieux d'apprendre à contrôler ton Troisième Œil ou tu vas finir chez la guérisseuse Sofi encore une fois. »

« Je ferai de mon mieux. »

XXXX

« Nous allons faire quoi ? »

Mircleia regarda à nouveau sa classe avec un grand sourire. L'élève qui avait pris la parole était toujours choqué, comme beaucoup de ses camarades. Erus avait son expression habituelle plaquée sur le visage.

« Vous êtes sérieuse ? » demanda un autre étudiant. « Nous allons faire de vrais duels ? »

« Ouaip ! » s'écria-t-elle joyeusement. « J'ai pensé qu'il était temps qu'on s'y attelle ! Nous allons faire un petit tournoi. Nous commencerons avec des groupes de deux puis les vainqueurs de ces groupes se rencontreront, cela continuera jusqu'à ce que nous ayons un vainqueur. Il n'a pas de prix à la clé, voyez simplement ceci comme un exercice et une opportunité pour voir les autres se battre. »

Ils se regardèrent entre eux puis la professeur commença à faire les groupes.

« Nous débuterons avec Mauricia et Erus. » Elle se tourna, prit deux assiettes et les tendit devant elle. « Posez toutes vos amulettes de protection, colliers, etc. dans ces assiettes. Rien ni personne n'y touchera, je vous en assure. »

Mauricia donna l'impression d'avoir avalé un citron.

« Est-ce que je dois vraiment me battre contre un enfant, professeur ? »

« Cet enfant se trouve dans cette classe, ce qui veut dire qu'il a la même force que toi, les même capacités. » balança le professeur. « L'âge ne compte pas, dans des cas comme ça. »

Mauricia ricana et déposa deux bracelets et une amulette dans une des assiettes. Erus s'avança d'un pas et enleva sa bague. Instantanément, son corps lui sembla plus léger et il se rappela une conversation qu'il avait eue avec son père.

« La seule chose qu'ils font est de me protéger ? » demanda Erus en regardant son père. Il tenait dans sa main son amulette et son collier pour montrer de quoi il voulait parler.

« Non. Pas celles-là. Elles te protègent mais suppriment aussi une partie de tes pouvoirs. »

« Je ne vois pas ce que ça a de bien. » marmotta Erus.

« Réfléchis. » protesta le Lord Noir. « Quand tu es sur le point de perdre, tu les enlèves et soudain, c'est comme si tu ne t'étais pas battu. Tu es déjà supérieur à la plupart des personnes et c'est bien de se lancer des défis. »

« En supprimant ma magie ? »

« Oui. Sache simplement que si tu les enlèves, tu auras bien plus de pouvoirs. »

Erus retira le collier et commença à se sentir pris de vertige en sentant tant de pouvoir circuler en lui. Ses mains se dirigèrent ensuite vers l'amulette puis hésitèrent avant de finalement l'enlever. Mircleia la fixa des yeux après qu'il l'ait posé dans l'assiette puis se tourna vers les deux opposants en secouant la tête et en déposant les assiettes sur son bureau.

Le reste de la classe se tenait derrière les protections qu'avait apposé la femme tandis que Mauricia et Erus avaient un grand espace pour eux tout seuls. Mircleia prit la parole.

« Très bien, vous pouvez utiliser tous les sorts que vous souhaitez sauf les Impardonnables. Vous n'êtes pas autorisés à vous entre-tuer, bien évidemment et une fois que l'un de vous est à terre, le duel est terminé. Compris ? »

Ils hochèrent tous deux la tête.

« Commencez ! »

Mauricia eut un sourire hautain et s'écria :

« Ce sera facile. Expelliarmus ! »

Le sort vola jusqu'à Erus qui l'écarta d'un simple geste de la main. Mauricia n'hésita qu'un instant avant de reprendre :

« Expulso ! »

Le sort fut une fois de plus dévié par l'adolescent qui eut l'insolence de bâiller. La jeune femme gronda et se mit à courir. Erus ne bougea pas, pas même la tête. Il garda ses yeux posés sur l'endroit où elle s'était trouvée, il y avait encore quelques instants.

« Ton arrogance causera ta perte ! » jubila-t-elle. « Incendio ! »

Le sort vola jusqu'à son dos, non protégé, sembla le toucher. Mauricia s'arrêta et sourit. Le sourire, cependant, se transforma en grimace d'horreur quelques instants plus tard.

Erus était en feu et pourtant, il n'avait pas bougé. Lentement, il tourna la tête, ses cheveux brûlant rapidement. Est-ce que ses cheveux brûlaient ? Finalement, elle n'en était plus si sûre. Il semblait terriblement détendu. Il parla doucement :

« Infusco. » (N/T : Rendre Sombre … Bizarre mais c'est ce que Tiro a écrit.)

Des ombres s'échappèrent de son corps et il ne resta rien de l'Incendio qu'elle avait jeté sur lui. Il se tourna doucement vers elle et continua :

« Je pense que c'est mon tour, maintenant. Alea jacta est. (N/T : Peut être traduit par Le sort en est jeté)

Il se mit dans une drôle de position, un pied se trouvant derrière lui. Il leva son bras de telle sorte que sa baguette soit à la hauteur des yeux de son opposante. Il ferma les yeux et dit :

« Aqua Viate ( N/T : Eau de Vie )

Un cercle d'eau surgit soudain d'un sol et l'entoura avant se mettre à tourner follement autour de lui. Ses cheveux se mirent à voler dans son dos et Mauricia se trouva alors incapable de produire le moindre mouvement. Il ouvrit les yeux et sourit doucement.

« Impetus. » ( N/T : Attaque )

L'eau fonça en direction de la jeune femme et son cri fut le dernier qu'elle poussa de ce duel.

Mircleia vérifia l'état de Mauricia, une fois que l'eau eut disparu la fille était vivante et allait bien, elle était simplement en état de choc. L'institutrice se releva et annonça avec un sourire nerveux :

« Vainqueur, Erus. Joli sort, d'ailleurs. »

Il acquiesça juste et s'en fut récupérer ses protections. Il les déposa dans ses poches, sachant qu'il devrait encore se battre durant les heures à venir.

XXXX

« Mircleia, tu vas bien ? »

La femme leva les yeux sur Lamia et Invisus, actuellement les deux seuls autres professeurs dans la pièce. Elle hocha distraitement la tête, sirotant son thé.

« Il s'est passé quelque chose dans ta classe ? » demanda Lamia.

« J'ai fait un petit tournoi. Tu sais, avec des duels et ce genre de choses. Je n'arrive toujours pas à le croire. »

« A croire quoi ? » Invisus fronça les sourcils.

« Qu'Erus s'est placé second. Il est de trois ans leur cadet et il s'est placé second. Il aurait fini premier s'il avait continué mais il a dit se sentir mal et sauta le dernier combat pour être classé deuxième. »

« Tu es sérieuse ? » s'exclama Invisus et en réponse, elle approuva. « Whoa … eh bien, cela montre qu'il sait vraiment ce qu'il fait. »

« Je ne connaissais pas la moitié des sorts qu'il a utilisé. » confessa la sorcière. « Ils ont dû lui être enseignés par des personnes créant les sorts. Il en a un qui entoure son corps d'ombres. »

« Ah bon ? Quel était le nom de ce sort ? »

« Infusco. Je ne l'avais jamais entendu auparavant. »

Invisus, cependant, en avait déjà entendu auparavant. Ses yeux s'ouvrirent en grand tandis qu'il réfléchissait à cent à l'heure. Impossible …

« Invisus ? » s'inquiéta Lamia en voyant l'expression sur son visage. « Tu sais quelque chose à propos de ce sort ? »

« Oui, en effet. Mais il ne devrait pas être en mesure de le faire. »

« Pourquoi donc ? » demandèrent les collègues de l'homme aux cheveux noirs.

« Pourquoi ? Parce que le sort est une spécialité des vampires. »

XXXX

Erus leva les yeux sur la personne qui s'assit en face de lui dans la bibliothèque. Il s'agissait de Nikolaj. Erus cligna des yeux.

« Où se trouve ton frère ? »

Nikolaj haussa les épaules, désignant vaguement un coin de la bibliothèque d'un geste de la main. L'adolescent acquiesça et reprit sa lecture. Après un moment, le russe leva les yeux de son propre livre et regarda Erus.

