Tadaaaaaaaaaaaaaaaaam
Bon fallait faire une entrée, autant que se soit avec panache ! :)
Sunshine a mis la 200ème review et aura sa surprise comme promis ;)
Merci à ceux qui postent des commentaires, on vous embrasse bien fort sous la pluie de France qui commence à nous les briser ! XD
Bonne lecture
PS / OMG, plus que trois chapiiiiitres (pour compenser ils sont super longs :p)
Chapitre 28 :
-Où ça ? m'enquis-je, étonnée.
-A l'angle des deux couloirs du Quatrième Etage, près de la tapisserie de Morgane, répète la gamine de Deuxième Année. C'est Eglantina Carbury qui m'a chargée de vous transmettre ce message.
J'explose de rire en l'entendant me vouvoyer. Elle a l'air très embarrassée et est rouge pivoine. Rogie, près de moi, qui tient Amina par la main, les doigts entrelacés, la toise avec mépris et Nunzia ne fait pas attention à elle, griffonnant mon visage sur son petit carnet de dessin. Quant à Jess et Malicia, elles se murmurent je-ne-sais quoi qui doit s'approcher de « Mon amour, tu as des beaux yeux », « Mon Trésor, comme tu as de belles lèvres… » ou alors, un truc vachement vexant, du style « bon, ils sont gentils, ceux-là, mais on aimerait bien se trouver un p'tit coin tranquille pour se peloter ! ». Enfin, vexant pour moi, spécifiquement, puisqu'Amina et Rogie s'en foutent d'une façon à peine croyable et que Nunzia ne voit que son carnet de dessin. En bref, j'ai l'impression d'être envahie par l'art et par l'amour… l'art, encore, passons mais l'amour !
En plus, tout de suite, bien sûr, je pense à Dan. Obligé, vous en conviendrez… et ça me mine le moral. Pourquoi Mike est trop con pour réussir à me le faire oublier ? J'en ai vraiment ras le… popotin ! Bon, ok, tout est de ma faute… pourquoi –non mais, sérieusement, pourquoi ?- j'ai fait l'énorme connerie de tomber amoureuse ? Sans m'en rendre compte, en plus ! Je suis douée, moi, quand même… le pire c'est que, en conséquence, ma drogue me manque affreusement, ces derniers temps. Je me réveille souvent la nuit et, comme en somnambulisme, je me dirige vers la salle-de-bain. Evidemment, je peux toujours chercher, y'en a plus un gramme mais je m'en trouve encore plus frustrée. Souvent, je me mets à trembler et je dois prendre plusieurs minutes avant de me calmer. Et ce qui m'énerve le plus dans cette histoire, c'est que je sais très bien que mon manque de drogue est lié à mon « manque » de Dan… Je suis obligée d'aller voir Olm pour qu'elle me redonne de ses médocs. Ah, je suis heureuse, vraiment…
Un rire étouffé de Jess me fait tourner la tête en leur direction. Elle croise mon regard et me sourit, les yeux pétillants. J'en oublie la mauvaise humeur qui m'avait prise un instant et me fais la remarque que Jess est surement la personne que je connais à mériter le plus d'être heureuse et que c'est en très bonne voie, grâce à Malicia. Du même coup, je suis reconnaissante envers celle-ci pour le bonheur qu'elle offre à ma blonde préférée. En plus, elles forment un couple vraiment idéal tout en sensualité et douceur, c'est trop chou ! C'est mon petit favoris de l'année, je crois… en plus, elles sont les seules lesbien assumées de l'école et ça fait plutôt jaser –et j'adore quand les bons gens sont choqués ! Néanmoins, aucun n'a le courage de ne faire la moindre remarque, sachant que Jess est l'une de mes meilleures amies et que Malicia fait partie du groupe de rock phare… et puis, la préfète-en-chef et capitaine des Pompom Girls monte la garde !
En parlant d'elle, je la vois encore me faire une crise de jalousie quand je lui ai fait croire que son Jonathan était ma proie suivante… ah, celle-là, même pas discrète ! Je suis allée en parler à Jonathan mais il a fait son « mouais, t'es sûre que t'as pas voulu comprendre ce que tu voulais comprendre, Lexie ? ». Ah, merci, la confiance ! J'essaye de l'aider et lui, bah, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il m'aide pas ! Dans son genre, il est presque pire que Rogie… j'ai bien dit presque…
Je me lève de la pelouse du Parc et salue les joueurs de l'équipe de Gryffondor qui s'étaient invités près de moi –sous le regard satisfait de Rogie. Je fais la bise à quelques uns et me contente d'un sourire pour les autres avant de passer quelques mormilles à la gamine qui me remercie, toute excitée des paquets de Choco-grenouille qu'elle va pouvoir s'acheter grâce à ça… après tout, ça doit être chiant de jouer les pigeons voyageurs !
