Harry Potter -UA Monde magique
Disclaimer : Ces personnages ne m'appartiennent pas, tout comme le monde magique, ils sont la propriété de J.K Rowling. Je n'ai aucun avantage financier à faire ce que je fais.
Couple : HPDM en principal, peut être un peu de RWHG
Genre : Romance/humour
Je suis désolé pour ce retard considérable. Pour les reviews, je ne me souviens absolument pas de celle auxquelles j'ai répondu et celle non. De plus je me suis dis que plus que les réponses c'était l'histoire qui vous intéressait ^^ En tout cas un grand merci à tous pour elle !
Je tiens à signaler que normalement ce chapitre devait être le dernier, mais qu'une certaine personne (oui oui ! Tu te reconnais ^^) n'aimant vraiment pas la fin, m'a quelque peu influencé (menacé, pleurniché, boudé.. XD) pour quelque chose d'autre. Alors le dernier chapitre sera le suivant.
Et aussi m'assassiner ne servira qu'à rendre la fin impossible à terminer vous savez... XD
Chapitre 25
…Et le cœur de Séléné
(partie 1)
Il y a des choses qu'on ne peut dire qu'en embrassant... parce que les choses les plus profondes et les plus pures peut-être, ne sortent pas de l'âme tant qu'un baiser ne les appelle.
Maurice Maeterlinck
Lily était assise sur l'un des fauteuils, l'esprit complètement déconnecté.
Cela faisait déjà une heure qu'elle avait retrouvée le corps de son fils inanimé au côté de son fiancé, Drago. Le médicomage appelé d'urgence n'avait rien pu faire. Toutes les constantes d'Harry semblaient normales, mise à part le fait qu'il semblait en sommeil. Et incapable de s'éveiller. Elle ne cessait de se rappeler le moment où elle était entrée dans cette chambre, inquiète que son fils n'ait pas reparu depuis plus d'une heure déjà.
Il n'était pas simplement couché ou étendu aux côté du blond. Si cela avait été le cas, elle aurait pu simplement supposer qu'il avait fini par s'endormir terrassé par la fatigue. Mais non… il semblait tomber sur le lit comme évanoui, les jambes normalement étendues, mais la tête de travers presque tombé du lit, la main pendante au dessus du vide… une fiole de potion vidée sur le sol. Elle avait apparemment été lâché par la dite main et avait roulé, maculant le sol des restes d'une potion violette.
Lily avait poussé un cri perçant qui avait précipité toutes les personnes présentes dans la chambre. C'est Rogue qui avait lancé des sorts de diagnostique rapide sur Harry et lui avait fait savoir qu'il allait bien. Ou plutôt qu'il n'avait rien de grave. Il leur avait expliqué qu'il était dans un état semblable à celui de Drago, ce qui ne les avait pas beaucoup rassurés. Ils avaient fini par appelé un médicomage pour être sûr et certain de ces dires, même s'ils ne doutaient pas des capacités du professeur de potion.
Ils s'étaient posé des questions sur le pourquoi du comment. Peut être était-ce dû au lien nouvellement formé qu'ils partageaient lui et Drago ? Mais Severus avait rapidement écarté cette supposition en rappelant l'existence de la fiole de potion. Il avait supputé qu'Harry en avait bu le contenu et que cela lui avait permis de « rejoindre » Drago. Quand à savoir qui avait fait cette potion - car Severus était sûr et certain que ce n'était pas le jeune Potter-, comment elle fonctionnait et surtout si Harry pourrait revenir de ce lieu où il avait affirmé que Drago était coincé, personne n'en savait rien.
Rogue était parti avant l'arrivé du médicomage, persuadé que certaines réponses étaient contenues dans les restes présent dans la fiole retrouvé. Il l'avait emporté avec lui pour les analyser. Depuis, plus aucune nouvelle de lui ne leur était parvenu. L'homme devait s'être enfermé dans son labo et personne ne se risquerait à aller le déranger pour connaitre son avancé.
Quelques coups furent frappés à la porte, et Lily vit entrer son mari tenant fermement la petite main de leur cadette. Cette dernière avait les yeux embrumé de larmes, elle se précipita dans les bras de sa mère dès qu'elle l'a vit. La jeune femme comprit que son mari avait du expliqué les derniers évènements à l'enfant. Elle serra fortement sa fille dans ses bras, sentant le câlin lui être rendu, elle se demanda si elle pourrait un jour encore en échangé avec son fils.
HP/DM
Harry avançait à tâtons, incapable de se repérer dans ce dédale de mur trop blanc. Il aurait été bien incapable de dire où il était ou depuis combien de temps il y était. Mais il avançait encore et toujours. Entrer dans la cité avait été relativement simple, mais c'est ensuite éviter toutes les jeunes filles qui y flânait qui avait été ardu. Mais il y avait mis tout son art et avait remarqué avec appréciation, que l'entrainement que son père et de son parrain lui avait fait subir, n'avait pas été vain.
Mais les choses se compliquèrent quand tentant de se cacher d'un groupe venant à l'autre bout du couloir, il entra dans une pièce sans faire de véritable vérification. Face à une jeune sélénite aux yeux écarquillés de stupeur, il n'avait pu que fuir. Bien évidemment, elle donna l'alerte et très vite il se retrouva cerné, pourchassé de toutes parts par des amazones en furie. Il courut aussi vite qu'il put et réussi tant bien que mal à leur échapper, prenant avantage de la multitude de couloirs.
