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- « cette histoire commence à me saouler » s'écria Noah, en balançant un dossier sur la table
Depuis des mois, le procès était un véritable bouleversement pour la communité sorcière. Le ministre des mœurs qui condamnait les naissances hors naissances, le travail des femmes au détriment de leur famille et les concubinages, avait reconnue avoir eu des rapports sexuels avec une mineur, mais clamait qu'ils étaient consentis. L'âge de la majorité sexuel, chez les sorciers, était fixé à 16 ans et tout atteinte – même de la part d'un ministre – était sévèrement punis par la loi.
Cet aveu de la part de Franklin avait provoqué l'indignation de l'opinion publique, qui réclamait sa démission.
- « qu'est-ce que c'est ? » demanda Blaise
- « c'est des photos de Zola et lui. Avez-vous assisté à des galas, ensemble ? »
Zola sembla réfléchir un instant avant de poser ses yeux sur les photos. On pouvait y voir, Zola en compagnie de Franklin et de nombreux autres hommes politiques.
- « mais, ça ne prouve rien. Il m'avait obligé à venir »
Harry saisit l'une des photos
- « c'était quand ? »
- « je n'en sais rien, je sais juste que c'était un évènement privé »
- « attendez… Vous ne remarquez rien sur ces photos ? » s'exclama soudainement Gary, le collègue d'Harry
Ils le regardèrent tous avec des yeux perplexes, attendant qu'il développe sa pensée.
- « C'est les mêmes personnes qu'il y a dans le dossier »
- « Greg a raison… » fit Noah, en comparant les photos accrochées sur un tableau
- « Gary, mon nom c'est Gary » précisa Gary, un peu blasé.
- « peu importe… sur ces photos se trouvent tous nos protagonistes. Carter, Huntington, Williams… Ils sont tous là. On peut donc les convoquer pour qu'ils témoignent. » continua Noah, moins dépité
Blaise regarda les photos avec enthousiasme
- « putain, si on convoque ces pourritures, on déstabilise Franklin et la cohésion qu'il y a autour de lui. Ils vont tous avoir peur pour leurs emplois et leurs réputations et vont le balancer » s'écria Blaise
- « je sens venir les demandes d'arrangements à plein nez. On le tient » ajouta Noah
- « quand je pense qu'il nous fournit lui-même cette preuve » rigola son collègue.
- « être un homme politique ne veut pas forcement dire être intelligeant » répondit la blonde
Harry tapa vigoureusement des mains.
- « je vais faire des demandes d'assignations, il faut qu'on les convoque avant qu'ils ne se doutent qu'on est à leur trousse. » dit-il, en mettant son manteau.
- « d'accord, fait nous signe lorsque c'est bon. » dit-elle,
- « pas de soucis, on se rejoint tout à l'heure de toutes les manières »
Il lui fit la bise avant de faire ses salutations à Blaise et Zola et de partir accompagné de son collègue. Au bout d'un moment, Blaise se proposa pour aller chercher à manger, laissant Noah et Zola toutes seules.
Tandis que la plus âgée était occupée à mettre par écrit toutes les pensées qui lui traversées l'esprit, la plus jeune ressentait le besoin de parler à quelqu'un.
- « Noah » tenta Zola
Noah lui lança simplement un regard, lui signifiant qu'elle l'écoutait.
- « tu as bien eu ta fille à 16 ans ? »
La jeune femme parut surprise par la question
- « oui »
- « ça n'a pas été dure ? Je veux dire… Un enfant c'est une responsabilité énorme, comment tu as fait pour t'en sortir ? »
Déposant sa plume, la blonde gesticula un peu sur son fauteuil, ne sachant pas vraiment comment répondre à ça.
- « je ne vais pas te mentir en disant que ces 11 dernières années de ma vie ont été les plus belles. Ça serait un mensonge. Ma fille est la raison pour laquelle je me suis battue avec mes anciens démons, elle m'a donné envie de vivre mais je ne conseillerai à personne d'avoir un enfant si tôt. Certes, on m'a souvent dit que j'avais de la chance de l'avoir, oui… D'accord, mais je suis quand même passé à coté de beaucoup de chose. L'insouciance des étudiants, je ne l'avais pas, parce que j'avais ma fille à garder. Les voyages étudiants où tout le monde était complément torché, je ne pouvais pas y aller avec un enfant de 3/4ans. Aucuns garçons de 21 ans ne veut vraiment s'engager avec toi quand ils savent que tu as un enfant de 5 ans… »
Elle resta silencieuse un moment
- « j'ai réussi à m'en sortir et à lui offrir une bonne vie parce que j'étais entourée. Je considère que dans la vie, il y a un temps pour tout. Un temps pour être jeune et égoïste, se préoccuper que de soi et de découvrir qui on est vraiment et un autre temps pour construire quelque chose de solide. Un enfant ne se fait pas comme ça. Il faut une situation propice. J'ai eu une énorme chance d'avoir Ron à mes cotés ainsi que mes proches. Si tu n'as personne, c'est le parcours du combattant. »
- « si tu avais été seule, tu aurais gardé ta fille ? »
- « je l'aurais confié à quelqu'un d'autre. Ça n'aurait pas signifié que je ne l'aimais pas, mais au contraire, que je l'aimais tellement que je n'aurais pas voulu qu'elle connaisse ce qu'est d'être élevé par une jeune mère célibataire, sans diplôme et qui ne s'en sort pas avec les factures. »
Zola laissa échapper une larme. Une main se posa sur son ventre, ce que Noah remarqua.
- « tu regrettes ta décision ? » demanda Noah
Essayant ses larmes, la jeune fille fit 'non' de la tête.
- « je ne voulais pas de cette enfant. Je ne me voyais pas l'élever alors que je suis incapable de m'occuper de moi-même. Je veux mettre de l'ordre dans ma vie, en finir avec ce procès et me lancer dans des études. Je veux oublier cette vie et en recommencer une autre »
Zola avait donné naissance à un garçon qu'elle n'avait pas souhaité garder. Malgré la certitude de sa décision, il y avait des moments de doutes et de remises en question. Noah lui avait alors parlé de Venus et de sa grossesse adolescente.
