Commentaire :Bonjour à tous ^^ !
Ca y est, le chapitre est fin prêt (il ne me manquait qu'à faire une 'tite vérif, mais je n'ai finalement pas eu le courage de m'en occuper hier au soir - dodo oblige :p). Franchement, je me suis régalée à le travailler, celui-là. Il y a pas mal de dialogues, plein de monde et de places différentes. J'aime bien quand ça bouge. Par contre, d'un autre côté - côté que je vous exposerai à la fin - j'ai eu quelques difficultés à finir le bazar... Enfin, quoi qu'il en soit, j'espère que ça vous plaira ;)
Alors, bonne lecture et à tout' !
Pour Akira Kyo :
Salut :),
Bah... Je le sais qu'ils vous plaisent, tous les deux. Sont 'gnons ensemble - et c'est fait pour *^^* ! C'est pour ça que je les torture : pour mettre de l'ambiance ! Parce que si je faisais subir les mêmes choses à un couple d'escargots, j'suis pas sûre que vous seriez aussi enthousiastes xD
Allez, range-moi cette moue boudeuse et attends voir comment la suite va se passer ;)
Bonne continuation à toi et à bientôt pour la suite,
Bisous ^^ .
Liberté
Assline était de retour à Volterra. Lorsqu'elle arriva en fin d'une matinée nuageuse dans la petite ville haute perchée et vit au loin le grand château de pierres sèches des Volturi, son cœur se serra. L'assurance et la force qu'elle avait puisées auprès d'Embry n'avaient certes pas disparu, mais elles s'étaient amoindries. Loin de celui qu'elle aimait, les choses lui paraissaient plus compliquées. Aller trouver Démétri pour lui expliquer que ses craintes n'étaient finalement pas vaines lui sembla tout à coup une épreuve bien pénible à affronter. Car Assline ressentait de la culpabilité à l'abandonner après toute la gentillesse dont il avait fait montre à son égard. Savoir également qu'en le quittant, elle lui retirait toute chance d'avoir un jour son affection en retour lui semblait tout autant cruel. Elle ne pouvait pourtant faire autrement : elle aimait Embry et sa place était à ses côtés, pas à Volterra. Maigre consolation à tout cela, une fois Démétri vu, rencontrer les chefs du clan lui paraîtrait une formalité.
Malheureusement, à peine arrivée, à peine Giana rencontré - Giana, à qui elle signala son retour en bonnes et dues formes - elle apprit que Démétri ne se trouvait actuellement pas au château.
- Ah ? Et où est-il ?
- Je… Je ne sais pas, répondit Giana, peu convaincante.
- Giana, insista Assline en se penchant de tout son poids sur le bureau de la secrétaire, si Démétri n'est pas ici, c'est qu'il est dehors. S'il est dehors en pleine journée, c'est qu'on l'y a envoyé. Et il n'y a pas trente-six personnes qui envoient Démétri dehors : il n'y a que nos chefs. Or, tu es la secrétaire d'Aro…
Giana soupira et balaya d'un geste de la main une longue mèche de cheveux noirs qui lui barrait le visage.
- Très bien... Des vampires allemands seraient venus faire la fête par ici. Démétri et Félix ont donc été envoyés pour s'en occuper.
- Pourquoi ne pas me l'avoir dit de suite ?, demanda Assline, interloquée. Ça n'a rien d'extraordinaire.
- Parce que je ne l'ai pas appris de Aro. Je ne suis donc pas censée être au courant. Et il se trouve que je ne tiens pas à commettre d'impairs dans mon travail en dévoilant des choses qui pourraient très bien ne pas avoir à l'être.
- Oh... ? Quelle exemplarité, lança Assline avec une note de sarcasme, mais néanmoins soulagée.
Car durant un instant, l'absence imprévue de Démétri lui avait causé un trouble.
- Dans ce cas, ajouta Assline. Quand Démétri rentrera, pourrais-tu simplement l'informer que je suis là aussi, s'il te plaît ?
- Mais avec plaisir, répondit Giana avec un large sourire.
- Au fait, est-ce que Aro, Caïus et Marcus sont au château ?
- Bien sûr.
