Avec ce chapitre, on approche doucement de la fin, puisque si tout se passe comme prévu, il ne reste que deux chapitres après celui-ci. Alors apprécions tant que ça dure, parce que dans deux semaines il n'y aura à priori plus de publication.

oOoOo

Coincé sous Merlin, Arthur réalisa que le magicien avait dû les protéger avec son bouclier, ou ils se seraient fait écraser par les débris du mur qui avait explosé derrière eux. Ouvrant les yeux, le roi ne vit qu'une lueur dorée qui les entourait, et par-delà cette lueur, du noir. Les pierres du mur.

Merlin grogna sous l'effort et repoussa toutes les pierres qui allèrent s'écraser tout autour d'eux. S'asseyant difficilement, il put constater que les sorciers en face d'eux n'avaient pas non plus été affectés par l'explosion, ni par les pierres volantes, grâce à une barrière qu'ils avaient formé pour se protéger. Cependant, ils semblaient tous à moitié sonnés, accordant quelques instants de répit au magicien épuisé.

Une main entra dans son champ de vision, et Merlin leva les yeux pour voir que nulle autre que Morgane se tenait devant lui. La jeune femme sourit doucement, Merlin saisissant sans hésiter la main tendue pour se remettre debout. Morgane fit ensuite la même chose avec Arthur, puis se retourna pour faire face aux sorciers qui semblaient complètement interloqués.

Merlin en découvrit bientôt la raison : un rugissement retentit, et la tête d'un dragon apparut, bien visible grâce au mur qui avait complètement disparu. Aithusa leur jeta un oeil, forcée de battre des ailes pour se maintenir à hauteur de la salle ravagée.

Un autre rugissement se fit entendre, et cette fois Arthur et Merlin en rirent : un cri aussi puissant ne pouvait provenir que d'un seul dragon : Kilgharrah.

"Que faites-vous là ? demanda Merlin en levant les yeux vers la présence du Grand Dragon qu'il pouvait sentir."

"Il était hors de question que je te laisse seul, jeune magicien, répondit Kilgharrah, un sourire dans la voix. Arthur et toi avez besoin d'aide, et je ne suis visiblement pas le seul à l'avoir pensé."

En réponse, Merlin étendit son esprit pour voir ce que le dragon signifiait, et au-delà de la puissance combinée de Morgane et Aithusa et de celle de Kilgharrah, il put sentir une empreinte qu'il avait appris à reconnaître ces derniers mois : celle d'Ishlar. Le druide faisait équipe avec le Grand Dragon qui carbonisait les soldats d'Odin, achevant ceux qui n'avaient pas pris la fuite.

Merlin sourit, avant de baisser la tête lorsqu'Odin recommença à parler.

- Vous croyez que cette sorcière et sa bête de compagnie vont vous aider ? ricana-t-il. Elles ne peuvent rien pour vous !

L'expression de Merlin se durçit, mais avant qu'il ait eu le temps de répondre, une autre voix s'éleva.

- Je ne suis pas une bête ! rugit Aithusa. Tu veux voir ce que les dragons sont capables de faire, petit roi ?

Sous les sourires des deux amis et de Morgane, Odin resta bouche bée. Qu'Aithusa parle était une surprise pour tout le monde sauf Merlin. La dragonne pouvait parler depuis quelques jours, mais avant demandé à son Seigneur des Dragons de garder le secret, et avait décidé qu'aujourd'hui était le bon moment pour se révéler. Mais pour Odin, découvrir que les dragons étaient doués de parole était presque impossible à accepter.

Après s'être assurée qu'Odin ne répondrait pas, Aithusa détourna la tête et s'éleva au-dessus de Camelot, rugissant sa colère et se mettant à la poursuite des soldats qui fuyaient pour leur donner une bonne raison de ne pas s'arrêter.

- Alors, Sarrum, entama Morgane une fois que son amie fut partie, content de me revoir ?

Arthur haussa les sourcils. Sa soeur était furieuse contre l'homme qui l'avait gardée prisonnière pendant un mois.

- Qu'est-ce que vous faites ici ? demanda le Sarrum, visiblement un peu effrayé.

- La même raison que vous : la vengeance, susurra Morgane. C'est bien pour ça que vous êtes là, non ?

Ce fut au tour du Sarrum d'être surpris que Morgane l'ait percé à jour si facilement. Sa mission avait été de la faire plier pour qu'elle aide Odin à s'emparer de Camelot, mais lorsque le roi de Camelot en personne était venu la libérer, il avait rejoint Odin par pure vengeance parce qu'Arthur avait réduit ses plans à néant.

