Coucou ! Eh non ! Je ne suis pas morte, et non je n'ai pas abandonné la fic (en plus j'ai promis d'aller jusqu'au bout donc ce ne serait pas fair-play de ma part de la lâcher en cours). Et non, je n'ai pas 2 chapitres à vous offrir cette fois…
Mais ! Après un long passage à vide (côté méninges), quelques déprimes (p... d'humeurs !) et quelques projets qui j'espère vont aboutir, un passage au bar Msn pour se défouler avec certaines cinglées de service que j'ai pas vues depuis des semaines, et voilà que je suis à nouveau sur les rails ! Hé oui ! Je me suis enfin remise à l'écriture de mes fics - enfin, j'ajouterais. Et faut également rajouter que recevoir une review alors que je n'avais pas posté depuis des mois, ça fait hyper chaud au chœur... Je me disais chaque jour qui passe : « allez, Fey, faut que tu te bouges ton gros popotin et que t'obliges à garder les doigts collés sur le clavier pour taper tes chap ». Donc, merci à vous, copains et copines lecteurs !
Allez, je vais arrêter là les blablas qui ne servent pas à l'avancée de l'intrigue et je vous laisse juger de la suite des aventures de nos héros de Poudlard au moyen-âge.
Ps : au sujet de la remarque d'oceane, tu as raison, j'ai bien laissé passer des DraCo à la place des DraGo. Je m'excuse de ces nombreuses incommodités passées et je m'excuse également pour les fautes qui pourraient passer à l'avenir, malgré les corrections.
Bonne lecture !
Chapitre 28 : Imposture dévoilée
Les mains croisées derrière son dos, Hermione admira le tableau que son frère venait d'accrocher au-dessus de la cheminée.
- Alors ? s'enquit-il sans descendre de la chaise.
- Je trouve qu'il est parfait ici. Merci pour ton aide, Drew.
- Je n'allais tout de même pas te laisser manipuler une toile de valeur. Dans ton état, tu aurais tôt eu fait de la détruire, plaisanta-t-il. Quoi qu'il en soit, j'espère que Drago s'accoutumera à tes futures discussions, avec tes créatures du tableau.
Attristée, la Gryffondor alla se rasseoir sur le canapé qu'elle avait quitté le temps d'une contemplation. Intrigué par son silence, Andrew se retourna.
- Hermione ?
- Cette situation devrait être simple, hélas ce n'est pas le cas. J'ai l'impression de le trahir. Quand je me lève, j'ai toujours ce haut-le-cœur en découvrant Harry près de moi. Il a beau me réconforter, me dire que cela passera ; ses mots ne servent à rien... Or, le lui dire, ce serait avouer que je ne suis pas assez forte. Et je veux l'être ! Je veux que Drago sache que je n'usurpe pas mon statut de Gryffondor et que je saurai être à la hauteur de ce qu'il attend de moi.
Andrew descendit de son escabeau improvisé et s'avança vers sa sœur. Il s'installa à ses côtés, puis passa son bras autour de ses épaules.
- Un brin de femme qui a survécu jusqu'ici sans jamais baisser les bras est forcément une vraie battante, ma chère petite sœur. Rassure-toi, ce qu'ils ont fait ce n'est pas pour t'éprouver ou pour te pousser à leur prouver quoi que ce soit, mais plutôt de faire en sorte que tu cesses de craindre le futur. Si tu t'accables en découvrant Harry à tes côtés… Eh bien, fais-le dormir sur le sol, le temps que tu t'y fasses ! Je l'imagine déjà rouspéter à cette idée, mais il acceptera si cela permet de ménager tes émotions.
Soulagée, elle lui sourit.
- Si en plus je lui dis que l'idée vient de toi...
- Je suis habitué à ses protestations. Bon ! s'exclama-t-il en se relevant, revenons au tableau. Tu ne changeras plus d'avis ?
- Non. Il est bien mieux ici que dans le salon. Dis-moi, Rose ne va-t-elle pas regretter l'absence de cette toile, en plus de la nôtre ? Elle était tout de même dans le salon de la famille, depuis des années.
Il s'approcha de la toile et, poussant légèrement la chaise sur le côté, croisa les bras sur le rebord de la cheminée, fixant le paysage peint.
- C'est Rose qui m'a suggéré de te l'offrir, clarifia-t-il. Alors pense bien que la savoir près de toi, la satisfait, ajouta-t-il en glissant ses doigts sur la peinture.
- Et pour notre désertion ?
Il abandonna l'examen du tableau pour poser les yeux sur sa sœur.
- Disons que cette situation est difficile pour elle, mais comme tu la connais, elle fera toujours front.
- J'aurais voulu l'avoir près de moi, confessa-t-elle. Elle sait s'y prendre avec les enfants et elle aurait pu m'épauler. Mais surtout, je ne suis pas rassurée. A son âge… Et puis, imagine que la guerre gagne Londres et ses environs, ajouta-t-elle paniquée. Tu aurais dû refuser qu'elle renvoie la moitié des domestiques.
Son inquiétude concernant le déroulement de la guerre chez les Moldus était légitime. Depuis que Rita Skeeter avait pollué la Gazette des Sorciers avec ses rumeurs – plus insensées les une que les autres –, l'ordre avait été donné de ne plus mettre un seul journal entre les mains d'Hermione, même si cela signifiait l'écarter des nouvelles du monde. De toute façon, il n'y avait guère de nouvelles réjouissantes, ces temps-ci, songea Andrew.