« Comment se fait-il que tu ais tant de magie en toi? » Erus posa son regard sur Nikolaj.

« Je ne sais pas … Peut-être que j'ai en moi des réserves de magie ? »

« Tu peux lancer des sorts que nul autre que toi ne saurait utiliser. » Il pencha un peu la tête. « Assez impressionnant. »

« Hum, ce n'est pas grand-chose. Tu finiras par les connaître, ces choses, toi aussi. »

« Ouais, mais pas avant quelques années. » Le russe sourit doucement. « Enfin, si Dimitriv me laisse faire. »

« Pourquoi t'en empêcherait-il ? »

« Il est très protecteur envers moi. » répondit Nikolaj. « L'a toujours été, le sera toujours. Mère et père sont morts quand nous étions jeunes, nous laissant à notre tante. Elle est gentille mais Dimitriv veut que je sois en sécurité. »

Erus hocha la tête.

« Et cela veut dire qu'il veut te protéger de tous les problèmes du monde ? »

« Quelque chose comme ça. » approuva le russe. « Il dit que je devrais en rester aux livres et le laisser s'occuper des combats. »

« Ça m'a l'air d'être une vie plutôt confortable. »

« Mais maintenant que je possède ce pouvoir de Nécromancien, je ne sais pas vraiment s'il pense toujours comme ça. » Il jeta un regard vers la section des livres de défense. « Ce n'est pas comme s'il détestait ce pouvoir, il a juste l'impression qu'il ne devrait pas être en moi. »

« Tu ne peux pas toujours choisir de ce que tu vas devenir. Mon père me répète souvent cela. »

« Des mots sages. »

« Il a dit des choses bien pire. » Il fit un vague geste de la main.

« Qu'est-ce que ton père fait dans la vie ? » demanda Nikolaj, oubliant son livre pour le moment.

« Ci et ça. » répondit mystérieusement Erus. « Quelques affaires par ci, par là. On ne sait jamais. »

Son interlocuteur regarda l'adolescent pendant un long moment avant de ricaner.

« Est-ce que toute ta familles est aussi bizarre que toi ? »

« Je pense qu'ils sont bien plus bizarre que moi. »

« Que Merlin nous vienne en aide … »

Erus se mit à rire de la réponse de l'autre, faisant sourire en écho Nikolaj.

XXXX

L'hiver commença bientôt à se faire remplacer par le printemps, bien que les changements ne soient pas flagrants en Italie.

Erus continua à suivre ses études, à écrire des lettres et à parler à ses amis.

Mais il n'arrivait toujours pas à produire ce foutu Patronus. Lors d'un soir assez chaud d'Avril, Erus se laissa glisser au sol après son cinquième échec. Invisus s'agenouilla à ses côtés, inquiet. Les yeux de l'adolescent étaient légèrement voilés, c'est pourquoi le professeur frappa gentiment sa joue. Erus ferma et rouvrit ses yeux avec irritation et regarda l'homme.

« Es-tu déterminé à te tuer avant que l'année ne soit finie ? » siffla l'instituteur. « C'est fini pour aujourd'hui, et même pour cette semaine. »

Erus grogna mais le regard noir d'Invisus l'empêcha de protester. Il fut aidé à se remettre sur ses pieds et fut conduit à une chaise. Il s'assit fébrilement mais tressaillit lorsque la porte s'ouvrit brusquement. Miss Profeta rentra dans la pièce.

« Pupa ? » demanda Invisus avec un froncement de sourcils. « Tout va bien. »

Elle pencha la tête et son regard rencontra celui d'Erus. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'elle prit la parole.

« Un grave danger plane sur ta tête. Du sang sera versé et celui-ci le sera sur tes mains, enfant. Un traître tentera de s'enfuir, un homme mourra à moins que tu n'agisses et il y aura de la douleur. »

Elle se tenait désormais en face d'Erus, qui avait les yeux grands ouverts. De choc. Elle posa sa main sur sa joue et continua :

« La fille qui parle le langage des Détraqueurs tu dois lui parler. Elle doit apprendre à parler. Si elle y réussit, l'homme aura plus de chance de survivre. L'enfant aux cheveux blonds ne doit pas perdre espoir la perte de l'espoir mène au désespoir et à la peur, et la peur bloque tout. Tu dois rester fort et ne pas t'effondrer. »

« De quoi parles-tu ? » souffla Invisus.

« Si je n'apprends pas à lancer le Patronus, Lucius mourra, n'est-ce pas ? » demanda Erus. « Si Cynthia ne peut pas leur parler, il mourra. Nous devons apprendre pour qu'il survive. »

« Tu as vu bien plus qu'un enfant ne devrait avoir vu. » dit Miss Profeta. « Tu as été témoin de la mort de nombreux hommes par la main de quelqu'un que tu chéris. Tu as vu beaucoup de personnes tomber pour Lucius. Tu n'es pas étranger à la mort et tu sais ce que la mort d'un être aimé te fera. »

Invisus fixa des yeux les deux Erus se leva de sa chaise, ses yeux ne quittant pas ceux de la femme.

« Ça détruit. » murmura le garçon. « La mort d'un être aimé nous détruit lentement de l'intérieur. Corrompt nos âmes, rend nos esprits aveugles. Nous apprenons la haine et la colère et perdons tout le reste. Après la haine et la colère, suit la folie. Je l'ai déjà vu advenir auparavant. Je ne veux pas que cela arrive à Draco. »

« Draco, l'enfant blond. » dit-elle. « Je sens une connexion avec toi, une connexion que personne ne peut briser, une connexion qui durera pour l'éternité. »

« Si tu n'as pas de frère ou de sœur, fais de tes amis tes frères et tes sœurs. » éluda Erus avant de s'expliquer. « Un Rituel de Sang a fait de Draco de mon frère et de Cynthia ma sœur. Frères et sœur resterons nous à jamais. »

Invisus doutait qu'ils se rappellent encore qu'il se trouvait dans la pièce. Sa tête tournait à cause de ce que tout ce que Pupa et Erus venaient de dire. Erus venait d'une famille Sombre, Invisus le savait déjà. Mais maintenant … Les Rituels de Sang n'étaient pas des sorts à la portée de tout le monde. Ce qui voulait dire qu'Erus portait en lui un pouvoir extrêmement noir qui existait seulement chez les plus anciennes familles Sombres.

Et le discours à propos de toutes ces morts … Invisus lui-même avait eu un père qui était plutôt sanguinaire. L'homme avait été exécuté quelques années plus tôt pour avoir causé un massacre en Grèce. Était-il possible que le père d'Erus soit de la même espèce ? L'homme gentil et plutôt amusant avec qui il avait marché et discuté dans les couloirs de l'école ? L'homme qui avait seulement porté un pyjama usé et qui avait quand même réussi à paraître tranquille et quelque peu intimidant, malgré ses pieds nus et ses cheveux en bataille ? Le père d'Erus et son propre père semblaient être de parfaits opposés l'un de l'autre.

Finalement, les deux autres occupants de la salle semblèrent se réveiller. Erus cligna des yeux et se rassit. Miss Profeta prit une grande respiration et sortit rapidement. Seulement à ce moment se permit-il de perdre cette expression neutre qu'il avait adopté. Des ténèbres, là où Invisus s'était caché, l'homme vit Erus baisser la tête, les cheveux lui tombant devant les yeux. Ses fines épaules tremblaient légèrement et la voix basse d'Erus lui parvint :

« Je ne peux pas le faire tout seul ... »

XXXX

Cynthia regarda Erus et lui demanda :

« Tu es sérieux ? »

« Absolument sérieux. » lui répondit Erus. « Contacte Lucius et demande l'Orateur. Lucius saura quoi faire. »

« L'Orateur. » répéta Cynthia. « Compris. Tu vas bien ? Tu sembles fatigué. »

« Je suis un peu fatigué. Où se trouvent Draco et Ambre ? »

« Dans la Salle Commune. Devrais-je les chercher ? »

« Non. » la rassura Erus. « Dis-lui simplement que je le salue. »

« OK. Tout va vraiment pour le mieux ? »

« Bien évidemment. » mentit à moitié le garçon. « Tout va bien. Bonne nuit. »

« Bonne nuit. »

Erus ferma le miroir et se laissa retomber sur son lit. Vates monta sur le lit, sifflant :

« Tu as menti. »

« Pas entièrement. » répondit-il avec fatigue. « Je ne pouvais pas lui dire ce qu'il se passera si elle n'apprend pas à la parler, cette langue. Elle n'a pas besoin de la connaître sur le bout des doigts, juste de savoir les bases. »

« Elle doit apprendre ça en deux mois ? »

« Elle doit essayer et je serai capable de lancer un Patronus correct d'ici-là. »

Le Basilic était inquiet de voir à quel point son maître semblait fatigué et s'enroula autour d'Erus.

