La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).

Cependant, l'histoire m'appartient.


Un jour, quand Tsunayūki était petite - au alentour de six, sept ans -, elle était assise sur sa mère en train de raconter des contes de fées. À cette époque, sa mère avait les cheveux longs marrons clairs avec une frange droite qui cachait tout son front. C'était la gentillesse incarnée, la générosité interprétée, d'où venait ce caractère si doux et agréable qu'avait maintenant Tsuna. Aussi, pendant cette période, la petite fille savait déjà qu'elle allait devenir la Jūdaime, et elle ne voulait déjà pas le faire, car elle se retrouvait toute seule dans la cour pendant les récréations.

- … et c'est ainsi qu'ils se marièrent, et vécurent heureux jusqu'à la fin des temps, termina la maman en refermant doucement le livre.

- Maman, maman ! interpella la petite Sawada. Ça veut dire quoi, « la fin des temps » ? Le temps a une fin ?

- Et bien, justement, non, répondit la mère avec le sourire. C'est pour dire que la princesse et le prince vivront heureux pour toujours.

- Maman, maman ! enchaîna de suite Tsuna. Ça existe vraiment, les contes de fées ? Avec les princes charmants et les méchants dragons qui kidnappent les princesses ?

- Oh oui, ça existe pour de vrai, les contes de fées : regarde, tu es une véritable princesse !

La maman toucha du doigt le bout du nez de sa fille qui secoua la tête pour échapper le plus possible le contact. L'adulte gloussa alors que l'enfant fit la tête.

- Mais maman, je ne veux pas être une princesse : en plus, je n'ai pas de grandes robes comme les princesses ! contesta Tsuna.

- Tu sais, Tsuna-chan, on n'est pas uniquement une princesse juste parce qu'on porte de belles robes : on est aussi une princesse de l'intérieur.

- Hein ? Je comprends pas, maman : ça veut dire que j'ai une princesse en moi ?

- Non, non ! Tu es encore trop jeune pour comprendre ça, mais un jour, si tu t'en rappelles, tu comprendras à ce moment-là.

Tsunayūki bouda car elle n'eut pas la réponse à ce moment-là. Elle prit le livre que sa mère venait de lui lire et l'ouvra à des moments différents de l'histoire grâce aux images : à un moment quand la princesse s'était perdue dans la forêt, un autre où un beau homme tua le méchant dragon qui voulait faire du mal à la princesse, et la dernière lorsque le prince embrassa la princesse. En voyant la dernière image, Tsuna eut un nouveau sourire avant de s'exclamer :

- Maman ! Est-ce que, moi aussi, si je suis une princesse, je rencontrerai un prince charmant ?

La mère rigola de nouveau avant de prendre son enfant dans ses bras.

- Oh oui, j'en suis sûre ! Tout le monde a son prince charmant, qu'on soit une princesse ou pas.

- Est-ce que je me marierai et j'aurai pleins d'enfants avec lui ?

- Oh là là, tu poses beaucoup trop de questions, Tsuna-chan ! rigola sa mère. Je ne sais pas, Tsuna-chan : tu verras comment l'avenir sera fait !

- Hein ? fit l'enfant insatisfait. Mais... alors, est-ce que je serai heureux avec lui ?

La maman eut un sourire attendrissant à la petite Sawada qui attendait enfin une réponse concrète.

- Oui, Tsuna-chan, termina-t-elle. Quand tu seras avec ton prince charmant, tu seras la fille la plus heureuse du monde.

Tsunayūki sentit qu'on la secouait un peu. La faible luminosité dans la pièce suffisait pour lui faire mal aux yeux : elle venait à peine de se réveiller d'un souvenir. Les secousses étaient un peu plus fortes, mais l'ange était tellement bien qu'elle ne voulait pas bouger d'un millimètre - elle était confortablement au chaud et serra davantage quelque-chose d'agréable qui était contre elle -. Finalement, les secousses eurent une voix :

- Dame-Tsuna... réprimanda-t-il. Tu veux bien me lâcher, maintenant, s'il te plaît ?

Au bout d'un moment, elle osa ouvrir les yeux : elle se remémora alors qu'elle était sur un canapé, dans l'académie de Yoko. Heureusement que c'était la fin de semaine car sinon, il y auraient eu des élèves qui seraient passés dans la salle d'accueil et qui l'auraient vue étaler sur le fauteuil. Ça aurait déjà été assez embarrassant, mais ça aurait allé puisqu'elle ne connaissait aucun d'entre eux : là, il y avait Irugorn, Chrome et Ryuko qui la fixaient avec un sourire narquois sur leurs lèvres. Mais le plus gênant, c'était qu'elle ne saurait pas expliqué pourquoi elle s'était endormie sur le canapé, et encore moins pourquoi elle s'était endormie contre Reborn. Quand elle le constata, elle fit un bon en arrière en hurlant, et atterrit par terre sur les deux fesses. Le Dragonnier jeta un coup d'œil sur elle, légèrement déconcerté de cette réaction.

