Je vous remercie toujours et encore plus ! Je sais pas comment exprimer ma joie... J'ai même du mal à me dire que vous êtes plus de 3000 à m'avoir lu ahah. Bref, j'espère que ce chapitre ne se déroulera pas trop vite, et bonne lecture !


"Anna !" Son nom scanda dans la foule, se précipitant en courant vers la rousse. Celle-ci se retourna en sursaut. Le vacarme lui bouchait affreusement les oreilles et Anna plissa une demie-seconde ses yeux vert pomme. Elle était seule au milieu d'une tonne de monde grouillant de droite à gauche, qui espérer se faufiler entre le monde pour pouvoir continuer leur route et finir leur sortie shopping qu'ils attendaient depuis Lundi, les pupilles pleins d'étoiles devant tellement de marchandises de chaque côté des boutiques. Sa tête fixa d'ou venait le bruit, perplexe, et au centre, elle put voir apparaître un grand blond secouant ses bras géants. Kristoff... Depuis quelques semaines, ils s'étaient remis à parler, aux bonheurs des deux.

Anna se sentait enfin moins seule. Elle savait qu'elle pouvait compter sur lui, lui raconter ses peurs, ses histories d'amours, et ses angoisses. Que si elle avait un problème, il aurait toujours un mot pour l'aider, un mot pour la consoler, et un dernier pour la faire rire. Avec ses blagues pourries. Elle savait aussi qu'elle n'avait qu'à sous-entendre qu'on lui faisait du mal pour qu'il aille se battre avec la première personne qui lui serait tombée dessus dans les rues bondées. Il était quelqu'un de confiance, qu'elle appréciait tellement. C'était presque son meilleur ami. Elle s'était attachée à lui, surtout depuis qu'elle était perdue et incompétente dans tout ce qu'elle faisait. Elle voyait que malgré tout, il ne s'était pas enfuit. Il était resté à côté d'elle. Il était là, toujours là.

"Je... Kristoff ? Qu'est-ce que tu fais là ?" Elle détourna rapidement le regard puis le repointa sur son immense carrure. "Tu ne m'as pas demandé ce que je faisais exprès pour me voir ?" Le temps qu'il arrive, se baisse quelques minutes pour se reposer et reprendre une forte inspiration, il bégayait presque. Il devenait rouge et posa sa main gauche sur sa chevelure ébouriffée en de vagues et de diverses mèches rebelles. Il déplaça quelques bouts de cheveux en arrière comme le faisait si souvent Elsa, remontant un petit pincement piquant au coeur d'Anna qui aussitôt perdu l'idée au creux de ses questionnements et de son cerveau trop occupé pour s'amuser à régler un autre problème d'amour.

"Je... Ahah, un peu oui." Il se redressa confus et embarrassé. "Mais c'est pour une nouvelle." Il stoppa une seconde lorsqu'Anna déglutit, une once de peur dans ses yeux s'écarquillant. "Une assez bonne nouvelle." La rassurait-il. Elle avala doucement, et s'approcha du corps tremblant et en manque de glucide pour ses muscles de Kristoff, ses mains vacillaient et se croisèrent, un geste pas sûre d'elle. Ses iris reprirent leurs formes normales, et impatientes, elle continua de s'avancer en oubliant le nombre inimaginable de personnes qui gambadaient dans leur dos. Il haletait et reprenait encore de grandes bouchées d'air frais, se remettant peu à peu de sa petite course en voulant à tout prix la trouver. Et il avait réussi. Il était fier, mais mit vite ce trophée de côté et continua sa phrase, un petit sourire sur le bout des lèvres.

"Aurore et Elsa ont rompu." La joie qui la traversa fut encore plus grande que lorsque Kristoff supprima l'horrible photo scandaleuse du téléphone d'Hans. Elle se sentit tout perde et gagner. Une forte dose d'adrénaline, son coeur se mit à battre comme si elle revivait. Elle croyait faire une crise de fangirlisation comme elle avait l'habitude de le faire devant les actrices de certaines séries qu'elle aimait mater le soir, dans son lit, au chaud, devant un chocolat chaud. Elle jeta ses fins bras au cou du grand blond avant de s'effondrer. Elle se mit à pleurer, elle ne tenait plus sur elle-même. C'était surement la plus belle chose qu'il pouvait lui arriver. Enfin, elle pouvait tout re tenter. Elle pouvait peut-être retrouver Elsa, la blonde qu'elle aime tant.

