Titre : Le destin sait toujours ce qu'il fait !
Auteur : Jes Cullen-Malfoy
Rated : M
Couple : Edward/Jasper
Genre : Friendship/Romance/Drame
Warning : Sexe, slash, violence, alcool, drogue et autres joyeusetés au rendez-vous. Relations sexuelles explicites.
Disclaimer : Les personnages issus de la saga Twilight appartiennent à S.M. (sauf au niveau du caractère pour cette histoire car la plupart de ses personnages sont ici OOC « Out Of Character») tandis que les autres sont de mon cru.
Béta correctrice : Vivi64
Note d'auteure : De retour comme promis en septembre. Ce chapitre n'arrive que maintenant, mais ma béta a été ensevelie sous mes corrections et elle a une vie aussi -) Sinon, j'espère que ce chapitre vous plaira comme il m'a plu à moi de l'écrire. Je vous aime tous énormément de me suivre sur cette histoire et de patienter autant. Merci *-* I love you ! Merci aussi à ankana87 pour sa review anonyme qui m'a fait plaisir.
Note Vivi : Pour ceux qui n'auraient pas encore compris pourquoi les auteur(e)s s'éclatent à jouer avec les personnages de Twilight, S.M. veut en réalité dire Sado-Maso *sort se taper avec un tronc d'arbre*
Chapitre 22 : Les retrouvailles
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POV Edward
Je ne sus pas combien de temps nous étions restés comme ça, mais la fatigue revenant à grand pas, je me séparai de lui.
- Tu as une mine affreuse, souffla-t-il.
Je ne répondis rien, sachant qu'il avait raison. Je lui pris la main et nous guidai vers mon lit.
- Je vais faire un somme. Tu restes ? Demandai-je.
Il hocha la tête, serrant ma main dans la sienne. Je souris et sans attendre, retirai mes chaussures puis me glissai sous ma couette encore habillé. Jasper, ses chaussures déjà enlevées, me rejoignit et je sus que j'allais bien dormir, parce qu'il était là. Je me rapprochai de lui, collant nos hanches ensemble puis posai la main sur son torse tout en fermant les yeux. J'entendis un petit rire et les rouvris.
- J'ai l'impression d'être un gros ours en peluche mec.
- Tu es censé te faire pardonner de tout ce silence pendant si longtemps. Tu es censé me supplier de te pardonner. Donc, si je te prends pour un gros ours, tu la fermes et me laisses apprécier ce moment, rétorquai-je la voix limite cassante.
- J'n'ai pas dit qu'ça me gênait. Mais toi et moi, on va devoir avoir une conversation. Mais vois-tu, se tourna-t-il vers moi, j'ai besoin aussi de sommeil, donc, je vais me « la fermer ».
Il posa sa bouche sur mon front et souffla ensuite un « bonne nuit » avant de carrément me prendre dans ses bras.
Je ne fus pas long à dormir.
J'entendais crier alors qu'il n'y avait pas un chat sur cette plage de sable fin, hormis Judith qui se baignait. Mais ce n'était pas elle qui criait. Je regardai aux alentours mais ne vis personne. Je me levai donc et commençai à marcher en direction de l'eau quand Judith en sortit, mais une fois devant moi, ce n'était plus elle.
Je me réveillai et compris immédiatement. Jasper était réveillé, la main sur sa poitrine, l'œil alerte. Il était couvert de sueur.
- Jazz ?
Il sursauta et quand il me vit, se rendant compte qu'il était dans ma chambre, se calma. Il se recoucha mais ne dit rien de plus. Je pouvais voir qu'il regardait sans cesse sur la gauche.
- Jazz, ça va ?
- Ouais… c'est rien. J'ai l'habitude.
J'entendis quelqu'un frapper à la porte et mes parents entrèrent sans même avoir mon accord.
- Ca va les garçons ?
Jazz hocha la tête et s'excusa.
- J'ai fait un cauchemar, rien de plus.
Ma mère entra et posa sa main sur le front de mon ami.
- Tu n'as pas de fièvre, c'est déjà ça, murmura-t-elle.
- On va vous laisser alors, dit mon père avant d'emporter ma mère qui, j'en étais sûr, serait restée jusqu'au matin.
Une fois la porte refermée, je regardai mon ami et sans même que je lui pose la question, il répondit :
- Chaque nuit, je le revois. Lui et son arme pointée sur ma putain de tête et je… la balle…
Il toucha sa poitrine et je posai la main sur la sienne.
- Je peux voir ? Demandai-je.
Il ne répondit pas mais enleva sa chemise ainsi que son t-shirt. Je ne voyais pas grand-chose, la nuit étant tombée, mais le pâle rayon de la lune me permit quand même de la voir, là. Cette trace attestant que mon meilleur ami avait failli perdre la vie. Qu'il avait reçu une putain de balle dans le poumon…
- S'il était encore en vie, je l'aurais tué de mes mains pour le mal qu'il t'a fait.
- Je sais.
- Allez, viens là, soufflai-je en ouvrant mes bras.
Il se blottit contre moi et bien vite je sentis quelques larmes, mais elles se tarirent rapidement.
- Je suis si… fatigué de tout ça. De le revoir dans mes cauchemars.
- Avec le temps, ça passera, mentis-je.
Je n'étais vraiment pas certain de ça. Comment oublier que son propre père avait tenté de vous trouer le cerveau avec une balle ?
Il ne répondit pas, et je retrouvais bien là Jazz. Les mots n'avaient pas leur importance entre nous. Je le serrais contre moi encore plus, sachant qu'il avait besoin de se rendre compte qu'il n'était pas seul… que son père ne pourrait plus venir le hanter.