Assline se contenta de cette réponse, salua Giana et s'en alla. Elle savait que Giana avait longtemps espéré être transformée. C'était maintenant chose faite et elle en était très fière – autant que d'occuper ce poste de secrétaire particulière qui la mettait en bonne place pour connaître des tas de choses avant tout le monde. Assline savait aussi que pour rien au monde Giana ne voulait prendre le risque de perdre cette place (ce qui poussait son professionnalisme à l'extrême) et aimait être considérée comme une personne sur laquelle on pouvait compter (raison qui faisait qu'avec des personnes aux pouvoirs reconnus – comme Assline – elle se montrait toujours complaisante). Mais quand même, vivre selon les vœux des autres… Assline leva les yeux au ciel et soupira.
Elle gagna ensuite sa chambre où elle commença par se changer puis décida d'y patienter quelques heures. Si d'ici-là Démétri rentrait, elle pourrait alors s'entretenir avec lui. Dans le cas contraire, elle n'aurait d'autre choix que de se rendre en premier lieu à la salle des trônes.
Mais ce qu'elle ignorait, c'est que Démétri était loin de rentrer…
- Pardonne-moi, mon frère, grinça Caïus, mais je trouve cela par trop hasardeux de décider ce genre de mission.
- Surtout en choisissant ces gardes-là, soupira Marcus. Ne tiens-tu donc plus à eux ?
- Bien sûr que si, assura Aro. Au contraire !
- Dans ce cas, pourquoi ces recommandations et agir ainsi ?
- Pourquoi ? Mais pour les garder justement tous ici, répondit Aro avec évidence. En outre, auriez-vous préféré, vous, mes frères, que je les y envoie tous les cinq ?
- Certes non, dit Marcus d'un ton mollement agacé. Je trouve toutefois cela risqué. Qu'avons-nous à leur opposer ?
- Nous ne pouvons nous permettre de nous mettre dans une situation contestable, siffla Caïus. Notre image en serait…
- Et c'est bien pour cela que eux seuls y sont allés, le coupa aimablement Aro. Je sais pouvoir compter sur Jane pour renverser en notre faveur n'importe quelle situation. En outre, les Cullen ne manqueront pas de venir se mêler à ce petit tête-à-tête et nous servir ainsi par la suite de témoins, sourit-il.
- Es-tu donc à ce point certain que les choses nous seront profitables ?, questionna Marcus. Et elle... Crois-tu qu'elle voudra toujours te suivre après cela ?
- Mais elle n'aura pas le choix !, déclara Aro dans un éclat de rire. Comment crois-tu qu'elle agira, quand il ne lui restera plus que Démétri?
- Je t'ai pourtant déjà dit que leurs liens n'étaient pas de nature à pleinement nous servir, objecta lentement Marcus.
- Peut-être, concéda Aro en balayant négligemment. Mais Démétri occupe tout de même une place privilégiée. Attendez simplement que tous les obstacles aient disparu et cette place deviendra d'elle-même ce qu'elle aurait toujours dû être. Oh, bien sûr, la peine éprouvée sera immense, annonça théâtralement Aro. Mais elle ne sera pas éternelle... En outre, Assline n'aura alors plus qu'ici où se réfugier - surtout après que nous lui aurons rapporté les évènements tels que nous l'aurons décidé.
- Puisses-tu avoir raison, mon frère, dit Marcus. Autrement, nos pertes pourraient être considérables et nous n'aurions guère de recours.
- Ainsi fait, nous n'en aurions aucun, accentua Caïus.
C'était une belle journée de printemps. Installés au salon, Edward jouait une mélodie au piano pendant que Bella, assise à ses côtés, se laissait bercer par la mélodie. Esmée et Rosalie s'occupaient sur internet, quand Carlisle, Emmet et Jasper bavardaient sur le canapé. Tout à coup, ce dernier porta son attention vers la grande baie vitrée.
- Tiens, voilà Alice qui revient. Oh oh...
- Quoi ?, demandèrent les autres.
- La voiture est pleine de paquets, sourit Jasper.
Emmet leva la tête pour constater par lui-même... avant d'éclater de rire.
- Ma pauvre !, dit-il à Bella qui le dévisageait avec une inquiétude légitime. Ce qu'elle doit encore te ramener !