Je monte au Quatrième étage, saluant des connaissances au passage, avant de me diriger vers la tapisserie de Morgane. Je me demande bien ce que Tina me veut… au mieux c'est à propos de Jonathan, sinon c'est pour les Pompom Girls.
Devant la tapisserie, il n'y a personne. Arquant un sourcil, je me place devant celle-ci et, après un doute, regarde derrière, en la soulevant, mais je n'aperçois qu'un pan du mur complément nu à part un graffiti « David et Gérard Forever ! ». Oh, trop bien, des gays ! Faut que je montre ça à Rogie ! J'étais en plein fou-rire, m'accrochant à la tapisserie pour ne pas tomber quand deux bras m'attrapent et que je suis expulsée en arrière. J'essaye de tourner ma tête vers mes agresseurs mais le trajet est trop court –pourquoi ça finit toujours trop tôt… ?- et on me retourne pour me pousser dans une espèce d'endroit noir et je m'écrase contre un torse, après qu'un bruit de porte ait retenti…
-Lexie ? s'écrie une voix que je reconnais immédiatement.
-Dan ? répliquais-je, en me reculant aussitôt.
Mais l'espace dans lequel on est confinés est bien trop étroit et je me cogne le dos contre la paroi. Aussitôt, j'ai l'impression qu'on m'a collée une gifle avant de me plonger la tête dans de l'eau glacée. Ma respiration s'accélère mais c'est comme si aucun n'oxygène ne me parvenait. Je suffoque et j'essaye d'aller à droite, à gauche, devant, derrière, de tendre les mains dans toutes les directions, de frapper chaque parois et de hurler des mots que je ne prends même pas la peine d'analyser. Je vais mourir, je n'arrive plus à respirer ! C'est certain, je vais mourir mais j'essaye de m'enfuir, seulement c'est comme si j'étais une mouche coincée sous un verre et que l'oxygène disparait. Des sanglots étranglés me bloquent encore plus la respiration et je me laisse glisser contre la paroi, les jambes me lâchant. Sortez-moi de là !
Après, je ne sais pas combien de hurlements, de sanglots sans larmes et d'heures –ça ne peut être que des heures !- à marteler les parois de ma prison, la porte contre laquelle j'étais désespérément appuyée s'ouvre et je tombe en arrière brusquement. La lumière éjecte l'obscurité, l'étroitesse laisse place à nouveau au couloir près de la tapisserie et l'air rentre enfin dans mes poumons par grandes vagues. Je fais à peine attention à la douleur de mes reins quand je tombe au sol et je me recule, en rampant, pour venir m'adosser au mur. L'hystérie et la panique s'évaporent, et le sentiment d'oppression disparait peu à peu quand je peux à nouveau respirer normalement. Je me rends alors compte, une fois que ma raison est revenue, que je viens de sortir d'un placard et donc que, jamais, je n'ai été en asphyxie. J'ai toujours été claustrophobe, si bien que je ne peux pas aller aux toilettes dans des cabines et que je dois toujours monter à mon dortoir où la salle-de-bain est bien plus large. Et, enfin, je remarque Dan qui est debout face à moi et qui me regarde, tétanisé. J'en avais oublié sa présence. Je passe mes bras autour de mes genoux et détourne le regard avant d'entendre ses pas s'éloigner.
Horrifié. Il était horrifié, me répétais-je avec de plus en plus de rage en me remémorant son regard. Il a été spectateur de ma claustrophobie et il en a été horrifié. Je le déteste !
-Je te déteste ! hurlais-je du côté du couloir où il a disparu. Je te hais !
Je réprime violement mes larmes en me répétant que je le déteste. Les pas reviennent et je me demande un bref instant si c'est lui qui revient, ayant entendu mes cris, mais quand je perçois des rires excités, je me dis que j'ai tort d'avoir pensé ça. Il a dû surement aller direct retrouver ses copains et il va raconter comment la Reine de Poudlard est devenue hystérique et pathétique dans un placard. Je le déteste, Merlin, je le déteste !
-Lexie ? s'écrie-t-on.
