Je ne possède pas Inazuma Eleven Go.

Chapitre 27

Je hoquetai, mais ne pus pas esquisser le moindre geste, totalement paralysée. Jude Sharp, comprenant que Rex n'allait pas lui obéir, courut vers lui et le forca à lâcher Dracon. Son assistant, David Samford il me semblait, s'occupa du défenseur. Imitée par la quasi-totalité des joueurs, aussi bien de Raimon que de la Royal Academy, je me précipitai auprès d'eux. Dracon venait de perdre conscience. Son cou était couvert de marques rouges. Mon coeur s'accéléra à cette vue. Oh mon Dieu, mais qu'est-ce qui avait pris à Rex ? Une minute de plus, et... J'avais la nausée rien qu'à cette idée. Victor dut le remarquer car il posa sa main sur mon épaule, le regard toujours posé sur Dracon et David Samford, qui était en train d'appeler quelqu'un, une ambulance ou la police. Avait-on besoin d'aller à l'hôpital après avoir manqué de mourir étouffé ?

Mon épaule me semblait en feu, et je devais me faire violence pour ne pas défaillir au contact de Victor. Je me sentais déjà mieux, sa main sur mon épaule avait le pouvoir de me rassurer. Ce n'était pas la peine de paniquer, d'imaginer le pire. Les entraîneurs de la Royal Academy étaient intervenus à temps, c'était la seule chose importante. Je pris plusieurs grandes inspirations, jusqu'à être totalement calmée.

Des hommes en noir, qui me firent d'ailleurs penser aux agents secrets dans les séries américaines, prirent Rex en charge. Heureusement, car M. Sharp commençait à avoir du mal à le retenir, tellement l'attaquant impérial se débattait violemment. M. Samford souleva Dracon et l'emmena dehors, sans doute pour attendre l'ambulance, vu que du coup nous savions qu'il n'avait pas appelé la police. Je serrai les poings. Pourquoi Rex avait-il fait ça ? C'était... Je ne trouvais même pas les mots pour dire à quel point cette situation m'avait sidérée. Nous nous dirigeâmes vers les vestiaires, silencieux. Alors que nous étions les derniers à ne pas y être entrés, je remarquai alors que Victor avait toujours sa main sur mon épaule. Et si... ? Aller, je pouvais toujours tenter ! Je me rapprochai de lui d'un pas, puis deux. Evidemment il le remarqua, avec sa main posée sur mon épaule. Je rougis, et me justifiai du mieux que je le pouvais :

- J-je n'arrive pas à croire de ce qui vient de se passer...

A mon plus grand soulagement, Victor accepta cette explication, même si ce n'en était pas vraiment une. En revanche, il ôta sa main de mon épaule. Déçue, je repensai à Dracon. Il me faisait penser à Infinity, même si je ne savais pas vraiment pourquoi. Soudain, les paroles d'Infinity à propos d'un Sanctuaire me revinrent en mémoire. C'était le moment où jamais d'interroger Victor !

- Victor, qu'est-ce que c'est le Sanctuaire ?

A ces mots, Victor sembla totalement changer de couleur. Il devint encore plus blanc qu'il ne l'était déjà, je ne savais même pas que c'était possible. Il se tourna vers moi et me regarda dans les yeux, l'air grave. Les papillons dans mon ventre faisant des cabrioles, je dus me concentrer pour comprendre ce qu'il me dit.

- Où as-tu entendu parler de ça ?

- Quand j'ai aidé Infinity, l'autre jour, je l'ai entendu murmurer à propos d'un Sanctuaire et d'une punition, expliquai-je en maudissant les satanés papillons qui m'empêchaient de me détendre. Et quand je lui ai demandé des explications, il m'a répondu, entre autre, que je devais m'estimer heureuse de ne pas savoir.

- Il a eu raison, chuchota l'attaquant en serrant les poings et en détournant le regard.

Ah non ! Cette fois j'en avais assez des secrets ! Je n'étais plus une petite fille à laquelle on devait tout cacher, quand même ! Déterminée à comprendre, j'insistai :

- S'il te plait, Victor ! J'en ai assez de ne pas savoir, qu'on me cache des choses ! Je pense n'avoir rien fait de mal, pour ne pas avoir le droit de savoir, non ?

