Créatrice de la saga Twilight : la fabuleuse Stephenie Meyer
Auteure de Wisp : la formidable Cris
Traductrice de la version française intitulée Brindille : Milk40
Merci énormément pour tous vos commentaires, et bonne lecture.
Chapitre 28
Brindille était assez disposée à laisser Rosalie lui enlever son maillot de bain et l'essuyer avec la serviette, puis la rhabiller dans ses vêtements de tous les jours. Rose balaya les protestations d'Edward, disant qu'elle s'entraînait pour quand le bébé serait là. Edward n'était pas très souvent en contact avec des bébés, mais il avait des doutes quant à ce que la jeune femme tranquille et accommodante pourrait vraiment enseigner à Rose sur les soins à donner à un nourrisson. Mais Rosalie avait ses propres motivations, et il n'allait pas essayer de les deviner.
Ils s'installèrent au rez-de-chaussée, dans la salle de détente aménagée par Emmett, une pièce aux allures de grotte douillette, et Edward sourit en voyant Brindille bâiller contre son épaule. Il espérait qu'elle soit bientôt endormie afin qu'il puisse passer en revue les dossiers des Gerandy avec Emmett. Il était encore si difficile de savoir ce qu'était son niveau de compréhension, et il ne voulait pas évoquer quelque chose de si potentiellement troublant s'il y avait même une petite chance qu'elle puisse saisir de quoi il retournait. Caressant ses cheveux mouillés avec un mouvement lent et rythmique, il se cala dans le canapé en cuir brun d'Emmett.
Même s'il était encore fatigué, les choses allaient certainement en s'améliorant. La trempette dans le bain à remous avait aidé son corps endolori, le Dr Lawton foutant le camp de sa maison avait aidé à atténuer son mal de tête, et le regard doux et content de Brindille le rendait plus serein. Il en fallait si peu pour la rendre heureuse et pourtant, alors que ses yeux se fermaient puis s'ouvraient de nouveau, pris dans cette zone floue entre l'éveil et le sommeil, Edward se posa la question. Que signifiait vraiment d'être heureuse pour elle ? Il savait quand elle était satisfaite. Il tenait beaucoup à ses sourires et aux petits rires ravis que les pitreries de Bête provoquaient de sa part. Mais… pour lui, le bonheur était plus que ça. Il fallait dans une certaine mesure se réaliser soi-même, accepter sa place dans la vie et être en paix avec celle-ci. Avait-elle déjà ressenti quelque chose comme ça ? Serait-il jamais en mesure de le lui demander ? Cette pensée… donnait à réfléchir. Un animal domestique bien traité devait être heureux avec le genre de choses que Brindille semblait apprécier le plus : nourriture, chaleur, confort, compagnie. Mais cette jeune femme n'était pas un animal. Elle était un être humain avec un cerveau humain, indépendamment des étapes de développement qui semblaient lui manquer. Qu'est-ce que cela signifiait ? Qu'est-ce que l'esprit de Brindille lui disait, au plus profond de sa conscience où il était impossible pour lui d'aller ? Que voulait-elle ? Que pensait-elle ? Serait-elle jamais capable de le lui dire ?
« Tu as ce drôle de froncement de sourcils qui me dit que tu es en train de réfléchir intensément. » Emmett s'enfonça à son tour dans le canapé, relevant ses pieds nus et poilus pour les appuyer sur un pouf. « Tu avais toujours cette expression à l'époque où tu rédigeais ta thèse. Au milieu d'une conversation, c'est comme si tout à coup tu ne nous entendais plus. »
Ouais, il se souvenait que la plupart des gens lui avaient fait des commentaires amers à ce sujet. Mais, pour sa défense, la rédaction d'une thèse était une très grosse affaire.
Et Brindille aussi.
« C'est juste que je me posais des questions, » dit-il, tendant la tête pour voir le visage de Brindille. Elle battit des paupières au mouvement, mais elle semblait clairement endormie. Un léger soupir quitta sa bouche, et le bout de sa langue rose lécha ses lèvres avant qu'elle ne redevienne silencieuse. « À propos de son esprit. Elle exprime ses sentiments et ses besoins immédiats assez bien, mais je ne peux pas m'empêcher de me demander ce qu'il en est de ses autres capacités cognitives. Si elle peut comprendre des concepts abstraits. S'agit-il d'une capacité avec laquelle nous sommes nés, en tant qu'êtres humains ? Ou bien est-ce quelque chose qu'on nous enseigne, quelque chose que notre cerveau doit apprendre ? De quelle manière la pensée est-elle liée au langage ? Est-il possible d'avoir des pensées abstraites sans langage ? Ça ressemble à quoi ? » Ce n'étaient que des questions rhétoriques ; Emmett n'allait certainement pas y répondre. « Je pense qu'il serait temps de chercher un professionnel qui pourra nous aider. » Il n'aimait pas ça. Son esprit était délicat, fragile. La mauvaise personne pourrait faire tant de dégâts, ce qui expliquait pourquoi il était si catégorique à propos du fait que le Dr Lawton devait rester à l'écart. Mais, pour reprendre l'analogie d'Emmett, ils avaient besoin d'un nouveau joueur dans leur équipe. Ou peut-être… peut-être d'un coach. Quelqu'un pour les guider dans la bonne direction.