Quand je fus sûr qu'il s'était rendormi, je me permis de fermer les yeux moi aussi.
POV Jasper
J'étais réveillé depuis un petit moment, mais Ed' dormant encore, j'avais à peine bougé. Je devais avouer qu'être ici me faisait me sentir bien. Certes, j'avais le bras ankylosé vu qu'il dormait dessus, mais même malgré ça, je n'avais pas envie de bouger, gâchant ce moment.
Quand Carlisle m'avait expliqué dans l'avion comment était Edward et ce qu'il avait fait pour mes cours, j'avais senti les larmes couler. Personne n'avait jamais fait ça pour moi, personne. Mais il n'y avait pas que ça, il y avait aussi qu'il dormait peu, se laissant aller, ne mangeant quasiment plus rien, juste de quoi tenir en cours.
Quand il était rentré dans sa chambre, j'avais eu envie de lui crier dessus, limite de le frapper en voyant son visage creusé et ses yeux injectés de sang dus à la fatigue. Cependant j'avais juste dit un simple « salut » parce que l'émotion de le retrouver était là, dans ma tête, mon cœur, mon corps en entier.
J'espérais que le reste allait bien aller, même si j'allais devoir, sûrement avec l'aide de ses parents, faire remonter la pente une fois de plus à Ed'.
- B'jour…
- Oh… bonjour. Bien dormi ?
- Comme un bébé, avoua-t-il en s'étirant et de ce fait, libérant ainsi mon bras.
Il se plaça sur le dos, soupirant tout en se frottant le visage.
- J'ai une saleté de mal de tête. J'ai sûrement trop dormi…
Je ne dis rien, ne sachant pas quoi répondre. Puis, sans même faire attention, il sortit du lit en me faisant mal à la jambe. Je grognai, pourtant il me sourit, d'un sourire éblouissant.
Ed' était de retour.
- Si tu dois pisser, va en bas, j'prends la salle de bains.
Il quitta la pièce et me souvenant de tout ce qu'il avait pu me faire endurer au début de notre amitié, juste pour le charrier à mon tour et me venger de la douleur encore présente dans ma jambe, je le suivis. J'espérais juste qu'il n'avait pas fermé la porte.
Chose qu'il n'avait pas faite, constatai-je rapidement.
Je fus dans la pièce en deux secondes. Il était en train d'enlever son pantalon. Je souris, le dépassant, et sans plus réfléchir, me mis à uriner tout en soupirant. Je m'étais retenu depuis mon réveil, sans trop pouvoir y aller, auquel cas j'aurais réveillé la belle au bois dormant.
- Putain, tu fais chier.
Il était vraiment en colère, en tous cas, sa voix l'était. Jamais encore il…
Je finis et allai au lavabo pour me laver les mains et là… dans le miroir, j'eus un choc.
Il était maigre… et…
- Bordel ! C'est quoi ça ? M'exclamai-je.
- Ta gueule, d'accord ! T'as rien à dire sur quoi que ce soit. Maintenant, dégage, je dois me laver.
Je sortis, furieux.
Je retournai dans la chambre, mais c'était trop grave pour… ne rien faire. J'avais fait une promesse dans l'avion à son père et je tenais à la tenir. Je sortis donc en trombe et descendis les escaliers, les larmes aux yeux.
Putain… je m'en voulais… tellement.
Je déboulai dans la cuisine, limite en manque d'air. Ils étaient là, souriants. Moi, je ne souriais pas.
- Vous le saviez ?
- Savoir quoi ? Demanda Esmée en me servant un jus de fruits.
- Ses putains de marques, est-ce que vous étiez au courant ?!
Je dus m'appuyer sur la table. J'étais en colère, vraiment. Si je les avais vues la veille, nul doute que je l'aurais frappé sous le coup de l'émotion. Maintenant, j'avais un peu de pitié ainsi que des regrets.
- Non, de quoi parles-tu ? Demanda Carlisle en posant sa main sur l'épaule d'Esmée.
- Il… il…
Je me tus, soudain.
Je me rendais compte qu'Ed' m'en voudrait de leur dire… mais j'avais fait une promesse.
Je pris une grande inspiration, me forçant à garder mon calme pour leur avouer.
- Edward, votre fils, se fait des coupures sur le haut de la cuisse. Si je ne me goure pas, on nomme ça…
- La scarification, souffla Esmée, choquée.
Elle poussa son mari et monta quatre à quatre les escaliers. Je la suivis, suivi à mon tour par Carlisle. Je pus entendre une porte s'ouvrant à la volée, un cri de colère, un cri d'effroi et puis…
Je stoppai devant la porte et vis immédiatement Esmée se tenir la bouche, les larmes aux yeux. Mon regard se posa sur mon ami, je l'espérais encore, qui tenait sa joue sans même couvrir sa nudité, sûrement aussi choqué que sa mère. Il me regarda ensuite, éteignit l'eau, sortit calmement de la cabine de douche, enfila une serviette autour de ses hanches et quitta la pièce.
Carlisle posa sa main sur mon épaule et me souffla que j'avais agi de la bonne manière, mais moi, je n'en étais plus si sûr. Il alla ensuite prendre sa femme dans ses bras, et moi, sachant que je devrais à un moment ou un autre subir la colère d'Edward, je pris le chemin de sa chambre, non sans rester devant la porte close un moment.
Je le retrouvai assis sur le lit, enfilant ses chaussettes. Il était en boxer, le corps encore un peu humide.
- Je ne suis pas en colère, souffla-t-il.
Il se laissa ensuite tomber en arrière. Il n'avait sûrement pas prévu de se cogner la tête. Je ris, m'arrêtant aussitôt en voyant son regard noir rempli de larmes.
