Chapitre 28 : Découvertes
Rose, folle de rage, rentra dans le compartiment où son frère et ses cousins s'ébattaient joyeusement. Elle ferma la porte avec violence et s'assit en face d'Albus en croisant les bras, furibonde.
- Rosie. Lâcha Albus Potter en se penchant vers elle, les mains jointes en ses genoux, perplexe. Quelque chose ne va pas ?
Il se demandait s'il devait aller s'en prendre à un de ses camarades ou non. Généralement, quand Rose faisait cette tête, c'est qu'elle était contrariée : un élève s'était moqué de ses cheveux, l'avait insultée ou traitée de Miss-je-sais-tout… Et d'habitude, Al débarquait et rétablissait vite l'équilibre en prenant le parti de sa cousine. Les gens faisaient moins les fiers devant un Potter en colère.
Rose secoua la tête en serrant la mâchoire. Albus s'appuya contre le dossier de sa chaise et laissa son regard vagabonder sur les plaines qui défilaient derrière la fenêtre du train. Hugo était en pleine bataille explosive avec Fred. Molly et Roxy s'échangeaient leurs cartes de Chocogrenouilles en parlant des nouveaux chanteurs à la mode, quant à Lily, elle somnolait, la tête appuyée contre la vitre du compartiment.
- J'en ai assez ! Craqua alors Rose.
Surpris, Albus sursauta, Roxanne et Molly cessèrent toute conversation pour se retourner vers leur cousine, Lily fut brusquement tirée de son sommeil, Hugo tourna la tête en direction de sa sœur alors que Fred laissait tomber le 6 de trèfle qu'il s'apprêtait à poser sur le château de carte qui aussitôt explosa dans le plus grand vacarme.
- Ro…Rosie ? Demanda doucement Albus, dans l'espoir de la calmer parce qu'à ce rythme, ils n'allaient pas tarder à ameuter tous les élèves du wagon.
- J'en ai marre de tous ces garçons qui agissent sans me demander mon avis ! Qui pensent que parce que je suis une fille un peu timide alors je suis complètement naïve et stupide !
- De quoi ? S'étonna Molly, comprenant difficilement ou sa cousine voulait en venir.
- J'en ai marre ! Marre ! Marre ! Assez des « Rose de mon cœur » et des « bisous de partout » ! Assez des « Rose, ce n'est pas ma faute ! C'est de la faute de ton père » ! Allez-vous faire voir ! Tous autant que vous êtes ! Cracha la rousse avant de croiser rageusement les bras, assise sur la banquette rouge du train.
Ses cousins la regardèrent, les yeux écarquillés.
- Euh mais Rose, dit alors Hugo, à qui tu parles exactement ?!
- McQueen, Malefoy, vous et tous les garçons de l'école ! Cria de nouveau la rousse en pointant un à un les garçons présents dans le compartiment.
Albus échangea alors un imperceptible regard avec Hugo mais aucun des deux ne fit de commentaire.
- Qu'est ce qui se passe Rosie ? S'enquit Roxanne, qui n'avait pas eu vent des derniers évènements de la vie de sa cousine. Rose, apaisée par cette dernière, commença à expliquer:
- McQueen n'arrête pas de me faire des sous-entendus vaseux et…
- Des sous-entendus ? Répéta Albus en haussant un sourcil. Quel genre ?
- « J'ai beaucoup pensé à toi pendant les vacances, surtout le soir, si tu vois ce que je veux dire ».
- Quoi ? Cet abruti t'a dit ça ? Siffla-t-il.
- Oui. D'ailleurs je ferais peut-être bien d'aller faire amie-ami avec lui, j'ai l'impression que ça rend Scorpius fou de jalousie, mais il ne devrait pas être jaloux puisqu'après tout c'est bien lui qui a embrassé cette blondasse alors que mon père et moi étions invités par le sien à boire le thé au Manoir Malefoy ! Clama Rose d'une traite, étalant ses pensées à haute voix.
- Tu…S'étouffa Al. Tu envisages de… tu veux sortir avec McQueen ?
Pour le coup, le jeune Potter préférait mille fois Malefoy à McQueen, au moins le blond avait un minimum d'intellect !