Il était à présent caché derrière un massif et cherchait difficilement à reprendre son souffle. Se rendre compte maintenant, qu'il avait peut être sous estimé la superficie de la cité, ainsi que le nombre auquel il était supposé faire face, lui faisait nettement comprendre à quel point, il pouvait être impulsif et stupide. En fait, Harry n'avait même pas pensé au nombre de sélénites qu'il pourrait y avoir en ce lieu, l'esprit trop focalisé sur Drago. De même, il n'avait pas imaginé qu'elles pouvaient avoir une force défensive armée, or les jeunes filles en casques et armures légères, lances ou épées à la main, ne pouvaient porter d'autre nom. Elles étaient semblables à des amazones parties en chasse. Harry aurait pu s'émerveiller de la vision si féérique de ces créature magnifiques, dont les armures d'argent brillant paraissaient plutôt être des bijoux… s'il n'avait pas été le gibier de cette chasse.
De plus, il n'avait aucune idée de ce qu'il lui fallait faire à présent. Il ignorait depuis combien de temps il était là, à tenter de se dissimuler parmi les ombres, et n'avait pas un minuscule indice sur l'endroit ou pouvait être Drago. Que faire ? Pouvait-il continuer à errer en espérant qu'à un quelconque détour il tomberait sur Drago ? Par où aller ? Et combien de temps durerait la potion avant de d'arrêter d'agir ? Pouvait-il juste tâtonner ainsi ? N'avait-il pas plus de chance de tomber sur l'une des unités de cette milice qui s'était donné pour mission de l'attraper ?
Harry passa une main nerveuse dans ses cheveux, l'esprit en ébullition, se sentant perdu, désorienté et légèrement désespéré. Réfléchir. Il lui fallait réfléchir, ce qui n'était pas vraiment son domaine, son crédo à lui, étant plutôt l'action que la réflexion.
Il lui fallait un plan.
Et vite.
HP/DM
Drago était attentif à tout bruit venant de la cité. Il avait vu des petits escadrons de guerrières armées jusqu'aux dents se précipiter à travers le jardin, et l'inquiétude le gagnait. Les sélénites avaient l'avantage du nombre et du terrain. En outre, elles étaient armées et Drago ne savait pas si Harry avait pu venir ici avec sa baguette. Ni même s'il pouvait faire de la magie. Il en avait fait lui, mais il était lui-même un sélénite, donc cela n'avait pas valeur de preuve dans cette dimension inconnue.
Il secoua la tête, incrédule face à son comportement. Aucune preuve n'était venue étayer l'hypothèse que ce soit Harry l'intrus. Pour ce qu'il en savait, il pouvait y avoir d'autres habitants dans cette dimension qui seraient en totale désaccord avec les sélénites… Mais cette idée lui semblait farfelue, car dans ses explications Callirrhoé avait bien laissé entendre qu'Hécate avait créé cette dimension. Donc l'hypothèse d'autres habitants, ne tenait pas vraiment la route.
Et puis au fond de lui, il était sûr que c'était Harry. Ça ne pouvait être que lui ! Tout son être frémissait de cette arrivée qu'il savait imminente. Il sentait la présence du brun non loin de lui. C'était une sensation difficilement explicable mais incontestablement exquise. Comme une douce odeur sucrée flottant dans l'air, sans que l'on sache d'où elle vienne. Agréable, entêtante, envoutante.
Harry…
La voix froide d'Hécate le sortit de ses pensées, le faisant pâlir.
« Callirrhoé sort ta lame pour accueillir notre invité. »
Drago vie Callirrhoé obéir à l'autre en tirant une fine baguette argenté de ses cheveux. Il eut un instant de doute : comptait-elle se battre avec cette épingle à cheveux ? Mais ce doute ne dura qu'une seconde : le temps pour Callirrhoé de chuchoter quelques mots et de voir la baguette briller doucement tout en changeant de forme. Une fine dague pris place dans sa main jusqu'à ce qu'hésitante, elle ne chuchote de nouveau quelques mots. Et à sa place une épée qui avait tout d'une arme de cérémonie, tant elle était belle, la remplaça.
La poignée en ivoire blanc semblait lisse et douce au touché. La garde était tressée dans un or fin étincelant, en une fleur protégeant la main. La lame semblait d'argent et scintillait doucement comme mut par une vie propre. L'épée en elle-même était assez grande mais fine et à l'aspect tranchant. Aussi magnifique que dangereuse.
L'inquiétude de Drago redoubla, s'accompagnant cette fois d'une grande colère.
« Je ne vous laisserais pas lui faire du mal, dit-il d'une voix sèche. »
Il avait parfaitement conscience de parler à une déesse, mais à cet instant il s'en fichait totalement. La seule chose dont il était vraiment conscient était qu'elle avait le pouvoir d'arrêter tout cela. Elle pouvait non seulement empêcher les sélénites de chasser Harry, mais elle pouvait aussi les renvoyer chez eux. N'était ce pas elle qui avait amené les sélénites ici la toute première fois ? Elle avait ce pouvoir mais ne semblait pas prête à s'en servir dans ce sens… au contraire.
« Pourquoi vous acharner ainsi sur nous ? Jamais je ne vous ai demandé d'aide ou de protection !
_ Tu as déjà eu la réponse à ces questions, lui répondit Callirrhoé. »
Il se contenta de lui jeter un regard sombre teinté de mépris, avant de se retourner vers Hécate.
« Il a commis une faute en s'invitant ici de cette façon. Tout homme foulant ce sol est instantanément condamné à mort, répondit Hécate son sourire toujours en place résonnant maintenant dans sa voix. »
Drago en frissonna. Cet amusement morbide ne lui disait rien de bon. Ni pour lui, ni pour Harry.