- « comme je te l'ai dit, si tu penses que c'était la meilleure des solutions pour toi, alors personne n'aura le droit de te dire le contraire. C'est ton choix et uniquement le tien. Prend le temps de vivre à ton rythme. Prend le temps de te découvrir et plus tard, si le désir te prend, tu décideras de faire un enfant avec la bonne personne, dans les bonnes conditions et pour les bonnes raisons. Prend le temps de vivre. C'est le seul conseil que le peux te donner… Vis comme si demain tu devais mourir »
- « j'aimerai tellement connaitre l'amour, être aimé, me sentir aimé et aimé »
Noah tiqua
- « ne sois pas pressé. L'amour ne vient jamais seul, il a toujours tendance à répliquer avec un sacré paquet de problèmes. Soit il t'aime et toi ce n'est pas ça, soit tu l'aimes mais lui n'est pas prêt, soit vous vous aimez mais c'est compliqué. L'amour fait rêver mais faut y aller en douceur avec lui. »
- « pourtant Harry et toi, vous avez l'air de filer le parfait amour »
L'avocate lança un regard blasé à Zola, tandis que cette dernière souriait malicieusement. Noah saisit un papier, en fit une boulle et le lui lança en pleine figure.
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On était dimanche et Noah détestait particulièrement le dimanche. Elle ne travaillait pas – du moins, officiellement- et ne savait pas trop comment occuper cette journée.
La semaine avait été éprouvante et elle ne souhaitait qu'une chose, restait allongé dans son lit et ne rien faire.
Mais elle n'était plus habituée à rester inactive depuis la naissance de Venus. D'habitude, elles se seraient fait un petit-déjeuner au lit avant de passer la journée soit dans une sortie culturelle soit chez Ron.
Allongée dans son lit, regardant la pluie frapper bruyamment sa fenêtre, la jeune femme s'enroula davantage dans sa couette.
Sa fille lui manquait horriblement. 1 mois qu'elle était partie et Noah s'attendait toujours à la voir débouler dans la pièce avec toute la « discrétion » qui la caractérisait.
Regardant l'heure, elle poussa un râle d'abattement. Il était midi. Elle avait faim et devait aller prendre une douche mais son corps entier était contre le fait de devoir effectuer de tels mouvements. Elle pouvait aussi bien aller chez Pansy et Ron, ils devaient être attablés à l'heure actuelle, mais renonça encore une fois.
Il y un mois, juste après la soirée passé chez Hermione et Robyn, le jour du départ des enfants, Pansy lui avait bien fait comprendre qu'il n'était plus vraiment nécessaire que Ron et elle se voient autant. Au départ, elle avait pris ça pour un caprice ou une blague mais toutes les fois où elle les avait rendu visite, elle avait bien remarqué l'air gêné de Ron et les regards appuyés de Pansy sur eux.
Une fois encore, Noah sentait qu'un fossé se creusait entre elles deux. Ne voulant pas créer davantage de tensions, la blonde décida de prendre ses distances avec Ron, ne lui parlant qu'en présence des autres ou simplement lorsqu'il s'agissait de Venus.
Bien évidemment cette situation lui faisait du mal, Ron était comme un besoin vital pour elle et ne pas pouvoir le voir la rendait quasiment malade.
Mais il fallait faire avec. Le problème se qu'elle se rapprochait de plus en plus d'Harry et cette situation ne lui plaisait pas réellement. Surtout que le jeune homme se comportait de plus en plus bizarrement avec elle.
Poussant un profond soupire, elle abattit la couverture au-dessus de sa tête et décida de rester au lit pour le restant de sa vie – ou du moins, pour le restant du week-end.
- « Noah » entendit-elle, en provenance du salon.
La jeune femme fronça des sourcils
- « Dans la chambre » répondit-elle, avant de replonger dans la couette.
Des bruits de pas se firent entre et sans même qu'elle n'ait à le regardait, elle sut qu'il était dans la pièce.
- « ouh la… Noah Jones, au lit, à cette heure-ci, qu'est-ce qui se passe ? » plaisanta le nouveau venu
Cette dernière émergea et lui lança un regarda mi blasé mi fatigué.
- « ta gueule » lança-t-elle, provoquant son rire.
Il se déchaussa et grimpa sur le lit, à ces côtés. Il tenait dans ses mains un paquet dégageant une odeur plus qu'alléchante. La jeune femme se redressa doucement, collant son dos à l'appuie tête du lit.
- « c'est ce que je pense ? » demanda-elle, les yeux pétillants
- « Crevettes sautées, Nouilles et bouillons de poulet. Je suis dit que vu le temps, ça ne serait pas mal. »
- « oh putain, qu'est-ce que je t'aime Blaise Zabini »
Elle lui arracha quasiment le plat de nouilles des mains, saisissant certaines du bout des doigts.
Blaise s'installa plus confortablement et se mit lui aussi à manger. Un silence relaxant régnait dans la pièce. Seul le bruit de la pluie, tapant contre les vitres, se faisant entendre, donnant un aspect relaxant à l'ambiance.
- « Merci » fini par dire Noah.
- « je ne voulais pas manger seul et je me suis dit que cela te ferait plaisir de partager ton déjeuner avec moi. »
- « ça me fait très plaisir, Blaise. Je mourrais de faim en plus. Mais dit moi, Ginny n'est pas là ?»
- « Elle est chez ses parents, à apparemment Ron et Pansy y sont aussi, avec les enfants. »
- « pourquoi, tu n'es y allé ? »
- « je suis fatigué et je n'avais pas envie de voir tout le monde »
Elle secoua simplement la tête, en enfournant une crevette dans la bouche.
- « Et toi ? Qu'est-ce que tu fais au lit à cette heure ? »
- « je ne sais pas. Je suis épuisée. »
- « d'habitude tu ne déjeunes pas avec Ron ? »
- « si mais… plus maintenant »
- « il s'est passé quoi avec Pansy ? j'ai l'impression de vous revoir il y a quelques années, quand c'était la guerre entre vous »
La blonde souffla d'agacement et leva les épaules négligemment
- « je ne sais pas, faut lui demander. »
Il ne répondit pas, se contentant de regarder autour de lui.
- « Blaise… »
Il la regarda, l'invitant à parler.