Je tourne la tête pour voir Tina accourir à toute trombe avant de se laisser tomber à côté de moi. Qu'est-ce que… ? Comment peut-elle savoir qu'il s'est passé quelque chose ? Je suis seulement assise dans un couloir… Je remarque alors que mes escarpins sont éparpillés, l'un dépassant légèrement du couloir et l'autre gisant au sol, et mes fringues sont de travers. Et surement que ma tête ne doit pas être très…
-Quoi ? fis-je.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? s'exclame-t-elle, inquiète.
J'aperçois alors Caroline qui ramasse mes escarpins. Un déclic se fait dans mon esprit.
-C'est vous ! m'écriais-je. Le placard, c'est vous !
-On… je voulais juste… que s'est-il passé, Lexie ? Où est Dan ? me demande Tina.
-Dan s'est cassé. Je suis claustro alors j'ai perdu les pédales, marmonnais-je.
-Quoi ?
Elles ont crié ça d'une même voix, Caroline se tournant brutalement en ma direction. Tina a les yeux grands ouverts et je me contente d'hausser les épaules.
-Oh Par Merlin ! s'écrit-elle, prise de panique.
Avec précipitation, elle vérifie si je vais bien en me caressant les joues, les cheveux, les épaules, les bras… Amusée, j'éclate de rire.
-T'inquiète ! Ça laisse pas de séquelles, c'est juste des crises de panique, lui assurais-je, en lui souriant.
-Je suis si désolée, Lexie, si j'avais su ! Oh Mon Dieu, si j'avais su ! Tu vas bien, t'es sûre ? Tu veux de l'eau ou que j'appelle Olm ? Je suis tellement désolée, Lexie ! Tu veux que je t'aide à te relever ? Ne ris pas, je suis sûre que ce n'est pas bon après une crise ! Tu vas vraiment… ?
xOxOxO
Je suis d'une humeur massacrante depuis mon voyage dans le placard. Mais, vraiment massacrante. J'ai réussi à m'engueuler avec Nunzia et Rogie. Ce dernier est parti en boule, laissant Amina en plan mais cette dernière s'est contentée d'un sourire amusé et tendre… c'est vrai que Rogie est encore plus trognon quand il s'énerve. J'étais tellement furieuse que j'ai tout déballé à Amina pour me défouler. Je lui ai raconté le défi du début d'année, mes magouilles, celles de Rogie –elle en connaissait pas la moitié !-, le rendez-vous à Pré-au-Lard, la saint Valentin, la révélation, le mensonge de Rogie et, pour finir, le placard. Ça a duré une éternité et je ne sais pas vraiment pourquoi j'en ai parlé avec elle alors qu'on n'est pas tellement proches, à part Rogie qui joue le pont entre nous deux. Mais elle m'a écoutée et elle a eu l'air plutôt attentive et intéressée… apparemment, elle a bien cerné Rogie puisque rien ne l'a choquée, ni indignée, ni même surprise !
-Quelle année, commente-t-elle dés que j'ai fini.
-Oh, c'est pas la pire ! La Quatrième Année, celle-là, c'était la pire !
J'allais continuer là-dessus quand je vis Daisy passer au bras d'un mec de Serdaigle plutôt mignon. Je lui ai déjà parlé plusieurs fois mais je m'en rappelle plus de son nom… de toute manière, c'est plutôt sa copine qui m'intéresse, maintenant. Je lui ai déjà pourri ses entrainements quand Tina m'avait relégué son poste de Capitaine mais on n'a jamais eu de réelle discussion sur l' « accident » de cette dernière… et comme je suis pile dans l'état adéquat pour me fritter, ça va être impeccable ! J'assure à Amina que je reviens dans quelques minutes et elle hoche la tête. Je me lève et me dirige vers le couple qui comptais bien disparaitre de la bibliothèque –oui, oui, c'est là que Rogie m'a trainée avant de se barrer, furieux. Je me fais la réflexion que ce n'est pas super chaud comme endroit de rendez-vous mais après tout un Serdaigle et Daisy –qui a plutôt des bonnes notes- peuvent très bien trouver ça romantique, de chaumer sur son devoir de Métamorphose… ya des gens si bizarres…
-Hey, Daisy ! l'appelais-je.
Elle se retourne et, dés qu'elle me voit, son sourire tremble avant de s'accentuer. Je sais que, bien qu'elle ne m'aime pas, elle n'irait pas me provoquer de si tôt… comme la plupart des jolies filles de l'école, en fait. Le Serdaigle me salue mais je ne lui porte qu'un maigre regard.
