Chapitre 28 :

Amis précieux

Il ne fallut pas très longtemps à Gabriel pour arriver au Chaudron Baveur, marchant d'un pas vif, sa canne percutant les pavés dans un léger bruit sec. Il était furieux contre la famille Weasley. Comment pouvait-on faire une telle chose ? Les mettre à la porte juste parce qu'ils n'aimaient pas leurs amis ! Comment pouvait-on mettre ses enfants à la porte sans aucune ressource d'abord ? Mais derrière la colère, il ne pouvait s'empêcher de se sentir aussi coupable. C'était parce qu'ils étaient amis avec lui que les jumeaux se retrouvaient dans cette situation. S'il n'avait pas été là, ils seraient encore avec leur famille.

C'est le visage vide d'émotion qu'il entra dans la salle principale de l'auberge. Il parcourut l'endroit de son œil vert, cherchant deux têtes rousses alors que les regards s'étaient tournés vers lui sans qu'il ne les remarque. Ne trouvant pas ceux qu'il cherchait, il s'approcha du comptoir et demanda quelle chambre occupaient les jumeaux. Une fois l'information obtenue, il grimpa à l'étage et chercha la dite pièce. Il toqua à la porte et il n'eut pas à attendre longtemps. Ce fut George qui lui ouvrit, se figeant de surprise en le trouvant là.

- Bonjour George, salua-t-il doucement.

- Salut, répondit celui-ci d'un air un peu triste.

Il s'écarta pour le laisser entrer. Gabriel salua Fred assis sur l'un des deux petits lits présents dans la pièce alors que son frère refermait la porte.

- Pourquoi ne pas m'avoir appelé ? Demanda-t-il avec douceur sans tourner autour du pot.

- On ne voulait pas t'embêter avec ça, répondit Fred.

- Vous ne vouliez pas m'embêter ? Reprit le jeune homme. Mais vous êtes mes amis, vous n'allez pas m'embêter en venant me voir quand vous en avez besoin. Et puis c'est de ma faute ce qui vous arrive, dit-il en baissant les yeux.

- Ce n'est absolument pas de ta faute enfin ! S'insurgea George.

- Cela faisait longtemps que nos relations étaient tendues avec notre famille, expliqua Fred. On a jamais vraiment été du côté d'Abel alors qu'il est important pour tout les autres chez nous. Depuis que tu es parti il y a deux ans, on ne s'entendait plus du tout avec les autres, sauf avec Charlie.

- Cette dispute devait finir par arriver, continua George. C'est juste qu'on ne s'attendait pas à ce que cela aille aussi loin.

Gabriel voulut prendre la parole mais Fred le coupa :

- Je t'arrête tout de suite, je te vois venir d'ici : il est hors de question que nous te laissions tomber. Ce n'est pas avec ce chantage qu'ils nous feront céder. Tu es notre ami et tu comptes beaucoup pour nous. Ce n'est pas nos parents et nos frères et sœur qui vont décider de nos amis pour nous. Ce n'est pas parce qu'ils pensent que tu n'es pas fréquentable, alors que ce n'est absolument pas vrai, qu'ils peuvent nous imposer leur vision des choses.

- Ils n'acceptent pas que nous ne suivions pas Dumbledore, continua son frère, ils n'acceptent pas que nous ne voulions pas être de bons petits pions conformes à leurs attentes.

- Il ne s'agit pas que de notre amitié, enchaîna Fred, il s'agit aussi de nos idéaux et de nos choix de vie. Si ça ne leur convient pas et bien on s'en fiche. C'est notre vie et on ne laissera personne nous dicter notre conduite, surtout si c'est pour suivre le vieux fou. Le truc c'est que même si on se doutait que personne n'approuvait chez nous, sauf Charlie, on ne pensait pas qu'ils iraient jusqu'à nous mettre dehors.

- Ils pensent sûrement que l'on cédera à ce chantage, supposa George. C'est hors de question ! Ils ne nous acceptent pas comme nous sommes, c'est bien dommage mais on ne changera pas pour leur faire plaisir. Ce sont des idiots et ils ne nous aiment pas vraiment s'ils réagissent comme ça. Et on ne changera pas d'avis.

- Il y avait fissure depuis un moment dans nos relations, avoua Fred. Ça vient de casser c'est tout. Nous ne faisions que nous disputer ces derniers temps de toute façon. On ne regrette rien et tu n'as pas à te sentir coupable Gaby. Ce n'est pas de ta faute. Notre amitié a juste servi de prétexte pour pouvoir nous reprocher tout ce qu'ils n'approuvent pas chez nous. Et de toute façon aujourd'hui, notre amitié avec toi a pris plus de valeur que notre famille. Nous te considérons plus comme notre petit frère que Ron ou Ginny, dit-il en souriant doucement au jeune prince.

Gabriel leur sourit, très touché par ces mots et ayant désormais la certitude qu'ils ne changeraient pas d'avis.

- Vous avez une idée de ce que vous allez faire désormais ? Demanda-t-il précautionneusement.

- Pas trop non, répondit franchement George. On a envoyé une lettre à Charlie. Il est de notre côté, il aussi commence a être exaspéré par le reste de la famille. Il était furieux quand on lui a raconté hier. Il aimerait bien nous aider mais il n'a pas beaucoup de moyen et comme il habite dans un petit camp de Dragonniers dans une réserve de dragons en Roumanie, il ne peut pas nous héberger. Il a réussi à obtenir un congé de trois jours en début de semaine prochaine pour venir nous aider à trouver une solution.

- En attendant, on va se débrouiller ne t'en fait pas, rassura Fred en voyant la mine de plus en plus inquiète de leur jeune ami. On a de la ressource, ça va aller. On trouvera bien un truc.

- Hors de question que je vous laisse comme ça. Vous venez avec moi, j'ai un endroit prêt à vous accueillir, annonça Gabriel bien décidé à ne pas les laisser là une minute de plus. J'ai une dette envers vous et même si ce n'était pas le cas, je ne vous laisse pas comme ça. Vous êtes importants pour moi, vous comptez beaucoup. Je vais vous loger.

- On a pas les moyens de te le payer Gaby, remarqua George.

- Qui vous parle de payer quoi que ce soit ! S'insurgea le jeune prince. Et puis quoi encore ! C'est hors de question ! Vous êtes mes amis et les amis c'est là pour aider en cas de problème. Quand je vous ai dit que je ne savais pas comment je vous rendrais tout ce que vous avez fait pour moi pendant mes deux premières années à Poudlard, vous m'avez dit que je n'avais rien à vous rendre, que c'était le principe de l'amitié. C'est valable pour vous aussi.

- Mais..., voulut intervenir Fred.

- Il n'y a pas de mais qui tienne, coupa le jeune homme d'un ton qui ne souffrait aucune réplique, je refuse de vous laisser là. En plus c'est Noël, et vous n'allez pas passer Noël tout seul dans cette auberge miteuse. De toute façon je ne vous laisse pas le choix ! Claqua-t-il en croisant les bras.

Les jumeaux sourirent doucement, touchés par la véritable émotion et l'inquiétude de leur ami. Ils acceptèrent finalement d'un signe de tête qui attira un immense sourire sur le visage de Gabriel.

- On te le rendra un jour, promit George.

- Je ne veux rien en retour, je vous dois déjà tellement, dit-il avec émotion.

Il y eut un moment de silence avant que Fred ne demande :

- C'est Hermione qui t'a prévenu ?

- Oui, je l'ai croisé tout à l'heure et elle était terriblement inquiète pour vous. Ne lui en veuillez pas, pria Gabriel en sachant que c'était inutile.

- Comment pourrait-on lui en vouloir ? Remarqua George. On aurait fait pareil à sa place.

- Aller, prenez vos affaires, on s'en va d'ici, annonça Gabriel.

Les jumeaux s'exécutèrent alors que Gabriel faisait apparaître deux bracelets identiques à ceux qu'il avait offert aux Serpentard.

- Tu peux faire de la magie en dehors de l'école ! S'étonna Fred.

- Je suis l'héritier de Merlin, la Trace du ministère n'a pas d'effet sur moi, dit-il avec un faux air hautain qui fit pouffer les jumeaux. Tenez, ces bracelets empêcheront quiconque de vous localiser et ils vous relient aux protections de l'endroit où nous allons, expliqua-t-il. Ils deviendront invisibles une fois que vous les aurez mis.