De colère, de douleur, de déception ?
Je n'en sus rien et n'osai pas poser la question.
J'allai prendre place près de lui et l'imitai, omettant le coup dans le mur.
- Je ne l'ai pas fait beaucoup de fois. Juste quand… je pensais que je n'avais pas été un bon ami pour toi et que c'était pour ça que tu m'avais oublié.
- Tu n'aurais pas dû, soufflai-je.
- Je sais… ça fait trois semaines que je ne me suis plus coupé.
- Ca ne change rien à l'affaire, m'énervai-je en me redressant. Tu aurais pu te blesser bien plus. Et si tu avais décidé de sauter de cette foutue falaise, hein ? Alors que je pensais chaque jour à toi et à ton silence à mes putains de lettres !
Il resta un moment interdit, avant de se lever et de me foutre une droite. Je gémis et lui lançai un regard des plus noirs, mais avant que je puisse faire quoi que ce soit, il me sauta dessus, me faisant tomber au sol.
- Des lettres ? Quelles lettres ? Je n'ai rien reçu de ta part, même pas un simple sms. Alors, connard, ne viens pas me dire que tu m'as envoyé des lettres.
Il se leva et marcha de long en large, avant de soupirer et de tenir sa main. Je frottai ma bouche et pus me rendre compte qu'il y avait du sang.
Soudain, la porte de la chambre s'ouvrit et je vis la tête de Carlisle dépasser. Il sembla choqué, mais le regard que lui lança son fils le fit rester où il était.
- C'est bon, tu peux descendre, souffla Edward à son père avant de prendre des habits, quittant ensuite la chambre, passant devant Carlisle sans plus un regard envers moi.
Je baissai la tête et les larmes me montèrent aux yeux. Je me rendais compte que je n'aurais pas dû me mettre en colère sans lui expliquer au préalable la vérité sur « mon silence ».
- Ca va aller ? Demanda Carlisle en venant poser sa main sur mon épaule.
Je hochai la tête, ne sachant pas si ma voix sortirait sans montrer ma tristesse. Il quitta la pièce et je l'entendis rassurer sa femme qui attendait sûrement en bas des escaliers.
Je me décidai à aller m'excuser auprès d'Edward, mais aussi de lui expliquer que si silence il y avait eu, cela n'était en rien ma faute. J'avais été manipulé par Peter. Et rien que pour ça, je commençais à ressentir un peu de colère envers cet homme.
Je passai malgré tout par la salle de bains plusieurs minutes plus tard afin de me nettoyer le visage. Une fois fait, je pris la direction de la cuisine.
J'y retrouvai Esmée, encore choquée, assise à table, une tasse devant elle, Carlisle étant debout, serrant son fils. Edward tourna la tête et quand il me vit, il ferma les yeux et serra son père encore plus fort.
Je ne savais pas quoi en penser.
Avais-je été trop loin ? Ed' allait-il commencer à me haïr ?
Etions-nous encore amis ?
Trop de questions se bousculaient dans ma tête et je n'aimais pas ça. Je n'avais pas pensé à ce genre de retrouvailles.
- Idiot.
Je relevai la tête, ne m'étant pas rendu compte l'avoir baissée. Je tombai sur Edward, devant moi, sourire aux lèvres.
Il me prit dans ses bras, une fraction de seconde, avant de me lâcher. Il attrapa ensuite ma main tout en me tirant vers le garage. Sans comprendre, je me retrouvai sur le siège passager, lui au volant, roulant sur le chemin de terre.
Je me tus, regardant le paysage.
Je devais avouer que je me sentais bien, apaisé. Il m'avait pris dans ses bras, donc il ne devait plus m'en vouloir tant que ça. Soupirant, je posai la tête contre la vitre et profitai de ce moment comme avant mon départ.
- Va falloir que tu m'expliques cette histoire de lettres. Mon père a tenté de m'expliquer, mais je lui ai demandé de se taire.
- Je t'ai écrit chaque vendredi, expliquai-je une fois arrivés sur la quatre-voies. Je les donnais à Peter, mon oncle par alliance. Je pensais vraiment qu'il les déposait dans la boîte aux lettres. Et vu que vous aviez changé de numéro… Ah… ouais, ca non plus ce n'était pas vrai, soufflai-je.
- En gros, ce Peter est un sale con, affirma-t-il avant de tourner à gauche.
J'aurais cru qu'il roulait vers la falaise, mais pourquoi tourner dans ce cas ?
Il klaxonna soudain mais n'arrêta pas, il fit demi-tour au croisement suivant. Il repassa et klaxonna de nouveau, toujours sans s'arrêter. Je ne dis rien malgré la question du pourquoi qui me trottait dans la tête.
Il reprit le chemin menant à la quatre-voies et ensuite, je reconnus le trajet pour rejoindre la falaise. Quand les pneus touchèrent la terre du sentier qui menait au sommet, je soupirai.
Bien que j'avais peur qu'il ait un nouvel ami… dont Carlisle ne connaissait pas l'existence, je me tus.
Cela pouvait être n'importe qui.
Ou alors, il avait une petite-amie.
Bizarrement, penser qu'il avait une petite-amie me donna mal au ventre. Je n'aimais pas cette idée. Pour ce qu'elle soulevait dans ma tête et pour mes tripes qui en étaient chamboulées.
Combien de nuits n'avais-je pas imaginé mon ami me soulager dans les débuts, me permettant de dormir une ou deux heures avant de me réveiller en proie à un cauchemar ?
J'avais gémi son prénom sous mes draps en souvenir de nos moments. J'avais certes arrêté, me sentant de plus en plus coupable pendant la journée, mais le fait était là.
Mais lui… l'avait-il fait ?