Après la trêve de noël, il n'avait fallu que quelques heures pour que les hostilités recommencent. Ecumer les tavernes, la nuit venue, avait un certain avantage, celui de pouvoir récolter nombre d'informations sans que les langues ne fussent liées par la peur d'une éventuelle audience. Ainsi, il avait pu apprendre que trois jours après la Nativité, les bourgeois de Gand s'était finalement opposés à la politique de Louis de Nevers, accusé d'être bien trop généreux envers les français. Entendre qu'un certain Jack Artevelde avait été à la tête de cette révolte qui promettait de s'élargir aux autres villes flamandes ne l'avait guère étonné. Si effectivement cet homme avait un lien avec Voldemort, il devinait la raison de cette révolte. Car dans le cas où le peuple devrait prendre les armes, ce serait un véritable carnage que cette guerre pour la couronne de France. Quoi qu'il soit, à ce stade, il n'y avait hélas plus de solution pour les Moldus. Quant aux Sorciers...
S'adossant contre la colonne de la cheminée, il soupira.
- Drew ?
- Pour le moment, il est inutile de s'inquiéter. Même si Rose a congédié la moitié de la domesticité, celle-ci demeure sur nos terres. Ils savent ce qu'ils ont à faire, fais-moi confiance.
- Tu as pris des mesures la concernant ?
Il revint se planter à ses côtés.
- J'ai pris des mesures pour nous tous, cela te rassure-t-il ?
- Un peu... Je voudrais savoir pourquoi Voldemort s'intéresse tant aux Moldus alors qu'il aurait pu tout simplement les ignorer, ou - s'il désire tant les tuer - s'en charger lui-même après sa renaissance.
- Un bon stratège sait que la meilleure stratégie pour remporter un large territoire est de laisser ses ennemis s'entre-tuer, expliqua-t-il en s'asseyant. Et ce qu'il fait chez les Moldus, il le fait également ici, en liguant les sorciers, les uns contre les autres. Si le ministère acceptait de prêter l'oreille à nos avertissements, nous n'aurions pas à assumer seuls ta protection, et Dumbledore aurait un champ d'action beaucoup moins restreint.
- Dumbledore… Tu n'as que ce nom à la bouche, ces derniers temps.
- Je suis simplement fasciné par la sagesse de cet homme.
- Tu me caches quelques secrets, Drew, dit-elle suspicieuse.
- Aurais-je la cruauté de t'écarter de mes desseins, après tout ce que nous avons souffert ? s'offusqua-t-il.
Sceptique quant à cette réplique mélodramatique, Hermione porta ses mains vers le visage de son frère puis, le pivotant vers lui, le dévisagea.
- Le regard fuyant ! l'accusa-t-elle. C'est le même que tu offrais à maman quand elle te pressait de questions au sujet de tes devoirs !
- Je vais aller faire un tour en balai, décréta-t-il en se relevant.
- J'ai raison ! Aide-moi à me lever, et je ne te poserai plus de questions.
- Comment ? s'étonna-t-il en lui présentant ses mains. Tu abandonnes si vite ?
- Non, objecta-t-elle en se hissant sur ses jambes. Je prépare ma vengeance.
Passant le bras d'Hermione sous le sien, ils sortirent de la chambre.
- Comme m'envoyer chez tes détracteurs ?
A ces mots, Le visage d'Hermione s'assombrit.
- Je suis désolé, je n'aurais pas dû...
- Ce n'est pas ce que tu penses ! Que Rita m'affuble de quolibets, cela ne m'atteint plus. C'est Ginny qui m'inquiète... Elle ne m'adresse plus la parole. Je la comprends. Je haïrais celle qui oserait embrasser Drago et dormir auprès de lui. Mais je ne voudrais pas perdre une telle amie, la seule oserais-je dire. Si elle doit repartir à Poudlard en étant fâchée, je crains de ne jamais pouvoir nous réconcilier.
- Mais tu sais que...
- Oui, je sais, coupa-t-elle. Silence. Je m'y tiendrai, promis.
- Même si elle t'implorait en pleurs ? l'interrogea-t-il, défiant.
- Des larmes ? Non, ce n'est pas son genre.
- N'oublie pas que Ginny est amoureuse. Tu es bien placée pour savoir quel bouleversement et changement cela peut entraîner chez une femme.
Face à cette splendide vérité, Hermione émit un long soupir, tout en relâchant le bras de son frère.
- Il va falloir m'apporter un peu de ta force, mon chéri, pria-t-elle.
Amusé, Andrew observa sa sœur qui caressait tendrement son ventre arrondi. Remarquant l'attention dont était l'objet, Hermione leva la tête.
- Avant même l'enfantement, tu es devenue une maman gâteuse.
- Moque-toi mais attendons de voir ce qu'il en sera pour toi.
- Oui, nous verrons bien...
Elle pivota la tête afin de le regarder. Elle n'aimait ni ce visage fermé ni le ton qu'il avait employé.
- Drew, tu me caches réellement quelque chose. Je le sens.
- Sûrement mes faiblesses... (Il lui dédia un large sourire.) Ne sais-tu pas que ma place d'aîné et d'homme exige que je sois impassible et secret envers toi ?
- Foutaise que tout ceci ! A croire que Drago, Harry et toi avez été éduqués à la même école. Je suis capable de porter le poids de vos faiblesses, même en étant une femme.
- Que veux-tu ? rétorqua-t-il en passant affectueusement son bras autour de ses épaules. Nul n'efface des années d'éducation chevaleresque.
- Tu as raison. Pourtant, j'ose espérer que…
« Je t'ai dit non ! »
Les deux jeunes gens s'immobilisèrent. Du haut des escaliers, ils aperçurent les deux fauteurs de trouble.
« Tu ne peux nier qu'Harry est étrange depuis cette dispute avec Malefoy !
- Etrange ? Non. Au contraire, je le trouve très en forme. Cesse donc de fureter dans les affaires d'adultes et plonge-toi sérieusement dans ton devoir de potion.
- Il y a anguille sous roche, maman. Et je découvrirai de quoi il s'agit ! »
Déterminées, la mère et la fille ne semblaient pas vouloir lâcher prise.
« Qu'il est mauvais de se disputer avant le déjeuner ! »
Fâchée, Ginny porta un regard vers l'endroit où se tenait le coupable de cette intervention. La présence d'Hermione près d'Andrew l'irrita de plus belle.
- Je rentre à la maison, décréta la jeune fille.