« Je pense qu'elle est là. » Rose plaça une couverture autour du corps endormi de Brindille même si la salle de détente n'était pas particulièrement froide. « Peut-être qu'elle attend, jusqu'à ce qu'elle sache qu'elle ne sera pas en danger si elle sort. Peut-être qu'elle a oublié comment, et qu'elle a besoin d'aide. Peut-être qu'il y a une clé. Je ne sais foutrement pas quoi faire, mais je pense qu'elle est intelligente, et qu'elle est résiliente. Elle trouvera un moyen de nous montrer ce dont elle a besoin. »
Mais une fois cette étape franchie, se demanda Edward, seraient-ils en mesure de lui fournir ce qu'elle voulait ?
« Laisse-moi la déposer, » ajouta Rose. « La tenir comme ça tout le temps doit être malaisé. »
« Ça ne me dérange pas. » L'avoir dans ses bras était plus réconfortant qu'inconfortable. Il était capable de savoir avec certitude qu'elle était en sécurité et contente, de sentir la tension relative de son corps et d'évaluer sa peur ou son calme. Mais l'argument de Rosalie était valable – parcourir des dossiers avec Emmett serait difficile avec une fille adulte sur ses genoux. Il la déplaça doucement dans les bras de Rose, la regardant se faire transférer dans un fauteuil. Rose inclina celui-ci et borda Brindille plus étroitement dans la couverture. Elle ne resterait pas là après s'être réveillée, mais pour l'instant elle avait l'air assez à l'aise.
« Tu dois arrêter de la transporter partout comme ça, » dit Emmett, fouillant dans une liasse de papiers contenue dans deux chemises. « Soulever une personne adulte doit sûrement être sur la liste des choses que les femmes enceintes ne devraient pas faire. »
« Je transporte des saletés plus lourdes qu'elle à l'atelier, » répliqua sèchement Rose. « J'ai déjà laissé tomber le bain à remous et l'alcool. Faut pas pousser. » Elle s'installa sur le bras rembourré du canapé, se tournant de côté et envoyant ses jambes sur les genoux d'Emmett. « D'accord, si nous devons regarder des trucs déprimants, finissons-en avant qu'elle ne se réveille. »
Emmett divisa les papiers, en remettant une pile à Edward et une à Rose. « Ce sont les formulaires que nous avons tapés pour aider les gars à garder le fil de leurs échanges avec les Gerandy. Il y en a environ 400 dans l'État de Washington. Nous en avons interrogé près de la moitié jusqu'à présent, en petits lots. Ceci est le groupe le plus récent. »
Il y avait peut-être soixante dossiers, certains composés d'une seule feuille, d'autres agrafés ou attachés ensemble avec un trombone. Edward regarda la feuille sur le dessus de sa pile, juste les questions, pas les réponses griffonnées ni les notes que le policier avait ajoutées. Certaines étaient des questions directes que le policier devait poser. D'autres étaient plus vagues, demandant à l'agent de prendre en note les choses telles que l'apparence physique et le comportement des Gerandy interrogés. Dans le coin supérieur droit, il y avait une case à cocher si le sujet acceptait d'être pris en photo, et une ligne vierge en dessous où les policiers pouvaient écrire un code – qui faisait sans doute correspondre la photo avec le dossier.
« As-tu les photos ? » Demanda-t-il. Peut-être que c'était stupide, mais il voulait jeter un coup d'œil à ces gens. Non, on ne pouvait pas forcément dire si quelqu'un était dangereux simplement en regardant sa photo, mais Edward voulait quand même voir.
Obligeamment, Emmett sortit son ordinateur portable de son étui. « Vous savez que je ne suis techniquement pas censé vous montrer tout ça. Mais nous n'avons rien jusqu'à maintenant, et un point de départ serait le bienvenu, d'où qu'il vienne. »
Rosalie l'ignora, feuilletant un dossier pour regarder la deuxième page. Edward ne se souciait pas particulièrement du genre de loi qu'ils pourraient être en train d'enfreindre. Pas vraiment. Pas lorsque quelqu'un faisant partie du passé de Brindille pourrait être dans ces fichiers. Ils avaient besoin de savoir ce qu'il lui était arrivé, et elle méritait que son histoire soit racontée.