- Qu'est-ce que t'as ? demanda-t-il. Tu ne te rappelles pas d'hier ?

- Qu-quoi ? J'ai... j'ai fait quoi, hier ? bégaya-t-elle, rouge comme une pivoine.

- Eh ben... je vous ai prêté une bouteille de vin, à toi et tes amis, expliqua le Bosatsu, gêné. Et j'ai eu l'impression que vous en avez un peu trop bu.

- HEEEIINN ?

Sawada paniqua : voilà pourquoi elle ne se rappelait plus ! Et pourquoi elle s'était retrouvée avec Reborn...

- En fait, pourquoi vous êtes les seuls debout ? demanda celui-ci.

- C'est à l'heure habituelle où nous nous levons, Chrome et moi, déclara Ganka. Quant à ton ami Irugorn, il a dit qu'il voulait se venger de toi ou un truc du genre, donc j'ai tenu à rester près de lui, le temps que vous vous réveillez...

L'homme au fédora comprit alors de quelle vengeance le dragon voulait parler : hier soir, il l'avait assommé pour le forcer à le coucher. Il va sûrement vouloir lui donner un coup en échange...

- Non, c'est bon : j'ai plus besoin de vengeance, déclara Iru avec un sourire sadique qui montrait ses dents pointues.

- Hein ? T'es pourtant du genre rancunier, toi... rappela Reborn, suspectant le dragon de faire un coup bas.

- Non, enfin, j'ai plus besoin de vengeance parce que j'ai un truc encore pire pour vous.

Les regards convergèrent vers lui, ne comprenant absolument pas où il voulait en venir.

- Bah, le mieux, c'est de vous l'envoyer, déclara Iru qui ferma les yeux pour se concentrer.

Soudain, Reborn et Tsuna eut la même image dans la tête : c'était un souvenir récent d'Irugorn car on observait de ses yeux ; ils se voyaient eux-même en train de dormir, l'un enlacé à l'autre. Les deux se mirent à rougir de plus belle et à bégayer.

- Hiiiiiii ! hurla Tsuna en se couvrant le visage.

- Iru ! réprimanda Reborn.

Le dragon sourit de toutes ses dents, fier de sa vengeance. Ryuko et Chrome se retrouvèrent un peu perdus dans cette situation.

Finalement, Tsuna se leva et s'en alla seule dans la chambre de Chrome - qui aurait dû aussi faire office de la sienne momentanément si elle ne s'était pas endormie sur le canapé -, le temps de reprendre calmement ses esprits. Pourtant, rien à faire ; elle ne cessait de penser à Reborn et qu'elle venait de dormir avec lui.

- Calme-toi, Tsuna, calme-toi un peu ! s'ordonna-t-elle mentalement. C'est vrai que ça ne laisse pas forcément de marbre, mais quand même, il faut relativiser : c'est juste un copain, rien de plus ! Alors pourquoi je me mets à paniquer comme ça ?!

- Excuse-moi, Tsuna-san, je peux rentrer ? demanda timidement Chrome derrière la porte.

- Hein ? Oui oui, bien sûr ! répondit l'ange.

L'étudiante dans l'académie lui offrit un petit sourire en réconfort avant de s'asseoir à côté d'elle. Elle regarda ses pieds avant de vérifier l'état de son amie :

- Tu... tu vas bien ? T'es pas trop chamboulée ?

- Hein ? Euh... non non, pas du tout ! mentit Sawada.

- Bon, ça va, alors : Reborn était un peu inquiet en voyant comment t'as réagi. Enfin, apparemment, il voulait aussi « se défouler » sur Irugorn-san, après ce qu'il aurait fait. Il a fait quoi, d'ailleurs ?

- C'est... c'est qu'Irugorn-san peut envoyer des images par télépathie, donc...

- Oh...

Il y eut un silence encore plus gênant avant que Tsuna ne se lève :

- Mais sinon, je vais aller dire à Reborn de ne pas s'inquiéter de quoi que ce soit et qu'il se sente responsable de rien, même si ça m'étonnerait venant de sa part qu'il se sente coupable pour quoi que ce soit.

- Dis... Tsuna-san, interpella Chrome. Je voudrai savoir une chose, mais j'ai peur que ce soit trop personnel...

