Blabla de l'auteur : Salut à tous. Tout d'abord désolée de poster en retard mais j'étais occupée hier donc… Enfin bref, j'espère que vous allez apprécier ce chapitre. Moi je l'adore ! Merci tout plein à Solen (Coucou miss. J'espère que ton voyage se passe bien ? Oh pourquoi tant de haine ? Surtout que si tu me tues, tu n'as pas la suite ! Réfléchis-y d'accord ? lool Euh non j'ai pas compris l'idée, t'as le droit de continuer (faut jamais être avare de compliment lool) Comment je fais pour écrire ? Bonne question. On me la pose souvent, je n'ai toujours pas de réponse ! Perso moi ma scène préférée avec Mélodie c'est celle de ce chapitre. Je l'adore ^^. J'espère que tu prendras des photos de l'Italie pour moi ^^ Bisous), Jessica54540 (Salut miss. Ah ah je peux pas te faire rentrer dans la fic, j'ai déjà écrit le point final, mais désespère pas, comme tu vas voir, Mitchie et de plus en plus troublée par les baisers de Shane donc… Qui sait, peut-être qu'avant l'épilogue… Ils seront ensemble ! Ou pas lol Si t'aime les séances avec le psy, tu vas adorer ce chapitre. Il y en a une mdrr. Bisous miss), amy-chan, Bina1996 pour leurs reviews. Je vous adore.
Disclaimer : L'univers, ainsi que ses lieux, et ses personnages, ne m'appartient toujours pas ! (Hélas) C'est toujours la propriété de Disney ! Je ne fais que l'emprunter un court instant ! Et naturellement, je ne touche absolument rien, mais vous avez le droit de me laisser votre avis ! :p Et les corrections sont de chris87 et ses commentaires. Ils sont trop drôle !
PS : Je ne le précise pas mais on ne voit que la version de Mitchie. Bon si finalement, je le précise !
Chapitre 27
Une fois rentrée chez moi, je montais me changer. Sauf qu'au dernier moment, je décidais de garder ses vêtements encore quelques instants. Juste une heure, me promis-je. Je pris donc mon sac et en sortis un livre, que je n'avais pas lu. Seulement voilà, je n'avais pas vraiment envie de lire. Ce qu'il venait de se passer dans sa chambre était encore chaud dans ma tête, et aucun cours ne pourrait entrer. De toute façon, je n'avais aucune envie de réviser. Refermant mon manuel, je me laissais tomber sur mon lit, en fixant le plafond pour réfléchir. Pourquoi ne lui avais-je pas dit que je l'aimais aussi ? Que ces deux baisers étaient vraiment géniaux, et que je n'avais qu'une hâte, celle de recommencer ? Non, au lieu de dire toute cette vérité, j'ai mentie, prétextant que j'étais trop lâche pour en parler. Non, mais je vous jure, je mérite des baffes, c'est inexplicable autrement ! Soupirant, je pris mon oreiller, et le posais sur mon visage, quelques secondes. Seulement, même quand je fermais les yeux, je revoyais ses traits juste avant qu'il ne m'embrasse, dans sa chambre. Il avait l'air vraiment heureux, comme un enfant le matin de Noël. Sauf que c'était moi le cadeau ! Bizarrement, cette image me fit froid dans le dos. Bon sang, j'avais hâte d'être à mardi pour en parler à mon psy. J'ai un tas de trucs à lui dire pour une fois. Un baiser, enfin trois pour être exact, mais bon, on ne va pas chipoter. Le meilleur reste le second. Quoique le troisième était plutôt pas mal. Enfin même mieux que pas mal. Il avait été surtout un peu trop rapide, je pense ! Enfin, si c'était le cas, je l'aurais repoussée non ? En fait, je n'en sais rien ! J'aime être dans ses bras, et je l'aurais sans doute laissé faire quoique ce soit, juste pour qu'il me garde contre lui. Y a pas à dire, je suis carrément idiote et accro à mon meilleur ami. J'avais aussi surtout besoin d'en parler à quelqu'un. Nate ? Peut-être pas une bonne idée, Jason, non plus. Pas envie de voir leurs regards s'allumer, en constatant qu'ils avaient raison. Mes parents, même topo, et je voulais en parler maintenant, pas dans trois jours. Mais bien sûr ! Je me relevais d'un bond, et partis à la recherche de mon portable. L'ayant localisé, j'appelais ma meilleure amie. Elle décrocha à la seconde sonnerie et je ris.
« - Désolée, ce n'est pas une question de vie ou de mort, juste Mitchie qui a besoin d'un avis féminin sur une question qui la dépasse ! Mais avant, ça va toi ?
Sierra sourit en m'expliquant qu'à deux mois des examens, cette question était légèrement superflue. Mais elle me la retourna en souriant. Je lui avouais, sans honte, que j'étais complètement dépassée par ma vie. Sans lui raconter l'histoire du procès, je lui expliquais mon amitié avec les garçons, la drôle de relation que j'entretenais avec Shane, les problèmes avec les filles de notre lycée, nos sorties à la patinoire, ses cadeaux, enfin tout y passa ! Jusqu'à nos baisers échangés, chacun ayant une explication, du pourquoi nous avions agi. Tous sauf le dernier. Mais ce fut elle qui me la trouva. A ses yeux, nous nous étions juste laissé emporter par la passion. Je ris nerveusement, et lui avouais que ça me faisait vraiment flipper. J'avais peur qu'il aille trop vite, ou qu'il me fasse souffrir, même si je n'y croyais pas vraiment. Seulement, elle ne pouvait pas comprendre mes réticences, puisqu'elle ne connaissait pas toute mon histoire. Ce qui ne nous empêcha pas de rester au téléphone durant presqu'une heure. A la fin de l'appel, j'avais l'oreille en feu, et un milliard de questions sans réponse. C'est vraiment compliqué d'être une fille, non ? C'est mon avis en tout cas ! Maman m'appela deux minutes après, me demandant de mettre la table et je m'exécutais, la tête ailleurs. Elle eut beau me questionner, rien ne filtra et je mis mon inattention sur le compte des examens. Après tout, une fois que nous les aurions passés, les garçons s'éloigneraient de moi, pour faire carrière, et moi j'irais à Harvard. Je ne les verrais que rarement, et ils croiseraient des tas de filles parfaites, sans problèmes. Ils tomberaient peut-être amoureux, chacun leur tour, d'une actrice, et m'oublieraient petit à petit. Après tout, je ne suis pas spécialement intéressante. La preuve, si j'avais joué la fille sociable, ils ne m'auraient même pas remarqué. Sauf peut-être Nate. Sachant que j'étais avec lui, la meilleure élève en bio, nous aurions parlé deux trois fois, au détour d'un couloir. Peut-être que Jason nous aurait chambré une fois ou deux, en nous traitant d'intello, mais sans plus. Je n'aurais eu droit qu'à deux ou trois regards de Shane, qui se demanderait sûrement pourquoi nous parlions autant de cours. Je n'aurais dévoilé mon secret à personne, et Dylan aurait sûrement réussi à me violer, une nouvelle fois, lors de son week-end. Ah mais non, puisque nous ne serions pas sortis, avec les garçons, je n'aurais pas parue si belle à ses yeux, et hop, oubliez le viol dans ma chambre. Finalement, je me demande quelle version de ma vie, je préfère. Celle avec les garçons, qui connaissent mon histoire, qui me soutiennent et me font rire, dès que j'en ai besoin, mais avec qui je souffre à cause de mes sentiments pour Shane, que je n'arrive pas à lui dire. Ou, il y a la version sans les garçons où j'aurais des amies mais aucune ne comprendraient pourquoi, je n'apprécie pas qu'on me touche, ne serait-ce que le bras ? Sans conteste, je préfère la vie que je vis maintenant. D'accord, j'ai parfois l'impression que tout le monde sait pour mon viol, mais d'un autre côté, j'ai trois amis géniaux qui me soutiennent, des parents qui ne m'en veulent pas de leur avoir caché ça, un meilleur ami, que j'aime sans lui dire, alors ça vaut bien quelques difficultés non ?
