Auteure de Scintilla : GothicTemptress
Traductrice de la version française : Milk40
Les personnages de la saga Twilight appartiennent à Stephenie Meyer.
Merci de me suivre dans cette aventure, et bonne lecture.
Chapitre 28 : Sport sanguinaire - première partie
Bella passa ses derniers jours à Forks avec son père, leur temps consacré à la solitude tranquille qu'ils en étaient venus à attendre l'un de l'autre. Bella et Charlie appréciaient le silence quand celui-ci était réconfortant.
En route vers Sea-Tac, Charlie demeura stoïque. Il se gara dans le terminal des départs, coupant le moteur de la voiture et attrapant la main gauche de sa fille avant qu'elle puisse ouvrir sa portière.
« Bella, ceci est… difficile pour moi. Je sais que tu seras entre les meilleures mains possibles, qu'Edward te protégera avec sa propre vie… mais… promets-moi que tu m'appelleras aussi souvent que tu le pourras. J'ai regardé les nouvelles dernièrement. Il y a beaucoup de violence en Afrique et… je vais m'inquiéter, petite. Je suis tellement fier de toi et je veux juste que tu… je veux que tu sois en sécurité, OK ? »
Bella fut choquée de voir son père si robuste pleurer, les larmes ruisselant sur ses joues. Elle le serra très fort dans ses bras.
« Je t'aime, papa. J'ai eu mes vaccins, j'ai mes médicaments antipaludiques, et je sais à quoi m'attendre en arrivant là-bas, alors je vais être prudente. Tu sais que ça fait longtemps que je veux vivre cette expérience… Tout va bien aller. »
Il hocha la tête contre sa joue.
« Je suis sûr de ça, petite. Mais sache que je t'aime. »
Bella acquiesça contre sa poitrine et recula pour donner à son père un dernier baiser sur sa joue. Elle sortit de sa voiture et alla chercher sa valise dans le coffre. Un agent de police essayait de faire circuler les autos arrêtées pour laisser descendre les voyageurs, et Charlie fut soulagé par le fait que l'agent lui faisait signe d'avancer. Il était tenté de sortir de la voiture pour aider Bella avec sa grosse valise, mais il craignait que ses jambes tremblantes ne supportent pas son poids. Il avait peur que son inquiétude à l'égard de sa sécurité et la tristesse qu'il ressentait de la voir partir si loin soient un fardeau trop lourd à supporter.
Ça l'était.
Alors qu'elle agitait la main vers lui avec enthousiasme en entrant dans le terminal, il sourit en retour, ses larmes s'intensifiant. Elle était un pas plus près d'Edward, un pas plus près de ce qu'elle croyait être l'aventure de sa vie, et cependant elle était un pas plus loin de la vie que Charlie savait être trop limitée pour les rêves qu'elle espérait réaliser. Elle allait lui manquer, mais sa foi en ses capacités, en sa bonté et en sa grandeur était ce qui l'incitait à continuer de sourire tandis qu'il s'éloignait du trottoir et vers la vie qu'il s'était construite.
Il était maintenant temps de regarder de loin Bella construire la sienne.
ooo
5 janvier 2011
Il surplombait les autres personnes dans le terminal qui brandissaient des pancartes avec des noms dessus. Elle remarqua son nom tout de suite parce qu'il était tenu bien en évidence plus haut que les autres, arborant le logo d'Habitat pour l'humanité. Elle était convaincue qu'il s'agissait d'un ancien joueur de football. C'était l'un des hommes les plus grands qu'elle avait jamais vus.
« Isabella Swan ? Bienvenue à Kampala ! »
Sa main tendue fut engloutie par une autre main, très grande et très virile.
« Vous pouvez m'appeler Bella. »
« Très bien, Bella. Je suis Emmett McCarty, votre émissaire d'Habitat pour l'humanité pour ce voyage. Je vais vous prendre sous mon aile et vous montrer tout ce à quoi vous devez vous acclimater pendant votre séjour à Oputi. Mon superviseur m'a dit qu'Edward Cullen va venir vous rejoindre dans quelques jours. »
« Oui, c'est mon fiancé. »
« C'est l'un des types les plus braves et honnêtes que j'ai jamais rencontrés, Bella. Vous avez trouvé un homme vraiment bon. Je lui ai promis de très bien m'occuper de vous jusqu'à ce qu'il arrive. Venez, nous parlerons en conduisant. Oputi est à cent vingt kilomètres d'ici, alors vous aurez aussi l'occasion de voir beaucoup de paysages intéressants. »
Ils marchèrent en silence jusqu'à l'aire de récupération des bagages et attendirent les affaires de Bella. Une fois qu'elle les eut en sa possession, elle plissa les yeux en marchant avec l'envoyé d'Habitat pour l'humanité dans la lumière du soleil.