- Attends Ginny ! s'écria Hermione.
Se détachant d'Andrew, elle tenta de descendre rapidement les marches. Malheureusement, son état ne lui permettait guère le moindre déplacement fluide ; à croire qu'elle attendait une portée. Or, Ginny, peu encline à entendre ses explications, pressa son allure et, passant la porte d'entrée, se heurta à son frère.
- Ron, laisse-moi passer !
- Pourquoi ?
- A cause d'elle !
Ron considéra la mine froissée de la benjamine et, se faisant une raison, lui céda le passage. Puis, percevant la voix d'Hermione qui grondait le prénom de sa sœur, il alla à sa rencontre. Le vaillant Gryffondor s'interposa sur le chemin de la jeune femme, en priait tout de même pour qu'elle gardât ses griffes loin de son visage.
- Que fais-tu, Ron ? s'enquit-elle, mécontentée.
- Dans moins de deux mois, cette histoire sera oubliée. Alors, laisse-la s'en aller.
- Tu me propose de tirer un trait sur notre amitié ? Parce que c'est ce qui arrivera si je ne fais rien pour tempérer son courroux.
- Tu nous as nous ! garantit-il, tout sourire.
- Vous ? … Vous êtes des hommes, lâcha-t-elle tristement.
D'un soupir, elle dirigea ses pas vers le salon. Elle referma la porte, signifiant ainsi qu'elle désirait rester seule.
- Plus les jours passent, plus l'atmosphère est tendue.
- Raison de plus pour ne pas faire échouer le plan. Toute rentrera bientôt dans l'ordre. Où est... Harry ?
- Cette tête de mule se contemple en maugréant sur sa folie. Espérons que tout se passe bien du côté de... Drago.
- Vous doutez de ses capacités, Weasley ?
- Non, assura-t-il balbutiant, je l'ai trop longtemps côtoyé pour m'en faire pour lui.
- Vous ne convaincrez personne... Personne, hormis vous.
OoO
Décembre avait tiré sa révérence, janvier s'annonçait triomphalement, profitant de sa gloire éphémère pour s'étirer. Les semaines semblaient éternelles, tant elles faisaient durer leurs jours, plus monotones les uns que les autres ; des journées pourtant courtes qui se faisaient longues, comme les nuits glacées et ténébreuses.
Si en cette mi-janvier de l'an 1338, certains osaient - hors de leur pays - prendre publiquement le titre de « roi de France » et poursuivaient leurs efforts de rassemblement, en tissant un réseau d'alliances avec les partis populaires des grandes villes flamandes ainsi qu'avec quelques princes dont Louis IV de Bavière, d'autres contrairement à Edouard III devaient faire profil bas, en ces temps incertains.
Il en était ainsi de Lucius Malefoy qui malgré ses tentatives pour attirer la suspicion de son maître envers le retour inopiné de son fils, avait fini par garder ses doutes pour lui, par crainte de perdre sa place si chèrement acquise auprès du Mage Noir dont les espions ne cessaient de remplir leurs tâches avec succès, le reléguant, lui le noble sorcier, à une sorte de second incompétent dont l'avenir hiérarchique au sein de la secte ne tenait plus qu'à la réussite d'un rituel. Il était hors de question que son fils lui ôtât la chance de régner sur un vaste domaine.
Il considéra le petit homme, rongeur à ses heures, qui depuis la dizaine de minutes passées lui dévoilait les dernières nouvelles ainsi que les volontés de leur Mage. Même lui, songea Lucius, même ce traître a su se montrer plus compétent que moi. Etouffant son antipathie envers lui, il lui accorda quelques secondes d'attention. Mais vite excédé, il l'interrompit :
- Le maître n'a donc aucun soupçon envers mon fils ?
- Non. D'après ce que j'ai pu entendre et ce que vous avez pu obtenir de lui sous le Veritaserum, votre fils semble être revenu à la raison. Le maître dit qu'il faut le garder et s'en servir pour appâter la demoiselle jusqu'à l'endroit que nous savons. S'il prouve sa loyauté, il pourra demeurer auprès de nous.
- … Par Merlin, pourquoi ai-je ce doute en moi ? murmura-t-il pour lui-même.
Peut-être parce qu'il savait que le coup de poing de son fils avait sonné le glas de leur relation ; jamais il ne récupèrerait le Drago obéissant du passé. Son esprit frondeur allait-il finir par éclairer le gris de ses iris et leur donner l'éclat d'un ciel bleu, source de liberté ? Mais plus que l'insolence du fils, la sensation de perdre le contrôle sur sa propre maison, rendait le père davantage amer. Même Narcissa semblait se détacher de lui, et cela...
Son cœur s'étreignit ; intérieurement, il se maudissait de ressentir cette affligeante douleur.
Narcissa, en tant que sa fidèle moitié, n'était-elle pas censée le seconder aveuglément ? Au lieu de cela, elle s'éloignait de lui pour ce fils qui les avait déçus à maintes reprises. Au final, qui sait s'il n'aurait pas souhaité une fille, une créature aux boucles blondes aussi froide que la mère, mais chaleureuse et aimante en privé. Une fille et pas un second homme dans la vie de cette discrète Serpentarde dont il avait eu tant de mal à obtenir le cœur ainsi que la main ; et ce seulement après une cour effrénée au milieu d'autres prétendants, sans le moindre faste et sans aucun charisme. Après avoir ravi cette perle rare au vu et au su des autres acquéreurs, n'était-ce pas son propre fils qui, fatalement, lui dérobait l'amour de sa femme ?
Il serra les poings. L'un d'eux était de trop dans cette maison ainsi que dans le cœur de Narcissa.
- Vous entendez ? demanda Pettigrow.
- Quoi donc ? répondit-il sèchement.
- Ordonnez-lui de libérer Bellatrix. Le maître verra alors de quoi il est capable.
Un sourire mauvais étira les lèvres de Lucius.
- Entendu.