Je déposais les derniers verres, et rejoignis maman. Elle termina le repas, avant de prévenir mon père que c'était prêt. Il se mit à table, et nous mangeâmes. Ils parlaient entre eux tandis que je me repassais, en boucle, les trois baisers de la journée. Celui devant chez lui, qui nous avait amené à sa chambre, et les deux autres. J'étais tellement bien dans ses bras. J'avais envie de le sentir, à nouveau, contre moi. Peut-être même que j'aurais aimé qu'il m'embrasse le cou, tout en me faisant un câlin, pendant que j'essaierais, sans succès, de réviser. Peut-être même que ça se passera comme ça, demain ? Je réviserais et il s'approcherait de moi. Plongée dans mon livre, je ne verrais rien, naturellement. Doucement, il poserait ses mains sur mes épaules, alors que je serais à mon bureau, et les ferait descendre jusque sur ma taille, qu'il entourerait tendrement. Je sentirais son nez caresser mon cou, l'entendrais inspirer à fond, puis doucement, ses lèvres se poseraient sur ma peau. D'abord timidement, de peur que je le repousse, puis plus fermement, lorsqu'il me sentirait me détendre dans ses bras. J'inclinerais la tête, lui donnant l'accès qu'il demandait, et je fermerais les yeux, en me délectant de ce contact. Je soupirais en imaginant la scène, ce qui attira le regard de mes parents. Oupss ! Comment je vais m'en sortir sur ce coup ?
« - A quoi penses-tu, petite songeuse ?
« - A rien maman, à rien, dis-je avec un sourire trop grand pour être convainquant. Enfin, juste à mon après-midi dans le parc. C'était sympa, j'ai révisé que deux heures, mais c'était génial !
Ils me regardèrent suspicieusement, mais ne firent aucun commentaire. Dès que j'eus terminé de manger, je remontais dans ma chambre, quand maman me rappela de mettre les vêtements de Shane au sale pour qu'elle puisse les laver, et que je les lui rende rapidement. Flûte alors ! Ayant une autre idée en tête, j'envoyais un message à mon meilleur ami, en lui demandant si ça l'ennuyait que je lui rende son tee-shirt, la semaine prochaine. Il me répondit peu après, que j'avais même le droit de le garder s'il me plaisait tant. Alors là, il ne faut surtout pas me le dire, parce que je risque de le prendre au pied de la lettre. Je lui demanderais, à nouveau, confirmation demain, au cas où. Je décidais de me mettre en pyjama, et de me laver les cheveux, pour ne pas que mon oreiller sente le lac. Quand je sortis de la douche je troquais son pantalon de jogging contre mon short de pyjama. Retournant dans ma chambre, je prévins mes parents que j'allais me coucher. Il n'était que vingt-et-une heures, mais je voulais réfléchir, sans être dérangée.
Je passais près de deux heures, les yeux ouverts, à penser encore et toujours à mon meilleur ami, avant de m'endormir. Enfin je suppose puisque quand j'ouvris les yeux, le soleil était levé, depuis au moins trois heures, vu la hauteur. Je sortis de mon lit, en souriant, avant de me souvenir que je devais bosser pour rattraper mon retard. J'avais un planning à tenir. En descendant rejoindre la cuisine, j'eus un temps d'arrêt en y voyant mon voisin.
« - Euh, salut, soufflais-je avant de me reprendre. Ça va, ajoutais-je en lui faisant la bise.
« - Bonjour petite fille, rit-il. Nickel et toi ? Bien dormi ?
J'acquiesçais avant de regarder l'heure. Bon, il n'était que dix heures. C'est bon, je ne suis pas en retard. De toute façon, on n'avait pas rendez-vous.
« - T'es là depuis longtemps ?
« - Je viens d'arriver. J'allais même demander à tes parents si je pouvais aller te réveiller, mais t'es sortie de ta chambre, donc… Je suis peut-être arrivé tôt non ?
« - Non, non ! Bon je vais devoir te laisser seul, le temps de me laver ! Je ne serais pas longue.
Il acquiesça simplement, et tandis que je prenais mon petit-déjeuner, il discuta avec mes parents, de choses et d'autres. J'aurais pu m'y intéresser, mais je me contentais juste d'écouter sa voix. Il rit à une blague de maman, et je me mordis la langue pour ne pas fermer les yeux. J'aurais eu l'air de quoi, de toute façon ? Soupirant, je les observais tous les trois, parler gaiement. A un moment, je croisais le regard de mon meilleur ami, qui semblait lui aussi me surveiller du coin de l'œil. Je lui souris doucement, puis ayant terminé, je me levais de table. Je débarrassais mon assiette, et montais à l'étage. Je l'entendis s'excuser auprès de mes parents, puis me suivre. Nous entrâmes dans ma chambre, et je rougis. C'est vrai que je ne l'avais pas encore faite, vu que je sortais à peine du lit.
« - Oui, euh, désolée ! D'habitude, c'est rangé mais je…
« - T'inquiète, je ne vais pas partir en courant, parce que ton lit est défait, s'amusa-t-il.