« C'est tellement doux par rapport à la chaleur à laquelle je m'attendais ! »
Emmett émit un petit rire en réponse, soulevant sa lourde valise avec facilité pour la déposer à l'arrière de son camion.
« La partie brutale c'est le long voyage jusqu'ici. Votre corps doit s'adapter. On vous assignera des tâches plus légères jusqu'à ce que vous soyez en mesure de travailler sur des trucs plus lourds, si vous voyez ce que je veux dire. Vous n'allez pas construire des maisons durant les quelques premiers jours. »
Il gloussa en sortant de la zone de l'aéroport et tourna sur un chemin de terre accidenté.
« Bouclez votre ceinture, Bouton d'or. Une petite chose comme vous risque de se faire projeter dans tous les sens sinon. Edward a dit que vous étiez intéressée par le travail sur les méthodes de purification de l'eau ? »
Bella hocha la tête et sourit.
« Oui. J'ai également des connaissances au sujet des méthodes d'assainissement, alors si je peux les appliquer d'une manière ou d'une autre… »
« Certainement, vous allez être très utile dans le coin. »
Du doigt, Emmett indiqua une étendue dans le lointain.
« Le lac Victoria est la principale ressource ici. Vous allez voir que les gens que nous aidons dans la région s'appuient fortement sur l'activité économique associée à ses ressources. C'est notre saison sèche en ce moment, alors nous allons tous être très actifs à l'extérieur, à construire aussi rapidement que possible, jusqu'au retour des pluies. »
Plusieurs minutes s'écoulèrent, puis il lui montra un grand animal mort près de la route.
« Le braconnage est un énorme problème ici, tout comme l'érosion des sols. Vous constaterez que les habitants de la région sont très gentils et accueillants. J'ai remarqué que vous parlez également français ? »
Bella hocha la tête en réponse, surprise qu'il soit au courant de ce fait.
« Comment savez-vous ça, Emmett ? »
« Vous verrez que les différents organismes de bienfaisance et les organisations humanitaires mettent en commun leurs informations à propos de leurs projets et des personnes qui travaillent sur ceux-ci, et vous remarquerez que de nombreux partis différents travaillent de concert dans cette région. Nous essayons tous très fort de nous soutenir mutuellement, et nous gardons tous un œil les uns sur les autres, pour des raisons de sécurité. Votre français peut être utile si jamais nous avons à traiter avec les tribus près de la frontière au nord-ouest. Ils ne parlent pas souvent l'anglais mais ils connaissent le français. Vous serez d'une grande aide. »
Bella admira le paysage changeant alors qu'ils roulaient dans un silence rassurant. Elle sourit à la vue de cette faune qu'elle ne connaissait pas et des vêtements colorés des gens qu'elle voyait marcher le long de la route. Bien que l'Afrique n'ait pas la verdeur du Nord-Ouest des Etats-Unis, les couleurs étaient malgré tout très vives, et son cœur s'exalta encore plus. Le temps passa vite. Emmett pointa à sa droite avec son énorme doigt.
« Voilà Oputi. Le complexe d'habitation sur lequel nous travaillons actuellement est là. »
Bella lui rendit son sourire, heureuse à la pensée de ce que l'avenir lui réservait alors qu'une nouvelle aventure commençait pour elle.
« Je vais vous aider à vous installer, et ensuite vous pourrez rencontrer tout le monde. Vous allez partager une chambre avec une autre bénévole jusqu'à l'arrivée d'Edward, puis nous organiserons quelque chose pour vous donner à tous les deux des quartiers plus privés. Il y a une petite pièce attenante au bâtiment de stockage qui, je pense, pourrait vous convenir. »
ooo
Ce fut une première journée passionnante. Bella rencontra ses collègues bénévoles et passa une soirée de détente à rire des singes à queue rousse qui jouaient dans les arbres à proximité.
Elle s'endormit aux sons exotiques qu'elle entendait par sa fenêtre et fut réveillée extraordinairement tôt par la sonnerie de son téléphone. L'appel provenait d'un numéro qu'elle ne connaissait pas.
Sa voix était rauque de sommeil lorsqu'elle répondit.
« A-Allô ? »
« Isabella Swan ? »
« Oui ? »
« Je suis Mme Sinclair, du Programme Alimentaire Mondial de L'ONU. J'ai cru comprendre que vous parlez couramment français et que vous êtes arrivée à Oputi ? »
« Oui, je suis arrivée hier. »
« J'espérais que vous soyez disposée à nous aider avec un chantier humanitaire que nous suivons de très près, à quelques centaines de kilomètres à l'ouest. Votre français sera des plus avantageux à notre cause. Vous devriez être rentrée chez vous avant la tombée de la nuit. »
« N'ai-je pas besoin de l'approbation de quelqu'un ici ? Quand avez-vous besoin de moi ? »
« Je vais envoyer mon associé pour venir vous chercher dans quelques minutes. Il est essentiel d'agir rapidement. J'ai déjà pris les dispositions nécessaires avec Emmett McCarty, et il est conscient de l'importance de la situation. »
« Dois-je apporter des provisions avec moi ? »
« Vos papiers d'identité sont tous ce dont vous avez besoin pour traverser la frontière. Vous serez de retour avant le dîner. »
Bella prit des notes dans un carnet pendant que Mme Sinclair parlait, juste pour être certaine que rien d'important ne lui échappait.