« Tu n'as plus de devoirs à faire ? »

« Pas de devoirs. »

« Alors, dors, maintenant. »

Les yeux d'Erus se fermèrent d'eux-mêmes pendant que le serpent continuait de siffler doucement.

Il s'endormit sans tarder.

XXXX

Il fut réveillé par le serpent au cours de la nuit.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » grogna-t-il en se frottant les yeux.

« Le parchemin du vampire … »

Erus se réveilla immédiatement et posa son regard sur la table de chevet. Lors de la soirée de Noël, Noir lui avait donné un parchemin pour qu'ils puissent s'écrire l'un à l'autre. On écrivait ce que l'on voulait sur le parchemin et cela apparaissait sur l'autre bout de papier.

A l'instant, des mots se formaient. Rapidement... Erus tendit le bras pour l'agripper.

Erus. Je n'ai rien trouvé de bien intéressant sur Auctrix mais par contre, j'ai bien trouvé quelque chose d'autre qui devrait t'intéresser. Pour une fois, cependant, je te demanderai quelque chose en retour.

Erus cligna des yeux à la vue de la phrase. Noir n'avait jamais rien demandé auparavant. Qu'est-ce que le vampire préparait ?

Tu sais déjà ce qui est arrivé à mon frère. Il ne s'est pas encore réveillé, peu importent nos essais. Mais tu pourrais être en mesure de nous aider. Tu as mis Mauro dans la transe du Sommeil Mortel, peut-être seras-tu capable d'en sortir mon frère. C'est tout ce que je demande. En échange, tu recevras des informations.

Erus fixa des yeux le parchemin. Il prit ensuite une plume et l'apposa contre le papier

Il inscrivit sa réponse :

Est-ce tout ? Tu ne demandes pas grand-chose. Bien, j'accepte. Le prochain week-end est un week-end où l'on peut retourner chez soi. A la place, je te suivrai.

XXXX

Erus avait dit à Sirius qu'il resterait à l'école pendant le week-end et malgré le fait que l'homme ait été un peu perplexe, il n'avait pas demandé pourquoi. Il était en train de sortir avec les autres, un petit sac jeté par-dessus son épaule. Il repéra le vampire et alla vite jusqu'à lui. Noir sourit, lui tendit un bras. Erus entoura la taille du vampire de son propre bras et ils s'évaporèrent dans les airs.

Stella fronça des sourcils lorsqu'elle les vit disparaître mais haussa finalement les épaules.

XXXX

Erus observa le manoir dans lequel ils venaient juste d'atterrir. Le hall d'entrée était luxueux, éclairé par des centaines de bougies flottant doucement dans les airs. L'adolescent ne put s'empêcher d'admirer l'endroit. Noir le regarda et lui demanda :

« Tu aimes ce que tu vois ? »

« Oui, beaucoup. Tu vis ici ? » lui demanda-t-il tandis qu'ils traversaient l'entrée.

« Quelques fois. » répondit le vampire. « Pour le moment, seul mon frère est dans ce manoir. Les autres ont quitté cet endroit lugubre. »

« Pourquoi ? »

« Ils n'appréciaient pas le tranquillité qui y régnait depuis que mon frère est tombé sous l'effet du sort. C'est un sacré fauteur de trouble mais sans lui, cet endroit s'est effondré. »

Noir s'arrêta finalement devant une porte qu'il ouvrit lentement. Erus fut mené à l'intérieur et cligna des yeux. L'intensité de la lumière lui assaillit les pupilles. Après s'être adapté, il posa son regard sur le lit au milieu de la pièce et vit un vampire dormir dessus.

Bien qu'étant le frère de Noir, l'autre vampire ne lui ressemblait pas vraiment. Ses cheveux étaient courts et en épis, sa peau était légèrement tannée et il était plutôt petit, le visage émacié. Il portait une simple robe de nuit blanche.

« Son nom est Blanc » intervint Noir. « Mère a eu peu d'imagination lorsqu'elle nous a prénommé. »

Erus s'avança jusqu'au lit de Blanc et s'assit dessus. Noir attendit près de la porte.

« Viens là. » dit Erus avec irritation. « Je ne pense pas qu'il réagira bien lorsqu'il verra un étrange humain assis en face de lui en ouvrant les yeux. »

Le vampire aux cheveux blancs se rua à l'intérieur de la pièce et s'assit de l'autre côté du lit. Erus ne savait pas vraiment quoi faire mais il avait l'impression que quelque chose l'attirait à lui. Il ferma automatiquement les yeux et posa une main sur une de celle de Blanc, celle-ci reposant sur le torse de l'endormi. Il se rappela à lui tous les souvenirs de Mauro et les passa tous en revue. Noir le scrutait silencieusement.

Soudain, Erus commença à parler français, ses yeux à moitié ouverts mais ne voyant pourtant rien. Noir jeta un coup d'œil à son frère puis revint à l'adolescent, la nervosité apparaissant désormais dans son regard.

Erus ne le remarqua pas.

Avec assez d'amour, tu peux les réveiller.

Est-ce qu'Erus éprouvait assez d'amour pour Noir afin de réveiller Blanc. Erus rassembla tous ses souvenirs avec Noir, tous les moments heureux, chaque sourire, chaque rire. Du début jusqu'à maintenant. En avait-il assez pour aider Blanc.

Ses yeux se refermèrent.

XXXX

Une soudaine inspiration fit relever la tête de Noir, vers ce lit où gisait son frère. Blanc bougea légèrement la tête, ses yeux clairs s'offrant. La forte lumière le fit gémir et les ferma à nouveau. Noir baissa immédiatement l'intensité de la lumière lorsqu'Erus ouvrit les yeux.

« Tout va bien, frérot. » souffla Noir quand Blanc tenta de bouger ses membres légèrement atrophiés.

« Tu vas bien. »

Erus prit une grande respiration et cligna des yeux. Il se sentait affreusement las et chancela un peu sur le rebord du lit. Noir le vit et tendit le bras. Il stabilisa l'adolescent et dit :

« Tu vas bien, Erus ? »

« Tête qui tourne. » marmonna Erus. « Le sort demande beaucoup de magie. »

Noir observa le garçon se lever et s'asseoir sur un fauteuil pas très loin. Toutefois, le grognement de Blanc le fit se retourner vers le lit. Le vampire tentait de se lever mais ses membres étaient plutôt lourds pour lui et ses mouvements étaient lents.

« Rallonge-toi. » Il posa sa main sur l'épaule de son frère et le repoussa doucement sur le matelas. « Tu ne devrais pas bouger avant que j'appelle quelqu'un qui puisse vérifier ton état de santé. »

« Où sont … les gens? » demanda lentement. Sa voix n'était qu'un simple murmure.

« Ils sont partis. » lui répondit Noir.

« Combien de temps … a passé … depuis que je … devenu comme ça ? »

Noir jeta un coup d'œil à Erus. Il les regardait. Le vampire aux cheveux blancs caressa la joue de son frère.

« 394 années, frérot. » chuchota Noir.

XXXX

Erus observa la pièce que Noir lui avait prêté pour le week-end. Elle était plutôt grande avec un lit à baldaquin, un bureau et ce qu'Erus pensait être une garde-robe. Il marcha jusqu'au lit et se laissa tomber dessus. Des nuages de poussières se soulevèrent et Erus toussa. Il sortit sa baguette de son holster et fit disparaître la poussière. Ensuite, il laissa retomber mollement son bras sur le lit avant de se mettre en boule.