Ses paupières se fermèrent, son nez et ses taches de rousseur de froissèrent. Des larmes lumineuses brillaient au soleil, qui se trouvait beaucoup après le zénith, roulant sur ses joues lisses et dégoulinant sur la chemise bleu clair de l'homme qui peinait encore plus à respirer à présent. Anna usa de ses dernières forces pour serrer et enlacer du mieux qu'elle put son ami. Elle ne savait pas comment exprimer son bonheur, aucun mot ne sortait de sa bouche creuse et vide. Elle se sentait voler. Elle se sentait si bien. Kristoff eut au début un peu de mal à comprendre. Tout c'était passé en quelques secondes. Alors il commença à tapoter doucement et chaleureusement sur le dos brûlant de la plus jeune.

C'était comme des étincelles. C'était un feu d'artifice sauvage. Comme s'il venait d'un monde inconnu. Le fait qu'elle voulait tellement les paumes froides d'Elsa sur sa peau nue, et ses yeux bleus pétillants la dévorant lui faisait perdre tout son contrôle. Ses lèvres se serrèrent sur elle aime. Sa voix ne sortait pas les cris heureux qu'elle aurait voulu pousser. Ses tics nerveux reprenaient surface. Elle n'avait plus aucun contrôle sur elle-même et son corps. C'était comme un coup électrique en trop. Ce coup qui lui recommençait enfin une nouvelle vie. On devait la prendre pour une folle. Mais elle s'en foutait. La chaleur de la joie qu'elle n'avait plus connue depuis ces derniers mois l'enveloppa, elle se sentait si bien maintenant.

Les passants continuaient leur route sans détourner une fois leurs yeux de ce qui aurait pu sembler une retrouvaille de couple. Mais comme d'habitude, pour Anna, le regard des autres l'importait peu. Ses petits doigts s'attrapèrent entre deux, ses ongles se dessinaient dans la chair fraîche du blond. Elle souriait, et en même temps, les pleures perlaient et perlaient. Une vague de papillons captura son estomac et à la suite tous ses membres plats. Le choc l'avait anéantit de joie. Le garçon essaya de décoller la tête de la rousse qui semblait scotcher sur son épaule. Leurs organes vitaux battaient à la chamade, mais pour de différentes raisons. Il afficha un sourire heureux. "Au lieu de pleurer, vas lui acheter quelque chose, et vas la voir ce soir."

Elle ne voulait pas se décoller de son étreinte, elle avait peur de tomber sur le sol, elle ne tenait plus sur ses jambes frêles qui sanglotaient. Son visage était presque assorti à ses cheveux qui étaient attachés dans deux nattes, sa frange et ses quelques petites mèches aventurières, se mêlant sur sa peau transpirante et vitaminée. Elle détacha ses mains et ses ongles courts et droits, les laissant tomber sur ses côtés dans un geste las. Elle tenta de dresser un smiley comme elle le put sur sa face le regardant nostalgiquement. "J-je... Oui. Tu... Tu veux bien m'accompagner ?" Les mots partirent lentement, s'élevant dans le brouhaha des autres. Elle attrapa sa main vaguement, continuant de lui sourire le plus fort qu'elle le pouvait.

On pouvait voir qu'elle ne mentait pas et qu'elle rayonnait de la joie qu'elle faisait habituellement si ressortir. On la reconnaissait enfin. Son nez remonté suivait le mouvement de ses fossettes et elle tira le garçon qui acquiesça rapidement. Les deux contacts brûlant la rassurèrent encore plus. Comme si on revenait au début, au début ou Hans n'avait rien foutu. Ou tout semblait encore merveilleux et possible, et que leur monde existait encore. Elle espérait d'ailleurs qu'il existait encore maintenant, et qu'en touchant son corps froid, elles le retrouveraient facilement, un soupçon étroit qu'elle avala maladroitement dans sa fine gorge.