Envoyons-le au devant ses anciens alliés, pensa-t-il, et voyons s'il y survivra ou pas.
OoO
- Tu es peu bavard, Drago. Et surtout, plus que plongé dans la lune.
La jeune femme considéra celui qui, assis et calé sur le rebord de la fenêtre, avait sa jambe gauche ramenée sous son menton, et la tête inclinée vers le paysage. Cela faisait près de quarante minutes qu'elle s'était présentée dans sa chambre et jusqu'à maintenant son hôte n'avait pas desserré des dents - mis à part le « bonjour » de rigueur - ni lui avait porté un seul coup d'œil amoureux. En ceci, Drago Malefoy demeurait Drago Malefoy.
- Excuse-moi, dit-il.
- J'espère que tu ne penses pas à cette Gryffondor.
Enfin, il se décida à lui accorder son attention. Bien qu'effrayée, Pansy soutint son regard.
- Non. Je pensais à ce que mon père attend de moi. Il ne craint pas que je périsse.
- Cela t'étonne ? Pour Lucius, tu n'as jamais été qu'un pion lors de ses parties d'échecs avec Potter. S'il avait pu faire prospérer le nom des Malefoy autrement qu'avec un héritier, il n'aurait pas hésité. Mais n'aie crainte, je t'apporterai tout cet amour dont tu as toujours manqué.
- Je comprends sa maladresse dans ce domaine, murmura-t-il pour lui-même.
Pansy se releva et, intriguée, avança vers lui.
- Qu'as-tu dit ?
- Rien qui puisse t'intéresser, mon cœur.
Elle gloussa, heureuse d'entendre ce tendre qualificatif prononcé par l'un des plus froids Serpentard. Ragaillardie, elle poussa sa chance jusqu'à se permettre d'écarter les mèches blondes de son visage. Malgré cet écran, ô combien lumineux, le ciel nuageux de ses yeux ne s'éclairait jamais... Jamais sauf avec elle, se renfrogna-t-elle.
- Finalement, c'est ce lieu qui te ronge.
- En quoi ? sourcilla-t-il.
- Tu as l'air d'un oiseau en cage. Il est amusant de te comparer à un volatile, mais c'est ainsi que tu es lorsque tu te trouves dans ce château.
- Tu as pu le remarquer ?
- Contrairement à toi qui ne cesses de m'ignorer, j'ai passé des années à tenter de percer le mystère de ces yeux trop brumeux que l'orage ne parvient jamais à nettoyer de ses eaux. Pourtant, près d'elle, ce n'était pas un brouillard que j'apercevais mais un ciel dégagé... As-tu réellement tiré un trait sur ta femme ?
- Quel intérêt aurais-je à mentir à ce sujet ?
- Elle porte ton enfant.
- Les enfants non reconnus ont-ils eu une quelconque importance auprès de leur père souverain ? Non. Alors pourquoi devrais-je m'intéresser à ce rejeton encore absent ?
- C'est à toi de me le dire, marmonna-t-elle en froissant la robe de ses mains. Il y a un an, tu n'estimais personne, tu n'osais même pas effleurer l'idée de contrevenir aux ordres de ton père et… (Elle soupira.) J'aimerais me dire que ton retour t'a définitivement éloigné de ta femme, mais je n'y parviens pas parce que je sais.
- Ecoute Pansy...
- Ce n'est pas toi ! coupa-t-elle. Cette soudaine gentillesse n'a sûrement rien à voir avec une quelconque envie de devenir un oiseau enfermé derrière des barreaux dorées, mais elle a un rapport avec une certaine liberté incarnée par cette femme que Drago Malefoy a faite sien... J'en ai assez de me préoccuper de tous ces détails, alors que je pourrais tout simplement profiter de ce que tu m'offres avant que la magie ne s'estompe… Oui, dois-je à tout prix m'entêter à vouloir l'ancien Drago alors que celui qui est face à moi est enclin à céder à mes caprices pour sauver sa belle ?
Il demeura silencieux, soutenant son regard.
- Tu me détestes et je te déteste également, mais je n'ai pas l'intention de rester là à suivre cette folie, sans intervenir... Je sais ce que je perdrais si tu échoues et tu sais ce que tu perdras si je parle. Rends-toi compte d'un fait : cette femme qui éloigne le seul et cruel Drago Malefoy de moi, je voudrais la voir morte...
Se relevant brusquement, il lui saisit le bras et accentua la pression de ses doigts. Il cherchait à la déstabiliser, hélas il était plus qu'évident que la pertinente analyse de la demoiselle l'avait rendue assurée.
- Je veux bien me taire si tu acceptes de me concéder plus qu'un baiser... C'est un marché plus qu'équitable si nous jugeons des enjeux. J'ai un amour inassouvi qui demande à l'être, et tu as des trésors à conserver.
- Une proposition digne d'une Serpentarde, j'y songerai.
- Ne compte pas te défiler. Comme je te l'ai dit : je voudrais voir la Gryffondor morte. Et il semblerait que Lucius puisse exaucer mon souhait. Mais je sais que cette disparition ne te conduirait pas dans mes bras. Voilà pourquoi je fermerai les yeux sur tes manigances, comme une épouse fermerait les yeux sur les maîtresses de son époux, à condition bien entendu que tu accèdes à ma requête.
- Nous verrons à mon retour.
- Ne tarde pas. Tu sais que les femmes ne savent pas tenir leur langue.
Elle lui vola un baiser puis ressortit. D'un revers de la main, il s'empressa d'essuyer sa bouche puis, croisant les doigts, les porta à son front.
Il avait l'impression de la trahir alors même qu'il ne lui avait rien promis de concret, mais son cœur s'opposait à ce que son corps s'apprêterait à faire. S'il s'était promis de ne pas aller au-delà d'un baiser, il en était venu à reconsidérer sa décision ; si Pansy avait deviné, elle détenait là un moyen de détruire leur projet. Et malheureusement, il y avait bien trop de personnes concernées par cette affaire pour se permettre de prendre le moindre risque.