Ce fut dans cette position que Noir le trouva quelques heures plus tard. Le vampire rentra dans la pièce en faisant attention à ne pas faire de bruit puis vit que l'adolescent dormait. Il s'avança jusqu'au lit et toucha doucement l'épaule du garçon aux cheveux longs. Erus inspira profondément et tourna son visage vers Noir. Des yeux verts ensommeillés s'ouvrirent.

« Quoi ? »

« Dîner. J'ai pensé que tu aurais peut-être faim. »

Comme pour confirmer ses paroles, l'estomac d'Erus gronda. Ce dernier rougit en baissant les yeux sur son ventre. Noir rit doucement.

« Viens. Mon frère est impatient de te rencontrer. »

« Il va bien ? »

« Les vampires récupèrent vite. Tu as dormi pendant cinq heures et, pendant ce temps-là, il a assez récupéré pour pouvoir descendre au réfectoire. Enfin, je l'ai aidé. »

Erus hocha la tête et s'assit. Il laissa son sac sur le lit et passa une main dans ses cheveux. Ils marchèrent silencieusement jusqu'à la salle à manger où se trouvait Blanc. Il portait désormais une chemise à col noire et pantalon de la même couleur. Il s'illumina lorsqu'il les vit arriver. Erus s'assit à ses côtés et lui dit :

« C'est un plaisir de vous rencontrer, monsieur. »

« Oh, non, ne m'appelle pas monsieur, jeunot ! » s'exclama Blanc. « Cela me fait paraître vieux et pervers ! »

Erus haussa un sourcil et Noir grogna.

XXXX

« Ton frère est assez différent. » commença Erus, amusé.

« Sans déconner. » marmonna Noir. « J'aime mon cher frère mais il devrait vraiment apprendre quand fermer sa bouche. Personnellement, j'aime quand il est calme. »

Erus rigola du commentaire et Noir le fusilla du regard. Ils étaient assis dans le salon après que le vampire ait ramené son frère dans sa chambre Avoir dormi 400 ans avait rendu Blanc assez faible, malgré sa nature de vampire.

« L'information. » dit soudain Erus en regardant le vampire aux cheveux blancs.

« Oui, l'information. »

Il prit un parchemin sur une table près de lui et le passa en revue.

« Ton père avait un Mangemort nommé Peter Pettigrow. Il a dit à Voldemort où se trouvait les Potter. »

« Pettigrow est un traître » gronda Erus. « Il a tenté de tuer les Lestrange et s'est enfui quand il a échoué. Il mérite bien sa forme de rat. »

« C'est un détail intéressant. » sourit Noir. « Un rat, dis-tu ? C'est un Animagus, pas vrai ? »

« Oui. »

« Je sais où il se trouve. » Il secoua le papier. « Il est dans sa forme Animagus depuis qu'il s'est enfui et est resté avec une famille. »

« Laquelle ? »

« Les Weasley. »

XXXX

« J'imagine que je devrais dire merci. » dit Blanc à l'adolescent. « Dommage que tu ne puisses pas rester plus longtemps … »

« Oh, je suis sûr qu'il reviendra. Pas vrai ? » Il se tourna vers le garçon en disant cela.

« Je vais y réfléchir. Encore une fois, cela a été un plaisir de te rencontrer, Blanc. »

« La plaisir est mien. Assure-toi bien qu'il reparte en sécurité, Noir. »

« Je ne suis pas un idiot fini. » marmonna le plus vieux des deux vampires.

Blanc lui souffla un baiser. Erus rit doucement derrière sa main.

XXXX

« Qui était l'homme avec qui tu es parti ? »

Erus regarda Stella mais elle refusa de rencontrer son regard et se concentra sur le contenu de son assiette. Les jumeaux n'étaient pas encore arrivés. Ils se trouvaient pour le moment seuls à la table. Les jumeaux russes, Rick et Margarette se trouvaient à une autre table déjà remplie et les deux avaient dû se rabattre sur une autre table.

« Celui aux cheveux blancs ? »

Elle acquiesça.

« Un ami. »

« Un ami qui se trouve être un adulte et un vampire ? »

« Ouais. Punaise ! » s'exclama-t-il soudain.

« Quoi ? »

« Tu sais cette rumeur qui dit que ton père est un vampire ? »

« Oui, et ? »

« Mon ami a de nombreuses connexions. Je pourrais lui demander s'il sait quelque chose. »

« Connaîtront-ils mon nom ? »

« Pas si tu ne veux pas qu'ils le sachent. Mon ami tire de nombreuses ficelles. »

« Pourquoi es-tu parti avec lui ? J'imagine que ce n'est pas pour converser. »

« Il avait une information dont j'avais besoin mais voulait que je lui fasse une faveur. C'était en effet une bonne information, je ne le regrette pas. »

« Quel genre de faveur ? » demanda la fille en entamant son repas.

« Je devais aider son frère. Il dormait depuis presque 400 ans à cause d'un sort mais je connaissais le contre-sort. Donc je l'ai réveillé. »

« 400 ans ? » Elle ouvrit de grands yeux.

Erus acquiesça puis s'illumina soudain.

« Regarde ! C'est Abel et Cain ! »

Elle leva les yeux de son assiette et vit les jumeaux se dépêcher de les rejoindre. Elle se tourna alors vite vers Erus et s'enquit auprès de lui :

« Peux-tu demander à ton ami pour moi ? A propos de mon père ? »

« Bien sûr. Pas de problème. Cela pourrait prendre du temps pour qu'il trouve une information fiable mais ce n'est pas grave, pas vrai ? »

« Je me pose la question de savoir qui est mon père depuis 10 ans. » Elle lui sourit. « Je pense que je peux attendre un peu plus longtemps. »

XXXX

Erus rentra avec précaution dans la chambre et appela :

« Vates ? »

« Espèce de saleté! »

Le Basilic bondit pratiquement sur lui et Erus hoqueta. Le serpent s'enroula autour de lui et serra fortement en sifflant encore en encore :

« Espèce d'humain stupide ! »

« Je n'arrive pas à respirer ! » respira difficilement Erus. « Je suis désolé, Vates, pour t'avoir laissé ici. »

« Tu aurais pu te faire blesser. » pleura doucement le Basilic. « Et que ce serait-il passé si tu t'étais fait blesser et que je n'étais pas pour te défendre ? »

« J'étais en sécurité ! » Il réussit finalement à avaler quelques goulées d'air frais.« J'étais avec un ami, Noir, tu te rappelles de lui ? »

« L'homme vampire ? »

« Oui, l'homme vampire ? » dit le garçon aux cheveux ébène en frottant ses côtes meurtries. « Lui et son frère. »

« Oh … » Le serpent glissa jusqu'au lit avant de monter dessus. « Dans ce cas, ça va, j'imagine. Simplement, ne me laisse plus seul, comme ça, d'accord ? »

« Promis. » hoqueta Erus. « Encore un seul câlin comme ça de ta part et je mourrai. »

« C'est Nagini qui m'a appris à le faire. » expliqua Vates avant de bâiller et de se recroqueviller sur lui-même.

« Pourquoi est-ce que je ne suis pas surpris ? » siffla l'adolescent.

XXXX

Mai remplaça bientôt avril.

Erus commença, encore une fois, à élaborer un plan. Pour empêcher les Détraqueurs de tuer Lucius, attraper le traître et éloigner ce fou d'Auctrix de Draco.

Pour cela, il devait faire quelques petites choses :

Il devait apprendre le Patronus.

Il devait se rendre dans la Tour de Gryffondor et voler Pettigrow à Weasley, qui, d'après les informations de Noir, appartenait en ce moment à Ron Weasley.

Il devait trouver Auctrix, peu importe où se trouvait l'homme. Probablement près de Hogwarts s'il souhaitait tuer Draco.

De ces trois choses, il considérait le fait de voler le rat comme la plus simple. Devait-il se débrouiller tout seul pour pénétrer dans la Tour et laisser quelqu'un le faire à sa place ? Peut-être que Vates pourrait l'aider ?

Non, il n'exposerait pas son familier à ce genre de risques. Un des camarades de chambre de Weasley, alors. Il devait manipuler ou contrôler l'un d'eux par l'Imperio.

