CHAPITRE 28
Bonjour/Bonsoir à toutes et à tous !
Ce chapitre est un peut plus court que les autres, mais si ça peut vous rassurer, les prochains sont bien plus long, avec beaucoup plus d'actions et de rapprochements... Et peut-être un homme à capuche noir ?
Merci pour les commentaires !
Bonne lecture.
Quelques secondes plus tard, je retrouvai mes esprits et mes yeux s'adaptèrent de nouveau à mon environnement… Il n'y avait… Plus rien.
Le gardien à ma droite était détruit tandis que les monstres à ma gauche étaient carbonisés. Mes yeux allèrent pour mes mains tendus vers les créatures, puis je les ramenais sous mes yeux pour les observer… C'est… Moi qui ai fait ça ?… Impossible. Il doit y avoir une explication rationnelle ! Mais pourtant, c'était la même sensation qu'au Domaine Zora contre Vah'Ruta, un peu différente cette fois. Comment est-ce possible ? Songeais-je, remuant mille et une hypothèse dans ma tête.
J'étais recroquevillée dans un coin, lorsque j'entendis une voix lointaine, se rapprochant petit à petit : « Kitsis ! ». Je dirigeais mon regard vers un héros courant vers moi. Il arriva à mes côtés, essoufflé avec des yeux élargis en découvrant la scène qui m'entourait. Il s'arrêta pour m'observer avant de me rejoindre en s'agenouillant près de moi.
« Ça va ? Tu n'es pas blessé ? Je t'ai entendu crier. J'ai fait le plus vite possible, mais visiblement, tu as réussis à t'en sortir toute seule… ». Il prit un aperçu des monstres morts autour de nous. « Comment… Comment as-tu fait ça ? ». Sa voix trahissait un choc profond, semblable à celui dans mon esprit.
Je sentis des larmes perler aux coins de mes yeux, ignorant totalement la raison d'une si grande tristesse tout à coup. Je ne pouvais enlever mes yeux larmoyants de Link… Je ne pouvais me lasser de le regarder… Il retourna son regard sur le mien, ce fut comme un signal pour mon esprit qu'il était temps d'arrêter de le dévisager, je détournai alors les yeux loin de son visage. Mon cœur battait vite et je sentis mes joues se réchauffer. Il s'apprêtait à me toucher le bras, mais je l'en empêchais alors que je me relevais, mettant le plus d'espace possible entre nous. Laisse-moi, pensais-je.
Je t'en supplie… Va-t-en…
Il semblait un peu perdu vis-à-vis de mon comportement, mais je ne lui laissais pas me poser de question, je devais agir naturellement… :
« Tu as trouvé quelques choses de ton côté ? Moi à part des ennuis, rien du tout. ». Je simulai un sourire, sentant malgré tout mon cœur se serrer. Link ne remarqua rien et il me répondit :
« J'ai trouvé un sanctuaire dans l'axe central du labyrinthe. Il y a une grille sur le sol en face du sanctuaire et ça semble mener quelque part. Je ne sais pas trop comment l'activer, mais j'ai pu sauvegarder le point de téléportation, je peux nous y téléporter.
-Bien, faisons ça ! ».
Il me regarda d'un air surpris vis-à-vis de ma soudaine réponse, mais je devais me dépêcher… Il n'y avait plus de temps à perdre. Link tenta de prendre mes mains dans les siennes, mais je les reculais instantanément. Le héros me dévisagea et demanda :
« T'es sûr que ça va ?
-Oui ! Je suis juste un peu sonné… Excuse-moi. ». Je pris ses mains en détournant le regard. Link nous téléporta et en peu de temps, nous nous retrouvions face à un sanctuaire dans une pièce étriquée.
Il faisait sombre, seulement deux torches permettaient d'éclairer la salle mais la lueur du sanctuaire permettait aussi d'obtenir une meilleur visibilité. Je pus donc distinguer les formes et les couleurs sans trop de peine. Le mur face au sanctuaire était une grille permettant de voir l'extérieur, il y avait le même gardien qui se promenait, mais il ne pouvait pas nous voir. Tant mieux.