M'avait-il remplacé par une fille ?
- Jazz ? Hé ho…
Je me rendis compte qu'une main bougeait devant mes yeux, sûrement dans le but de me sortir de mes pensées.
- On est arrivés. Je te demandais si tu voulais rester dans la voiture où si tu voulais qu'on sorte ?
- Oh… hum, comme tu veux, répondis-je en constatant qu'en effet, nous étions arrivés.
Il sortit sans attendre et ouvrit le coffre. Je me demandai soudain ce qu'il faisait mais il en sortit une couverture ainsi qu'un oreiller.
Je sortis de la voiture à mon tour et le rejoignis.
- J'n'ai qu'un coussin… on fera avec, affirma-t-il en fermant ou plutôt claquant le coffre.
Il me prit la main et marcha vers la gauche. Je pus me rendre compte qu'il y avait un arbre presque mort, sans feuillage. Il plaça la couverture pas très loin, ainsi que l'oreiller puis s'assit. Voyant qu'il m'avait laissé ledit coussin, je posai les fesses dessus. Je fus heureux quand il posa sa tête sur mes cuisses et qu'il se plaça sur le dos, me permettant ainsi de le voir.
Son regard brillant et son sourire m'informaient qu'il était heureux en ce moment et même si j'avais une certaine peur sur l'existence d'une autre personne chère à son cœur, je souris.
- Tu ne peux pas imaginer combien de fois je suis venu ici espérant que tu sois là, avec moi. Comme si rien de tout cela n'était arrivé, souffla-t-il.
- Sûrement plus que je ne peux m'imaginer, répondis-je.
- As-tu pensé à moi là-bas ? Ou m'avais-tu oublié ?
Je ris, posant la main dans ses cheveux histoire de lui montrer que je ne me moquais pas.
- Chaque matin, chaque soir, chaque midi au lycée… et encore à d'autres moments, je pensais à toi, avouai-je. Et je n'aurais jamais dû croire que tu puisses m'oublier. J'ai été idiot. J'aurais dû m'occuper des lettres moi-même.
- En effet, tu n'as pas été super intelligent sur ce coup-là.
- Hey !
J'allais le frapper à l'épaule mais un bruit de moteur me fit suspendre mon geste. Je tournai la tête et bien trop vite à mon goût, j'aperçus une voiture.
Mon cœur s'emballa…
Est-ce qu'ils étaient plus proches qu'avant mon départ ?
Bientôt, la voiture freina et la personne au volant sortit. Voyant la surprise et un sourire sur son visage, je ne pus que repousser Edward afin de l'accueillir.
Je pouvais me souvenir de sa visite à l'hôpital.
Elle courut vers nous et bien vite, je fus dans ses bras. Je la serrais contre moi, encore étourdi par un accueil de la sorte.
Elle murmura, après m'avoir déposé ce qui était un des plus gros baisers sur ma joue :
- Jasper ! Je suis très heureuse de te voir enfin de retour.
Elle me reprit dans ses bras et murmura au creux de mon cou :
- Je ne savais plus quoi faire pour Eddy.
Je grimaçai à ce surnom mais ne dis rien, ne sachant pas si maintenant elle avait le droit de l'appeler comme ça.
- Et moi, je n'ai pas le droit à un bonjour ? Dit soudain mon ami.
- Comme si tu en avais quelque chose à faire, gémit Laureen en me lâchant.
Elle alla quand même près de lui, prenant place sur la couverture et déposant rapidement ses lèvres sur sa joue.
Sa joue…
Mon cœur rata un battement, avant de reprendre son rythme normal.
- J'ai eu peur en t'entendant klaxonner, j'ai cru qu'il était arrivé un truc grave. Je ne pensais même pas que tu allais utiliser ce code, avoua-t-elle en regardant droit devant elle.
- Je ne l'aurais pas fait si Jazz n'était pas revenu. J'ai trouvé juste que tu sois au courant, termina-t-il.
Il me semblait un peu… mal à l'aise. Je pris place sur la couverture et Laureen me prit une fois de plus dans ses bras.
Plus personne ne parla et Ed' revint mettre sa tête sur mes cuisses, avant que les bras fins de Laureen me serrent encore plus étroitement. Je trouvais que nous formions un beau tableau. En plus, pour une fois, le soleil était présent et il y avait très peu de nuages. Le ciel était beau. Pas aussi beau qu'au Texas, mais il était beau quand même.
- Bon, je suis sortie en disant que j'avais une course à faire, donc, si je ne veux pas… Bref, je dois y aller les garçons. Merci de m'avoir prévenue. On se reverra à la rentrée, souffla-t-elle.
Elle posa sa bouche sur ma joue, mais plus près de mes lèvres. Je la regardai et vis qu'elle avait les joues rouges. Elle détourna le regard et par je ne sais quelle lubie, la retins, l'embrassant. Nos langues se lièrent rapidement et elle gémit contre ma bouche, tout en collant son corps contre le mien. Mon bas-ventre sembla aimer ce baiser.
Elle se recula, fit un salut de la main à Ed' et se leva puis partit.
J'en jugeais que pendant mon absence, ces deux-là ne s'étaient pas forcément rapprochés. Ed' sourit en me voyant et une fois la voiture partie, il tapota mon épaule en me disant :
- Petit chenapan, est-ce cela des manières envers une fille ?
Je restais coi devant cette phrase, et il s'esclaffa avant de tomber dans un fou rire qui fut contagieux.
- Bon sang vieux, ce que tu as pu me manquer, arriva-t-il à dire. Pourquoi l'embrasser comme ça ?
- Comment « comme ça ? »
- Comme si tu étais affamé.
Je pus voir qu'il était curieux.