- Et où allons nous ? Demanda George avec un peu plus d'entrain que précédemment.

- Vous verrez, sourit mystérieusement Gabriel.

Il aida ses amis à ranger leurs maigres possessions puis ils descendirent. Les jumeaux n'eurent pas le temps de payer leur chambre que Gabriel l'avait fait pour eux, faisant taire leurs protestations d'un simple regard. Ils le remercièrent chaleureusement et ils sortirent. Ils rejoignirent Draco et Narcissa qui avaient terminé les courses et qui les attendaient devant l'auberge. Tout deux saluèrent les jumeaux sans faire de commentaire sur la situation, ce que les frères apprécièrent.

- Je vais à Idylle avec eux, prévint Gabriel. Je vous rejoins à la maison ensuite.

- Très bien, approuva Narcissa en adressant un sourire doux aux deux adolescents qui semblaient un peu éprouvés.

Elle fit apparaître un portoloin qu'elle donna à son fils pour gagner le manoir. Gabriel embrassa son petit ami avant de s'éloigner avec les jumeaux vers une ruelle. Là il leur fit poser une main sur ses épaules et activa le portoloin. Une fois qu'ils ce furent assurés que Gabriel était bien parti, Draco et Narcissa transplanèrent pour le manoir Malfoy.

Ce fut dans le hall du manoir Idylle que Gabriel réapparut avec les jumeaux. Ceux ci observèrent avec surprise leur environnement alors que la musique de bienvenue résonnait. Gabriel leur laissa un moment. Il savait qu'il n'y avait pas grand monde au manoir à cette heure. Tout le monde devaient être parti pour leur sortie shopping à Vancouver. Tout les adultes étaient sortis avec les enfants et les adolescents pour les encadrer. Severus devait déjà être au manoir Malfoy pour le repas prévu ce soir. Seul Callen était resté au manoir avec le professeur McGonagall. Celle-ci voulait discuter un peu avec le directeur des lieux avant de devoir repartir le soir même pour Poudlard. Elle voulait s'assurer que les élèves étaient bien installés. Callen avait prévu de lui faire visiter le manoir pour lui montrer les lieux et les chambres offertes aux Serpentard tout en lui expliquant comment il fonctionnait et répondre à ses questions. Il était presque treize heure et le silence régnait dans le manoir.

Gabriel appela un elfe de maison et l'envoya chercher Callen et Minerva, leur demandant de le rejoindre dans son bureau. Il appela ensuite ces deux amis et ils se mirent en route pour le dit bureau.

- C'est quoi cet endroit ? Demanda George.

- C'est l'un des manoirs de mon peuple, expliqua Gabriel. C'est un refuge avant tout. Il accueille les orphelins Myrdiaël et devient leur maison. Et en ce moment, il accueille aussi tout les Serpentard.

- Quoi !? S'étonnèrent les jumeaux qui n'étaient pas au courant pour les verts et argents.

Gabriel leur expliqua alors la situation de ses camarades et le choix qu'ils avaient fait.

- C'est à croire que les Serpentard sont devenus bien plus courageux que les Gryffondor, souffla Fred admiratif devant la force de caractère dont avaient fait preuve les verts et argents.

- Et après on nous dit que l'on ne doit pas être amis avec les Serpentard, s'écria George. Je suis désolé mais là je trouve qu'ils valent cent fois plus qu'Abel et sa clique.

Gabriel sourit, ravi de les entendre dire cela.

- J'ai l'impression que vous êtes sensiblement dans la même situation qu'eux, remarqua-t-il. Sauf que vous, c'est au côté « lumineux » que vous avez à faire.

- On dirait, approuva Fred.

Ils atteignirent rapidement le bureau et Gabriel fit asseoir ses amis dans le salon de cuir alors qu'ils regardaient admirativement autour d'eux, peu habitué à ce genre de lieu. Ils avaient l'air vraiment fatigué et le jeune prince se douta qu'ils n'avaient pas dû dormir la nuit dernière. S'il avait bien compris, ils s'étaient fait mettre à la porte hier matin. Se doutant qu'ils n'avaient pas dû pouvoir s'offrir à manger, il appela un elfe de maison et lui demanda d'amener un plateau de sandwich et une cruche de jus de citrouille. Le tout arriva promptement :

- Mangez, leur dit-il doucement, ça se voit que vous avez faim, dit-il avant qu'ils ne puissent refuser.

Ils le remercièrent d'un sourire et commencèrent leur repas avec joie. Gabriel lui, fulminait intérieurement contre leur famille qui les avait mis dans cette situation. Les deux jumeaux étaient assis l'un à côté de l'autre, mangeant silencieusement et le jeune prince était assis en face, réfléchissant. Il ne fallut pas longtemps pour que l'on entende toquer à la porte. Fred et George cessèrent de manger, se redressant et Gabriel ouvrit la porte d'un geste de la main sachant qu'il s'agissait des deux personnes qu'il attendait.

Les deux adultes qui premièrement ne s'attendaient pas à revoir Gabriel aujourd'hui furent encore plus surpris de trouver les jumeaux avec lui. Ceux ci semblaient tout autant étonnés de voir leur directrice de maison. Callen et Minerva entrèrent et refermèrent la porte. L'homme alla s'incliner devant Gabriel, le saluant sous les regards ébahis des jumeaux. Ils avaient beau connaître le statut de l'adolescent, s'était autre chose de le voir. Le maître des lieux se releva après avoir reçu un signe de son prince et celui-ci prit la parole :

- Callen, je vous présente Fred et George Weasley, commença-t-il. Fred, George, je vous présente Callen Estalane, il dirige cet endroit.

- Enchanté, répondirent de concert les deux frères.

- Enchanté moi aussi, répondit l'homme aux deux adolescents visiblement un peu secoués. J'ai entendu parler de vous jeunes gens, dit-il en faisant relever les sourcils des deux roux.

Mais ils ne posèrent pas de question et saluèrent d'abord leur tête de maison.

- Bonjour messieurs, répondit-elle. Je ne savais pas que vous deviez venir.

- Je vais vous expliquer, annonça Gabriel.

Il les invita à s'asseoir puis il commença à raconter ce qu'il se passait, les deux frères reprenant leur repas pour tromper leur anxiété. Cela ne prit pas longtemps et Gabriel termina en s'adressant à Callen bien qu'il sache que la question ne se posait pas :

- Je me suis dit que vous auriez sûrement une chambre pour eux Callen.

- Évidemment ! Et plutôt deux fois qu'une, dit-il visiblement révolté par ce qu'il venait d'entendre. Non mais qu'est-ce que c'est que ces parents qui mettent leurs enfant dehors ! Je serais ravi de vous accueillir ici messieurs, dit-il d'un ton doux en regardant les deux adolescents. Cette maison est la vôtre.

- Merci, répondirent en cœur les jumeaux avec un sourire.

- Décidément, c'est de pire en pire du coté de Dumbledore, soupira Minerva. Je n'aurais jamais cru que Molly et Arthur feraient une telle chose.

- Cela faisait un moment que nous ne nous entendions plus parce que l'on refusait de suivre aveuglément Dumbledore et les Potter, commença George.

- Notre amitié avec Gabriel n'est qu'un prétexte pour nous mettre au pied du mur, continua Fred. C'est juste qu'on ne s'attendait pas à ce que ça aille jusque là, dit-il désabusé.

- Il n'y a que Charlie qui est d'accord avec nous, remarqua George. Lui aussi il commence à en avoir marre.

Il y eut un moment de silence mais Minerva reprit la parole alors qu'elle s'était assise près de ses deux Gryffondor :

- Ne vous en faîtes pas, ça va aller, vous serez bien ici, affirma-t-elle.

Ils lui sourirent, profondément rassurés par la présence de cette femme en qui ils avaient confiance.

- Vous allez rester ici tout le temps qu'il faudra, annonça Gabriel. Les Serpentard seront là aussi et il y a une joyeuse bande d'enfants qui ne demande qu'à s'amuser, sourit-il. Ne vous inquiétez de rien et prévenez moi si vous avez du nouveau. En attendant, il y a une grande fête pour Noël ici ce soir alors profitez en simplement et détendez vous. Les Serpentard sont au courant pour les Myrdiaël mais il ne savent pas pour moi. Ne leur dîtes pas je ne veux pas qu'ils sachent tout de suite.

