Hey ! Alors pour être honnête, ce chapitre aurait dû sortir hier soir, je l'avais corrigé et tout, et j'ai fais une fausse manip qui m'a tout enlevé, donc comme j'étais crevée, j'ai eu la flemme de tout recommencer... Et d'ailleurs il doit encore y avoir des fautes, je m'en excuse platement, mais j'ai vraiment pas la motivation pour tout relire... Désolé ! Bref, je ne vais pas m'attarder en bavardages inutiles, la fatigue y étant pour beaucoup, donc... Bonne lecture et à la semaine prochaine ! Bye~
Réponses aux reviews :
Lou-chan : Hey ! Alors déjà merci pour ton review ! Et... J'avais déjà prévenu au début de cette fic et au début de la partie 2 qu'il y aurait de l'inceste ! Ne pas le redire au début du chapitre était un choix, parce que je ne voulais pas gâcher "la surprise", je ne veux pas tout dévoiler à chaque début de chapitre, donc j'indique juste le rating s'il passe à M. Mais désolée si ça t'a choquer ! Eh oui, le pauvre Arthur... Difficile de faire autrement avec l'enfance qu'il a eu ! En tout cas merci de continuer à lire !
Rating : M (ou T, mais dans le doute, on va dire M)
Dire qu'Arthur ne comprenait plus rien était un euphémisme. Il s'était réveillé (ou plutôt avait vaguement reprit connaissance) contre son frère, dans son lit, et encore tout engourdis par le sommeil et affaiblis par sa fièvre, il s'était juste dit que c'était agréable, et qu'il fallait qu'il en profite. Ce genre de chose était suffisamment rare (exceptionnel, même), pour qu'il sache qu'il devait enregistrer chaque sensation. Il avait donc mémorisé le souffle tiède de la respiration d'Allistor qui venait s'échouer sur sa nuque, sa grande main posée sur son ventre qui lui prodiguait une chaleur agréable, son torse solide contre son dos, et ses genoux qui touchaient l'arrière de ses cuisses. Il avait essayé, malgré la fièvre, de se rappeler de tout ça. Il savait qu'il n'aurait plus d'autre occasion de se retrouver dans cette situation. Même à moitié dans les vapes, il restait un minimum lucide. Il avait cependant laissé l'inconscience le reprendre, à défaut de pouvoir lutter.
Et Allistor était partit. La chambre était vide lorsqu'il avait rouvert les yeux, visiblement en fin de matinée voire en début d'après-midi. Il avait faim, mais son corps était trop douloureux pour qu'il songe à bouger. Et il était faible. Tellement que ses bras se seraient mis à trembler s'il avait été capable de se redresser un peu. De longs frissons le secouaient, accompagnés de sueurs froide, et il eut beau se rouler un peu plus en boule sous ses couvertures, il ne parvenait pas à se réchauffer. Il ne se ferait jamais à la fièvre…
La porte tourna doucement sur ses gonds, et Arthur s'autorisa à sortir sa tête de son cocon, malgré lui plein d'espoir.
-Oh, tu es réveillé ? Comment tu te sens ?
Il aurait dû le savoir, pourtant, depuis le temps… Allistor ne s'inquiétait pas pour lui, ne s'inquiétait plus, et se foutait royalement de ce qui pouvait lui arriver. Et pourtant, à chaque fois il revenait, il refaisait quelque chose qui donnait un minuscule espoir à son cadet, et repartait comme un voleur, comme si ça n'était jamais arrivé. Peut-être qu'Arthur avait rêvé ce moment, ce matin, où il était pelotonné contre son aîné… Peut-être… Il n'était plus sûr de rien, de toute façon.
Las, il se laissa glisser à nouveau sous les draps et grogna pour donner un semblant de réponse à Francis. Il entendit ce dernier refermer la porte, mais il n'eut pas à vérifier pour savoir que le Français était toujours là. Au contraire d'Allistor, il le maternait toujours, bien qu'il profite aussi de sa faiblesse pour lui lancer des piques bien sentit. Ce n'était pas vraiment un jeu, entre eux, c'était plutôt… Naturel. Arthur n'était pas à l'aise dans les relations normales, et il n'avait rien trouvé de mieux que de se prendre continuellement le bec avec le Français. Ce dernier le lui rendait bien, cela dit.
-Kate m'a demandé de te monter un peu de soupe, si tu as faim. Tu n'es pas obligé de tout manger, le but n'est pas de te faire vomir. Et Pierce repassera dans l'après-midi pour prendre ta température.
-Tu te prends pour ma secrétaire… ?
-Non, juste pour une personne censée qui doit gérer un idiot.
-Je ne suis pas idiot.
-Il n'y a qu'un idiot qui continuerait de forcer alors qu'il est malade.
Vexé, Arthur ne répondit rien. L'odeur du potage lui parvint malgré l'épaisseur de tissu qui le couvrait, et il déglutit lourdement. Ses sueurs froides ne partaient pas, il avait toujours l'impression que son corps n'était qu'une grosse boule de coton, mais il ne pouvait pas supprimer la faim qui tordait son estomac. Pour autant, même boire cette soupe lui paraissait au-dessus de ses forces.
-Tu sors de là ? Ou il faut que je te fasse passer une paille ?
-La ferme, stupid frog…
Francis écarta doucement les deux couvertures qui couvraient le petit blond, veillant cependant à ce qu'elles continuent de couvrir une grande partie de son corps. Seigneur, il était incroyablement pâle…
-Je t'ai connu en meilleure forme…
-Je t'ai connu plus silencieux…
Un petit sourire vint ourler les lèvres du Français, qui haussa les épaules tout en l'aidant à se redresser.