« Votre comportement est injuste. Vous avez créé cette dimension pour que les sélénites vivent leur vie en toute liberté, sans contrainte et sans menace. Pourtant aujourd'hui, vous êtes ceux qui me menacent, me contraignent et m'entravent. Cette cité n'est en faite qu'une prison. Une cage dorée aux allures de paradis, qui ne serait rien de plus qu'un enfer ne faisant qu'imiter la liberté. Vous ne valez pas mieux que les ignobles mortels ayant séquestrées vos sœurs au cours des siècles passés. »
Drago devina très exactement à quel moment de sa tirade, le sourire de la déesse s'éteignit. Au même instant, il avait senti la tension de Callirrhoé augmenter dans son dos, et entendu le hoquet de stupeur d'Aria. L'énergie de la déesse se fit plus instable, plus agressive, montant progressivement en puissance, pourtant il ne flancha pas. Son visage de glace ne montrait absolument pas la crainte étourdissante qui galopait dans ses veines, au risque qu'il venait de prendre. Il dirait ce qu'il avait à dire. Si elles avaient prévu de le tuer, nul doute qu'elles l'auraient déjà fait. Ce n'était donc pas dans leurs projets. Bien sûr en tant que fils d'ancien mangemort, Drago savait bien qu'il existait des choses pires que la mort…
La magie d'Hécate redevint stable et son sourire se ré-accrocha à ses lèvres.
« Tu me plais de plus en plus petit homme, chuchota-t-elle donnant l'impression de se parler plus à elle-même qu'à lui. »
Mais Drago ne s'y trompa pas. Si elle n'avait pas voulu qu'il l'entende, il n'aurait rien entendu. Il serra les dents en comprenant qu'il n'était qu'une amusante distraction à ses yeux. Mais comment pourrait-il en être autrement devant une créature qui avait vu plus d'aurores et de crépuscules qu'il n'en verrait jamais ? À ses yeux, il n'était qu'un insecte ou au mieux, un enfant effronté.
Il détourna les yeux en entendant les cliquetis des armures se rapprocher. En moins d'une minute des dizaines de jeunes filles les entourèrent. Toutes en armure et l'arme au poing. Elles arboraient toutes un air décidé, alignées en cercle autour du petit groupe qu'ils formaient, Hécate, Callirrhoé, Aria et lui, telle une garde rapprochée. Elles semblaient attendre patiemment l'ennemi.
Qui ne tarda pas beaucoup à se montrer.
« Nous voici enfin réuni, sorcier. »
HP/DM
Lucius n'en croyait pas ses oreilles des révélations que sa fille venait de lui faire. Jamais il n'aurait cru qu'une chose pareille pouvait venir une Weasley. Une jeune fille tout ce qu'il y a de plus banal dans la lignée des femmes Pretwett, comme sa mère. Un caractère de feu, une volonté de fer, un instinct maternel développé, et une beauté sans grand intérêt voir un peu rustre, mais plaisant à certains, une culture absente pour une intelligence tout juste moyenne. Une femme qu'on rencontre et qu'on peut être amené à couché sur un lit mais qu'on n'épouserait pas. Qui ne nous ferait même pas fantasmer toutes les nuits, mais qui serait capable de satisfaire le désir d'un homme. Une femme qui se ferait épousé par un gentil garçon quelconque sans grand avenir, comme l'était Arthur Weasley. (1)
Mais il devait admettre que sa ténacité, et même sa détermination à trouver une solution était assez… impressionnante.
Non pas qu'il cautionne ce genre de pratique, qu'il jugeait immorale au possible, aussi bien pour la maitresse que pour le mari adultère. Mais il devait reconnaitre que pour être prête à ce genre de chose allant à l'encontre de tout ce que sa famille lui avait appris -parce que soyons clair, il était persuadé que s'ils venaient à l'apprendre, ses parents en mourraient-, à tout ce que la morale approuvait, elle devait être sérieusement éprise du jeune Potter. Et elle était prête à tout pour vivre cet amour… Même à se faire renier par les siens. Car c'est à cela que conduirait une telle proposition, si elle avait été acceptée.
Lucius se dit qu'il lui faudrait se méfier d'elle. Une petite dans ce genre était imprévisible dans les cas extrêmes. Qui savait de quoi elle était capable à présent ? Elle semblait avoir abandonné l'idée d'une quelconque union avec Potter actuellement… mais qui sait ce qui se passerait quand elle se serait remise de sa mini dépression ? Il la garderait à l'œil et cette histoire était un excellent moyen de la garder au loin. La chose à faire était de savoir comment exactement utiliser cette information à bon escient. Après tout il se devait de garantir le bonheur futur de son fils… Drago… Quand il se réveillerait, il n'y avait aucun doute qu'il faudrait qu'il ait avec lui une discussion sur ce sujet. Quand il se réveillerait, ils réfléchiraient à un moyen radical pour écarter cette petite peste. Quand il se réveillerait…
Une main fraiche se posa sur la sienne. Levant les yeux, il tomba sur ceux bleuté de sa fille.
« Il est têtu, père. Personne ne le forcera à faire ce qu'il ne veut pas. Et je ne doute pas un instant qu'il préfèrerait être à nos côtés qu'aux leurs. Il reviendra, papa. »
Lucius ferma fortement les yeux, se rendant compte qu'il devait avoir l'air étonnement pathétique pour que sa fille le console ainsi. N'était ce pas à lui de la rassurer ? Mais c'est sans rechigner qu'il se baigna dans cet amour filial et savoura à sa juste valeur ce « papa » si rare, et prononcé avec tant de douceur. Il n'avait peut être pas été le meilleur père du monde, mais il se dit en ouvrant les yeux et en regardant le visage concerné de sa fille, qu'il n'avait sans doute pas fait du si mauvais travail que ça.