Les deux jumeaux approuvèrent d'un signe de tête.

- Je vais devoir y aller, je suis attendu, s'excusa le jeune homme, mais n'hésitez pas à vous adresser à Callen si vous avez besoin de quelque chose. Je vais revenir demain soir ou Mercredi matin et Draco aussi. En attendant, reposez vous, dit-il en se levant.

- Merci Gaby, dirent-ils de concert.

- Je vous dois bien ça, sourit celui-ci. Ce n'est rien, c'est fait pour ça les amis.

Ils lui sourirent à leur tour et Gabriel leur dit au revoir, leur souhaitant de bonnes fêtes. Tous sortirent du bureau et Minerva emmena ses deux élèves pour discuter un peu avec eux, sentant qu'ils en avaient besoin et étant bien heureuse d'avoir été là alors qu'ils arrivaient. Le jeune prince resta un peu avec Callen, les regardant s'éloigner :

- Veillez bien sur eux, demanda-t-il.

- Je n'y manquerais pas Altesse. Ces enfants ne méritent pas ce qui leur arrive. Ne vous en faîte pas, je vais m'occuper d'eux, vous pouvez partir tranquille.

- Merci Callen. Ils vont sûrement insister pour rembourser « ce service » même si je leur ai dit que ce n'était pas utile. S'ils le font, embauchez les de temps en temps pour s'occuper des enfants, c'est tout à fait dans leurs cordes. Et si vous remarquez quoi que ce soit, prévenez moi.

- D'accord.

Gabriel en profita pour laisser au maître des lieux la pile de cadeaux rétrécis qu'il avait acheté pour les orphelins, laissant aussi ceux de ses amis Serpentard même s'il savait que le manoir avait prévu un cadeau pour chacun d'entre eux comme pour les enfants. Il laissa aussi ses cadeaux pour les jumeaux précisant bien que tout devait être offert le lendemain matin. Callen réceptionna le tout avec joie, promettant de bien remplir sa mission. Puis il souhaita de bonnes fêtes à son prince qui en fit de même avant de transplaner direction le manoir Malfoy en Angleterre.

Il réapparut directement dans sa chambre. Il commença par préparer ses cadeaux. Ceux qui devaient être envoyés ailleurs furent munis de petit portoloin sous forme de rubans. À usage unique, ils s'activeraient à l'heure voulut pour apparaître au pied du sapin de ceux à qui ils étaient destinés. Une fois qu'il eut fini, il se dépêcha d'aller prendre une douche et de s'habiller. Il était déjà plus de vingt heure et il savait que l'on ne devait attendre plus que lui en bas. Ses familiers le suivant, il descendit enfin, réalisant qu'il allait revoir Sirius et Remus. Il sourit et accéléra.

Tout le monde était déjà installé dans le plus chaleureux salon du manoir décoré richement pour Noël. Un feu brûlait dans la cheminée et un énorme sapin occupait tout un coin de la pièce, savamment orné de magnifiques boules, de guirlandes, de lumières magiques et de figurines de cristal. Il y avait d'épais tapis au sol et les fauteuils couvert de velours était abondamment garnis de coussins. Le givre couvrait un peu les fenêtres. Dehors, on pouvait voir de gros flocons tomber dans la nuit noire qui couvrait déjà l'Angleterre. Tous discutaient calmement ensemble attendant patiemment le dernier invité. Draco et Narcissa venaient de raconter à Severus, Remus, Sirius et Lucius ce qui était arrivé aux jumeaux Weasley qui étaient désormais au centre de la discussion. Cependant, tout le monde se tut lorsque Gabriel entra, s'excusant :

- Excusez moi d'être en retard, dit-il gêné d'avoir retardé la fête.

Personne ne lui en tint rigueur et il observa plutôt les immenses sourires de Remus et Sirius en le voyant. Les deux hommes se levèrent et s'avancèrent vers lui avec empressement mais sans brusquerie. Sirius avait l'habitude d'agir en douceur avec son filleul ayant connu la période où le jeune homme prenait encore facilement peur au moindre geste brusque et Remus lui, était naturellement calme et doux. Ce fut néanmoins avec enthousiasme que l'animagus vint prendre son filleul dans ses bras, le serrant contre lui un long moment alors que le jeune homme lui rendait volontiers son étreinte.

- Tu m'as manqué bonhomme, lui dit-il à l'oreille d'une voix douce. Comment vas tu ?

- Je vais bien Siri et toi ?

- Parfaitement bien, répondit-il en se reculant un peu et en lui souriant.

Il passa une main sur la joue dénudés du jeune homme, l'observant et se disant qu'il ne le voyait décidément pas assez à son goût. Il s'éloigna finalement alors que Remus attendait patiemment. Le loup garou s'approcha à son tour et prit le jeune homme dans ses bras lui aussi. Son étreinte fut cependant moins forte et moins longue, Gabriel n'étant encore tout à fait habitué à son contact bien qu'il l'eut rapidement accepté. Et Remus comprenait. Il avait été immensément heureux lorsque Helena Edge, la chef Myrdiaël d'Alaska, était venue le chercher dans la meute où il s'était réfugié. La meute étant coupée du monde, il n'avait même pas su que Sirius s'était échappé d'Azkaban. Il s'était retrouvé obligé de s'isoler ainsi pour échapper à Dumbledore qui s'était mis dans la tête de le faire enfermer à son tour pour éviter tout risque. Aussi, il n'avait eu aucun moyen de savoir ce qu'il se passait à l'extérieur ne pouvant que s'inquiéter à mort pour son ami et son neveu de cœur.

Quelle n'avait pas été sa surprise lorsque Helena était apparue. Elle lui avait raconté comment Sirius s'était évadé et avait bénéficié de la protection de leur peuple. Elle lui avait assuré sa sincérité au moyen d'un serment magique et l'avait ramené en Alaska où Sirius l'attendait. Après les retrouvailles riches en émotions des deux amis, le sujet de Harry était immédiatement venu sur le tapis. Sirius et Helena lui avaient expliqué ce qu'il s'était passé et ce jour là, le loup garou était entré dans une rage folle. Il avait beau avoir appris à maîtriser son loup au point de pouvoir contrôler ses transformations, pouvant prendre forme animal à volonté et garder sa lucidité les nuits de pleines lune, ce jour là il avait pété un câble. Helena avait dû déployer une bonne partie de ses pouvoirs pour le calmer. Et il lui avait fallu beaucoup de temps pour juguler sa colère à l'égard de Dumbledore et des Potter. Mais finalement, il avait adopté la technique de Sirius, préférant se concentrer sur Gabriel plutôt que de penser à eux.

Il avait ensuite appris ce qu'était les Myrdiaël et quel était le rôle de son neveu pour finalement s'installer avec Sirius en Alaska, au manoir de la famille Edge. Il avait été immensément heureux en retrouvant Gabriel mais extrêmement triste de voir les séquelles qu'il avait gardé. Il n'avait pas eu trop de mal à se faire accepter du jeune homme, à son plus grand bonheur, mais il faisait bien attention à ne pas brusquer les choses, lui laissant le temps de s'habituer à lui. Il avait longuement parler avec Sirius de tout ce qu'avait traversé l'adolescent pour remonter la pente et il était très fier de la manière dont-il avait affronté les choses.

- Heureux de te revoir louveteau, salua-t-il avec douceur.

- Moi aussi je suis content de te voir Rem', sourit Gabriel.

Tout trois retournèrent dans les fauteuils, Gabriel prenant place juste à côté de son parrain alors que Naël était venu s'allonger à ses pieds avec Feiwan autour du cou et Méli sur sa tête alors que Nea se perchait sur le dossier derrière lui. Fennesis, l'aigle de Draco était également là et vint rapidement prendre place à côté de Nea, les deux oiseaux ayant l'habitude de passer du temps ensemble lorsque leurs maîtres n'avaient pas besoin d'eux. Malgré sa taille déjà impressionnante, l'aigle était plus petit que le phénix. Et il y avait aussi Fay, le petit fennec du blond roulé en boule contre la hanche de celui-ci. Personne ne débuta de discussions sur les sujets de guerre ou autres, préférant des discussions plus légères pour cette fête de famille. Lucius fit servir l'apéritif alors qu'ils commençaient véritablement la fête.