Et l'après-midi passa vite. Il était tard, la nuit n'allait surement pas tarder dans l'heure à couvrir tout le ciel bleu clair et blanc, vide de nuage, seulement illuminé du soleil jaune flottant et pétant dans le firmament. Quelques éclats rose écarlate et rouge-gorge. Une pointe orangé poudreux, et plus bas, un sac de même couleur au logo blanc, différenciant les deux, avec écrit les initiales "LT&TWLY". Il faisait déjà sombre même s'il était tôt. Le noir se reflétait partout, il n'y avait que peu de marchands encore ouverts et de touristes. Anna souriait encore, mais plus faiblement, ses joues rosées, faisant balancer en même temps qu'elle, ses jambes, ses bras, le sac.

Ses yeux se noyèrent sur le gravier foncé qui s'étalait sur tout le sol, et à ses côtes, Kristoff continuait de veiller sur elle. Ses deux nattes retombaient lentement sur son buste en débardeur blanc. Son bon vieux débardeur blanc qu'elle aimait tant. Ils avaient vécu tellement de choses ensemble, tellement de temps. Elle l'avait eu en quatrième. Et depuis, il lui allait et n'était pas abîmé, à son plus grand plaisir. Ses fines cuisses encore trop maigres, quelques os apparaissant, étaient cachées pour le peu de tissus que l'on pouvait admirer sur son short en jean, avec quelques rubans colorés qu'elle avait noué là ou normalement, une ceinture devrait se placer. Une tenue basique de ville qui lui convenait pour la journée. Elle était à l'aise et bien et c'était surement le principal.

Anna s'était calmée en quelques heures. Elle ouvrit, hésitante, ses lèvres pâles et un peu gercées. Sa voix glissa et se posa finalement, buttant sur le premier mot au début. "Kristoff ? Je... Je voulais aussi te dire quelque chose pour ma part. Que je n'ai pas osé t'expliquer par texto." Elle détourna ses pupilles, gênée. Le son était doux et calme. Elle marchait lentement. Il sortit un bruit faible de son cou pour dire qu'il l'écoutait, tout en croquant un énorme bout dans son sandwiche thon, poulet, et mayonnaise, qui dégoulinait de partout, et qui en temps normal, aurait dégoûté la plus jeune qui là ne se contenta que d'une grimace forcée.

"En faîte ça me travaille assez..." Ses mains suivirent dans ses paroles, se collant entre elles quand elle les élança dans le vide devant elle. Les lumières des lampadaires n'allaient pas tarder à s'allumer, ils prenaient la direction de la vieille voiture aux parents du blond, un vieux model noir galaxie qui brillait et luisait au loin avec la lumière naturelle du peu de jour qu'il restait. "Hans m'a encore appelé. Il a dit qu'il avait encore la photo." Elle s'arrêta, son larynx la déchirait. Ce mot lui rappelait juste de mauvais souvenirs. Le blond rigola, comme si c'était une vulgaire blague. "Mais c'est faux Anna, je l'ai vu de mes propres yeux. L'écoute pas." Il croqua encore une fois pour l'avaler goulûment. "Il bluffe, il te ment. Il croit te manipuler et te tenir encore mais non, ne t'inquiètes pas." Il parlait difficilement la bouche pleine, ses papilles gustatives dégustant avec amour les goûts s'entrelaçant sur sa langue rose.

Les paroles sincères firent comme un coup de fouet à la rousse, qui se redressa pour le regarder percement dans ses yeux. Elle se sentait mieux, elle reprenait confiance en elle. Il bluffe. Il bluffe. Tout va bien se passer maintenant. Se parler toute seule l'aidait. Elle ferma ses yeux, souriant à pleines dents, affichant ses canines blanches bien taillées. "Merci. Merci d'être là pour moi." La vérité sortait enfin de son cœur et elle osait le remercier pour tout. Il le méritait amplement. Il en avait tellement fait, et l'avait sortie de son calvaire. Sans lui, elle y serait probablement encore...

Le blond souriait à travers la bouffe qu'il avalait, et fit un signe à sa mère qui l'attendait. Il mangea encore un bout, il l'avait presque fini. Anna lâcha sa main, pour ne pas donner de banales idées et de faux espoirs à la blonde qui patientait gentillement sur le siège en cuir du côté conducteur. "Tu veux que je te dépose quelque part ?" Anna douta une seconde, et finalement hocha la tête en continuant de le regarder. "Merci, c'est adorable." Il étouffa un rire embarrassé et lui ouvrit la porte comme un chevalier aurait pu le faire à une princesse, pour plaisanter. Elle s'installa en un mouvement de fessier adroit, et s'attacha, pendant que le garçon fit de même prenant place devant.