« Tu devrais rejoindre ta mère au chevet de ton frère. Je vais de ce pas rejoindre le dragon dans sa tanière… et tenté d'y survivre. »
Scylla sourit comprenant que son père allait rendre visite à Severus, pour s'en quérir de ses avancés. Elle sortit rejoindre sa mère après un dernier regard tendre pour cet homme si fort habituellement, mais qui semblait cette fois dépassé par les évènements. Elle savait que c'était son incapacité totale à faire quelque chose qui le rongeait le plus. Ni l'argent, le prestige ou les menaces ne changeraient rien à ce qui se passait. Son père n'était pas un homme habitué à subir les choses. Il luttait de toutes les façons possibles et ne s'avouait jamais vaincu.
En poussant la porte de la chambre et trouvant sa mère digne, le visage de glace, mais la main fermement accroché à son frère, comme si elle espérait ainsi le retenir ici, elle se dit que les prochaines heures changeraient assurément le destin de sa famille.
HP/DM
Idiot.
Vraiment, il n'était qu'un idiot.
Il n'avait pris qu'une seconde -ou presque- pour se faire prendre par les gardes patrouillant, quand il avait enfin quitté son buisson. Maintenant il était conduit dieu sait où, sous la menace de leurs armes. Les femmes l'entourant avançaient à pas rapide l'air concentré, mais ne pouvaient pourtant pas s'empêcher de lui jeter de fréquent coup d'œil. Elles semblaient intriguées par lui. Comme si elles n'avaient pas l'habitude de voir d'homme… ou comme si la dernière fois remontait à très longtemps. Et Harry se dit que c'était sans doute un peu des deux.
Ils rencontrèrent peu de sélénites en traversant le jardin, et Harry se dit que l'alarme avait du les pousser à s'enfermer chez elle, ou autre part. Mais le peu qui restait le regardait avec des yeux ronds, chuchotant tout en le pointant du doigt. Il se sentait incontestablement mal à l'aise face à cela, se faisant l'effet d'être une bête curieuse. Son statut de survivant aurait du l'avoir habitué à cela pourtant. Et puis pénétrer dans une dimension réputée inviolable sans la moindre autorisation, relevait du véritable exploit… enfin pour elle. Parce qu'en y pensant lui n'avait rien fait de spécial. La potion était dû au travail d'Érato et le lien qui lui avait servit de chemin n'était pas prévu pour cela à l'origine. Lui n'avait fait que profiter de chose déjà mise en place…
Ils arrivèrent dans une zone un peu plus dégagé ou des soldats semblaient monter la garde autour de certaines personnes. L'attention d'Harry fut tout de suite attiré par une forme sombre. Depuis son arrivé, chaque femme croisé ne portait que du blanc, accentuant la luminosité naturelle de son être, pourtant celle-ci portait une tenue entièrement noir. Elle semblait tout droit sortie d'une autre époque, d'un autre monde. Une chose étrange et presque dérangeante se dégageait d'elle. Harry se força à détourné les yeux, au moment où une voix froide s'élevait, mais il n'y porta aucune importance. Ses yeux venaient de croiser des yeux d'argent qu'il connaissait depuis si longtemps. Et qu'il aimait si intensément depuis peu.
« Drago… souffla-t-il doucement.
_ Harry ! S'écria le blond. »
Le blond fit un pas vers lui, et il en fit de même. Mais ils furent tous deux bloqués par des mains fermes et des armes menaçantes.
« Restons calmes je vous prie, repris la femme en noire. »
Elle s'avança de quelques pas vers lui, enjoignant les gardes à le relâcher et à s'écarter de son chemin. Plus aucunes sélénites ne les empêchaient de s'observer à leur aise, ils se faisaient face maintenant, sans qu'aucune tête blonde n'entrave leur regard. Les yeux verts plongé dans l'obscurité où devait se trouver ses yeux. Harry ressentit un intense frisson d'appréhension, alors qu'elle s'avançait vers lui.
« Vous n'avez pas été invité ici, Mr Potter.
_ En effet. Mais puisque mon fiancé s'y trouve, j'ai cru pouvoir avoir, ne serait ce qu'un droit de visite.
_ Bien sûr, bien sûr… Mais vous devez bien comprendre qu'il ne s'agit plus là de votre fiancé. Il est devenu fils de Séléné et à ce titre, il a totalement rompu tout lien entretenu avec les mortels, tels que vous.
_ Je ne crois pas avoir accepté une telle chose, intervint Drago.
_ Mais ton avis petit homme n'est nullement nécessaire. Maintenant plus encore que notre cher sorcier est ici…
_ Que voulez vous dire ? Demanda Drago.
_ Je veux dire, que d'après ce que j'en sais, les serpentard sont rusé et trouve toujours le profit là où peu le verrait. Alors voyons l'intérêt d'un marché.
_ Quel genre de marché ? Demanda Drago, nettement plus mal à l'aise soudainement. Il sentait doucement venir l'entourloupe. »
Hécate fit quelques pas semblant vouloir ménager son effet. Puis elle se tourna vers le blond penchant légèrement la tête de côté.
« La loi est la loi dans ce monde comme dans comme dans le votre, et il ne saurait y avoir dérogation… mais nous pourrions faire exception… »
Drago ne compris pas au début. De quoi parlait-elle ? La loi ? Quel rapport avec lui ? Avec eux et leur situation actuelle ? Et puis le jour se fit dans son esprit. Il y a à peine quelques minutes elle lui expliquait que poser le pied en Pandia était condamnable pour tout homme. Une exception… Elle lui arracherait sa volonté pour sauver Harry de la mort.