- N'ait pas peur, Chrome-chan ! De toute façon, ça risque d'être difficile de se trouver dans une situation encore plus gênant qu'à l'instant...

- Reborn... est-ce que tu l'aimes ?

Les joues de Tsunayūki s'empourprèrent davantage que tout à l'heure ; elle sentit aussi son cœur battre plus rapidement et plus fort dans sa poitrine. Elle trouvait qu'il faisait un peu plus chaud, aussi.

- C'est que, depuis qu'on s'est rencontré, tu semblais être déjà très proche de lui, remarqua doucement Chrome. Encore plus qu'avec les autres garçons. Aussi, lorsqu'il a refusé et qu'il est parti pour le toast, tu semblais terriblement triste. Et, je ne sais pas si tu te rappelles, mais quand tu étais soûle, tu voulais vraiment rester avec lui à tout prix, et tu te souciais réellement de savoir s'il t'appréciait un peu ou pas.

- Ah ! fit soudainement Tsuna.

À la fin des explications, l'ange se rappela alors de son état d'ivresse et comment elle avait réagi à ce moment-là - ce qui était maintenant encore plus gênant puisqu'elle se souvint de son comportement puéril -. Les arguments de Chrome se tenaient, et elle ne voyait rien qui pourrait aller dans l'autre sens. Durant ses deux semaines, ils s'étaient énormément rapprochés, Reborn et elle, et maintenant qu'ils étaient devenus amis, Tsuna avait dû manifestement commencer à éprouver des sentiments plus que ce qu'elle le devrait et à ressentir comme une concurrence autour d'elle - dorénavant, elle pouvait comprendre qu'elle avait eu à l'égard de Bianchi de la jalousie -.

Cependant, tout cela restait encore hypothétique pour elle et ça ne servait à rien de révéler tout ça à Dokuro, donc elle résuma simplement par :

- Nooon, c'est vrai que je l'apprécie énormément et qu'il m'est venu en aide à plusieurs reprises, ça reste pour moi qu'un ami.

Puis elle alla dans la salle d'accueil, invitant Chrome à venir avec elle.

En coïncidence, Tsunayūki avait rêvé cette nuit d'un souvenir où il était question de conte de fée et de prince charmant.

Alors, effectivement, si elle était la princesse et Reborn son prince charmant et qu'ils se retrouvaient tous les deux à tenter d'arrêter une guerre, elle était en train de vivre dans le pire conte de fée qu'elle n'aura jamais lut.

...

En voyant l'ange courir se réfugier dans la chambre des filles, Reborn se sentit légèrement confus. Il se retourna vers Irugorn, le poing serré.

- Biieeen, c'était donc ça, ta petite vengeance ? demanda-t-il avec un drôle de sourire.

- C'était rigolo, hein ? sourit à son tour le dragon.

- Très rigolo, affirma l'homme au fédora en se levant et en allant vers lui, une aura sombre autour de lui. Et pourquoi à Tsuna, aussi ?

- Parce que c'est encore plus drôle.

- Je... je vais aller voir Tsuna-san, précisa Chrome.

- Hm ? Tu peux lui demander si ça va, de ma part ? s'adressa Reborn à l'exorciste.

- Oh, bien sûr !

Dokuro s'en alla, ne restant plus que les trois hommes dans la salle. Ryuko allait s'en aller dans les chambres de garçons, mais il se retourna une dernière fois vers les deux autres.

- Je vais réveiller les autres garçons pour le petit-déjeuner ; vous, interdiction de vous battre, compris ? avertit le Bosatsu avec le sourire.

Le Dragonnier et le dragon hochèrent de la tête ; - un peu plus - rassuré, Ganka partit dans le dortoir des garçons. Iru échangea un petit coup dans l'épaule de l'humain avant de l'inviter à s'asseoir à côté de lui sur le canapé. Reborn redouta une nouvelle fois un coup fourré du dragon - et il faisait bien d'avoir peur -. Celui-ci posa une tasse de café pour le Dragonnier, de plus en plus méfiant. Lorsqu'il s'assura qu'il n'y avait aucun poison et qu'il commença à boire la boisson, Irugorn reparla :

- Dis, Chibi...

- Hm ?

- Tu serais pas amoureux d'elle, par hasard ? voulut savoir Iru avec le sourire.

Reborn recracha d'une salve le café qu'il allait pour boire. Il jeta un regard noir sur Irugorn qui ne faisait que hausser des épaules.

- D'où tu balances cette connerie ? demanda l'homme au fédora. C'est juste parce que je me suis endormi sur le canapé avec elle ?

- Ouais... non, pas que ça, répondit approximativement le dragon. En fait, comment t'as fait pour t'endormir sur le canapé ? Tu ne préférais pas dormir sur le lit ?