- Pourquoi pas… Marmonna Rose sous la colère alors qu'elle n'en pensait pas un mot.
Ce serait un moyen de rendre à Scorpius la monnaie de sa pièce.
- C'est un abruti fini ! Paniqua Albus en gesticulant dans le compartiment.
- Ca sera toujours mieux que Malefoy, non ? Demanda Rose d'une voix évaporée.
Son cousin se renfrogna. Hugo lui, leva les yeux au ciel en tripotant nerveusement sa baguette. Les garçons n'étaient pas vraiment d'accord avec la rousse sur ce dernier point.
- Ecoute Rose, souffla finalement Albus, Malefoy… Il… Ce n'est pas ce que tu…
- Tss ! Le coupa Hugo en lui attrapant brusquement le bras.
Le brun lui jeta un regard agacé.
- Tiens. Ta. Langue. Murmura alors le jeune Weasley, dans un souffle.
Rose les foudroya un instant du regard, chacun leur tour, car elle avait très bien comprit ce qu'Albus avait dit.
- Alors encore quelque chose que je ne sais pas !
Les regards des deux jeunes hommes se croisèrent.
- C'est quoi cette fois ! Vous avez fait un pari avec Malefoy ?! S'énerva Rose.
Albus ouvrit la bouche, hésitant quant à l'attitude à adopter, après tout, il avait promis de ne rien dire ! Un Gryffondor tient toujours parole. Il se contenta de secouer tristement la tête, ce geste ne calma pas sa cousine, bien au contraire.
- De toute façon, je découvrirai de quoi il s'agit toute seule ! Comme d'habitude ! Répliqua Rose.
Elle tira ensuite de son sac un exemplaire de Moi le Magicien et commença sa lecture, folle de rage. Plus personne n'osa entamer une discussion et seul le bruit qu'émettait le château de cartes explosives rompit le silence de temps à autre jusqu'à la fin du trajet.
Rose ne vit pas Scorpius descendre du train. Par contre, elle ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil en direction de la table des Serpentards lors du diner et ce qu'elle vit la surprit au plus haut point.
Elle avait pensé que le blond serait de nouveau lui-même après cette histoire, qu'il rigolerait avec ses amis et serait entouré par de jolies filles. Elle n'avait pas vraiment imaginé que le regard du blond serait rivé sur elle pendant tout le repas, ni que ce dernier n'échangerait pas un mot avec ses amis ou qu'il ne toucherait pas à son assiette.
Il avait l'air tellement misérable.
Rose le trouvait trop trognon !
Si elle n'avait pas eu sa fierté et le goût amer de la trahison du blond, elle serait tout de suite allée le prendre dans ses bras pour le consoler.
Gênée, elle secoua la tête et détourna les yeux de ceux de Scorpius qui la brûlaient. Il ne l'avait pas lâchée du regard depuis qu'ils étaient à table et Rose commençait vraiment à se sentir mal à l'aise. Elle termina donc son repas et se dépêcha de quitter la table.
Pendant un instant, Scorpius fut tenté de la suivre et de la supplier de le reprendre, mais Rose marchait si rapidement et semblait si déterminée à le fuir qu'il se doutait bien de sa réponse. Le blond alla donc se coucher, le cœur lourd.
Rose Weasley eu du mal à s'endormir ce soir-là. Ses pensées restaient tournées vers le Serpentard. Et s'il disait la vérité ? Après tout, pendant les vacances, il avait l'air vraiment amoureux d'elle. Et ce soir, il paraissait si…anéanti.
Etait-ce une illusion d'esprit ?
La rousse songea alors aux paroles de Scorpius qui mettaient en cause son père. Ce dernier n'avait jamais caché sa haine des Malefoys et il avait fait une telle crise de rage quand il avait apprit que Scorpius et elle se fréquentaient… Et les paroles d'Albus... De bien étranges paroles qui semblaient mettre en cause Scorpius… Et la réaction d'Hugo dans le train?
Rose, dans son lit, se tourna sur le coté et pensa alors à ce que le blond lui avait crié dans le wagon : « C'était une Vélane ». La blonde aurait-elle pu être une Vélane ? S'il disait vrai, cela voudrait dire qu'il s'était fait piéger, comme elle.
