Coucou à tous !
Nous espérons que vous allez toutes bien ! :D Et on vous remercie de vos reviews qui nous font toujours aussi plaisir :)
On vous souhaite une bonne lecture,
Courage les vacances sont proches !
Alicette : coucou ! ouais, le sort est un peu rude sur la tête de nos personnages en ce moment...Alalalal pauvre d'eux ! C'est vrai que Doug s'en prend plein la figure alors qu'il a rien fait xD C'est juste un coup de semonce on va dire. Quant aux fautes, elles sont corrigées maintenant, merci ! On espère que tu vas mieux, et merci pour ta review !
Chapitre 28 : Il ne faut pas se contenter d'une défaite
Je le vois apparaître au coin du couloir mais, bien que mon cœur bondit dans ma poitrine comme un ballon de basket, je ne change pas mon allure, ni de trajectoire, n'accentue pas mon sourire et détourne à l'instant le regard. Je le croise et le dépasse ainsi, en l'ignorant. Voilà, c'est fait. Tout le monde est content. Autour de moi, Sean, Harold, Conrad et Doug ont cessé de parler. Ils me regardent, je les sens mais, moi, je fixe mes yeux devant moi, en gardant mon grand sourire sur les lèvres qui est, surement pour la première fois depuis bien longtemps, totalement faux. Ça fait toujours mal, même quand on a accepté sa défaite, apparemment. Je pensais réellement que tout s'arrangerait, ne serait-ce qu'un peu quand j'arrêterais tout.
-Bah, alors, on dit plus bonjour, Gonzalez ? raille Stendford en ricanant.
-Mais j'tape toujours, répliquais-je en lui lançant un regard noir et menaçant.
-Dégage, connard ! Et embarque ton p'tit merdeux de préfet avec toi, qu'on ait enfin la paix ! crache Conrad, en me poussant à accélérer, une main dans le dos.
-Répète, Sterfur, grince Jeremy. J'te colle en retenue pour insulte à préfet !
-Ouais bah rajoute donc ça, à ta liste : petite enculé de Serpentard qui s'la pète ! renchérit Sean, goguenard.
Mon cœur bat comme si j'étais en plein match. Je voulais pas m'arrêter ! Je voulais pas l'entendre ! Je perds mon faux sourire et je me ronge les ongles, impatiente qu'on s'en aille. Doug est en train de se moquer du petit « Attention, j'suis préfet et j'me tape White, alors faut pas me chercher, heiiiin ! » de Jeremy, selon ses propres paroles. J'aimerais bien leur dire d'arrêter, que je n'ai vraiment pas envie d'un clash avec eux mais comment le faire ? Ils ne m'écouteraient pas. Si c'était d'autres Serpentard, je ne dirais pas non, hein, j'ai besoin de me défouler… mais eux ! Enfin, pas Stendford… lui, je veux bien lui apprendre la boxe française !
Harold s'approche de moi et me lance un sourire rassurant, en me donnant un petit coup de poing amical sur l'épaule. Il ne sourit pas trop, ces deux derniers jours, depuis qu'Emi est parti pour sa maman. C'est Dumbledore qui nous a convoquées pour nous apprendre la nouvelle. Et elle me manque déjà. Si elle avait été là, c'aurait été plus facile d'être moins maussade… ya comme un vide. Un gros vide. Et je me demande si la maman d'Emily va bien parce que… on a tous besoin d'une maman. La perdre, c'est… en ce moment, Maman me manque comme dans les premiers jours avant son enterrement. Je me demande pourquoi. Je dors même en tenant le coquillage qui est devenu mon porte-bonheur après sa mort. Le coquillage qu'elle a ramassé sur l'une des plages et qu'elle m'a donnée, près de Barcelone alors qu'on était chez mes grands-parents, deux mois avant qu'elle ne décède. Au début, je n'en voulais pas, je le trouvais laid. Il était cassé à certains d'endroits et d'une couleur sans saveur. Elle m'a alors dit que c'étaient les huitres qui portaient les perles et non, ces coquillages magnifiques… qu'il ne fallait pas se fier aux apparences et que c'étaient dans les plus disgracieux coquillages qu'on entendait le vrai son de la mer. Je n'ai pas vraiment compris. Je ne suis même pas sûre de le comprendre aujourd'hui mais en tout cas, je l'ai gardé et, à chaque match, je le porte autour de mon cou alors que j'aime pas tellement les colliers. Peut-être parce que la façon avec laquelle elle l'avait dit, c'était ça qui voulait tout dire… Maman n'aurait pas voulu que je me laisse abattre ou que je perde ce qui fait de moi un coquillage moins joli que les autres. Un vrai sourire apparait sur mes lèvres et je lance un regard éblouissant à Harold. Cette fois-ci, j'ai gagné !