Je souris à sa remarque et lui proposais de s'installer sur le bureau, le temps que je range ma chambre. Il obtempéra, mais au lieu de sortir ses affaires, il me regarda faire, avec un sourire. Je tentais de faire abstraction de son regard, mais franchement, ce n'était pas gagné. Ayant terminé mon lit, je pris de quoi m'habiller, puis lui dit de faire comme chez lui, le temps de ma douche. Il hocha la tête, et je partis me laver. Je ne me suis jamais sentie le matin, mais quelque chose me dit que ça ne devait pas être agréable comme odeur. Quoique peut-être plus que celle du lac hier, mais bon.
Une fois terminée, j'enfilais ma tenue. Mon fameux jeans large, avec un débardeur. J'attachais mes cheveux en une queue haute, puis m'observais. Malgré moi, je me comparais aux actrices, et me sentie bien ordinaire. Soupirant, je sortis de la salle de bain, et rejoignis ma chambre, doucement. La porte étant restée ouverte, je l'observais. Il était assis sur mon lit, et feuilletais un livre. J'entrais et il sursauta.
« - Je vais t'acheter une cloche, et te la mettre autour du cou, rit-il. Histoire que je t'entende arriver !
Sur ces mots, il reposa l'ouvrage dans ma bibliothèque et j'observais ce qu'il lisait. Amnésie. Intéressant ! Je rigolerais qu'il lise le même passage que moi, et que je lui fasse peur à ce moment-là. Enfin bon. Je mis un peu de musique puis lui demandais s'il était près à bosser. Il fit le soupir le plus long que je n'ai jamais entendu, mais acquiesça. Secouant la tête, je m'installais à mon bureau, et ouvrit un livre de géo. Ce n'est pas mon sujet préféré, mais bon, c'est la dernière année que j'en fais. Il paraît qu'à la fac, on n'a pas ce genre de cours. Tant mieux entre-nous, mais bon. Je plongeais dans le monde fascinant des conquêtes de territoires, pendant une bonne heure, puis il me demanda :
« - Comment tu fais ? Je m'endors déjà ! Et ça fait qu'une heure à peine !
« - Aucune idée ! J'ai toujours aimé lire, je suppose donc que ça explique ma capacité à rester éveillée. Comme toi, tu peux lire des livres de musique, moi c'est un peu tout ce qui me tombe sous la main. D'ailleurs, j'imagine qu'après les exams, tu ne vas pas rentrer en faculté ? Ni Nate et Jason d'ailleurs ?
« - En effet, c'est le marché que j'ai passé avec mes parents. Je passe cet exam, et j'ai un an pour réussir à percer dans la musique. Si au bout de ce laps de temps on a aucun contrat, j'entre à la fac, tout en continuant à démarcher les maisons de disque, avec les mecs. Pourquoi ? On va te manquer ?
« - Bah ouais, grimaçais-je. Tu ne débarqueras plus à l'improviste à la maison, je te verrais moins, et quand vous serez connus, on pourra même plus traîner au Colibri, sans déclencher des mouvements de foules ! Ça craint !
« - Tu sembles croire en nous ?
« - Bien sûr ! Je vous ai entendu jouer, et vous êtes vraiment bon ! La preuve, vous avez déjà une fan ! Moi !
« - T'es pas une fan à nos yeux et tu le sais !
« - Ouais, je suis votre petite sœur à protéger, de tous les maux du monde !
« - Y a de ça, mais pas que, dit-il en se levant. Pour Nate, t'es sa petite sœur et il veille sur toi, bien plus que tu ne l'imagines ! Pour Jason, t'es plutôt la petite sœur à éloigner des bouquins, de peur qu'un jour, un ne t'aspire ! Ne rigole pas, ajouta-t-il alors que je souriais. Ce sont ses mots, pas les miens !
« - Désolée ! Et pour toi, je suis quoi alors ? Ta petite sœur à étouffer sous des bouquins ?
« - Non, souffla-t-il proche de moi. Tu n'es pas ma sœur ! Tu ne l'as même jamais été, et tu le sais.
Il caressa mes lèvres de son doigt, et mon souffle s'accéléra. J'étais tentée de parler, mais je ne savais vraiment pas quoi dire. Soupirant, je baissais les yeux.
« - D'ici, l'année prochaine, ça changera, crois-moi ! Tu rencontreras un tas de jolies filles parfaites ! Des actrices à la pelle et tu m'oublieras !
Malgré moi, j'avais mis de la tristesse dans ma voix. Il posa son pouce sous mon menton, et me releva le visage. Je finis par me mettre debout, pour être à sa hauteur.
« - Parce que tu crois, que j'arriverais à t'oublier comme ça ? Tu sous-estimes ce que je ressens pour toi, chuchota-t-il.
Il me regardait avec tellement d'intensité que je ne pus dire un mot. Ses yeux étaient si profonds, si étincelant, comment faisait-il ? Je plongeais dans ses iris flamboyants, et voulus m'y noyer. Il se rapprocha encore, et je pus le sentir contre moi. Nos regards ne s'étaient pas quittés un seul instant, et quand il pencha doucement son visage, je réussis à retrouver juste assez de bon sens.
« - Shane, soufflais-je en suppliant.
Il s'éloigna aussitôt, et me fixa en cherchant à comprendre, ou en attendant la suite de ma phrase. Je baissais les yeux, en tentant de retrouver mes esprits, et quand ce fut fait, je le fixais. Je fis un pas en arrière, et tombais sur mon siège.
« - Je… Ecoute, commençais-je en me relevant. Tu vas m'en vouloir, mais s'il te plait, ne fais plus ça !
« - ça quoi, demanda-t-il perdu.
« - ça, dis-je en voyant son regard reprendre en intensité. Tes yeux, ils sont… Tellement expressifs, et envoûtants qu'à chaque fois que tu me regardes, je… J'arrive plus à réfléchir, normalement ! Tu me fais perdre le contrôle et comme en plus, il n'y a que dans tes bras que je me sens bien, dès que tu me prends contre toi, je me laisse faire, pour ne pas que tu t'éloignes. Tu pourrais me faire faire n'importe quoi, et je ne dirai rien ! Juste pour rester contre toi. Et après, je culpabilise parce que je me dis que tu dois croire que je… Je ressens quelque chose pour toi, mais je… Même si c'était le cas, laisse-moi avancer à ma vitesse. Hier, j'ai passé la soirée à m'en vouloir d'avoir accepté de t'embrasser. Je me sens super mal, à cause de ça. J'ai apprécié, tu peux me croire, mais je… Tout va trop vite et ça me fait peur, ajoutais-je en baissant les yeux, sentant mes joues devenir humides.
« - Hey, dit-il en me prenant contre lui. Ne t'inquiète pas ! C'est juste moi qui ai perdu les pédales. Mais promis, je vais me reprendre. En aucun cas, tu dois avoir peur. Je ne te ferais jamais de mal. Tu le sais, n'est-ce pas ?