- Elle m'a beaucoup manqué, mentis-je.
Je ne comprenais pas sa question. Je n'avais pas été si affamé que ça de l'embrasser. Enfin…
- Tu… t'es-tu rendu compte que tu avais des sentiments pour elle ? Demanda-t-il tout sérieux.
Sa mâchoire était serrée. Et sans comprendre, je répondis :
- Pourquoi, ça te pose un problème si c'est le cas ?
Je regrettai immédiatement cette question, voyant la colère prendre place dans ses yeux si verts. Eux aussi m'avaient manqués.
- Peut-être, articula-t-il distinctement.
- Je te rassure, avouai-je en m'allongeant, je ne ressens rien de plus pour elle qu'un désir. Et… là, je ne sais pas ce qu'il m'a pris. J'ai peut-être compris qu'elle aurait voulu m'embrasser mais n'avait pas osé et vu que ça fait un long moment que j'ai rien fait, j'ai… J'sais pas, une envie subite.
- Oh… Okay.
Il s'allongea lui aussi et ne dit rien de plus. Je pus voir le soleil se déplacer d'heure en heure et même si un vent frais s'était levé, même si mon ventre criait famine, même si j'avais soif, je ne dis rien, restant là, allongé.
Je me souvins subitement que ma mère s'était tuée ici, qu'Ed' avait failli se tuer également. Mais… je ne ressentais que du bien-être. Ni tristesse, ni colère… j'étais juste bien.
J'étais un vrai monstre de ne même pas ressentir de peine alors que ma mère avait perdu la vie en sautant de cette falaise. Mais je me souvins aussi trop vite qu'en le faisant, elle m'avait abandonné, mais aussi tué une vie, en plus de la sienne.
Penser à elle me fit me souvenir de mon connard de père, qui ne méritait même plus ce nom. Je serrai les poings tout en fermant les yeux. Je pus revoir son visage rempli de colère alors qu'il essayait de reprendre son arme.
Je rouvris les yeux et n'hésitai pas une seule seconde avant de me blottir contre mon ami. Il entoura mes épaules de ses bras, me serrant contre lui. Il murmura ensuite :
- Je suis là Jazz… tout va bien…
- Son visage, soufflai-je. Il… il était tellement enragé.
POV Edward
Je devais me retenir de faire éclater ma colère. Contre cet homme qui avait pointé un putain de flingue sur la tête de Jazz. Contre ce dernier pour continuer à avoir peur, à paniquer ou que sais-je. Mais je comprenais mon ami et ne pouvais pas vraiment lui en vouloir. J'aurais juste souhaité qu'il oublie cette période.
Je soupirai et me relaxai en me disant qu'il était en sécurité. Nous étions de nouveau ensemble, il m'était pas amoureux de Laureen. Je l'aurais perdu petit à petit si cela avait été le cas, et j'aurais perdu mon plan cul, même si je ne l'avais pas beaucoup utilisé depuis son départ.
J'étais rassuré et… et sa présence à la maison me montrait une fois de plus que j'étais un sale con qui avait des parents formidables. Certes, ce matin… j'aurais bien aimé tout péter dans la maison, hurler, frapper, détruire. Mais Jazz avait agi et je ne pouvais pas lui en vouloir, alors que je m'en voulais moi-même pour ces maudites coupures.
- Je commence à avoir faim Ed'.
- Hum… moi aussi, répondis-je.
Je restai malgré tout là, au sol, le dos en miette, le gardant contre moi. Je n'arrivais pas à y croire.
Une partie de moi ne croyait pas que Jazz soit revenu. Le tenir contre moi me semblait être la seule chose à faire pour y croire.
J'étais perdu… depuis son départ. J'avais beau tenter de garder la tête haute, je savais que c'était moi qui l'avais fait partir, que tout était ma faute. Si je n'avais pas gardé pour moi que son père le frappait, il aurait déjà été enlevé de sa famille bien avant que ce malade lui tire dessus.
Et pire encore, il aurait eu une chance de rester à Forks et non d'aller au fin fond des Etats-Unis.
- Ed', on devrait rentrer.
Je redressai la tête et vis qu'il me regardait, les yeux un peu rougis. Avait-il pleuré ? Je n'avais pas senti ses larmes en tous cas.
- Je sais… je sais, soufflai-je en reposant la tête sur la couverture.
Il aurait pu se lever et me forcer à rentrer, mais il se replaça et entrelaça même ses jambes aux miennes.
Je sentis qu'il tremblait un peu et compris qu'il avait froid. Je frottai donc son dos délicatement, tout en profitant de ce moment de paix.
Je savais que je rêvais, j'en avais de plus en plus la sensation. Cette impression que quelqu'un va se mettre à crier ou pleurer, me faisant me réveiller en sueur, désorienté.
Combien de fois n'avais-je pas rêvé nos retrouvailles, combien de fois n'avais-je pas imaginé qu'il rentre.
- Ed', merde, qu'est-ce que tu as !
Je me rendis compte que j'étais assis et qu'il tenait mon visage entre ses mains. Nous étions encore sur la falaise. Il dut voir mon incompréhension car il murmura :
- Tu chiales mec… pourquoi ? Dis-moi, je suis là maintenant.
- Non, soufflai-je. T'es pas là, t'es juste un putain de rêve. Je le sais…
Il secoua la tête et caressa ma joue. Les larmes lui montèrent aux yeux et il souffla ensuite :
- Je suis tellement désolé. Tu es si…
Il ne termina pas sa phrase, mais me serra contre lui, enfouissant sa tête contre mon cou. Je me laissai aller et lui rendis son étreinte.