-Je ferais moins de bruit si un certain Anglais ronchon avait eu la bonne idée de se reposer avant de totalement s'effondrer.
-J'allais très bien…
-Je pense qu'il va falloir que tu revoies ta notion de « aller bien ».
Arthur grimaça jusqu'à être appuyé contre un oreiller, et sentit sa tête se mettre à tourner face au changement de position. Il allait recracher tout ce qu'il allait avaler, c'était obligé… Mais il avait tellement faim…
-Kate a dit qu'il valait mieux que tu manges doucement, au cas où. Et tu peux prendre ton temps.
-Où es… Hum…
-Ton frère ? compléta doucement Francis. Il est parti faire un tour, je crois.
-Avec Gilbert, marmonna Arthur, les yeux brillants de jalousie inavouée.
-Non, tout seul. Il a dit qu'il avait un truc à faire, en ville. Et il ne voulait pas que Gil l'accompagne.
Profondément surprit, Arthur dévisagea le Français à la recherche d'une trace de mensonge, mais ne trouva rien. Il n'avait pas vraiment la force de réfléchir à tout ça, mais il n'arrivait pas à comprendre. Il aurait dû se sentir soulagé, bien sûr : Allistor n'était pas partit s'amuser avec l'albinos en le laissant seul ici. Mais tout ce qu'il ressentait, c'était une inquiétude croissante. Comme un mauvais pressentiment Contrairement aux apparences, son frère n'était pas vraiment une personne solitaire, et il était assez rare qu'il sorte seul.
-C'est un grand garçon tu sais ? Ne t'inquiète pas pour lui. Si ça se trouve, il cherche un travail, c'est ce que Gilbert fait. Enfin normalement.
-Ah bon ?
-Hm. Je crois que nous voir chercher du travail, Tonio et moi, ça l'a réveillé. Et Allistor à dû suivre.
Peut-être, oui… Ou peut-être pas. Comment savoir ? Arthur n'était pas sûr que qui que ce soit puisse se vanter de comprendre ce que pensait Allistor. Il était terriblement imprévisible, et même s'il s'était calmé depuis leur arrivé ici, il avait toujours cette étincelle farouche dans le regard, comme s'il allait faire la plus grosse connerie possible. Pas une connerie gentille comme celle du trio infernal, non, un truc grave. Jusqu'ici, il n'avait rien fait de répréhensible, et Kate semblait penser que tout cela n'était qu'une fausse intuition, mais Arthur n'y croyait pas. Même s'il ne le comprenait pas, il connaissait son frère.
-Alors ? Tu manges ?
-Ouais… C'est à quoi ?
-Courgette. Tu aimes ça, non ?
Le petit blond hocha la tête, et après un effort infructueux et terriblement humiliant, il dû laisser le Français le nourrir. Il devait y aller petite gorgée par petite gorgée, pour être sûr que son estomac n'allait pas tout rejeter, mais jusque-là, il n'avait pas eu un seul haut-le-cœur. Ca faisait du bien. Le liquide épais et tiède coulait doucement dans sa gorge et semblait le réchauffer de l'intérieur. Il se sentait tellement bien qu'il ne ressentait même pas l'envie de se disputer avec Francis. Il en arrivait presque à apprécier sa présence. Presque, parce qu'il ne fallait pas déconner, Francis restait Francis, un putain de Français bouffeur de grenouille.
-T'as pas cours, aujourd'hui… ?
-Non, mes profs sont en formation. En parlant de ça, je peux te poser une question ?
-Tu me la poseras même si je te dis non… grommela l'Anglais avant d'avaler une autre cuillère de potage.
-Le garçon qui t'a ramené hier, c'est un de tes amis ?
Surprit, Arthur le dévisagea un moment, avant de comprendre ce qu'il disait. Hier, hein ? C'était assez flou… Il se rappelait vaguement de son atroce migraine, de ces filles qui voulaient se venger sans aucune raison valable, de la course-poursuite dans le couloir (et encore, c'était tout juste s'il se souvenait avoir eu un point de côté), et un placard…
-De qui tu parles ?
-Un garçon, assez grand, blond, yeux bleus. Il est assez musclé, de ce que j'en ai vu, et il y a un accent… Hum... Américain, peut-être.
Pour le coup, les yeux d'Arthur s'ouvrirent en grands. Oh merde. Evidemment. Alfred. C'était forcément Alfred. Qui d'autre l'aurait ramené jusqu'ici, de toute façon ?
-Arthur ?
-C'est… Une connaissance… On n'est pas vraiment amis…
-Il t'a quand même ramené jusqu'ici…
C'était tout lui, ça… A coup sûr, il avait cru que c'était héroïque… Seigneur, il était tellement gêné, maintenant… Comment allait-il pouvoir encore le regarder en face ? Si les gens apprenaient qu'il vivait en foyer… Eh bien, il ne savait pas exactement ce qui se passerait, mais il était sûr d'une chose : il ne voulait pas que cela arrive. Mais Alfred n'était pas du genre à balancer… Ou si ? Il était rare qu'il réfléchisse avant de parler, après tout…
-Tu le connais depuis longtemps ?
-Pourquoi tu poses toutes ces questions ? Et pourquoi, bordel, tes yeux brillent ?!