Je sentis dans sa voix les doutes qu'il avait, et j'acquiesçais. J'étais certaine qu'il ne me blesserait jamais. Rassuré, il reprit :
« - Bien ! Alors, on va oublier tout ce qu'il s'est passé entre le moment où je t'ai embrassé sur le trottoir, jusqu'à ce que je te vois revenir dans ta chambre ! Non, parce que mon tee-shirt te va vraiment bien, sourit-il.
Je souris contre sa poitrine et acquiesçais quand il me demanda si ça allait mieux. Cependant, je ne m'éloignais pas de lui, tant j'étais bien, au creux de ses bras. Il dut le comprendre, puisqu'il resserra son étreinte, et déposa un baiser sur mon crâne. Nous restâmes ainsi quelques secondes, puis je souris en entendant une chanson que j'avais composée, passer. Cependant, il ignorait que c'était moi qui l'avais écrite puisque c'était juste un morceau de guitare. Quand il fut fini, je m'écartais de lui, et il proposa de replonger dans nos révisions. J'acquiesçais mollement. Bizarrement, je n'avais pas envie de m'y remettre. De toute façon, quand il est près de moi, j'ai du mal à me concentrer. Je fis quand même un effort pour tout oublier. Tout, sauf les lignes qui passaient sous mes yeux, et que je mémorisais.
Je relevais la tête, quand il sortit de ma chambre, deux heures étaient alors passées. Je souris et le suivie. Tandis qu'il allait aux toilettes, je lui proposais de faire une pause, et descendis. Je préparais deux grands verres de jus d'orange, puis farfouillais pour trouver de quoi nous caler l'estomac. Maman me prévint qu'il y avait deux assiettes dans le frigo, pour nous, et je les sortis. Miam ! Du poulet à la broche, avec des légumes de saison. Je mis la table pour deux, au moment où il arriva. Je l'invitais à s'asseoir, et nous mangeâmes en parlant légèrement. Les examens arrivaient et les profs nous le répétaient à chaque cours. Ça en devenait agaçant, et rajouté de la pression à celle que nous mettait déjà nos parents. Durant tout le temps de notre pause, nous critiquâmes cette pression, inutile et j'entendis mes parents rire de nos arguments tous plus stupides et idiots les uns que les autres.
Le reste de l'après-midi fut studieuse, et il repartit vers dix-sept heures, car son oncle et sa famille devait venir manger. Je le raccompagnais à la porte et le remerciais. Il me proposa de prendre le bus ensemble le lendemain, et j'eus un regard blasé. Non, mais on le fait tout le temps, ça ! Je fis mine de le frapper ce qui le fit rire. Lorsqu'il s'éloigna, je secouais la tête, avant de fermer la porte. Remontant dans ma chambre, je songeais à ce qui avait failli se passer. Malgré moi, je me traitais d'idiote, une nouvelle fois. Un dernier baiser aurait été sympa, non ? Faut croire que non. Je remis la musique et me laissais tomber sur mon lit, en songeant que si tout allait bien, je serais bientôt tranquille. Huit semaines. Ce n'est pas grand-chose, non ?
Le lendemain, je grimaçais lorsque papa proposa de m'emmener.
« - Ben, j'avais prévu de prendre le bus avec Shane, en fait, avouais-je.
« - Je peux l'emmener aussi, si ça t'ennuie tant que ça d'être loin de lui, se moqua-t-il.
« - Bah si ça t'ennuie pas, je vote pour.
J'avais retrouvé mon sourire d'un coup. Maman me le fit remarquer, et je haussais simplement les épaules. Pas la peine qu'ils soient au courant du pétrin dans lequel j'étais avec tous mes sentiments. Je garde ça pour moi. Je terminais mon assiette et demandais à papa s'il était sérieux. Comme c'était le cas, j'envoyais un message à mon voisin, lui proposant d'y aller en voiture s'il le souhaitait, puis lui donnais l'heure du rendez-vous. Après, il avait le droit de préférer le bus.
Quand j'ouvris la porte pour rejoindre la voiture, je le vis remonter l'allée, et lui souris. Il me fit la bise et serra la main de mon père, en le remerciant d'accepter de jouer le taxi. Nous montâmes et, dix minutes plus tard, nous étions devant le Parc Naturel d'Horticulture d'Akron, selon Dwight. Penser à mon oncle et parrain, me pinça le cœur et je perdis mon sourire quelques secondes. Me reprenant, je descendis et souhaitais une bonne journée à mon père. Nous rejoignîmes les garçons et, je pris machinalement la main de Shane, comme souvent. Je fis la bise aux deux autres avant de parler du week-end qui venait de passer.
La journée passa rapidement, et finalement, je n'avais pas changé d'attitude avec Shane. J'étais incapable de m'éloigner de lui, de toute façon. Que ce soit bien clair ! Je suis capable de beaucoup mais prendre mes distances et ne plus sentir son odeur, chaque jour de la semaine, c'est non. En fait, le seul truc qui avait vraiment changé, c'est que parfois, je le surprenais à me regarder avec tristesse. Je m'en voulais, parce qu'au fond, je l'aimais, c'était certain, et j'étais pourtant incapable de le lui dire. J'avais l'impression de m'interdire d'être heureuse, tant que ce fichu procès ne serait pas passé. Et c'est dans huit semaines !… Attendez, je viens de dire quoi, là ? Dans huit semaines ? Deux mois ? Cinquante-six jours ? Purée, c'est dans pas longtemps dis donc. Mais dans pas longtemps du tout ! Vite, de l'air, j'ai chaud ! Regardant autour de moi, je pestais en notant que j'étais en espagnol. Je me ventilais, discrètement, avec ma main, en priant pour que les dix prochaines minutes passent rapidement, et quand enfin la sonnerie retentit, je fus une des premières dehors. Je rejoignis l'arrêt de bus, d'un pas tranquille, inspirant l'air doucement, quand je me souvins que j'avais oublié de cuisiner mon voisin de bio, à propos de Mélodie. Je ferais ça demain, je le jure, votre honneur. Shane arriva peu après, et quand le bus fut là, je me figeais. Dire qu'il était bondé était un euphémisme. Deux personnes descendirent, et je proposais à mon meilleur ami de rentrer chez nous à pieds. Il acquiesça et nous nous mîmes en route, en parlant avec légèreté. Une fois devant chez moi, il embrassa ma joue, me souhaita une bonne soirée et s'éloigna. Je souris et entrais chez moi, après lui avoir rendu la pareille. Je passais ma soirée dans mes bouquins, refusant de me concentrer sur autre chose. J'aurais tout le temps demain, devant mon psy. Pas que j'ai spécialement envie d'y aller, mais bon, c'est obligatoire !