- Bah... c'est Tsuna qui m'a forcé à dormir ici... se remémora-t-il.

- Hein ? Forcer ?

Iru fixa avec insistance le Dragonnier qui eut de plus en plus du mal son café sans se sentir dérangé par le regard. Il but une dernière gorgée avant de le défier du regard.

- Qu'il y a-t-il ? soupira-t-il.

- On t'a forcé ? répéta Iru. On a forcé le grand Reborn à faire quelque-chose ? Il y a bien une personne qui ne se fait jamais forcer, c'est bien toi, Chibi.

- Comme quoi, il y a des premières à tout...

- Tu vas arrêter de débiter mille idioties à la seconde ? coupa le dragon. Tu sais très bien que je peux ressentir tes sentiments, et là, je ressens concrètement que ce n'est absolument pas la même chose qu'avec les autres filles, du genre comme Bianchi ou...

- Oh, et puis, au bout d'un moment, qu'est-ce que t'en as à foutre ? remarqua Reborn. C'est pas ta vie, non plus, non ?

Soudain, Irugorn tapa sur la table basse, surprenant le Dragonnier.

- Alors arrête d'être une femmelette ! Sois fier d'être un homme et va lui dire ! déclara le dragon.

- Quoooii ?! C'est juste pour une question de fierté que tu viens me casser les noix ?! s'emballa Reborn.

- Mais ouais ! approuva Irugorn. Pour nous, les dragons, ne pas assumer ses sentiments et signe de faiblesse ! En plus, généralement, la dragonne se fait pécho par un autre dragon si on se dépêche pas de lui faire la cour...

- D'accord, mais dans mon cas, je suis un être humain et ne pas avouer ses sentiments n'est pas un aveu de faiblesse ! D'autant plus que je ne suis même pas amoureux... rajouta-t-il comme un gosse de dix ans.

- C'est ça, oui...

Subitement, la poche du gilet de Reborn se mit à vibrer et à émettre des « bip ! bip ! » en continu, coupant net à la discussion. Le Dragonnier et Iru se regardèrent entre eux, un sourire énigmatique aux lèvres.

- Tu crois à ce que je pense ?

- Je crois bien, Chibi.

Sans relever le surnom, l'homme au fédora se leva et sortit un drôle de téléphone - qui ressemblait plus à talkie-walkie - et cliqua sur le bouton pour répondre.

- Allo, Kusakabe ? Il y a un problème ? déclara Reborn, se retenant mal de sourire malicieusement.

...

Quand Tsuna et Chrome rejoignirent le réfectoire, il manquait Reborn et Irugorn à l'appel. Tsunayūki songea alors à ce que le Dragonnier pouvait faire, puis elle remarqua qu'elle pensait encore à lui ; ça la faisait rougir et elle s'obligea d'arrêter de suite. Tout le petit monde prit alors le petit-déjeuner gaiement : sans étonnement, aucun de la troupe ne se rappela de ce qu'il avait fait la veille au soir. Le Bosatsu raconta alors les agissements de chacun d'entre eux sous l'emprise de l'alcool et il y eut des rires à chaque anecdote. Mais lorsque ce fut au tour de l'ange, celle-ci paniquait tellement qu'ils eurent de la pitié pour elle et ne racontèrent rien sur elle - seul Lambo fut déçu de rien savoir -.

Quand ils finirent de manger, par coïncidence, le Dragonnier et le dragon rentrèrent à leur tour dans la cantine : Tsuna reconnut alors dans la main de l'homme au fédora le téléphone que leur avait passé Kusakabe avant de partir. Les autres remarquèrent eux aussi et avalèrent leur salive de travers. L'ange sentit alors qu'un nouveau danger planait dans l'air et elle se mit aussitôt à s'angoisser.

- Il... il se passe quelque-chose, Reborn ? demanda-t-elle. Nous avons des problèmes ?

- Ils ont des problèmes, corrigea-t-il en insistant bien sur le pronom. Si j'ai bien compris, il s'est passé un truc avec Hibari et ils ont besoin de notre aide.

- Comment ça ? Il y a eu des alliés de Forgan qui sont revenus le venger ?

- Nous savons rien sur le agresseurs, intervint Iru, mais nous savons qu'ils ont, à un moment, encerclé Kyoya, puis celui-ci aurait disparu. Les agresseurs auraient laissé des indices, mais les hommes de Kyoya refusent d'en dire davantage par talkie-walkie : ils ont peur qu'on puisse se faire intercepter.