-Salut, Lexie ! Ça va ?
-Oh mais si tu savais ! On peut se parler, deux secondes ? lui lançais-je, souriante. En privé, bien sûr.
-Bien sûr, me dit-elle avant d'annoncer à son Serdaigle qu'elle le rejoint plus tard.
Je m'avance entre deux rayons et elle m'emboite le pas. Je m'y enfonce jusqu'au fond avant de tourner au fond et de me dissimuler derrière l'épaisseur de la bibliothèque, contre laquelle je m'adosse. Elle se force de se placer devant moi mais en gardant le plus de distance entre nous deux que possible… Je retiens un sourire de contentement. C'est que je lui ferai peur. Peur qu'avec mon pouvoir sur l'école, je la détruise et elle fait bien !
-J'espère que t'es au moins allée rendre une petite visite à Tina à l'infirmerie, histoire de lui dire « Au fait, Capitaine, désolée pour l'escalier, ça a dû faire mal… mais, normalement, t'aurais dû crever sur le coup, la colonne vertébrale brisée », déclarais-je.
Il y a surement plus subtile comme entrée en matière mais bon, on va se contenter de celle-là. Apparemment, elle est suffisante puisque Daisy est figée devant moi, les yeux aussi écarquillés et terrifiés que Dan en sortant du placard. La comparaison n'est pas des plus plaisantes, je dois dire. Elle se reprend vite et s'empresse de m'assurer, la voix légèrement tremblante :
-C'était un accident, Lexie, je te jure ! Jamais je n'ai voulu qu'elle tombe dans les escaliers ! Je la déteste, c'est vrai, et je voulais lui faire peur mais jamais… jamais, j'ai voulu ça et…
-Tu vas quand même pas me faire croire qu'elle a sauté en arrière, histoire de gouter à de nouvelles sensations ! m'énervais-je aussitôt.
Je quitte ma position et m'avance vers elle pour m'arrêter juste en face d'elle. Je la pousse contre le mur avec brutalité. Son dos cogne contre la paroi dure et elle retient un gémissement de douleur, la figure crispée. Je suis bien plus petite et plus frêle mais de nous deux, c'est moi qui aie les armes et donc, la force… et je suis de trop mauvaise humeur pour jouer à la loyale.
-C'est pas plutôt comme ça que ça s'est passé, Daisy ? susurrais-je, mauvaise. Rappelle-toi, t'étais juste à côté d'elle et tu l'as poussée comme je viens de le faire pour qu'elle dévale les escaliers !
-Non !
-Si ! Avoue-le, salope !
-Je te promets, Lexie… je te jure ! Je n'ai…
-Arrête ! Je t'ai vu et tu le sais très bien ! Je t'ai vu ! l'accusais-je, en me retenant très difficilement de la frapper. Si t'arrêtes pas de me mentir, je te détruis, c'est compris ? Je ferai de toi la risée de Poudlard et personne te parlera plus que pour te coller la honte ! Et je crois que t'en connais un rayon, du côté de la méchanceté des élèves, parfois, non ? Tu seras placée si bas que t'auras plus qu'une solution, changer d'école ! Et avec un peu de chance, il y aura d'autres trainées dans ton genre pour te pousser dans les escaliers, à ton tour, alors réfléchis bien, cette fois-ci, avant de me raconter des cracs.
Elle me regarde dans les yeux un moment avant d'hocher de la tête, en signe de compréhension. Quand elle reprend la parole, elle est calme, beaucoup moins affolée et elle chuchote presque :
-C'est vrai, je l'ai poussée mais je ne m'étais pas rendue compte qu'on s'était autant rapprochés des escaliers, en parlant… elle était dos aux escaliers et j'étais si énervée… elle m'énerve tant, je la déteste… alors, je l'ai poussé en arrière mais c'était sous le coup de la colère et je peux te jurer que je ne savais pas du tout qu'il y avait ces putains d'escaliers... je la déteste mais je ne voulais pas lui faire aussi mal, c'est la vérité, Lexie.
-Je te crois, lui dis-je. Mais maintenant, contente-toi de la détester sans l'approcher, saisi ? Tina est notre capitaine et elle est une amie très proche pour moi. Si j'apprends que t'as encore tenté la moindre chose contre elle, tu sais ce qui t'arriveras. Bonne journée, Daisy, et suce bien ton Serdaigle de ma part, d'accord ?
xOxOxO
-'l'est forcement que'que part…, marmonnais-je.