C'est moi qui ai eu l'idée, je dois assumer et trouver une solution, pensa-t-il en passant ses doigts sur ses yeux fatigués. Mais avant cela, une évasion requérait toute son attention. Il n'avait pas le droit à l'erreur ; Lucius l'attendait au tournant. Surtout qu'avec Goyle et Crabbe dans ses pattes, il ne serait pas aisé de réussir cette mission, sans bavure.
OoO
Il prit une profonde inspiration, expira puis, la main sur la poignée de porte, ouvrit le battant en bois. Son père se tenait - bras croisés derrière son dos - dans toute sa splendeur, devant la fenêtre au milieu d'une large pièce ténébreuse, comme influencée par l'esprit obscur de son occupant, que même les chandelles vacillantes ne parvenaient pas à éclairer de leur sagesse.
L'homme était beau, assuré, intelligent, riche et pourtant il n'avait pas su devenir ce père que tout enfant aurait pris pour modèle. Etait-ce sa soif de pouvoir ou son inimitié pour les Moldus qui l'avait rendu aussi inapte à garantir le bonheur des siens ? Qu'aurait été Lucius Malefoy, sans cette dévotion inconsidérée pour Voldemort ? Peut-être le même homme mais la tolérance en plus. Et c'était sans doute ce défaut de tolérance qui l'avait éloigné de son fils, à moins que ce ne fût un défaut évident d'amour.
- Tu n'as pas désiré me faire part de ton plan, ces derniers jours. J'ai respecté ton choix mais ne comptes pas te rendre chez Potter, ce soir, sans m'avoir révélé certains détails. Comment t'y introduiras-tu ?
- Sachez seulement que je me suis servi de ma femme.
Intéressé, Lucius se tourna enfin vers son fils.
- Vraiment ?
- Oui. Voulez-vous que j'en profite pour la ramener ici ?
- Ne raconte pas de bêtise ! Potter est ses amis auraient tôt fait de deviner que nous l'avons enlevée. A quoi bon prendre ce risque alors qu'elle n'est pas encore arrivée à terme ? La patience, seule, sera notre alliée.
- Je me chargerai donc de ma tante, et après cela, vous saurez qu'à défaut d'avoir votre confiance, j'aurai gagné mes galons de Mangemort. Peut-être même aurai-je l'ambition de vous ravir la place de second. Après tout, le retour du maître le sera en grande partie grâce à moi.
- Ton impertinence ne te mènera nulle part, Drago.
- Je plaisantais, père.
La porte s'ouvrit sur ses deux acolytes dont les visages étaient salis par la suie de cheminée. Penauds, ils entrèrent et, firent face, à l'œil noir de Lucius.
- A croire que vous n'avez jamais utilisé la poudre de cheminette, se moqua Drago. Faites attention à ne pas vous perdre dans l'allée des Embrumes, comme je l'ai fait la première fois que je l'ai utilisée.
Fortement intrigué, Lucius observa le jeune homme qui poursuivait ses remontrances, tentant de se rappeler les tics passés de son fils et en les comparant à ceux de l'homme d'aujourd'hui. Il ignorait si le séjour chez les Gryffondor avait pu égayer le Serpentard à ce point, mais jamais il ne l'avait vu pouffer de rire face aux explications maladroites de ses deux compagnons. D'accoutumée, ne cherchait-il pas plutôt à éviter leurs bavardages, dès que ceux-ci daignaient inopinément ouvrir la bouche pour exprimer autre chose que leur accord ?
Un sourire narquois se dessina sur les lèvres de Lucius. Contre toute attente, le retour du fils prodige allait devenir une aubaine pour les desseins de son maître. Mais sa joie se changea rapidement en colère ; la trahison de celui qui portait son sang était une injure au nom des Malefoy. Ce n'était ni deux, ni trois ni quatre mais cinq vies qu'il sacrifierait pour venger la douleur de l'injure.
- Reviens au plus vite, Drago, dit-il en contenant sa colère. A ton retour, je m'excuserai de m'être trompé sur ton compte.
Etonné par le soudain revirement de son père, Drago le regarda s'asseoir dans son fauteuil, un léger sourire sur les lèvres.
Méfions-nous tout de même, pensa Drago en refermant la porte derrière lui après que Goyle eut poussé Crabbe devant lui.
- Voilà une belle monnaie d'échange qui ravira le maître, conclut Lucius en se calant contre son siège.
OoO
Les éclats du coucou, loin de réveiller la jeune femme qui avait dédaigné le sommeil, des heures plus tôt, furent une sorte de signal qui l'incita à se lever.
Doucement, elle écarta les draps de son corps et, lentement, passa une jambe puis la seconde, hors de son lit. Elle chaussa ses chaussons et, saisissant le montant, s'y aida afin de se relever. Une fois vêtue de sa robe de chambre, elle traversa la pièce. Passant près du canapé, elle s'immobilisa. Elle porta un regard sur le corps qui dormait à poing fermé. Tendrement, elle tira les draps sur lui. Même seul, il avait fini par s'habituer à ne plus avoir les couvertures sur lui ; elle qui les gardait égoïstement sur elle, le laissant aux prises aux attaques du froid.
- Quoi qu'il dise, c'est un vrai Gryffondor... Et voilà que je me mets à l'imiter, sourit-elle en songeant à la fois où son époux s'était subrepticement introduit dans sa chambre pour lui murmurer des mots durant son sommeil. Et dire que je le lui ai reproché... La nuit, les confidences sont toujours plus sincères parce que secrètes.
Elle considéra les lunettes qui traînaient au sol, près de sa main. Les ramasser serait prendre un risque de le réveiller en se penchant maladroitement pour les attraper, et ce n'était pas ce qu'elle souhaitait pour le moment.