Bella se tassa sur elle-même et regarda Edward avec des yeux de chien battu.
- Tu ne peux vraiment rien faire pour la calmer ?
- J'ai bien peur que non, sourit Edward, amusé.
- Quand elle est comme ça, il n'y a de toute façon rien à faire, ajouta Emmet.
- Hello !, lança soudain une voix guillerette depuis la porte d'entrée. Je suis là ! Bellaaaaaa ! Viens voir un peu tout ce que j'ai trouvé pour ton mariage !
- Alice..., soupira Bella en se levant du tabouret pour la rejoindre. Je ne peux déjà plus accéder à ma chambre tant elle est encombrée et ça sera bientôt la même chose pour le garage. Tu ne veux pas... Alice ? Qu'est-ce qu'il y a ? Edward ! Jasper !
Tous accoururent précipitamment. Contre toute attente, Alice venait de lâcher ses paquets qui tombèrent à terre sans que personne n'y prête d'attention. Ils attendaient tous, inquiets, de savoir quelles visions Alice venait d'avoir.
- Ils reviennent..., dit-elle soudain d'une voix d'outre-tombe.
- Qui ? Les Volturi ?
- Oui...
Carlisle et Edward échangèrent un regard sombre.
- Pour quelle raison, cette fois-ci ?, demanda Carlisle.
- C'est étrange, répondit Alice, son regard toujours perdu dans le vide. Ils sont là, mais nous non. C'est comme si...
Ses yeux s'agrandirent tout à coup. Elle parut terrifiée.
- Ils ne viennent pas pour nous !
- Quoi ? Pour qui, alors ?, demanda Emmet en fronçant les sourcils.
- Aro, Caïus et Marcus ne sont pas là. Je n'ai vu que Jane, Alec, Félix et Démétri, poursuivit Alice, concentrée sur ses visions. Ils étaient dans la forêt... Mon Dieu ! Voilà pourquoi je n'ai vu qu'eux ! C'est parce que je n'ai jamais réussi à voir les autres ! Carlisle, ils viennent pour les loups !
- Mais... et Assline... Où est-elle ?!, s'alarme Bella.
Alice secoua la tête, frustrée.
- Je n'ai jamais réussi à la voir elle non-plus. Mais c'est impossible qu'elle y soit... Attendez !, dit-elle en courant précipitamment jusqu'au buffet du salon d'où elle sortit un téléphone portable.
- Euh... Tu comptes appeler quelqu'un, là ?, demanda Emmet, incrédule.
- Oui. Je vais appeler Assline !
Tous en restèrent ahuris.
- Depuis quand Assline à un portable ?, demanda Bella dans un sursaut de pragmatisme.
- Depuis que je lui en ai donné un, répondit Alice tout en recherchant le bon numéro. Je l'ai fait quand elle est repassée nous dire au revoir, la dernière fois. Je ne supportais plus de n'avoir aucun contact avec elle.
Esmée et Jasper échangèrent un sourire. Alice soupira et colla son portable à l'oreille, mais personne ne décrocha.
- Flute !, s'écria-t-elle. Tant pis, je vais lui envoyer un message...
Et une fois chose faite :
- On n'a plus qu'à espérer qu'elle me rappelle au plus vite.
La bonne humeur ambiante avait fondu comme neige au soleil. Les membres du clan s'étaient rassemblés et envisageaient maintenant les différents scénarios plausibles.
- Quoi qu'il en soit, on ne peut pas les laisser faire, déclara Edward.
- Assurément non, dit Carlisle. Mais il faut rester prudents. Les Volturi n'ont rien à nous reprocher et il ne faudrait pas que ça devienne le cas.
Sur quoi il se tourna vers Alice.
- Est-ce qu'ils sont déjà là ?
- Euh... non, dit Alice. Mais ce n'est qu'une question de jours. Peut-être même d'heures.
- Mais à quoi ils jouent, bon sang !, s'agaça Emmet.
- Simple, répondit Jasper. Aro est sur le point de perdre l'une de ses pièces maîtresses – sa dernière acquisition, en plus. Comment penses-tu qu'il réagit à cela ?