Chacun se regarda entre eux, un mélange de surprise et d'appréhension. Reborn et Irugorn ont fait attention depuis le début de ne pas citer des mots douteux comme « vampires », ou même atténuer certains mots pour ne pas inquiéter Chrome et Ryuko. D'ailleurs, ceux-ci se retirèrent au bout d'un moment, sentant que la discussion ne les concernaient pas.

Tsuna échangea un coup d'œil autour de ses amis : ils avaient tous l'air soucieux et intrigués de cette affaire. Gokudera rumina dans son coin avant de lancer :

- Vous les avez suffisamment rendue service, Jūdaime, et de plus, il ne supporte même pas notre présence : à quoi bon le secourir ? C'est leur affaire, pas le notre.

- Ma ma… calme-toi, Gokudera-kun, calma Takeshi. C'est vrai qu'il ne nous porte pas son cœur, mais je suis tout de même curieux de savoir qui est-ce qui ont fait ça : si ce sont bien des amis de Forgan, ils vont très bien ensuite se venger sur nous.

- On va se battre, à l'extrême limite ?! s'exclama Ryohei avec des étoiles dans les yeux.

- Euh… on va éviter le plus possible les combats, Ryohei, intervint Reborn. Les trois quarts du temps, on s'en sort presque à moitié morts : là, on n'a même pas eu le temps de se reposer.

- Raison de plus pour ne pas se mêler de leur affaire ! affirma le chat-garou. On doit aller d'abord aller à HeavenGard ! N'est-ce pas, Jūdaime ?

Tsuna soupira d'exaspération en entendant une énième fois son appellation. Elle réfléchit intensément à poser les pour et contre : ce que disait Hayato n'était pas faux ; c'était même complètement juste. Cependant, laisser quelqu'un sans aide - tout en ayant la possibilité que les mêmes ennemis viennent par la suite les attaquer - ne laisserait pas sa conscience tranquille. En regardant autour d'elle, elle sentit que tout le monde attendait son choix. Elle jeta un regard vers Reborn, presque suppliant ; il ne fit que hausser des épaules.

- Je m'en fous un peu, lui répondit-il sans même qu'elle parle. Disons juste… qu'il ne faut pas oublier l'objectif principal.

L'ange le fixa encore quelques secondes avant d'acquiescer de la tête ; ça y est, elle venait de faire son choix.

- Donc, une fois de plus, aller à HeavenGard et arrêter la guerre ! approuva une nouvelle fois Gokudera.

- Non, coupa Tsuna. Pas que.

Le chat-garou se retourna vers elle, surpris.

- C'est vrai que ce qu'on essaye de faire depuis le début et d'arrêter ce carnage, continua-t-elle en regardant son pendentif autour de son cou, mais il faut réfléchir un peu plus à pourquoi on fait ça. Pour moi, c'est pour rendre un maximum de personnes heureux, sans qu'ils passent par la guerre et la souffrance. Alors… oui, les vampires nous portent pas forcément dans leur cœur ; oui, nous avons fait énormément de chose pour eux sans qu'ils nous redonnent la pareil. Cependant, il y a bien une chose dont on peut être sûre, c'est qu'ils ont besoin d'aide pour retrouver Hibari-san. En ce moment-même, il pourrait souffrir le martyre comme avoir disparu pour de bon. Donc, même si ça n'a aucun lien avec la Grande Guerre ou tout ça, pour moi, je garde toujours le même but : aider le maximum de gens. Et Hibari-san en fait parti.

Après ce monologue, tout le monde la regarda, impressionné ; le cyborg lâcha même un sifflement. Imperceptiblement, le Dragonnier sourit au coin des lèvres - un détail que seul Irugorn remarqua -. Finalement, Hayato recommença à parler.

- Je… j'aurais du m'en douter que votre cause était bien plus grande et plus noble, Jūdaime ! Veuillez m'excuser !

- Mais arrête de m'appeler comme ça ! s'exclama la concernée perdant tout son sérieux. Je me tue de te dire à tort et à travers que je ne veux pas être Jūdaime !

- Tss… vous pouvez vraiment pas garder votre sérieux plus d'une minute, tous les deux, remarqua Reborn.

- Et la faute à qui ? questionna Sawada.

- Ah ah ah ! rigola Takeshi. En tout cas, la question ne se pose plus, non ?

- En effet, confirma le dragon avec un hochement de la tête.

À la fin, ils décidèrent alors tous ensemble d'y aller.

Mais en sortant du réfectoire où ils se sont entretenus le plus secrètement possible, Chrome alla vers eux, légèrement pressée. Elle les observa tour à tour avant de demander :

- Alors… qu'est-ce que vous avez décidé ?

- On va y aller, déclara l'homme au fedora avant de s'adresser plus particulièrement à Ryuko. On compte repartir par ma forêt et revenir d'ici ce soir, au plus tôt.