« Je serai prête dans un instant, Mme Sinclair. »
« Excellent, Mme Swan. Vous serez vraiment d'une grande aide à nos efforts. »
L'appel prit fin et Bella s'empressa de se préparer, débordant d'enthousiasme à l'idée d'en faire plus… de finalement être en mesure d'aider d'une quelconque manière, de faire une différence. Elle s'affaira rapidement, tâtant ses vêtements pour s'assurer que ses documents et ses papiers d'identité étaient dans ses poches.
« Bella, qu'est-ce que tu fabriques ? Ce n'est même pas encore l'aube. »
Kachiri, celle avec qui elle partageait sa chambre, n'avait pas l'habitude d'être réveillée si tôt.
« Mme Sinclair du Programme Alimentaire Mondial de l'ONU m'a dit qu'il y a une situation à proximité, qui nécessite l'aide d'une personne qui parle français. Elle a dit qu'Emmett avait donné son accord et que je devrais être de retour avant le dîner. Quelqu'un doit venir me chercher d'une minute à l'autre. C'est tellement excitant ! J'ai toujours voulu être utile et maintenant… »
Le bruit d'un véhicule se garant dans leur complexe interrompit le fil de ses pensées, et elle était trop exaltée pour continuer.
« Passe une bonne journée, Kachiri. À ce soir ! »
Bella glissa son téléphone portable dans la petite poche de son short, se précipitant dehors pour accueillir les pas près de la hutte.
« Isabella Swan ? »
C'était un homme séduisant avec de longs cheveux blonds et un sourire agréable.
« Je suis Bella. »
Il serra la main qu'elle lui tendait et la conduisit vers la voiture.
« Je suis James. Je vais vous emmener à la piste d'atterrissage. »
Il regarda la petite femme s'installer sur son siège passager avec une expression admirative et s'adressa à elle d'un ton léger et amical.
« Je n'ai jamais travaillé avec Mme Sinclair avant. D'habitude je transporte les bénévoles de l'ONU et d'Habitat pour l'humanité à l'intérieur des frontières de l'Ouganda, mais je n'ai jamais envoyé quelqu'un en République centrafricaine. Vous êtes une femme très courageuse, de vous rendre là-bas. »
Bella sourit en réponse, pas du tout perturbée.
« Je veux aider, peu importe où on a besoin de moi. »
Il lui retourna prudemment son sourire et conduisit dans les douces nuances de rose et d'orange que le soleil levant donnait au ciel.
ooo
James aida Bella à monter dans le petit avion portant le symbole de l'ONU sur le côté du fuselage, la présentant à l'homme qui l'attendait.
« Bella, voici Randall, votre pilote. Randall, voici la femme à qui Mme Sinclair a demandé de vous accompagner pour livrer l'approvisionnement. On m'a dit qu'elle doit être laissée avec le chef d'équipe quand vous ferez la livraison. »
Le pilote eut l'air stupéfait par cette révélation. Il ne savait pas qu'il allait emmener un autre passager avec lui, notamment une femme. Il était habitué d'entrer et de sortir en vitesse, esquivant souvent des coups de feu et s'échappant par la peau des dents. Il acquiesça en silence et prit la main de Bella alors qu'elle prenait place sur son siège, présumant que la jeune femme savait qui elle allait rencontrer et où elle allait.
James tapota son bras, de l'inquiétude dans la voix.
« Bonne chance, Bella. »
Elle sourit en réponse, excitée à propos de sa première véritable affectation pour aider les autres.
« Merci, James. »
James ferma la portière du petit avion et le pilote tendit de grands écouteurs à Bella pour couvrir ses petites oreilles.
« Où allons-nous ? »
Randall fut pris de court par sa question mais il supposa qu'elle essayait simplement de faire la conversation par politesse.
« Obo. »
Pendant quelques minutes, Bella sentit une montée d'adrénaline alors que le petit avion quittait la terre ferme. Elle s'émerveilla de la présence majestueuse et puissante des éléphants et d'autres grands animaux dans la toundra en dessous, son sourire reflétant son enthousiasme de voir l'Afrique depuis le ciel.