Le sanctuaire scintillait toujours d'une vive couleur orange, Link n'avait pas encore pénétré en son sein, ce qui voulait dire que j'allais devoir l'attendre pendant quelques minutes. Bon, eh bien, je l'attendrais en pensant à ce qu'il s'était passé. Link se dirigea vers le sanctuaire et je sentis son regard sur moi avant qu'il n'entre à l'intérieur. Tandis que je m'essayais sur les marches devant le sanctuaire en attendant son retour. Malgré le fait que je lui tournai le dos, je pus sentir lorsqu'il ne me regarda plus et lorsque les portes se refermèrent.
Je reposais mon visage entre mes mains. Mes coudes s'appuyaient sur mes genoux tel une enfant, on aurait dit que je boudais dans mon coin. Ce n'était pas tout à fait faux. Je ne boudais pas, j'étais juste… Bouleversé ?… Oui, c'est ça, le choc d'avoir eu à faire à autant d'ennemies, c'est ce qui me rend aussi maussade… Mensonge. Mais des fois, le mensonge est une meilleure voie que la vérité elle-même. Je me mentirais aussi longtemps que nécessaire.
Je voulais me plonger dans mes pensées, mais… Une voix familière vint me déranger à nouveau… Elle était différente de celle que j'avais entendus dans Ruta. Mais je la connaissais. Je l'avais déjà entendue plusieurs fois. Elle me parlait et je n'y prêtais aucune attention. Ça doit être à cause d'un coup que j'ai reçus à la tête :
« Je suis déçu. Mais je ne m'inquiète pas. Bientôt, tu seras à moi. ». Oui oui, c'est ça, puis moi, je suis une Cocotte. Rêve bien petite voix, mais je n'appartiens à personne et jamais je n'appartiendrais à qui que ce soit.
Je devais vraiment avoir frappé fort pour répondre à une hallucination, une voix qui sûrement n'existait pas… Mais elle m'intriguait, j'étais persuadé de la connaître et de l'avoir déjà entendue, mais je me faisais des idées.
Je regardais attentivement la grille devant moi, peut-être que dessous se cache le fameux diadème. Il a intérêt à être une véritable protection contre les gardiens sinon je le fais manger à Jérine. J'ai failli mourir pour ce truc et quelque chose me dit que ce n'était pas fini. J'entendis des pas derrière et je me retournais pour découvrir Link de retour. Je me levais rapidement et lui souris comme pour lui montrer que ça allait… Mais au fond, il s'en fiche non ? Un second bruit me fit me retourner vers la grille qui avait disparu. Un courant d'air ascendant s'échappa du trou qui était autrefois protégé par la grille, comme si le fait d'activé le sanctuaire aurait déclenché un mécanisme plus bas.
Nous nous dirigions tous deux vers le trou béant et il me regarda avant de dire :
« Il faut sauter. J'utiliserais la paravoile pour affaiblir notre chute, mais très peu. Avec le courant ascendant, on risquerait de remonter au lieu de descendre. ». J'acquiesçais avant de me tourner vers lui pour me préparer à sauter, je prenais machinalement le haut de son corps dans mes bras tout en gardant une distance confortable et nous sautions dans le vide sans vraiment savoir où nous allions.
Le courant ascendant était violant, tentant désespérément de nous remonter à la surface, mais nos poids confondus étaient plus importants et nous descendions en chute libre jusqu'à quelques mètres du sol… Malgré toute la confiance que je plaçais dans Link, je ne pouvais empêcher la peur de me gagner en voyant le sol se rapprocher dangereusement. Le héros ne semblait toujours pas déterminé à sortir la paravoile pour nous éviter une mort certaine.
Ce n'est qu'à deux mètres du sol que Link daigna enfin sortir l'objet si précieux pour notre survie. Mais dès qu'il sortit la paravoile nous remontions de deux mètres à cause du courant. Il la rangeait aussi tôt et nous tombions au sol. Il réussit à se rattraper sur ses pieds, mais je n'eus pas autant de chance manquant de tomber, cependant, un bras passa autour de ma taille, me retenant de m'écraser. Je regardais Link dans les yeux légèrement choqué avant de me libérer de son emprise.
Je replaçais correctement mes vêtements brassés par notre chute, mais ma jupe ne cessait de se lever à cause de la source du courant d'air juste sous nos pieds, je m'empressais alors de descendre de cette petite plateforme pour enfin prendre un aperçu du lieu où nous nous trouvions. Nous étions dans une salle immense. Bien plus grande que toutes les salles de bal que j'ai vues. En fait, c'était une pièce équivalente au périmètre du labyrinthe au-dessus, mais aussi équivalente en hauteur.