- C'est débile, rétorqua Emmet. Jamais Assline ne voudra rester aux côtés des Volturi s'ils viennent massacrer ceux pour qui elle avait justement l'intention de les quitter !
- Aro est malin, dit Edward. Il doit certainement avoir un plan. Quatre Volturi qui arrivent comme ça et déciment tout sur leur passage, tu imagines bien que ça ferait désordre s'ils ne s'étaient pas trouvés de bonnes raisons de le faire.
- Et c'est pourquoi nous allons nous rendre sur les lieux apparus dans les visions d'Alice, annonça Carlisle. En notre présence, les Volturi ne pourront pas faire ce qu'ils veulent pour ensuite raconter ce qui les arrange.
Soudain, faisant sursauter tout le monde, le téléphone d'Alice sonna. Elle décrocha à la hâte et enclencha le haut-parleur.
- Alice ?, dit aussitôt la voix d'Assline. Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est quoi ce message : « Rappelle-moi de suite, c'est urgent ! »
- Assline, où es-tu ?, lui répondit plutôt Alice.
- A Volterra, pourquoi ?
- Et où sont les autres membres de la garde rapprochée ? Jane, Alec, Démétri et Félix ?
- Euh... De ce que j'ai compris, Démétri et Félix ont été envoyés en mission sur Volterra. Quant à Alec et Jane, je n'en sais rien - comme d'habitude. Pourquoi ?, insista Assline.
Son interlocuteur changea alors.
- Assline ? C'est Carlisle. Écoute, nous avons toutes les raisons de penser qu'aucun d'eux ne se trouve actuellement à Volterra. Ils s'apprêtent au contraire à arriver sur Forks.
- Quoi...?, souffla Assline, abasourdie. Mais qu'est-ce que vous racontez ? Pourquoi ?!
- Alice vient d'avoir des visions, poursuivit calmement Carlisle. Elle a vu les quatre autres gardes venir ici.
- Pour quoi faire ?!, s'affola Assline.
- Assline, écoute-moi, appuya Carlisle. Il est impératif que tu gardes ton calme. Tu m'écoutes ?
- Oui..., répondit Assline d'une voix blanche.
- Nous n'en sommes pas sûrs, mais nous pensons qu'ils ont reçu l'ordre de venir ici pour affronter Sam et les autres loups de la meute. Il faut que tu reviennes au plus vite, mais pas avant d'avoir eu confirmation de cette mission puis officiellement quitté le clan des Volturi. Tâche également que tout cela soit fait sans heurts – c'est très important.
- D'accord..., murmura Assline.
- Assline... ?
- Quoi ?
- Sois prudente, je t'en prie. Et songe que désormais, chaque seconde compte.
Sur quoi, ils raccrochèrent.
- Bon ! Qu'est-ce qu'on fait, nous, maintenant ?, demanda Emmet.
- Comme on a dit : on y va et on se montre, répondit Carlisle. Bella, appelle de suite Jacob et mets-le au courant. Dis-lui aussi qu'en aucun cas, ils ne devront engager le combat face aux Volturi.
- Pourquoi ?, s'étonna Bella. Ils ne vont quand-même pas attendre gentiment que les autres leur sautent dessus pour les massacrer ?!
- Fais-moi confiance, j'ai ma petite idée.
Résolue, Assline arpentait les couloirs du château à vive allure dans une direction bien précise.
- Oh, Assline !, lança Giana avec un grand sourire en la voyant revenir vers elle. Tu as oublié quelque chose ? Euh... Est-ce que ça va ?
Visiblement, masquer son humeur – un mélange de colère et d'effroi – n'était pas chose facile. Fort heureusement, dans sa situation, Assline avait toujours moyen de se justifier.
- Je n'ai pas encore mangé, répondit-elle rapidement. Giana, par qui as-tu appris que Démétri était sorti pour s'occuper des nomades allemands ?
- Pourquoi me demandes-tu cela ?, répondit Giana avec un regard soupçonneux.
Mais Assline n'avait ni le temps, ni la patience de lui tirer les vers du nez. Tout à coup, sous le regard effrayé de Giana, les flammes des torches s'envolèrent pour ne former plus qu'une masse en fusion et des rafales de vent traversèrent le hall, faisant s'envoler tous les papiers soigneusement classés sur le bureau de la secrétaire.