Lorsque l'aurore pointa, Rose ne perdit pas de temps et alla prendre une bonne douche. Après s'être couchée tard pendant toutes les vacances, Rose aurait du se lever en conséquences, mais ce matin, elle avait quelque chose dans la tête. Une question à laquelle il fallait répondre : Scorpius était-il coupable ou non ? et plutôt que d'aller perdre des heures à la bibliothèque, il lui suffisait d'interroger une personne en particulier, quelqu'un qui serait à même de répondre à ses questions. A 7h15 pétantes, elle se trouvait dans la Grande Salle.
- Salut Louis. S'écria-t-elle joyeusement en s'asseyant à la table des Gryffondors, en face de son (seul) cousin lève-tôt.
Louis Weasley était une énigme pour la plupart des élèves de Poudlard. Il était d'un blond éclatant, n'avait aucune tâche de rousseur et la plupart des jeunes filles battaient des cils rien qu'en le voyant passer dans les couloirs. Il dégageait une aura séductrice à tel point que même les élèves des années supérieures à la sienne se battaient pour l'accompagner au bal. Louis, lui, restait souvent de marbre et semblait ignorer toute l'attention dont il faisait l'objet. Il était indifférent, voire nonchalant, mais tellement intelligent.
- Hey, Rosie. Répondit ce dernier, un vague sourire aux lèvres. Comment ça va ?
- Ca…ça peut aller. Et toi ?
- Très bien. Déclara-t-il en brassant son chocolat chaud à l'aide d'une petite cuillère, un vague sourire aux lèvres. Je me doutais que tu viendrais me voir.
- Ah oui ? Pourquoi cela ?
- Pas plus tard que ce matin, j'ai entendu parler de ton histoire avec Malefoy…
Rose se raidit immédiatement. Naturellement qu'il était au courant qu'elle sortait avec Scorpius, la famille était allée manger chez eux après Noël, seulement la rousse ne s'attendait pas à ce qu'il ait déjà eu vent de l'incident du train.
- Et qu'est ce que tu as entendu ?
- Pas grand-chose, que tu t'étais disputée avec lui dans le train à propos d'une nana à qui il caressait les cuisses, et détail le plus important, il aurait crié « C'est une vélane ». Toute la salle commune ne parlait plus que de ça hier soir. Il est de notoriété commune que je suis expert en veela, alors je me suis dit que tu viendrais m'en parler.
- Tu penses bien. Marmonna Rose. Au fait, pourquoi on ne vous a pas vu hier sur le quai ? Al et Fred t'ont cherché dans le train mais tu restais introuvable. Hugo a décrété que tu étais surement avec une nouvelle copine.
Louis s'esclaffa et se gratta distraitement la nuque.
- Petit séjour en France de dernière minute. Répondit-il.
Cela n'était pas très surprenant, depuis que Louis avait son permis de tranplanage, il passait son temps en France. Il voyait souvent sa famille française et parlait très bien la langue, le seul inconvénient était peut-être qu'il s'était fait à la nourriture et que maintenant il ne pouvait plus toucher à un seul ragoût anglais…
- Bon alors. Qu'est ce qui s'est passé avec Malefoy ? S'enquit le blond, intéressé.
Rose inspira fortement avant de tout lui expliquer. Comment Scorpius s'était comporté le jour de cette invitation à prendre le thé, comment il semblait obnubilé par cette fille et pour finir les mots qu'ils avaient échangés dans le train, ainsi que ses nombreuses lettres que la rousse n'avait pas prit la peine de lire. Louis l'écoutait attentivement et hochait la tête de temps à autre pour approuver les réactions de sa cousine.
- Et il est venu me voir dans le train. Il a voulu me parler, il a dit que tout était de la faute de mon père ! Non mais tu te rends compte ! S'énerva Rose.
Louis ne semblait nullement outré par le comportement de Malefoy. Il prit son temps pour déguster une tartine et boire une gorgée de chocolat chaud qui commençait malheureusement à refroidir. Après s'être soigneusement essuyé la bouche avec sa serviette, il dit platement :
- Je me rends surtout compte qu'il s'est fait avoir, et toi aussi.