- Et là, tu positives vachement, Chibi, se moqua Irugorn.

Dokuro attrapa les mains de Tsunayūki qui la regarda alors avec curiosité.

- Tout va bien, Chrome-chan ? s'inquiéta-t-elle.

- S'il vous plaît… commença la concernée, laissez-moi aller avec vous !

- Pardon ?!

Le groupe la fixa, choqué par la demande. En un coup d'œil, il se concerta silencieusement et le verdict final ne fut, en aucun cas, étonnant : concerner une humaine dans une histoire d'Élus était formellement interdit.

- Mais Chrome-chan, tu sais, tu risques de rien rater grand-chose, résonna du mieux qu'elle put l'ange.

- Il faut tout de même que je vienne ! insista l'étudiante. J'ai… j'ai fait un drôle de rêve, cette nuit, et je sais maintenant que ce que je dois faire ! S'il vous plaît !

- Il faut aussi demander l'avis de Ryuko, prévint le Dragonnier. Même si nous te surveillons, ce qu'on va faire peut s'avérer dangereux : tu restes une étudiante.

- Si elle part, je l'accompagnerai dans tous les cas, déclara le Bosatsu.

- Déjà, c'est un truc de moins.

- Par contre, lorsque vous dites que ça pourrait être dangereux… qu'est ce que vous sous-entendu par là ?

- Des trucs du genre… un peu comme lui, répondit vaguement Reborn en montrant du pouce le dragon.

Celui-ci lâcha un petit grognement envers l'homme au fedora en guise de réponse.

Ryuko acquiesça de la tête, songeur, avant de se retourner vers Chrome, avec toujours un sourire rassurant.

- Chrome, pourrais-tu me faire du thé et du café pour Reborn, s'il te plaît ? demanda-t-il posément.

Ne voyant absolument pas le stratagème - de l'écarter de la discussion-, Dokuro accepta silencieusement avant de partir rapidement dans le réfectoire pour préparer les boissons. Quand ils ne virent plus la jeune fille, Ganka perdit son sourire avant de se retourner vers nos héros.

- Ça concerne les… Élus, c'est ça ? demanda-t-il.

- Pourquoi ça ne m'étonne pas que toutes les connaissances de Reborn, humaines ou pas, soient déjà au courant de ça ? seremarqua Sawada.

- Oh ! fit Sasagawa. Vous savez déjà pour ça ?!

- Facile à le ressentir, jeune homme, répondit le Bosatsu. J'ai en face de moi une ange, un chat-garou, un dragon, un esprit et… - il fixa plus longtemps sur Yamamoto - et un être revenu à la vie. En tout cas, tout force à croire que ce n'est pas le zombie que nous voyons à la télé…

- Ah ah ah ! Comme pour tout, en fait, rajouta Takeshi avec le sourire.

- Oh ? Reborn vous a déjà tout mis au courant, proposa Tsunayūki visiblement étonnée.

- Non, il a parlé de ressenti, répondit à la place Gokudera. Vous pouvez connaître un Élu rien que par le ressenti ? enchaîna-t-il avec curiosité et sans méchanceté - pour une fois -.

- Oui ; il suffit simplement d'ouvrir son esprit. Les novices arrivent seulement à reconnaître un esprit ou démon, ce qui est déjà pas mal. Pour reconnaître chaque individu, il faut être passer par un long et dur entraînement… ou que ce soit le fruit du plus grand hasard d'en être doté dès sa naissance.

En disant ses dernières paroles, il regarda vers la cantine, par où était passée l'étudiante. Il laissa un nouveau soupir sortir de sa bouche.

- Et par le hasard le plus fou, Chrome a cette capacité, reprit-il. Pour elle, cette capacité se manifesterait comme des auras de différentes couleurs autour de chaque individu et aussi par des visions comme dans ses rêves qui se concrétisent à chaque fois. Petite, elle les voyait déjà et elle n'arrivait pas à se faire d'amis car personne n'arrivait à la comprendre, même ses parents : c'est comme ça que je l'ai rencontrée et que j'ai eu connaissance de son cas. Et suite à un tragique accident, elle est devenue ma pupille quand elle fut âgée de huit ans.

A la fin de l'explication, Chrome arriva enfin avec une tasse de thé et de café, qu'elle remis respectivement à Ryuko et Reborn. Tsuna la regarda discrètement, encore plus touchée par son passé. Il y eut un petit silence gênant que Dokuro n'arriva pas à comprendre.

- Il s'est passé quelque-chose, Ryuko-san ? demanda-t-elle en regardant tour à tour tout le monde.

