Chapitre 28 : 1975 : à la recherche de l'honneur

Molly se redressa de toute sa hauteur.

- Qu'est-ce que vous faisiez dans le bureau de grand-père ?

- On se renseigne, dit Fabian. Pour savoir où sont nos ennemis...

- Ennemis ?ennemis de quoi ?Mère vous tue si vous vous engagez.

- Augustin a toujours eu de bonnes sources, on n'allait pas laisser inutilisée.

- Le jour de son enterrement, râla Molly.

- On n'a pas vraiment eu le choix, dévoila Gideon gêné.

- Mouais...

Les deux hommes rejoignirent le salon après avoir salué Mona.

- Ne dis rien à personne, supplia Molly. Gideon et Fabian vont s'attirer des ennuis.

- Je n'en avais pas l'intention, rassura Mona.

Charlie lâcha soudainement la main de sa mère et se mit à courir en direction du salon. Molly se pressa à sa suite. Mona les suivait d'un pas plus calme, de peur qu'on l'associe à l'étrange comportement de son neveu.

- Qui est-ce qui court comme ça ?demanda Muriel Moon lorsque Mona arriva à sa hauteur.

- C'est Charlie, répondit-elle après un temps hésitation.

- Des enfants, râla Muriel. Toujours des enfants partout.

Des vieux qui râlent contre les enfants. Toujours des vieux partout.

Mona acquiesça ne sachant pas trop quoi répondre.

- Alors, toi tu es la petite Mona ?demanda Muriel. Tu es sorti de Poudlard pour l'enterrement de mon frère ?

- Oui, répondit-elle. Le professeur Dumbledore nous l'a permi à moi et à mes frères, ainsi qu'à Peter.

- Peter, il est étrange ce garçon-là, commenta la vieille femme. Je ne pense pas qu'il relèvera l'honneur de la famille. Peut-être pourrions nous compter sur toi, tu seras sûrement la prochaine que je coifferais de ma tiare.

- On verra, répondit Mona en s'enfuyant craintive devant ce flamand grincheux.

Qui veut une autre tradition à la con ? La vieille Muriel coiffe toutes les Moon de sa tiare lors de leur mariage. Je suis sûr que ça vous dit quelque chose, mais si une certaine fleur avec un certain rouquin... avant une attaque de mangemorts.

Mona rejoignit sa mère qui lui faisait de petits signes.

- Trouve tes frères, on s'en va, déclara Magda.

- Déjà ?s'étonna Mona.

- Ton père pense qu'il serait plus judicieux de stopper la réunion de famille.

Mona haussa un sourcil surpris, cependant elle ne posa pas plus de question trop heureuse d'écourter là la réunion. Elle parti à la recherche de ses frères. Hugh et Peter discutaient près de la cheminée.

– Hugh, on va bientôt partir, annonça Mona, plus loin elle vit son père parler à Terence.

Hugh paru surpris à son tour, mais ne posa pas de question devant Peter.

– À tout à l'heure, lança Mona à son cousin.

Peter hocha la tête et se pressa de rejoindre ses parents. Si Edgar Moon et sa petite famille quittaient les lieux, toutes les autres personnes pouvaient quitter les lieux sans craindre d'être impolie.

– NON ! ON NE S'EN VA PAS ! cria une voix.

Hein ? Ahsisi on part y'a des Moon partout, je vais faire une attaque moi.

Tout le monde se tourna vers Fidel, le premier fils d'Augustin hurlait contre sa femme Greatchen.

– Je dois faire ce que mon père aurait voulu, conserver l'honneur des Moon ! s'écria-t-il en titubant.

En agissant comme un ivrogne ! C'est ce qu'il aurait voulu, c'est sûr.

Mona compris alors pourquoi son père souhaitait que tout le monde se retirent au plus vite. Fidel était déjà bien saoul et apte à faire un scandale.

– Maintenant que le patriarche est mort, ils vont tous oublier ce que c'est d'appartenir à une famille aussi prestigieuse que la nôtre. Ils vont tous nous faire honte.

Ça serait pas plutôt toi la honte des Moon ? Et puis prestigieuse prestigieuse... C'était quand la dernière fois que le nom des Moon a été cité dans la gazette du sorcier ?aujourd'hui ?oui bon, mais il aura fallu un mort.

– Père, je vais vous raccompagner, dit Eugène Moon en s'approchant.

– Tu crois que tu auras plus de chance qu'elle !

Il désigna Greatchen avec son index. Elle semblait de plus en plus fatiguée aux fils des mois. Mona commençait à ressentir de la pitié de sa grande-tante.