Il choisit Londubat. Maintenant, le vrai problème était le suivant : Comment rentrer dans Hogwarts et s'approcher assez près de Londubat pour lui lancer le sort sans alerter Dumbledore ?

Il avait encore du temps pour y réfléchir. L'autre chose était de trouver Auctrix. Il pouvait obtenir l'aide de Noir de ce côté-là et peut-être que Fenrir pourrait patrouiller la zone autour de l'école sans que son père le sache. Voldemort avait déjà des cheveux gris avant l'âge à cause de tout ce qui s'était passé pendant l'année. Erus ne voulait pas l'inquiéter outre mesure.

Et enfin, son plus grand problème, l'apprentissage de cette saleté de sort. Peu importe ce qu'il faisait, il ne tenait jamais face au Détraqueur. La seule lumière dans ces ténèbres était que Cynthia apprenait plutôt rapidement le langage de ces créatures et pouvait déjà discuter assez aisément avec un Détraqueur. Il était heureux pour elle qu'elle ait un tel don et qu'elle puisse leur parler. Cependant, elle n'aimait pas certains des Détraqueurs qui gardaient l'école elle disait qu'ils murmuraient des choses mauvaises. Celui à qui elle parlait était plutôt amical … pour un Détraqueur.

Erus soupira et laissa sa tête tomber sur une table dans la bibliothèque. Stella et Margarette le regardèrent bizarrement lorsqu'il grogna. Il devait s'occuper de beaucoup trop de choses.

XXXX

Erus prit une grande inspiration et la relâcha. Il attendit pendant un moment. Nan, cela ne faisait pas baisser sa colère. Il se releva et débuta à faire les cent pas. Le médaillon se réchauffa soudain et Erus en sortit le miroir. Il l'ouvrit et le visage de Voldemort apparut.

« Salut papa. » Il se rassit.

« Est-ce que je viens d'interrompre quelque chose ? »

« Nan, tu n'interromps rien. J'en pouvais plus de mes devoirs, de toute façon. »

Voldemort toussa un 'Pareil' et Erus sut qu'il venait de s'échapper de ses devoirs, une fois encore.

« Alors, quoi de neuf ? » demanda l'adolescent en s'allongeant, laissant Vates poser sa tête sur son torse. Le garçon caressa lentement la peau écailleuse tout en regardant son père.

« Auctrix. » Cela attira bien évidemment l'attention d'Erus. « J'ai envoyé Fenrir patrouiller près de l'école. Il a vu l'homme dans la Forêt Interdite. »

Erus se rappela soudain que son père était intelligent, brillant même et avait dû, par conséquent, pensé à quelque plans pour Auctrix et Lucius. Erus était fatigué d'avoir à garder tous ces secrets et n'avait qu'une envie, tout partager avec son père. Mais il ne le pouvait pas. Pas encore. Durant l'été, il le pourrait. Durant l'été, il pourrait tout raconter à son père et ils seraient enfin capables de partager leurs secrets. Erus sentait qu'il devait le faire et que s'il en parlait maintenant à son paternel, Voldemort lui interdirait de faire quoi que ce soit.

« Intéressant. » répondit-il néanmoins. « Qu'est-ce que fait Fenrir ? »

« Il observe. Nous espérons que l'homme fera une erreur et laissera Fenrir se rapprocher de lui. S'il le fait, il serait rapidement capturé et dans mes donjons. »

« Génial ! » Erus espérait qu'il aurait un problème en moins à résoudre. « J'ai hâte que l'école soit finie. »

« Pourquoi cela ? »

« Parce que tu me manques. Je veux rentrer à la maison. Bien sûr, j'adore être ici mais j'aime encore plus être à la maison. »

« Dois-je m'en sentir fier et heureux ? »

« Peut-être, à toi de voir. »

Voldemort observa avec attention son fils et lui dit :

« Tu vas vraiment bien ? Tu es pâle, quand même. »

« J'ai mal dormi, la nuit dernière. J'irai simplement au lit plus tôt, ce soir. »

« D'accord … Et où sont tes amis ? »

« Abel et Cain seront là d'une minute à l'autre et Stella arrivera plus tard. Les autres, je les suspecte de se trouver soit dans une des Salles Communes, soit à la bibliothèque soit dans leurs chambres. »

Voldemort acquiesça distraitement.

« Papa, tu vas bien ? »

« Je vais bien. Je suis juste un peu distrait, c'est tout. Mais je vais bien. »

« Juste un peu ? » demanda Erus, haussant un sourcil, se faisant ainsi foudroyer par son père.

XXXX

Erus se réveilla le matin suivant pour trouver le parchemin de Noir plein d'inscriptions. L'adolescent se leva, se frotta les yeux et l'attrapa. Tout en lisant, ses yeux s'élargirent et sa fatigue disparut. Il regarda ensuite l'heure. Encore une heure avant que les cours ne commencent. Stella se levait de temps en temps plus tôt et allait à la bibliothèque avant d'aller manger, quand c'était le cas.

Il se dépêcha de se préparer. Son grabuge réveilla les jumeaux. Ils se levèrent de leur lit et Cain dit :

« Est-ce que j'ai une tornade devant les yeux, frérot ? »

« En effet, ça doit en être une. Pourquoi es-tu aussi pressé, Erus ? »

« Le père de Stella. » Cela les réveilla tout à fait et ils ouvrirent grand les yeux. « Je sais qui c'est. »

Il s'enfuit ensuite en courant de la chambre, Vates se plaignant qu'il allait finir par être malade à cause des balancements énergiques qu'il subissait en étant sur les épaules de son maître.

XXXX

« Stella ! »

La fille se retourna et Erus s'arrêta devant elle, essoufflé. Il s'assit près d'elle puis déposa un parchemin dans ses mains et lui dit juste :

« Lis-le. »

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-elle. Margarette le regarda, elle aussi, intriguée.

« Ça dit qui est ton père. Je ne l'ai pas lu mot pour mot donc je ne sais pas exactement ce que ça dit. Lis-le. »

Stella baissa les yeux sur le papier et commença à lire. Ses yeux s'agrandirent au fur et à mesure que sa lecture avançait et elle lançait de temps à autre des petits coups d'œil à Erus mais ce dernier regardait fixement le plafond, sa fatigue revenant.

Elle finit et posa le parchemin.

« Alors … Mon père est un vampire ? »

« Ouais. Mon ami connaît ton père. »

« Qui est ton ami ? » l'interrogea Stella.

« Son nom est Noir. » commença-t-il. « Dans le monde des vampires et des personnes Sombres, on le connaît comme étant Noir l'Immortel. Il est un peu comme le leader des vampires. »

« Et c'est un ami à toi ? » s'enquit Margarette, incrédule.

« Oui, je l'ai sauvé quand j'étais enfant. Depuis ce moment-là, nous sommes devenus amis. »

« Ce Noir … A-t-il approché mon … père ? »

« Il ne le fera pas si tu ne le veux pas. D'après Noir, comme il l'est dit sur le parchemin, ton père est une personne gentille. Il devait avoir une raison de vous laisser, ta mère et toi. »

« J'aimerais lui parler. » chuchota Stella.

Erus lui prit doucement le parchemin et sortit une plume. Il écrit rapidement :

Elle veut le voir. Approche-le.

Les deux filles le regardèrent, perplexes...

« Un parchemin avec lequel vous pouvez interagir ? » demanda Margarette au brun qui hocha la tête. A ce moment-là, la réponse de Noir lui apparut devant les yeux.

Je le ferai. Une autre chose Auctrix pas seul. Il travaille avec quelqu'un qui comprend les mauvais murmures.

XXXX

Erus sentait quelque chose parcourir sa peau. Il attendait la dernière information, les derniers morceaux puis il irait accomplir la chose la plus risquée qu'il n'ait jamais faite. S'introduire à Hogwarts, jeter un sort sur un étudiant, attraper un traître et sauver la vie d'un homme. Tout ça en un jour.

Il était vraiment content que les cours soient presque terminés. Il avait passé tous les examens et attendait désormais les résultats, comme à Hogwarts, avant de pouvoir rentrer chez lui. Au contraire de ses amis, Erus n'arrivait pas à se détendre.