Quand je me couchais au soir, j'étais épuisée. Et pourtant, j'avais l'impression de n'avoir rien fait, hormis aller en cours. Enfin ça a bien mangé ma journée quand même ! Je m'endormis, et quand mon réveil sonna le lendemain, je l'éteignis rapidement. J'étais réveillée depuis quelques minutes déjà. Je sortis de mon lit, et me préparais en vitesse avant de prendre un bon petit-déjeuner. La journée allait être longue ! J'allais devoir cuisiner Nate, me faire cuisiner par mon psy, et si j'ai le temps, observer mon meilleur ami, s'éloigner de moi. Tout un programme !
Je sortis de chez moi, et dut courir pour rejoindre l'arrêt. Je montais dans le bus in extremis, et je vis Shane me regarder en souriant. Aucun doute, il se moque de moi. Bon, puisque c'est comme ça, je vais jouer l'enfant, et le bouder… Et toc ! Croisant mes bras, je m'installais loin de lui, et attendis que le bus atteigne le lycée. Heureusement, mon meilleur ami fut plus rapide, et vint poser un bisou sur ma tempe en me saluant. Je poussais un soupir, qui faisait penser aux femmes des années vingt quand elles étaient choquées. Il sourit de bon cœur, en arguant que le vieux style coincé ne m'allait pas. Son hilarité étant contagieuse, je me mis bientôt à rire, et notais les regards de plusieurs personnes. Plusieurs garçons du lycée, je crois, me regardaient, et je me figeais, en tournant la tête ce qui intrigua mon ami. Nous descendîmes en même temps que d'autre, et quelqu'un, j'ignore qui, me caressa le dos. Je me dégageais brutalement de la foule, et me tournais. Deux personnes suivirent avant que Shane n'arrive. Lorsqu'il me demanda la raison de mon attitude étrange, je soupirais en lui racontant, et il perdit son sourire.
« - Je t'avais prévenue, que tu n'étais pas aussi invisible que tu le pensais !
Je ne dis rien, et posais simplement ma tête sur son épaule. Il posa sa main sur ma taille et nous arrivâmes ainsi près de nos amis. Ceux-ci nous chambrèrent sur notre attitude, très couple, selon Jason, et je soupirais.
« - Pour la peine, t'es privé de bisous, dis-je avant d'embrasser Nate pour le saluer.
J'avais envie d'être ridicule aujourd'hui, et pour le moment, je m'en sortais bien non ? Pas aussi bien que Jason qui me supplia de lui pardonner. Ce que je fis, lorsqu'il me promit de ne pas se mettre à genoux, comme il l'avait dit. J'ignore s'il l'aurait vraiment fait, mais je n'allais pas tenter le diable. La première sonnerie retentit, et pour la première fois depuis le début de l'année, nous accompagnâmes Shane en Civilisation. La classe ! Juste avant d'entrer, il embrassa ma joue, et je restais interdite face à son geste durant une seconde, puis me repris. Je rattrapais les garçons qui n'avaient rien vu, et Jason s'éloigna de nous. Restée seule, je demandais à Nate s'il allait bien.
« - Oui, rit-il. Je vais aussi bien que tout à l'heure ! Pourquoi ?
« - Non, je veux dire, t'es pas en colère ou quoi que ce soit ?
« - Intrigué, serait le bon terme. C'est quoi tes questions, demanda-t-il alors que nous passions la porte de notre salle de classe.
« - Et bien… Tu me répondrais si je te demandais ce qu'il s'est vraiment passé avec Mélodie ? J'ai l'impression que vous me cachez quelque chose, avec Shane et Jason !
Il soupira, et la seconde sonnerie l'empêcha de me répondre. Grimaçant, je me jurais de reprendre cet interrogatoire tous les matins s'il le fallait. En espérant, que je n'en aurais pas besoin, naturellement. L'idéal serait qu'il profite de la pause, pour m'expliquer mais y avait peu d'espoir. Nous la passions avec les deux autres, ou alors moi seule dans mon coin. Mais ce cas de figure était de plus en plus rare. Le cours débuta, et je plongeais dedans en jetant quand même un coup d'œil à mon voisin. Il semblait tout aussi concentré que moi, écrivant sur son cahier, ce que le professeur dictait. Soupirant, je m'y mis aussi.
Une demi-heure plus tard, une feuille glissa sur mon côté de table, et je regardais Nate. Il regarda le papier, puis moi, puis se tourna vers le prof. Comprenant le message, je pris la feuille et la coinçais dans mon cahier. J'allais lire ça rapidement, faites-moi confiance. En attendant, la fin du cours fut longue. Très longue même, puisque j'avais décidé de lire son mot durant la pause, ou le repas. Longue journée donc ! A la fin du cours, je rangeais mes affaires, et le saluais. J'arrivais en math et m'installais. Je ne suis pas super curieuse, mais quand même assez pour commencer ma lecture. Shane m'avait prévenu que tu posais des questions. J'avais espéré que tu avais oublié. En vain ! Je te raconte, mais tu ne juges pas, et tu ne vas pas la voir. Mais tu as le droit de ne plus vouloir me parler. Cette histoire me reste encore légèrement en travers, pour reprendre ton expression. Comme tu l'as constaté, je me suis pas mal rapproché de Mélodie ! Elle semblait avoir les mêmes centres d'intérêts, le goût pour la bibliothèque en moins, mais tout le monde n'est pas comme toi. Rire ! Je souris à ce passage, puis continuais ma lecture. Enfin bref, on passait beaucoup de temps au Colibri à parler tous les deux. Elle veut devenir journaliste au passage, et on parlait de tout et rien. Quand elle m'a demandé pourquoi, je ne lui avais pas parlé avant, je lui ai avoué que je pensais que c'était juste une groupie et Je ne pus aller plus loin, la prof commença son cours. Fichu leçon pleine de chiffres. Durant une heure, j'essayais de savoir la suite de cette histoire, tout en me demandant pourquoi il m'avait dit de ne pas juger, ni de m'en mêler. Et pourquoi lui en voudrais-je ? Je passais l'heure à me poser un milliard de question et de ce fait, n'écoutais rien de ce que le prof racontait. De toute façon, au pire papa m'aiderait, au mieux Shane ! On verra lequel est libre le premier. Quand le cours se termina, je rangeais mes affaires, ne gardant que le mot, que je mis dans ma poche. Je décidais d'aller directement en anglais et m'adossant contre le mur, je repris ma lecture voulant connaître la suite et surtout la fin ! Quand elle m'a demandé pourquoi, je ne lui avais pas parlé avant, je lui ai avoué que je pensais que c'était juste une groupie et, elle a rit. Pendant plusieurs jours, elle a tenté de me prouver, je suppose, qu'elle n'était pas comme le club d'horticulture, par exemple, et je l'ai cru. Elle semblait tellement différente des autres, en même temps. On parlait beaucoup et de beaucoup de choses, et puis elle m'a demandé qui était Dylan. J'ai grimacé en expliquant