Et bientôt le rire fut au rendez vous alors que Remus racontait, se moquant un peu, comment Sirius et son caractère très extraverti, un peu enfantin et toujours très voir trop enthousiaste se faisait mater par Helena. La femme avait un très fort caractère et Gabriel savait qu'elle s'amusait beaucoup avec son parrain tout aussi énergique qu'elle. Il se demandait d'ailleurs si ces deux là ne seraient pas bientôt plus que de simples amis. Il ricana alors que Sirius rougissait copieusement sous une remarque moqueuse de Severus qui avait mis dans le mille avec une série de sous entendus plus que suggestifs. Intérieurement, le jeune homme explosa de rire en se disant que si ces deux là finissaient en couple, se serait explosif et que Sirius ne serait sûrement pas le dominant du couple. Chose vraiment marrante en considérant la personnalité de l'homme. Et Remus en rajoutait encore une couche semblant s'être allié avec Severus pour embarrasser son ami.

La soirée se déroula dans la bonne humeur alors qu'ils profitaient d'un succulent repas en famille. Le dîner dura jusque tard dans la soirée et se termina calmement dans le salon où elle avait commencé, Draco la tête posée sur les genoux de Gabriel qui jouait tendrement avec ses cheveux.

Le lendemain, tous firent la grasse matinée et ce fut presque à midi qu'ils se retrouvèrent en pyjama au pied du sapin désormais garni d'un nombre impressionnant de paquets de toute taille. Et encore une fois cette année, pour son troisième vrai Noël, Gabriel avait été plus que gâté. Et comme à chaque fois il ouvrait chaque paquet avec cérémonie, profitant pleinement de ce moment avec un regard enfantin et heureux. Mais ce qui lui plaisait encore plus était d'offrir lui même des cadeaux, guettant avec avidité la réaction des personnes concernées.

Et cette fois-ci c'était du cadeau de Severus dont-il était le plus fier. Il observa d'ailleurs attentivement le maître des potions déballer précautionneusement l'épais livre à la couverture de cuir noir. Il semblait neuf mais son contenu était loin de l'être. Il s'agissait d'un livre de potion mais pas n'importe lequel. C'était un ancien ouvrage sur les savoirs chinois en matière de potions et de plantes dont une grande partie était consacrée à la médecine. Les chinois avaient de très grandes connaissances en la matière et Gabriel avait été émerveillé par ce livre très rare qu'il avait découvert à Mahotokoro. Le hic étant qu'il n'en existait que deux exemplaires dont l'un appartenait à Gabriel et l'autre à l'école japonaise et que tout deux étaient écris en chinois ancien. Si le jeune prince parlait, lisait et écrivait parfaitement cette langue, ce n'était pas le cas du professeur. Persuadé que ce livre lui plairait beaucoup, Gabriel l'avait lui même traduit, ce qui lui avait demandé pas mal de temps pour tout retranscrire fidèlement et sans erreur. Mais ses efforts en valaient la peine au vu de l'expression effarée, puis impressionnée et enfin heureuse que Severus afficha en se rendant compte de ce qu'il avait entre les mains. Et ce fut avec un enthousiasme rare pour lui que l'homme remercia l'adolescent.

À Remus, il avait offert un bijou rare et unique de conception Myrdiaël. Il s'agissait d'un simple médaillon en cristal opaque blanc représentant un loup hurlant. Mais sa particularité résidait dans son pouvoir. En contact avec la peau de son propriétaire, il se chargeait lentement de magie. Le processus était long et prenait au moins une semaine mais au bout du compte, il permettrait à Remus de matérialiser à ses côtés pendant une demi heure, son loup. Cela lui permettrait non seulement de passer des moments uniques avec sa partie animale, lui donnant l'occasion de mieux la comprendre et donc de mieux vivre avec mais cela pouvait également servir en combat lorsqu'ils seraient bien accordés l'un avec l'autre. L'homme remercia chaudement son neveu lorsque celui-ci eut fini de lui expliquer les pouvoirs du bijou, comprenant à quel point il était précieux.

À Sirius, il offrit un livre sur la magie de combat. Avant d'être à Azkaban, Sirius était devenu Auror puis mage de combat et maintenant qu'il était libre, il avait décidé d'approfondir sa formation, profitant des cours que les Myrdiaël avaient à lui offrir.

Pour sa mère, il avait réussi à trouver un très rare perroquet chanteur blanc qu'elle avait toujours voulu avoir. Elle installa d'ailleurs le grand et majestueux oiseau sur son épaule avec un grand sourire et lorsqu'il se mit à chanter, tous de rendirent compte que seul les phénix étaient capables de le surpasser et encore, il n'était pas loin derrière. Sa voix avait le pouvoir de stimuler la créativité et l'imagination.

Pour son père, il offrit une chose toute simple mais qui toucha beaucoup l'homme. Il s'agissait d'un médaillon en argent ciselé et incrusté d'émeraudes que Gabriel avait façonné lui même avec le plus grand soin, l'emplissant de sa magie et qui renfermait une petite photo mouvante de sa famille. Il avait rempli chaque petite pierre précieuse d'énergie qui pourrait servir à son père en cas de besoin et il avait bardé le bijou de sorts de protections ainsi que d'un sort qui empêcherait quiconque autre que Lucius de lui retirer le médaillon. Et il l'avait aussi équipé d'un portoloin de secours au cas où. Mais au delà des sorts c'était surtout cette simple photo et l'objet en lui même, fait par son fils, qui toucha le blond. Il attacha immédiatement l'élégant bijou autour de son cou, souriant légèrement.

Et pour Draco, il avait trouvé un autre médaillon renfermant un miroir à double sens, lui même possédant son jumeau. En plus de leur permettre de communiquer, un sort posé sur les bijoux pourrait prévenir l'autre si l'un des deux était en danger immédiat ou s'il allait physiquement mal.

Il avait aussi offert beaucoup d'autre cadeaux : aux orphelins, à ses amis proches, aux chefs du conseil, à Nikolaï..., bref, il y avait du monde et il avait lui même reçu nombre de présents. Ils prirent ainsi un long moment pour ouvrir les cadeaux avant d'aller se laver et s'habiller pour ensuite aller manger. Ils se rassemblèrent ensuite dans un salon pour passer un moment tranquillement et discuter.

Remus et Sirius essayèrent d'obtenir un peu plus de temps à passer en compagnie de Gabriel qu'ils ne voyaient que trop peu à leur goût et si le jeune homme était d'accord avec eux il n'était pas sûr de pouvoir leur promettre cela. L'animagus et le loup garou n'étaient pas les seuls dans ce cas. Lorsque Gabriel n'était pas en cour que ce soit à l'école ou avec des professeurs particuliers, il avait beaucoup de travail et peu de temps pour voir ses amis et sa famille. Il leur promit que s'il avait un moment, il essaierait de passer un peu de temps avec eux mais il rappela qu'il n'était pas du tout sûr de pouvoir le faire. Et tous comprenaient et n'insistaient pas. Gabriel était prince et il n'avait pas qu'un rôle de figuration. Il avait tout un peuple à gérer et s'il était beaucoup aidé par les quinze chefs, la charge de travail restait assez lourde. Il l'assumait pleinement et il prenait sa tâche avec le plus grand des sérieux. Il ne rechignait jamais devant ses responsabilités et s'investissait entièrement.

Et même si c'était épuisant, il était heureux. Il se sentait à sa place comme jamais et il ne regrettait absolument pas son choix bien au contraire. Il aimait ça. S'il sentait toujours le poids des responsabilités et des vies qui reposaient sur ses épaules, sachant que ses choix portaient sur beaucoup de monde et dirigeaient beaucoup d'existences, il avait aussi confiance en lui et en ceux qui l'entouraient pour que tout se passe bien. La magie lui avait confié ce rôle et il l'avait accepté. Il aimait son peuple, il aimait chacun des siens et il voulait les protéger et faire en sorte qu'ils aillent bien. Quand Salazar lui avait expliqué ce qu'il était le jour où Nikolaï l'avait libéré, il avait cru que jamais il ne serait à la hauteur, jamais il ne serait capable de tenir un tel rôle et jamais il n'aurait pensé que quelqu'un le suivrait. Et pourtant aujourd'hui, il était sûr de lui, sûr de ce qu'il voulait et absolument ravi du tournant qu'avait pris sa vie même si c'était difficile. Il savait pourquoi il faisait tout ses sacrifices.