Emmett déposa l'ordinateur sur le pouf, le fichier de photos numériques ouvert. Edward le prit et fit défiler les photos jusqu'à ce qu'il trouve le code correspondant au premier dossier dans ses mains, et il l'examina en lisant les notes du policier. David Gerandy, 43 ans, de Yakima, était un homme trapu avec une implantation de cheveux qui descendait très bas au milieu du front, et il n'y avait absolument rien dans le formulaire de l'agent indiquant quoi que ce soit de suspect. Il avait une femme et deux fils et il travaillait dans le télémarketing. Il avait volontairement énuméré les noms de tous les membres de sa famille vivant dans la région. Aucun n'était médecin, dentiste, vétérinaire, et cetera. Il ne reconnaissait pas le portrait que Garrett avait fait à partir du dessin de Brindille de l'homme inconnu qui lui faisait peur.
Et c'est ainsi que cela se poursuivit. Une enfilade de dossiers d'hommes parfaitement ordinaires liés seulement par un nom de famille. La plupart étaient coopératifs, désireux de donner toutes les informations qu'ils pouvaient après avoir entendu ce que les policiers voulaient. La déclaration approuvée par les agents de police ne révélait pas de détails sur Brindille, seulement qu'un homme du nom de Gerandy était recherché pour être interrogé au sujet d'une jeune victime. Après un certain temps, tous les dossiers se mirent à se brouiller ensemble en une masse pâteuse dans l'esprit d'Edward. Que s'était-il imaginé ? Il ne pouvait pas deviner le Dr Gerandy de Brindille à partir de la pile de noms. Ils n'avaient rien d'autre – absolument rien d'autre – pour continuer. James refusait toujours de parler, et Edward n'avait pas la force de demander à Brindille encore une fois de dessiner son 'mauvais docteur'. Ses empreintes digitales et ses échantillons d'ADN n'avaient rien révélé. Qu'étaient-ils censés faire d'autre ?
« C'est ridicule. » Il laissa tomber sa pile de papiers et repoussa l'ordinateur portable. « On ne trouvera rien ici. »
« Bienvenu dans le monde passionnant du travail de la Police. Ce n'est pas la même chose qu'à la télé, hein ? » Emmett jeta un coup d'œil au réseau de photographies sur l'écran de l'ordinateur. « Un pressentiment ou une intuition pourrait être la piste la plus solide que nous ayons à ce stade. N'importe quoi – tout ce qui se démarque. Nous avons déjà cherché tous les cas d'arrestations, et il n'y a rien de plus que quelques conducteurs en état d'ébriété et des infractions au Code de la route dans ce groupe. Aucune agression, aucune accusation de pornographie infantile. Pas même de violence domestique. Ces mecs ont l'air nets sur le papier. Mais si tu y réfléchis – que ce docteur soit ou non celui qui a effectivement fait ça à Brindille, il devait savoir ce qui se passait. Et tous ceux impliqués dans cette affaire, c'est sûr qu'ils doivent avoir l'air nets sur le papier s'ils ont réussi à s'en tirer en toute impunité pendant si longtemps. »
« Alors à quoi ça sert tout ça ? » Marmonna Edward, même s'il savait la réponse à cette question. La raison de tout ça était endormie dans un fauteuil devant lui, recroquevillée sur son flanc, respirant doucement et profondément.
Rose fit un bruit soudain, ses yeux bleus vifs se posant sur son amoureux. « Pourquoi ne regardez-vous que les hommes ? »
« Tu peux répéter s'il te plaît ? »
« Pourquoi n'y a-t-il aucune femme dans votre recherche ? »
Emmett se détendit. « Oh, nous y avons pensé. La supposition ringarde qu'un docteur est un mec, pas vrai ? Mais tu étais là quand nous avons présenté Petite Brindille à Alice. Tu as vu comment elle a réagi. Si elle semblait n'avoir jamais vu une autre femme avant, le docteur dont elle parle ne peut pas en être une. »
« Je suis impressionnée par ton raisonnement déductif, » dit Rosalie avec un sourire, « mais ce n'est pas ce que je voulais dire. Je veux dire, il doit y avoir au moins autant de femmes que d'hommes dont le nom de famille est Gerandy dans l'État. Pourquoi parlez-vous seulement aux hommes ? Si vous leur posez des questions au sujet des membres de leurs familles et tout ça, vous passez à côté d'une énorme opportunité. Les femmes sont très lucides. Le docteur détraqué de Brindille peut être un homme, mais il y a des femmes dans sa famille. »
Emmett grogna et laissa tomber sa tête dans ses mains. « Tu sais ce que cela signifie, non ? Élargir le spectre de nos recherches ? Le double du nombre de dossiers que nous devons parcourir. Le double du temps, le double du financement – »
« Et le double de chances de trouver quelque chose, » l'interrompit Rosalie.
« Ce serait doubler le risque de perdre l'aiguille d'un indice dans une botte de foin encore plus grande. »
Emmett allait le faire. Il râlait devant Rose, mais Edward savait qu'il allait le faire. Il n'y avait pas d'autre choix, après tout – ils devaient résoudre cette énigme. Brindille ne le réalisait peut-être pas encore, mais elle comptait sur eux.