– Je ne partirais pas, sans avoir fini de tous les prévenir ! S'écria Fidel.

Il s'écroula soudain sur le plancher, inconscient. Eugène leva sa baguette et souleva le corps de son père. Casey arriva auprès d'eux, la femme de Eugène tenait leur fils William dans ses bras. Mari et femme échangèrent quelques mots, puis Casey salua brièvement tout le monde avant de s'en aller par la cheminée en entrainant Greatchen avec elle.

– Je vais aider Eugène, déclara Edgar à sa petite famille. Saluez tout le monde et partez.

Quelques courtes heures plus tard, Mona et Hugh jouaient aux dames sur la petite table du salon. Ce fut à cet instant que le maître de la maison passa le seuil de la porte.

– Alors ?demanda Magda automatique.

– On l'a couché, dit-il. Et endormi. Il pourrait encore s'en prendre à sa femme.

Edgar se posa brutalement sur le canapé et plaça sa tête dans ses mains.

– Quel déshonneur il est devenu. Ça, et ensuite la mort de Augustin. C'est trop en peu de temps.

Magda s'installa auprès de lui.

– Après Poudlard je deviendrais un sorcier respectable et je ferais honneur à ma famille, déclara Terence.

– Y'a intérêt, dit Edgar après quelques secondes de silence. Mais cela sera progressif, pas automatique. Il nous faut quelque chose de radical pour rester une famille respectable, il nous faut un beau mariage.

Il se tut et échangea un regard avec Magda, elle baissa les yeux l'air accablé et Edgar reprit la parole.

– Mona nous te marierons dès ta sortie de Poudlard. Tu peux déjà commencer avec ta mère à faire le tri parmi les prétendants.

Hein ?non mais ça va pas la tête ? elle a quinze ans. Tu t'es planté de siècle gros malin.

Mona ouvrit la bouche cherchant la réponse la plus approprié lorsqu'elle prononça un :

– Non.

– Pardon ?demanda-t-il en se redressant.

– Pas cette année, je suis encore trop jeune pour penser à ce genre de choses. Je serais peut-être prête l'année prochaine.

Mais c'est qu'elle suit les conseils d'oncle Rufus la gamine.

– Ce n'était pas une proposition, mais un ordre, dit froidement Edgar.

– Je ne chercherais pas de bon parti dès cette année, dit calmement Mona.

– Tu ne vas pas t'y mettre toi-aussi, pas sous mon toit, dit-il offusqué.

– Mona, tu dois penser au bien de la famille, dit Terence.

– Et toi, si on te forçait à te marier à Irène Clay pour voir, répondit Mona avec méchanceté.

– Je suis un homme, la situation est différente. Tu ne peux honorer ta famille qu'en faisait un beau mariage et de beaux enfants.

– Oui et bien, je n'ai pas envie d'y penser cette année.

– TU FERAS CE QU'ON TE DIT ! Hurla Edgar en se levant.

– Non, répondit-elle timidement.

Edgar lança un regard noir à sa fille et sortit de la pièce en claquant toutes portes sur son passage. Mona vit sa mère ouvrir la bouche.

– Je vais prendre l'air, coupa Mona.

Elle se leva, abandonnant sa partie de dames et sortit sur le perron. Par précaution, elle choisit de faire quelques pas pour s'éloigner de la maison.

– Mona ?

Elle se retourna et tomba nez à nez avec Kathy.

– Hé ! Lança Mona radieuse.

– Tu t'es fait virer de ton école ?demanda la moldue.

– Non, j'ai eu la permission de sortir pour l'enterrement de mon arrière grand-père.

– Oh, dit Kathy en effaçant son sourire. Je suis désolée.

– Il était vieux et malade, ce n'était pas une surprise, dévoila Mona. On parle d'autre chose ?

– Bien sûr, répondit la moldue compréhensive. Je t'ai déjà parlé de Léo ?

– Dans toutes tes lettres et chaque fois qu'on se voit pourquoi ?

– Parce que je suis sa nouvelle petite-amie !

– Non ?s'écria Mona radieuse.

– Si, on est sortit ensemble à une soirée qu'organisait une fille de ma classe. C'était vraiment trop bien.

Les deux filles descendirent la rue Constantinople jusqu'à un pub miteux ou Kathy offrit un verre à Mona. Elles continuèrent de parler de la toute nouvelle relation amoureuse de la jeune fille jusqu'à ce que la nuit tombe.

– Bon je rentre dîner, dit Kathy.