- « Tu ne penses pas que je suis un peu trop dépendante de Ron ? Je veux dire… Ils ont une vie à deux, des enfants et je me dis que je dérange leur bonheur. Personne ne veut avoir une troisième personne attachée à son couple, personne ne veut être comme moi. »
- « je pense surtout que Ron et Toi vous avez un lien spécial. Vous ne pouvez pas vivre l'un sans l'autre. C'est un peu normal que tu sois présente dans son couple, je te signale que vous avez un enfant ensemble. Je comprends un peu Pansy, mais elle doit aussi comprendre que Ron et toi, vous avez aussi une famille à vous »
Noah le regarda avec des grands yeux. Elle n'avait jamais vu les choses de cette manière. Ron et elle formaient aussi une famille à part entière.
- « une famille… » dit-elle, réalisant le sens de ce mot
- « oui, une famille. Venus, lui et toi. Ce n'est pas parce que tu ne vis pas avec lui et qu'il est marié avec elle, que c'est elle qui possède le monopole sur lui. Tu as autant le droit de le solliciter qu'elle. »
- « je ne ressent pas cette légitimité envers lui. C'est compliqué. Il lui appartient »
- « marié ou non, en couple ou non, personne n'appartient à personne. Certaines personnes créent des liens avec d'autre et parfois se sont des liens que peu comprennent. Tu as noué ce lien spécial avec Ron et Pansy ne comprend sans doute pas. »
- « nous avons aussi un lien spécial entre nous, n'est-ce pas ? »
Blaise lui sourit tendrement
- « bien évidemment, même si tu as brisé le cœur de mon frère »
Le sourire de Noah se fana lentement. Un sentiment de culpabilité l'envahi
- « Comment va-t-il ? »
- « il s'en remettra, ne t'en fait pas pour lui. »
- « il a trouvé quelqu'un ? enfin, il sort un peu ? fait des rencontres ? »
- « il baise à gauche et à droite… Donc je suppose que c'est ça manière de passer à autre chose »
Une fois de plus, elle grimaça… L'idée de le savoir avec d'autres, ne lui était pas si insupportable que ça. Peut-être qu'elle aussi était entrain de passer à autre chose.
- « tu m'en veux ? »
- « bien sûr que non, si tu ne ressentais pas la même chose que lui, c'était alors la meilleure décision à prendre. Comme je te l'ai dit, il s'en remettra »
Elle se contenta de simplement secouer la tête, espérant que la guérison sera proche.
- « j'aimerais m'envoyer en l'air moi aussi »
Blaise fit apparaitre son sourire coquin
- « tu vas me faire croire que personne ne t'a butiné depuis ta rupture avec Drago ? »
- « je t'assure. Je ne trouve personne »
- « est-ce que tu cherches ? »
Noah lui lança un regard de travers.
- « il faut que j'arrête de raconter ma vie sexuelle inexistante à tout le monde »
Blaise éclata de rire
- « lance toi seulement quand tu te sentiras prête. Le sexe sans sentiment a l'air chouette maintenant, mais ça n'aide pas vraiment à se remettre d'une peine de cœur »
- « je sais. Je crois que je vais devenir lesbienne, les hommes ne m'intéressent plus »
- « Toi et une femme, ensemble, nue… »
Noah le frappa assez durement
- « t'es un pervers » s'indigna faussement la jeune femme
Blaise regarda sa montre, tout en souriant.
- « tu as reçu des nouvelles des enfants ? »
- « à ce qu'il parait, on les surnomme le Trio Tricolore. Venus a l'air de bien s'intégrer au sein de sa maison, Aaron et Teddy aussi. » lui informa Noah
- « ça fait bizarre sans lui. La maison est vachement vide. Certaine je peux à nouveau me balader à poil dans la baraque et m'envoyer en l'air avec Ginny dans toutes les pièces sans gènes, mais il nous manque »
Noah tiqua avant de poser sa tête contre son épaule.
- « tu te rappelles la fac ? comment on était insouciant ? maintenant on se lamente parce que nos gosses sont à Poudlard »
- « je souviens surtout des cuites qu'on se prenait et des cours en amphi où l'on décuvait. » rigola Blaise
- « Tu te souviens de la soirée de Byron ? on s'était réveillée en Ireland alors que la fête était à Londres. J'avais tellement bu qu'il m'a fallu 1 semaine pour m'en remettre »
Le jeune homme était hilare face à ce souvenir. Byron était leur camarade de promo, il était surtout connu pour ses fêtes qui ne se terminaient jamais comme prévu. Malgré Venus, ils avaient bien profité des soirées étudiantes et des fêtes de leurs camarades.
- « je crois que j'avais fait le tour de la fac sur un ballet, à poil, tellement j'étais torchée. »
- « je me demande ce qu'il devient »
- « j'ai appris qu'il s'était installé à Amsterdam »
- « et euh… Comment il s'appelait déjà, celui avec qui j'ai eu une brève relation »
- « l'asiatique ? Mooglie ? »
- « ouais, lui… Tu as des nouvelles ? »
Blaise lui lança un regard taquin. Noah et Mooglie s'étaient beaucoup rapprochés. Mooglie était un élève malaisien venu à Londres dans le cadre de ses études. Il était le premier garçon à avoir réussi à se rapprocher d'elle. Ils avaient eu une brève relation qui s'était terminé
- « on m'a dit qu'il vivait à Los Angeles »
- « donc tout le monde à quitter l'Angleterre sauf nous » dit Noah, en se levant
- « on s'en fou, il n'y a pas mieux que Londres. Tu vas où ? »
- « libérer les chutes du Niagara qui compressent ma vessie. »
Blaise souriait simplement en la regardant se diriger vers la salle bain. Elle n'avait pas changé d'un iota, gardait toujours la porte de la salle de bain ouverte. Les choses entre eux n'avaient pas changé et cela fit plaisir à Blaise.
- « pourquoi tu tires cette tronche ? » demanda-t-elle, en revenant près de lui
Blaise la prit dans ses bras.
- « j'aime le fait que rien n'a changé entre nous. »
- « et pourquoi les choses devraient changer ? » demanda Noah, surprise
- « je ne sais pas… »
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- « tout se passe bien avec Ron ? »
Pansy regarda sa belle-mère d'un air surpris puis lui sourit.