- Mais Assline, qu'est-ce qu'il te prend ?
- Giana, je n'ai pas envie de te poser de problèmes dans ton travail, ni de te faire du mal, alors réponds simplement à ma question : par qui l'as-tu su ?
- Heidi ! C'est Heidi qui me l'a dit !
- Et où est-elle maintenant, Heidi ?
- Eh bien je... je...
La colère d'Assline monta instantanément d'un cran et d'une rafale, elle plaqua Giana contre le mur sous la menaça de la boule de feu.
- Elle devait se rendre à la salle des trônes !, haleta Giana. Mais elle doit revenir ici pour m'apporter des documents ! Je n'en sais pas plus, je te le jure !
Aussitôt, en même temps que le souffle s'apaisa, Giana se sentit lentement ramenée vers le sol et vit les flammes reprendre docilement leur place sur les torches.
- Je suis désolée d'avoir agi ainsi Giana, s'excusa Assline. Mais c'est trop important.
Assline quitta ensuite le hall au pas de course, se dirigeant à présent vers la salle des trônes. Si par chance Heidi en avait fini là-bas, elle pourrait l'intercepter. Et si, comme elle le pensait, Heidi était au courant de la véritable situation, il lui faudrait immédiatement employer les grands moyens et ce, sans se faire remarquer des autres gardes.
Pour une fois, la chance semblait sourire à Assline. Quelques secondes plus tard seulement, elle aperçut Heidi qui marchait dans sa direction. Elle ralentit aussitôt le pas et remarqua qu'Heidi en fit de même. Dès lors qu'elles se trouvèrent face à face, elles surent toutes deux ce qu'il en était et ce que l'une attendait de l'autre. Heidi prit une profonde inspiration et reprit sa marche, visiblement tendue. Assline, elle, s'était arrêtée et l'attendait. Dès qu'Heidi arriva à son niveau, un souffle brusque venant de nulle part la stoppa et la maintint immobile. Assline ne la regarda même pas.
- Je n'ai qu'une question à te poser, dit-elle doucement. Où sont-ils ?
Heidi ferma les yeux et soupira. Elle savait qu'elle ne ferait pas le poids face à Assline. Et de toute façon, elle avait reçu l'ordre de faire en sorte que tout se passe au mieux avec elle si elle venait à la rencontrer...
Persuadé qu'Assline resterait ignorante de la vérité, afin de la garder à ses côtés, Aro voulait qu'en aucun cas elle ressente une quelconque menace au sein du château. Malheureusement pour lui, trop peu informée, en suivant ses ordres, Heidi allait briser tous les liens qu'il avait su savamment tisser avec Assline. Ainsi :
- A l'heure qu'il est, probablement en train de traverser le continent nord-américain, répondit Heidi.
- Merci, répondit Assline dans un murmure. Fais comme si on ne s'était pas croisées.
La barrière de vent disparut dans l'instant et Heidi put reprendre sa marche d'une allure normale mais d'un pas incertain qui trahissait son trouble. Assline serra les poings.
Alors, c'était ainsi...
Son regard s'obscurcit. Elle s'avança vers une fenêtre et observa le ciel à travers les vitraux. Il était bleu et dégagé, mais rapidement, à son image, il s'assombrit. Le vent se leva et devint de plus en plus violent tandis qu'au loin, les tonnerres commençaient à gronder. Bientôt, une tempête se déchaîna sur Volterra.
Assline était dans une tel état de fureur qu'elle aurait pu faire irruption dans la salle des trônes sans craindre les réactions qu'elle y provoquerait. Mais au souvenir des recommandations de Carlisle, elle prit sur elle de respecter l'étiquette et demanda une audience… qu'elle obtint aussitôt.
Lorsqu'elle arriva dans la grande salle blanche aux hautes colonnes de marbre, un silence solennel régnait. Et lorsqu'elle s'approcha des trônes où siégeaient les trois frères, il lui fut difficile de masquer son humeur. Se doutaient-ils qu'elle savait ? Mais après tout, quelle importance ? Elle se présentait une dernière fois devant eux pour se défaire de son appartenance au clan et Caïus lui-même l'avait dit : ils ne pouvaient lui imposer de rester. Assurément, ce choix signifiait qu'elle ne s'en ferait pas des amis. Mais c'était-là le cadet de ses soucis. La seule chose qui lui importait alors était de repartir au plus vite pour aller défendre ceux qu'elle avait mis en danger. Car face aux pouvoirs des quatre membres de la garde rapprochée, les loups n'avaient que peu d'espoir.