« Vous êtes ignoble ! S'écria-t-il en se rendant compte du peu de choix qu'il avait face à ce chantage.
_ De quoi parlez-vous ? Demanda Harry n'y comprenant rien.
_ Tout homme foulant le sol de Pandia se voit condamné à mort, expliqua affablement Hécate. »
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent. Jamais Érato ne lui avait mentionné pareil règlement. Mais il supposa qu'elle ne devait pas en être au courant. Pandia était une cité fermé à toute intrusion. Et même si ces nymphes lunaires avaient quelques contactes avec leurs congénères terrestres, elles devaient garder secrète un certain nombre de choses. Mais Harry comprit aussi quel sens se cachait derrière les mots de cette étrange créature tout de noir vêtu. Son visage se ferma, la veine battant sur sa tempe marquant sa colère, alors que ses yeux flamboyaient de détermination.
« C'est non. Je ne repartirais pas d'ici sans Drago. »
Sa voix était ferme et ne laissait aucun doute quant à sa ténacité. Drago l'observa avec une certaine tendresse qui se transforma vite en tristesse. Cela valait-il vraiment la peine de se battre ? Bien sûr il tenait à Harry… et ce même plus que ce qu'il ne s'avouait. Mais risqué sa vie ainsi… Que pouvait-il faire contre une déesse ? Alors qu'en plus ils étaient tous deux coincés dans une dimension parallèle ? Privé de magie pour Harry ? Entouré de gardes armés ? Quel recourt avaient-ils ?
« Nous n'avons pas le choix, soupira-t-il doucement les yeux baissés. »
Harry se tourna vers lui surpris par ses propos. Il avait connus Drago agressif et tenace même dans ce qu'il savait être des erreurs. Pourquoi ce brusque comportement soumis ? Ils avaient ce même caractère entêté, passionné, et s'enflammant avec une facilité déconcertante, bien que de façons totalement différentes. C'est d'ailleurs ces similitudes dans leur différence, ou ces différences dans ces similitudes qui les avaient d'abord poussées à s'étriper plus jeune. Et à s'apprécié récemment.
« Si nous l'avons, nous-
_ Je ne te laisserais pas mourir, coupa rapidement le blond.
_ Mais pourquoi ne pas le laisser revenir ! Hurla Harry à celle qui semblait être le chef, mais c'est Callirrhoé qui répondit.
_ C'est pour sa propre sécurité. Érato était sensé t'en parler.
_ Elle l'a fait ! Rétorqua-t-il agacé.
_ Et tu veux toujours qu'il revienne ? Continua l'Ancêtre. Es tu donc si égoïste ?
_ Oui ! Lui cria-t-il presque au visage. J'ai eu beau tout analysé de façon logique. Avec calme et maitrise… je ne peux pas juste… le laisser partir. Je veux juste… que nous passions le peu de temps qui nous sera offert… ensemble.
_ Immonde mortel, méprisa Aria. Tu vois bien qu'il ne te mérite pas, ajouta-t-elle pour Drago. Il-
_ Je suis d'accord avec lui, l'interrompit Drago.
_ Quoi ! Fit-elle horrifiée.
_ J'ai été élevé comme un mortel avec une notion fondamental sur l'importance du temps. Le temps qui passe si vite pour nous, même si nous sommes sorciers. Ne pas le gaspiller. Toujours intelligemment en profiter. Ne jamais regretter. Et ce temps, je voudrais le passé à ses côtés. Et aux ceux des membres de ma famille, ainsi que toutes les personnes que j'aime. Même si cela ne dure qu'un instant. Même si ce n'est qu'une goutte dans l'océan de cet éternité qui m'est offerte. Est-ce si difficile à comprendre ?
_ Et pourquoi ne propose t-il pas de rester ici ? Intervint un sélénite de la garde qui se trouvait en retrait. Pourquoi serait-ce à toi de partir d'ici ?
_ Je le ferais, répondit immédiatement Harry. Je-
_ C'est impossible de toute les façons, donc la question ne se pose pas, coupa Drago.
_ Si c'est la condition pour rester avec toi…
_ Non ! Ça n'est pas juste ! Abandonner ainsi toute ta vie ? Ta famille ? Tes amis ? Tes responsabilités envers le monde magique ? Y as-tu vraiment bien réfléchis ?
_ Drago-
_ Je ne veux pas de toute façon, rester ici. Je veux rentrer chez moi.
_ Mais pourquoi ? Demanda une autre sélénite.
_ Parce que rien en me retient ici ! Fulmina le blond. Je ne suis pas comme vous à y voir un havre de paix. Je n'y vois rien d'autre qu'un nombre incalculable de femme agglutinées les unes autres ! Dans une cité certes magnifique mais fade. Dénué du feu de la vie, si propre au monde terrestre. »
Les sélénites eurent une expression commune choquée. Comment pouvait-il dire ça ? Il n'avait même pas encore vécu en ces lieux…
« Nous sommes ta famille !
_ Vous êtes mes semblables, et c'est une chose totalement différente. Je suis curieux de notre nature et de notre histoire. De ce que je suis, de mes pouvoirs et de ce que nos ancêtres ont fait pour bâtir cette cité, expliqua-t-il en s'adressant à toutes les femmes présentes. Mais vous n'êtes pas ma famille. Mon père, ma mère et ma sœur le sont, et là ils m'attendent. Vous me privez de leur présence, de leur amour. Tout comme vous souhaitez me privé d'Harry, fit-il plus tristement. »
Le silence s'abattit sur la petite assemblée. Toutes les femmes semblant réfléchir à ce qui venait de se dire.