« Je pense toujours que… » Emmett regarda Edward. Il savait comment il allait réagir. « … Il faudrait qu'elle le dessine. »
« Non. » Edward secoua la tête. « Elle a dit non, et je ne vais pas remettre ça en question. Elle mérite le droit de fixer ses propres limites. » Même le concept d'avoir des limites était nouveau pour elle, et il n'allait pas magouiller avec sa perception d'elle-même en train de lentement se développer.
« Tu es le seul qui puisses prendre cette décision en ce moment. Tu dois être sûr que c'est la bonne. » Le beau visage de Rose était solennel.
« C'est exactement ça. Comment puis-je savoir ? » Edward tira sur ses cheveux, bien qu'il ait essayé d'arrêter cette manie en voyant que Brindille l'imitait. « Comment puis-je savoir ce qu'elle veut ? Ce qu'elle voudrait, si elle comprenait ? »
« Tu la connais mieux que quiconque. Si tu ne le sais pas, personne ne le sait. »
Et ils étaient de retour au même endroit où Edward se trouvait depuis… longtemps. Des questions auxquelles il ne pouvait répondre parce que Brindille était encore une telle énigme, les secrets de sa personnalité enfermés dans son silence, cachés derrière de grands yeux ébahis. « Je ne sais même pas si elle comprend l'idée de justice. De tenir quelqu'un responsable pour ce qu'il a fait. » Elle en savait assez pour s'attendre à être punie pour ses propres méfaits, c'est-à-dire ce qu'elle considérait comme tels, mais ce n'était pas la même chose. Saisissait-elle, pouvait-elle comprendre, inverser cette dynamique ? Lui donner une chance de voir la justice rendue, une sorte de réparation pour tout ce qu'elle avait vécu aux mains de ces hommes ?
Comment pouvait-il savoir ?
Edward frotta son front. Qu'était-il censé faire ? Qu'est-ce qui était le plus important ? Son bien-être mental et émotionnel, ou trouver les salauds qui l'avaient rendue comme ça ? Vraiment, comment pouvait-il faire un tel choix ? Il n'en avait absolument aucune idée. Que choisirait-elle si elle était en mesure d'exprimer ses propres préférences ? Supporterait-elle volontiers la douleur de vieux souvenirs pour avoir l'occasion de traduire son 'mauvais docteur' en justice ? Ou était-ce trop demander ? Préférerait-elle laisser le passé dans le passé et essayer d'avancer à partir de là où elle était actuellement, avec lui, laissant le docteur enfoui ? Comment était-il supposé le savoir ?
« Edward, » dit tranquillement Rose. « Tu sais que j'abonde dans ton sens au sujet de ses limites. Tu connais mes sentiments à propos des choix personnels. Mais peut-être que nous devrions essayer de lui demander à nouveau. Elle est blessée et effrayée, mais elle a confiance en toi. Elle t'aime. Ne sous-estime pas sa force juste parce qu'elle a peur. »
« Ce n'est pas que je pense qu'elle est incapable de le supporter. C'est juste que je ne pense pas qu'elle devrait avoir à le faire si elle ne veut pas. » Mais ils étaient à court d'options. Que pouvaient-ils faire d'autre ?
Brindille soupira dans son sommeil, se déplaçant dans le fauteuil, et il se balança un peu avec son mouvement. Elle lui semblait si petite. Douce et fragile, pas une enfant, mais néanmoins quelque chose qu'il fallait protéger. Elle ne pouvait pas le faire elle-même.
« Tu sais ce que je pense ? » Demanda Rose. « Ne tire pas sur le messager. Écoute-moi. Tu te soucies d'elle, mais tu te soucies également de ce qu'elle pense de toi. Tu ne veux pas le lui demander parce que tu crains d'être le méchant. Mais il se trouve, Edward, que tu n'as vraiment rien à craindre. Elle te connaît. Elle te fait confiance. Elle veut te faire plaisir. Si tu le lui demandes – si toi tu le lui demandes, elle le fera. Et elle ne t'aimera pas moins après. »
Edward serra les dents et essaya de donner le bénéfice du doute à la théorie de Rosalie en dépit de ses défenses automatiques qui voulaient remonter à la surface. Elle savait toujours exactement quoi dire pour l'atteindre. Elle le savait si bien. Et c'était vrai, songea-t-il, qu'il ne voulait pas que Brindille le mette dans le même sac que James et le 'mauvais docteur.' Il n'était pas comme eux. Il ne voulait pas lui faire de mal, ou l'utiliser pour des jeux détraqués ou des idées tordues sur ce qu'était le plaisir. Il voulait la tenir lorsqu'elle avait peur, et la regarder grandir et apprendre. Au final il voulait qu'elle réussisse à être heureuse, de quelque façon que ce soit. La question était de savoir s'il y avait un rapport entre le bonheur de Brindille et le fait de traduire son 'mauvais docteur' en justice.