- « oui, pourquoi cette question ? »
- « je ne sais pas, il a l'air triste ou en tout cas, pas dans son assiette. Vous vous êtes disputé ? »
Les yeux de la brune se posèrent un instant sur la porte de la cuisine, avant de revenir sur sa belle-mère. C'était si évident que ça ? Ils n'étaient pas particulièrement heureux depuis quelques temps et enchainaient disputes sur disputes.
Elle s'adossa contre l'évier et croisa les bras sur sa poitrine.
- « on passe une mauvaise phase. Cela arrive à tous les couples je présume. »
Molly lui lança un regard inquiet. 'Non, pas vous aussi', pensa-t-elle en s'asseyant sur une chaise.
- « mais c'est une épidémie ma parole. D'abord Hermione et Harry, puis Noah et Drago et maintenant vous deux ? Dis-moi que ce n'est pas aussi grave que je le pense. »
- « Non, non… On n'est pas au bord de la rupture, je te rassure. C'est juste que… On a des désaccords sur quelque petits trucs, rien de… Enfin, qui causerai une rupture » la rassura Pansy, en s'asseyant en face d'elle.
- « quels genres de désaccords ? »
Pansy poussa un soupire.
- « je suis sa femme et c'est mon mari. Mon mari à moi et à personne d'autre. Et j'aimerai qu'il se comporte comme tel, j'aimerai ne plus avoir cette sensation de le partagé avec une autre. »
- « c'est encore sa relation avec Noah, qui te tracasse ? Je croyais que les choses étaient au clair entre vous trois. »
- « je le partage avec elle. J'adore Noah mais cette relation me bouffe. Cette complicité, cette manière qu'ils ont de se comprendre juste avec un regard, c'est énervant parce que Ron et moi, on ne partage pas ça. Elle appelle et il rapplique dans la seconde. Parfois, je la déteste pour ça… Au début, j'étais hyper heureuse que Venus parte pour Poudlard, je me disais qu'ils n'auraient plus à se voir autant, mais il a fallu qu'ils commencent à se confier l'un à l'autre, à propos de leurs manques et tout. Je veux qu'il me parle de tout et de rien, comme avec elle… Je suis sa famille tout de même, pas elle. »
Molly la regarda avec un regard surpris, ce qui naitre un sentiment de honte chez Pansy. Elle n'avait jamais dit toutes ses choses à haute voix. Remettant une mèche de cheveux à l'arrière de son oreille, elle s'efforça à garder une expression neutre.
Elle savait que cette jalousie était infondée, mais c'était plus fort qu'elle.
- « Malgré les aires de femme indépendante qu'elle se donne, Noah a besoin d'une présence à ses côtés. Je l'ai remarqué dés l'instant où je l'ai vu. Ce que j'ai aussi remarqué c'est qu'il y avait une sorte de tempête en elle, une sorte de tempête que seul Ron parvient à calmer. Ron a toujours été un garçon mal dans sa peau, qui n'avait pas confiance en lui et être le meilleur d'un héro n'avait pas vraiment arrangé les choses. Inconsciemment, ils ont besoin l'un de l'autre. Il a besoin de compter pour quelqu'un et elle, de comptait sur quelqu'un. Elle lui donne de la reconnaissance et lui, il lui donne un sentiment de confiance, de sécurité. »
- « mais moi dans tout ça ? A quoi, je sers ? »
- « ma chérie, mon fils t'aime, mais lui interdire de la voir n'est pas la meilleure des solutions. En plus, ils ont un enfant ensemble, ce n'est pas comme s'ils pouvaient s'éviter pour le restant de leur vie. Il y aura toujours des moments où ils partageront quelque chose de profond, de la même manière que vous aurez vos moments à vous. »
Pansy se sentit assez stupide à ce moment précis. Molly avait parfaitement raison mais elle ne savait pas comment gérer ce mélange de sentiment.
- « je dois avoir une conversation avec Noah. » fini par lâcher Pansy.
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Le Samedi soir suivant, la petite bande avait décidé de se réunir autour d'un verre.
Pour une fois, ils avaient opté pour un pub de Londres moldu, le Queens.
C'était le pub où Harry et Noah s'étaient donné rendez-vous la première fois et qu'Harry avait fini par faire un strip-tease. Noah avait particulièrement aimé cet endroit. Certains artistes, pour la plupart encore inconnus, pouvaient se produire sur la scène, qui se trouvait vers le fond du pub, dans la partie aménagée pour accueillir un public.
Ils étaient donc tous là, assied à une table, des verres d'alcool en main, se remémorant certains souvenir agréables.
- « La dernière fois, Harry a fait un strip-tease à la salle » lança Noah, en le regardant
Le concerné s'étrangla avec sa bière, avant de lui donner un coup sur l'épaule.
- « mais c'est toi qui m'a forcé à le faire »
- « wow, tu n'essaies même pas de le nier » s'étonna Ginny
- « mais comment peut-on forcer quelqu'un à faire un strip-tease ? » s'étonna Ron, en rigolant
- « Merci, Ron. Il était pleinement consentant » répondit Noah, le sourire moqueur
- « pourquoi, tu ne fais pas des choses comme ça quand on est là ? J'aurais aimé voir ça moi » s'exclama Blaise
- « mais ce n'était pas grand-chose... » tenta de relativiser Harry
Tous les regards se tournèrent vers Noah, qui semblait lutter contre un fou rire imminent.
- « Ta gueule, Noah » la menaça Harry
La jeune femme leva les mains.
- « mais je n'ai rien dit » se défendit-t-elle
- « tu connais trop de choses, il faudrait que je pense à me débarrasser de toi »
Noah lui lança un regard qui se voulait noir.
- « je pourrais détruire ta vie, Potter »
- « partage, Noah. Que sais-tu de compromettant sur ce cher Harry » lui demanda Blaise, amusé par la tête que tiré le concerné.
- « ouh là, par où commencer… » commença la jeune femme, en se caressant le menton.
Harry lui donna un nouveau coup sur l'épaule.