Il resta interdit quelques instants. Je soutins son regard, à moitié paniquée à l'idée de me faire rembarrer, à moitié choquée par mon propre courage. Si quelqu'un m'avait dit ne serait-ce ce matin que j'étais capable de tenir tête au garçon dont j'étais amoureuse, je ne l'aurais pas cru. Victor finit par soupirer et expliqua :

- Pour résumer, le Sanctuaire est un centre d'entraînement pour impériaux. Le hic, c'est que l'entraînement là-bas est extrêmement violent et difficile, et que les rares impériaux a en sortir indemmes sont les meilleurs. Les autres, soit ils se blessent gravement...

Il prit une grande inspiration, avant de finir sa phrase :

- ... Soit toute cette violence leur détraque le cerveau, et ils finissent par devenir complétement fous.

Je n'arrivais plus à prononcer le moindre mot. Lorsque je récupérai un semblant de capacités vocales, je murmurai :

- Oh mon Dieu...

- Tu l'as dit, soupira Victor.

Nous restâmes silencieux. Je digérai l'information. Un centre d'entraînement ultra-violent pour impériaux... Je pensais que le Cinquième Secteur ne pouvait pas tomber plus bas dans mon estime ; or cette nouvelle donnée venait de me prouver le contraire. Tremblante, je repensai aux paroles du président de cette organisation, lors de la cérémonie d'ouverture du tournoi régional. Il avait sous-entendu qu'il aimait le football. Mais je ne pouvais plus y croire. Il faisait subir de telles horreurs à ses joueurs, mais il aimait le foot ? Comment pouvait-il nous faire croire à un mensonge aussi énorme ?

Je quittai Victor pour rejoindre Ever dans le vestiaire des filles. Celle-ci s'était déjà à moitié changée, et elle se tourna vers moi quand j'entrais. Je lui fis un signe de la tête, je n'avais pas vraiment envie de parler. Elle comprit et respecta mon silence. Je me changeai en quatrième vitesse et fus prête en même temps qu'elle. Nous attendîmes les garçons puis nous nous dirigeâmes vers la Caravane. Pour la première fois, Victor voyageait avec nous, et cette pensée me remplit tellement de joie que j'en oubliais presque le Sanctuaire. Presque. Heureusement, j'étais assise à côté d'Arion, et sa bonne humeur exceptionnelle fit sortir le centre d'entraînement de ma tête. Je souris et me surpris même à rire avec lui.

Une fois revenus au collège, je saluai tout le monde et partis avec Riccardo en direction de notre quartier. Nous avions pris l'habitude de rentrer ensemble. Quand elle s'en était rendue compte, Ever avait été un peu jalouse, mais je lui avais rappelé que je n'avais pas la moindre vue sur son crush, que le mien était Victor, et elle ne s'en préoccupait plus, désormais. Nous discutâmes jusqu'à être arrivés à la première maison sur notre chemin, la mienne. Je lui dis au revoir et poussai la porte de chez moi. Mère n'était évidemment pas encore rentrée du travail. Je montai dans ma chambre, et m'empressai de cacher mes affaires de football. Une fois affalée sur mon lit, je repensai au match.

Je ne m'en étais pas rendue compte, mais plus le temps passait, plus Victor me faisait penser à mon ami d'enfance décédé. Ils avaient la même détermination, la même puissance brute, la même obstination à arriver à leurs fins. C'était comme s'ils s'étaient déjà rencontrés. Evidemment, ce n'était pas possible, mon ami était mort depuis 2 ans. Je fermai les yeux. La meilleure manière de ne pas pleurer en pensant à lui, c'était de me concentrer sur les bons moments. Comme par exemple la fois où nous étions partis à la campagne avec nos parents. Il m'avait fait une couronne de fleurs, je me souvenais que je ressemblais à une princesse avec. Bien sûr, à la fin du séjour elle était fânée, mais j'en gardais un souvenir impérissable.

Le lendemain matin, je me réveillai avec un horrible mal de tête. Je voulus aller quand même en cours, mais Mère remarqua que quelque chose clochait et m'intercepta juste avant que je file. Elle prit ma température et constata que j'avais 39 de fièvre. Je ne pouvais pas aller en cours dans cet état, ainsi je dus envoyer un message à Ever pour lui demander de prévenir l'équipe que j'étais malade. Finalement, je guéris la veille de la finale du tournoi régional, et je ne savais même pas contre qui nous allions jouer ! Ce fut donc avec une impatience grandissante que j'attendis la fin des cours et que ce soit l'heure de l'entraînement. Dés que la sonnerie retentit, je bondis hors de la salle et courus vers les locaux du club, accompagnée par Arion, J-P, Skie et Ever, vu que nous étions tous dans la même classe. A mon arrivée, Riccardo sourit.