La journée avança tranquillement et Gabriel passa presque tout son temps avec son parrain et Remus. Il leur parlait de ces dernières semaines à Poudlard et tout ce qu'il s'était passé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Le soir arriva et ils s'attablèrent une nouvelle fois pour le dernier repas tous ensemble avant que Sirius et Remus ne regagnent l'Alaska et que Severus, Draco et Gabriel ne repartent pour Idylle sans compter que le jeune prince s'en allait le lendemain pour Mahotokoro. Mais alors qu'ils quittaient la table et se dirigeaient vers le salon, Gabriel fut pris d'un violent vertige. Fidèle au poste, Naël qui était juste à côté de lui, attentif, le rattrapa pour ne pas qu'il ne tombe au sol et s'allongea doucement alors que le jeune homme glissait, affalé sur le lion noir.

- Gabriel ! S'écria Draco qui l'avait vu tomber.

Tous accoururent vers lui, très inquiets mais le jeune homme se redressa très vite, secouant un instant la tête. Il avait l'air d'aller parfaitement bien même s'il parut désorienté une seconde.

- Ça va, ce n'est rien, les rassura-t-il rapidement alors qu'il se relevait en s'appuyant sur sa canne avec Naël collé à lui. C'était juste un petit retour magique, l'illusion que j'ai envoyé à Voldemort vient de s'activer, expliqua-t-il avec un sourire vainqueur.

Et en effet ce soir était un soir d'intronisation chez le Seigneur des ténèbres. Il était satisfait alors qu'il était installé là, assis sur son trône de marbre. Ainsi, il dominait cette vaste salle sombre au sol, au plafond et aux murs de pierre. Aucune ouverture ne donnait sur l'extérieur mais de lourdes tentures aux couleurs et aux armoiries de Serpentard pendaient le long des parois. Des vasques de métal argenté lévitaient, emplis de flammes qui éclairaient à peine le vaste espace, lui donnant un air froid et lugubre. Une haute porte de bois noir, lourde et imposante, marquait l'entrée alors qu'un tapis de velours émeraude traçait un chemin à travers la salle. Il menait inexorablement aux pieds des marches conduisant au trône du maître des lieux.

Celui-ci s'y trouvait présentement, vêtu de longues et riches robes noires, son visage apparenté aux serpents orné d'un léger sourire cruel. Il caressait sans même y penser la tête de Nagini posée sur l'accoudoir, son corps placé sur le dossier. Devant lui, une étendue de mangemort encapuchonnés et masqués placés dans l'ordre hiérarchique, ses plus fidèles devant, son cercle de favoris et les autres derrière par ordre d'ancienneté. Ils étaient nombreux et cela le satisfaisait. Ses rangs s'étaient rapidement reconstitués et ils grossissaient chaque jour un peu plus. Il recrutait partout et personne n'osait s'opposer à lui.

Le seul bémol était la présence évidente d'un espion et il devait avouer que celui-ci était bon. Il transmettait assez d'informations pour faire capoter ses attaques mais il arrivait quand même à passer inaperçu. Il n'arrivait pas à lui mettre la main dessus et cela l'énervait au plus haut point. Aussi, il était sur ses gardes et évitait de plus en plus de donner des informations à ses serviteurs lorsque ce n'était pas nécessaire. Mais lorsqu'il lui mettrait la main dessus, ce rat allait le payer très cher. Et avec cette épine dans son pied, le vieux fou bloquait maintenant chacune de ses attaques. Une chose l'intriguait cependant : le citronné ne se vantait pas de ses actions. Il trouvait cela un peu étrange mais cet amoureux des moldus gardait de plus en plus les choses pour lui. Et son Ordre du Phénix passait inaperçu. Toutefois, son dernier plan pour prendre le dessus sur la scène internationale n'était plus un secret pour lui. Cet échange inter école serait un excellent moyen de prendre l'avantage dans la guerre et le vieux fou lui tendait imbécilement la perche.

C'était pour cette raison qu'aujourd'hui, il s'apprêtait à marquer une nouvelle vague de serviteurs. Tout les Serpentard de Poudlard, rien que ça. Seul trois d'entre eux y échappaient : Marcus Flint, lui et sa famille étant étrangement très bien protégé, et les fils Malfoy. Draco et ce Gabriel dont-ils s'étaient entichés sans qu'il n'arrive à comprendre pourquoi. Un handicapé faible, quel déshonneur ! Le garçon ne l'intéressait pas plus que ça. Si Lucius avait encore été sous ses ordres, il lui aurait ordonné de se débarrasser de ce fardeau.

Lucius. Si lui et sa famille avait le malheur de faire le moindre faux pas, lui donnant l'occasion de leur tomber dessus, ils allaient tous payer très cher et très longuement leur trahison tout comme il ferait payer à Severus. Il bouillait en repensant à leur infidélité, ils allaient le regretter : on ne tournait pas le dos impunément au Seigneur des ténèbres.

Mais pour l'instant, il jubilait. Il allait avoir toute une troupe de serviteur dans Poudlard même. La porte s'ouvrit, grinçant dans le silence et les Serpentard entrèrent, tout de noir vêtu, l'air effrayé mais tentant de rester dignes tel les sangs purs qu'ils étaient. C'est avec une joie malsaine qu'il les vit trembler compulsivement lorsqu'il les observa. Encadré par une dizaine de mangemort, ils avancèrent vers l'avant de la salle sous les regards fier de leurs parents. Le Lord savait bien que les adolescents n'étaient pas ravis d'être marqué malgré l'honneur qu'il leur faisait. Mais il s'en fichait. Ils obéiraient de grès ou de force. Ils n'avaient pas le choix de toute façon et ils avaient bien trop peur pour se rebeller.

Une fois au pied du trône, ils s'agenouillèrent, baissant le regard et tremblant. Voldemort laissa un silence planer alors que tous attendaient qu'il prenne la parole. Il se leva finalement avec l'allure d'un prédateur, fit un pas en avant et laissa un peu sortir sa magie. L'air devint lourd et suffocant sous sa force froide et brutale. Beaucoup frissonnèrent, autant apeurés que fascinés par son pouvoir envoûtant d'une puissance rare. Il s'apprêtait à commencer son petit discours lorsqu'il remarqua que quelque chose n'allait pas. Était-ce lui ou une fumée bleutée s'échappait des adolescents ? Visiblement il ne rêvait pas puisque tout les regards se dirigèrent vers eux, tous ayant remarqué le phénomène et se demandant ce qu'il se passait.

Une épaisse fumée bleue foncée s'échappait maintenant des élèves qui n'avaient pas bougé, semblant statufié et commençant même à disparaître. Un rire grave résonna alors dans la pièce. Un rire moqueur et clairement amusé. Tous se tendirent et sortirent leurs baguettes. Mais que se passait-il bon sang ? Le visage froid et impassible mais intérieurement très agacé et ne comprenant pas ce qu'il se passait, le Lord regarda ses nouvelles recrues disparaître alors que ce rire résonnait toujours, les mangemort regardant autour d'eux nerveusement. Une colère sans nom s'empara de lui : qui osait se moquer de lui ainsi ?! Il comprit rapidement ce qu'il se passait : une illusion. Quelqu'un avait remplacé les élèves par une très puissante illusion. Une magie qui n'était pas à la porté de tous. Une personne avait eu l'audace que lui voler ses recrues et leur parents n'avaient rien vu venir. Incapables ! Alors que les adolescents avaient déjà à moitié disparu, il tenta d'analyser la magie utilisée pour savoir à qui il devait cette insulte. L'énergie émanant était puissante mais elle avait été magnifiquement brouillée, rendant impossible toute identification ou traçage. Il serra les poings furieux.

Finalement, il ne resta plus que de la fumée. Celle-ci forma une petite tornade devant Voldemort et bientôt une silhouette en émergea. On put alors déterminer d'où venait le bruit. Elle venait de cette image matérialisée. La silhouette vraisemblablement masculine était grande et carrée d'épaule mais on ne pouvait en voir plus. Elle était entièrement couverte d'une cape noire, son visage se perdant dans les ténèbres de sa capuche. Seul les bouts métalliques de ses bottes étaient visibles. Une légère vapeur bleutée continuait à l'entourer alors que tous sauf le Lord avaient pointé leurs baguettes sur lui. Ses épaules tressautaient alors qu'il riait toujours de sa voix grave, clairement moqueur. La tension monta dans la pièce alors que tous se demandaient ce qu'il se passait. Rapidement excédé, Voldemort interrompit son hilarité :

- Qui es tu ? Claqua-t-il d'une voix froide et tranchante.