-T'as bien fait, j'pense, me dit-il.
-Ouais !
-ça… enfin, ça va ? Quand même ?
-Mais oui, bien sûr ! Ça va génial, Roldy ! assurais-je. Et si on allait aux cuisines, les mecs ? demandais-je joyeusement, en élevant le ton et me mettant entre eux, Hein, vous en dites quoi ?
-Pour manger tes salades bios ? T'rêves ! s'enquit Doug. On mange de la vipère, aujourd'hui !
-A taaaaable ! hurle Sean en bondissant sur Jeremy.
Je vois Stendford se cacher derrière moi quand Conrad essaye de lui coller son poing dans la gueule. Je fais la moue, puissamment agacée. Bon, si c'est ça, moi, je vais jogger avec Roldy, hein…
xOxOxO
On est sur le hall de gare, Harold et moi, nos bagages à la main. J'ai dit au revoir à Owen, Conrad, Doug, Sean, Jared et Allan. Ces deux derniers avaient l'air étrange, c'était bizarre… déjà, parce que pour la première fois, c'est Jared qui m'a prise dans les bras alors que d'habitude, il essaye plutôt de se tirer avant que je ne le fasse moi-même. Et Allan boudait. Je le sais bien parce que quand il fait la gueule, il parle plus, ne défronce jamais ses sourcils et nous regarde comme si nous l'avions traité de Scrout à Pétard. J'ai essayé de le dégriser ou d'au moins, savoir ce qui n'allait pas mais à chaque fois, il m'a lancé ce regard qui veut dire « si tu me touches, j'te bouffe sans sel ! ». Doug m'a dit qu'il n'aimait pas se faire remonter les bretelles par une fille et j'ai ouvert de grands yeux… je lui ai remonté les bretelles, moi ? Toujours est-il que quand je lui ai fait un câlin, il m'a bougonné qu'il était un excellent ami. Gné ? M'enfin, je ne cherche même plus à comprendre…
On va chez Emily, pour voir comment elle va. Enfin, disons plutôt que c'est Harold qui m'emmène puisque je ne sais absolument pas où c'est. J'ai prévenu ma famille et c'est Bartos qui m'a répondu –Papa et Damian… allergiques aux lettres. Il m'a dit que si je n'étais pas là pour la deuxième semaine des vacances, Papa devrait trancher entre le suicide et le meurtre, parce qu'il ne s'est pas fait chier à faire une fille pour la voir que pour Noël –ça, c'est sûr, c'est lui qui a dit à mon frère de l'écrire-, qu'il voulait une lettre par jour et que je devais être bien sage – entre parenthèses, il y avait quelques exemples : « bien t'habiller, ne taper personne, réfléchir juste un peu de temps en temps, ne pas dire de connerie et surtout, arrêter de discuter bio et Marvin »- pour ne pas salir la réputation des Gonzalez - ça c'est Damian-, déjà pas terrible –ça, c'est vraiment Bartos-, mais que je devais être bien attentive aux malheurs de mon amie –ça, par contre, c'est Estevan !
On sort donc de la voie neuf trois quarts et on se dirige vers les toilettes moldues pour transplaner. Devant les distinctions « hommes » et « femmes », on s'échange un regard hésitant. En même temps, Harold est homo et, en même temps, moi, je suis un mec pour tout Poudlard… dur choix.
-On va chez les hommes, puis handicapés ? je propose, pensive.
-Ya pas un truc, spécial parasite ?
C'est à vérifier.
xOxOxO
Nous sommes dans un petit village, perdu dans une étendue sauvage et grise qui me parait si éloignée de mon paysage de ville. Avant de partir, j'y ferais un petit tour. Devant nous, une barrière délabrée délimite un petit jardin ravagée par les hautes herbes, les pissenlits et le lierre. La bâtisse est sale, assez haute et plutôt lugubre. Les rideaux sont tirés sur les fenêtres et les tuiles du toit ont glissées pour la plupart. Harold me lance un sourire. Alors, c'est ici que vit Emily et Niko ? C'est bien plus grand que chez moi ! Des voix me font me retourner et je vois deux adolescentes rirent en nous pointant du doigt. Je fronce les sourcils, qu'est-ce qu'elles nous veulent ? Je me sens bien d'humeur à leur faire passer leur envie de parler dans notre dos, moi !
-Laisse… les Bolkanski n'ont pas une très bonne réputation, ici, à chaque fois que je viens, les rumeurs fusent, me révèle Harold.
-Vous voulez que j'vous aide, sales gnomes ? leur lançais-je sauvagement.