Ils claquèrent ensemble leurs portières noires et il ne put s'empêcher de placer quelques mots à sa mère pour lui expliquer qu'il fallait la déposer chez "une amie". Son secret était bien gardé entre ses mains. Il lança un petit clin d'oeil complice, et le véhicule démarra facilement, et rapidement, ils se retrouvèrent déjà dans une ruelle en essayant de réussir à la descendre sans se cogner aux murs. La nuit devenait de plus en plus présente, et Anna poussa le mécanisme pour ouvrir sa fenêtre. L'air frais frappait son visage dans les virages, et les cinq minutes de route se terminèrent dans un silence plaisant. Il ne fallait pas forcément parler, un blanc pouvait être une bonne chose. Elle faisait le point, et décompressait. Ou elle essayait.

La voiture se gara alors devant l'adresse que lui avait donné Kristoff, une adresse qui se trouvait près du parc de l'autre fois. Elle remercia et salua tout le monde, et un décharge la picota encore entre ses seins. Elle ferma la porte derrière son passage, adressant encore un dernier regard d'incompétente et de trouillarde au blond, espérant qu'il lui dise "Viens monte, tu iras la voir une autre fois !" Mais s'il disait ça, jamais elle ne serait revenue. Elle devait le faire, aujourd'hui. Elle prit un air assuré, et s'élança vers les appartements, en fronçant ses sourcils presque parfaits. Le silence du moteur ne la dérangeait pas et arrivait à la distraire.

"Hey, Anna !" Il hurla en mode murmure ,pour ne pas embêter les habitants de l'immeuble, et sortit sa tête à travers sa vitre de verre baissée. Elle se retourna aussitôt, d'un geste rapide. "Oui ?" Son coeur continuait de taper fortement dans sa poitrine, il la narguait tellement. "Si tout se passe mal, tu pourras venir chez moi. J'habite pas très loin." Elle souriait. C'était super mignon de sa part, mais elle ne voyait pas pourquoi ça se passerait mal. Son anxiété devint plus forte, elle se sentit mal, comme un poignard dans son buste. Elle se dirigea vers la porte en verre, dans un signe de main pour un salut et d'un bonne nuit, et ses yeux ne quittèrent pas son objectif. Elle avait peur. Elle ne pensait pas avoir si peur. Elle recommençait encore à trembler. Elle se mordit la lèvre inférieure, et loucha sur le balcon d'Elsa et son nom au-dessus du bouton couleur fer.

La nuit régnait enfin, et elle n'avait même pas prévenu ses parents. Comme d'habitude, encore et encore mes mensonges. Elle tapa du pied dans la première pierre qui roula jusqu'au carrelage blanc et fit résonner le plastique gris de la porte. Les criquets commencèrent à faire sonner leurs violons, créant une petite musique. Les nuages débarquaient enfin, et le bleu violet colorait le ciel comme du colorant pouvait le faire. La lune prenait avec le temps la place immense qu'avait le soleil, accompagnée de ses amies les étoiles. Elle approcha son index, et prit une grande inspiration. Tu peux le faire. Appuie. Elle cligna de manière rapide ses cils, et osa enfin pousser le bouton. Ding dong. Le son sonna jusqu'en bas. Putain qu'est-ce que j'ai fait ? Elle entendit ses bruits de pas, arrangea sa frange aussi vite qu'elle put, et attrapa l'objet mystérieux qu'elle lui avait acheté, pour tenter une approche.

Elsa sursauta sur son fauteuil. Elle était sur son téléphone, et elle pensait aussi à Anna. Elle hésitait à l'appeler. Lorsque le bruit teinta dans son appartement, elle ne se posa aucune question, et elle ne demanda même pas qui était en bas. Elle en avait marre de penser à la rousse, et elle se demandait encore comment devait être la seconde blonde. Ses doigts froids se tordirent entre eux. Elle avait peur enfaîte. Peur de l'avenir. Elle ferma ses yeux quelques secondes et quand elle eut enfin le courage de les re ouvrir, elle se stoppa net sur place. "Anna." Sa voix française ne parvint qu'à dire son sublime prénom. Son coeur se mit à battre, et une force douloureuse et agréable le capturait en même temps. Elle lâcha ses muscles et se précipita sans se rendre compte vers la porte pour l'ouvrir et la laisser se refermer brutalement dans son dos.