L'inconnu se calma mais il ne répondit pas, son attitude traduisant une détente qui paraissait déplacée dans cette situation. Effrontément, l'étrangé tourna le dos au Lord et avança de quelques pas dans une attitude clairement irrespectueuse, suivi par des traînées de vapeur bleue.

- Comment oses-tu tourner le dos au Seigneur des ténèbres ! S'écria Bellatrix hystérique. Endoloris ! Cria-t-elle.

Un éclair rouge fusa vers le nouveau venu mais il passa à travers son corps, qui semblait alors être fait de fumé. Le rire s'éleva de nouveau alors qu'il s'était arrêté et légèrement tourné vers la mangemorte :

- Je ne suis qu'une illusion, dit-il d'une voix grave et moqueuse, inutile de me lancer des sorts.

Il se détourna ensuite et un immense trône apparut devant lui. Il s'y installa nonchalamment dans une provocation débordante vis à vis du Lord qui fulminait de rage. Il prit le temps de s'installer, croisant ses jambes sur l'accoudoir avant de prendre la parole d'une voix très amusée :

- Cher mangemort, cher Tom, bonsoir.

- Qui es-tu ? Claqua une nouvelle fois le Seigneur des ténèbres furieux.

Il n'avait pas sorti sa baguette, il savait que c'était inutile. L'illusion ne pouvait les atteindre et ils ne pouvaient l'atteindre non plus. Elle délivrerait son message et répondrait aux questions dans la mesure de ce que son lanceur avait permis, puis elle disparaîtrait.

- Qui je suis n'a pas d'importance, répondit l'inconnu, essaye donc de trouver toi qui te dit si intelligent, ricana-t-il.

Voldemort tremblait maintenant de rage, sa magie furieuse débordant et faisant reculer ses serviteurs. Si certains avaient finalement compris à quoi ils avaient à faire beaucoup étaient complètement perdus, attendant avec appréhension la suite et redoutant la colère de leur maître, se ratatinant sur place.

- Comme tu t'en doutes déjà sûrement, les élèves Serpentard ne seront jamais à ton service, annonça l'illusion avec assurance. Je leur ai offert mon aide en apprenant comment toi et leurs parents vouliez les obliger à intégrer ton camps. Inutile de dire qu'ils n'en avaient aucune envie. Personne de sain d'esprit ne voudrait venir vers toi en toute liberté. Je leur ai donné l'aide qu'il leur fallait pour t'échapper et personne n'a rien remarqué jusqu'à maintenant, dit-il en riant.

Dans la pièce les parents des fuyards se tendirent un peu plus. Ils étaient furieux contre leur progéniture, honteux de n'avoir pas vu la supercherie et terrorisé par la vengeance de leur maître qui tomberait sur eux en premier lieu. Mais certains, quelques rares, soupirèrent imperceptiblement de soulagement en apprenant que leurs enfants étaient loin du Lord Noir. Parmi eux, les parents enrôlés sous la contrainte qui n'avaient aucun moyen de s'échapper de l'emprise du Seigneur des ténèbres mais qui n'avaient pas forcément envie de le suivre. Ils avaient commis des erreurs mais ils n'avaient jamais voulu voir leurs enfants embarqués de force dans ce piège cruel. Alors apprendre qu'ils s'étaient trouvés une porte de sortie les soulageaient.

- Ils sont désormais sous ma protection, continua l'étranger. N'essaye même pas de les récupérer, j'ai fait ce qu'il fallait pour que tu n'y parviennes pas. Leur parents ont tous été déclaré irresponsables parce que mangemort et n'ont plus aucune autorité ou droit sur eux. J'ai les serments et les souvenirs de leur enfants, donnés volontairement, pour le prouver. S'ils tentent quoi que ce soit pour essayer de les récupérer, ce qui est peine perdu, les procédures qui sont passées inaperçues seront révélées et ils seront tous officiellement reconnu comme mangemort volontaires, traqués et arrêtés. Je suis sûr que tu ne veux pas perdre autant de tes petits toutous. Leurs enfants ne seront pas inquiétés et sont définitivement hors de ta porté. Là où ils sont, tu ne peux les atteindre et je ferais en sorte que cela dure. Ils ne rejoindront pas tes rangs et ils vivront leur vie loin de ces gens qui osent se faire appeler leurs parents, cingla-t-il avec dégoût. Je tenais à te passer ce petit message moi même ou presque, dit-il en ricanant.

Il y eut un moment de silence alors que l'assemblée de mangemort reculait un peu plus devant la rage émanant de leur maître.

- Tu ne gagneras pas cette guerre Tom, reprit très sérieusement l'inconnu. J'y veille, assura-t-il alors qu'il disparaissait dans une vapeur bleutée, éclatant de rire.

Il s'effaça complètement et il y eut un blanc avant que le Seigneur des ténèbres ne laisse éclater sa fureur.

Au manoir Malfoy, on rigolait en se demandant comment Voldemort avait pu réagir à cette petite mise en scène, Sirius partant dans des caricatures et provoquant des fous rires monstrueux chez Draco et Gabriel, les autres se moquant aussi ouvertement.

Finalement, vers vingt et une heure, il fut temps pour Sirius et Remus de repartir pour l'Alaska. Ils serrèrent Gabriel dans leur bras, rechignant à le quitter et lui rappelant de faire attention à lui. Ils prirent ensuite un portoloin et s'en allèrent. Ce fut ensuite au tour de Draco, Severus et Gabriel qui partaient pour Idylle. Le maître des potions et son filleul ayant décidé de passer leurs vacances auprès des Serpentard pendant que Gabriel remplissait ses devoirs. Lucius resterait en Angleterre pour aller travailler au ministère et effectuer lui même les tâches qui lui étaient confiée en tant que chef de famille de cette partie du monde. Et Narcissa alternerait entre le manoir Malfoy et le manoir Idylle.

Le deuxième groupe partit donc pour sa destination. C'était le début d'après-midi au manoir Idylle, il était environ quatorze heure lorsqu'ils apparurent dans le hall. Ils décidèrent de se diriger vers le grand salon, se disant qu'en ce jour de Noël, tout le monde devait s'y trouver pour se détendre. Et ils eurent raison. L'ensemble du manoir y était réuni lorsqu'ils y entrèrent. Immédiatement, Gabriel reçut de respectueuses mais discrètes salutations des adultes Myrdiaël présents. Mais le jeune prince n'eut pas le temps de faire un pas que tout les orphelins lui avaient sauté dessus.

- Joyeux Noël ! S'écrièrent-ils à l'attention des trois nouveaux arrivants.

Ceux ci leur répondirent avec le sourire.

- Alors vos cadeaux vous ont plu ? Demanda Gabriel.

Les enfants se mirent alors à tous parler en même temps, très excités et remerciant leur grand frère de cœur pour ses présents. Le jeune homme sourit, heureux de les voir aussi enjoués. Il les laissa babiller un moment, jetant un coup d'œil dans la pièce. Il repéra les jumeaux un peu plus loin qui observaient la scène. Ils avaient l'air en meilleur forme et ils étaient souriant. Ils étaient installés avec les Serpentard de leur année avec qui ils discutaient tranquillement. Il y avait des papiers cadeaux et des objets dans toute la pièce et les nouveaux arrivants comprirent qu'eux aussi avaient dû se lever tard et n'avaient ouvert leur cadeau que récemment. Gabriel reporta son attention sur les enfants qui se calmaient.

- Vous avez bien fait la fête hier soir ? Leur demanda-t-il.

- Oui ! S'écrièrent-ils.

- On a mangé pleins de bonnes choses, ajouta un petit garçon.

- Et on a eu une bûche de Noël géante ! S'extasia un autre.

- Et Fred et George ont fait un feu d'artifice dehors, apprit une petite fille.