- Pardon ? Couina Rose, les yeux ronds.
- Remarque, Malefoy s'y connaît peut-être bien en Veelas, reprit Louis comme s'il s'adressait à lui-même, mais honnêtement, je ne vois pas comment, ils n'ont aucun gêne veelas et il faut en être un pour connaître réellement les effets de leur… de notre magie, quoi.
- Votre magie ? Répéta Rose, interloquée par l'utilisation du pronom nominal.
La jeune femme n'avait jamais imaginé que son cousin – Louis – puisse avoir un quelconque pouvoir veela, pourtant, elle savait bien qu'il était beau - toutes les filles de Poudlard le trouvaient beau - il faisait partie des « mieux notés » par elles avec Scorpius et Al… La célébrité sans doute…
Evidemment que Louis avait du sang veela dans les veines et qu'il avait du charme, mais de là à parler de pouvoir…
- C'est bien ce que je disais. Sourit son cousin. Si toi tu n'es pas au courant, Malefoy ne l'est pas non plus.
- De quels pouvoirs tu parles au juste ? Demanda enfin Rose, agacée de tourner autour du pot.
- Voyons Rosie, tu ne crois pas que c'est simplement la beauté des veelas qui attire les prétendants ?! Rit son cousin. Non, il y a un pouvoir derrière cela.
Il but une nouvelle gorgée de chocolat, regardant tranquillement la rousse en face de lui triturer nerveusement un morceau de pain.
- Vraiment ? S'étonna-t-elle.
Cela voudrait dire que Scorpius avait raison…
- Et bien oui Rosie. Les veelas ne sont pas vraiment humains tu vois… Les vrais veelas, comme mes arrières grands parents, quand ils sont énervés, changent de forme et deviennent carrément repoussants, ça fait un effet bœuf quand les enfants les mettent en colère, mais les semi-veelas, comme ma mère et ma tante, ne le peuvent pas.
- Et le pouvoir alors ? S'enquit Rose, pressée d'en venir au fait.
- Justement, le pouvoir, lui, se transmet sur certains individus.
- Certains individus ?
Louis poussa un soupir amusé.
- Tu comptes m'interrompre toutes les deux minutes ?
- Euh…
- C'est de la simple génétique, certains enfants héritent du gêne qui octroie le pouvoir veela, d'autres non.
- Oui, mais ce pouvoir, en quoi il consiste exactement ? Demanda Rose, férue de savoir.
- Ce n'est rien de plus qu'une sorte d'imperium, en tout cas il fonctionne comme tel.
Rose fixa son cousin, bouche ouverte.
- Disons que le veela…force la personne à faire ce qu'il veut. Seulement, ce n'est pas exactement comme dans l'imperium où on a juste à lancer le sort et la personne reste envoutée. Pour que la personne reste ensorcelée, il faut que le veela soit proche d'elle. Par exemple, s'il part dans la pièce d'à coté, le charme est rompu.
- Donc… Parvint à articuler Rose. Cela fonctionne un peu comme un filtre d'amour ?
- C'est exactement ça. La personne envoutée voit le veela comme… je ne sais pas comment t'expliquer… une sorte de divinité… Aphrodite en personne si tu veux.
- N'est-il question que de sexe ?
Louis sembla embêté pendant un bref instant.
- Oui et non, pour que le charme opère, il faut que le veela soit très attiré par le physique de la personne envoutée ou qu'il l'aime tout simplement. Si ces conditions sont réunies et que le veela décide d'utiliser son pouvoir, l'autre est totalement à sa merci. Mais le pouvoir a des limites. D'une part, comme je te l'ai déjà dit, le veela doit être présent dans la même pièce, enfin, plus exactement, il doit être vu par la personne. D'autre part, le pouvoir du veela ne réside qu'en l'attraction. La personne charmée va être tout de suite attirée par le veela et son seul but sera de le rejoindre pour le toucher, l'embrasser et…euh ben la suite quoi.
- Et que ressent cette personne ?
- Difficile a décrire.
- Est-ce qu'elle est consentante ?