Elle soupira puis s'éloigna en direction de la porte qu'elle referma doucement derrière elle. Dans la pénombre, elle se dirigea instinctivement dans le corridor et descendit prudemment les escaliers. Le hall était désert mais quelques chandelles le rendaient chaleureux. Ses pas la menèrent au salon, là où elle espérait surprendre Drago.
Ce n'était que folie ! Au matin, nul ne pourrait reprocher à Harry sa colère envers elle ; n'était-ce pas une sorte de trahison que d'aller à l'encontre de ses recommandations ? Mais que faire lorsque la raison s'est tue, vaincue par la supériorité de la folie ? Cette question balayée depuis qu'elle avait eu vent des desseins des Serpentard, elle s'arrêta devant la porte.
L'idée de revoir le visage d'un certain blond qu'elle n'avait pu voir depuis des semaines, lui ôta soudain tout sang-froid. Sa main, sur la poignée de porte, tremblait ; son cœur tambourinait contre sa poitrine, comme s'il cherchait à fuir cette cage trop étroite dans laquelle il était enfermé pour rejoindre sa moitié. Et comme si l'enfant qu'elle portait était un écho à son agitation, une douleur s'insinua entre ses entrailles.
Ses doigts relâchèrent la poignée et, se mordant la lèvre, elle demeura quelques instants immobile, à tenir son ventre et à maudire sa curiosité et sa folie amoureuse qui la tenait éloignée de son lit. Lorsqu'enfin son mal se fit moins intense, loin de retenir la leçon elle se hasarda à ouvrir la porte.
Celle-ci s'entrebâilla progressivement, dévoilant lentement les trois hommes postés près de la cheminée qui aurait dû être éteinte, mais qui de son feu sacré éclairait les traits de ceux qui occupaient la pièce.
- Drago ! s'exclama-t-elle à la vue des cheveux blonds.
Ledit nommé posa sur elle un regard froid.
Pas encore, songea-t-elle en triturant le tissu de sa robe de chambre.
- C'est... c'est... C'est ce regard, acheva-t-elle angoissée, alors même qu'elle avançait vers lui, comme hypnotisée.
Ce regard gris, sans émotion la ramenait des mois en arrière, à une époque où elle avait détesté cet homme et où elle aspirait à devenir l'épouse d'Harry. Un bond dans le passé... Cette pensée lui glaça le sang.
- Hermione ! s'exclama une voix affolée.
Vivement, elle fit volte-face. Débraillé et échevelé, Harry se tenait sur le pas de la porte.
- Je vois que le chevalier servant est toujours là quand il faut, un vrai Gryffondor.
La remarque parut vexer le brun.
- Que fais-tu ici ? se contenta-t-il de répliquer, tout en s'introduisant dans le salon.
- Hermione ne t'a rien dit ? Je suis gentiment venu vous débarrasser de ma tante. D'ailleurs, si tu pouvais aller la quérir, je t'en serais gré.
- Ai-je une tête à obéir à tes... !
Sous ses yeux écarquillés, le blond Serpentard parcourut le peu de mètre qui le distançait d'Hermione puis passa brusquement son bras autour de son cou.
- Choisis entre une Mangemort et une Gryffondor... Potter.
Les deux hommes se jaugèrent ; mais la tension loin de s'accroître se tempéra.
- Entendu, je vais te l'amener... Malefoy.
- Goyle, accompagne-le. Au cas où il voudrait avertir les autres lions.
L'imposant Serpentard s'avança vers Harry et le poussa. Surpris par ce coup brusque, celui-ci manqua de chanceler.
- Comment as-tu pu ? s'irrita-t-il en se retournant sur lui.
- C'est ainsi qu'on traite les Gryffondor, rétorqua-t-il, railleur.
Les rires gras l'agacèrent de plus belle. L'œil haineux, il croisa celui de Malefoy. Ce dernier ne manifestait aucune émotion, mais il semblait juger son comportement. Serrant les poings, Harry reprit son sang-froid, poursuivant sa marche vers la porte. Passant près d'une table sur laquelle trônait un vase - dépourvu de tout ornement floral -, Goyle, qui s'amusait à mettre les nerfs d'Harry à rude épreuve en le bousculant, fit un mouvement de trop et heurta le meuble. Déstabilisé, celui-ci entraîna la chute de la céramique.
- Goyle ! tempêta Malefoy.
- Je suis désolé, Drago. Mais ce n'est qu'un vase et...
- Je ne parle pas du vase mais de la maisonnée que tu risques d'ameuter ! Comme d'habitude, tu ne réfléchis pas. A l'avenir, prudence et silence, surtout !
- Entendu...
Pantois, Goyle sortit enfin. Harry, après qu'un sourire se fut esquissé sur ses lèvres, reprit une marche plus assurée dans le corridor.
- Pourquoi ne les accompagne-t-on pas ? demanda Crabbe.
- Parce que, répondit-il exaspéré.
- Parce que quoi ?
- Tu commences sérieusement à... (Il baissa la tête vers Hermione qui grimaçait.) Qui y'a-t-il ? s'enquit-il avant de s'apercevoir qu'il tenait trop fermement son bras. Désolé.
Aussitôt, il relâcha sa poigne et, doucement, la mena vers un fauteuil, placé près de la fenêtre, sur lequel elle prit place. Après avoir légèrement entrebâillé la vitre, il s'agenouilla et dévisagea la jeune femme.
- Est-ce mieux ainsi ?
- Oui, sourit-elle, crispée. C'est juste que... C'est juste l'émotion, avoua-t-elle.
- Pourquoi t'inquiètes-tu pour elle, Drago ? Je pensais qu'elle n'était plus rien pour toi.
- C'est exact, admit-il sans se relever. Mais si cette femme devait perdre l'enfant que le maître attend, crois-tu que nous resterions en vie, toi et moi ?
Crabbe déglutit et passa une main entre son cou et le col de sa tunique. L'idée même de décevoir leur maître et, par extension, de mourir lui donnait des sueurs froides. Il se désintéressa du couple, en marmonnant des prières dédiées à Merlin afin que celui-ci accélérât leur plan.