Elle aurait voulu kidnapper fougueusement ses lèvres, l'embrasser jusqu'à ne plus respirer. Mais elle ne pouvait pas. Ses pulsions et ses ardeurs lui faisaient mal. Elle était tellement belle sous la lumière claire et blanche qui recouvrait son visage couvert de taches de rousseur. Elle osa un petit sourire malgré qu'elle fut plus choquée de la voir ici. Elle se sentait si bien d'être près d'elle. Elle aurait voulu son souffle chaud sur ses épaules, sa peau brûlante la caressant et s'accrochant à son corps, pour ne plus la lâcher et être rassurée. Elle la voulait. Elle voulait être avec elle, elle l'aimait tellement. Les larmes lui montèrent presque dans les yeux.

La respiration de la rousse s'accéléra. Elle avait du mal à regarder Elsa sans rougir, elle qui se trouvait dans une nuisette aux divers voiles et volants bleu/blanc. Puis, Anna afficha un sourire heureux. Elle ne savait pas quoi dire. C-C'est merveilleux. "Je... Elsa." Et puis rien d'autre, son sourire en disait d'avantage, et ses iris finissaient la phrase. Ses yeux tombèrent sur ses cheveux blonds qui se détachaient en cascade sur ses épaules et son dos, ses boucles d'oreilles flocons accrochées fermement. Elle les porte toujours. Le souvenir intense de comment elle lui avait fait perdre le contrôle la fit être nostalgique à souhait. Dans ses bras, un nounours. C'était le cadeau qu'elle avait voulu lui offrir.

Elle prit la parole, timidement. "Je sais que c'est pas super, mais je savais pas trop quoi te prendre... Surtout que si tu m'avais rejeté, je... Je me serais consolée avec." Elle baissa son regard sur le sol et ses pieds nus, sa main libre remettant nerveusement une mèche rousse derrière l'une de ses oreilles. La peluche était brune et toute douce, avec un coeur rouge sur un ventre blanc. C'était mignon. La blonde n'avait plus de mot à son tour. Si elle s'était écoutée, elle serait entrain de l'enlacer, de la serrer contre elle et dans ses bras. Elle lui aurait levé délicatement le menton, ses doigts se serraient glissés sur sa joue, et elle l'aurait embrassé avec passion. Au lieu de ça, elle s'approcha juste un peu, comme pour donner une illusion. "Je peux rentrer ? En tant qu'amie ?" Sa voix couina dans le silence des insectes. Elle avait peur de dire et de faire n'importe quoi et de ,encore, tout foutre en l'air.

Elsa ne répondait pas. C'était comme si l'espace-temps s'était figé. "Je ... Je crois que je vais y aller." Ses espoirs s'envolèrent et elle ferma les yeux pour retenir tout. Ses émotions et ses pleures. Alors qu'elle allait repartir, appuyant pour ressentir la peluche plus contre son buste, elle sentit quelque chose attraper sa main : celle d'Elsa. Elle tourna alors légèrement son visage vers elle, elle qui semblait perdue, qui ne voulait pas tout perdre. "Non non, viens. Je suis seule ce soir, et... Je ne vais pas te laisser seule dehors comme ça." Elle restait son amie après tout.

La plus vieille osa un petit sourire amical. Elle n'était pas sûre qu'il soit réussi, mais l'attention y était et c'était ce qui comptait le plus pour les deux. Anna fit de même. Elle se sentait encore rêveuse, et serra sans se rendre compte la main d'Elsa plus fort. Comme si elle avait peur. Peur de la perdre. Peur qu'elle s'échappe. Peur qu'elle la laisse. Peur qu'elle l'abandonne. Peur de ne plus jamais la revoir. De ne plus jamais la sentir. De ne plus jamais la toucher. De ne plus jamais entendre sa douce voix qui lui faisait une telle sensation dans tout son corps, comme des millions de fourmis et des sueurs chaudes et froides.

Elsa la tira, l'entraînait dans son appartement. Ce fut étrange de tout refaire comme avant. Mais c'était tellement bien. Anna hésita un peu, pas très à l'aise. Elle rangea sans trop faire de bruit ses affaires, sa main toujours ancrée dans celle d'Elsa. Elle aurait voulu la tenir toute sa vie. C'était une chose si forte. Elle ne voulait pas s'en séparer, elle aurait voulu se glisser contre elle encore. Et c'était le même sentiment du côté de la blonde. Tout semblait flou au départ. Elle lui donna l'objet. Tout était vraiment flou. Les quiproquos, Aurore, Hans, et leur relation. C'était ambigu.