Des grands piliers soutenaient toute la structure au-dessus de nous, mais certains était brisé ou ils leur manquaient une partie. Il faisait sombrer et il y avait énormément de particule poussiéreuse dans l'air, tel un brouillard. La salle était éclairée sur les côtés d'une légère lueur blanche. Toute la pièce était en pierre sombre et l'atmosphère me rappelait celle d'un cimetière… Je frissonnais un peu à cause de cette dernière.
Je regardais autour de nous et il y avait des dizaines de carcasses de gardiens autour de nous… Un cimetière de gardien ? Ils étaient tous inactifs, sinon ils nous auraient déjà pris pour cible depuis longtemps. Je regardais Link qui prenait un aperçu de la salle lui aussi. Je me dirigeais vers un gardien pour récolter quelques matériaux antiques, il était bel et bien « mort », aucun risque. Au centre de la salle sur une sorte de plateforme carrée se trouvait un coffre entouré de quatre bougies blanche l'éclairant. Visiblement, nos chemins de pensées avec le héros étaient les mêmes, il se mit à marcher en direction du centre de la salle. Je décidais de remettre ma récolte à plus tard pour l'accompagner et découvrir de quoi il s'agissait.
Nous nous approchions doucement, mais sûrement, nous n'étions pas à l'abri d'un piège, mais tout semblait en ordre. Nous montions sur la plateforme et Link se plaçait devant le coffre. Je l'observais et mon excitation, pour découvrir son contenue devenait trop intense: « Allez ! Ouvre ! ». Il me regarda et m'offrit un soupir désespéré avant de s'agenouiller et tenter d'ouvrir le mécanisme permettant de garder le coffre fermé. Il ne mit pas longtemps à comprendre le fonctionnement de la serrure et ainsi de la déverrouiller.
Il l'ouvrit doucement et je me penchais un peu pour observer son contenu… Mes yeux s'élargir et je me sentis soulager lorsque je découvris qu'il s'agissait bel et bien du diadème que nous recherchions. Link le sortit de son coffre et l'observa. Il était exactement comme sur le dessin de Jérine, il bien plus magnifique encore. Link me le tendit pour que je puisse prendre un meilleur aperçu de l'objet. Il était en parfait état, comme s'il n'avait jamais servi… Étrange, comment s'était-il retrouvé ici ? Link s'était toujours agenouillé et je riais à mon prochain geste. Je pris le diadème entre mes deux mains avant de dire :
« Link, par les pouvoirs de la déesse Hylia qui me sont conférée, je vous déclare Roi d'Hyrule ! ». Il rit légèrement et inclinait la tête pour que je le dépose sur cette dernière. Je mettais le diadème en place et il tombait pile au niveau de son front.
Ses cheveux cachaient en partie la couronne de laurier, mais on pouvait toujours observer le diamant bleuté entre ses yeux un peu plus haut. C'est à cela qu'il aurait dû ressembler s'il avait répondus aux sentiments de ma sœur ?… En tout cas, je trouvais que ça lui allait très bien. Je lui souris, mais ce court moment de répit fut interrompu.
Les gardiens autour de nous… Ils se mirent tous à fonctionner ! Je regardais Link paniqué alors qu'il se relevait rapidement, dégainant son arme et son bouclier. Il me lança un regard alarmé en me demandant avec un petit espoir dans sa voix :
« Tu penses pouvoir faire le même coup de génie que tout à l'heure ?!
-Sincèrement… Non ! ». Tous les viseurs rouges des gardiens furent dirigés vers nous. Je réfléchis à la façon dont je pourrais reproduire le même coup de maître que tout à l'heure… Impossible. Je pris la main de Link qui tenait son épée et je courrais en direction du courant ascendant :
« C'est notre seule chance ! » Il me regarda un peu surpris puis il acquiesça tout en rangeant son armement. Il courut en tenant ma main et il me passa rapidement devant ; nous entendions les gardiens charger et heureusement nous arrivions sur la plateforme.