- Rosie. Tu n'as pas entendu ce que je viens de dire ? Evidemment qu'elle n'est pas consentante ! Elle est totalement en-vou-tée ! Elle n'a pas son mot à dire ! S'écria son cousin, incrédule.
N'avait-elle rien écouté ?
Le cœur de Rose se mit à battre à cent à l'heure. Scorpius avait raison. Scorpius s'était fait envouté par une saloperie de vélane ! (Pardon Louis !).
Scorpius était encore amoureux d'elle ! Et elle l'avait rejetté!
Merlin, et s'il ne voulait plus de moi?
- Et comment peut-on savoir si une personne a été sous la coupe d'un veela ou non ? Demanda alors prudemment Rose afin d'étayer la thèse : « Scorpius est innocent ».
- Il y a plusieurs symptomes qui ne trompent pas. Trouble de l'esprit, pertes de mémoire et léger mal de tête post-enchantement, membres endoloris… oh et une affreuse tendance à avoir l'air con quand on est enchanté ! Ca oui ! Sourit Louis.
Rose fouilla dans son esprit. Scorpius lui avait parlé dans le train… il lui avait dit qu'il ne se souvenait plus de rien, qu'il entendait des voix… Et effectivement, il avait l'air vraiment abruti devant cette fille…
Un immense sourire fendit alors ses lèvres et c'est joyeusement qu'elle poursuivit la discussion avec son cousin.
- Qu'est ce que tu appelles troubles de l'esprit ?
- Et bien c'est assez vague, les personnes enchantées sont forcées de faires des choses qu'elles ne veulent pas, donc l'esprit peut être un peu perturbé.
- C'est possible qu'elles entendent des voix qui les forcent à faire telle ou telle chose ?
- Bien sûr, c'est même ce qui les pousse à agir. Il faut bien que le veela fasse entendre ce qu'il veut à… Rose ! Cria Louis en voyant sa cousine sortir en trombes de la Grande Salle.
- Merci Louis ! Entendit-il vaguement quand elle franchit les portes de bois.
- MALEFOY ! M.A.L.E.F.O.Y ! Lui est bien de votre maison non?! Je veux voir Scorpius Malefoy ! Appelez-le moi tout de suite ! Cria Rose après avoir demandé trois fois à la gargouille des Serpentards de la laisser entrer dans leur salle commune.
- Pourquoi voulez-vous voir le jeune Malefoy ? Sillfa l'insupportable gargouille aux yeux verts, protectrice de la salle commune en fixant la jeune Gryffondor.
- Je veux lui parler ! C'est clair ?! Allez me le chercher !
La gargouille se contenta de siffler méchamment et de redevenir de pierre. Rose resta plantée devant le mur de pierre, les mains sur les hanches, furibonde. Elle ignorait si la gargouille était allée chercher Scorpius ou non. Devait-elle continuer à la harceler ? Si ça se trouve elle avait prévenue Scorpius mais celui-ci refusait de venir la voir ! Et s'il lui en voulait, s'il ne voulait plus la revoir ? De toute façon, s'il ne venait pas, elle lancerait un chauve-furie sur la gargouille dont elle se souviendrait! Parole de Weasley!
Rose commençait à angoisser lorsque le mur s'ouvrit sur Scorpius. En quelques secondes, Rose put lire sur son visage l'irritation, la surprise et enfait la perplexité.
- Rose ? Tu voulais me v… Eut-il le temps d'articuler avant que la rousse ne se jette sur lui et passe les bras autour de son cou.
La surprise passée, Scorpius afficha un sourire et serra Rose contre lui, enlaçant la taille de la jeune femme. Il poussa un soupir de soulagement en respirant l'odeur du shampoing Rose, se demandant s'il rêvait. Cette dernière passait distraitement les doigts dans les cheveux blonds et la caresse rassura le Serpentard.
Ils restèrent immobiles jusqu'à ce que Scorpius desserre son étreinte et la regarde dans les yeux.
- Tu m'expliques ? Demanda-t-il avec douceur.
