Hey oh ! :D
Comme je vous l'ai dit, j'ai fini, du coup je vous poste un autre chapitre ! xD Je vous avais dit que ça prendrait un autre rythme maintenant...xD
Merci pour vos reviews, merci de me suivre, merci d'aimer ce crossover ! :') au début j'étais persuadée que personne n'aimerait et n'accrocherait. Et vous m'avez montré le contraire, je vous en remercie 100 fois !
En attendant, profitez bien de ce chapitre 28 ! Comme toujours, laissez une reviews pour que j'ai vos ressentis ! ;)
Bonne lecture !
Millama.
Changements.
Chapitre 28 :
Etrangement, je ne pus pas parler à Draco durant le cours de français. Non pas que je ne le voulais pas, mais Ginny semblait si préoccupée et effrayée que je ne pu me concentrer sur rien d'autre que sur sa frimousse. Elle semblait s'en vouloir encore plus que le matin même et Draco avait dû s'asseoir deux rangées plus loin pour que Ginny puisse s'excuser de choses dont je n'avais pas idée…et personne ne pouvait m'éclairer évidemment. Alice et Bella tentèrent tant bien que mal de faire revenir Ginny à la réalité mais c'est comme si elle avait été plongé dans un état second. Jasper avait tenté de la calmer, mais elle était comme en transe, incapable de revenir à elle. Finalement, Jacob qui finissait en premier avait ramené Ginny à la maison en plein milieu du cours, pour qu'elle s'éloigne et se reprenne en main. Tout ça ne faisait que confirmer mes soupçons, elle était très certainement la cause de tout cela et je ne pouvais m'empêcher de lui en vouloir quand bien même les choses étaient en bonne voie pour s'arranger.
Trois semaines s'écoulèrent à un rythme irrégulier. Si Ginny avait réussi à s'apaiser – par je ne sais quel miracle – elle ne m'adressait plus vraiment la parole si ce n'est par monosyllabes, en rougissant et le regard vers le sol. Cela me rappela de façon inconvenante et gênante les premières années où nous nous étions connus. Ma mémoire avait beau être confuse, je me rappelais sans mal des dialogues gênés et rapides que nous avions car elle prenait la fuite en courant. Jacob devint un ami et un soutien sans pareil. Ron et Hermione me manquaient plus que de raisons mais tout comme Ginny, quand je les appelais ils semblaient bredouilles et ne parlaient que très peu, comme si eux aussi se reprochaient quelque chose. Le pire était quand je leur demandais des nouvelles de Sirius ou des jumeaux. Parfois l'un d'eux sanglotait et tendait le téléphone à l'autre, me laissant dans un flou artistique grandiose. J'en avais plus que marre des secrets et à part Jacob et les vampires – que j'appréciais comme une seconde famille, je n'avais personne.
Alors je tissais des liens plus étroits avec eux, me sentant chez moi plus que jamais à chaque fois que Jacob ou Emmett me taquinait, que Rosalie posait son regard inquiet et maternel sur Draco et moi, que Bella tentait de m'aider en littérature anglaise avec Edward ou que Alice et Jasper prenaient le temps d'avoir de longues discussions avec moi sur leur monde, sur celui de Jacob. Malgré tout ce qu'ils avaient pu me raconter, je n'eue aucun retour de souvenirs. Pas une seule image, pas un seul éclaircissement. J'étais à la fois soulagé, apaisé de ne rien revoir – de crainte d'en souffrir – et en même temps déçue car même les caresses de Draco sur ma peau de temps à autre ne réveillaient aucun souvenir. Comme si quelque chose me bloquait parce que j'avais trouvé enfin un peu de répit. Et il était vrai que ces trois semaines furent plus que bénéfiques à mon moral.
Draco et moi nous étions rapprochés. Pas autant qu'un couple lambda, mais nous passions la plupart de notre temps libre à parler. Ce simple fait me remplissait de joie et de chaleur. De temps à autre, sa main frôlait mon visage comme un rêve frôle la conscience, touché léger, gracile et frais, puis s'évanouissait sous la table. Parfois je lui prenais la main et nous cessions de parler pour deviner les sentiments de l'autre. Mais dans tous les cas mon cœur semblait se gonfler et vouloir exploser d'un bonheur sans fin. Mon cœur battait si vite et si fort, j'aurais pu m'envoler si mon enveloppe charnelle n'avait pas été si lourde. Je rougissais alors en pensant combien j'aimais ces moments et Draco avait ce demi-sourire plein de fierté et me lançait un regard d'une tendresse incomparable.