Lorsque le jour arriva, il était plus que nerveux. Il se leva plus tôt qu'à son habitude et s'habilla en silence. Vates observa le moindre de ses mouvements.

« Maître ? »

« Oui ? »

« Où vas-tu ? » demanda le serpent.

« Tu verras bientôt. » Sur ces mots, il tendit un bras vers lui. Vates réduisit immédiatement sa taille et glissa le long du bras pour finalement s'installer sur ses épaules.

Il sortit de la chambre, faisant attention à ne pas réveiller les jumeaux et traversa les couloirs vides. Au moment où il atteignit la porte principale, il entendit quelqu'un derrière lui. Il s'arrêta et tourna la tête.

« Professeur ? » s'étonna-t-il doucement en regardant Lamia. « Comment est-ce que vous … ? »

« Je peux sentir les Nécromanciens. Peu importe qu'ils le veuillent ou non. Je me demandais pourquoi tu étais réveillé à sept heures du matin. Où vas-tu ? »

« Je serai de retour avant minuit. » éluda Erus. « Il y a quelque chose que je dois faire. »

« Normalement, les garçons de treize ans n'ont pas la moitié des problèmes que tu as. »

« Mais je ne suis pas un garçon de treize ans normal. » répliqua le brun. « Me laisserez-vous faire ? »

« Je ne pourrais pas t'arrêter, de toute manière, alors bonne chance. Ne te fais pas tuer. »

« Je ferai de mon mieux et sinon, ma mère aura ma peau. » Il frémit. « Papa dit que quand elle est énervée, elle est encore pire que le Lord Noir. »

Lamia le regarda partir et fit ensuite un drôle de signe. L'adolescent ne le remarqua pas. Lamia sourit tristement et dit :

« Je te souhaite bonne chance, enfant. »

XXXX

Draco dormait plutôt paisiblement lorsqu'il fut réveillé par une pichenette sur la joue. Il gémit, se tourna. Un petit coup dans les côtes fit glapir le blond qui se releva vite. Ses yeux gris rencontrèrent des orbes émeraude.

Vates passa la tête hors de la robe d'Erus et fit un signe à Draco qu'il interpréta comme un salut. Le brun s'assit sur le lit du blond et quand Draco fixa son ami d'un air perdu, Ambre se remit sur ses pattes et commença à se frotter contre le visage d'Erus avec jovialité.

« Comment es-tu rentré ? » souffla le dernier des Malfoy

« Oh, je me suis débrouillé. Oui, moi aussi je suis très content de te voir, Ambre mais tu n'es pas obligée de me noyer en me léchant le visage. »

Draco observa son frère de sang tandis que le garçon tentait de repousser la panthère.

Vates sifflait, probablement d'amusement.

« Comment es-tu arrivé ici ? »

Erus tourna la tête pour voir Blaise cligner des yeux, perplexe, et répondit :

« Je me suis débrouillé. Maintenant, Draco, pourrais-tu faire en sorte que ton familier s'enlève de moi ? »

« Ambre, assise, ma belle. » La panthère s'exécuta à contre cœur.

« Est-ce aujourd'hui que tu vas exécuter tes plans ? »

« Ouaip. Est-ce que vous avez cours avec Londubat, aujourd'hui ? »

« Nous avons beaucoup de nos examens aujourd'hui mais nous avons nos examens de Potion avec les Gryffondors. »

« Génial. » s'extasia Erus en frappant ses mains l'une contre l'autre. « Très bien, maintenant, debout et préparez-vous ! Je n'ai pas toute la journée ! »

« Soyez maudit, toi et tes sautes d'humeurs. » marmonna Draco.

« Je te demande pardon ? » s'enquit le brun alors que Blaise secouait simplement la tête et se levait.

« Un jour, tu ne veux pas te lever du lit et un autre, tu es frais comme un gardon à six heures du matin ! » se plaignit Draco.

« J'aime bien essayer différentes humeurs. De plus, je ne suis jamais fatigué durant l'année scolaire ! »

« Durant l'année scolaire, tu es un foutu enquiquineur tous les matins ! » marmotta le blond en se levant.

XXXX

Erus marchait aux côtés de Draco, s'étant apposé un Glamour sur lui-même pour donner l'impression aux autres d'être un simple Serpentard. Cynthia sautillait presque près d'eux, fredonnant une chanson. Elle marchait sur des nuages depuis qu'elle les avait retrouvés et ils avaient réussi à lui extorquer que si elle paraissait aussi heureuse, c'était parce que le Détraqueur qu'elle aimait bien était resté dans son dortoir lors de la semaine passée.

Comment, par l'enfer, avait-il réussi à pénétrer dans l'enceinte d'Hogwarts, aucun des trois ne le savait mais aucun d'eux ne se plaignait. La fille sourit pendant tout le trajet pour aller en Potions.

Dès l'instant où ils rentrèrent en classe, les yeux de Severus fondirent sur Erus et s'ouvrirent grands. Erus lui fit un clin d'œil et se cacha dans l'ombre, toujours sous Glamour. Le maître des Potions reconnaissait toujours son Glamour, de toute façon et l'homme n'irait pas en parler à Voldemort, à moins qu'Erus lui dise qu'il n'y avait pas de problème à ce qu'il le fasse.

L'adolescent attendit dans les ténèbres que les Gryffondors arrivent et il ne fut pas déçu. Au moment-même où Neville Londubat passa la porte, Erus lança un sort qu'il avait soigneusement préparé en attendant son arrivée. L'effet n'était pas immédiat mais Erus vit les yeux du rouge et or se voiler légèrement. Il sut ainsi qu'il avait réussi. Lorsque le professeur ferma la porte, il était déjà loin.

XXXX

Il attendit dans une salle désaffectée, tournant et retournant son collier. L'amulette retombait lourdement sur sa poitrine, son poids étant réconfortant et le faisant se sentir en sécurité.

La porte s'ouvrit et Erus fit volte-face. Londubat entra, tenant un rat dans des mains. Erus lui prit l'Animagus des mains, le déposa dans une cage incassable et jeta un sort d'Oubliettes à l'autre adolescent. Laissant l'adolescent au sol, Erus se faufila hors de la pièce, invisible. Il se dépêcha de retourner à la Salle Commune des Serpentards.

XXXX

Identifiant le rat comme étant Peter Pettigrow, Erus attacha la cage à un Portoloin et envoya ainsi le rat à Noir. Le vampire enfermerait l'homme et attendrait ensuite l'arrivée d'Erus, plus tard.

« Tu l'as eu ? »

Erus se tourna et regarda Draco en acquiesçant. Le blond lui fit alors un grand sourire et lui annonça :

« Cynthia arrive d'une minute à l'autre. Elle a dit qu'elle allait chercher un de ses amis. »

Erus était un peu nerveux à l'idée de rencontrer un Détraqueur puisqu'il n'avait pas de moyen de défense pour se protéger contre, à part la fine brume qu'il obtenait en lançant le Patronus. Il espéra que Cynthia saurait le contrôler.

Une minute plus tard, la fille passa la tête dans la pièce. Elle entra et ferma la porte.

« Où est ton ami ? » s'étonna Erus.

« Juste ici. Il est assez spécial, tu sais. »

« Tu m'en diras tant. » A cela, elle sourit et répondit :

« Eh bien, en premier lieu, il peut rétrécir. »

« Quoi ?! » crièrent les deux garçons. Elle pouffa de rire et se décala d'un pas sur le côté. Ils ne purent détacher leurs yeux du spectacle qui se présentait devant leurs yeux.

Derrière elle se trouvait une version miniature d'un Détraqueur, ses bras filiformes se refermant sur sa jambe dans une sorte d'étreinte.

« Tu sais, il est plutôt mignon. » rit doucement Erus.

« Encore mieux, vous ne serez pas affecté par lui, à moins qu'il ne veuille que vous le soyez. »

« Es-tu sûre qu'il est normal, pour un Détraqueur ? » s'enquit Erus, incrédule.

« Je suis convaincue qu'il ne l'est pas. » Elle se tourna pour voir la petite créature. « Allez, reprends ton apparence normal. Je veux qu'ils te voient. »

Le Détraqueur relâcha sa jambe et reprit son apparence dégingandée et intimidante. La créature pencha la tête sur le côté quand elle observa les deux garçons et quelque chose s'apparentant à un murmure rauque provint de lui. Le sourire d'Erus s'agrandit quand Cynthia répondit automatiquement avec ce même ton rauque, parlant au Détraqueur dans sa propre langue.