- Assline !, l'accueillit contre toute attente Aro avec un air profondément soulagé. Quel bonheur de te revoir enfin ! Comme tu as l'air fatiguée, constata-t-il en l'examinant. As-tu pensé à te nourrir en arrivant ?
Assline s'interrogeait. Aro cherchait-il à gagner du temps ou s'agissait-il d'autre chose ? Pourquoi avait-il l'air aussi apaisé de la voir ? Elle observa furtivement Caïus et Marcus. Mais sans surprise, entre l'un qui paraissait toujours aussi revêche et l'autre paresseusement attentif, ce n'est pas par eux qu'elle apprendrait quelque chose.
- Aro, Marcus, Caïus, les salua tout d'abord sobrement Assline avant de s'adresser à Aro, comme elle en avait l'habitude. Merci de vous inquiéter, mais je n'ai actuellement pas faim, commença-t-elle par balayer. J'ai tenu à m'entretenir avec vous au sujet d'un fait important, dont vous seuls, chefs du clan des Volturi, avez à prendre connaissance.
Se devant de rester prudente, Assline s'abstiendrait de faire ne serait-ce qu'allusion à tout ce qu'elle venait d'apprendre - que ce soit d'Alice ou Heidi - et suivrait une seule ligne de conduite : se dégager des Volturi. Mais c'était compter sans Aro.
- Oh, je me doute de ce dont il s'agit, répondit-il gravement. Mes espions m'ont déjà fait part de la situation.
- De la… Quoi ? Vos espions ?, répéta Assline sans comprendre.
- Ah… Oui, ma chère…, avoua Aro en affichant une mine de circonstance. Tu sais que j'ai confiance en toi, mais comme je te l'ai déjà dit, là où tu souhaitais te rendre, compte tenu des incidents qui ont émaillé notre dernière visite, je craignais trop que quelques événements fâcheux ne s'abattent sur toi. Ainsi, pardonne-moi, mais j'ai demandé à ce que l'on t'y suive…
Assline en resta sans voix. Il se moquait d'elle, ou quoi ?! Les yeux de Caïus se plissèrent un peu plus et Aro joignit ses mains, attendant patiemment une réaction.
- Dans ce cas, vos espions ont dû vous rapporter que tout s'était passé pour le mieux, dit Assline d'une voix assez bien maîtrisée.
- Pour le mieux ?, reprit Aro en haussant les sourcils. Non… Et d'ailleurs, ton retour si rapide, ta mine fatiguée, inquiète. Tout indique au contraire que…
- Que quoi ?, l'interrompit sèchement Assline, sans se soucier, pour la première fois, du rang de la personne à qui elle s'adressait.
Mais Aro n'y répondit pas. Ou plutôt, il le fit à sa manière.
- Ça a été un tel choc pour Démétri, poursuivit-il en remuant lentement la tête avec désolation. Tu sais, je me mêle de ce qui ne me regarde pas, mais… il t'aime. Il t'aime profondément.
- Je sais…, marmonna Assline en se détournant. Croyez-moi, je le sais.
- Ainsi, se trouvant ici-même quand mes espions sont venus faire leur rapport... Lorsqu'il les a entendus…, sous-entendit Aro. Je l'avoue : il m'a été difficile de lui faire entendre raison. Il était tellement inquiet et craignait tant pour toi.
Assline accusa le coup. Qu'est-ce qu'il lui racontait ? Pourquoi est-ce que… ?
- Et où est-il, maintenant ?, demanda-t-elle spontanément alors qu'elle connaissait déjà la réponse.
- Démétri ? Mais il est à Volterra, ma chère, répondit Aro avec son inimitable sourire. Ayant eu vent d'un groupe de nomades un peu trop bruyants, nous avons jugé opportun de l'envoyer régler ce léger désordre avec Félix, afin de l'occuper le temps que tu reviennes.