Elles s'en vont aussitôt, plutôt effrayées. J'allais demander à Harold pourquoi la famille d'Emily n'était pas aimée du village quand la porte de la maison s'ouvrit sur un homme, grand et brun. Mon ami me souffle que c'est le père.
-Bonjour, M'sieur Bolkanski ! dis-je, assez fort pour qu'il m'entende du seuil.
-Bonjour, jeune fille… bonjour, Harold, répond-il en sortant vers nous.
Sa démarche est lente, comme s'il marchait dans son sommeil. Ses yeux sont cernés et il est blanc comme le ciel au-dessus de nous. A le voir déambuler dans Poudlard, je l'aurais pris pour un fantôme. Harold le salue à son tour. Il nous ouvre la barrière, fermée à clé, et sans nous demander si nous sommes là pour sa fille, il nous invite à entrer. Je prends mes bagages et je le suis, à côté d'Harold.
-J'm'appelle Lena, M'sieur, me présentais-je. Enfin, Magdalena mais bon…
-Je crois avoir déjà entendu parler de toi. Parfois.
Je lui souris même s'il ne me regarde pas et lui dis que je suis une amie d'Emily et de Niko, que c'est pour ça qu'il a peut-être entendu mon nom.
-Et de Roldy, aussi, ajoutais-je.
Il me lance un coup d'œil et hoche de la tête. Il nous fait entrer dans le hall très sombre et je cherche de la lumière. Sans en trouver. Je pose mes bagages et Harold s'enquit de la santé de leur mère. Le Papa d'Emi lui dit que son état est stable et n'ajoute rien.
-Elle est dans la chambre de Piotr, si vous voulez la voir, nous apprend son père.
-D'accord.
-Je lui ai emmené des fleurs, dis-je en sortant le petit bouquet de tulipes roses de mes bagages, en miniaturisée et dans un emballage de transport sorcier.
Harold et Monsieur Bolkanski me regardent étrangement. Je n'aurais peut-être pas dû les prendre roses…
-La couleur, c'est mon grand frère qui m'l'a conseillée mais euh… j'peux la changer, hein ! C'est quoi sa couleur préférée ?
-On parlait d'Emi, Lena, m'apprend Harold avec un petit sourire.
-Ooh…
Merde. Je crois que j'ai fait une grosse boulette. Je lance un sourire crispé à Monsieur Bolkanski qui me répond simplement :
-C'est le bleu. Le bleu royal.
-Je… je connais pas cette couleur, avouais-je, désolée.
-Elle aime beaucoup le rose, aussi.
-Vous pourrez lui donner ? demandais-je, en lui tendant le bouquet que j'ai ragrandit d'un sort.
-Oui.
Il s'empare du bouquet et je me demande si Estevan a raison. Est-ce que les femmes malades aiment les fleurs ? Maman, elle n'a jamais été malade.
xOxOxO
On était montés au premier étage et Harold hésitait entre frapper à la chambre de Piotr –le petit frère d'Emily, apparemment- et rentrer doucement, sans faire de bruit, quand une odeur de cigarette m'interpella. Je me retourne et au bout du couloir, d'où vient la seule lumière, une fenêtre est grande ouverte, découpant sur le paysage du village une ombre accoudée à celle-ci. Nikolaï ? Il n'a pas répondu à ma dernière lettre. Je m'approche de lui. Arrivée derrière lui, il ne m'a toujours pas entendu avancer et je pose une main sur son épaule. Sursautant fortement, il se retourne, une cigarette embrasée à la main. Son regard s'adoucit légèrement quand il croise le mien et me reconnait. Je lui souris.
-Hey, Mag ! dit-il, semblant soulagé de me voir.
-Salut, Nouki. Roldy aussi est là, lui appris-je en pointant du doigt mon ami qui est toujours devant la porte de la chambre.
Il le salue de la main et Harold y répond. Je fixe sa clope du regard et me retiens de la lui arracher pour la jeter par la fenêtre. C'aurait été en une autre circonstance… Je me contente de lui dire :
-Fume pas trop.
-C'est jamais trop, me répond-il, en éloignant sa cigarette de mon visage. J'suis content que vous soyez là, Emi tiendra pas toute seule…
-Elle est pas toute seule, ya toi et votre père, m'étonnais-je.
Il me regarde un instant et a un faible sourire désabusé qui ne me plait pas tellement.
-Va la voir, d'accord ? J'finis ma clope.
Je jette un regard en biais à la cigarette et j'acquiesce. J'allais partir quand je reviens vers lui et le prends dans mes bras. Il est figé un instant avant de répondre à mon étreinte et je lui dis que personne n'est seul. Il ne dit rien, je lui souris une dernière fois et vais rejoindre Harold qui ne sait toujours pas quoi faire.
-Il va bien ? me demande-t-il.
-Il fume.