« Il voudrait juste vérifier que vous n'êtes pas dangereux pour moi. » les rassura Cynthia. « Il dit que ce serait dommage que vous le soyez parce qu'il vous aime bien. »

Le Détraqueur flotta jusqu'à eux et s'arrêta à quelques pouces du visage d'Erus. Là où, normalement, vous auriez dû revivre vos pires cauchemars, Erus ne sentit rien. Le visage, où plutôt ce qu'il en restait, était caché derrière une énorme capuche mais il avait le sentiment que la créature était simplement curieuse. Le Détraqueur tendit une main et toucha la joue de l'adolescent. Erus sursauta presque mais se détendit lorsque la main ne fit que le toucher, comme pour sentir sa peau contre la sienne. Le Détraqueur s'écarta après un petit moment et alla en faire de même avec Draco. Ambre grogna un peu, incertaine quant à la conduite à adopter, jusqu'à ce que Draco lui caresse la tête. La panthère se calma et laissa faire le Détraqueur.

« Il est plutôt gentil pour une créature d'une telle espèce. » constata Erus, ce que confirma Cynthia.

« Ouais. Quelques-uns sont comme lui mais ils ont peur des autres. » lui expliqua-t-elle. « Ils disent que quelqu'un leur a parlé et qu'ils préfèrent cet homme à Fudge. Sais-tu de quoi ils parlent ? »

Il travaille avec quelqu'un qui comprend les mauvais murmures.

Erus revit la phrase devant lui, l'écriture élégante de Noir dansant sous ses yeux. Auctrix travaillait avec un locuteur mais qui ? Ils n'étaient pas connus du monde, généralement. Alors, où est-ce que ce fou avait bien pu en dénicher un ? »

« Erus ? »

L'adolescent aux yeux d'émeraude posa son regard sur elle et répondit :

« Oui … Je sais. »

« De quoi parlaient-ils ? »

« D'un locuteur. » Il la regarda droit dans les yeux. « Quelqu'un comme toi. Quelqu'un qui connaît le langage et qui est assez mauvais pour apprécier de laisser des Détraqueurs tuer des gens. »

« Quoi ? » dit-elle faiblement.

« Ça va arriver ce soir. Ce soir, nous sommes ceux qui devront nous battre pour nos vies. »

XXXX

Ils passèrent le reste de la journée dans la chambre, parlant de tout et essayant d'éviter le sujet d'Auctrix. Erus se demanda s'il devait prévenir Lucius, pour qu'il vienne.

Non...

Il ne restait plus qu'à espérer que le blond reste chez lui.

Lorsque l'heure du dîner fut passée, Erus regarda son frère et sa sœur de sang et leur proposa :

« On y va ? »

« Aucun de nous n'arrive à jeter un sort de Patronus. » souffla Cynthia.

« Voilà ce que je pense qu'il va se passer. » Erus prit une profonde inspiration. « Papa va envoyer Lucius à Fenrir pour que les deux attrapent Auctrix. Il se rendra compte trop tard de ce qu'il a fait et Lucius sera là. Quelque chose va arriver à Fenrir, qui le rendra incapable d'aider Lucius. Alors, l'homme sera seul et attaqué, peut-être par Auctrix pour que celui qui parle aux Détraqueurs puisse rassembler les Détraqueurs et qu'ils retirent son âme à Lucius. Veux-tu que cela arrive ? »

Les deux secouèrent leur tête. Draco avait les yeux grands écarquillés.

« C'est bien ce que je pensais. Je vais envoyer Vates trouver Severus et il alertera les autres, ceux qui sont de notre côté. Pendant ce temps-là, nous irons à la Forêt Interdite et, avec un peu de chance, serons sauvés avant que les Détraqueurs aient pu nous faire quoi que ce soit. Cela vous convient-il ? »

Ils le regardèrent tous les deux et hochèrent la tête. Erus répéta leur geste et, d'un même accord, ils se levèrent. Il était temps de changer le futur.

XXXX

Ils arrivèrent à l'orée de la forêt quelque quinze minutes plus tard et Cynthia observa les alentours. Le Détraqueur commença à produire un étrange son geignard et se rapprocha des humains.

« Qu'est-ce qui lui arrive ? » interrogea Erus.

« Il peut les sentir. Les mauvais. Ils sont dans la forêt. »

« Ils ont dû être appelés ! » siffla Erus. « Allez, allons-y. Sortez vos baguettes et courez quand je vous le dirai. »

Cynthia et Draco suivirent immédiatement ses ordres et Ambre se rapprocha de son maître, ses yeux dorés observant avec méfiance les environs. Erus aurait aimé avoir Vates avec lui mais le serpent avait quelque chose de plus important à faire.

XXXX

Severus cligna des yeux à la vue du serpent. Remus suivit le regard du maître des potions pour voir ce que l'homme trouvait si fascinant et cligna à son tour des yeux quand il vit Vates. Minerva et Poppy, ne le voyant pas, froncèrent les sourcils. Severus se baissa et prit le Basilic dans ses bras. La serpent siffla et secoua la tête pour faire remarquer à l'homme en noir le message qui était attaché à son cou. Severus prit la missive et la lut. Ses yeux s'ouvrirent grands à la lecture de chaque mot.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda Remus.

« Erus, Cynthia et Draco sont en chemin pour affronter à Auctrix ! » siffla-t-il à ses trois camarades. « Le message dit que nous ferions mieux de nous dépêcher si nous ne voulons pas qu'ils meurent. »

Cela dit, les quatre commencèrent à se frayer un chemin jusqu'à la sortie sans qu'on les remarque.

XXXX

Erus sentit le frisson avant même d'avoir les créatures en visuel. Les Détraqueurs étaient rassemblés dans une prairie et deux hommes se tenaient devant eux. Un d'eux étaient Auctrix émacié et grand, avec des yeux fous et des cheveux sales. L'autre portait de jolis vêtements et semblait ne pas apprécier l'échappé de prison.

« Es-tu sûr que Lucius Malfoy va venir ici ? » demanda celui qui parlait aux Détraqueurs à l'autre homme.

« Bien sûr ! » s'écria Auctrix. « Ce loup-garou me surveillait depuis quelque temps et je sais que ce vieil homme qu'est Voldemort ne me laisserait pas courir librement si je menaçais un de ses suiveurs. »

« Pourquoi l'enfant, toutefois ? » s'enquit l'homme. « Pourquoi tuer le gamin Malfoy ? »

Les yeux de Draco s'écarquillèrent lorsqu'il l'entendit pour la première fois. Erus se sentit un peu mal de ne pas lui en avoir parlé avant mais ne releva pas ce n'était pas le moment de se sentir coupable.

« Parce que ça fera encore plus mal à Lucius. » s'expliqua Auctrix d'une voix mielleuse. « Un gars que je connaissais, Rulein, a tenté de faire ça à Voldemort. »

« Voldemort a un enfant ? »

« Pas connu en dehors de la section des Mangemorts, mais ouais. Bien que le gamin n'ait pas tué Rulein, il lui fit un sacré combat. Et la rumeur veut qu'il ait tué un homme, l'année dernière, quand il avait douze ans. »

« Punaise ! »

Erus ferma les yeux. Ils devaient d'abord s'occuper du locuteur, alors seulement auraient-ils un peu plus de chance. Il les ouvrit à nouveau, cette fois, ses yeux émeraude se mêlant de rouge. Il regarda ses amis. Ils hochèrent la tête, montrant qu'ils étaient aussi prêts que possible.

Erus lança le premier sort. Cynthia suivit immédiatement le mouvement et Draco fut le dernier à lancer le sien. Ambre rugit et le Détraqueur laissa échapper un cri qui fit même frémir l'homme qui parlait aux Détraqueurs. Erus jura lorsque son sort manqua l'homme et se prépara à en envoyer un autre.