que c'était ton cousin et que si elle voulait plus d'explications, elle devrait t'en parler. J'ai même fait l'erreur de lui parler des trois pies, et du surnom qu'elles avaient grâce à toi ! Je grimaçais face à ces deux informations ! Surtout la seconde. La première n'importe qui ou presque aurait pu lui dire ! Un soir, on était tous les deux, en train de parler en se baladant au parc Kennedy, et elle m'a demandé pourquoi tu te glaçais dès que quelqu'un te touchait, sauf si c'était nous trois. Ce genre de questions, parce que j'en ai eu une colonie, tu peux me croire, m'énervait parce que je ne pouvais pas lui en parler sans ton accord ! J'ai répondu que je n'avais rien à lui dire sur ce sujet, et elle m'a interrogé sur la relation que tu as avec Shane. J'avoue que là, j'ai séché puisque même aujourd'hui, je suis incapable de dire ce que vous êtes l'un pour l'autre, Enfin surtout lui pour toi. Ce n'est pas le plus important ! Sans trop savoir comment, on en est revenu à toi, et à comment tu avais fait pour devenir amie avec nous, et sans m'en apercevoir, j'ai commencé à lui dire que tu avais eu plusieurs problèmes avec Dylan, sans m'étendre. Seulement, elle doit être plus psychologue que moi, puisqu'elle en est venue, toute seule je te le jure, au fait qu'il t'avait violé. Sur le coup, j'ai été trop choqué pour répondre, et elle a interprété mon silence comme un oui. Bien sûr, elle m'a promis de ne rien dire, si j'acceptais de sortir avec elle. Je dois vraiment t'apprécier parce que j'ai accepté son chantage, mais juste le temps de trouver comment la contrer. Le soir même, j'étais avec Shane et Jason et on cherchait une solution pour sauver et ton secret et leur idiot d'ami. Heureusement, Jason a été fin sur ce coup. Le lendemain, j'ai été la voir, mettant fin à cette histoire ridicule avant de lui dire que si elle racontait un seul mot sur cette histoire, fausse naturellement, on s'arrangerait avec le directeur pour qu'elle rate son année. Jason est son neveu, c'est assez simple de lui faire croire qu'il accepterait de nous aider ! Voilà, tu sais tout ! Et comme elle te l'a dis samedi, on s'est embrassé, un peu contre mon grès, j'avoue ! J'espère que tu ne m'en voudras pas et que tu accepteras de me filer le cours de bio parce qu'il m'en manque un bout ! Je regardais le mot, le fusillant des yeux. La garce, elle avait osé faire du chantage à mon frère ? A cause de moi, en plus ! Attends qu'elle passe devant moi celle-là. Aujourd'hui, c'est la dernière séance de boxe. Quitte à me faire renvoyer, mais je vais lui faire comprendre sa douleur. La sonnerie retentit, pour la première fois, et j'entrais dans la salle, en rangeant le mot dans ma poche. Une fois assise, je le mis dans mon cahier de bio, et lorsque le cours commença, je me plongeais dedans. Il passa rapidement, et je courus presque pour arriver au gymnase. Je me changeais et entrais dans la salle à proprement parlé. Elle était là, dos à moi, parlant avec Sarah à voix basse. Me faisant petite, j'épiais leur conversation.
« - Pas compliquée, je te dis. Mitchie, c'est leur point faible ! Tu arrives à la coincer elle, et ils te mangent dans la main.
La peste ! Je m'éloignais et le cours débuta. Je me demande à combien de fille elle a refilé le tuyau, avant de me promettre de ne parler à personne hormis mes trois véritables amis. Le prof nous expliqua comment il allait nous noter, avant qu'on aille s'entraîner. Il passerait dans chaque groupe pour noter nos performances. Heureusement, on passa les premières et nous fîmes un combat, entre guillemet, nous touchant à peine. Il s'éloigna pour passer à un groupe, en nous demandant de continuer l'entraînement. Comme les groupes étaient assez éparpillés dans la salle, je n'eus aucun mal à agir.
« - Alors dis-moi, il était agréable ce baiser avec mon frère, demandais-je avec un sourire faux.
« - Parfait, dit-elle mielleusement. Dommage que ce ne soit arrivé qu'une fois.
« - Je me demande si tu aurais pu l'embrasser, avec des dents en moins ?
« - C'est interdit de se faire mal, et tu le sais ! Et comme t'es trop trouillarde et bêcheuse pour risquer de te faire renvoyer, tu ne sauras jamais. Pas de bol !
Je la fusillais des yeux et sans prévenir, lui donnais un coup dans la mâchoire. Je n'avais pas l'intention de lui faire vraiment mal en fait. Juste un petit peu, pour qu'elle sache que je ne suis pas aussi froussarde que je le fais croire. Elle me regarda les yeux ronds, se tenant le menton et regarda autour de nous.
« - Personne ne m'a vu ! Pas de bol, dis-je en l'imitant.
Elle me regarda méchamment, et me frappa à son tour. Manque de chance, Michaël, un gars que Jason connaissait, nous regarda à ce moment-là, et prévint le prof alors que je me massais la joue.
« - Qu'est-ce qui se passe ici, tonna-t-il.
« - Elle m'a frappée, se défendit Mélodie.
« - Menteuse, j'ai tout vu, c'est toi qui l'a frappée, rétorqua mon allié.
J'acquiesçais à sa version des faits, en me promettant de ne plus jamais mentir après cette histoire, et il la renvoya de cours. Alors qu'elle passait devant moi, elle murmura :
« - Tu vas me le payer ça !
« - Quand tu veux, ajoutais-je.
Le professeur repartit après m'avoir dit que je pouvais aller à l'infirmerie mettre une poche de glace sur mon visage. Je le remerciais et ramassais mes affaires. J'étais à peine dehors, qu'elle me fit face. Elle voulut me frapper au visage, une nouvelle fois, mais je parais le coup. Heureusement que je n'avais séché aucun cours, dis donc ! Durant plusieurs minutes, elle tenta de me faire mal, puis finit par réussir. Un coup violent, à l'épaule, et je grimaçais. Ça allait faire très mal ! Contente d'elle, elle s'éloigna, et j'allais à l'infirmerie. Je racontais à la personne qui était de garde, ce qu'il s'était passé, dans et hors du cours, et elle posa deux compresses froides sur moi. Je restais ainsi, la remerciant un milliard de fois, du bien que me faisaient ces trucs froids, puis quand ça sonna, elle me libéra, en me faisant promettre de recommencer dès que je serais chez moi. J'acquiesçais ne voulant pas être défigurée ! Sauf que je marque vite, alors y a peu de chance. Je rejoignis le réfectoire, et pris un plateau. Je pris juste un dessert, que je payais et mon sac sur un bras, je regardais notre table. Les garçons étaient déjà là. Me retenant de grimacer, je les rejoignis, et posais mon plateau, avant d'enlever très lentement mon sac, puisque étant stupide je l'avais mise sur l'épaule douloureuse.