Elle perdit la notion du temps à la pensée qu'elle allait partager ce genre d'expérience avec Edward dans quelques jours. Elle espérait qu'ils puissent le faire à nouveau, ensemble.
ooo
« Emmett, c'est Edward. Tu as essayé de me joindre ? »
« Où es-tu, Edward ? »
« Je viens d'atterrir à Kampala il y a quelques minutes. Je voulais faire une surprise à Bel… »
« … Nous avons une… situation impliquant Bella. Elle a reçu un coup de fil du Programme Alimentaire Mondial de l'ONU très tôt ce matin demandant si elle était disposée à aller en mission d'urgence. Ils avaient besoin de quelqu'un parlant français et il fallait qu'elle parte sur le champ. James Laurent l'a conduite à l'aéroport tôt ce matin… »
« … Emmett, je connais très bien James. Il avait l'habitude de conduire nos bénévoles aux différents sites de travail. Où a-t-il dit que Bella allait ? »
« Obo. »
Le cœur d'Edward s'arrêta tandis que son esprit s'emballait.
« Attends. Je croyais qu'on avait donné le feu rouge à tous les efforts humanitaires en République centrafricaine pour des raisons de sécurité. Habitat pour l'humanité n'a-t-il pas retiré la totalité de ses bénévoles il y a déjà un certain temps de ça ? »
« Oui, et l'ONU a commencé à retirer ses gens la semaine dernière, Edward. Ça n'a aucun sens que Bella ait été envoyée là-bas. »
Edward ferma les yeux pour essayer de se calmer. Il savait qu'il devait penser clairement dans ces circonstances, parce que la vie de Bella en dépendait.
« Emmett, à quelle heure est-elle partie ce matin ? James n'était-il pas au courant du moratoire de l'aide humanitaire en Centrafique ? Pourquoi l'a-t-il mise dans cet avion en premier lieu ? Et qu'en est-il du pilote ? »
« Elle est partie vers 4h du matin. Kachari, qui partage une chambre avec Bella, dit qu'elle a mentionné avoir parlé à une Mme Sinclair… Mais j'ai téléphoné à nos contacts à l'ONU et il n'y a personne de ce nom là-bas. James non plus ne savait pas de qui il s'agissait, mais tu sais comment c'est, Edward. Quand l'ONU appelle, 'les eaux se séparent' et tout le monde écoute. James est revenu ici tout de suite après, sentant que quelque chose n'était peut-être pas normal à propos de la situation, et c'est à ce moment-là que je t'ai appelé. Je crois que le pilote avait l'impression que c'était une mission d'urgence de l'ONU pour livrer des provisions, ce qu'il fait depuis deux ans maintenant. James trouvait que le pilote avait l'air étonné d'avoir un passager inattendu, mais là encore, quand l'ONU parle… »
« … On l'écoute. As-tu le numéro, Emmett ? Je pense qu'on peut retracer la personne qui a eu accès à la base de données des bénévoles au cours des dernières 24 heures. Quelqu'un doit être connecté pour faire ça. »
« J'ai eu le numéro grâce à l'identification de l'appelant sur le téléphone de James. L'appel venait de Rome, je pense. 39-06-651… »
Edward avait de la difficulté à se concentrer alors que la crainte commençait à s'emparer de lui.
« Garde ton téléphone avec toi, Emmett. Je vais te rappeler quand j'en saurai plus. »
Il ferma son téléphone et enfouit sa tête dans ses mains tremblantes. Il ne pouvait penser qu'à une seule personne qui prêterait attention au nom de Bella apparaissant sur la liste des humanitaires, et qui serait assez vindicative pour utiliser les ressources à sa disposition pour attirer Bella dans une situation potentiellement mortelle. Il y avait seulement une personne travaillant actuellement en association avec L'ONU, qui était en poste à Rome, selon ce qu'un contact de l'ONU lui avait dit quand il était en Indonésie…
Heidi.
Notes de l'auteure :
Plusieurs causes humanitaires ont été obligées de retirer leurs bénévoles de certains pays d'Afrique. La République centrafricaine est considérée comme l'un des pays les plus dangereux et instables d'Afrique.
La base de données humanitaire spécifique que je mentionne dans ce chapitre est une base de données fictive créée pour les besoins de cette histoire, bien que lorsqu'on voyage à l'étranger, il est très fréquent de trouver des organismes de bienfaisance et d'autres organisations qui s'entraident, partageant les ressources humaines et matérielles si besoin est. Ils essayent tous de veiller les uns sur les autres. L'ONU a de vastes ressources à sa disposition et elle est souvent au courant des noms et de l'information concernant les humanitaires à l'œuvre dans une région donnée. J'ai élargi le champ de leurs aptitudes pour les besoins de cette histoire, mais il existe des listes des humanitaires travaillant dans chaque région, et une personne comme Bella, avec ses compétences spécialisées, serait certainement sollicitée pour aider sur d'autres projets si ses spécialités étaient nécessitées.
À la semaine prochaine.
Milk