-Arthur, mon lapin, ça fait quatre ans que je te connais et c'est la première fois que j'entends parler d'une façon ou d'une autre d'un de tes camarades. Pire, ledit camarade te ramène jusqu'ici alors que tu es malade. Je pense que c'est normal que je te pose des questions.
-I'm not your bloody rabbit !
Gêné, l'Anglais détourna le regard, les joues rouges. Pourquoi est-ce qu'il était aussi mal à l'aise ? Alfred était juste une connaissance, certes ils passaient pas mal de temps ensemble, et ils allaient souvent au café à la fin des cours, mais… Ce n'était pas comme s'ils étaient vraiment amis. Et même si c'était le cas, ça n'aurait pas dû le gêner de parler de lui. Pourtant, ses joues rouges disaient tout le contraire. Il ne se comprenait pas. Ca devait être la fièvre. Oui, ça devait être ça.
-Alors ? Tu le connais depuis longtemps ?
-Il est en deuxième année… Donc depuis l'année dernière, marmonna-t-il.
Francis lui tendit une nouvelle cuillère de soupe, et ça ressemblait beaucoup trop à une récompense pour qu'Arthur ne le fusille pas du regard.
-Et il s'appelle comment, ce beau jeune homme ?
-Alfred, et il n'est pas beau !
-Tu es mignon, Arthur, mais crois-moi, je suis bien placé pour reconnaitre quelqu'un qui est beau ou non.
-Parce que tu enchaines les conquêtes d'un soir ?
-Je préfère dire que j'aime les gens en général, mais dis ça comme tu veux.
-Coucher un peu partout ne te permet pas de dire si quelqu'un est beau ou pas.
-Par expérience, je t'assure qu'il est très bien foutu pour son âge. Il a un an de moins que toi, c'est ça ?
Le sourire malicieux du Français ne laissait rien présager de bon, mais Arthur hocha tout de même la tête, les sourcils froncés par la méfiance.
-Un an de moins… Et il fait une demi-tête de plus que toi et deux fois ton poids.
-Shut up !
-Ce n'était pas un reproche. Je te fais juste remarquer que tu ne peux pas dire qu'il n'est pas bien foutu.
Cet idiot avait le don de le mettre en rogne… Mais c'était lui qui le nourrissait, alors il ne pouvait pas non plus lui dire de dégager. Sans compter qu'il ne lui aurait certainement pas obéis.
-Tu l'aimes bien ?
-Qui ?
-Alfred, espèce d'idiot.
-Je t'ai déjà dit qu'on n'était pas ami.
-Et alors ? Il n'y a pas forcément besoin d'être ami pour apprécier ou non quelqu'un.
-Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Il est chiant, arrogant, bruyant, il s'invite sans arrêt dans mon bureau, il ne va jamais à ses heures de colle si je ne vais pas moi-même le chercher, il est toujours entouré d'une horde de groupies stupides, et…
-Mais tu l'aimes bien, coupa Francis avec un petit sourire.
-Pourquoi est-ce que tu fais toujours des raccourcis de merde…
-N'essaye pas de me mentir Arthur, et évite de te mentir à toi-même, au passage. Ca se voit à ta tête que tu l'aimes bien. Et je ne pense pas qu'une personne que tu détestes aurait pris la peine de te ramener ici, alors qu'on est paumé en pleine campagne.
-Et pourquoi pas… ?
-Tu crois vraiment à ce que tu viens de dire ?
-Bon, d'accord, il n'est… Pas aussi insupportable que ça, quand on s'y habitue.
Le bol de soupe était désormais terminé, et Francis l'aida à se recoucher sous les draps. Doucement, le grand blond posa une main sur le front d'Arthur, et lui sourit.
-Je sais qu'Allistor ne le fera pas, parce qu'il est au moins aussi têtu et de mauvaise foi que toi, alors je vais le faire à sa place…
Oh… Arthur le sentait mal… Et il était trop faible et trop fatigué pour éviter la discussion qui s'annonçait.
-Est-ce que tu es amoureux ?
-Pardon ?
-Amoureux. De quelqu'un, peu importe qui.
-Bien sûr que non !
-Pourquoi est-ce que tu as l'air de croire que c'est une mauvaise chose ?
-Ce n'est absolument pas ça !
Francis rit un peu, et s'assit plus confortablement sur le lit de l'Anglais. Ce dernier nota qu'il portait pour une fois un t'shirt bleu ciel Ca changeait de ses chemises…
-Enfin, au cas où tu serais amoureux, parce que ça va finir par arriver, je ne m'inquiète pas pour toi, n'hésite pas à m'en parler, d'accord ? Je sais que c'est un sujet assez sensible entre toi et ton frère, et tu n'es pas obligé de lui en parler, mais je pense que ça pourrait être bien que tu puisses en discuter avec quelqu'un.
-Tu te reconvertis en psychologue… ? Est-ce que les grenouille ont le droit d'être psychologue ?
-Si tu pouvais juste m'écouter et arrêter d'être désagréable… Enfin bref, autre chose, peu importe que tu sois amoureux d'un garçon ou d'une fille, ça ne fait pas de toi quelqu'un de moins bien que les autres, ni quoi que ce soit. Et ton frère n'a pas le droit de t'en vouloir pour ça. Enfin, je ne pense pas qu'il t'en voudra, mais tu le connais, il est toujours un peu maladroit avec les mots, alors…
-Francis. Je ne suis pas amoureux. Et même si c'était le cas, je ne t'en parlerais certainement pas.