Dans ma nuisette noire encre, je rampe sur le sol glacée de la salle-de-bain, en touchant chaque carreau de faïence. Pourquoi je ne suis pas foutue de me rappeler lequel est le bon ? Je suis presque certaine qu'il y en a encore, de ma drogue… juste un tout petit peu que cette bande de charognards ont oublié de me voler ! Sinon, comment elle pourrait m'appeler… Lexie, viens me sniffer, tu sais que ça te guérira… le pire c'est que c'est la voix de Dan ! Un vrai cauchemar, faut que je trouve cette maudite drogue, bon sang !
-Par les nichons de Poufsouffle ! jurais-je en me tenant le crâne.
Ce n'était peut-être pas aussi près du mur… Merlin que ça fait mal ! Je vais avoir une énorme bosse ! En soupirant, je m'assois, le dos contre le mur qui vient de quasiment m'assommer et je fais un bilan de la situation, maintenant que j'ai le cerveau dans le bon sens je viens de faire encore une crise de manque nocturne. Génial, va falloir que j'aille voir Olm, demain… et elle va encore me servir ces commentaires débiles.
La porte que j'avais laissé entr'ouverte s'ouvre cette fois-ci complètement pour laisser en jaillir une furie aux cheveux châtains et en uniforme. Qui est la tarée qui dort en uniforme ? Ah, c'est Tina, ça explique tout alors… elle rentre de sa ronde… mais il est quelle heure ?
Je n'ai pas le temps de réfléchir pour répondre à cette question qu'elle me bondit dessus, s'agenouillant devant moi et me prenant dans les bras, toute excitée et joyeuse apparemment. Aaah, d'accord… elle aussi est une semi-somnambule ! Elle a du s'endormir pendant son tour de ronde emmerdant… et je la comprends…
-C'est pas grave, ça va s'arranger… tu veux que je te réveille ? lui demandais-je. Quoiqu'on dit qu'il faut pas réveiller un somnambule mais je fais tout le temps ce qu'on dit qu'il faut pas faire donc si tu veux, j'le fais…
Elle se recule de mes bras, ahurie, avant d'éclater de rire.
-Je suis pas somnambule, je quitte tout juste Jon !
-Oooh ! Alors ? m'exclamais-je.
-Ouiiiii ! On sort ensemble !
-Je t'avais bien dit qu'il t'aimait ! Je le savais depuis des lustres ! Fallait être con pour ne pas s'en apercevoir…
-Merci, Lexie ! commente-t-elle en riant.
-Tout le plaisir est pour moi !
On se regarde et on explose de rire. Ah, tout est bien qui finit bien… c'est-y pas beau, tout ça ?
-Mais qu'est-ce que tu fais dans la salle-de-bain ? me demande-t-elle alors, méfiante.
-Et sinon, vous avez couché ensemble ? changeais-je de sujet.
-Lexie !
xOxOxO
-Je t'assure, ça peut être que cette salope d'Isabella ! Elle lui tournait autour depuis la Saint Valentin, cette sale garce, et on sait très bien comment cette fille est facile ! crache Brunie, en larme.
Elle ne devrait pas autant se maquiller, cette sainte-nitouche, elle ressemble à un clown dés qu'elle pleure avec son mascara et son rouge à lèvre à la couleur d'une tomate. Sans parler de son fond teint… je fais passer mon début de fou-rire par une toux et la prends par l'épaule, la poussant à marcher un peu dans le couloir.
-Ma pauvre chérie…
-Je la déteste ! s'écrie-t-elle.
En fait, ce n'est pas Isabella mais Carla, sa meilleure amie, qui se fait chacun de ses mecs tour à tour, derrière son dos. Cette quiche de Brunie l'a jamais compris, trop occupée à marquer comme une gamine ingénue « Brunie&Carla Amies Pour la vie » sur tous ses cours. Mais bon, ça ne m'étonnerait pas qu'Isabella passe derrière aussi… de toute manière, Brunie sort tout le temps avec des mecs pro dans l'art de l'infidélité. En même temps, c'est souvent les plus sexys… ya qu'à regarder Charles !
-Et tu comptes te venger ? demandais-je, surexcitée.
Elle tourne vers moi un regard surpris. Bah quoi ? Je me tiens au courant !
-Hey, Lexie ! m'appelle-t-on.
Je me retourne et tombe sur Jonathan, accompagné par l'une de ses meilleures amies de Serdaigle –d'après ce que j'en ai conclu puisqu'ils sont tout le temps ensemble. Je lui souris, malicieuse.