Link me prit dans ses bras dans la précipitation, puis sortit sa paravoile, nous n'avions vraiment plus de temps, je vus quelques faisceaux lumineux bleu se former chez certains gardiens. Le héros déploya le bout de tissus au-dessus de nous et nous nous envolions grâce au courant ascendant. En quelques secondes, nous atteignons le petit canal par lequel nous étions arrivé tout à l'heure et j'entendis alors les tirs des gardiens. Nous l'avions échappé de très très très peu !
Une fois de nouveau sur la terre ferme à la surface, je lâchais Link et je me courbais en plaçant mes mains sur mes genoux pour reprendre mon souffle et surtout le contrôle de mes émotions. Je regardais Link et il s'asseyait légèrement choqué de ce qu'il venait de se passer. Je m'agenouillais devant lui et je ris en grattant l'arrière de mon crâne :
« On a failli mourir encore une fois ! ». Il me regardait, visiblement désorienté avant de m'offrir un sourire simple. Il se releva et me tendit sa main, une aide que j'acceptais volontiers. Une fois sur pied, je pris un nouvel aperçu de la tête désormais couronné de Link.
On dirait que cette couronne a été faite pour lui, c'est parfaitement sa taille… Il enleva le diadème et tenta de le mettre sur ma tête. Je l'en empêchais en reculant brusquement ; un regard d'incompréhension s'installa sur son visage, j'expliquais pour ne pas qu'il ne le prenne mal :
« Je ne supporte pas vraiment ce genre de chose. Garde-le, il te va vraiment… Bien. ». Je rougis légèrement aux derniers mots que je disais et l'homme face à moi aussi. Il essaya de la remettre comme précédemment et je m'approchais pour l'aider, je levais les bras en direction de sa tête, remettant la couronne correctement. Une fois fait, je lui souris puis je me rendis compte de notre proximité actuelle. Je rougissais violemment avant de m'écarter d'au moins un mètre, sa main sur mon bras me retint et je le regardais avec une surprise totale sur mon visage.
Il prit sa tablette Sheikah dans sa main libre avant de dire :
« Rentrons montrer cela au laboratoire. » La surprise se dissipa peu à peu pour laisser place à la compréhension : « Oui, j'en connais une qui sera heureuse de voir ce diadème. ». Je lui souris avant que nos corps ne se disloquent en de nombreuses particules bleu clair.
Nous réapparaissions devant le laboratoire antique, nos pieds reposant sur un cercle bleu encré dans le sol, identique à celui du laboratoire d'Élimith. Je lâchais la main du Héros pour me dépêcher d'ouvrir la porte qui nous faisait face. Elle grinça légèrement alors qu'elle nous permettait de pénétrer dans le lieux sec et dépourvus de pluie… Enfin en partie, le toit était quand même partiellement détruit.
Jérine travaillait après quelques pièces métalliques, mais au son de nos pas sur le bois du laboratoire elle se retourna, offrant un regard ainsi qu'un sourire empli d'espoirs et de joie. Quand ses yeux se posèrent sur Link, elle frappa dans ses mains dans l'excitation tout en trottinant vers l'homme à mes côtés. Elle se plaça devant lui, observant attentivement le diadème encerclant son crâne.
J'aurais juré voir des étoiles dans ses yeux alors qu'elle dit : « Oui ! C'est bien le diadème du dessin ! Alors ?! Il possède réellement des pouvoirs spéciaux ?! ». Un air de détresse se répandit sur le visage du héros face à l'enthousiasme de la femme devant lui. Pour le sauver de cette situation, je répondis à sa place, comme d'habitude :
« Il n'a pas l'air de conférer un quelconque pouvoir ou une quelconque protection contre les gardiens… Nous avons été pris pour cible par ces robots comme à chaque fois alors que Link portait le diadème. ». Je vu les sourcils de Jérine s'abaisser dans la déception avant qu'elle ne recule un peu pour laisser un peu d'espace à Link. Elle dit d'un air attristé :
« Dommage, j'étais persuadé qu'il conférerait des pouvoirs spéciaux contre les gardiens et ainsi, j'aurais pu l'étudier… Vu qu'il n'est rien de plus qu'un accessoire vous n'avez qu'à le garder. ». Je regardais Link et il passait ses doigts sur la pierre bleuté au niveau de son front. Je souris à Jérine, décidant de ne pas l'accabler pour l'inutilité de ce bijou:
« Merci, je pensais le vendre, mais nous allons le garder malgré tout avec nous. Peut-être que ses pouvoirs se révéleront dans le temps. »
Jérine acquiesça et je sentis que notre conversation s'arrêtait ici, mais Link prit sa tablette Sheikah et il me la tendit. Sur l'écran, était affichée la photographie du souvenir de ma sœur. Ah, oui ! Il fallait profiter de Jérine et Faras pour qu'il nous renseigne sur sa localisation ! Je montrais l'image affiché par la tablette à la scientifique face à nous :
« Il s'agit bien de la source de la force n'est-ce pas ? ». Jérine prit la tablette entre ses mains et elle observa attentivement la photo avant d'appeler son mari : « Faras ! Viens voir ! ». Elle redirigea ses paroles vers nous :
« Je ne suis pas vraiment de la région, je ne connais pas Akkala, Faras a voyagé il pourra vous renseigner. ». Le docteur s'approcha de nous, saisissant la tablette Sheikah et observant la photographie, il ne mit pas longtemps avant de répondre :
« C'est bel et bien la source de la force. Pourquoi vous intéresse-t-elle ? Seule la princesse Zelda peut méditer dans ce type de source. ». Je le savais déjà cela… Mais j'expliquais : « Link est amnésique, à l'aide de lieux qu'il aurait visité dans le passé il pourrait retrouver sa mémoire. La source de la force fait partie de ces lieux et on aimerait s'y rendre. » Faras me regarda puis frotta son menton d'un air pensif :
« Pour rejoindre la source de la force il faut partir du relais Est d'Akkala juste au Sud du laboratoire, vous avez forcément dû passer devant c'est impossible de le rater. ». J'acquiesçais et buvais ses paroles en lui confirmant sa pensée :
« En effet, nous avons déjà fait un arrêt par là-bas. » Faras poursuivit : « Bien, à partir de ce relais continuer complètement en direction de l'Ouest. Aucune chance de se perdre, il s'agit exclusivement de plaine. La source de la force se trouve dans une grande crevasse contrastant avec le paysage. Vous ne pouvez pas la manquer. ».
Au moins nous savions comment nous y rendre. Je prenais la tablette Sheikah et appuyais sur la carte pour observer la zone. En effet, à l'ouest, il y avait une grande crevasse, impossible de la manquer… ». Bon, notre objectif était défini : direction la source de la force.
Je rendis la tablette Sheikah à son propriétaire avant de m'incliner en signe de respect envers le docteur et sa femme :
« Merci de nous avoir aidé. Vous avez ma reconnaissance éternelle. ». Je me redressais et leur souriais tendrement. Faras se mit à saigner du nez violemment, me rappelant qu'il était assez sensible. Jérine s'occupa de son hémorragie tout en disant :
« C'était un plaisir de faire votre connaissance, faite attention sur le chemin ainsi que pour votre quête, si vous croisez notre fils, dîtes-lui qu'on pense fort à lui et surtout n'hésitez pas à revenir nous voir. Ramène la paix en Hyrule Link. ». Link acquiesça avec son air déterminé habituel. Il reprenait la tablette Sheikah, saisissant aussi ma main dans la sienne. Je dis au revoir aux laborantins d'un signe de main avant que Link ne nous téléporte au sanctuaire du relais.
Ma sœur avait tant de chance de pouvoir rencontrer tant de personne durant son voyage… Je l'enviais tant et aujourd'hui j'avais la possibilité de le faire… Grâce… À la réincarnation de Ganon…
***
Nous regagnions la réalité devant le sanctuaire face au relais. Je lâchais la main de Link alors que celui-ci sifflait à l'aide de deux doigts pour appeler les chevaux. Le lien entre lui et Epona était si fort qu'elle pouvait ressentir sa présence à des kilomètres… Je me demande quelles sont les limites de l'amour d'Epona envers son cavalier… Moi, en tout cas, je connais celle d'Orbital à mon égard. Nous n'attendions que quelques minutes avant de voir Epona suivie de près par Orbital… Epona arrivait en ralentissant et en hennissant une fois près de Link. J'espérais autant d'attention de la part de ma monture, mais visiblement brouter était une meilleure occupation… Je soupirais alors que j'entendais Link rire un peu, je le regardais un peu vexé :
« Rigole ! T'as de la chance qu'Epona t'apprécie ! ».