Même s'il disait ça… Pourquoi ses joues étaient-elle aussi rouges ?!
-Comme tu veux.
Francis se leva, pas l'air vexé pour un sou, et lui sourit. A nouveau, Arthur fut parcouru d'un frisson qui n'annonçait rien de bon…
-Et si tu as besoin de conseil, quand tu passeras aux choses sérieuses, n'hésite pas !
Son sourire pervers ne laissait pas de place au doute quant à ce qu'il insinuait par « choses sérieuses »…
-Get out !
.
Gilbert était allongé à plat ventre sur son lit, boudeur, tenant à bout de bras un magazine qu'il avait déjà lu une bonne centaine de fois. Il ne trouvait rien à faire. Quand Allistor était là, ne rien faire ne le gênait pas le moins du monde, mais seul, ça n'avait plus aucun intérêt.
Ce salopard était parti seul. Soi-disant qu'il « avait quelque chose à faire et il n'avait absolument pas besoin de lui ». Ca voulait dire quoi, ça ?! Il était encore capable de se tenir en public, merde ! Ah moins qu'il ne cherche encore une nana avec qui coucher… Auquel cas, effectivement, la présence de l'albinos n'était pas requise. Mais il n'aimait pas être mis de côté… S'il avait été un peu plus courageux, il aurait insisté pour l'accompagner, peut-être même qu'il aurait cherché, lui aussi, une fille qui aurait bien voulu passer un peu de temps avec lui… Mais il ne se faisait pas d'illusion : son physique faisait plus peur qu'autre chose. Il était awesome, certes, mais tout le monde ne pouvait pas le voir.
Et puis c'était bizarre. Allistor avait été en panique totale la veille à cause de l'état d'Arthur, et à peine réveillé, il décidait de se tirer. Il y avait un truc qui clochait. Quelque chose de pas net. Malgré lui, le Prussien commença à s'imaginer les pires scénarios. Si ça se trouvait, il allait se défoncer dans un coin, ou déclencher une bagarre dont il ne ressortirait pas indemne… C'était tout lui, ça. Il ne réfléchissait jamais avant de cogner. Pas que l'albinos soit meilleur que lui sur ce point-là, cela dit…
Alors qu'on toquait à la porte, Gilbert se redressa sur les coudes, un sourcil arqué. Francis et Antonio ne prenaient jamais la peine de frapper (ce qui était logique étant donné que c'était leur chambre), Allistor était barré Dieu seul savait où et de toute manière ne frappait pas, et Arthur n'était absolument pas en état de se tirer du lit. Alors qui ?
-Entrez.
Ses yeux rubis s'écarquillèrent doucement alors qu'Elizabeta poussait la porte, une pile de linge sous le bras. Rapidement, l'albinos se repassa tout ce qu'il avait fait depuis qu'il s'était levé, histoire de vérifier qu'il ne risquait pas de se prendre un coup de poêle. Sa tête avait trop souffert à cause de cet ustensile de malheur.
-Ton linge. Tu l'as encore oublié.
-Je pensais pas qu'il serait prêt aussi tôt.
Il s'extirpa lentement du lit, laissant le temps à son corps de se détendre et de retrouver toute sa mobilité. Grandiose idée que de s'allonger sur le ventre…
-Merci.
-Tu as encore tiré les rideaux…
Gilbert se sentit obligé de vérifier, bien qu'il se rappelle très clairement avoir rabattu les deux bouts de tissus en entrant dans la chambre quelques heures plus tôt.
-Ouais, pourquoi ?
-La lumière te dérange ?
-Quoi ?
-La lumière. Ca te gêne ? Plus ça va plus j'ai l'impression que tu évites les endroits trop éclairés.
-Tu m'espionnes, maintenant ?
-Bien sûr que non !
Vexé, Elizabeta croisa les bras sur sa généreuse poitrine et détourna le regard.
-Ca se voit, c'est tout. Arrête de croire que tu es le centre du monde.
Piqué à vif, Gilbert fronça les sourcils et préféra hausser les épaules plutôt que de répondre. Il ne pensait pas être le centre du monde. Mais il ne pouvait pas dire qu'il n'aurait pas apprécié qu'Elizabeta remarque ce genre de chose en s'intéressant à lui, plutôt que par pur hasard. Il ne se l'expliquait pas. Cette femme était une grande dangereuse, qui le cognait avec une putain de poêle, mais malgré tout… Malgré tout, il aurait bien aimé qu'il soit autre chose pour elle qu'un simple branleur tout juste bon à s'attirer des ennuis. Une colère sourde commença à monter en lui. Ca non plus, il ne se l'expliquait pas. Mais il ne s'expliquait pas la moitié des choses qui lui arrivait, alors un peu plus ou un peu moins…
-Tu sais quoi ? murmura-t-il, la voix basse. Si je supporte plus la lumière, c'est parce que mon putain d'albinisme va finir par me rendre aveugle. Pour l'instant, j'y vois juste que dalle quand il y a trop de lumière, mais si ça se trouve, dans quelques années je pourrais même pas me repérer dans ma propre chambre.
-Si tu protèges tes yeux, il n'y a aucune raison que ça…
-Et si je veux pas ?
Malgré lui, il commençait à élever la voix. Elle ne réagissait pas vraiment. A peine de la compassion. Pas de larmes, pas d'inquiétude, rien. Alors c'était ça ? Pour elle, il n'était qu'un pauvre gars qui finirait bien par quitter ce foyer, de gré ou de force ?
