Je rattrapais Narcissa par le bras. Mes yeux plongèrent dans les siens.

- Que se passe-t-il ?
- Rien, Lady. Laissez-moi voir mon fils, s'il vous plait.

Brûlée par le vouvoiement, je la lâchai. J'étais blessée en moi. Elle me regarda et esquissa un geste vers moi, elle se retint et alla dans la jardin.
Qu'avait-elle ? Ce n'était pas normal, je n'aimais pas ça. Mais alors pas du tout. Je m'avançai vers la fenêtre et vis Draco descendre de son balais rejoindre sa mère sur terre. Il l'étreignit joyeusement, un sourire gigantesque sur les lèvres. Sa mère commença à lui parler et il se glaça. Il secoua férocement la tête, sembla incrédule, et furieux avança vers la salle où je me trouvais, sa mère et Blaise sur ses talons. Quand il rentra, il était tellement contrarié, que je fis quelques pas en arrière, il se calma en me regardant. Il se fit plus doux, et il m'enlaça en m'embrassant. Surprise, je répondis à son baiser avec autant d'amour qu'il m'en donnait. Il détacha ses lèvres des miennes, et me sauta dans mon regard, je me perdis dans l'océan de ses yeux. Il me murmura qu'il m'aimait. Mais il était inquiet. Avec un sourire hésitant, je lui répondis que moi aussi. Il secoua la tête négativement et se retourna vers sa mère. Elle nous observait, le visage rempli d'une infinie tristesse, des larmes coulèrent de ses joues, elle secoua la tête en se tenant le coeur. Elle semblait si désolée.
Je m'accrochais désespérément à la main de mon amoureux, il la caressa de son pouce. Ma main libre alla attraper sa chemise et je me collais contre lui. Du coin de l'œil, je vis Elicia prendre Elvis et sortir de la salle, pour nous laisser entre adultes, elle m'adressa un sourire d'encouragement. Elle semblait deviner tout ce qu'il se passait.
Je posais une main sur la joue de Draco, tourna sa tête vers moi, je cherchai vainement une réponse dans ses yeux, il les baissa. Douloureuse, je me détachai de lui, et reculai.

- Que se passe-t-il, murmurai-je. Quelqu'un pourrait me dire ce qu'il se passe, hurlai-je. Que me cachez-vous, vous tous ? Draco ? Narcissa ?
- Mon étoile, m'appela mon amant en tendant la main vers moi.
- Non, non ! Draco, je t'en prie... Dis-moi.

Il secoua la tête et m'attrapa ds ses bras, je le repoussais autant que je le pus, mais plus je le faisais plus il resserrait son étreinte. Je me mis à sangloter.
Je ne savais pas pourquoi je me mettais dans un état comme ça, mais je savais que l'on me cachait quelque chose qui ne plairait pas. Mais je ne pouvais me permettre de ne pas savoir. Je voulais savoir, quoiqu'il en coûte. Je finis par arrêter de me débattre, pleurant toutes les larme que je contenais en moi, Draco m'embrassait sur le crâne, me berçant, et sa main glissait dans mon dos. Je levais la tête et rencontrai ses yeux. Ils étaient remplis d'une infinie tendresse, d'un amour gigantesque, mais aussi d'une indicible tristesse, d'un remord tenace. Il s'en voulait ? Mais de quoi ? Mais pourquoi ? J'ouvris les lèvres, et il en profita pour m'embrasser.
Je me déconnectai. Ses bras me serraient contre lui, ses lèvres exerçaient une pression sur les miennes, sa langue jouait avec la mienne. Il semblait ne vouloir faire qu'un avec moi, prouver à la Terre entière que je lui appartenais. Il se détacha ne nouvelle fois de moi, et toisa sa mère.

- Je ne peux pas. Tu le vois ! Je ne suis que pour elle ! Comment pourrais-je faire ça ? Je ne respire que pour elle, je ne marche que pour elle, je ne vis que pour elle. Ce n'est pas un simple amour que j'ai pour elle, elle est mon âme. Je ne suis rien sans elle.
- Je ne peux rien faire, Draco, pleura sa mère. J'ai supplier ton père de ne pas le faire, mais il estime que le temps est venu. Et même si je le menaçais de partir, cela ne lui ferait rien. Il tient à le faire.
- Quoi donc, demandai-je une nouvelle fois.
- Tu m'en voudras, petite flamme, susurra Draco. Tu ne m'aimeras plus, et tu partiras encore une fois. Je ne survivrai pas à un nouvel abandon, et pourtant tu auras le droit de me laisser.
- Pourquoi Draco ? Je n'ai aucune raison de t'en vouloir.
- C'en est fini de mon célibat officiel, soupira mon amant alors que mon coeur arrêtait de battre. Mon père a décidé que je devais me marier. A Lucy Greengrass.