Assline fronça les sourcils : la même fausse excuse que lui avait déjà servie Giana. Sauf que si cette dernière ignorait que c'était un mensonge, Aro, lui, savait pertinemment que ni Démétri, ni Félix n'étaient actuellement à Volterra, pour la simple et bonne raison qu'ils les avaient envoyés avec Jane et Alec sur le continent nord-américain pour exterminer son fiancé et ses amis !
Assline ferma les yeux et dut faire des efforts colossaux pour se contrôler. Efforts qui ne furent malheureusement pas suffisants car déjà, autour d'elle, les flammes des torches vacillaient, comme heurtées par un souffle invisible. Caïus et Marcus échangèrent un regard avant de fixer leur frère, qui ne répondit pas à leur mécontentement muet. Quant à Assline, à présent convaincue qu'elle était en train de se faire manipuler par ceux qui ignoraient qu'elle savait tout de leur complot, elle décida de se servir de cette regrettable lacune pour abréger cette ultime entrevue.
- Ainsi, commença-t-elle, le plus important reste que, comme vous pouvez le constater par vous-même, je suis revenue en vous certifiant que tout s'est passé pour le mieux durant mon voyage. Je suis également heureuse de savoir que Démétri ne va plus tarder à rentrer. Avec votre permission, je l'attendrai au château afin de pouvoir lui répéter la décision que je vais vous annoncer et qui ne sera pas sans conséquences.
Elle se redressa et :
- Ô chefs des Volturi. Puissants Aro, Caïus et Marcus. Vous qui m'avez accueillie parmi les vôtres et m'avez protégée et éduquée depuis ma transformation, je vous remercie humblement pour tout ce que vous avez fait pour moi. Mais même en étant consciente de ce que je perds en agissant de la sorte, aujourd'hui, en ces lieux, j'ai décidé de quitter votre clan, celui des Volturi.
Mâchoire crispée, Caïus releva la tête pour mieux la considérer avant de soupirer amèrement. Marcus manifesta son intérêt en se passant une main sur son visage crayeux, quant à Aro, la surprise ne put se lire qu'un instant sur son visage, avant d'être rapidement effacée par un sourire indulgent.
- Ah… Assline, soupira-t-il. Ne t'avais-je pas mise en garde, avant que tu ne partes, sur les dangers qu'il y avait à retourner sur les lieux de ton passé ? Et n'avais-je pas raison ? Regarde le résultat : te voilà prête à quitter ta famille sur un coup de tête.
Assline prit soin de choisir ses mots pour lui répondre. Au souvenir des paroles de Carlisle, elle se devait de quitter le clan pacifiquement. Mais pour parvenir à cela, elle se retrouvait à user d'un temps précieux qui jouait déjà dangereusement contre elle.
- Je comprends votre réaction, répondit-elle avec un sourire en coin qui ressemblait davantage à un rictus. Mais soyez certain d'une chose : je suis partie d'ici aussi confiante que ce que j'y suis revenue. Comme vous le soupçonniez, j'ai découvert là-bas des choses auxquelles, d'une certaine manière, je ne m'attendais pas... ou plus. Je n'ai cependant eu besoin d'aucune force pour les affronter, car ces choses-là sont d'un domaine où il n'est nul besoin de livrer combat pour en profiter. La décision de m'en aller n'appartient qu'à moi seule et je ne souffre d'aucune menace pour l'exécuter.
- Hum… Tu sembles bien décidée, constata Aro qui paraissait gêné, mais pas autant que ce qu'Assline l'aurait pensé.
- Assurément.
- Et Démétri ?
- C'est là un problème personnel que je dois régler avec lui, Aro. Et je le ferai, vous pouvez en être certain. Il y a trop de sentiments qui demeurent en moi à son égard pour que je m'en aille sans lui avoir parlé.