Mais la rousse ne lui expliqua rien du tout et posa ses deux mains sur son visage qu'elle attira à elle avant de l'embrasser. Le jeune Malefoy, tout d'abord surprit, répondit farouchement au baiser en glissant une main dans les cheveux de Rose et en l'attirant encore plus près de lui tout en approfondissant le baiser. Après plusieurs longues minutes, elle colla son front contre celui du blond. Leurs nez se frôlèrent et elle put remarquer l'air émerveillé qui ornait le visage de Scorpius.
- Qu'est ce que… Articula-t-il avant que Rose ne lui mette un doigt en travers des lèvres afin de le faire taire.
- Je te crois. Pour la vélane. Expliqua-t-elle devant l'expression confuse du jeune homme.
Aussitôt dit, Scorpius sentit la perpétuelle boule qu'il avait dans la gorge s'évaporer. Sa première réaction fut de pousser un soupir de soulagement ensuite, il se pencha sur Rose et la serra dans ses bras, nichant son visage dans son cou, comme un marin qui revient d'une expédition lointaine après trois mois d'absence.
- Scorpius ? Murmura Rose.
- Une minute, s'il te plait. Souffla-t-il en réponse.
Avec un sourire, elle se laissa étreindre une nouvelle fois et attendit que le blond la relâche pour lui proposer de se rendre dans un endroit plus calme. Scorpius sourit, prit délicatement sa main dans la sienne et la mena jusqu'à la salle sur demande.
Il s'arrêta devant le mur de pierre du couloir et posa une main dessus. Puis, quand la porte se matérialisa, il se mit sur le coté pour laisser passer la rousse.
Rose remarqua tout de suite l'aspect chaleureux et intime de la pièce : une cheminée garnie de belles flammes, des fauteuils confortables, un immense canapé avec de larges coussins et même des bougies.
Les deux jeunes gens se dirigèrent vers le canapé, en face du foyer, et s'y assirent, l'un en face de l'autre.
Ils restèrent un bref instant à se dévorer les yeux, et Scorpius prit les mains de Rose dans les siennes.
- Je suis désolée. Dit-elle avec tristesse. Je ne t'ai pas cru tout de suite. Je suis allée voir Louis, c'est lui qui m'a expliqué que tu pouvais très bien être sous la coupe d'une vélane. J'aurais du te croire dès le début mais...
- Ce n'est pas grave, Rosie. Répondit Scorpius en caressant la joue de la jeune femme. Je comprends, qu'en tenant compte de mon « passé », tu aies pu douter de moi… Je ne t'en veux pas du tout.
- Moi je m'en veux. J'aurais du…
- Laisse tomber. Souffla le blond en souriant, son pouce effleurant la mâchoire de la Gryffondor. L'essentiel, c'est que tu me croies maintenant.
- Est-ce que tu peux m'expliquer plus en détails? S'enquit Rose, curieuse. C'est quoi cette histoire avec mon…, elle marqua un temps d'arrêt, père ?
L'héritier Malefoy détourna le regard vers la cheminée.
- Rosie, je sais que tu adores ton père, et je ne veux pas me disputer une nouvelle fois avec toi. Déclara-t-il, sur la défensive.
- Qu'est ce qui s'est passé ? Insista-t-elle, de plus en plus impatiente de connaître la vérité. Je veux savoir Scorpius.
Le garçon poussa un soupir avant de se détacher de la Gryffondor pour se laisser choir contre le dossier du canapé.
- Je crois que ton père a fait des choses, pour nous séparer. Ca s'est passé quand je suis allé chez toi. Déclara-t-il. Il y a eu, l'histoire des sorts sur les chambres pour que je ne puisse pas venir te voir ou l'inverse; le fait que lui et ton frère n'arrêtaient pas de te faire passer pour une mégère sans amis qui laisse la porte ouverte aux toilettes et qui utilise toute l'eau chaude quand elle se douche…
- Scorp… Le coupa Rose, livide. Je laisse la porte ouverte aux WC.
- C'est pas le problème, ce qui me chagrine c'est que ton père et ton frère m'ont fait dès le premier jour, le listing de tous tes défauts. Si on peut appeler ça des défauts. Rajouta-t-il en constatant que Rose n'avait pas l'air très contente. Tout ça dans quel but à ton avis? Il y a eu ton hibou qui nous empêchait de nous embrasser, et ensuite, Potter, qui a insisté pour qu'on te joue aux échecs… Continua-t-il d'un air confus en se pinçant l'arrête du nez.