-Et si je veux pas protéger mes yeux ?! Personne n'en a rien à foutre, de toute façon ! Ca changera quoi, pour vous ?! Rien ! Absolument que dalle !
-Gilbert, qu'est-ce que tu…
-Dégage !
Sa voix sembla résonner bien longtemps après que les mots aient quitté sa bouche. Le pire dans tout ça, c'était qu'il ne regrettait même pas. Il n'arrivait tout simplement pas à regretter. Il avait mal, certes, mais c'était plus à cause du désintérêt d'Elizabeta que de lui avoir crié dessus. Elle le dévisagea un moment, ses beaux yeux verts olives brillants d'un mélange éparse d'émotions, ses longs cheveux bruns encadrant son visage fin. Enfin, elle hocha doucement la tête, et recula. Sans un mot, elle quitta la pièce, et Gilbert n'était plus sûr de savoir si son silence le mettait hors de lui ou le réduisait en miettes.
.
-Yo, Prez.
Arthur entrouvrit les yeux, incapable de comprendre ce qui se passait autour de lui. Tout était trop vague, trop embrouillé…
-Je t'ai ramené des beignets. Et tes cours. Matthias à un peu râlé, mais j'ai réussis à le convaincre de tout récupérer, alors normalement il ne manque rien…
Emettant un vague gémissement plaintif, l'Anglais essaya de bouger un bras, la tête, peu importe. Il y avait quelqu'un qui lui parlait, il commençait à en avoir conscience, mais les mots ne semblaient pas avoir de sens. Il les entendait sans les comprendre.
-Tu as manqué un entrainement. C'est dommage, j'ai été un vrai héro ! Tu aurais dû voir le touch down que j'ai mis…
Alfred… Il n'y avait qu'Alfred qui se serait nommé « héro ». Mais c'était absurde… Alfred ne savait même pas qu'il était ici… Ou si ? Francis avait dit que c'était lui qui l'avait ramené, non ? Mais même si c'était le cas, il n'y avait aucune raison pour qu'il vienne le voir… C'était ridicule…
-J'ai essayé de faire ton travail, mais j'avoue que je suis un peu nul avec les chiffres, alors je t'ai laissé les feuilles de la compta… Par contre j'ai distribué les heures de colles ! Et c'est pas un peu exagéré que ce soit toi qui gère tout ça ?! Ils foutent quoi à l'administration ?!
-Alfred… réussit à grommeler Arthur. Arrête de gueuler…
-Oh, tu es réveillé ?
Tout souriant, l'Américain se pencha vers lui, et lui adressa un clin d'œil derrière ses lunettes. A nouveau, Arthur se força à croire que c'était la fièvre qui lui brûlait ainsi le visage.
-Tu m'as entendu ? Je t'ai ramené tes cours. Tu n'as pas à faire tes leçons, hein, évidemment. Quoi que tu vas sûrement les faire quand même… Je n'aurais peut-être pas dû te les ramener, du coup.
-Idiot… Tu crois que je suis en état de bouger ?
-Tu n'étais pas vraiment en état de venir en cours non plus, et pourtant tu l'as fait.
Oh putain, ils le faisaient tous chier à utiliser cet argument de merde…
-Enfin bref ! Tu peux manger ?
-Ca dépend quoi…
-Je t'ai ramené des beignets au chocolat ! Tu aimes le chocolat, non ?
Dépassé, Arthur haussa les épaules. Il n'était pas sûr d'être en état de supporter l'énergie d'Alfred. Autant s'économiser.
-Tu veux en manger un maintenant ?
-Je n'ai pas très faim…
-Tout le monde à faim quand on est malade !
Sans lui laisser le temps de répondre, Alfred l'attrapa sous les aisselles et le redressa avec une aisance assez étonnante. Arthur savait qu'il ne pesait pas lourd, mais quand même !
-L… Lâche-moi !
-Hu ? Pourquoi ? Tu as besoin d'aide, non ?
-Peu importe, lâche-moi !
L'Américain rit un peu, et leva les mains en signe de reddition.
-Qu'est-ce que tu fais là, d'abord ? ronchonna Arthur, dont le visage était plus rouge que ce qu'il aurait voulu.
-Je suis venu te voir, bien sûr ! Tu as vu un médecin ?
-Pourquoi ?
-Pour savoir ce que tu as, quoi d'autre ?
Le roulement d'yeux d'Alfred agaça moins Arthur que ce qu'il aurait cru. C'était presque amusant. Presque. La fièvre devait le faire dérailler sévèrement pour qu'il puisse penser ça…
-Juste du surmenage, je suppose… Ca ira mieux dans quelques jours.
-Surmenage, hein ? Bah, ça m'étonne pas, en même temps, monsieur « je ne tombe jamais malade ».
-Shut up !
A nouveau, Alfred partit dans un de ses rires francs que lui seul pouvait faire, et brandit un sachet en papier kraft.
-Alors, on les mange ces beignets ?
.