Sans le voir venir, il se mit à pleuvoir. Jazz se leva, me tendant la main que je pris. Il courut ensuite vers la voiture et j'en fis de même, en marchant. La pluie était devenue presque une amie depuis quelques semaines.
Une fois à l'intérieur, il se mit à rire et ne comprenant pas pourquoi, ayant peur que le Jasper de mon rêve se moque du fait que je commençais à croire en sa présence, je démarrai et fis demi-tour avant de prendre le chemin du retour.
Quand j'activais l'ouverture du garage, Jasper se tendit en voyant ma mère debout, près de la porte menant à la maison. J'avançai, lentement, puis éteignis le moteur. Une fois sortis de la voiture, ma mère sourit, de son faux sourire de mère pas inquiète et vint vers moi. Elle posa sa main sur mon bras, certainement rassurée que je sois vivant.
Je lui souris, espoir vain qu'elle oublie l'épisode du matin. Elle regarda Jasper et lui sourit, avant de prendre la direction de la salle à manger. La table était garnie de plats, posés sur des plaques chauffantes. Je ne savais même pas que nous en avions. Mon père passa la porte qui menait au salon et son visage soulagé me fit du mal.
Jazz prit place à table, invité à le faire par ma mère, mais moi, je restai debout, ne sachant pas quoi dire, ni quoi faire.
Je… j'étais comme pris en état de faute, sachant que j'étais seul coupable de leur état, de leur regard. Bien que Jazz soit là, si tant est qu'il soit vraiment là, leur regard gardait cette inquiétude.
A cause moi…
Tout était de ma faute…
Baissant la tête, je pris place devant Jazz, et mon assiette fut remplie d'une tranche de viande avec des légumes ainsi que de la purée. Je mangeai un peu, écoutant la conversation que ma mère et mon père avaient entamé avec Jasper.
Pouvais-je y croire ?
Au début, j'avais cru en ce retour, puis… au fil des minutes, j'avais douté et maintenant, je ne savais plus.
Le reste du repas, je restais silencieux et pus entrapercevoir un air triste sur le visage de mon ami. Sans oublier mes parents qui restaient inquiets.
Quand le repas se termina, je montai à l'étage, oubliant tout le reste. Je défis mes habits, gardant mon boxer et enfilant un autre t-shirt. Je me glissai ensuite sous la couette, regardant obstinément le mur.
Personne ne me rejoignit, aucune paire de bras ne m'enveloppa. J'avais donc rêvé et maintenant, le moment du réveil allait être rapide.
Je fermai les yeux fortement, afin de taire cette angoisse en moi. La vision de Judith souriant arriva à me calmer, mais bien trop vite, se fut l'obscurité qui me noya.
Sans comprendre, je me sentis être serré et poussai un cri de peur. J'étais bien à Central Park avec Judith, mais maintenant mes yeux étaient fixés sur ce satané mur.
Je soupirai mais bien vite, la présence derrière moi prit toute son importance. Je me retournai et les bras me relâchèrent un peu. Une fois face à Jasper, je restai silencieux.
Je venais de quitter mon rêve… probable cauchemar mais il était là… Était-il vraiment revenu ?
- Tes parents ont commandé une chambre à coucher mais elle n'arrive que dans deux jours. Je suppose que ça ne te dérange pas si je dors avec toi d'ici là.
- Hein ? Murmurai-je.
Mais avant qu'il n'ouvre la bouche pour me répondre, mon cerveau me fit le plaisir de me repasser sa phrase.
- Non ça ne me dérange pas.
- Tant mieux, j'avais peur que tu m'en veuilles malgré tout pour ce matin.
- Non, soufflai-je.
J'agrippai son haut et posai la tête entre sa clavicule et son cou. J'avais un besoin immédiat de le sentir.
- Tu es vraiment revenu, hein ? Demandai-je après quelques minutes de silence.
- Ouais, répondit-il en bougeant ses jambes.
Je pus sentir qu'il avait gardé ses chaussettes. Moi, j'étais pieds nus. Je posai les pieds à côté des siens, afin de prendre un peu de chaleur.
- Tu as les pieds gelés, dit-il.
Je pus sentir son souffle sur mon visage que je relevai pour tomber dans son regard.
Il avait changé, même s'il restait le même. Son regard était encore plus pénétrant qu'avant, plus... présent. Je ne sus me l'expliquer, mais une pointe de fierté monta en moi et je me collai plus à lui, entremêlant nos jambes tout en passant mes bras autour de lui autant que je le pouvais malgré nos positions.
- Ed'… Je… il faudrait peut-être qu'on dorme.
Il se détacha de moi et me tourna le dos.
Venais-je bien de me faire envoyer chier dans mon câlin ?
Et pire que tout, étais-je blessé qu'il me refuse ledit câlin ?
J'écarquillai les yeux en me rendant compte qu'en effet, je ressentais une certaine tristesse ainsi que de la colère au fait qu'il me refuse ce truc de fille.
Je gémis, désespéré à redevenir un mec et sans plus de cérémonie, lui tournai également le dos.
Je dis, quand même pour montrer mon bonheur au fait qu'il soit revenu :
- Bonne nuit Jazz. Heureux que tu sois de retour, man.
- Bonne nuit Ed'. Je suis aussi plus que content d'être là… crois-moi.
Je passai la main derrière et agrippai son bras. Sa main se plaça dans la mienne et même si cette position me faisait un peu mal aux muscles, je restai comme ça et souris au mur, content cette fois de le regarder. Et puis, j'avais de grandes chances de dormir plus de quatre heures cette nuit… enfin, je l'espérais.
POV Jasper (Quatre jours plus tard - le 25 décembre)
Une présence à mes côtés me fit ouvrir les yeux. Mon corps se tendit, ma respiration cessa et mon cœur tambourina comme un fou. Il était là, près de moi, pouvant sentir le froid de l'arme posée sur ma tête.