« - ça va Mitchie, demanda Jason.
« - Parfaitement bien, assurais-je. Au fait, j'ai lu ton mot ! Je ne t'en veux pas ! A ta place, je crois que je n'aurais pas réussi à répondre quelque chose, ajoutais-je à l'intention de Nate. Et t'en fais pas pour le cours de bio, je te le file dès la fin de la journée.
« - Mitchie, ça va t'as pas mal ? Non, parce qu'elle n'y est pas allée avec le dos de la cuillère.
« - De quoi tu parles, Mick ?
« - Du coup de Mélodie ! Je n'ai jamais vu deux filles se battre, mais celle-là je n'aimerais pas être contre elle.
« - Ils n'étaient pas au courant, Michaël, soufflais-je. Mais je crois que j'ai plus qu'à tout avouer, maintenant ! Merci, ajoutais-je sarcastique.
Il s'excusa et s'en alla alors que les trois me fixaient, inquisiteurs. Penaude, je leurs racontais la version officielle, avant d'ajouter, tout bas, qu'à la base, j'avais tout déclenché. Nate soupira et me demanda si j'avais bien lu le début de son mot.
« - Désolée, mais si toi, tu acceptes un truc pareil, juste pour moi, la moindre des choses c'est de me battre quand elle m'attaque. D'ailleurs, j'espère pour elle, que je ne la croiserais pas hors du lycée, parce que son dernier coup me reste en travers !
Je soupirais et leurs racontais la suite, et je les vis s'énerver. Je les calmais en arguant que je réglerais ça moi-même, si l'envie m'en prenait, et afin de changer de sujet, je leur demandais de quoi ils avaient parlé durant la pause. Shane se reprit et m'expliqua qu'ils cherchaient à comprendre pourquoi, je ne venais pas.
Le reste de la journée de cours, se passa dans la légèreté. La nouvelle comme quoi, quand on me cherche, on me trouve, fit vite le tour du lycée, et je me réjouis de savoir qu'on n'allait pas essayer d'être amie avec moi, juste pour discuter avec les garçons. Comme si c'était moi, qui décidais avec qui on parlait, non mais franchement ! Durant le trajet du bus, Shane me proposa de venir avec moi voir mon psy, et j'acquiesçais, en songeant qu'il allait m'attendre au Colibri comme d'habitude. Sauf que non ! A titre exceptionnel, il vint avec moi dans la salle d'attente, et ne partit que quand le docteur Dangon m'emmena dans son cabinet.
« - Qui était-ce, demanda-t-il d'entrée de jeu.
« - Bah, c'était Shane ! Il voulait sans doute s'assurer que je n'allais pas croiser Mélodie et lui rendre coup pour coup ! On s'est légèrement battue tout à l'heure, avouais-je comme une enfant prise en faute.
Il me regarda étonné, et je lui relatais l'histoire. A la fin de mon monologue, il me demanda pourquoi j'avais frappé puisque à priori, l'affaire était réglée.
« - Pour ne pas qu'elle file le conseil à d'autres pestes ! De toute façon, ça ne marcherait pas une seconde fois, mais bon. Avec les garçons, on est un peu une famille. Assez bizarre, j'avoue puisque Shane et moi avons une drôle de relation, mais une famille quand même. Et dans une famille, quand on touche à un membre, les autres le défendent. C'est normal ! En tout cas, c'est comme ça dans la mienne. D'ailleurs presque toute ma famille est derrière moi. Même Dwight, son père ! Il s'en veut et quelque part, je pense qu'il doit espérer que j'ai menti. C'est logique ! Enfin, c'est comme ça que je le vois, pour ma part.
« - Je vois ! Et toi comment vis-tu le procès qui se rapproche ?
« - Mal, soupirais-je. Dès que j'y pense, je manque d'air ! Et le pire, c'est que je compte les jours qui me séparent de cette histoire. Je me dis qu'une fois que le procès sera passé, entre guillemet, je serais libérée de ça ! Bon je devrais encore vous voir, parce que vous ne voulez pas me lâcher, souris-je, mais pour moi, le plus dur sera fait. Et pourtant je… Je ne veux pas y penser. Mes amis ignorent que la date a été fixée, je ne veux pas les ennuyer avec ça. C'est le lendemain de notre dernier examen, ça serait dommage qu'ils les ratent à cause de moi !
« - Tu ne comptes pas leur dire ?
« - Si, mais après !… En fait, je n'en sais rien ! Peut-être, juste avant ou après, on verra !
« - Tu ne veux toujours pas en parler, j'imagine ?
« - Non ! J'attends cette séance depuis dimanche, pour vous parler de quelque chose mais pas de ça ! ça sera pour une autre fois, soupirais-je en balayant l'idée de la main.
« - Je t'écoute ! Qu'as-tu donc à me raconter ?
« - En un mot comme en cent Shane ! C'est compliqué, comme d'hab ! Samedi, on a été au lac, et ils m'ont fait tomber dans l'eau, qui sent mauvais soit dit en passant, et quand on est rentré, il m'a embrassé devant chez lui. C'était super, mais voilà, c'était fait. On a commencé à en parler, mais on grelottait, du coup, on a été chez lui pour se changer, et après une douche, et des vêtements propres venant de son armoire, on a reparlé, de l'autre baiser. Celui qu'on a échangé sur mon lit. Il m'a demandé si j'avais apprécié l'embrasser, et j'ai avoué que oui, forcément, je n'allais pas mentir ! Je mens trop souvent en ce moment. Il m'a demandé de l'embrasser une dernière fois, sauf que là… C'était carrément mieux. Pire aussi, mais mieux quand même, dis-je en me levant. Au début, on était gêné parce qu'on ne savait pas comment faire forcément, et puis après, une fois que nos lèvres se sont touchées entre guillemet, ça a été tout seul. J'ai noué mes bras autour de son cou, et lui de ma taille, et c'était doux ! Je veux dire, comme l'autre fois, sauf que je savais quoi faire, je me sentais moins maladroite et du coup, c'était… Encore mieux ! Et puis, on a manqué d'air, alors on s'est séparé, mais juste le temps de remplir nos poumons, parce qu'on est reparti en apnée juste après, mais celui-là était encore différent. Parce qu'on a été plus passionnés, forcément. Il a commencé à caresser ma taille, avec tellement de douceur que… Aujourd'hui encore, je n'arrive pas à le décrire, c'était tellement incroyable. Je veux dire, j'avais déjà rêvé qu'il me caressait à travers son tee-shirt, mais c'était mille fois mieux que dans mon rêve, soupirais-je.