-Hier soir, quand on faisait la ronde, Tina et moi, nous nous sommes…
-Sautés dessus ? finis-je pour lui. Oui, je sais !
-Je vois que les nouvelles vont vite mais t'aurais pu me laisser te l'annoncer ! me reproche-t-il alors que sa copine se marre.
-J'adore voler la vedette aux gens, une de mes passions !
Il secoue la tête, amusé. En tout cas, il a un sourire gigantesque et ses yeux pétillent…
-Je sais autre chose, aussi ! Vous êtes rentrés direct au dortoir après vous avoir simplement roulés des pelles, ça devrait être interdits d'être aussi frustrants !
-Tu ne pourrais pas te contenter de me féliciter, espèce d'obsédée sexuelle ? réplique-t-il.
-Lexiiiiiie ! geint alors Brunie. J'ai le cœur brisé !
Oui, bah toi, tu me brises autre chose, chérie…
xOxOxO
« … Alors, rejoins-moi dans le couloir de la Salle-sur-Demande, il faut que l'on parle,
Avec tout mon amour,
Kevin »
Avec tout ton amour, hein ? Attends un peu que je vienne, tu vas voir ce que je vais en faire, de ton amour, moi ! Je roule en boule la lettre parfumée et l'enflamme d'un coup de baguette, avec un sourire diabolique. Avant ces rendez-vous, mots d'amour, chocolats, bijoux et bouquets de fleurs se contentaient de me mettre mal à l'aise vis-à-vis de lui, puisque je savais que je ne pouvais que les refuser mais… maintenant, je le déteste. Il joue avec Nunzia qui le sait très bien mais qui nie le fait qu'un jour, ça va la faire souffrir… qui n'en souffrirait pas ? Cette situation ne peut plus durer et si je suis la seule à vouloir qu'elle cesse, je vais faire en sorte que ça suffise !
Je prends une veste et sors en ce dimanche, me dirigeant aussitôt en direction du lieu de rendez-vous, le pas déterminé et arrogant. Je prends les raccourcis et passages secrets, si bien qu'à peine cinq minutes plus tard, je suis arrivée à destination. Cependant, aussitôt, je me retrouve pétrifiée magiquement, impossible de faire ne serait-ce que le plus petit geste à part de bouger les yeux. D'inanition, j'en tombe en arrière comme une planche à pain et je redoute le choc contre le sol mais deux bras me rattrapent à temps et un visage se place devant moi. Tina !
-Coucou ! me fait Caro, juste en face de moi, avec un grand sourire.
Espèce de bandes de harpies perverses ! C'est ce que j'aurais surement dit si je l'avais pu… Mais merde, alors ! Pourquoi je me fais tout le temps avoir ? J'aurais quand même dû avoir un doute après l'épisode du placard ! Apparemment, je n'ai pas fini d'écoper des vengeances de Tina pour le coup de la salle-de-bain des préfets… ce qui n'est pas juste, parce que de une, elle a pu admirer le torse de son petit-ami, donc elle devrait m'en être reconnaissante. Et de deux, pourquoi c'est moi qui prends tout ? Caroline était pourtant plus que complice ! Favoritisme ! Je vais la dénoncer à Jonathan, tiens !
-Ne m'en veux pas, hein, Lexie ? C'est pour ton bien, ce qu'on va faire…, me dit Tina, en me tenant toujours dans ses bras.
J'aurais bien voulu leur demander ce qu'elles vont me faire mais, bon… Elle demande à Caro d'ouvrir la porte de la Salle-sur-Demande et cette dernière, cette chose faite, l'aide à me trainer jusqu'au bureau en bois foncé qui occupe le centre de la pièce. Je remarque que Dan est assis sur une des chaises devant le bureau. J'aurais surement soupiré si j'avais pu. Alors, quoi, c'est ça leur plan ? M'enfermer dans un bureau, après le placard, avec Dan… elles croient quoi exactement ? Que je vais lui sauter dessus pour le violer, tellement je suis en manque ? Je lui en veux trop pour ça ! Quoique…
Et merde… j'ai encore oublié d'aller voir Olm, aujourd'hui… si j'avais su…
Elles me déposent sur la deuxième chaise devant le bureau, juste à côté de Dan qui tourne la tête vers moi, boudeur. Tina remue de sa baguette et des liens s'enferment sur mes poignés, les collant aux accoudoirs de mon siège.
-Vous êtes vraiment chiantes, les filles…, marmonne Dan.