- Je… si tu veux qu'on les rejoigne, je dois d'abord t'expliquer une chose primordiale, annonça Ganka. Concernant les auras.

- Ah ? Ce n'est pas une question de sensibilité spirituelle ?

- Si, si… mais ce n'est pas tout. C'est même une question d'hyper-sensibilité.

Il laissa un soupir s'échapper de sa bouche, avant de se retourner vers les autres ; il semblait à court de mot, ne sachant pas comment l'annoncer. Après un moment sans parole prononcée, Tsuna s'avança vers sa nouvelle amie.

- À vrai dire, Chrome-chan, Ryuko-san nous a parlé de ta capacité à voir des auras... et nous pensons savoir ce qu'ils représentent, mais ça peut quand même être surprenant sur le coup. Tu veux quand même qu'on te le dise ?

Elle attendit que l'étudiante hoche de la tête pour reprendre à parler.

- Eh bien... en réalité, ces histoires de fées, de sirènes, ou tout autre être magique, qu'on a souvent dit qu'ils étaient « imaginaires », eh bien... tout cela est vrai. Les différentes auras que tu dois distinguer doit correspondre aux différents êtres qui existent.

Elle déclipsa sa cape et la tint dans sa main ; ses ailes étaient maintenant déployées devant Chrome qui regardait avec des yeux ébahis en lâchant un petit « Oh » de surprise. Mais finalement, elle observa alors à tour de rôle tout le monde, maintenant qu'elle comprenait de quoi elle était capable.

- Je vois... comprit-elle. Eh bien... d'accord. C'est très bien.

La troupe la regarda avec des yeux ronds.

- Quoi, c'est tout ? s'étonna Tsunayūki. Juste un « c'est très bien » ?

- Oh, c'est vrai que je n'ai pas l'air si surprise que ça, alors que c'est une grande révélation... se rattrapa Dokuro, mais... comment dire ? J'ai toujours un peu compris ça au fond de moi, et je pense que j'attendais juste qu'on me le confirme. La plupart du temps, comme je vois les auras d'une même couleur, comme pour Ryuko-san, Ryohei-san ou Yamamoto-san par exemple, j'en ai déduit que c'était pour dire que c'était les humains, mais parfois, c'est une autre couleur et je n'arrivai pas à trouver la logique. Mais maintenant que je sais... merci beaucoup de me l'avoir dit.

Elle fit une petite courbette, alors que tous les autres se regardaient entre eux, incrédules. Mais quand elle se releva, Tsuna lui affichait un sourire attendrissant.

- De rien, déclara-t-elle.

- En tout cas, elle réagit mieux qu'avec Jérôme... sourit Reborn au souvenir.

- C'est qui, Jérôme ? demanda Takeshi. Un copain à toi ?

- Non, c'est un barman à qui on a dû faire à peu près ce topo car il avait vu un combat d'anges et de dragonnier, expliqua rapidement Irugorn. C'est là aussi qu'on s'est rencontré, tous les trois...

L'ange, le Dragonnier et le dragon se regardèrent entre eux, chacun ayant une part de complicité de plus qu'avec les autres malgré eux.

- Quand on y pense, ça fait pas longtemps que tout ça a commencé... se remémora la jeune femme.

- Comme quoi, les liens se tissent plutôt rapidement, sourit Chrome en adressant un clin d'œil à Tsuna.

- Eh oh !

Tout le monde ricana lorsque Tsuna se mit à rougir de plus belle sur le coup pour une raison qui les échappait. Quand ils s'arrêtèrent enfin, Chrome reprit la discussion :

- Alors, maintenant que je suis au courant de ça, je pourrai venir avec vous ?

- Il faut demander ça à Ryuko, indiqua Reborn en regardant le concerné.

- … nous vous accompagnons, se décida Ganka avant de rajouter les avertissements. Cependant ! C'est seulement au début et quand votre histoire ne sera pas « dangereux » : après, nous revenons ici.

- Cela va de soit.

Dokuro montra un nouveau sourire sincère, heureuse de pouvoir les accompagner - sa vision de la veille la conseillait de rester près d'eux pour le moment -. Le Bosatsu se racla la gorge avant d'enchaîner :

- Bien ! Quand est-ce que nous partons ? Je voudrai bien corriger mes copies du devoir d'hier d'ici ce week-end...

- Nous pouvons partir immédiatement, proposa Reborn avec un sourire au coin des lèvres.


Moi : Tadam ! Je ne vous ai pas trop manqué ? ~

Reborn : À moi ? Absolument pas.

Irugorn : T'aurais préféré continué à faire ta grasse matinée avec Tsuna-chan, hein ~ ? Aïe ! T'as pas besoin de me frapper, non plus.