Lentement, incertain de sa décision alors même qu'il la prenait, Edward se leva du canapé. Il alla jusqu'au fauteuil de Brindille et se pencha sur elle, lui chatouillant doucement l'oreille avec ses doigts. « Hé, Petite Brindille ? Je sais que tu es endormie, mais peux-tu te réveiller pour moi ? Juste pour une minute. »
Un doux bourdonnement ensommeillé quitta ses lèvres et elle essaya de se blottir plus profondément dans le fauteuil moelleux, mais ses mouvements le firent basculer et ses yeux s'ouvrirent instantanément. L'inquiétude traversa son visage, et elle cria en s'agrippant au bras du fauteuil.
« Chut, tu vas bien. » Edward la souleva, son corps chaud rampant pratiquement dans ses bras dans sa hâte de s'enlever du fauteuil en mouvement.
« Désolée, je n'ai même pas pensé que le fauteuil pouvait basculer. » Rose semblait vraiment bourrée de remords.
« Ça va, je n'y ai pas pensé non plus. » Il retourna sur le canapé en tenant le petit corps chaud de sommeil de Brindille, ses mains desserrant progressivement leur emprise sur lui alors que son rythme cardiaque se régularisait. Elle cligna des yeux indistinctement, son esprit encore endormi et lent, essayant de déchiffrer ce qui s'était exactement passé. Edward était désolé – il ne l'avait jamais réveillée avant, la laissant plutôt dormir n'importe quand et aussi longtemps qu'elle le voulait. Mais ceci était important. Il avait besoin de réponses, ou du moins de quelque chose qui s'en approchait.
« Je ne sais pas quel est ton niveau de compréhension en ce moment, » lui dit-il, prenant doucement son menton et lui enjoignant de le regarder. Ces immenses yeux bruns lui disaient tant de choses, même quand son vocabulaire limité ne le pouvait pas. « J'aimerais le savoir, mais ce n'est pas le cas. Alors je vais juste parler, et espérer que tu saisisses une partie de ce que je vais dire. » Il prit une profonde inspiration, la regardant sucer sa lèvre inférieure dans sa bouche, la commissure de ses lèvres tirée vers le bas dans une moue inquiète. « Tu vas bien, Trésor. Rien de mauvais ne va se produire. Je veux juste te parler de quelque chose. » Il y avait tant de choses dont il voulait lui parler, mais l'efficacité de ces conversations était limitée par le peu de mots qu'elle connaissait. « Nous essayons de trouver les hommes qui t'ont fait du mal. Nous voulons qu'ils soient punis pour ce qu'ils t'ont fait. Parce que ce n'est pas correct – c'est malade et immoral – et j'ai peur que t'amener à comprendre cela puisse être le plus grand de tous les défis. » Il expira lentement, l'observant en quête d'un signe – quelque chose pour lui dire qu'elle comprenait au moins une partie de ses paroles. Elle mâchouilla sa lèvre, un sillon délicat apparaissant sur son front lisse.
« Ouais, je sais. Et je suis navré. » Mais il devait essayer. « Docteur Gerandy. »
Le corps de Brindille se figea. Ses yeux sombres s'écarquillèrent et elle tourna brusquement la tête, cherchant son 'mauvais docteur' dans la pièce. Elle mordit sa lèvre plus fort, la chair rose blanchissant et se tendant, et Edward craignit qu'elle ne la fasse saigner.
« Chut, » l'apaisa-t-il, la tirant plus près de lui, la laissant se cacher dans le creux de son cou – son endroit préféré. « Il n'est pas ici. Il ne s'approchera plus jamais de toi, Petite Brindille, mais je veux être en mesure de le trouver et j'ai besoin de ton aide. Parle-moi. Dis-moi quelque chose – n'importe quoi. »
Mais aucun mot ne sortit de sa bouche, seulement un doux gémissement alors qu'elle se serrait contre lui.
« Que veux-tu que je fasse ? » Il passa ses bras autour de son corps tout chaud, la tenant étroitement. « Je veux le trouver pour toi. Je veux voir tous ceux qui t'ont fait du mal enfermés derrière les barreaux pour le reste de leur vie. » À certains égards, la fille dans ses bras, celle qui le lorgnait avec ces grands yeux sombres, était très loin de celle qu'il avait trouvée à l'article de la mort à l'arrière d'un camion. Mais à d'autres égards, elle était la même aujourd'hui qu'elle avait été alors. Ils avaient encore un long, un incroyablement long chemin devant eux. « Tu n'es pas un animal. Je ne peux pas dire avec certitude combien de ton enfance ils t'ont enlevé, mais ça a dû être une quantité significative. C'est quelque chose que je ne pourrai jamais te rendre, et je suis tellement, tellement désolé pour ça. » Avait-elle jamais eu une chance d'être vraiment une enfant ? De courir sous le soleil, sauter dans les flaques d'eau ? De crier ? De jouer ? « Donne-moi juste un indice, ma Chérie. Quelque chose. N'importe quoi que nous pourrons utiliser. »
L'appréhension écrite sur son visage délicat était quelque chose qu'Edward détestait voir. Il aimait cette fille. Quelque part au cours des derniers mois, elle avait fait son chemin dans son cœur et y avait élu domicile, et il était incapable maintenant de l'arrêter. Une distance plus professionnelle aurait peut-être été mieux, mais il était beaucoup, beaucoup trop tard pour changer ça à présent. Elle cligna, mâchant sa lèvre inférieure, le regardant avec des yeux tristes. Il était clair qu'elle savait qu'il voulait quelque chose d'elle, mais elle n'avait aucune idée de ce dont il s'agissait. Le désir de lui donner ce qu'il voulait se heurtait à son incapacité à le faire, et la douleur de ce conflit était gravée sur son visage.