Il acquiesce et me demande ce qu'on fait. J'avoue que je ne sais pas trop bien ce qu'on doit faire. On reste un moment à se regarder, hésitants, et Niko vient à notre secours :
-Entrez. Maintenant.
-Okay, répond Harold.
Il ouvre la porte et je découvre la seule pièce de la maison qui est lumineuse. Qui semble encore abriter de la vie. La clarté du jour entre par une grande fenêtre à double battants, grande ouverte. Des jouets trainent un peu partout dans la pièce, sur le parquet clair, sur le lit défait, débordant des placards entr'ouverts. Les murs sont colorés et une lampe jaune vif pend du plafond, sur lequel des araignées se baladent. J'aime bien les araignées. Tout le monde en a peur, en est dégoutés mais les plus effrayées dans l'histoire, ce sont les araignées… pourtant, elles restent avec nous, elles vivent avec nous. On les écrase, on crie quand on les voit mais elles restent. Et leur toile est douce.
Assis par terre, jouant avec des petites voitures et faisant « brouuum », un petit garçon aux cheveux châtains et aux yeux gris est assis tout près d'Emily. Ils lèvent les yeux vers nous et je leur souris. Emily est figée de stupeur, ses yeux bleus sont grands ouverts et son teint blême est marqué de cernes.
-Que… ? commence-t-elle.
-On est venus, répond Harold.
-Coucou, fis-je avec un geste de la main.
L'instant d'après, elle a bondit et s'est ruée sur nous, nous encerclant en même temps de ses bras, très fort. Je ris de son étreinte si soudaine et, Harold et moi y répondons au centuple. Les minutes s'écoulent ainsi durant lesquelles elle nous remercie encore et encore d'être là.
-T'es qui ? s'enquit alors Piotr, s'étant levé et rapproché de nous, petite voiture à la main.
-Lena ! répondis-je en me penchant vers lui et lui tendant la main. Une pote de ta frangine. T'as quel âge ?
-Tout ça ! me fait-il en me montrant trois doigts.
-Bon, j'suis nulle en maths mais j'pense deviner que c'est trois piges, hein ?
-Pives ? répète-t-il, incrédule.
Oups. Ah oui, c'est vrai, les gosses parlent pas la même langue. Je lance un regard d'excuse à Emily qui me sourit.
-J'veux dire que t'es grand ! repris-je.
-T'es une fée ?
J'ai un moment de profond égarement. Euh… J'ai une tête de fée ? On me l'avait jamais faite, celle-là ! Emily m'apprend qu'il me demande si je suis une sorcière et, amusée, j'éclate de rire. Harold rit avec moi. Puis lui et Emily se mettent à parler doucement. Je me retourne vers Piotr.
-Ouais ! assurais-je. J'suis une fée !
-Tu brilles dans le noir ?
-Bah ouais ! Et pleins d'autres trucs ! Le mieux… je vole ! déclarais-je avec un clin d'œil.
-Wahouuuu ! J'aimerais voler…, me dit-il, en faisant la moue.
-Un jour, je t'emmènerai si ton Papa est d'accord, lui promis-je.
-Papa veut pas voler.
-Tout le monde veut voler.
xOxOxO
On a passé la journée à parler, de tout sauf de la mère d'Emily et Niko. A quoi ça sert puisqu'ils ne pensent qu'à ça, elle et lui. Quand ils nous sourient, quand ils portent leur regard à la fenêtre, quand on parle de sport ou de musique. Je le sais. Je l'ai vécu. Le nouveau disque de Micheal Jackson retentissait, en bruit de fond, dans la chambre de Piotr qui s'inventait des histoires de super héros et qui venait nous montrer ses trouvailles. Je pensais souvent à Monsieur Bolkanski, seul, quelque part dans la maison et j'y voyais le mien, il y a neuf ans, j'y voyais ma tante. Il y a vraiment des femmes aimées si fort que leur absence détruit tout le monde. Beaucoup de Mamans.
On est sur le seuil de la maison, prêts au départ. J'aime pas transplaner. J'ai l'impression d'être engloutie par un serpent… brr…
-Au revoir, nous dit Emi d'une voix atone.
-Ecris-nous, hein ? lui dis-je tandis qu'Harold lui assure qu'elle va nous manquer horriblement.
-Oui, c'est promis.
On s'embrasse et on s'enlace. Je cherche le visage de Niko à l'une des fenêtres mais ne le trouve pas. On fait demi-tour, bagages en mains, quand on entendit dans un murmure :
-Restez.
On se retourne et croise le regard anéanti et suppliant d'Emily. Elle nous répète ce mot une deuxième fois. Puis, on laisse tomber nos sacs d'un même mouvement pour revenir vers elle et la prendre dans nos bras.
-On reste !