Je ne sus d'abord pas comment réagir, j'hésitais entre rire et pleurer. Lucy Greengrass ? Draco appartenir à cette gamine ? Quelle était cette blague ? Elle n'avait que 17 ans, et elle avait l'air insignifiant. Ni laide, ni jolie, ni grosse, ni maigre, ni élégante, ni pataude. Seulement riche.
Ce fut la colère qui me submergea. Je me mis à hurler que ce n'était pas possible, Pansy posa une main sur mon épaule, je la repoussais et elle chuta. Je tapais du pieds, larmes aux yeux tellement la fureur m'était douloureuse. Draco était à moi, pas à cette gamine qui n'avait que l'argent comme atout. J'étais ce qu'elle n'était pas. Draco était mien. Je m'étais battu pour l'avoir et pour le garder, j'ai mis en périls ma vie, la sienne et celle de ma fille pour cette relation. Et c'est une enfant qui va bénéficier de ceux pourquoi je m'était battue ? Impossible. Je ne le permettrais pas.
Je sortis en trombes de la maison, ouvrit le portail d'un geste de la main, les gens couraient derrière moi, mis à part Narcissa. Je transplanais au manoir de Russie, courrait jusqu'au bureau de mon mari. Devant je me calmais, respirais profondément, je me recoiffais et attendis que le feu de mes joues s'éteignent. Enfin prête, je poussais la porte, il était seul devant ses papiers. Je poussais encore un peu plus la porte, rentrais dans la pièce, me grattais la gorge en m'inclinant. Je le vis relever la tête.

- Oh... Madame, vous voici déjà ici. Que puis-je faire pour vous ?
- J'ai appris que vous aviez autorisé le mariage de Draco avec la Greengrass.
- Effectivement. Un problème ?
- Je ne le veux pas, déclarai-je d'une voix ferme, si j'avais dis à une montagne de se déplacer avec ce ton-là, j'aurais eu le raisonnable espoir de la voir bouger.
- Pardon, s'exclama-t-il surpris de mon ton.
- Il ne s'occupera plus bien de son devoir de Mangemort. Trop occupé, d'abord à mettre sa femme enceinte, ensuite, il n'aura plus assez de sommeil quand il aura son enfant, et après il s'occupera de l'éduquer dans les règles des Sang-Pur. Sans parler du fait, qu'il va mettre tout en œuvre pour avoir un nombre incalculable de maîtresses, tout en continuant de "s'occuper" de sa femme.
- Sûrement mais où est le problème ?
- Peut-être est-ce le fait qu'il ne sera plus un bon protecteur pour moi ? Ou pour mes enfants ?
- Je vous en mettrais un autre protecteur, si vous le désirez, proposa Voldemort.
- Et il faudra que je lui réapprenne tout ce que j'ai fait avec Draco ? Hors de question ! Je garderai Malefoy.
- Eh bien, vous ferez avec un Malefoy junior marié, finit par se reprendre mon mari. Quel est ce ton que vous prenez avec moi ? N'oubliez pas qui vous êtes et qui je suis ! Vous m'avez donné un enfant, je n'ai plus besoin de vous. Désormais restez dans votre chambre, je vous ferais signe en cas de besoin.

Je tremblais de rage et d'impuissance. Je m'inclinais avec raideur et partis en faisant claquer la porte. Je courus jusque dans ma chambre, Draco, Pansy, Narcissa, Blaise et mes deux gamins étaient là. Je m'avançai vers le bar où je me servis un bon whisky que j'avalais d'une traite. Je reposais le verre, de nouveau d'attaque, les autres continuaient de m'observer, Draco s'avança vers moi. Je lui adressais un sourire mélancolique.

- Je suppose que c'était une belle histoire Draco. Mais, apparemment c'est fini. Te voilà à une autre. J'avais pas prévu que ça finirait si vite, ni comme ça. En fait, j'avais même pas prévu que ça s'arrête. Que c'est prétentieux, de se croire à l'abri. Quelle jolie naïve je dois faire, souris-je avec auto-dérision.
- Ce n'est pas fini, Hermione, mon coeur, ne dis pas ça. Je ne peux pas envisager ma vie sans toi... Ce n'est même pas imaginable. Tu es à moi, Hermione, au même titre que je t'appartiens. Que je sois marié n'y change rien.
- Cela ne fait qu'une personne de plus à tromper, réfléchis-je à voix haute. Mon mari a dit que tu resterais mon protecteur, donc le prétexte st déjà tout trouvé. Et en plus, il m'a quasiment répudiée, à mon plus grand désarroi. Tu n'auras qu'à mettre ta femme enceinte et ensuite, tu m'appartiendras de nouveau, m'exclamai-je.
- Tu restes avec moi, demanda Draco plein d'espoir.
- Oui, Draco. Je reste à toi. Mais plus maintenant. Je ne te laisserais plus me toucher jusqu'à ce que ta femme enfante. Je ne supporterais pas de passer après elle. Ni même avant.
- Mais... Je ne suis pas encore marié !
- Eh bien, cela ne change rien, soupirai-je. Mais je t'autorise à m'embrasser, souris-je.

Draco resta un moment sans geste ni parole, puis finit par hausser les épaules. Il avait compris que c'était le mieux pour nous deux, pour mon honneur et pour ma raison, lui il ne mettra pas de doutes dans l'esprit de son père et il me garderait.
Comme il est difficile d'être amoureuse.