-Finite incantatem, déclare Tina, en l'ignorant et s'asseyant derrière le bureau, avec un air de ministre.
-Libérez-moi si vous voulez que je bécote votre petit protégé ! lâchais-je avec humeur, dés que je peux. Attachée, je peux rien faire.
-Très bien essayé ! commente Caroline en riant.
Je lâche un juron qui n'étonne personne et je me mets en tête d'imaginer une menace assez redoutable pour les forcer à me libérer… en plus, je ne comprends vraiment pas pourquoi Caroline aide Tina à essayer de me coller avec Dan. Après tout ce qui s'est passé, c'est trop tard. On a déjà tout foutu en l'air, alors…
-Bienvenue à votre premier rendez-vous d'assistance patrimoniale dirigé par Eglantina Carbury ! annonce Caroline.
-Et secondée par Caroline Ferrars, ajoute Tina.
-C'est pas drôle, leur assurais-je.
-On n'est pas ici pour rire, Miss Hale ! me gronde-t-elle.
Je la fusille du regard.
-Très bien, commençons. L'un de vous veut peut-être débuter le dialogue ? demande-t-elle.
-Oui, moi ! dis-je.
-Euh… en fait, on va laisser la parole à Dan !
-Han ! m'indignais-je.
-Dan, nous t'écoutons… pourquoi donc, alors que tu es fou amoureux de Miss Hale, laisses-tu votre couple se déchirer ?
-On a jamais été un couple ! me manifestais-je une nouvelle fois.
-ça sert à rien…, maugréa-t-il.
-Vous voyez, espèce de sales furies ? m'exclamais-je. Si on est bien d'accord sur une chose, Dan et moi, c'est qu'on veut se tirer d'ici ! Alors, si vous ne…
-Silencio ! me lance Caro avec un air satisfait.
J'ouvre la bouche pour essayer de hurler mais, en effet, je n'ai plus l'usage de mes cordes vocales. Je me contente de lui présenter mon doigt d'honneur à l'aide de ma main droite, toujours attachée, et elle éclate de rire. Je fulmine
-C'est bien mieux, ainsi, merci Miss Ferrars ! déclare Tina, en me lançant un sourire. Dan, si tu ne veux pas avoir le droit au même sort, nous t'écoutons…
-Elle se servait de moi pour un pari, voilà ! lâche-t-il brutalement, en m'évitant du regard. Elle ne voulait que coucher avec moi.
-Est-ce vrai, Miss Hale ? demande Tina.
Je bouge les lèvres avec exagération, lentement et en articulant silencieusement un « Va te faire foutre ! ».
-Ah oui, c'est vrai ! Miss Ferrars ?
-Finite Incantatem !
-Oui, c'est vrai ! mentis-je.
Je tourne ma tête vers Dan qui cette fois-ci me regarde et je plante mon regard dans le sien.
-Et j'ai perdu mon pari, merci bien !
-Très bien… Miss Ferrars, le flacon… elle ne nous laisse pas le choix…
-Quoi ? Quel flacon ? me méfiais-je aussitôt.
Caroline s'approche de moi et me colle un petit flacon entre les lèvres pour me forcer à boire je-ne-sais quel liquide…
-Alors, maintenant, est-ce vrai, Miss Hale ? réitère-t-elle sa question.
-Non.
Le mot est sorti malgré moi. Je comprends alors… du Veritaserum !
-C'est interdit ! m'écriais-je.
-Oh, s'il-te-plait, Lexie, t'es très mal placée pour nous faire ce genre de commentaire…, cesse Caro son jeu pour me lancer cette remarque.
-Je vais vous balancer !
-C'est ça !
-Reprenons ! déclare Tina. Alors, comme ça, ceci est faux… qu'est la vérité, dans ce cas ?
-Au début d'année, c'est vrai, j'avais parié que je coucherai avec Charles et Dan, tandis que Rogie attraperait Simson dans ses filets mais depuis mon overdose, tout a été annulé puisque Rogie m'a avoué qu'il était raide dingue d'Amina. Donc quand j'ai embrassé cet abruti, c'était sans arrière pensée… Rogie a menti à Dan pour des raisons personnelles.
Cool, j'arrive quand même à modérer mes révélations ! D'un coup, je suis soulagée.
-Quoi ? s'écrie Dan. Je te crois pas ! Pourquoi Roger m'aurait menti ? Ça lui aurait servi à quoi ? Votre Veritaserum doit pas marcher !