Il se calma et désormais, il semblait pensif en caressant sa jument:
« Epona… C'était le nom de mon cheval dans le passé n'est-ce pas ? Je me souviens d'elle étant encore une pouliche. Mais je ne pense pas que cette jument soit cette fameuse Epona. ».
Je regardais la jument et pourtant elle était identique à celle de Link il y a cent ans. Je m'en approchai et caressai son encolure :
« En effet, ce n'est pas la même Epona, il doit s'agir de sa descendante, mais le lien qu'elle possède avec toi est toujours le même, peu importe qu'il ne s'agisse pas de l'Epona que tu as connus. Elle t'aime vraiment et ce lien est plus fort que le temps. Elle t'aime vraiment et ce lien est plus fort que le temps. »
Je sentis le regard de Link sur moi et je relevais mes yeux de l'encolure d'Epona pour plonger dans ceux de Link. Il rougit un peu, disant d'une voix gênée :
« Donc… Tu penses que Son Altesse Zelda, malgré le siècle qui s'est écoulé… Éprouve toujours les mêmes sentiments à mon égard ? ».
Mon cœur se serra dans ma poitrine, je me sentis comme poignardé… C'était bien pire qu'une blessure physique… Mais… Au fond, il lui était destiné… C'était écrit, alors je répondis le plus sincèrement possible :
« Le héros sauve la princesse, ils se marièrent et eurent une jolie petite fille. C'est ce qu'on me racontait petite et cette légende traverse les âges depuis aussi longtemps que la légende de notre Royaume existe. Donc, oui, je pense que Zelda sera toujours éprise de toi, peu importe le temps qui s'est écoulé. Elle n'est pas du genre à laisser tomber comme ça… ».
Il rougit et détourna le regard… Je comprends, c'était un peu gênant pour lui de parler de ça… Donc, oui, je pense que Zelda sera toujours éprise de toi, peu importe le temps qui s'est écoulé. Que ma sœur saura lui apprendre…
La douleur dans ma poitrine persistait, me donnant la nausée… Il me sortit de mes pensées avec une autre question :
« Et toi ? L'homme que tu aimais il y a cent ans, est-ce que tu l'aimeras jusqu'à ta fin, malgré qu'il ne soit plus de ce monde ? ». Cette fois, c'est moi qui ne pus masquer ma rougeur se répandant sur mes joues… Cette fois, c'est moi qui ne pus masquer ma rougeur se répandant sur mes joues…
« Oui. Même s'il est mort, je l'aimerais jusqu'à la mienne. Je… Je lui resterais fidèle. ». Je détournais les yeux et la douleur dans ma poitrine reprit de plus belle… Déesse, arrêtez de me torturer…
Il acquiesça avant qu'Orbital ne s'approche et renifle mes cheveux. Nono en sortit et commença à disputer l'animal qui le cherchait:
« Hey ! Arrête espèce de vache ! ». Mes yeux s'élargirent alors que ceux de Link exprimaient un choc profond… Je sentais la honte m'envahir et je me dépêchais de prendre le korogu dans mes bras pour le punir : « C'est pas une vache, mais un cheval ! Et je t'avais dit de rester caché ! ». La réaction du héros quand il vu la petite créature dans mes bras, ne se fit pas attendre :
« Je t'avais dit de ne pas le garder !
-Mais il est tellement mignon, regarde ! Il s'appelle Nono ! ».
Je le montrais à Link en souriant comme une folle. Nono salua Link de manière trop mignonne. Je ne comprenais pas comment il ne pouvait pas craquer devant une petite créature aussi adorable. Moi, je craquais et je le serrais contre moi, il rit sans se contenir et je vus Link désemparé face à notre comportement. Il soupira en frottant le pont de son nez et en fermant les yeux comme pour tenter de calmer une colère intérieure :
« Bon… J'imagine que tu ne veux pas le relâcher dans la nature ? Je me trompe ? ». Je lui souris et avec Nono nous répondions à l'unisson : « Non ! Alors on reste ensemble ! ».
Je souris de plus belle bien trop heureuse de garder ma petite créature avec moi pour le moment. Je savais que ce ne serait pas pour toujours, mais il serait toujours une présence indispensable à ma survie mentale, malgré le fait que Link parle… Je ne devais pas trop communiquer ni interagir avec lui pour préserver notre relation comme elle était désormais… Je devais éviter de tout gâcher une nouvelle fois.