Aro ne montra rien mais réagit intérieurement. S'entendre appeler « Aro » et plus « maître » était révélateur. Mais le choix d'Assline ne l'inquiétait finalement guère, puisqu'elle venait de lui confirmer qu'elle tenait toujours à Démétri. Et pour lui, sans être suffisant, c'était un point capital dans son plan. Songeant en outre qu'il n'avait plus grand-chose à objecter :
- Pourquoi, dans ce cas, ne pas prendre ta décision définitive après t'être entretenue avec Démétri ?, demanda-t-il. Les sentiments sont une chose si complexe… Peut-être qu'alors, tu…
Mais Assline remua la tête en étouffant un petit rire. Aro aurait voulu la traiter de girouette qu'il ne s'y serait pas pris autrement. Elle ne releva toutefois pas et finit par conclure :
- Me permettriez-vous de l'attendre au château ?, demanda-t-elle poliment.
- Bien sûr !, répondit spontanément Aro. En outre, tu dois avoir quelques affaires à récupérer… ?
- Seulement les habits avec lesquels je suis revenue. Je n'ai plus besoin de rien qui se trouve ici. Et je n'ai également plus besoin de ceci…
Délicatement, Assline retira son collier en or au bout duquel se balançait le pendentif des Volturi et l'apporta respectueusement à Aro, non sans éprouver une certaine appréhension à se retrouver si près des trois chefs du clan en même temps. Elle gravit les marches sous les regards pesants de Caïus et Marcus, puis tendit le bijou à Aro qui se dressa pour le récupérer.
- Je te remercie, dit-il en le prenant de ses mains qu'il attrapa et ne lâcha pas de suite.
Assline le regarda, surprise et dérangée d'être brusquement plongée dans ces grands yeux rouges laiteux qui la dévoraient.
- Sache cependant, ma chère, ajouta tout bas Aro, que tu auras toujours ta place parmi nous. Nous ne savons jamais de quoi demain sera fait. Ainsi, ta conduite et tes capacités, même si ton départ nous chagrine, font que tu auras le droit de revenir ici quand bon te semblera.
Assline se retint de grimacer. Comment pourrait-elle jamais avoir envie de revenir à Volterra avec tout ce qui l'attendait à Forks ? Quoi qu'il en soit, pour le moment, ce qu'elle souhaitait, c'était dégager sa main sans précipitation pour s'écarter des trois vampires.
- Merci pour vos paroles, dit-elle en saluant Aro. Chefs de clan, je me retire à présent.
- Puissions-nous avoir la joie de te revoir prochainement !, lui lança Aro, toujours aussi souriant.
- Et n'oublie pas quelles sont les lois qui régissent notre monde, l'avertit Caïus. Personne ne peut y déroger. Le faire équivaut à être condamné.
- Je ne l'oublierai pas, Caïus, dit Assline en osant enfin soutenir son regard empli d'animosité.
- Aro, Marcus, Caïus… Adieu.
Assline traversa la salle des trônes à grands pas, sans peine ni sourire. Dès la porte refermée sur elle, sans chercher à savoir si elle serait suivie ou seulement surveillée, elle gagna promptement sa chambre avant de s'élancer vers la sortie, son visage caché sous sa cape, seul vêtement qu'elle aurait finalement conservé de son passé de Volturi. Une fois dehors, libre de se mouvoir grâce au mauvais temps dont elle était responsable, elle se hâta vers la côte en n'ayant qu'une pensée en tête : n'était-il pas déjà trop tard ?
Commentaire :
Et c'est là que je vous explique pourquoi j'ai eu quelques peines à terminer ce chapitre. Tout simplement parce que le prochain sera le dernier. Et moi, voyez-vous, j'ai toujours eu du mal avec la fin de mes histoires... C'est comme ça, j'suis une grande sensible, mes histoires sont un peu comme mes "bébés" et j'ai un terrible pincement au coeur à l'idée qu'elles s'achèvent. Parce qu'il n'y a pas que l'histoire qui prend fin, hein ! Il y a aussi tous vos comm. que je ne lirai plus et qui m'apportent une réelle douceur.
Bref ! J'aime pô !
Ceci-dit, ne vous en faites pas, je ne vais pas mettre trois plombes pour terminer ma fic histoire de retarder l'échéance xD J'vais tâcher au contraire de vous faire tout ça tout bien tout vite ('fin, "vite", chez moi, c'est très relatif :p).
En attendant, je vous souhaite de passer un très bon week-end et vous dis pour la dernière fois : "à plus pour la suite :) !".