- Bonjour Yuki ! Content de voir que tu vas mieux. Ca va ? demanda t-il pour avoir la confirmation.

- Parfaitement bien, merci, et toi ? demandai-je malgré mon impatience.

- Pareil. J'imagine que tu meurs d'envie de savoir qui nous allons affronter demain, sourit-il.

Je souris. Il commençait à bien me connaître. Il me rendit mon sourire et m'annonça :

- Nous allons jouer contre le collège de la Baie des Pirates.

La Baie des Pirates... Je me rappelai de leur apparition lors de la cérémonie d'ouverture du tournoi régional. L'étrange sourire de leur capitaine, à mi chemin entre l'encouragement et le mépris... Je ne savais pas quoi en penser.

- Combien il y a t-il d'impériaux, dans cette équipe ? demandai-je.

Bon, à part le capitaine, pour lui c'était sûr. De la Voie Lactée jusqu'à la Royal Academy, toutes les équipes que nous avions affrontées avaient un impérial pour capitaine. Je ne voyais pas pourquoi la Baie des Pirates ferait exception. Cependant, je ne m'attendais pas à la réponse que me donna Riccardo.

- Tous les joueurs sont des impériaux, sans exception.

- Quoi ?! m'étonnai-je.

J'étais à la fois un peu effrayée, et excitée. Le défi n'en serait que plus grand, et je commençais à prendre goût à la victoire gagnée après un match difficile. Mais était-il prudent de me faire jouer ce match ? Après tout, j'avais été absente pendant bien quatre jours, et s'ils avaient élaboré une stratégie particulière pour le match, qui était sans doute le cas, je n'aurais pas le temps de l'apprendre d'ici demain. Je fus alors surprise quand, après avoir confié mon raisonnement à Riccardo, celui-ci éclata de rire.

- Ce n'est pas la première fois que ce genre de chose arrive ! fit-il en souriant. Ne t'en fais, nous n'avons pas créé de nouvelles tactique spéciale. Tu pourras jouer sans problème demain. Au fait, il y a autre chose d'important que je dois t'expliquer.

- Je t'écoute, dis-je.

- Tu te rappeles de Jude Sharp, le commandant de la Royal Academy ? Il se disait notre ennemi, mais il s'est averé que ce n'était qu'une couverture. En réalité, il est l'un des cerveaux de la Révolution, dont le Q.G se trouve justement à la Royal Academy.

Oula, pause. Jude Sharp n'était pas ennemi, mais notre allié. Et... La Révolution... Alors les choses avaient pris une tornure concrète ? La Révolution avait un quartier général, maintenant ? Je souris de toutes mes dents, heureuse. Cela voulait dire que nous étions en train de prendre de l'ampleur ! Si nous continuons comme ça, nous parviendrons peut-être à restaurer le vrai football ! Je remerciai Riccardo de m'avoir prévenue et filai me changer. Toute l'équipe me demanda des nouvelles, vu que j'avais été absente. Je les rassurai tous, et remarquai ensuite la présence de Victor. Je ne pus retenir un nouveau sourire. C'était un peu bizarre de le voir parmi nous, mais bon sang ce que ça faisait du bien !

Le lendemain, ce fut avec une boule au ventre que je me dirigeai vers le collège, comme d'habitude en compagnie de Riccardo. La finale du tournoi régional... Cette fois nous n'étions plus là pour plaisanter ! Je remarquai que je serrais les poings sous le coup du stress quand mes phalanges commençèrent à me faire mal. Je dus détendre mes doigts un à un afin de pouvoir les déserrer. Riccardo dut remarquer mon stress car il m'adresse un sourire encourageant.

- Jusqu'ici on s'en est toujours sortis. Je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas le cas aujourd'hui.

- Oui, tu as raison, approuvai-je.

- Au fait, ajouta t-il, Victor pense qu'Arion est sur le point de libérer un esprit guerrier.

Un esprit guerrier ? Arion ? J'étais tellement contente pour lui que je devais avoir l'air idiot à sourire comme ça. Je repensai à la détermination, au talent de mon meilleur ami, puis hochai la tête. Oui, s'il y avait quelqu'un dans l'équipe qui méritait de libérer un esprit guerrier, c'était bien lui.

Nous arrivâmes à cet instant au collège. Dés la fin des cours, nous nous rassemblâmes près de la Caravane. M. Evans fit l'appel, puis nous montâmes dans le bus. Quand ce fut mon tour de monter, je pris une grande inspiration, et y allai. En route vers la finale du tournoi régional !