Je tentai de bouger, mais me rendis compte que j'étais attaché au lit.
Je criai soudain et lui se mit à rire comme un fou, un dément. Il caressa ma joue de son arme et moi, je fermai les yeux, tout en soufflant. J'allais mourir, je le savais, mais l'accepter était différent.
Quand le canon de l'arme se posa sur mes lèvres, je pleurnichai. Mon père rit encore plus, tout en poussant. J'entrouvris la bouche et l'arme claqua contre mes dents, me faisant gémir de douleur.
- Bon garçon.
J'entendis le déclic de la sécurité et soudain, me tendis. Je voulus crier de toutes mes forces, mais n'y parvins pas.
- Jasper !
Je revins à moi en voyant trois têtes au-dessus de moi. Ed' et ses parents étaient là, autour de moi. Mon père n'y était pas, lui, et cela me soulagea. Je me déstressai et remarquai que j'étais dans mon lit, moite de sueur.
- Mon chéri, c'était un cauchemar, dit Esmée tout en prenant place sur le bord de mon lit.
Je hochai la tête et pris le verre d'eau que me tendait Carlisle.
- Merci, murmurai-je.
Ma gorge me faisait mal, j'avais certainement dû crier comme un fou.
- Bon, on va vous laisser, souffla Esmée quelques minutes plus tard. Si vous avez besoin, nous sommes juste en face.
Elle posa un baiser sur ma joue et le père de mon ami déposa sa main quelques secondes sur mon épaule. Je leur souris, les remerciant de s'occuper de moi, même la nuit. Une fois la porte fermée, Ed' souleva ma tête, s'assit en travers de mon lit et la reposa sur ses jambes.
- C'était encore pire que d'habitude Jazz… J'ai failli te frapper pour te réveiller.
- Désolé.
- C'n'est pas ta faute mon pote.
Je me plaçai sur le coté et sa main fut rapide à caresser mes cheveux. Je regardai son lit vide, comme chaque nuit. Pas une seule n'avait été libre de cauchemars…
Les parents d'Edward avaient accepté que mon lit soit installé dans cette chambre. Nous avions juste dû agencer les meubles déjà présents hormis le lit d'Ed' ainsi que le meuble avec la télé qui était resté devant le lit, à côté de la porte. Autrement tout était rentré. Que ce soit les deux bureaux, les garde-robes deux portes ou les deux lits.
Ce n'était que comme ça que je me rendais compte que sa chambre avait été grande. Certes, il y avait moins d'espace pour marcher mais on en avait quand même assez pour ne pas se monter l'un sur l'autre pour s'habiller.
Je me sentais bien là, sous ses doigts.
Mon regard se posa sur la fenêtre et je pus voir qu'il neigeait. Pour un soir de Noël, c'était bien, mais ça me faisait ni chaud ni froid. Même le repas festif d'Esmée m'avait à peine donné ce sentiment si jouissif habituel à cette fête. Avant la mort de ma mère, j'avais toujours aimé décorer le sapin, ainsi que la maison. J'adorais même aller dehors et faire un bonhomme, même si je n'avais plus l'âge de le faire.
- Ca va mieux ? Entendis-je.
Je me tournai et regardai le visage fatigué de mon ami.
Sa tête posée sur le mur, son regard si doux posé sur moi me firent me sentir mieux que bien. Et je devrais encore me retenir. Je ne pouvais pas… pas lui faire ça, pas après autant de temps séparés. Mais depuis quelques jours, sous ses doigts, une envie montait.
Mais il n'avait plus eu de geste envers moi comme avant mon départ et je devais m'en tenir à ça. A part le baiser à mon arrivée, il n'avait plus eu de geste de ce type-là.
Une part de moi en était contente, car je n'avais pas trouvé tout ça sain, même si j'avais apprécié chaque seconde de plaisir. Ce plaisir qui faisait tout disparaitre le temps de quelques minutes, pour ne garder que cette chaleur montante.
La chaleur contre le froid d'une arme.
Cette pensée me fit me tendre, me souvenant encore de la folie de mon père dans mon cauchemar. Je m'assis, frottant mon visage. J'étais fatigué de tout ça, fatigué tout court de ma courte nuit.
Je voulus m'excuser une fois de plus, mais sa main se posa sur ma joue. Je me rendis compte qu'il effaçait une larme que je n'avais même pas senti couler.
Depuis quand pleurais-je ?
- Je voudrais tellement effacer ça de ta tête, souffla-t-il mi en colère, mi-triste.
- Je sais, avouai-je.
Il me prit dans bras et me serra fort, murmurant qu'il voudrait remonter le temps.
Je me séparai de lui et nos visages trop proches me firent de nouveau avoir envie.
Qui étais-je pour succomber ?
J'avais envie plus que tout de jouir, là, tout de suite. Que ce soit avec lui ou Laureen. Mais lui seul était là…
Me rejetterait-il ?
Allais-je le faire ?
Je posai ma bouche contre la sienne et n'attendis pas pour frotter ses lèvres de ma langue. Il posa ses mains sur mon torse, et tenta de me repousser. Il recula sa tête et murmura :
- Jazz… non, c'n'est pas bien.
- J'en ai besoin, plaidai-je en reposant mes lèvres sur les siennes.
Et je ne mentais pas. Maintenant que j'avais goûté à ses lèvres de nouveau, un feu en moi voulait s'exprimer. J'avais eu des moments d'excitation au Texas, hormis dans mon lit en me masturbant, et j'avais eu à ces moments-là beaucoup de mal à éteindre ce feu.