- Malheureusement, continua Morgane sans lui laisser le temps de répondre, il ne vous est pas venu à l'idée, à l'époque, de simplement demander si je voulais vous aider. J'aurais accepté…

Le visage d'Odin se teinta d'espoir : tout n'était peut-être pas perdu. La sorcière allait peut-être les rejoindre maintenant, et les aider à en finir. Ce ne serait pas très difficile, après tout ce que le sorcier d'Arthur avait déjà encaissé.

- … mais je ne suis plus la même maintenant. Les temps ont changé, Odin. Les ennemis d'autrefois ne sont plus ceux d'aujourd'hui. Il est hors de question que je vous aide, ni maintenant ni jamais.

Avec cela, elle commença à attaquer les sorciers directement, et Merlin soupira de soulagement. Avant l'explosion, il avait cru qu'Arthur et lui étaient perdus, qu'il ne vaincrait pas les quatre sorciers. Mais Morgane était en pleine forme, et animée d'un désir de vengeance qui la rendait d'autant plus forte.

Uriel hésita un instant devant cette femme qui semblait prête à tout détruire sur son passage, avant de se ressaisir. Mais il était déjà trop tard. Là où Merlin avait du mal à attaquer à cause de sa blessure à la tête, Morgane n'hésitait pas un seul instant. Là où Morgane ne voyait pas un sort venir parce qu'elle était occupée avec un autre, Merlin la protégeait. Il repoussa un sort destiné à l'atteindre au coeur, et déchaîna sa propre puissance, accompagné par Morgane.

Ensemble, ils étaient plus forts que tout. Leurs pouvoirs combinés pouvaient venir à bout de n'importe quoi, personne ne leur résistait. Pas même quatre sorciers, aussi puissants soient-ils.

Arthur observa ce déchaînement de magie, fasciné. Il pouvait voir que les sorciers, en particulier Uriel, semblaient moins sûrs d'eux. Et si le chef était incertain, alors les autres suivaient peu après. Il vit un mouvement du coin de l'oeil, et tourna la tête pour voir Alator sortir de la salle. Il ne s'en inquiéta pas, supposant que le loup jugeait qu'il n'était pas utile ici et avait décidé d'aller proposer son aide ailleurs.

Morgane et Merlin combinèrent leurs pouvoirs pour créer un ouragan autour des sorciers qui les força à se mettre dos à dos pour éviter d'être frappés par la tempête dont le souffle n'avait rien du vent mais relevait plutôt de la magie pure, une magie d'une puissance inégalée qui courait dans les veines de la sorcière et du magicien.

L'oeil de l'ouragan rétrécit petit à petit, et finit par toucher les sorciers qui tournoyèrent, impuissants, avant de retomber au sol, morts avant d'avoir eu le temps de faire quoi que ce soit pour se défendre.

La tempête de magie s'en alla aussi vite qu'elle était venue, Merlin manquant de s'effondrer après cela après la puissance nécessaire. Il tint bon, et tourna le regard vers Odin, qui le regarda froidement en retour.

Morgane et lui se mirent face à face, communiquant visiblement par télépathie, et étendirent les mains devant eux jusqu'à ce qu'elles se touchent. Une lumière commença à naître entre eux, grandissant jusqu'à les entourer et prenant des couleurs au fur et à mesure. Le mélange d'argent et d'or forma un dôme, le même que celui que Merlin avait formé pour les protéger Arthur et lui, et sembla se concentrer jusqu'à être sur le point d'exploser.

Relâchant brusquement la pression, Morgane et Merlin propulsèrent le dôme loin atour d'eux, celui-ci frappant tous ceux qu'ils considéraient comme des ennemis dès qu'il en trouvait et les renvoyant le plus en arrière possible. Lorsqu'Arthur se retrouva à l'intérieur, il découvrit qu'il y régnait une impression de paix et de quiétude, comme si la guerre était finie et qu'il n'y avait plus aucune menace. Ce qui était le cas, car le dôme s'étendit encore et encore, renvoyant brusquement les soldats qui luttaient encore contre les chevaliers de Camelot en arrière jusqu'à ce qu'ils soient hors du château.

Chaque homme et femme contempla le phénomène, aucun ne comprenant d'où il venait à part les dragons, le druide et le loup, qui sourirent tous. Malgré la magie qui était clairement à l'oeuvre, tous les soldats et tous les chevaliers crièrent de joie en brandissant leurs épées, heureux d'être victorieux.

A l'intérieur de la salle, les seuls ennemis restants étaient Odin, le Sarrum et Margen. Ils avaient été renvoyés contre les murs, et Odin avait eu la chance de ne pas finir assommé. Il se releva et s'avança vers Arthur, qui était venu se placer devant Merlin et Morgane pour observer le dôme se répandre.

- Arthur Pendragon ! clama Odin d'une voix froide et suffisante. Vous ne me refuseriez pas ce duel ?