« Tout cela est inutile, intervint brutalement Hécate. Toute cette discussion ne sert à rien. Il n'y a qu'une question et qu'une réponse. Et de cette dernière dépend la vie de ton ami. Alors, veux tu qu'il vive ? »
Le silence qui se fit à ce moment fut plus lourd. Plus oppressant. Harry pouvait sentir son cœur battre dans chaque fibre de son être, envoyant son sang bouillonnant dans chaque recoin de son corps. Ses mains étaient sèches mais son front humide de sueur. C'était sa vie qui était en jeu, néanmoins quand il croisa les prunelles argent, il sut qu'il ne partirait pas. Il se battrait comme il l'avait toujours fait. N'était-il pas le vainqueur du lord noir ? Il pouvait le faire. Ils pouvaient le faire. Tout n'était question que de volonté et de détermination. Mais alors qu'il ouvrait la bouche pour répondre assez rudement à la question posé, Drago fut le plus rapide.
« Je veux qu'il vive. Renvoyez-le sur Terre et j'obéirais. »
La sensation que le sol s'effondrait sous ses pieds était si grande qu'il dût prendre une profonde inspiration en fermant les yeux pour ne pas s'effondrer.
« Drago, je ne-
_ Je ne te laisse pas le choix, Potter. »
Et Harry vit la même résolution, la même détermination, si souvent affronté aux cours de ces années brillé dans les yeux clairs de son fiancé. Mais pourquoi ne la mettait-il pas au service de leur cause et non pas contre eux ? Pourquoi ne croyait-il pas une seule seconde en leur chance ? Ou peut être n'avait-il pas tant envie que cela de rester avec lui ? En tout cas pas au point de mettre sa vie en jeux comme Harry l'aurait fait sans hésiter.
« Potter sais tu qui est cette femme ? Demanda Drago en désignant la femme en noire de façon négligente. »
Comme Harry la regardait avec une nouvelle attention, le blond repris.
« C'est la déesse Hécate. »
Harry ouvrit de grands yeux étonnés, comprenant un peu mieux la faible résistance de Drago. Une déesse… Il ferma fortement les yeux, reprenant encore et encore de profondes inspirations, tentant de se calmer. Son esprit était en surchauffe tentant de trouver une parade, une réponse, une solution. Juste quelque chose… mais rien ne vint. Pourtant quand il rouvrit les yeux, sa détermination n'avait pas faibli.
« Je ne te laisserais pas. S'il me faut affronter cette déesse, je-
_ Par Merlin Potter ! Nous ne sommes pas dans une pseudo histoire d'amour à l'eau de rose ou le chevalier vient sauver sa belle. Je ne veux pas que tu restes, alors tu t'en vas. »
Les paroles sèche le heurtèrent plus qu'il ne l'aurait voulu. En laissant leur masque d'ennemi à la porte, Drago avait pris de plus en plus d'importance, et il en était de même pour ses paroles. Là ou elles auraient plus glissé sur lui sans l'atteindre il y a encore quelques semaines, elles le blessaient profondément en cet instant. Parce qu'elle lui faisait comprendre que Drago n'accordait pas la même importance à leur histoire que lui. Qu'il n'était vraiment pas prêt à tout risquer pour eux.
Harry observa le blond soufflé puis se pincé l'arrête du nez, avant de relevé un visage triste et fatigué vers lui. Drago fit quelques pas vers lui hésitant, mais les soldats le laissèrent avancer vers le brun, jusqu'à n'être qu'à quelques centimètres de lui.
Les mains pâles se levèrent, puis se posèrent en douceur sur les joues d'Harry, caressant la peau tannée. Drago le détaillait avec attention semblant gravé son image dans sa mémoire, le mettant légèrement mal à l'aise, avant qu'il ne comprenne. Drago allait lui dire adieu. Il se repaissait une dernière fois de sa vue, tout simplement. Quand le blond se décida à parler, il annihila toutes les pensées négatives qu'Harry avait engendrées dans son esprit, le rassurant sur ses sentiments.
« Il est hors de question de joué ta vie, Harry. De toutes les façons nous savons que nous n'avons aucune chance. Alors il est hors de question que je te laisse faire. Ce serait un suicide. Et je ne suis pas sûr, que tes parents me le pardonneraient, ajouta-t-il un rictus tirant plus vers la grimace que du sourire déformant ses traits. Je ne suis pas sûr que je me le pardonnerais.
_ Et si moi je veux prendre ce risque ? demanda doucement Harry, en posant ses mains sur les siennes.
_ Est-ce que tu me laisserais mourir, juste parce que je te l'aurais demandé ? »
Harry ne répondit pas à cette question rhétorique, profitant de la légère caresse des pouces sur ses pommettes. Mais les mains quittèrent ses joues alors que Drago les nouaient autour de son cou l'attirant dans une étreinte douce et chaude. Harry passa ses bras autour de ses hanches, le serrant tout contre lui, respirant sa fragrance autant qu'il le pouvait, sentant son cœur battre maintenant douloureusement dans sa poitrine. La sensation que le muscle tentait de s'en arracher lui donnait envie de pleurer. Ou était ce parce qu'il savait que c'était la dernière fois qu'il serrait le blond dans ses bras ? Sa gorge se contractait l'empêchant de respirer correctement et des tremblements secouèrent son corps. Mais était ce seulement lui qui tremblait ou était ce Drago ?
C'est la voix étrangement éraillé qu'il parla.
« Je n'épouserais personnes d'autres. J'attendrais jusqu'à le fin de mes jours que tu puisses franchir ce foutu voile tout seul. »
Un petit rire lui répondit, avant que la voix elle aussi éraillé ne s'élève.