De son côté, Hermione contemplait Drago. Hésitante, elle porta une main vers sa joue. Avant qu'elle n'eût pu l'envelopper d'une douce caresse, le Serpentard lui saisit le poignet.
- C'est à lui que tu devrais offrir cette caresse, pas à moi, expliqua-t-il à voix basse. Tu trouveras ceci amusant mais désormais je sais que je me suis trompé à son sujet. Je sais ce qu'il en est de cet homme que j'ai détesté depuis mes onze ans. Il est maladroit dans ses sentiments, il est solitaire alors même qu'il semble entouré d'une famille, il ne sait rien de ce qu'est la chaleur d'un foyer... Me croiras-tu si je te dis que finalement nous nous ressemblons, lui et moi ? Mais ne te baisse pas ta garde en voulant chérir une simple image sans les sentiments qui vont avec... Fais-moi confiance et garde courage.
Redevant aussi froid qu'à son arrivée, il s'écarta d'elle et se releva.
OoO
« C'est décidé ! Demain, j'irai lui parler. »
Déterminée, Ginny reposa bruyamment son gobelet vide sur la table. Un verre de jus de citrouille, juste avant minuit, avait toujours des vertus fascinantes sur la réflexion. Si elle désirait connaître le fin mot de l'histoire, elle devait s'armer de son toupet légendaire et obliger Harry à lui parler, sans que celui-ci ne pût se dérober, comme à son habitude, ces derniers temps. Même si son cœur devait en pâtir, mieux valait être fixée une bonne fois pour toute que de vivre dans l'incertitude la plus totale.
Soudain, une exclamation retentit. Elle se leva et, tendant l'oreille, se dirigea vers la porte. Elle l'entrebâilla et aperçut, au milieu de la galerie, Harry, talonné par Goyle qui le menaçait de sa baguette. Elle plaqua sa main sur sa bouche, s'évitant ainsi de hurler. Comment les Serpentard - elle doutait que Goyle eût pu s'aventurer seul ici - étaient-il parvenus à pénétrer dans le château, malgré la protection magique de Dumbledore ? Oublie les questions, se reprocha-t-elle, et songe à la raison de leur visite ici.
Soit le Serpentard désirait connaître le chemin du cellier, soit - et c'était la solution la plus probable - ils se rendaient dans les cachots.
- Et zut ! pesta-t-elle en songeant que sa baguette était demeurée à l'étage.
Sortant de la cuisine, elle marcha tout d'abord prudemment puis accéléra progressivement sa marche avant de courir. Elle traversa le hall, gravit les marches et s'élança dans le corridor en direction de la chambre qu'elle occupait. Dans le noir, elle trouva le chemin de son lit et, à tâtons, celui de sa table de chevet sur laquelle reposait habituellement sa baguette. Une fois celle-ci entre ses mains, elle rebroussa chemin. L'idée même d'aller prévenir Andrew - dans la perspective qu'il fût effectivement dans sa chambre - ne l'effleura pas, seul son désir de sauver Harry l'obsédait.
Parvenue sur la dernière marche, elle s'immobilisa. Si pour l'instant, elle n'était tombée sur aucun des amis de Goyle, où pouvaient-ils se trouver ? Pivotant la tête elle considéra le chemin qui menait au salon. Intriguée, elle prit cette direction. Se pourrait-il que l'ennemi se fût réuni dans cette pièce ?
Les doigts serrés autour du montant de la porte, elle jeta discrètement un coup d'œil dans la pièce. Elle aperçut Hermione assise sur un fauteuil près de la fenêtre et absorbée par le paysage nocturne ; Drago, appuyé sur le montant de la cheminée et plongé dans une profonde réflexion, tandis que Crabbe demeurait tel un piquet au milieu de la pièce, comme attendant un ordre pour se mouvoir.
Tout d'abord neutraliser Drago et Crabbe. Ensuite, Hermione et Harry l'aideraient à se défaire de Goyle ainsi que de Bellatrix. Mais pourquoi ne pas aller secourir Harry en premier lieu ? Après tout, c'est Hermione qui est mariée à Malefoy. C'est de sa faute si... Comment en es-tu venue à penser ainsi, Ginny ? C'est lamentable de ma part. De la jalousie... Il faut que je me ressaisisse. Hermione est mon amie. Et si Harry l'aime... Je n'y peux rien. Et ce n'est la faute de personne, si ce n'est celle du Destin.
Armée de son courage, elle passa mentalement en revue les sorts les plus efficaces en pareille situation. Mettre Malefoy hors d'état de nuire était la meilleure solution, avant de s'en prendre ensuite à Crabbe. Vas-y, Ginny ! s'encouragea-t-elle.
Brusquement, elle se tint dans l'embrasure de la porte, abandonnant la sécurité que lui offrait l'anonymat. La baguette pointée sur Drago, elle prit un air implacable.
- Ginny ? lâcha-t-il déconcerté.
Hermione se releva, anxieuse, considérant tour à tour le Serpentard et la Gryffondor. Crabbe, de son côté, se mit en garde.
- Pas un geste, Crabbe ! ordonna Drago.
- Tu n'es plus aussi lâche pour vouloir t'opposer seul à une Gryffondor, railla Ginny.
- Disparais d'ici, implora-t-il, surprenant la jeune fille.
- Pas avant d'avoir pu débarrasser ce lieu de tous ces Serpentard. J'ignore comment vous êtes parvenus à vous introduire ici, mais vous partirez sans avoir pu obtenir ce que vous...
Un cri les interpella. Des visages crispés suivirent la scène sur laquelle jouaient Crabbe et Hermione. Aux pieds du Serpentard se tenait la jeune femme qui, la lèvre pincée, se tenait le ventre. Aussitôt, Drago s'approcha d'elle.
- Ce n'est rien, le rassura-t-elle.
- Ne t'ai-je pas dit de rester immobile ! hurla-t-il furieux à l'adresse de Grabbe qui recula, confus.