- « il supporte hyper mal l'alcool, et danse comme un troll jonché sur des escarpins »
Tout le monde éclata de rire, se qui se renfrogner Harry. Noah finit par lui donner un baiser sur la joue, sous le regard surpris des autres. Harry ressentit une nouvelle ce bouleversement interne et dut rassembler toutes ses forces pour ne pas rougir.
Au fil de la soirée, ils furent rejoints par Drago, qui tiqua un peu lorsqu'il vit Noah parler avec un type au bar.
S'asseyant entre Blaise et Robyn, il regardait avec énervement le type poser une main sur l'épaule de Noah. Au fond de lui, il espérait qu'elle lui en colle une, mais elle n'en fit rien.
- « pourquoi elle a besoin de se montrer aussi… Aussi entreprenante avec lui, ça lui donne un mauvais genre. » se plaint-il, à Blaise
Ce dernier lança un regard blasé à son ami
- « Dray… »
- « je sais, je sais. Je dois l'oublier » dit-il, nonchalamment, en vidant son verre d'une traite
Hermione, qui revenait s'assoir, le regarda surprise.
- « wow. Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Elle vit Robyn faire un signe en direction de Noah.
- « Noah ? Je croyais que cette histoire était finie ? »
- « finis… C'est un grand mot » marmonna Blaise,
- « je suis passé à autre chose, c'est juste que… »
- « c'est juste que tu as envie de péter la gueule à ce type » dit Robyn, en lui lançant un regard amusé
Drago souffla d'agacement et se jura mentalement de se trouver d'autres amis.
- « qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu tires cette gueule Dray ? » demanda Pansy, en prenant place sur les jambes de son mari.
- « Drago n'a pas oublié Noah » lui répondit Hermione
- « ah, mais c'est de notoriété publique ça. » s'exclama Pansy, faisant un signe négligeant de la main
Ils éclatèrent tous de rire.
- « c'est ça, foutez-vous de moi. Mais en attendant, je me suis trouvé quelqu'un » se venta le blond
- « tu sais que ta main droite ne compte pas » le charia Ron, en faisant un geste obscène
Blaise et Pansy éclatèrent de rire, tandis qu'Hermione s'étrangla avec sa boisson, ce qui lui causa une forte toux. Robyn aida sa copine tout en rigolant.
- « c'est bon, je me casse » s'offusqua Drago, en partant
- « Oh mais Drago… » s'exclama Pansy, luttant contre son fou rire
- « il déconnait, revient »
Noah, qui avait fini par planter le mec qui la collait, les trouvèrent mort de rire.
- « j'ai loupé quoi ? »
- « Ron a énervé Drago »
Par reflexe, la jeune femme regarda autour d'elle afin d'apercevoir le blond.
- « Malefoy est là ? il est arrivé quand ? » s'étonna la jeune femme
Les rires cessèrent un peu
- « il y a 10 minutes au moins. »
- « tu lui as dit quoi ? » demanda Noah, à Ron
- « oh qu'il ne pouvait pas faire passer sa main droite pour sa petite-amie. Il nous a dit qu'il en avait une. »
Noah eut un petit moment de flottement.
- « Oh… ça doit être la brune que j'ai croisé la dernière fois chez lui » dit-elle, en se laissant tomber sur sa chaise
Les rires firent place à la curiosité.
- « il a réellement une petite-amie ? Sérieusement ? » s'étonna Pansy
- « elle est comment ? Je pensais qu'il déconnait ce con » ajouta Blaise
- « il ne t'a pas parlé d'elle ? » lui demanda Hermione, surprise
- « bah non… Il me parle juste de ces conquêtes d'un soir mais jamais d'une histoire sérieuse » répondit Blaise, on pouvait entendre un peu de reproche dans sa voix.
- « elle est comment ? »
- « brune, léger accent hispanique je dirais. Je ne me suis pas attardé avec elle, non plus »
- « et ça remonte à quand cette histoire »
- « je n'en sais rien moi… faut lui demander… Tiens, il est laba » leur répondit Noah, en montrant Drago du doigt.
- « on ne montre pas du doigt » lui dit Ginny, en lui tapant sur le doigt. Elle revenait d'une partie de fléchette.
Noah mima un 'aie' silencieux avant de balayer la salle du regard. Elle les écoutait parler de Drago et de sa potentielle petite-amie. Adossé nonchalamment au bar, il semblait attendre sa commande. Sentant sans doute un regard sur lui, il tourna la tête vers elle et leurs regards se croisèrent. Même de loin, elle pouvait voir la colère dans ses yeux et savait qu'elle lui lançait sans doute le même regard.
Si c'était vrai, il avait une copine. Si c'était vrai, il était finalement bien passé à autre chose et elle devait être contente pour lui. Mais elle ne l'était pas réellement. C'était bizarre pour elle, de savoir qu'il faisait sa vie sans elle, enfin, qu'il avait accepté quelqu'un d'autre.
C'était sans doute de la jalousie ou de la colère. Mais ça ne la submergeait pas au point de remettre en cause sa décision de vivre sans lui.
Il méritait d'être heureux… Et elle ne pourrait jamais le rendre heureux.
La jeune femme finit par lui sourire, espérant qu'il comprenne que c'était sa manière à elle de l'inviter à se libérer de leur histoire. Drago ne lui rendit pas son sourire, au contraire, il continua à la regarder même lorsqu'elle détourna les yeux.
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Au cours de la soirée, Ils avaient été rejoints par Gary, à la grande surprise de Noah. Harry avait fait les présentations et le jeune homme s'était naturellement assied à leur table.
L'ambiance était plutôt à la rigolade et au flirt.
Finalement, écoutant les conseils de Blaise, Noah avait décidé de tenter « les coups d'un soir ». Elle savait qu'elle n'avait pas l'énergie nécessaire pour s'engager dans quelque chose de sérieux. Enfaite, elle n'avait ni le temp ni l'envie.
Mais c'était assez compliqué de draguer alors que son ex petit-ami semblait surveiller ses moindres faits et gestes.
- « tu n'as rien remarqué, ma petite Noah ? » lui dit Ginny, en se plaçant à ses côtés.
- « quoi ? » répondit la blonde, curieuse.