– Moi aussi, dit Mona. Je reviendrais durant les vacances de Noël.

– Ça ne sera pas très long maintenant, dit-elle. Je te raconterais le nouvel épisode de « Kathy & Léo ».

Elles éclatèrent de rire et rentrèrent chez elles. Mona arriva un peu avant que tout le monde ne se mettent à table. Elle s'installa et attendit une éventuelle remarque de ses parents, mais ils ne dirent rien sur le refus de Mona. Edgar n'ouvrit pas la bouche de toute la soirée, seule Magda alimentait la conversation. Elle faisait surtout parler Terence sur ses amis.

Les trois étudiants ne reprirent la route de la cheminée que bien après le dîner. Ils retrouvèrent le bureau du professeur McGonagall, l'enseignante corrigeait des copies, assise à son bureau.

– Le couvre-feu est déjà passé, annonça-t-elle. Tachez d'être discret.

Ils rejoignirent les cachots, Terence prononça le mot de passe et la porte menant à leur salle commune s'ouvrit.

– Mona ?

Tous les trois se retournèrent pour voir la tête de Rogue coincée dans l'entrebâillement d'une porte.

– Allez-y, dit Mona à ses frères.

Ils entrèrent dans la salle commune et leur sœur avança vers Rogue.

– Qu'est-ce qui t'arrive Prince ?t'as chercher un sortilège qui a mal tourné et tu te retrouves avec une queue de dragon ?

– Non, répliqua simplement Rogue.

Il s'écarta pour laisser entrer Mona. Lily était au centre de la pièce.

– Bon moi je vais me coucher, dit-il gêné. Bonne nuit.

– Bonne nuit répondirent les deux filles en chœur.

Il claqua la porte et les deux élèves se retrouvèrent seule.

– Alors, comment ça s'est passé ?demanda Lily.

– L'enterrement était très bien, plein de gens sont venus dire à quel point Augustin avait été un atout pour notre communauté et blablabla et blablabla. Bref les banalités affligeantes habituelles.

– Pas trop pénible ?

– La journée à été très très longue, dit Mona.

M'en parle pas, rien qu'en premier jet on est déjà rendu à 6700 mots, le découpage des chapitres va être facile tient.

– Mes parents veulent déjà me marier.

– Avec qui s'étonna Lily. James ?

– Non, lui je te le laisse.

Elle s'installa lourdement sur une chaise tandis que Lily protestait.

Proteste, proteste, tu ne protesteras pas très longtemps... quoique trois ans encore, mais de mon point de vue ça ne fait que dix-sept jours.

– Ils n'ont pas de nom bien précis, reprit Mona. Mais ils m'en ont cité certain que j'aurais préféré ne jamais entendre.

– Tu as l'air éreinté, dit Lily.

– Oui, admit Mona. On s'est levé tôt. Et entre l'enterrement, mon futur mariage, Kathy que je ne reverrais qu'à Noël, la crise de Fidel, Peter qui a réussi à se comporter normalement avec moi durant quelques heures et tout le reste, je suis vraiment, mais alors vraiment fatiguée.

Lily se rapprocha et après quelques hésitations, elle plaça la tête de Mona sur son épaule. La Serpentarde fut surprise, mais ne bougea pas. Après quelques minutes, Mona se mit à pleurer.

Oui bon elle chiale c'est triste, mais moi j'en peux plus de ce quatrième jour interminable alors c'est vraiment avec bonheur que je vais vous narrer le :

Jour 5

– Spero Patronum ! Lança Rogue.

Une vague buée blanchâtre sortit de sa baguette.

– T'es pas beaucoup plus brillant que moi, fit remarquer Mona.

– Oui mais moi je ne prétends pas être un expert en matière de sortilège, rappela Rogue.

Mona haussa les épaules et leva sa baguette. Les deux étudiants profitaient de leur dimanche après-midi pour tenter de créer un patronus corporel.

J'explique pour les défoncés qui n'avaient pas encore comprit.

Ils avaient choisi une salle désaffectée, pas très loin de leur salle commune. Certes ce qu'ils faisaient était interdit, mais aucun professeur ne les punirait de tester, à deux, un sortilège inoffensif à l'abri de tous regards. Ils n'avaient donc pris qu'un minimum de précaution.

– Au fait, reprit Rogue après un énième échec. Tu ne saurais pas pourquoi Remus Lupin disparaît aussi souvent ?

– Pourquoi je le saurais ?