Là, je voulais l'aider à grandir, à m'envelopper.
Ed' ouvrit enfin sa bouche et plaça sa main sur ma nuque, me rapprochant. Nous n'étions pas bien positionnés, mais en ce moment, je m'en foutais.
Je fouillai sa bouche de ma langue avec délice tandis qu'il plaquait son corps contre le mien. Je pus discerner un début d'érection et cela me fit gémir comme un fou.
Il me repoussa et posa un doigt sur ma bouche, le regard brillant. Je remarquai ses joues rougies, ses lèvres un peu humides. J'eus envie de les lécher comme un fou, mais ne pus que prendre le doigt posé sur mes lèvres en bouche, le suçant.
Le regard vert d'Edward s'agrandit et la réalité de mon geste me monta au cerveau. Je relâchai le doigt et regardai dans une autre direction.
Certes, je n'avais pas imaginé sucer autre chose, mais le mal était fait. Il avait sûrement fait le rapprochement et moi-même ne pouvais plus qu'avoir cette vision de moi suçant mon ami. Le plus étrange, c'était que bien que cela ne m'excitait pas, cela ne me dégoûtait pas non plus.
Ed' me repoussa et s'allongea, tout en me donnant un coup de coude dans la démarche. Je lui lançai un regard noir, mais son visage soudain proche du mien me rendit moins assassin.
- Mes parents, souffla-t-il.
Puis il fondit sur ma bouche et passa la barrière de mes lèvres avec sa langue. Je gémis, plus doucement, et me collai à lui, sans plus aucune pudeur, si tant est que j'en avais eu juste avant.
Il bougea du bassin et j'en fis de même, tout en agrippant ses cheveux. Je tirai même dessus, afin qu'il s'écarte pour que je puisse respirer. Il s'attaqua à mon cou et moi, sans attendre, passai les mains sous son haut, caressant son ventre avant de descendre plus bas. Une fois la main posée sur son sexe, il mordit mon cou et étouffa un gémissement qui me fit frissonner.
Sa main ne fut pas longue à se poser sur le mien, oubliant la couche de vêtements. Il serra mon extrémité et je me mordis les lèvres afin de ne pas crier comme je le voudrais.
Je pus me souvenir de ce moment à trois chez moi, comment nous avions crié notre plaisir, comment mon sexe avait craché sa semence, comment Lauren m'avait sucé la bite comme une démente.
- Oh putain, branle-moi, grognai-je en descendant son boxer.
Je l'empoignais et sans attendre, commençai à le masturber comme j'aurais dû le faire avec mon propre sexe. Pourquoi d'ailleurs laisser Ed' le faire alors que… logiquement, c'était un acte solitaire.
Je plaçai cette question de côté quand il abaissa mon bas afin d'avoir un meilleur accès à mon érection qui était près de la délivrance tellement la tension habitait mon corps.
Il nous fit rouler et il se retrouva sur moi, empoignant nos deux sexes, posant sa main par-dessus la mienne. Il m'embrassa à m'en faire perdre tout notion de réalité, me faisant voir des points noirs devant les yeux.
Sa langue s'appropriait ma bouche, ses doigts sur mon sexe allaient et venaient et ma main tentait d'avoir le même rythme. Je bougeai des hanches, voulant qu'il aille plus vite et il en fit de même.
- Ta main… retire, fit-il difficilement.
Je mordis son épaule, ayant enfin réussi à me libérer de ses lèvres. Je venais de sentir une vague de chaleur démentielle vibrer dans tout mon corps, jusque dans mes orteils. Je fis ce qu'il me dit et sentir nos sexes l'un contre l'autre me fit fermer les yeux et gémir. Il posa sa main sur ma bouche et bougea ses hanches, tout en nous masturbant tous les deux.
Je jouis en un cri étouffé toujours par sa main et pus sentir quelques secondes plus tard sa propre semence s'étaler sur mon bas-ventre. Il continua de bouger alors que son corps tremblait. Le mien n'était pas en reste.
Il libéra ma bouche et se retira de moi, avant de sortir du lit. Il prit un linge au sol et se frotta avec. Il revint ensuite et me nettoya lui-même.
J'avais la nette impression que mon corps ne voulait plus me répondre. Mes membres étaient lourds, couverts de sueur, mon sexe encore en dehors perdant de sa dureté.
- Viens…
Il prit ma main et je le suivis jusque dans son lit. Il se rhabilla, enfin, remit son membre dans son boxer encore un peu humide de notre plaisir et il s'occupa du mien. Sentir ses doigts autour de mon sexe encore sensible me fit soupirer d'aise. Il rit, embrassa ma joue, puis glissa sur mes lèvres qu'il effleura.
Il soupira ensuite, me prenant dans ses bras :
- Merci… ça faisait longtemps que j'n'avais pas ressenti ça.
- Pareil, murmurai-je difficilement.
- Dors.
Ce que je fis.
Un de plus... ^^
Le chapitre 22 est enfin publié. Il fait 22 pages et 7.201 mots.
J'espère qu'il vous a plu… et que l'attente n'a pas été trop longue ou dure à supporter :p
Les choses vont accélérer pour l'un de nos petits loulous au chapitre suivant et ensuite, ce sera la dernière ligne droite pour cette première partie de l'histoire. J'ai trop hâte d'en finir avec leur adolescence ^^
S'il vous plait, laissez un petit mot à la suite de votre lecture, ça fait toujours plaisir, même si c'est un simple « merci ». Et puis, connaitre vos avis peut-être vraiment utile -)
Gros bisou et à très bientôt ici avec le chapitre 23 « Place, alcool et prise de conscience ».
Jes Cullen-Malfoy
Chapitre 22 publié le 28 septembre 2013