- « comment il s'appelle le collègue d'Harry ? »
Automatiquement, Noah lança un regard vers le jeune homme qui semblait être particulièrement prit par sa partie de fléchette.
- « Greg… Ou Gary, je ne sais plus… Pourquoi ? »
- « il n'arrête pas de te mater, je crois que tu lui fais de l'effet »
Noah regarda son amie d'un air dubitatif mais reporta tout de même son attention sur le Greg ou Gary, en question.
Ce dernier lui lança un sourire charmeur qui fit papillonner les yeux de l'avocate.
Avant qu'elle ne puisse dire un mot, Ginny posa bruyamment son verre et tapa des mains, surexcitée.
- « bon, écoute, ça ne t'engage en rien. Vous pouvez juste passer du bon temps ensemble et… »
- « je t'arrête tout de suite, je n'ai pas envie de me le faire »
Ginny lui saisit la tête et la dirigea vers le jeune homme, manquant de lui briser la nuque.
- « Il est franchement canon, mate-moi ce fessier… Attend… Hermione, ramène-toi ici »
La dénommé Hermione vint les rejoindre
- « qu'est-ce qu'il y a ? »
- « je sais que tu es plutôt branché filles maintenant, mais le collègue d'Harry… On est d'accord qu'il est canon »
- « filles ou non, je sais toujours reconnaitre un beau fessier quand j'en vois un. » s'exclama Hermione, posant ses yeux sur le fessier en question.
- « tu vois, même les lesbiennes ne restent pas de marbres face à lui. »
Hermione tiqua
- « tu sais que je ne suis pas une référence… Et puis, je me considère plutôt bisexuelle et non plus lesbienne »
- « ça veut dire que tu peux retomber amoureuse d'un homme ? » demanda Noah
- « Et bien… Je pense oui. Mais je suis très heureuse avec Robyn et aucune personne sur terre ne la vaut »
Noah lui sourit tendrement, heureuse de son bonheur.
- « j'aimerai ressentir ça pour quelqu'un. Etre prête à me dresser contre le monde entier, par amour pour lui. » avoua tristement Noah, sentant une solitude intense en elle.
- « tu trouveras, sois en certaine. Et peut-être même que tu l'as déjà trouvé, mais que tu ne le vois pas »
Noah grimaça, peu convaincu.
- « vous l'avez su comment ? Je veux dire, j'ai été amoureuse, éperdument même, mais j'avais l'impression qu'aucuns n'était fait pour moi. Je n'avais pas cette certitude au fond de moi. Comment on le sait que cette personne est faite pour vous ? Qu'est-ce qu'on ressent ? »
- « personnellement, je sus que Blaise était le bon dès le moment où j'ai senti que c'était différent des autres fois. Je ne me suis pas posé de question, j'ai juste écouté cette petite voix au fond de moi qui me criait de ne pas le laisser. Ça doit être simple, je ne parle pas de la situation, mais de tes sentiments. Enfaite, c'est tellement évident que tu ne te poses pas plus de questions. Et je pense aussi que l'amour arrive toujours là où on l'attend le moins. »
- « c'est exactement ça. Ça te prend aux tripes. Au début, tu peux te poser des questions, tu peux te dire que ce n'est pas possible, que c'est absurde même, mais en y réfléchissant de plus près, tu te rends compte que c'est finalement une évidence et que tu ne peux rien y faire. Si cette personne te demandait de tout plaquer pour aller élever des Mandragores au fin fond de la Mongolie, tu n'hésiterais pas une seule seconde parce que la simple idée de la quitter te rend malade. Ce que j'aime chez Robyn, c'est qu'elle me fait rire, avec elle tout à l'air simple et j'ai l'impression que je n'ai jamais été aussi forte de toute ma vie. C'est la première personne à qui je pense même quand la plus insignifiante des choses m'arrive, parce que je ressens cette envie de lui dire que mon café est infecte ou que je me suis achetée un croissant à la boulangerie du coin. »
Le cœur de Noah cognait violemment. Inconsciemment, elle posa les yeux sur l'unique personne que lui invoquait ces paroles.
Assise sur cette chaise qui commençait vraiment à lui faire mal aux fesses, au milieu de cette foule d'anonymes et d'amis, tout se mettait en place dans sa tête. Elle remplissait maintenant les pièces vides d'un puzzle. Avec lui, c'était différent… Cette personne avec qui tout ne serait pas facile mais qui en valait la peine. Elle était difficile à vivre, mais il arrivait à la supporter et à faire ressortir le meilleur d'elle. Il avait été là et l'était toujours. Il la faisait rire et prenait soin d'elle.
Peut-être que c'était finalement lui… Ou peut-être que la chaleur combinée à l'alcool la faisait halluciner.
Lorsqu'il lui sourit, elle fut incapable de lui répondre. Détournant le regard, elle essayait de ne pas céder à la panique interne qui régnait en elle.
- « Noah, ça va ? » demanda Hermione
La jeune femme fit un simple signe de la tête.
- « oui. Il fait une de ces chaleurs ici » s'exclama la blonde, en faisant de l'air avec ses mains.
Hermione saisit leurs verres et annonça qu'elle allait les resservir.
- « Bon… Greg ou peu importe son nom, tu ne veux toujours pas te le faire ? » recommença Ginny
- « je crois que finalement, j'ai besoin de m'envoyer en l'air » répondit-elle, en se levant
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Poudlard, 2 mois plus tard.
Assise par terre, devant la classe où se déroulait un cours de sortilège Gryffondor/ Serpentard, Venus lisait calmement.
Son cours de botanique s'était terminé plus tôt que prévus et elle attendait à présent ses deux amis.
Au départ, elle avait paniqué lorsqu'elle s'était retrouvée à Serdaigle, seule, sans ses cousins auprès d'elle. Elle avait eu peur que cela provoque leur éloignement étant donné qu'ils étaient tous les trois dans des maisons différentes, mais rien n'avait changé entre eux.
Ils avaient même trouvé une routine qui leur permettait de ne jamais passer une journée sans se voir.
Ils étaient même appelés le « Trio Arc-en-ciel ». Toujours fourrés ensembles et gare à celui qui voudrait s'interposer ou s'en prendre à l'un d'eux.