Accoudé au même bar que d'habitude, sur le même tabouret, Allistor regardait les glaçons flotter à la surface de son whisky. Il n'avait pas vraiment prévu de venir ici, mais il était passé devant le bar désormais familier, et il s'était finalement dit qu'il pouvait toujours s'y arrêter. Arthur irait mieux aujourd'hui, de toute façon, non ? il pouvait bien se permettre de rentrer plus tard… Machinalement, il regarda le sac plastique qu'il avait posé sur le tabouret à côté de lui. Il avait été acheter quelques bouquins à son frère sur un simple coup de tête, ne supportant plus de rester enfermé dans cette chambre, ni dans le foyer. Ca l'avait pris comme ça, au réveil. Et puis finalement, il avait trainé en ville toute la journée, pas qu'il ait grand-chose d'autre à faire. Il avait presque regretté d'avoir empêché Gilbert de l'accompagner. Mais il savait qu'il n'aurait pas supporter sa présence dans un moment pareil. Un de ces moments d'incompréhension et de doute qui suivaient auparavant les trop graves blessures d'Arthur. Que faire ? Il ne pouvait pas se permettre de rester proche de son frère, déjà parce que sa simple présence le mettait hors de lui, mais aussi parce qu'il n'aimait pas la personne qu'il était lorsqu'ils étaient ensemble. Il n'aimait pas toutes ces choses qu'il faisait sans réfléchir. Il n'aimait pas les émotions et les pensées que tout cela ramenait. Alors quoi ? Il ne pourrait pas l'éviter éternellement, ils étaient dans la même chambre. Et même s'il demandait à aller définitivement dans la chambre de Francis, Gilbert et Antonio, ils se croiseraient toujours dans le foyer. Il se sentait coincé. Coincé, et en même temps incapable de comprendre ce qui l'acculait. Il ne s'expliquait pas tous ces sentiments à l'égard d'Arthur. Encore moins son attitude. C'était juste comme ça. Une sensation qui le prenait aux tripes et qui l'empêchait d'être lui-même.
-Excusez-moi, je peux m'assoir ?
Sortit de sa profonde réflexion, Allistor eut le réflexe de fusiller du regard la personne qui avait osé le déranger. Il se radoucit bien vite, surtout grâce à la surprise, en apercevant un visage effrayé et clairement féminin. Elle fit un pas en arrière, et le rouquin prit le temps de la détailler du regard avant de faire quoi que ce soit d'autre. Elle était assez petite, aux alentours du mètre soixante-dix, avec de longs cheveux d'un noir de jais. Ses yeux semblaient presque gris tant ils étaient clairs, légèrement en amande, encadrés de longs cils tout aussi noirs que ses cheveux. Son nez était droit, quoique légèrement en trompette, mais cela semblait affiner encore un peu son visage. Ses lèvres étaient rosées, pulpeuses, et elle se mordilla d'ailleurs celle inférieure, certainement gêné par son regard. Il ne s'arrêta pas pour autant et descendit plus bas, sur le col de sa chemise qui n'était pas assez plongeant pour offrir un décolleté satisfaisant, mais qui donnait tout de même une bonne idée de ses formes. Il descendit encore, confirma qu'elle avait un joli tour de poitrine, continua sur ses hanches étroites, sur un jean slim, et finit par remonter pour se concentrer sur son visage.
-Vous demandiez quoi ?
-A… A m'assoir… Mais je peux aller ailleurs, si vous préférez !
-Non, vous pouvez rester.
Il retira son sac plastique du tabouret à côté de lui et le posa à ses pieds. C'était justement quand il ne cherchait pas une nana qu'il en trouvait une… Enfin, peut-être qu'inconsciemment il était venu ici dans ce but. C'était devenu une habitude. Ceci étant dit, il n'était pas sûr d'obtenir grand-chose de celle-là. Elle semblait… Timide ? Mais bon Dieu ce qu'elle était jolie… Il la regarda se hisser sur le tabouret et commander un cocktail sans alcool, ses longs cheveux noirs comme l'encre et incroyablement lisses épousant naturellement la courbe délicate de son dos. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il remarqua le bordel inhabituel qui régnait dans le bar. Une petite quinzaine d'étudiant avaient investis les lieux, hilare et terriblement bruyant.
-Fin des partiels, souffla la jeune fille à côté de lui. Ils voulaient venir là pour fêter ça.
Il tourna à nouveau toute son attention sur elle, alors qu'elle continuait d'observer ses camarades s'installer à une table.
-Et vous n'allez pas avec eux ?
-Je ne suis pas vraiment venue là par plaisir, avoua-t-elle en secouant la tête. Mais ma colocataire m'a demandé de l'accompagner, et comme elle termine souvent bourrée, il faut quelqu'un pour la ramener.
Il hocha platement la tête. Au fond il s'en foutait. Il siffla son verre de whisky et en demanda un autre d'un geste de main. Le barman commençait à bien le connaitre.
-Quelle fac ?
-Economie. Le campus au bout de la rue.
Ils furent tous deux servis, et un étrange silence s'installa. Allistor sentait son regard se balader sur lui de temps à autres, et il ne pouvait pas dire qu'il n'avait pas louché sur sa poitrine bien dessinée par sa chemise, mais d'une certaine façon, il pressentait qu'il ne se passerait rien ce soir. Elle n'avait pas l'air d'être ce genre de fille.
-Moi c'est Maria…
-Allistor.
-Vous habitez dans le coin ?
-Nan. J'imagine que vous, si.
-En face du campus, acquiesça-t-elle.
Allistor bu encore deux verres avant de décider qu'il serait temps de rentrer. La jeune fille à côté de lui semblait fatiguer, et sa tête partait régulièrement en avant.
-Faudrait peut-être songer à y aller, lui souffla-t-il en se levant.
-Il faut que je la ramène, marmonna-t-elle en désignant l'amas d'étudiant déjà bourré.