Malheureusement, le bonheur ne dure jamais longtemps quand je suis dans les parages. Une après-midi que nos cours avaient été annulés, Jacob m'invita à passer chez lui. Son père souhaitait me revoir. Bizarrement, je n'avais aucuns souvenirs de l'avoir déjà vue mais mon corps paraissait jubiler à l'idée de se retrouver à la réserve, comme si je rentrais à la maison. Draco m'avait laissé partir après le repas que l'on avait pris tous ensembles, le regard inquiet. J'avais beau savoir que les vampires et les loups du coin avaient établis une paix – dont je ne savais pas…ou plus les raisons – je sentais parfois les tensions entre eux. Seulement, la tension de Draco n'était pas vraiment dû au fait que je reste avec un loup-garou, mais sûrement plus à ce que je pourrais me rappeler en allant là-bas. Je ne voyais pas ce qui aurait pu me traumatiser à ce point, vraiment pas. Et pourtant…
_ Avances plus vite, limace. S'esclaffa mon cousin.
_ Non mais c'est ta faute là ! Avec tes grandes jambes et ton allure de loup.
_ Ahouuuuu.
_ Irrécupérable, articulais-je avant de rire avec lui.
Nous avions parcouru les deux heures de voiture à vive allure, Jacob comme les vampires adorait la vitesse et j'avais failli mourir de trouille lorsqu'il avait négocié des virages serrés comme un sauvage. Il avait beaucoup ris en me voyant devenir vert puis blanc, s'il avait été possible pour un humain d'avoir la peau orange à cause du mal des transports, il m'aurait appelé l'irlandais, j'en étais persuadé.
Avant qu'il ne me fasse une remarque de plus sur mon allure de larve, j'augmentais la vitesse de mes pas pour le rattraper. Il devait faire vingt centimètres de plus que moi et avançait vraiment très vite. En marchant vers la porte de la petite maison de bois, mon esprit vagabonda. Comment les autres élèves du lycée ne se rendaient-ils pas compte qu'ils n'étaient pas humains ? Qu'ils étaient différents en ce sens qu'ils étaient d'un monde dont nous ne faisions pas partis ? Enfin, nous, …façon de parler. Peut-être étaient-ils trop effrayés et fascinés pour seulement y penser. Peut-être n'avaient-ils même pas envie de chercher à comprendre.
_ Attention la marche, tu vas te ramasser, entendis-je.
Mais mon cerveau n'eut pas le temps de se reconnecter à la réalité et d'enjamber la marche. Je levais le pied comme pour avancer simplement, il butta contre la marche et je m'étalais pitoyablement sous le rire tonitruant de Jacob. Grommelant, je me relevais avant de le fixer d'un regard noir.
_ Faux frère !
_ Eh ! Fit-il en levant les bras en l'air. Je t'ai prévenu, c'est toi qui étais dans la lune haha !
_ Pitoyable créature, grognais-je tandis que son rire redoublait d'intensité.
La porte s'ouvrit alors que je tentais de me redonner l'air digne et le visage du père de Jacob apparut. Un visage qui me laissa sans voix. Un visage vieillit par les années, un corps dans un fauteuil et pourtant un regard sombre, fier et fort. Je me figeais, soudain pris de bouffées de chaleur. Un regard fort et fier comme Sirius. Je haletais alors que soudain je fus comme frappé par un coup de poing dans le ventre et je tombais à terre, le cri inquiet de Jacob retentit, le regard triste de Billy me fixa.
Le visage de Sirius me revint en mémoire, un visage fantôme, m'encourageant à aller vers ma propre mort car il serait toujours avec moi. Le visage d'un homme plein de fierté de m'avoir eu pour fils. Moi, son fils. Son fils. Pas de mère, deux pères. Pas de Lily. Juste Sirius, James et moi. C'en était trop pour moi et je poussais un hurlement alors que les larmes roulaient sur mes joues à la même vitesse que les pluies torrentielles de Forks. Tout me revenait, la magie, ma vie, mon avenir, mes amis. J'inspirais aussi lentement que possible mais ce n'était que torture. Les combats, la mort, ma mort, celle de Sirius, celle de Severus. La vérité sur ma famille, une vérité blessante, coupante comme une lame de rasoir.
Je me débattais et deux bras bouillants et puissants me soulevèrent. On me déposa sur un canapé et je sentis une main douce mais parcheminée se poser sur mon crâne. Une odeur forte de musc. Les loups. Remus. Tonks. Teddy. Je ne savais plus comment réagir, quoi faire pour échapper aux visages des morts qui me hantaient et me torturaient. Je me roulais alors en boule et tentais de laisser passer la crise. Les yeux noirs et froids de Billy étaient encore posés sur moi. Je les sentais me fixer. Et là, au milieu du salon de mes cousins éloignés, je sombrais doucement dans la folie, dans la noirceur de mon esprit entaché par la guerre, je partais, je dérivais et je m'évanouissais.