« Edward ? » Murmura-t-elle finalement. Le doux bourdonnement de ses mots était hésitant, incertain. « Edward. »
« Oui. Je suis ton Edward, et ça ne changera jamais. S'il te plaît n'aie pas peur. Je ne te ferais jamais de mal. Je veux juste un indice – quelque chose que nous pourrons utiliser pour trouver le mauvais docteur. »
Elle frissonna dans ses bras, son regard sombre vacillant. « Mauvais, » lui dit-elle. « Docteur mauvais. »
« Ouais, tu l'as dit avant. Peux-tu me dire autre chose ? »
Le froncement de sourcils de Brindille s'approfondit, que ce soit parce qu'elle était mal à l'aise ou parce qu'elle se concentrait, Edward n'aurait pu le dire. Il regarda son combat silencieux, la façon dont elle suçait et mordait sa lèvre, ses sourcils délicats se touchant presque. Il pouvait sentir Emmett et Rosalie l'observer eux aussi, mais ils ne parlèrent pas.
Brindille respira lentement, puis encore. Ses doux yeux angoissés ne le regardaient plus – ils regardaient dans la pièce, sans fixer quoi que ce soit, sans voir. Comment était-ce à l'intérieur de son esprit ? Que cherchait-elle dans sa tête ? Les secondes traînèrent, marquées par le vrombissement sonore de ses propres battements de cœur dans ses oreilles.
« Docteur, » dit-elle lentement, faisant résonner le mot, le sentant sur ses dents et sa langue, et sur sa lèvre enflée et maltraitée. « Docteur… donner. Mauvais. Donner mauvais. Mauvais, Edward. »
« Chut, ça va. » Il posa sa main sur sa tête, l'encourageant à se nicher dans le creux de son cou. C'était un réconfort qu'elle aimait, et il était heureux de lui donner tout ce qu'elle voulait. « Veux-tu que nous arrêtions de le chercher ? Que nous laissions juste tomber ? Que pouvons-nous faire pour toi ? »
« Elle ne peut pas répondre à ça pour l'instant, Edward. » La voix de Rose était douce – beaucoup plus douce que lorsqu'elle s'adressait à lui d'habitude. « Si jamais elle nous donne des réponses, ce ne sera pas aujourd'hui. »
« Edward. »
Le mot était doux, marmonné dans la peau de son cou.
« Quoi, Petite Brindille ? Que veux-tu ? Tu peux tout me dire. »
Elle inspira l'air dans ses poumons, le libérant en un léger soupir. « Maison ? Maison, Edward ? »
« Voilà. » Rose sourit. « Peut-être que ce n'était pas ce que tu avais en tête, mais elle vient de te dire ce qu'elle veut. Ramenons-la à la maison. »
ooo
« Mauvaise ? »
L'inquiétude dans la voix de Brindille brisa le cœur d'Edward. Il regarda la fille sur ses genoux et d'une main il caressa ses cheveux sombres et soyeux. La façon dont elle le regardait, comme s'il pouvait la briser avec un mot mal exprimé, ne manquait jamais de serrer son cœur d'une manière qui, songeait-il, ne deviendrait jamais moins chaotique. Ils étaient seuls à présent, de retour au cottage, la lampe diffusant une chaude lumière dorée pour chasser les ombres alors que la nuit approchait.