« - Parce que dans ton rêve, tu avais aussi son tee-shirt, demanda-t-il sérieux.
« - Euh oui, mais c'est une autre histoire. J'en parlerais un autre jour ! Enfin bref, après il a lentement, me permettant de l'arrêter à chaque seconde si je le voulais, remonté mon tee-shirt, enfin le sien, et a juste posé sa main sur mon dos découvert en fait. Sans aller plus loin, et ça me suffisait largement, et puis sa mère nous a dérangé. Fin de la belle histoire ! Sauf que voilà, je ne sais pas quoi faire, parce que le lendemain, on a failli s'embrasser encore, et j'ai réussi à m'éloigner juste avant. Ce qui est débile parce que je crois bien que je l'aime. Mais si c'est le cas, pourquoi, je le repousse comme ça ? J'ai l'impression que je refuse le bonheur, alors que je cours après depuis longtemps.
« - Tu n'es peut-être simplement pas prête à t'engager ? Ou alors, ton passé est encore trop présent, t'empêchant de construire ton futur amoureux.
« - Vous être gentil doc mais vous ne voulez pas recommencer en changeant les mots 'passé', 'présent', 'futur', non parce que là j'ai l'impression d'être en cours d'anglais au secondaire, souris-je. Mais peut-être que vous avez raison. Je suis complètement perdue, pour ma part, soufflais-je en me laissant tomber sur le canapé. Je fais quoi alors ? Je lui dis que je l'aime mais que je ne veux pas qu'on soit ensemble parce que je suis une sombre crétine, qui a peur de son ombre ? Ou je cache mes sentiments, et je gâche des moments qui auraient pu être merveilleux. Ce que je ne saurais jamais puisqu'ils seront gâchés. Aidez-moi doc ! Je sais que ce n'est pas votre boulot, que vous êtes juste censé m'écouter, mais je n'ai pas besoin d'oreille là mais de conseils.
« - Je vais te poser une question, et tu vas y répondre, sans réfléchir, spontanément, d'accord ?
Je le regardais perdue, puis acquiesçais lentement.
« - Est-ce que tu te sens prête à embrasser Shane, et le laisser t'embrasser, même dans un couloir bondé de gens ? De le laisser te prendre la main, ou dans ses bras, caresser ta taille à n'importe quel moment de la journée ? En gros est-ce que tu te sens prête à t'engager dans une relation ?
« - Oui, non et… Je ne sais pas ! Je réponds oui à certaines, non à d'autres, et peut-être à la dernière catégorie, soupirais-je. On se tient déjà souvent la main, et je suis dans ses bras, presque tout le temps, mais non, je ne me vois pas l'embrasser au lycée par exemple ! J'aurais trop peur de la réaction des gens. Mais en même temps, je m'en moque. La plupart pensent déjà qu'on forme une sorte de couple secret, alors !… Je vous l'avais dit que c'était compliqué cette fois. Est-ce que je me sens prête à être physiquement, engagé dans une relation avec lui ? Je crois ! Je veux dire, oui, puisque je l'aime, la réponse logique c'est oui. Pourtant j'ai peur qu'il aille trop vite, et que je n'arrive pas à le freiner. Parce que c'est le problème ! Dès qu'il pose sa main sur moi, même sur mon coude, je sens toute ma détermination fondre comme neige au soleil. Samedi, il aurait pu aller très loin, j'aurais rien dit. J'aime être dans ses bras, je m'y sens en sécurité, et je ferais n'importe quoi, enfin je le laisserais faire n'importe quoi, juste pour y rester.
« - Donc, tu n'es pas prête à t'engager dans une relation. Être avec un garçon, ça se résume pas à des bisous et des contacts physique Mitchie ! Dans un couple, tu dois pouvoir dire non, si ça va trop vite, ou avoir de toi-même des gestes envers lui. Et vu ce que tu me racontes, tu n'es pas encore prête ! Tout est trop frais dans ta tête. En plus avec tes examens, tu es stressée, en plus du procès, et il faut mieux que tu te sortes quelque chose de la tête. Alors je sais pas, sors, prends une cuite, si tu aimes l'alcool, fais une soirée vidéo avec des filles, si tu préfères, mais aère-toi le cerveau un week-end. Je vais faire mieux. Ce week-end, je t'interdis d'ouvrir tes livres pour réviser. Tu as le droit de faire tes devoirs mais tu n'as que jusqu'à vendredi minuit. Après tu fermes tout, et tu profites de ton week-end pour faire autre chose. C'est ton exercice de la semaine.
Je le regardais interdite, puis suspicieusement, avant de soupirer, en regardant mes pieds.
« - Vous n'êtes pas un psy normal doc, c'est le moins que je puisse dire, mais d'accord, je vais essayer.
Sur ces mots, je me levais, la séance étant terminée. Lorsque je sortis de son bureau, je me tournais vers lui.
« - Au fait, finalement, il n'est pas inconfortable votre canapé.
Il sourit et m'intima de filer en montrant Shane qui était là. Je le rejoignis moins perdue qu'avant mais je fus étonnée de voir mon médecin s'approcher.
« - Shane, je suppose, dit-il en sachant pertinemment qui, il était.
« - Euh oui, docteur…
« - Philip Dangon, se présenta-t-il. J'ai un service à vous demander ! Ce week-end, samedi et dimanche, Mitchie ne doit pas réviser une seule minute, vous pourriez vous assurer qu'elle respecte sa part du contrat ?
Mon meilleur ami sourit et acquiesça, alors que je les regardais interdite. Ce n'est pas déontologique tout ça ! Enfin j'imagine que je ne dirais rien ! Il nous laissa et nous sortîmes dehors.
Et voilà, c'est terminé ! Bon je sais que mon psy n'est pas très psy, mais on va faire comme si ce qu'il faisait était autorisé d'accord ? Même si chris87 ne le trouve pas très pro vu son com : Bah Bravo venant d'un Doc. De toute façon, mon avocate ne l'est pas vraiment donc… J'espère que vous avez aimé ? Quatorze pages de bonus, je suis sympa non ? Parce que ce chapitre n'était pas prévu !
Miss Tagada (L)