« Subitus Excessum ! ( N/T : Mort Subite) » cria-t-il et cette fois-ci, son sort toucha son destinataire. L'homme tomba au sol, mort, faisant ainsi pencher un peu plus la balance de leur côté. Pas de beaucoup mais c'était tout de même déjà ça. « Cynthia, vas-y ! »

Elle commença à parler rapidement d'une voix rauque et presque aiguë. Les mots, si les sons qu'elle produisait pouvaient être nommés ainsi, s'échappaient de sa bouche avec grâce et quelques Détraqueurs l'écoutèrent. Ils disparurent lentement pendant qu'Erus et Draco la protégeaient d'un Auctrix enragé. Mais certains des Détraqueurs n'étaient pas en mesure de résister au bon repas que feraient les âmes heureuses de deux garçons en pleine santé.

Un Patronus les fit hurler et s'écarter d'eux. Lucius arriva dans la prairie et vint se tenir devant les trois enfants. Le Détraqueur de Cynthia regarda avec curiosité le Patronus, ne semblant pas affecté par ce dernier. L'homme blond leva sa baguette en direction d'Auctrix et dit d'un ton d'avertissement :

« N'ose même pas essayer. »

L'homme fou regarda autour de lui, tentant de trouver quelque chose avec quoi attaquer. Sa baguette était bien sagement scotchée à son torse mais cela lui prendrait trop de temps pour la récupérer.

Lucius fut distrait par le retour des Détraqueurs. Il dirigea sa baguette vers eux, donnant ainsi le temps à Auctrix se sortir sa baguette. Les trois enfants n'eurent pas le temps de réagir. Le sort que l'homme lança était d'un jaune éclatant et il atteignit Lucius en pleine poitrine.

L'homme fut projeté en arrière et finit au sol. Auctrix commença à rire comme un fou mais Erus le pétrifia.

Les trois coururent vers l'homme tombé et Draco le prit dans ses bras, hurlant son nom.

Les yeux de Lucius étaient ouverts mais légèrement voilés et Erus craignit le pire. Et puis, ils arrivèrent. Il se retourna pour voir les Détraqueurs arriver de toute part et flotter vers eux. Cynthia commença à psalmodier dans leur langue une nouvelle fois mais ceux-ci étaient les mauvais, ils voulaient faire du mal.

Le Détraqueur derrière la fille produisit à nouveau son cri geignard, ses mains filiformes agrippant fermement les épaules de Cynthia.

Erus sentit un frisson le parcourir. Il entendit Draco crier et Cynthia tenter de retenir ses larmes. Ils allaient tous mourir, maintenant. Ils allaient tous mourir à moins que quelqu'un fasse quelque chose.

Ses yeux s'ouvrirent d'un coup, d'un rouge sang. Des flashs de souvenirs passèrent devant ses yeux. Le visage souriant de son père, Bellatrix lui apprenant à tenir une baguette, Lucius lui apprenant sa première Rune Ancienne, Nagini caressant doucement se cheveux et chantant à sa façon jusqu'à ce qu'il se soit endormi, le large sourire de Draco lors de son cinquième anniversaire lorsqu'il battit presque tout le monde aux échecs, sa première rencontre avec Cynthia quand son nom était encore Hermione … Tant de souvenirs lui revinrent en mémoire, se transformant en quelque chose qu'il ne pouvait pas comprendre ? Tant d'émotions poussées à ne former plus qu'une, il n'arrivait pas décrire ce qu'il se passait.

Mais le sentiment avait quelque chose d'absolument merveilleux.

Il se sentit déborder de pouvoir et il leva se baguette vers les Détraqueurs. Il avait un doux sourire sur les lèvres lorsqu'il prononça les mots :

« Expecto Patronum. »

XXXX

Les quatre adultes s'arrêtèrent à l'orée de la prairie, fixant des yeux la scène qui se déroulait devant eux. Ils furent incapables de parler, en premier lieu.

Des cadavres de Détraqueurs amoncelaient l'endroit. Un homme mort, un autre inconscient. Un grognement leur fit relever la tête vers un côté de la prairie. Lucius s'assit, une main sur la poitrine. Draco sanglotant sur son épaule, Cynthia pleurant de soulagement.

Erus se tenait debout et regardait l'anéantissement. Il tourna sa tête en leur direction et ils furent tous frappés par ses yeux.

Les yeux de Voldemort.

Ils étaient exactement de la même couleur rouge et cela rendait son visage ensorcelant.

Severus fit un pas incertain vers lui et Vates se laissa littéralement tomber au sol pour aller rejoindre son maître. L'adolescent cligna des yeux et le rouge de ses yeux s'estompa un peu avant de complètement disparaître. L'émeraude habituelle de ses pupilles revenait. Le garçon, souriant maintenant de toutes ses dents, s'agenouilla pour saluer son familier. Poppy revint finalement à ses sens et s'en fut voir l'homme blessé.

« Tu vas bien ? » demanda-t-elle à Lucius, retirant la main de l'homme de son propre torse.

« Oui. Le sort qu'il m'a jeté était douloureux mais pas dangereux. Je connais ce sort je n'y étais simplement pas préparé. Qui a tué les Détraqueurs ? »

« Erus s'en est chargé. » répondit calmement Cynthia en séchant ses larmes. Son Détraqueur avait une fois de plus reprit sa taille miniature et se trouvait sur ses genoux. « Il a réussi à lancer un Patronus ! Je n'ai pas pu voir ce que c'était mais ça les a tous anéanti ! »

« Pourquoi n'as-tu pas réussi à voir ce que c'était ? » s'enquit Severus, s'agenouillant près d'elle.

« C'était juste une lumière aveuglante et brillante. » murmura-t-elle. « Mais je me suis sentie tellement heureuse quand la lumière m'a atteinte. J'avais l'impression que rien ne pourrait aller mal dans ce monde. Je sais qu'un Patronus est basé sur un souvenir heureux mais c'était plus concentré que de la simple joie. Je … Je n'arrive pas à l'expliquer. »

« Tous les moments heureux de ma vie. » intervint Erus et tous le regardèrent. Il caressait doucement la tête de Vates, ne les regardant pas. « Tous les moments, qu'ils soient bons ou mauvais, ont fondu en seul sentiment. C'est impossible à décrire, Cynthia, même si tu es la personne la plus intelligente au monde. J'avais un problème avec le Patronus, maintenant, je sais pourquoi. Je me concentrais sur un seul souvenir. Cela a parfaitement bien marché quand j'ai repensé à tous mes souvenirs. »

Ils le fixèrent des yeux. Il leur offrit un petit sourire. Soudain, ils entendirent un grognement et virent Auctrix bouger. Lucius se leva et agrippa fermement sa baguette.

« Il est à moi. » gronda-t-il et les autres ne firent rien pour le contredire.

XXXX

Lamia leva les yeux de sa chaise quand la porte principale s'ouvrit. Il regarda l'heure. Minuit moins dix. Il reposa son regard sur la porte. Erus lui fit un grand sourire et ne put s'empêcher de dire :

« Je vous avais dit que j'y arriverai. »

XXXX

Verdict ? Please, ne soyez pas trop méchant, je n'ai pas besoin de ça, en ce moment …

RAR aux anonymes : Merci à vous pour vos petits mots tout sympatoches :D

adenoide : Ah ah, ben maintenant, je crois que tu sais qui voulais du mal à notre Blondie adoré :) Bisous :D

Tsubaki : Je suis contente que le précédent chapitre t'ait plu :) Des bisous, tu vas en avoir dans les chapitres qui suivent celui-là, je te le promets ) … Hum, je suis morte de rire à l'image d'un Voldy mode papa poule qui bug devant son fils devenu grand, en train d'embrasser une autre personne xDD Merci pour m'y avoir fait pensé Bisous et à bientôt :DD

cathy : Je suis heureuse que ce chapitre ait été à ton goût … même si je n'en suis pas l'auteur xD Alors, tu ne veux pas de réponses quant à celui avec qui va finir notre cher Erus ? Bon ben je dirais rien alors :) Et oui, elle arrivera vite ( vous saurez dans le chapitre suivant :D ) Bisous et à bientôt )

Wolve louve : … Et oui, c'est une bonne réponse, bravo xDDD Joliment trouvé :)

ankana87 : Salut Je suis contente que tu aimes la fic :D Merci pour ta review :)