« Oh non. Tu vas te marier. Peut être même avec cette petite gourgandine de Weasley. J'ai beau la détester, elle t'aime vraiment de tout son cœur.
_ Sa proposition… tu sais que je ne l'aurais jamais accepté hein ?
_ Je sais. Tu n'aurais été qu'à moi. »
La dernière phrase n'avait été qu'un chuchotement à peine audible, empli de douceur et de regret. Harry n'était pas sûr qu'il l'aurait pu l'entendre, s'il n'avait pas été à ce point focalisé sur lui.
« Qu'à toi. Je le serais encore. Je n'ai pas l'intention de…
_ Si tu vas le faire, repris Drago. Tu l'épouseras, et lui fera des enfants, qui auront des enfants. Je t'imagine parfaitement en petit papy gâteau, rit-il.
_ Non !
_ Si, Harry, répliqua fermement Drago. Je veux que tu te maries et que tu ais des enfants. Je veux que tu remplisses ta vie de toute sorte de chose. Je veux que tu sois heureux. Quand enfin je pourrais retourner sur Terre, qui sait combien d'année se seront écoulés. Tu ne seras peut être plus là… et si tu l'es… Nous serons des personnes différentes à ce moment là… Je ne veux pas que tu ais des regrets. »
Drago le serra un peu plus contre lui passant un bras au travers de ses épaules, pour l'attirer à lui. Harry en fit de même, écrasant presque douloureusement leur corps l'un contre l'autre. Il ne répondit rien aux dernières paroles du blond même si en son fort intérieur, il se jurait que rien ne pourrait lui faire oublier Drago.
Jamais il n'aimerait quelqu'un d'autre.
Oui, car il c'était de l'Amour. Aucune surprise ne lui venait alors qu'il évoquait en pensée, sans contrainte ce fait. Il lui avait fallut du temps pour le reconnaitre, l'admettre. Mais aujourd'hui c'était chose faite : il était amoureux. C'était sûr et certain maintenant. Plus aucun doute. Dommage qu'il ne le réalise aussi pleinement qu'en cet instant : en lui disant adieu.
Drago de son côté partageait ses pensées, reconnaissant enfin ses sentiments, comme il ne l'aurait surement jamais fait en d'autre circonstance. Mais ici, plus aucune raison de tricher, se cacher, ou mentir. Il ne restait plus que le déchirement évident, rendant obsolète toute tentative de négation. Encouragé Harry a faire sa vie avec quelqu'un d'autre, creusait en lui une nouvelle douleur, mais il le faisait pour son bien. Sans doute son premier geste désintéressé, envers une personne autre qu'un membre de sa famille. Et Merlin que c'était douloureux.
« Je rencontrerais tes descendants et je leur raconterais comment ils ont faillit être à moitié Malfoy, continua Drago avec un humour feint. Je leur parlerais de toi et de tes si nombreux défauts. Et Merlin sait que tu en as Potter. Et je leur raconterais comment nous nous sommes rencontrés, comment nous nous sommes battus, et comment pendant moins de trois jours j'ai été ton fiancé. »
Sur la fin il eut un hoquet, légèrement étouffé et Harry le repoussa pour le regarder en face. Sur le visage du fier serpentard, deux larmes roulaient lentement, ayant forcé le barrage de ses paupières. Les pleurs qu'il s'était efforcé de caché au brun ne pouvait plus être dissimulé, il ne se laissa pourtant pas allé, inspirant profondément pour reprendre contenance. Les mains larges et tannées effacèrent les traces des deux fuyardes avec douceur et tendresse, tout en caressant les joues pâles.
« Tu n'auras pas à leur raconté. Je leur dirais tout. Aucun de mes enfants n'ignorera ton nom. »
Drago secoua la tête incapable de prononcé le moindre mot sans trahir sa faiblesse. Aucune larme ne coulait plus sur ses joues mais elles emplissaient ses yeux brouillant sa vue. L'un comme l'autre se sentait oppressé par ces sanglots qui ne demandaient qu'à être déversés. Cette peine qui ne demandait qu'à s'exprimer. Cette rage contre le monde, le destin, les déesses et leurs ancêtres qui fomentaient contre eux cette injustice. Mais par respect et amour pour l'autre, ils s'efforçaient de tout masquer de tout cacher, tout en sachant que l'autre n'était pas dupe. Qu'il savait, comprenait et partageait tous ces sentiments étouffants, toutes ces émotions trop puissantes.
D'un mouvement commun, ils s'approchèrent à nouveau l'un de l'autre et partagèrent cette fois un baiser. Un baiser porteur de tout ce qu'ils ne s'étaient pas dis, de tout ce qu'ils ne pouvaient se dire et de tout ce qu'ils ne se diraient jamais. Un baiser rendu amer par la souffrance et la rage, âcre par la peine et le regret. Mais qui restait pourtant incroyablement bon, doux, tendre, l'amour qu'ils se portaient sublimant tous les autres goûts d'un arôme sucré, où ils souhaitaient ardemment se noyer.
Bouche contre bouche, langue contre langue ils se goutèrent une dernière fois, dévoilant leurs sentiments. Quand ils se séparèrent Drago s'éloigna d'un pas sans ouvrir les yeux, ne se doutant pas du magnifique spectacle qu'il offrait à Harry avec ses cheveux emmêlé, ses joues rougies, son souffle haletant.
« Adieu Harry.
_ Adieu Drago. »
Sur ces mots Drago ouvrit les yeux, espérant se perdre une dernière fois dans ce vert forêt si intense constituant les prunelles du brun, mais il était déjà seul. Un espace vide prenait place à l'endroit où se trouvait précédemment le brun. Un espace vide… Comme son cœur en cet instant. Vide de tout ce à quoi il venait de tourner le dos. Vide de tout ce qu'il avait perdu.