Elle lisait attentivement, comme sa marraine le lui avait appris, son prochain cours. Soudainement, elle sentit une présence et leva doucement les yeux.
- « salut »
La jeune fille resta un moment muet, ne sachant quoi répondre.
- « c'est à moi que tu t'adresses ? » bafoua-t-elle, en se traitant mentalement de débile
Le jeune garçon lui sourit et Venus sentit ses joues s'empourprer. Elle se redressa maladroitement et essaya d'adopter une pose qui ne lui donnait pas l'air d'une empotée.
- « je te reconnais… Tu es la fille du Trio, où sont tes copains ? »
Venus essaya de garder son calme, mais les battements de cœur n'arrangeaient pas vraiment les choses.
- « ce ne sont pas mes copains mais mes cousins. Ils sont en cours »
Le jeune garçon secoua simplement la tête, en souriant.
- « et c'est quoi ton nom ? »
- « Venus et Toi ? » répondit-elle,
- « Terrence. Et tu es en quelle année, Venus ? »
Son prénom n'avait jamais été prononcé comme cela auparavant. Elle se surprit à aimer ça. Elle ne pouvait pas lui dire qu'elle n'était qu'en 1 ère année, ce serait trop la honte. Il avait l'air d'être en 4éme ou 5 -ème années et personne de cet âge ne s'intéresserait à une gamine de comme elle.
- « Mais attends, je me souviens de toi à la répartition. Tu es une première année ?»
- « oui » avoua, la jeune fille, à contre cœur.
Le dénommé Terrence se redressa soudainement et parut moins familier. Avant qu'il ne dise quelque chose, un brouhaha se fit entendre dans les couloirs et Venus vit le dénommé Terrence se diriger vers ses camarades, non sans lui avoir lancé un dernier regard.
Le cœur de la jeune fille rata un battement. Les portes de la pièce s'ouvrirent et ses deux acolytes sortirent visiblement heureux d'en finir avec les cours.
Chacun leur tour, ils la saluèrent d'une accolade.
- « on fait quoi ? On a une heure de libre avant de manger ? » demanda Aaron, fourrant ses feuilles dans son sac, sous les yeux choqués de sa cousine
Avant que Venus ne puisse dire un mot, il lui passa un bras autour de ses épaules et l'obligea à avancer.
- « j'ai un devoir de potion à finir, je propose la bibliothèque et après on va espionner les joueurs de Quidditch » proposa Teddy
- « Oui pour la bibliothèque mais ça sera sans moi pour le terrain de Quidditch »
Les deux garçons se retournèrent vers elle, dans un même geste.
- « allez Venus… Sans toi, c'est nul » lui dit Teddy
- « mais oui, on reste juste 5 minutes et après on va manger » renchérit Aaron, une mine de chien battu
- « Allez, dit oui… » dirent-ils, en chœur
Venus leva les yeux au ciel
- « vous me saoulez les garçons » dit-elle, le sourire aux lèvres.
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- « Robyn, on peut prendre ça ? » demanda Matthews, en lui montrant les paquets de bonbons qu'il avait entre les mains
- « j'ai reçu des instructions précises de ta mère, elle ne veut pas de bonbons »
Matthews baissa la tête et ses épaules s'affaissèrent. Robyn se sentit immédiatement coupable et regretta de l'avoir ramené avec elle mais elle n'avait pas vraiment eu le choix.
- « s'il te plait, Robyn. » insista le petit garçon.
La jeune femme se resigna
- « bon, un seul paquet et uniquement un seul. Je n'ai pas envie d'entendre ta mère faire un exposé sur les risques du sucre sur la santé. »
Matthews rigola et déposa le paquet non voulu sur une étagère. Il attrapa un pan du manteau de Robyn et la suivit dans le rayon fuit et légume.
Hermione avait donné une liste très précise des produits à prendre mais sa compagne était quand même perdue face à tous ces choix.
Ne parvenant pas différentier la coriandre du persil, elle demanda l'aide du petit.
- « à ton avis mon chéri, lequel est du persil ? »
Il lui lança un regard semblable à celui que sa mère lançait aux gens lorsque ceux-ci posaient des questions qu'elle jugeait un peu trop stupide.
- « bah celui qui s'en le plus bon » répondit-il, le plus naturellement du monde
Robyn, ainsi qu'un jeune homme qui se trouvait là, rigolèrent face à l'air sérieux du petit. Elle secoua la tête et saisit plusieurs branches de céleris, qu'elle déposa dans son cadi.
- « bon, on prend les deux et on verra bien » dit-elle, en passant les légumes au petit qui était très heureux d'aider
- « c'est quoi la suite ? »
La jeune femme regarda la liste
- « et bien… Le lait et les boissons et on aura fini »
Matthews secoua la tête et se mit à pousser le cadi, mais sa courte taille l'empêcher de voir ce qu'il se passait devant lui.
- « fait attention, mon chéri. N'écrase personne »
- « c'est pas grave. Tante Noah et Oncle Blaise vont nous sauver de la prison »
Une nouvelle fois la métisse éclata de rire, en se demandant où allait-il chercher ça. Mais son rire s'arrêta soudainement, lorsque le cadi rentra en contact avec une personne.
S'apprêtant à s'excuser, la jeune femme fut happée par la surprise. Elle ne s'attendait pas à la voir.
Il eut un moment de flottement durant lequel les deux femmes se regardaient.
- « Robyn »
- « maman »
Matthews, qui sentait que la situation était bizarre, se cramponna à la jambe de la jeune femme.
Robyn regardait sa mère. Cette femme qui l'avait mise au monde mais qui n'avait pas hésité à la sortir de sa vie. Cela faisait plus de 6 ans qu'elles ne s'étaient pas revues. Elle remarqua que sa mère avait vieilli. Ses dreadlocks avaient blanchi par endroit et des rides étaient désormais présentes sur le coin de ses yeux. Elle tenait fermement son sac près d'elle et ne semblait pas vraiment à l'aise.
Ses yeux, semblable à ceux de sa fille, se posèrent sur Matthews avant de se fixer à nouveau un point invisible au dessus de la tête de Robyn.