Scorpius était fatigué de toute cette histoire, il était las. Tout ce qu'il voulait, c'était prendre Rose dans ses bras et ne plus penser à rien.
- Hein ? Vous m'avez jouée aux échecs? S'étrangla la rousse.
- J'ai gagné. Sourit le blond. Du coup il n'a plus rien dit quant à notre relation. C'était le deal.
- Tu as prit le risque de me jouer aux échecs ?! Grogna Rose, mécontente.
- Je savais que j'allais gagner. Répondit le blond en faisant la moue. Et puis j'ai gagné l'estime de ton cousin grâce à cette partie, ou du moins, j'ai gagné la paix. Tu me pardonnes ?
Elle hocha la tête, agacée et Scorpius déposa un baiser sur ses lèvres avant de poursuivre :
- Et le coup du dentifrice ? Ton frère a fait exprès de m'en faire ingurgiter pour que je te dise des conneries et qu'on rompe.
- Tu y vas un peu fort là, non ? C'était juste une blague.
- Rosie, fait-moi confiance, je suis à Serpentard. Je sais faire la différence entre une simple blague et un geste purement délibéré visant à me nuire. Ah, j'ai aussi oublié le poil à gratter. Je n'ai jamais été allergique aux acariens ! Quelqu'un a du mettre quelque chose sur les draps ! Tu as vu l'état de ma peau ?
- Ca ne veut pas dire que mon frère ou mon père…
- Ton père a essayé de me caser avec ta cousine ! Il m'a même fait dégnomer ton jardin !
- Scorpius… Sourit la rousse.
Pauvre biquet, il a dégnomé le jardin !
- Je le soupçonne même d'avoir gâché cette tartiflette que tu avais fait…
- Quoi ?
- Elle était très indigeste, immangeable et pourtant, vous l'avez dévorée, il n'y a eu que moi qui ai du vider mon verre a plusieurs reprises. Trop de poivre.
- Elle était parfaitement réussie ! Objecta Rose.
Bon sang, Scorpius avait-il un si piètre goût culinaire?
- Tu ne crois pas que ton père aurait pu mettre du poivre dedans ? Dit-il en la fixant droit dans les yeux.
- C'est plus le genre de mes oncles... Marmonna-t-elle, mais oui, je pense que mon père en est capable aussi.
- Il a même convaincu mon père de faire venir une vélane chez moi, pour me faire tomber dans le panneau.
- QUOI ? Cria Rose, subitement très énervée.
- Bébé, souffla le blond en lui prenant les mains. J'ai entendu mes parents en discuter le soir du nouvel an. J'étais venu te voir en balai, je voulais discuter, mais je n'ai pas pu m'approcher de chez toi…
- Il y avait des sorts. Approuva-t-elle en hochant la tête.
- Quand je suis rentré, j'ai entendu mes parents se disputer dans leur chambre. Ma mère était en colère contre mon père. Je l'ai clairement entendue dire que mon père avait comploté avec le tien pour nous séparer.
Scorpius remarqua très bien le visage blême de la jeune femme, mais il se força à continuer, il fallait qu'elle ouvre les yeux et se rendre compte que le monde entier s'était ligué contre eux ces derniers jours.
- Et j'y ai repensé. Continua-t-il. Les veelas étaient des amis de mon père, c'est lui qui a du les faire venir. Tu te rappelles le soir où je suis revenu chez toi avec lui à cause de l'histoire des gnomes ?
Rose hocha la tête, silencieuse.
- Nos pères ont discutés tous les deux. Le tien a même dit au mien : « tu pourras être utile ». Pour moi, c'est pas la peine de chercher midi à quatorze heure. Conclut simplement Scorpius en voyant Rose rougir de colère aussi vite que le lait bout quand il est sur le feu.
Il avait bien fait de ne pas trop exacerber ses explications. Rose, au summum de la colère, ne savait pas comment réagir tellement elle était contrariée.
Elle en resta bouche bée.