– Parce qu'il traîne avec ton pote Potter, ton cousin Peter et ton ennemi Sirius Black. Bien que je ne pense pas que ce dernier soit très utile dans le cas présent.

Woh ! On se calme les filles, j'entends déjà vos gloussements, « on va reparler de Sirius, on va parler de Sirius ». Oui ben justement, on va juste en parler, pour le moment Mona à un truc immonde devant elle.

– Il n'est utile dans aucun cas, c'est un abruti fini.

Ça valait le coup de glousser, elle ne l'aime pas plus qu'avant. Son animosité semble bien pire et ce n'est pas surprenant.

– Je sais que c'est ton pote, mais Potter est encore plus abruti.

– James n'est pas machiavélique, dévoila Mona. Ce qui les rend très différents.

Rogue se tourna vers elle en fronçant les sourcils, un instant plus tard il se perdait dans ses pensées et ses pauvres patronus en pâtirent.

– Voyons voir, dit Mona en baissant sa baguette. Il y a sûrement quelque chose que je n'ai pas testé.

Malgré tous ses efforts, Mona ne parvenait toujours pas à progresser.

– La qualité de tes souvenirs heureux doit être abîmé en ce moment, dit-il. Attends quelques jours et re-teste les tous.

Mona haussa un sourcil ; Rogue venait de faire une allusion aux pénibles moments qu'elle traversaient en ces jours-ci ? Il se détourna, visiblement il avait lâché cette allusion sans s'en rendre. Une petite ride se forma entre ses deux sourcils, signe qu'il réfléchissait intensément. Mona décida de stopper sa peine et reprit la parole.

– Je pense qu'il faut surtout revivre ses souvenirs, dit-elle. C'est là-dessus que je coince.

Rogue acquiesça toujours gêné, puis il fit un nouvel essai que Mona regarda. Elle n'avait encore jamais tenté le jour où elle et Rogue étaient devenus amis. Elle leva sa baguette et produisit un résultat un peu plus satisfaisant.

– T'as essayé quoi ?demanda Rogue content de trouver une chose à dire.

– Apparemment j'ai été plus heureuse de devenir amie avec toi qu'avec Lily, avoua-t-elle. Ton talent en potion a dû être un atout que j'ai pris en compte à ce moment-là.

Attend, attend ! Ça veut dire que t'es heureuse d'être pote avec Rogue ?non mais, vas-y soit heureuse de ça, marie-toi avec Mulciber, devient une pro-sang pur, admire Voldi tant que t'y es, j'ai déjà fait mon infarctus de toute façon.

Rogue paru surpris un instant puis il tenta un nouvel un essai puis un autre. Il s'arrêta et réfléchit...

– En fait j'ai déjà obtenu de bons résultats avec Lily, se souvint Mona. Quand on est toutes les deux et qu'on rigole surtout.

Rogue se tourna vers elle pensif. Il leva sa baguette et :

– Spero Patronum !lança-t-il.

Une biche majestueuse sortit de sa baguette magique. Elle galopa dans la pièce et revint auprès de Rogue.

– Dingue, dit Mona ébahie.

La biche disparue.

– Je croyais que les patronus était différent d'une personne à une autre, dit-elle. Toi et Lily êtes les seuls à avoir réussi et vous créer tous les deux des biches.

– C'est bizarre, convint Rogue qui n'avait pas l'air plus étonné que ça.

Bien alors Mona, il y a quelques années, tu as comprit que Rogue et Lily sont potes, maintenant tu vas tenter de découvrir que Rogue est amoureux de Lily.

– On devrait en parler au professeur Sheldon, dit Mona.

– Si je parvins à réitérer l'exploit dans sa classe, dit Rogue, je le ferais.

– Je n'arrive à rien, grogna-t-elle un brin jalouse. Ça M'ÉNERVE !

Toutes celles qui portent la frange à la Kate Moss !

– Je voulais terminer mon devoir de botanique, déclara brusquement Rogue en prenant son sac. On se voit au diner.

S'en rien ajouter, il sorti en plantant Mona. La jeune fille mit quelques instants à se souvenir que Rogue avait déjà terminé son devoir de botanique dans la matinée. Il souhaitait probablement faire des recherches sur son patronus, mais pourquoi le cacher ?pourquoi ne pas demander l'aide de Mona ?

Voilà et maintenant tu fais fonctionner ton cerveau et tu piges ce qui se passe.

Elle haussa les épaules pris son sac et sortit.

Elle ne doit pas avoir de cerveau en fait. Où il fonctionne de temps en temps, il doit avoir un contrat d'intérimaire.