Les jumeaux étant majeurs depuis avril dernier, ils pouvaient faire de la magie en dehors de l'école. Les enfant racontèrent alors ce qu'ils avaient vu, les yeux pétillants. Ils parlèrent de dragon fait d'étincelles d'ors, de serpents verts, d'hippogriffes blancs et de toute sorte de créatures qui avaient peuplés leur ciel la veille, faits de petites lumières scintillantes. Ils expliquèrent ensuite que les jumeaux leur avaient offert un petit spectacle de magie et ils semblaient émerveillés. Gabriel sourit un peu plus, ravi de les voir ainsi. Les enfants finirent par retourner à leurs cadeaux et Draco et son petit ami rejoignirent leurs amis alors que Severus était allé s'installer près des adultes pour discuter un peu.

- Alors ce Noël ? Demanda Draco alors qu'il s'asseyait au sol avec les verts et argents.

- C'était génial, répondit Pansy avec le sourire.

- On a fait la fête jusqu'à trois heure du matin, signala Blaise. Et les jumeaux ont fait le spectacle, dit-il en se tournant vers eux.

Les Serpentard avaient été très surpris en rentrant de Vancouver la veille et en trouvant les deux frères au manoir. Ceux ci leur avaient expliqué ce qui leur arrivait et s'en était suivi une discussion enflammé sur leur famille puis sur le Survivant, les Potter et Dumbledore. Comme Gabriel était ami avec eux depuis un moment, ils avaient appris à les connaître alors qu'ils venaient de temps en temps manger à leur table à Poudlard. Aussi, ils n'avaient pas eu de mal à les intégrer à leur groupe. Ils les aimaient bien et ils se sentaient un peu plus proches d'eux après avoir appris qu'ils étaient dans une situation semblable à la leur. Aussi, ce fut sans problème qu'il avaient pris les deux rouquins avec eux pour leur changer les idées.

Ils discutèrent un moment et tous remercièrent Gabriel pour les cadeaux qu'ils avaient reçu. Leurs amis proches avaient reçu des cadeaux des deux Malfoy et ils leur en avaient envoyé aussi, mais ils ne s'étaient pas attendu à tous recevoir quelque chose. Callen leur avait expliqué qu'ils faisaient maintenant partie de sa grande famille et qu'en conséquence ils auraient le droit à tout ce qui était de rigueur dans une famille normale. La leur était seulement bien plus grande. Ils en avaient été très touchés. Les jumeaux avaient reçu leur cadeaux de Gabriel et de quelques uns de leur amis mais ils avaient également eu la surprise de recevoir un cadeau du manoir. Callen avait en effet fait en sorte d'avoir quelque chose pour eux, voulant qu'ils passent un bon Noël malgré ce qui leur tombait dessus. Les adolescents passèrent un long moment à discuter tous ensemble mais finalement, le sujet sensible du jour remonta à la surface.

- Il est plus de vingt heure en Angleterre maintenant non ? Demanda Théodore d'une petite voix.

- Oui, répondit Draco.

- Alors ça y est. Il sait, remarqua Pansy la mine plus sombre.

- Oui, répondit Gabriel. L'illusion que nous lui avons envoyé s'est activée il y a un moment. Ne vous en faîte pas, il ne vous touchera pas, les rassura-t-il. J'y veille.

- Merci, murmurèrent plusieurs d'entre eux avec de léger sourire.

Ils ne s'éternisèrent pas sur le sujet et les discussions repartirent dans un autre sens. Au bout d'un moment, les jumeaux attirèrent Gabriel un peu à part :

- Merci de nous avoir permis de venir ici, commença George.

- On a passé une excellente soirée hier, enchaîna son frère.

- Cet endroit et vraiment génial et maître Estalane et les autres ont vraiment été gentils avec nous, reprit le premier.

- Et les enfants sont vraiment sympas, sourit Fred.

- Alors merci, dirent-ils en chœur.

- Ce n'est rien, assura le jeune prince. Merci d'avoir amusé les enfants, ils avaient l'air vraiment ravis.

- C'était un plaisir, ils sont vraiment craquants, répondit George.

- Et très franchement, le divertissement, c'est notre domaine, rigola Fred.

- Vous êtes bien installés ? Demanda ensuite leur ami.

- Oui, on a eu droit à une chambre presque aussi grande que notre maison, sourit George.

- Elle est vraiment très belle, renchérit son jumeau.

- Et vous avez des nouvelles de votre famille ? Demanda-t-il précautionneusement.

- Aucune, répondirent-ils dans un soupir.

- On a juste reçu des cadeaux de Charlie, ajouta Fred.

- On lui a envoyé une lettre pour lui dire de ne pas s'inquiéter et que tu nous aidais. Il se fait un sang d'encre.

- Bien sûr on ne lui a rien dit sur toi et le reste mais nous pensons qu'il insistera quand même pour venir nous voir la semaine prochaine. Tu crois que ça va être possible ?

- Il travaille dans la réserve de Dragons Roumaine c'est ça ? Demanda Gabriel en réfléchissant.

- Oui, répondirent-ils à l'unisson.

- Un Myrdiaël travaille dans cette réserve il me semble, dit-il en étonnant les deux jumeaux. Je vais lui écrire pour savoir ce qu'il pense de votre frère. De quel côté se place-t-il ?

- Il déteste Voldemort et n'aime pas Dumbledore, répondit Fred.

- Il a remarqué qu'il manipulait les gens et il n'aime pas du tout ce que notre famille est devenue sous son influence. Ça fait un moment qu'il a coupé le contact avec tout le monde sauf avec nous parce qu'il savait que l'on n'était pas d'accord non plus. Il a refusé de rentrer dans l'ordre

- Pensez vous qu'il pourrait nous rejoindre ? Demanda Gabriel.

- Certainement, répondirent-ils immédiatement.

- Bon, je vais voir ce qu'en dit le Myrdiaël présent sur place et si tout vas bien, vous pourrez lui dire pour mon peuple mais pas pour moi, et il devra prêter serment. S'il accepte, il pourra venir ici avec vous, annonça le jeune prince. Quand doit-il venir ?

- Il doit arriver à Londres à dix heures lundi, annonça George.

- Mon père ou Callen viendra avec vous pour lui parler et s'il prête serment, il pourra venir au manoir.

- Merci Gaby, répondirent-ils avec un sourire soulagé.

- Et on a aussi envoyé une lettre à notre famille pour leur dire que l'on ne reviendra pas. On a définitivement coupé les ponts, expliqua Fred avec un soupir. On verra comment ils réagissent et comme on est majeurs de toute façon, ils n'ont rien à dire.

- Je suis vraiment désolé, murmura Gabriel.

- Tu n'as pas à t'excuser enfin, répondit George.

- Ce n'est pas de ta faute, rassura son frère.

- On a plus qu'à décider de ce que l'on va faire maintenant. On va essayer de se trouver un travail quelque part.

- Pourquoi ? Vous ne retournez pas à Poudlard ? S'étonna le jeune prince.

- On n'aura pas de quoi payer la fin de l'année et ça m'étonnerait que Dumby soit conciliant avec nous après ça, justifia Fred.

- Je peux peut-être vous aider pour cela, avança Gabriel.

- Comment ? Demandèrent les frères.

- Et bien les Myrdiaêl ont tout un programme de bourses et d'aides pour les étudiants. Vous avez prêté serment, vous êtes considéré comme faisant parti du peuple désormais alors vous pouvez en bénéficier. Je demanderais à Callen de vous expliquer, il connaît tout ça par cœur puisqu'il gère les études des orphelins. Il pourra aussi vous aider à trouver des idées pour gérer la situation si vous voulez.

- Ce serait génial, encore merci Gaby, répondirent-ils soulagés de leur inquiétude de ne pas trop savoir comment gérer les choses.

- Ce n'est rien je vous l'ai dit. Vous êtes mes amis c'est normal, vous n'avez même pas idée à quel point vous m'avez été d'une aide vraiment précieuse pendant ces deux ans. Vous étiez les seuls à faire attention à moi. Même si ça ne vous semble peut-être pas grand chose, pour moi, c'est énorme. Je ne fais que vous rendre l'appareil. Je vous l'ai dis : vous pourrez toujours compter sur moi quand vous en aurez besoin.

- Et tu pourras toujours compter sur nous aussi Gaby, certifièrent-ils avec émotion.