Moi : Ce coup-là, il y a une petite F.A.Q spécial Tsuna ~.

Tsuna : He-hein ? Comment ça ?

« F.A.Q » n°4

Moi : Ben... il y a quasiments que des questions pour toi, voilà tout.

Gokudera : Vous avez tellement de succès, Jūdaime !

Tsuna : Toi, ça suffit !

Yamamoto : Oh ! Je veux bien lire la première question, alors ~ :

Question :Quand notre chère Tsuna-princesse utilisera la fameuse technique du Point Zéro de la dernière volonté ?

Tsuna : Enfin enfin ! Je suis en rien une princesse !

Ryohei : Tu fais seulement une remarque là-dessus ? Et puis, c'est quoi, le 2.0 du bidule ?

Gokudera : Le Point Zéro de la dernière volonté, crâne de gazon !

Ryohei : Merci, tête de poulpe !

Yamamoto : Ça va de nouveau mal se terminer si on ne fait rien pour les arrêter...

Tsuna : Euh... le point zéro, c'est... euh...

Reborn : Tu sais quelque-chose ou pas ?

Tsuna : Je sais que c'est une technique qu'utilisait un des premiers dirigeants, mais... je me rappelle plus de mes cours.

Irugorn : Ah, ben bravo.

Tsuna : Désoléééee ! Je sais seulement qu'il faut une grande maîtrise des flammes de dernières volontés, mais aussi en posséder une grande quantité...

Moi : Bon, il va falloir se satisfaire que de ça. Pour l'instant...

Ryohei : C'est moi qui lit la prochaine question à l'extrême limite !

Question : Est-ce qu'elle connait un certain Xanxus et Basil ?

Moi : Concernant Xanxus, la dernière fois, tu ne semblais pas t'en rappeler. Est-ce encore le cas ?

Tsuna *intense réflexion* : ...

Reborn : À mon avis, elle va se faire une crampe du cerveau si elle tente de se souvenir de quelque-chose.

Tsuna : Méchant ! Et puis... rien à faire : ça me dit quelque-chose comme ça me dit rien...

Yamamoto : Eh eh, moi, je trouve ce prénom très original : on devrait bien se souvenir de lui si on l'a connu, non ?

Irugorn : J'ai pas l'impression que ça a énormément marqué son esprit, dans ce cas-là.

Ryohei : Et pour Basil, à l'extrême limite ?!

Tsuna : Lui, je le connais ! Il travaille au CEDEF... avec mon père. Sinon, il est très gentil et venait souvent à la maison pour jouer avec moi quand j'étais petite. C'est lui aussi qui m'a appris à manier les flammes de dernière volonté.

Moi : Quant à la remarque qu'il a le même âge que Tsuna, je dirais... "pas totalement". Mais je voudrai bien y revenir plus tard dans l'histoire, alors patience...

Irugorn : Je crois qu'on a terminé, non ?

Moi : Oui.

Gokudera : Hm ? Aūtor, vous avez dit que les questions ne concernaient que Jūdaime : cependant, il en reste encore deux, dont une concernant Reborn-san...

Reborn : Qu'est-ce que j'ai encore fait ?

Moi : Tu peux toujours le dire, Gokudera : je trouve juste que c'est un peu inutile car le chapitre y répond.

Question : Que va penser Tsuna en se levant, se souviendra-t-elle de se qu'elle a dit? Et Reborn qu'en pense-t-il ?

Tsuna *rougit*: En effet, la première question a été répondue...

Irugorn : La deuxième, absolument pas : j'ai beau essayé de tirer les vers du nez, il ne veut rien me dire.

Reborn : Mais parce que je n'ai rien à penser, voilà tout !

Gokudera : C'est par rapport à quoi ?

Moi : Oh, c'est juste quand Tsuna était soûle, c'est tout.

Ryohei : Ah, tu sais comment elle était soûle à l'extrême limite ?!

Irugorn : Je suis au courant, aussi : il est resté avec elle, le temps qu'elle reprenne ses esprits.

Ryuko : Moi aussi, j'ai un peu vu : je peux dire qu'ils étaient très mignon ~.

Chrome *approuve de la tête* : Hm hm...

Reborn & Tsuna *rougissent* : Eh oh ! Ne venez pas en rajouter, non plus !

Gokudera *s'énerve soudainement* : Reborn-san ! Qu'avez-vous fait à la Jūdaime ?!

Reborn : Mais rien du tout !

Moi : C'est drôle... et si on concluait la F.A.Q comme ça ?

Yamamoto : Bonne idée ~ ! Merci aux deux "Guest" pour les commentaires.

Moi : Ciao ciao ~