Elles se posèrent, alors, sur le canapé froid, et il n'y eut pas de blanc comme elles avaient pu l'imaginer. Tout repris, comme avant. La complicité d'autrefois revenait. Et pendant une bonne partie de la nuit, elles rigolèrent et s'amusèrent. Comme si les derniers mois n'avaient jamais existé, comme si ça n'avait été qu'un vulgaire et affreux cauchemar, qu'elles oubliaient. Elles changeaient de page et de chapitre. Tout recommençait, et pour le mieux. Pour un véritable amour.

Puis, peu avant que l'église sonne minuit, Elsa se leva d'un bond, les joues rosées, et sa faible voix lui demandant de la suivre. Elle ouvrit la porte, saisissant encore sa main qu'elle n'avait lâché que très peu de fois dans la soirée. Anna se sentait re vivre, elle se sentait mieux, elle se sentait soulagée et apaisée, libérée. Elle l'emmena tout en haut, montant trois étages, encore et encore, dévalant les escaliers froids et crasseux, pour enfin atteindre le toit. Le toit n'était pas vraiment un toit.

C'était plus le jardin collectif. La fausse herbe et les fausses fleurs jonchaient sur le sol normalement en béton, quelques transats étaient repliés un peu partout. La lune brillait tranquillement, des lucioles survolaient la ville et l'endroit ou elles se trouvaient. C'était magique. Elsa attrapa quelques coussins bleus, jaunes, roses et verts sur le côté, qu'elle balança sur la terre sans se soucier, et posa une couverture blanche en-dessous. "Installe-toi." Un sourire farceur et dominateur sur le visage. On aurait dit que celle qui prévoyait les plans était maintenant la plus âgée. Elles eurent un petit rire partagé, et elles s'allongèrent ensemble sur le tissu chaud et chaleureux.

Leurs cheveux s'emmêlaient, blonds et roux, et ses doigts froids attrapèrent ceux d'Anna pour la sentir encore près d'elle. Elle sentait son fort pouls dans sa paume. Elle était bouillante. Elle hésita, mais l'embrassa amicalement sur la joue, faisant rougir la plus jeune qui appréciait énormément ce geste. C'était dur de se dire que tout était fini et que le bonheur revenait. Elle devait oublier le passé, et elle souriait. Elle serra ses doigts à son tour, et posa sa tête contre l'épaule d'Elsa. Profiter du moment et de l'instant. Elles rigolèrent un peu sur quelques constellations, ou Anna ne faisait que dire des conneries. Que non, la grande ourse ne s'appelait pas la casserole et qu'il n'y avait pas des pâtes qui en sortaient par exemple. Puis elle ferma ses yeux. Il faisait bon dehors, même à cette heure tardive. Et elle se mit à ronfler, son téléphone éteint, rempli d'appels manqués de son père. Mais elle s'en foutait. Elle était enfin heureuse et elle ne voulait pas penser à lui.

Elle ne voulait penser à personne, et en quelques minutes, elle rejoint le marchand de sable qui l'avait beaucoup arrosé de poudre dorée. Elsa continuait de fixer son adorable visage. Tout ça la tracassait toujours, même si c'était la plus belle sensation qu'elle n'avait jamais vécu. Son téléphone vibra. C'était Aurore. Elle l'ignora et ne prit même pas attention au message. Son coeur flanchait, et elle serra encore plus la douce main d'Anna. Et là elle se rappela de pourquoi elle avait quitté la blonde. Son contact lui faisait tout oublier, elle se sentait parfaitement bien avec elle. Et elle se laissa envoler, en regardant le ciel bleu nuit s'étendre jusqu'au orange de l'aube, son esprit perdu. "Je t'aime." Elle murmura les quelques mots en Français, et serra son corps contre le sien, posant sa tête sur la sienne, et laissant tomber son poids sur le sol de la terre. Elle savait qu'elle ne l'entendait surement pas, mais le dire la faisait se sentir mieux. Car c'était la seule personne à qui elle aurait voulu dire ces mots.