Ils se sourirent, émus et se séparèrent de nouveau. Les jumeaux retrouvèrent les Serpentard, discutant avec ceux de leur année et Gabriel alla trouver Callen pour lui demander d'aider les rouquins. Il promit de discuter avec eux dans les jours qui venaient et de trouver une solution. Il savait qu'ils étaient importants pour son prince et malgré qu'il ne les connaisse que depuis peu de temps, il avait déjà pu voir qu'ils étaient des gens bien et qu'ils méritaient de s'en sortir. Alors il les aiderait avec plaisir. Gabriel rejoignit alors ses amis, s'installant tout contre son blond qui fut ravi de l'accueillir dans ses bras.

Severus, lui, s'était installé dans un grand canapé près de la cheminée et avait fait apparaître le livre qu'il avait reçu de Gabriel pour Noël. Il s'était senti comme un gamin devant un jouet lorsqu'il avait comprit ce qu'il avait entre les mains. Il avait toujours voulu lire ce livre sans jamais pouvoir le faire. Les ancestrales connaissances chinoises en matière de plantes, de potions et de médecine étaient les plus riches et les plus précises que l'on puisse trouver. Mais les livres étaient rares, très peu nombreux et les chinois n'étaient pas vraiment partageurs lorsqu'il s'agissait de leurs savoirs. Severus n'avait donc jamais pu accéder à tout cela. Il connaissait ce livre depuis longtemps, l'ouvrage regroupait une grande partie de leur science. Mais le chinois ancien n'était pas dans ses compétences, il avait donc laissé tomber. Et là surprise, Gabriel lui offrait une traduction du livre. Il était comme un poisson dans l'eau.

Il savait que cette traduction signée du jeune homme avait dû lui demander beaucoup de temps et il sentait les traces de sa magie qui avait servi à fabriquer le bel ouvrage qui était également protégé par des sorts pour ne pas qu'il s'abîme. Le maître des potions ne pouvait rêver meilleur cadeau, il était ravi. C'est donc avec avidité qu'il en entama la lecture, admirant la finesse des dessins qu'il y avait et l'élégance de la calligraphie. Sans nul doute, c'était un livre magnifique autant dans sa forme que dans son contenu. Alors qu'il lisait depuis un moment, profitant de ce coin calme de la pièce et de la chaleur de la cheminée, une petite voix s'éleva non loin de lui :

- Bonjour professeur Snape, fit-elle avec respect.

Il releva le regard et trouva la jeune Snotra en face de lui, la petite fille blonde que lui avait présenté Gabriel. Elle se tenait debout, l'observant de ses incroyables yeux d'améthystes, calmement. Elle tenait un épais livre contre elle et il remarqua qu'il s'agissait d'un livre de potion d'un niveau déjà très avancé compte tenu de l'âge de la gamine.

- Bonjour miss, répondit-il d'une voix légèrement adoucie.

- Puis-je m'asseoir avec vous pour lire un peu ? Demanda-t-elle avec un peu de timidité.

- Mais je vous en pris, répondit-il touché par l'enfant.

Elle le remercia en souriant et vint s'asseoir à côté de lui. Calmement, elle ouvrit son livre sur ses genoux et entama sa lecture alors que l'homme retournait à la sienne. Tout deux lurent dans un silence seulement coupé par le bruit des discussions tranquilles des autres présents dans le grand salon. Au bout de quelques temps sans que l'un ou l'autre n'ait bougé, Severus remarqua que la petite fille à ses côtés regardait le livre qu'il tenait. Il était impressionné de la concentration dont elle avait fait preuve alors qu'elle lisait. Il l'avait observé discrètement, il l'avait vu réfléchir, froncer les sourcils, lire et relire certains passages jusqu'à ce que la compréhension s'installe sur ses traits. Peu d'enfant de son âge savaient travailler ainsi. Il sentait qu'elle regardait son livre mais elle ne le dérangea pas. Elle ne l'avait d'ailleurs pas dérangé une seule fois et l'homme se surprit à trouver sa présence apaisante. Il termina sa page et se tourna vers elle alors qu'elle regardait toujours son ouvrage. Lorsqu'elle s'aperçut qu'il la regardait, elle détourna les yeux, rougissant adorablement.

- Excusez moi, dit-elle, c'était impoli.

Il ne lui en tint pas du tout rigueur et préféra engager la discussion avec cette enfant qui l'intriguait :

- Ce livre vous intéresse miss ? Demanda-t-il doucement.

- Il a l'air passionnant, répondit-elle. Je n'ai jamais vu cette potion, dit-elle en désignant la page qu'il venait de lire. Quel livre est-ce ?

Il lui montra la couverture où le titre était encore écrit en chinois, sa traduction se trouvant en dessous. Un sourire s'étira sur les lèvres de la petite fille :

- Je ne savais pas qu'il avait été traduis, remarqua-t-elle avec excitation. Je croyais qu'il n'existait qu'en chinois.

Le professeur resta surpris un instant qu'elle connaisse l'ouvrage et il sourit doucement : Snotra lui plaisait beaucoup.

- Vous connaissez ce livre ? Demanda-t-il.

- Oui. Un jour le professeur Las m'a fait un cour sur les potions dans les différents pays. Il m'a expliqué que suivant l'endroit, les connaissances et les savoir-faire n'étaient pas les mêmes. Certaines potions ne sont fabriquées que dans un seul pays. Quand on a parlé de la Chine, il m'a dit que les connaissances ancestrales chinoises étaient parmis les meilleures au monde en matière de médicomagie et de soin, que les chinois savaient préparer des potions rares que l'on ne trouve nul part ailleurs mais qu'ils gardaient leurs secrets. J'ai voulu trouver des livres mais les traductions sont rares. Le professeur Las m'avait parlé de ce livre, il m'avait dit que c'était l'ouvrage le plus complet sur les savoirs chinois mais qu'il n'en existait que deux et qu'il n'y avait pas de traduction, expliqua-t-elle.

- Et bien il s'agit là de la seule traduction existante. Je viens de l'avoir en cadeau pour Noël, répondit-il de plus en plus intéressé par cette enfant.

- Vous avez beaucoup de chance, remarqua-t-elle. Quand je serais plus grande, on m'a dit que je pourrais aller à Mahotokoro pour voir l'un des deux exemplaires originaux et que là bas, il y aurait des gens qui pourraient m'aider pour la traduction. Ou bien j'apprendrais la langue, dit-elle avec détermination.

- Cette assiduité au travail est tout à votre honneur miss, complimenta Severus en la faisant sourire et rougir. Et vous, que lisez vous ? Demanda-t-il même s'il avait déjà reconnu le livre qu'elle tenait.

- C'est un livre sur les potions de sixième année, dit-elle. C'est grand frère Gabriel qui me l'a offert pour Noël. J'ai presque terminé avec les potions de cinquième année.

- Et comprenez vous bien ce que vous lisez ? Demanda-t-il.

- Et bien pas entièrement, répondit-elle honnêtement. Il y a quelques techniques et ingrédients que je ne connais pas et je ne comprend pas toutes les réactions entre les composants.

- Montrez moi cela, je devrais pouvoir vous expliquer, annonça Severus son côté professoral reprenant le dessus.

Il marqua la page de son livre, le ferma et le fit disparaître alors que la gamine affichait un immense sourire extasié et enthousiaste. Elle ouvrit son livre sur une potion qu'elle n'avait pas compris et s'assit juste à côté de l'homme, posant l'ouvrage sur leur deux jambes collées l'une à l'autre. Et c'est ainsi que pendant un long moment, Severus répondit aux questions de Snotra, découvrant une enfant très intelligente, mure et réfléchie, logique et sérieuse. Son niveau de potion était déjà très élevé. Il fut étonné de constater qu'il passa un très bon moment avec l'enfant. Il aimait être professeur et Snotra ne demandait qu'à apprendre. Leur discussion dériva sur d'autres questions ou observations que la jeune fille avait fait depuis qu'elle avait commencé à étudier les potions et la médicomagie et Severus lui répondit, discutant longuement avec elle.

Gabriel sourit en les observant de loin. Ils formaient un beau tableau et Severus semblait apprécier la jeune fille pour qui il était un modèle. D'autres élèves avaient remarqué que leur professeur honni discutait avec l'enfant et ils furent très étonnés de la voir sourire gaiement au lieu de s'enfuir en courant. C'était un peu irréel comme scène pour eux.

À suivre...

Audragon