-Elle trouvera quelqu'un, c'est une grande fille. Vous devriez rentrer avant de vous endormir sur le comptoir.
Elle le dévisagea un moment, ses grands yeux gris brillant étrangement, avant d'hocher la tête et de se lever à son tour. Allistor en profita pour récupérer son sac plastique, avant de l'oublier, et tira de sa poche son porte-monnaie. Il s'en foutait un peu que tout son fric parte dans l'alcool. Ce n'était pas comme s'il avait quoi que ce soit de mieux à acheter…
-Je vous raccompagne ?
-Je… Oui, si vous voulez…
Amusé par sa gêne évidente, Allistor salua rapidement le barman et accompagna Maria le long du trottoir. Le silence n'était pas désagréable, mais il savait que la jeune fille stressait et se posait tout un tas de questions. C'était légitime, sûrement… Lui-même ne savait pas trop quoi faire. Tenter sa chance ? Ou lui demander un numéro de téléphone pour la contacter plus tard ?
-C'est ici…
Il s'était arrêté devant un immeuble assez abimé mais salubre, en face d'une grande place entourée d'arbres. De l'autre côté se trouvait la fac d'économie et de sciences, dont seul le portail en fer forgé noir était visible.
-Vous voulez monter ? Enfin je veux dire… Vous n'êtes pas obligé, hein, c'est juste si…
-Avec plaisir.
Elle était mignonne quand elle rougissait… Elle était totalement différente de la fille avec qui il avait couché pour la première fois. Ce n'était pas désagréable, ceci étant dit. Et de toute façon, il avait été tellement submergé par l'adrénaline qu'il ne se souvenait plus précisément de ce qu'il s'était passé avec cette fille. Encore moins de son nom. Il avait un sérieux problème avec les noms…
Il la regarda taper un code pour déverrouiller la porte, et la suivit dans un hall faiblement éclairé. Il n'y avait pas d'ascenseur, et ils montèrent en silence jusqu'au quatrième étage. Allistor ne pouvait s'empêcher de suivre des yeux les ondulations douces de ses cheveux, comme s'ils étaient faits d'eau.
-C'est pas super rangé, alors… Faites pas attention au bordel.
Elle ouvrit une porte qui portait le numéro vingt-et-un, et il entra avec elle dans un appartement juste assez grand pour y vivre à deux. Le salon était un peu étriqué, l'espace semblait envahi par un canapé qui avait déjà bien vécu et un grand meuble sur lequel reposait de nombreux livres et babioles. Une petite table encombrée se trouvait entre les deux, permettant tout juste le passage. Une porte donnait sur ce qui semblait être une petite cuisine, et un couloir partait sur la droite.
-Vous… Vous voulez boire quelque chose ?
-Ouais, pourquoi pas.
-Je crois qu'il reste un peu de rhum…
-Ce sera très bien, merci.
Elle lui sourit, un de ces sourires timides qu'elle ne cessait de lui offrir depuis qu'ils s'étaient rencontrés. Il sentit son cœur s'emballer légèrement. Elle était vraiment belle. Peut-être qu'il pouvait tenter… Ils étaient dans son appartement, elle se sentirait peut-être plus en sécurité… Doucement, il posa le sac plastique contenant les livres près de la porte, sur le lino un peu abimé.
Maria revint avec deux verres, dont un rempli avec du rhum. Elle souriait toujours, et lorsqu'elle lui eut donné sa boisson, elle se mit à faire un peu de place sur le canapé pour qu'ils puissent s'assoir.
-Vous savez, hum… On… On ne ramène pas d'homme, normalement, dans l'appartement…
-Ah bon ?
-Ouais, c'est… Enfin…
Elle rougit brusquement et détourna le regard, préférant se concentrer sur la fenêtre. Amusé, Allistor s'assit sur le canapé, près d'elle, et but une petite gorgée de son verre. Il ne comprendrait jamais pourquoi il se sentait soudain plein d'assurance avec les filles. Surtout quand il les draguait, en fait. Parce que c'était ce qu'il faisait, là, non ?
-Et pourquoi ai-je l'honneur d'être ici ?
-Je ne sais pas… Je… Je voulais que vous veniez, je crois…
Elle tourna à nouveau la tête vers lui, les joues rouges, les yeux brillants d'incertitude et d'espoir. Ses lèvres étaient légèrement entrouvertes, toute trace de sommeil avait disparu, et quelque part, Allistor la trouva encore plus attirante qu'avant.
-Vous… Vous n'êtes pas comme les autres…
-C'est-à-dire ?
-Je ne sais pas… Vous faites… Plus adulte ? Moins idiot… Moins bruyant…
-Rien que ça…
Maria passa sa langue sur sa lèvre inférieure, puis se décala très légèrement vers lui. Il s'était visiblement trompé. Il y avait une chance pour qu'il se passe quelque chose entre eux dès ce soir. Pas que ça lui déplaise, loin de là. Il prit une autre gorgée de rhum, sans la lâcher des yeux, et s'amusa de la voir suivre le mouvement de sa gorge lorsqu'il avala.
-On reste planté là comme des idiots ? finit-il par demander avec un sourire en coin.
-Je ne suis pas idiote…
-Moi non plus.
Elle s'approcha un peu plus, et lassé d'attendre, Allistor combla la distance entre eux. Sa main vint immédiatement se perdre dans ses cheveux de jais, alors que leurs lèvres se scellaient. Un profond soupir de soulagement lui échappa. Seigneur, depuis combien de temps n'avait-il pas embrassé quelqu'un ? Maria se colla à lui, ses mains se posèrent sur ses épaules, et elle était presque assise sur ses cuisses. Elle était toute petite… Si fine, si fragile…
-J'ai pas de capotes, prévint-il dès qu'il eut cessé de l'embrasser.