« Non, » lui dit-il, trouvant sa joue avec la pulpe de son pouce et l'effleurant doucement. « Bonne. Tu es ma bonne fille. » Elle avait la peau la plus douce qu'il ait jamais touchée, pâle et crémeuse. « Je suis désolé de t'avoir poussée. Je suis simplement inquiet au sujet de faire la bonne chose, tu sais ? C'est inutile, cependant, je suppose. En définitive, la chose la plus importante est que tu sois en sécurité et heureuse. Je ne veux pas que tu penses que tu doives faire quelque chose que tu ne veux pas faire pour me contenter. Si tu ne veux pas parler de cet homme, nous ne parlerons pas de lui. »
Mais elle ne semblait pas convaincue, traumatisant à nouveau sa pauvre lèvre, ses doux yeux ternes alors qu'ils cherchaient les siens. « Verts, » murmura-t-elle, frôlant le dessous de son œil du bout des doigts. « Jolis. »
Edward ne put s'empêcher de sourire. C'était un mot relativement nouveau pour elle, qu'elle avait seulement commencé à utiliser il y avait à peu près une semaine. « Bruns, » lui dit-il, faisant écho à son frôlement, sentant le balayage de ses cils contre son doigt quand elle cligna des yeux. « Très jolis. Tellement jolis. Tu n'as pas idée, ma belle. » Elle était magnifique, la peau pâle et les yeux veloutés, et plus encore maintenant que toutes les ecchymoses d'origine avaient disparu et qu'elle commençait enfin à se remplumer.
Elle avait été remarquablement calme durant le trajet de retour, et Edward espérait que cela signifiait que maintenant elle comprenait qu'ils pouvaient partir pendant un moment mais qu'ils allaient toujours revenir. Élargir son environnement physique était sans aucun doute bon pour elle, mais elle était toujours plus à l'aise ici, dans la maisonnette qui était devenu sa sécurité.
« Edward ? »
Elle se pencha en avant et ramassa son téléphone sur la table basse, jetant des coups d'œil furtifs à Edward à plusieurs reprises pour voir s'il allait l'arrêter. Il ne fit rien. Voulait-elle voir à nouveau comment on prenait des photos ? Rose avait promis de le lui montrer, mais ensuite ils n'avaient jamais eu le temps de le faire.
Au lieu de lui offrir le rectangle noir, Brindille glissa de ses genoux et rampa maladroitement sur trois membres, tenant le téléphone contre sa poitrine. Elle s'arrêta de l'autre côté de la pièce, devant la petite table d'appoint sur laquelle se trouvait son système d'enceintes. L'atteignant, elle déposa soigneusement le téléphone à côté de la station d'accueil, puis elle se tourna et regarda Edward avec nostalgie, mordant sa lèvre.
Edward émit un petit rire. « Veux-tu écouter un peu plus de musique, Petite Brindille ? » Ils avaient seulement écouté de la musique quelques fois depuis qu'elle était venue à lui, mais elle avait toujours l'air de l'apprécier. Il alla la rejoindre et choisit une playlist de compositions contemporaines au piano, puis il glissa le téléphone dans la station d'accueil.
Brindille fit un son pour montrer son plaisir, un doux bourdonnement, et leva les bras vers lui. Edward la souleva, la laissant enrouler ses jambes autour de sa taille tandis qu'il déplaçait ses bras pour la tenir gentiment. « Je vois. Tu veux danser. »
Sa tête se nicha dans son endroit préféré sur son épaule, son nez effleurant doucement sa peau alors qu'elle soupirait de contentement et fondait en lui. Il avait seulement 'dansé' avec elle une fois avant, mais apparemment elle en gardait un bon souvenir. Se berçant doucement au son de la musique, Edward laissa son esprit dériver et se contenta de tenir Brindille. Ça avait été une journée difficile, mais elle semblait aller bien. Rosalie avait raison – elle ne le blâmait pas de lui avoir posé des questions. Pourrait-il l'asseoir et lui demander de dessiner le Dr Gerandy avec le même résultat ? Cela demeurait un mystère.
« Bon Edward, » murmura-t-elle, se blottissant plus profondément dans ses bras alors que la pièce de musique changeait.
« Bonne Brindille, » répondit-il. « Tu es une fille très gentille. Ne laisse personne te faire croire le contraire. »
Ils se balancèrent lentement au son de trois autres mélodies, jusqu'à ce qu'Edward entende un coup tout à fait inattendu et assez inopportun frappé à la porte. Comme il l'avait déjà verrouillée pour la nuit, il n'eut pas d'autre choix que de porter Brindille avec lui alors qu'il l'ouvrait.
Heureusement, ce n'était qu'Esmée et Carlisle de l'autre côté.
Il les laissa entrer, lorgnant la boîte en carton que Carlisle transportait. Elle paraissait lourde.
« Ça fait une éternité que je voulais t'apporter ça, » dit Esmée alors que son mari déposait la boîte par terre. « Je m'en suis finalement souvenu quand Carlisle était à la maison pour la transporter. »
« Qu'est-ce que c'est ? » Edward déposa Brindille sur le sol et arrêta la musique.
« Juste des livres que nous avions mis dans une boîte, la plupart datant de quand tu étais enfant. J'ai pensé que Brindille pourrait les aimer. » Esmée tira le couvercle de la boîte alors que Brindille s'approchait en rampant. Bête apparut de derrière le canapé et sauta immédiatement dans le couvercle renversé. « Ici, Trésor. Ils sont pour toi. »
Edward regarda sa tante s'installer sur le plancher avec Brindille, l'encourageant à examiner le contenu de la boîte. Carlisle se plaça un peu à l'écart. Brindille n'était pas encore tout à fait en confiance avec lui, et il n'était pas du genre à insister.