- « comment vas-tu ? » demanda enfin la mère
- « je vais bien. Je suis bientôt diplômé. »
Elle vit sa mère secouer simplement la tête, tout en lançant un regard en direction de Matthew.
- « Comment va papa ? Et Tracee ? »
Une fois de plus, sa mère la regarda sans vraiment le faire.
- « ils vont bien »
Robyn sentait l'émotion l'envahir. Même si cela faisait de nombreuses années que les liens étaient rompus, cela lui faisait mal de voir à quel point elle était devenue étrangère à sa famille. Seule la présence du petit l'empêchait de craquer.
- « bon, je suis contente que tu ailles bien. Passe une bonne journée »
- « maman, attend… »
Elle vit sa mère hésiter avant de se retourner vers elle.
- « j'habite près d'ici, si tu veux passer un jour… Pour… Je ne sais pas, parler… Je serais très contente » lui dit-elle, en sortant un papier où elle griffonna, d'une main tremblante, son adresse
Elle lui tendit le bout de papier mais sa mère ne fit aucun geste, fixant simplement le bout de papier. De longues secondes passèrent, avant que le papier ne quitte de ses mains pour se retrouver dans ceux de sa mère.
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Assise sur son canapé, les pieds sur la table, Hermione réfléchissait sur les changements qu'on pourrait apporter à une nouvelle potion.
Elle mordillait son stylo tout en lisant un manuel de potion flottant devant elle.
Lorsqu'elle entendit les bruits de clef dans la serrure, elle referma son bouquin. Tournant sa tête afin de mieux voir ses deux amours. Matthews portait un paquet de papier toilette, tandis que sa compagne avait l'air de ne pas trop s'en sortir avec les courses. Elle se leva afin de l'aider un peu.
- « maman regarde, j'aide Robyn » s'écria le petit, en déposant le paquet comme s'il pesait des tonnes.
Hermione lui sourit tendrement, en déposant un baiser sur le sommet de son crâne.
- « c'est bien, mon cœur. Tu peux aller jouer maintenant »
Matthews fila comme flèche vers ses jouets, sous le regard moqueur de sa mère. Se tournant ensuite vers Robyn, elle remarqua son air maussade
- « ça va, toi ? » demanda
Robyn lui sourit
- « ne t'inquiète pas. Tu peux ranger ça pour moi ? Je vais aux toilettes » répondit Robyn, avant de filer sous le regard interrogatoire de sa compagne.
Tandis qu'elle rangeait, tout un tas de questions se bousculaient dans l'esprit de la brune.
- « dis-moi, mon cœur, il s'est passé quelque chose au supermarché ? »
Matthews, qui jouait avec des figurines, s'arrêta un instant
- « elle ne savait pas c'était quoi du pilsil »
- « du 'persil'. » le corrigea Hermione, en souriant
- « et puis, après mon cadi il a cogné sa maman. »
Hermione faillit lâcher le pot de confiture qu'elle avait en main.
- « comment ça ? Vous avez vu sa maman ? »
- « bah oui. Mais c'était trop bizarre. »
Et elle comprit.
- « Matthews, tu restes calme et tu ne touche à rien. Je dois parler avec Robyn. Je te fais confiance » dit-elle, en se dirigeant vers l'étage.
Arrivé à l'étage, elle la trouva allongé sur le lit, le regard dans le vide. Fermant la porte derrière elle, Hermione alla s'assoir sur le lit, près d'elle. Robyn pleurait, ce qui brisa le cœur d'Hermione.
- « Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda-t-elle, d'une voix douce, en lui prenant doucement la main.
- « je suis une inconnue pour ma famille. Tu te rends compte, ma propre mère s'est comportée avec moi comme si j'étais une inconnue. »
Hermione ne savait pas quoi dire et de sa main libre, elle lui caressa doucement la joue, pour essayer les larmes qui coulaient encore.
- « je ne savais même pas qu'ils avaient déménagé. Je ne sais même pas ce que devient ma grande sœur ou si mon père va bien. Je ne sais rien d'eux et ils ne savent rien de moi. »
- « qu'est-ce que tu lui as dit ? »
- « rien de ce que j'ai toujours voulu lui dire. On a échangé des banalités, même Matthews et moi, on a plus de conversation. »
- « Tout le monde à plus de conversation avec Matthews. Cet enfant est une pie » plaisanta Hermione
Robyn sourit, en se redressant un peu. Elle s'adossa contre le mur et remonta ses jambes sur son buste. Hermione vint déposer sa tête sur ses genoux et enroula son bras autour de ses jambes.
- « je lui ai donné l'adresse d'ici. Je ne sais même pas pourquoi mais je me suis sentit obligé de le faire. »
- « tu veux qu'elle et le reste de ta famille fassent partis de ta vie, c'est normal. Et si cette rencontre signifiait qu'il serait temps d'enterrer la hache de guerre et de faire la paix. Tu as besoin de ta famille »
Robyn la regarda soudainement dans les yeux.
- « tu es ma famille. Toi et le petit. Je ne veux pas de personnes qui ne m'acceptent pas tel que je suis. Je veux leurs montrer que j'ai réussi, sans eux. »
Hermione l'embrassa tendrement.
- « alors pourquoi tu lui donnais notre adresse ? » demanda la brune
Robyn poussa un soupire.
- « tu as besoin qu'ils reconnaissent leurs torts. Qu'ils te demandent pardon de t'avoir laissé tomber alors que la famille est sensée être là dans les bons comme dans les mauvais moments. Tu veux leur prouver qu'ils avaient tort » continua la brune
- « c'est mal ? »
- « je n'en sais rien. Tout dépend de ce que tu en retiras au final. Parfois le mieux, c'est d'oublier le passé et de tout recommencer sur de nouvelles bases. »
Robyn l'embrassa en la prenant dans ses bras.
- « tu sais que je t'aime toi » dit-elle, en déposant un baiser sur le bout du nez d'Hermione
Cette dernière éclata de rire
- « je sais, je sais. » répondit-elle, en déposant un baiser dans le coup de sa compagne.
Elle se lova davantage dans les bras de Robyn.
- « ça va mieux ? »
- « toujours, quand je t'ai dans mes bras »
Hermione lui offrit un sourire éclatant avant de lui voler un baiser.