Sa douleur lui sembla d'un coup trop importante. Suffocante. Il tomba à genoux et oubliant toute fierté laissa aller ses sanglots. Cela n'avait plus d'importance, il n'était plus un Malfoy.
Rien d'autre qu'un sélénite, condamné à rester emprisonné dans cette cité.
HP/DM
Harry avait senti la magie d'Hécate s'enrouler autour de lui. Mais avant même qu'il n'ait pu esquisser le moindre geste vers Drago, il s'était senti transporté dans un tourbillon de magie pure. Il était maintenant persuadé d'être dans son lit du manoir Potter, et cela faisait maintenant plusieurs minutes qu'il restait là sans bouger, n'osant pas ouvrir les yeux pour vérifier. Il en était tout simplement incapable. Ouvrir les yeux et parcourir sa chambre du regard serait accepter son échec. Qu'il n'était plus près de Drago. Qu'il avait échoué à le ramené. De plus, rien que l'idée d'affronté les regards empli de peine et de douleur des Malfoy lui retournait le cœur. Mais penser à la pitié de sa propres famille et de ses amis, lui donnait envie de vomir.
Il souhait presque qu'ils lui en veuillent tous. Qu'ils le rendent tous responsable et l'accable. Ce ne serait pas vraiment faux. On le vénérait pour avoir sauvé l'Angleterre sorcière des griffes de Voldemort, on le destinait à guider le monde magique dans un futur de plus en plus proche sur la voie de la magie blanche. Pourtant il avait été incapable de protéger Drago. De le garder à ses côtés. Et puis c'est lui qui avait lancé l'idée des fiançailles, celle du rituel, et c'était même lui qui avait choisi Érato comme témoin.
Alors oui, qu'ils lui en veuillent tous. Qu'ils le détestent et le haïssent. Et que ces sentiments subliment la peine et la pitié dans leurs yeux. Cela serait nettement plus supportable. Peut être cela les aiderait-il aussi d'avoir un coupable bien physique à faire payer. Lui-même s'accablait se voyant coupable et penser que les autres ne le verraient sans doute pas ainsi l'enrageait.
Ses pensées retournèrent vers Drago. Son visage si doux au moment de leurs adieux. Ses larmes roulant sur ses joues. Pleurer. Lui, ne le faisait pas en cet instant. Il n'en ressentait ni le besoin ni l'envie. En fait de seconde en seconde il se sentait de plus en plus détaché du monde. Car pour la première fois de sa vie il se sentait étrangement seul. Il était pourtant conscient qu'en ouvrant les yeux il avait de forte chance de tombé dans des iris couleur forêt semblable aux siens, qu'ils appartiennent à sa mère ou sa sœur. Peut être même tomberait-il dans ceux chocolat de son père. Mais c'était dans une mer d'argent liquide qu'il souhaitait se noyer. Et cela n'arriverait jamais plus.
Cette dernière pensée l'amena à songer à ce poème d'Edgard A. Poe : Le Corbeau. Jamais il n'avait compris le frisson d'angoisse qui traversait sa mère, quand elle lisait ce texte qui avait tout d'un poème en prose. À chaque lecture elle semblait profondément touchée, légèrement effrayée et peinée. Y voyait-elle sa propre déchéance, douleur et peine si elle devait elle aussi perdre sa moitié ? Cette souffrance ineffable face à cette perte, ce manque, ce trou creusé en plein cœur et qui jamais ne serait comblé ? Maintenant, Harry comprenait ce que ces deux mots prononcés par cet « oiseau ou démon » avait de lugubre et funeste. Puits d'angoisse ou l'homme qui vient de perdre l'être aimé se noie au point d'y perdre son âme. Deux mots qui résument la peur la plus profonde nourrit à chaque éloignement d'un être cher :
« Jamais plus ».
Ne jamais plus entendre sa voix.
Ne jamais plus voir son visage.
Ne jamais plus sentir sa fragrance enivrante.
Ne jamais plus toucher, caresser sa peau.
Ne jamais plus gouter ses lèvres, sa bouche, cette langue insolente parfois si acerbe.
Des tremblements le secouèrent alors qu'il sentait doucement venir les larmes et les sanglots qui le laisseraient surement vidé. Mais soudain un rire cristallin et sans aucun doute féminin, retentit lui faisant froncer les sourcils. Qui pouvait bien rire en cet instant ? Alors que la situation ne pouvait être plus critique ? Une colère bouillonnante monta en lui, ce rire sonnant comme moqueur face à sa douleur. Aucune chance que cela soit Narcissa ou Scylla, elles étaient bien trop touchées par ce qui arrivait à Drago. Il n'imaginait pas que cela puisse être sa mère ou sa sœur, alors qu'il avait déjà dû être retrouvé inconscient… Mais alors qui ?
Décidé à savoir et à comprendre, Harry ouvrit enfin les yeux. Le rire cristallin repris alors que ses traits marquaient sa stupeur.
« Bonjour petit homme. »
À suivre…
1-Je tiens à signaler que c'est là, la vision de Lucius. Pas la mienne. C'est pas parce que je la veux pas avec Harry que je la considère si peu... Quoi ? Une vengeance un peu basse parce qu'à la fin de la saga, elle se marrie avec lui ? Moi ? N'importe quoi...
N'oubliez pas les... Rangez moi ces armes tranchantes c'est dangereux ! Quoi... cmt ça ça c'est le but ? N'oubliez pas ( comme dis plus haut) que mon meurtre empêcherait tte prochaine publication my friends ! XD
Noubliez pas les reviews. ^_^