« Comment tout s'est passé aujourd'hui ? » S'enquit-il.
« Je suppose que ça aurait pu être pire. » Edward décrivit les événements de la matinée, incluant la menace du Dr Lawton de se battre pour la tutelle si elle obtenait du financement.
« C'est incroyable ! » Protesta Esmée, se détournant de la jeune femme qui feuilletait avidement un livre épais à couverture rigide. « Qu'est-ce qu'elle lui veut ? Elle ne peut certainement pas l'aimer. »
Edward haussa les épaules. « Elle le ferait pour l'argent ? La renommée scientifique ? Je me sens presque désolé pour elle. Elle a dû en voir de toutes les couleurs avec son boulot, pour être si blasée. »
« Cela ne lui donne pas le droit de blesser les gens, en particulier ceux qui ont le plus besoin d'aide. » Esmée sourcilla. « Si tu veux que j'envoie des lettres et que je commence une campagne, tu n'as qu'à me le dire. J'ai des contacts. »
C'était tout à fait vrai. Mais ils n'avaient pas encore autorisé la parution d'informations sur Brindille dans les médias, Emmett et Scott ayant tous les deux convenu que maintenir son monde calme et paisible valait beaucoup plus que toute l'aide que le public pourrait apporter en traquant son 'mauvais docteur' et tout autre homme impliqué dans son passé. C'était leur option de dernier recours, la seule chose qu'ils refusaient d'essayer à moins que tout le reste n'ait échoué. Discréditer publiquement Lawton ruinerait leur plan.
« De toute façon, elle ne gagnera pas automatiquement même si elle obtient un financement fédéral, » déclara tranquillement Carlisle, apaisant l'une des craintes les plus impérieuses d'Edward. « Il pourrait y avoir une bataille, et j'imagine qu'elle ne sera pas jolie. Mais son travailleur social et toi, vous aurez le gros bout du bâton – je suggère d'essayer de cultiver une relation plus forte avec lui. »
C'était quelque chose qu'Edward avait déjà plus ou moins décidé. Il n'aimait pas menacer les gens, alors essayer de raisonner Scott et travailler avec lui semblait être sa seule véritable option. Emmett avait raison ; nul ne pouvait savoir de quoi le prochain travailleur social sur la liste aurait l'air s'il tentait de se débarrasser de Scott.
« Je pense qu'il est aussi peut-être temps de trouver un psychologue ou quelque chose du genre, » admit-il. « Quelqu'un qui pourrait nous aider à aider Brindille. Quelqu'un qui pourrait être utilisé en tant que témoin expert dans le cas où cette affaire irait en Justice et où je devrais me battre pour elle. » Le bruit de Brindille en train de fouiller dans la boîte pour prendre un autre livre atteignit ses oreilles. Pas question qu'il laisse simplement Lawton l'emmener.
« Je crois que c'est une bonne idée. Que l'un de ses confrères mette en doute ses agissements, si c'est nécessaire, ça fera certainement tomber une partie du vent dans les voiles de Lawton. » Carlisle fronça les sourcils. « Cette femme m'est vraiment antipathique. Comment peut-elle se proclamer docteur, ça me dépasse. »
« Elle était probablement une psychiatre compétente naguère. »
Esmée renifla indélicatement. « Ça ne veut rien dire maintenant, Edward, et tu le sais. »
Ouais, Edward le savait. Il savait aussi qu'elle avait un travail difficile – un des plus ardus qu'il pouvait imaginer. Elle voyait le pire de l'humanité chaque jour, et –
Un murmure étouffé attira l'attention d'Edward vers Brindille. Son visage, normalement pâle, était blanc comme un linceul, et ses mains tremblaient alors qu'elle tenait un livre noir épais. Même sans lire le titre estampillé en or sur la couverture de cuir, Edward savait exactement ce que c'était d'après l'apparence caractéristique de la chose.
« D'où est-ce que ça vient ? » Il ne se souvenait pas d'avoir eu une Bible dans sa collection de livres quand il était gamin. Esmée n'était pas du tout religieuse, et Carlisle, tout en venant d'une famille pieuse, n'allait jamais à la messe et n'avait jamais exigé qu'Edward le fasse.
« Ça doit être l'un des divers objets que j'ai rangés là il y a déjà quelques années, » dit doucement Esmée. « Que crois-tu que – »
Brindille déglutit de manière audible. Sans ouvrir la Bible, elle leva les yeux vers Edward et dit très clairement : « Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi ! Où tu iras j'irai, où tu demeureras je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu ; où tu mourras je mourrai, et j'y serai enterrée. Que l'Eternel me traite dans toute sa rigueur, si autre chose que la mort vient à me séparer de toi. »
Mille mercis à ma très chère collaboratrice mlca66. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.
Milk