-Désolée, Monsieur Forster, mais c'est au tour de Lexie. Alors pourquoi tu t'obstines à tout gacher entre toi et lui, Miss Hale, si ce n'est pas un pari ? Et on sait tous que tu l'aimes alors pas de baratin, ça nous fera gagner du temps !
Je préfère éviter d'essayer de nier, sachant que, contrairement à ce que bave Dan, leur veritaserum fonctionne à la per-fec-tion-, en opérant avec ruse… bien que c'est en partie la vérité.
-Il m'aurait laissée crever dans le couloir, dans le placard ! Il n'a même pas essayé de m'aider ! lâchais-je.
La vérité reste bien sûr que si je n'ai pas voulu tout arranger avec lui c'est parce que je ne peux pas accepter d'être amoureuse. Et puis, Rogie a surement raison… Dan n'est pas celui qu'il me faut.
-Que voulais-tu que je fasse ? s'écrie-t-il en se tournant violemment vers moi, rageur. Je t'en voulais à mort et… je savais pas quoi faire, bon sang ! Mets-toi à ma place ! T'étais si…
-Je suis claustrophobe, pauvre con ! éclatais-je. J'en ai marre de toute cette mascarade !
-Dernière question dans ce cas. Lexie, pourquoi cherchais-tu ta drogue, cette nuit ?
Mes yeux s'agrandissent d'horreur et je sers la mâchoire pour m'éviter de parler mais la potion coule toujours bel et bien dans mes veines…
-Mon envie de drogue revient à cause de Dan… je suis en manque, avouais-je malgré moi avant de marmonner à Tina, Satisfaite, je suppose ?
En souriant, elle nous libère tous les deux des liens qui nous maintenaient à nos sièges d'un mouvement de baguette et je me lève aussitôt tandis que Dan reste assis, atterré. Je me dirige aussitôt vers la sortie et claque la porte derrière moi, avec rage. Je déteste ça... être amoureuse, mais quelle plaie, bordel ! Jamais, je n'aurais dû accepter d'aller à Pré-au-Lard avec lui. Je suis sûre que c'est ce jour-là que je me suis condamnée comme une débutante…
J'entends la porte s'ouvrir alors et je me retourne pour voir Dan, bien sûr. Il me regarde droit dans les yeux et, au lieu de m'énerver encore plus, je dois bien avouer que j'ai plutôt peur de devoir encore lui faire face ou de l'écouter m'accuser, ou me dire qu'il est désolé pour le placard, ou alors me sortir le truc basique et super blessant… « mais tu sais, on peut être à nouveau potes… ». A vrai dire, je ne sais pas trop ce qu'il comptait faire puisque, pour la première fois depuis que je le connais, il est impassible. Mais je ne veux pas savoir. Parfois, il vaut mieux savoir fuir. Je tourne alors les talons et, la démarche la plus insolente possible, je prends mes jambes à mon cou en direction des escaliers.
-Alors, comme ça, c'était vraiment du veritaserum ? fait-il, dans mon dos.
J'entends ses pas me suivre et j'accélère, sans lui répondre. Couuuuurs, ma viiiieeeeille ! cri ma conscience mais j'ai encore trop d'honneur. Mais un bras m'attrape et me force à me retourner. Une vague de rage et d'amour-propre bafoué se déferle en moi. Il aurait pu faire semblant de ne pas comprendre que je faisais un repli stratégique ! La galanterie, ça ne lui dit rien ? Alors qu'il me retient toujours par le bras, je fusille Dan du regard dés que nos yeux se croisent… évidemment, il en a toujours d'aussi beaux, ce crétin…
-Est-ce que tu m'aimes ? me demande-t-il.
J'hallucine ! Quel… quel sale… oh bon sang, je suis dans la merde ! Je me débats pour essayer de le faire me lâcher tandis que je mets, par réflexe, la main devant la bouche pour masquer la réponse qui en sort malgré moi. Manifestement, grâce à ce procédé très astucieux –avouez-le quand même !, il ne comprend pas. Avec un mouvement d'irritation, il m'arrache la main qui barrait mes paroles fermement…
-Depuis quand t'es aussi tyrannique ? m'indignais-je.
-Est-ce que tu m'aimes ? réitère-t-il sa question.
Non, ok ?
-Oui ! lâchais-je avec violence.
Erreur de scénario. Tina, prépare le gilet pare-balle ! Mais aussitôt, il libère ma main gauche pour m'agripper la taille et m'attirer vers lui. Et il m'embrasse.
Bon, ok, Tina, peut-être pas le gilet pare-balle…