-Il doit y en avoir… Dans la salle de bain.
-Mais vous ne ramenez pas de gars ici, s'amusa-t-il.
-Ca ne veut pas dire qu'on n'a pas de préservatifs…
Ce fut elle qui initia le baiser suivant, grimpant définitivement sur ses cuisses. Allistor posa ses mains sur ses hanches, sous sa chemise. Sa peau était tiède, douce, et il laissa ses doigts glisser dessus pendant un petit moment. Un grondement sourd lui échappa, et il la renversa sur le canapé pour être au-dessus. Malgré tout, il n'aimait pas être sous quelqu'un. Même avec une fille. Il n'était pas totalement serein.
-On… On devrait peut-être pas… Je veux dire… On se connait pas, on est juste…
-Ca te dérange ? Qu'on ne se connaisse pas ?
-C'est… C'est pas normal…
-Je ne pense pas qu'on ait besoin de se connaitre. Tu veux le faire, non ?
-Oui mais…
-Alors profite juste.
Il se pencha doucement et l'embrassa, essayant de ne pas être trop pressant. Elle semblait minuscule. Ses genoux pressaient ses cuisses alors qu'il s'installait entre ses jambes. Ses mains fines raffermirent leur prise sur ses épaules, ses yeux étaient clos et ses longs cils effleuraient ses joues légèrement rougis.
-Dans… Dans ma chambre… Si on le fait, je préfère…
-T'inquiète pas.
Il descendit embrasser son cou, passant près de son oreille, traçant un chemin jusqu'à sa clavicule. Il sentit une main caresser ses cheveux, et un grognement de satisfaction fit vibrer ses cordes vocales. Il fit remonter ses mains sur son ventre, le sentant se contracter alors qu'elle essayait de respirer correctement.
-T'as déjà couché avec quelqu'un ?
-Pourquoi… ?
-Pour savoir si je dois faire gaffe.
-Je… Je ne suis plus… Vierge, mais…
-Je ne suis pas un bourrin non plus. Je ne te ferais pas mal.
Il embrassa doucement un bout de peau au-dessus de sa clavicule droite, et commença à sucer cet endroit, jusqu'à y laisser une marque. Un bref couinement lui parvint, mais il ne s'arrêta que lorsqu'il fut satisfait de son travail. La main qui jusque-là était dans ses cheveux glissa sur son épaule, descendit sur son dos, et y traça des formes sans sens. Allistor s'allongea doucement sur elle, craignant de l'écraser. Il n'avait jamais été très patient…
-Ah… Attend… Ma chambre... Je préfère…
L'Ecossais se redressa rapidement, attrapa ses cuisses, et essaya de l'inciter à nouer ses jambes autour de sa taille. Elle ne protesta pas, s'accrocha également à son cou, et se laissa porter jusqu'à sa chambre. Elle lui indiqua le chemin, quoique vu le nombre très limité de pièce dans l'appartement, il n'avait pas beaucoup de chance de se tromper.
-On va… Faire une bêtise…
-Tant pis.
Il l'allongea sur le lit, un peu plus large qu'un lit simple, et s'installa au-dessus d'elle, entre ses jambes. Il laissa quelques autres suçons dans son cou, appréciant chaque gémissement qu'elle laissait entendre. Mais il n'était pas doué pour se maitriser, et il eut bientôt besoin de plus. Elle l'aida à se déshabiller, il en fit de même, mais peu importe combien il essayait, il n'arrivait pas à sentir de réel lien entre eux. Elle était belle, il avait envie de coucher avec elle, mais il n'arrivait pas à se sentir impliqué. A s'inquiéter pour elle. A lui parler. Au fond ça n'avait pas d'importance. Il ne la reverrait pas.
-Tu… Tu y vas doucement, hein ?
-Ouais.
Allistor termina de mettre un préservatif, et s'empressa de l'embrasser. D'une certaine façon, il ne pouvait plus se passer de ses lèvres. Peut-être parce qu'il savait à quel point il avait galéré pour enfin trouver une fille qui accepte de coucher avec lui… Pas qu'il lui ait vraiment demander son avis, ceci étant dit. Il caressa ses cuisses, les écartant doucement. Il avait rapidement pris le coup de main. Et il fallait dire qu'il avait tellement espéré ce moment qu'il avait repassé le scénario en boucle dans sa tête jusqu'à être sûr de savoir comment s'y prendre.
-Détends-toi.
Il l'aida à nouer ses jambes autour de sa taille, et lui adressa un sourire rassurant. Seigneur, il avait tellement hâte de pouvoir la pénétrer…
-Prête… ?
-Ouais… Vas-y…
Il n'attendit pas une seconde de plus et laissa son bassin partir vers l'avant, comme la douloureuse pression dans son bas-ventre le lui demandait. Et dire que quelques mois plus tôt, il aurait été totalement dégoûté par un rapport sexuel…
Il laissa à Maria le temps de s'habituer, mais dès qu'il eut le feu vert, il laissa toute sa frustration et son inquiétude accumulées s'échapper sous la forme de pulsion bestial, et il en oublia tout ce qui se trouvait autour de lui. Décidément, il ne trouverait jamais un exutoire aussi efficace…