- Mais c'est elle qui cherchait à me prendre...
- Taisez-vous ! imposa Ginny. Ecartez-vous d'elle !
- Va plutôt te réfugier ailleurs ! rétorqua Drago. Un autre incident et je...
Un bruit sourd l'interrompit. Derrière le fauteuil d'Hermione, un homme enrobé venait d'apparaître. Le crâne dégarni et affublé de deux canines, semblables à celles un rongeur. La baguette à la main, il la dirigea vers Ginny.
- Non ! hurla le Serpentard en devinant ses intentions.
- Petrificus totalus !
La rouquine s'écroula, tel un sac de plomb.
- Maître, la fille est avec le garçon, déclara Pettigrow, comme s'il conversait avec une tierce personne. Entendu, ajouta-t-il après un long silence. Il en sera fait selon vos ordres.
- Pas question de vous offrir Hermione et le bébé ! s'écria Drago.
Hélas pour le jeune homme, Pettigrow fut plus rapide à le débarrasser de sa baguette qui alla atterrir non loin du côté gauche de la cheminée.
- Aide-la, nous partons, décréta le rongeur.
- C'est un risque que de la faire transplaner dans cet état ! objecta véhément le jeune homme.
Un sourire énigmatique détendit affreusement les traits de Pettigrow.
Perplexe, Drago considéra Hermione puis tenta de comprendre ce qui poussait l'ennemi à vouloir subitement prendre un tel risque pour le bébé. Brusquement, il se figea. Non, il se trompait forcément. Cela allait à l'encontre de leurs prévisions et mettait leur plan à néant. Et pourtant...
- Je vois que tu commences à comprendre, Harry.
- Comprendre quoi ? demanda le brun depuis le seuil de la pièce.
Les baguettes de Crabbe et de Bellatrix brandies sur le Gryffondor, il ne pouvait tenter la moindre action. Or l'envie, tel un cheval sauvage, s'ébrouait furieusement en lui, menaçant d'échapper à son contrôle. Etait-il donc si lâche ? Sa vie était-elle si importante à ses yeux qu'il demeurait là, paralysé, incapable de porter secours à l'être aimé ?
Un gémissement échappa à Hermione lorsque Drago la releva.
Cette plainte réveilla Harry qui porta violemment son coude vers le visage de Crabbe, planté légèrement en retrait, à sa droite. Ce dernier lâcha une exclamation et, la main en travers de son visage bouffi, pointa maladroitement sa baguette sur Harry qui avait été assailli par Bellatrix, juste après son attaque sur le Serpentard.
Tout en s'esclaffant d'un rire machiavélique, elle tenait le Gryffondor fermement au cou, comme si elle désirait l'étrangler. Pendant qu'il tentait de se débarrasser de celle qui le collait au dos, comme une carapace, Crabbe essayait, hésitant, de le toucher à l'aide d'un sort. Finalement, il lança un stupéfix. Une vive lumière rouge toucha les deux opposants qui se figèrent sur place.
- Nous partons ! s'affola Pettigrow, peu désireux de rencontrer les renforts.
Crabbe, après avoir difficilement écarté Bellatrix de Harry, annula le sort sur la jeune femme. Celle-ci, fâchée d'avoir été immobilisée, lui assena un coup à la tête puis considéra Harry qui avait été délaissé au sol.
- Laisse-le, somma Pettigrow.
- C'est une occasion qui...
- Le maître a dit de le laisser et de s'occuper de ces deux là, expliqua-t-il en désignant Hermione et Drago.
Intriguée, Bellatrix s'approcha de son neveu et d'un œil suspicieux le dévisagea.
- Mon neveu, dit-elle en écartant une mèche de son front, tu m'as l'air de manquer d'une certaine boisson. (Elle sourit.) Goyle et Crabbe, occupez-vous de la future mère, moi je m'occupe du premier enfant de la prophétie.
- Je tuerai votre maître, avertit le blond. Je tuerai Voldemort s'il tente quoi que ce soit sur Hermione !
- C'est ce que nous allons voir... Potter.
Et sur ce, ils éclatèrent d'un rire alors que progressivement la magie perdait de son éclat, dévoilant la seule vérité à l'ennemi.
Deux enfants d'une prophétie entre les mains d'un mage noir, cela ne faisait plus aucun doute : la belle Victoire ne tarderait pas à s'unir au camp des Mangemorts, pour le plus grand malheur de ceux qui espérait la sainte Paix.
A suivre...
Là je réfléchissais et je me dis que finalement je pourrais bien terminer cette fic (enfin) en deux ou trois chapitres. A moins que j'ai une idée de dernière minute, je pense que là j'ai fait le tour et que si je ne boucle pas la fic, je vais finir par m'en lasser vraiment ; pas que j'aime pas l'écrire mais j'aimerais bien me mettre à autre chose (faut dire que ça va faire 2 ans que j'y suis...)
Bref, vous allez pouvoir aussi passer à autre chose (si ce n'est pas déjà fait). En attendant, je vous laisse sur cette fin que je me demande si vous n'avez pas fini de vous emmêler les pinceaux avec qui est qui, lol. Pour toute recommandation et questions, c'est à voir dans les reviews.
La Belle de Cadix (Eh oui, même le prude Harry peut courtiser Mdr), Reliie (pourquoi je martyrise le couple D & H ? Je sais plus trop, à croire que je hais ce couple alors que non) Sandiane, Vamala, Lisalune, LunDer, Malfoy4ever, Aude2710, Zazoo 1992, Vinny (cher ami qui vient de loin, merci pour cette charmante discussion), Dame Angelique Malfoy (t'es dangereuse dans tes menaces, toi, Mdr), Dame Jessica, Lola, P'titelili (allez, faut pas m'en vouloir, c'est bientôt finish de chez finish), Oceane, Darkcatangel (merci pour tes encouragements), Lyly, Fanny77, Psyke31, Jay
Bisous pleins et encore merci merci merci !!!! d'être toujours là !