Link soupira de nouveau avant de prendre les rênes d'Epona pour la diriger vers le relais. Je fis de même avec Orbital alors que nous approchions de la personne se chargeant des écuries.
Le ciel était complètement noir désormais, seule quelques astres nous éclairaient de leur douce lumière, mais c'était une nuit plus sombre que d'habitude… Je me sentais vide de l'intérieur, mais je ne prêtais plus vraiment d'attention à mes sentiments. Nous allions chercher le souvenir demain matin puis partir dans l'après-midi pour Ordinn. Nous étions assez proches de l'autre région, en quelques heures, nous atteindrions le début de cette région de feu et de lave. Mais il fallait encore que je trouve un moyen pour nous préserver de la chaleur mortelle qui régnait dans la montagne de la Mort…
Chaque chose en son temps. Nous entrions dans le relais avec Link, il était identique à celui dans lequel j'avais dormi après mon réveil. Des lits ainsi que des gens qui dorment… Youpi, vive l'intimité… Mais je dois avouer que j'aimais bien la convivialité qu'il y avait dans ce genre de lieu. Le héros tendit quelque rubis à la personne de la réception. En voyant le matériau brillant dans les mains de l'hylien, cela me rappela j'avais ramassé un rubis argenté dans le labyrinthe. Je le tendis à Link en regardant ailleurs un peu gêné :
« Tu avais gagné le pari… Je te devais cent rubis, alors les voilà. ». Il les prit avant de me sourire comme pour me narguer… Je vais le tuer… Mais je savais que je ne le ferais pas. Il semblait réussir à se débrouiller avec l'homme du relais sans parler… Laissons le faire.
Je sortis du relais pour regarder un peu le ciel avec un Nono endormis dans mes cheveux. Link me rejoignit peu de temps après et parla une fois s'être assuré qu'il n'y avait personne d'autre dans les parages : « On part demain à l'aube ? ». J'acquiesçais toujours en observant les étoiles au-dessus de moi. La pluie avait enfin un peu cessé et je pouvais les regarder. Link me dit une dernière chose :
« Je me demandais… Vu qu'il s'agit des souvenirs de la princesse Zelda… Peut-être que je te verrais dans le passé au travers de sa mémoire. ». Je rougis légèrement alors que je le regardais s'en aller dans le relais pour aller se coucher. Mon cœur battait fort contre ma cage thoracique… Il… Il voulait me voir dans le passé ?… Pourquoi ?… Il n'y a aucun intérêt…
Je restais encore un peu à l'extérieur avant que le froid ne me force à rentrer dans le relais. Link était déjà après dormir et un lit près de lui était libre, il y en avait d'autre dans la salle… Mais à défaut de dormir avec lui cette nuit… Je voulais au moins savoir qu'il était près de moi…
Cette nuit-là, je me suis souvenue de ma première rencontre avec le héros. Une rencontre qui annonçait déjà que nos vies n'étaient pas destinées à s'entremêler. J'avais pris connaissance de son arrivé, et souhaitant lui offrir l'accueil le plus chaleureux possible ainsi que pour essayer de me faire un ami, j'étais allé à sa rencontre durant une de ses séances d'entraînement. Là-bas, je lui tendis la main, me présentant et lui accordant des sourires sincères. Il ne prit jamais la mienne. Il ne me sourit pas à un seul instant. Son regard qui aujourd'hui brûlait de détermination n'était pourvus que d'un bleu terne. Jamais il ne m'adressa la parole et à l'époque… Je pensais que c'était parce qu'il connaissait mon histoire et qu'il me haïssait. Pourtant, je n'ai pas désespéré et je suis retourné le côtoyer à plusieurs reprises espérant le voir sourire. Que c'était maladroit de ma part. J'ignorais tout du décès de sa mère ainsi que du comportement de son père à son égard.
C'est peu de temps avant ma rencontre avec l'homme que j'aimais que mon père m'interdise d'approcher le futur héros de la légende. C'est ce jour-ci que ma haine commença à se développer envers le héros. Alors… Il ne valait mieux pas que le héros me voit dans le passé, il n'aurait sûrement… Qu'une mauvaise image de celle que j'étais. Aussi, peut-être, s'en voudra-t-il de ne pas m'avoir aidé… Ou bien, au contraire, peut-être, qu'il l'assumera pleinement, comme c'était le cas dans le passé.
