Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de enlightenedkitty.

Chapitre vingt-huit

Harry faisait les cent pas dans le salon minable de leur petit appartement, mu par une énergie nerveuse inépuisable qui le poussait à aller et venir sans répit. Drago le regardait, impuissant, incapable de rassurer et de calmer son amant. Il y avait une réunion avec le Seigneur des Ténèbres ce soir, le premier cercle seulement des suivants de Voldemort. Harry sentait son estomac se nouer et se serrer.

« Assieds-toi, tu me rends nerveux, » se plaignit Drago depuis le canapé, mais il était déjà nerveux, il l'était toujours quand Harry devait se livrer à cette pantomime. « De toute façon, il va bientôt être l'heure que tu prennes le Polynectar. »

Harry acquiesça, d'un signe sec de la tête, et ne s'arrêta que le temps de dire, « Dans une minute. »

Il vint finalement s'asseoir aux côtés de Drago, et Drago glissa un bras autour de sa taille, attirant sa tête sombre contre son épaule. Ils restèrent assis en silence. Aucun mot n'aurait pu traduire ce qu'ils ressentaient, et puis, les mots n'étaient pas nécessaires.

Quelques minutes plus tard, Drago s'écarta brusquement, agrippant son avant-bras gauche et grimaçant, tressaillant sous la douleur aiguë. Harry s'activa immédiatement. Se précipitant à la cuisine, il attrapa une dose de Polynectar et l'avala d'un trait, ignorant son goût écœurant. Il prit appui contre le plan de travail le temps que la potion fasse effet. Il revint au salon, où Drago était toujours assis. Sans regarder cette copie de lui-même, celui-ci tendit son bras gauche à Harry. La Marque des Ténèbres lui brûlait toujours la peau.

Harry lui prit le bras et posa doucement deux doigts contre la Marque, s'attendant toujours à en être brûlé, même s'il savait que la Marque était plus froide que le reste de la peau de Drago. Il ferma les yeux et son esprit, et expira lentement. Soudain, une image apparut, une destination, sa destination. Une vieille maison, entourée d'arbres lourds et de montagnes. Harry grava cette image dans son esprit.

Il se pencha le temps de déposer un rapide baiser sur les lèvres de Drago – il ne pouvait pas se laisser entraîner dans une étreinte. Ça lui coûterait la vie si le souvenir de son affection pour Drago transparaissait pendant qu'il était en la présence de Voldemort. Drago comprenait cela, et le laissa partir sans protester. Harry sortit de l'appartement sans un regard en arrière, et s'engagea dans sa ruelle habituelle. Cherchant dans la poche intérieure de sa cape, Harry en sortit une petite fiole qui faisait saillie, et en avala le contenu, avant de l'abandonner sur une pile d'ordures. Murmurant une prière aux dieux et fermant les yeux, il revint à l'image de la maison qu'il avait fixée dans son esprit, et Transplana.

La lune était basse au dessus des arbres, mais pas assez basse cependant pour être obscurcie par les pics escarpés des montagnes environnantes. Les arbres semblaient se tenir sur la pointe de leurs racines dans l'espoir d'atteindre l'orbe lumineuse. Alors que Harry approchait de la maison plongée dans l'obscurité, il commença à distinguer la silhouette sombre de Peter Pettigrow qui l'attendait à la porte.

« Dis-donc, tu as pris tout ton temps, Malefoy, » siffla-t-il, sa face de rat tordue dans une grimace. « Tous les autres sont déjà arrivés. »

Pettigrow avait toujours été jaloux des Malefoy. D'abord, ça avait été Lucius, et la confiance que Voldemort lui accordait, mais maintenant le fils avait remplacé le père.

« Le Seigneur des Ténèbres ne sera pas content… »

« Dans ce cas, il me le dira lui-même, il n'aura pas besoin de son laquais, » répliqua calmement Harry, résistant à son envie d'arracher ses membres un par un à ce trouillard qui avait trahi ses parents. Il attendait avec impatience le jour où il pourrait se venger. Mais le faire ce soir serait contre-productif en regard de tout ce qu'il essayait d'accomplir. « Où sont-ils, Queudver ? »

Pettigrow se renfrogna et, tournant les talons, se lança dans les couloirs sans donner de réponse. Harry le suivit, sur ses gardes. Ils se déplaçaient rapidement dans la maison plongée dans le noir, à travers des pièces remplies de meubles protégés par des housses. Au sol, une épaisse couche de poussière laissait voir de nombreuses empreintes de pas. Ils arrivèrent à une salle à manger faiblement éclairée. Il balaya la pièce du regard tout en cheminant pour aller s'incliner, prenant la mesure de toutes les personnes présentes, conscient que les yeux rouges suivaient le moindre de ses mouvements. Il posa un genou à terre.

« Drago. »

« Monseigneur. »

Les deux sièges les plus proches de Voldemort étaient déjà occupés : Dmitri Borodin, le principal partisan de Voldemort en Russie, ainsi que dans le reste de l'Europe de l'Est ; et une sorcière à l'air sévère, Ingrid Wechsler, qui avait la charge du recrutement de nouveaux partisans à la cause du Seigneur des Ténèbres. Harry s'était attendu à ce que plus de Mangemorts soient présents, mais ne fut pas vraiment surpris. Le manque de confiance de Voldemort était notoire. Ce n'était probablement pas la première réunion de ce genre, ni la dernière.

Harry prit place à côté d'Ingrid, pendant que Pettigrow allait se placer debout aux côtés de Voldemort. Sans quitter Drago de ses yeux larmoyants, Pettigrow marmonna, « Maintenant que tout le monde est là… »

« Mon cher Queudver, ne commençons pas cette réunion sur une note si détestable, » le reprit Voldemort, « pas alors que nous avons à discuter de choses si importantes. Ingrid ? Commence, je t'en prie. »

Sortant un parchemin plié de ses robes rouge sang, elle s'éclaircit la gorge et déplia son papier sur la table, sous les yeux rouges de serpent qui le fixèrent avec avidité.

« Le premier groupe, plus de cinquante sorcières et sorciers, se rassemblera ici, dans un peu plus de deux semaines, » commença-t-elle, désignant un point en Russie. « Dmitri a gracieusement accepté de les loger tant que nécessaire, jusqu'à ce que nous soyons prêt pour l'attaque finale. »

« Très aimable de ta part, Dmitri, » ronronna le Seigneur des Ténèbres, étirant ses lèvres en un sourire grotesque. Borodin prit acte de cette appréciation, le remerciant d'un sourire gracieux accompagné d'un signe de tête. « Tu peux reprendre. »

« Un deuxième groupe, trente personnes, arrivera à Paris peu après pour se joindre à vos partisans français. »

« Oui, tout juste à temps. Est-ce que tous les plans ont été finalisés pour le Ministère français ? »

« Oui, Monseigneur. Je superviserai moi-même cette opération. »

« Tu as toute ma confiance en ce domaine, Ingrid. Et à propos des plans concernant Fudge ? »

« On leur apporte la dernière touche au moment même où nous parlons, Monseigneur. »

Harry écoutait, affichant l'ennui le plus profond, même si les rouages de son esprit tournaient à toute vitesse. Les choses avançaient beaucoup plus vite qu'il ne l'avait anticipé, et il ne connaissait pas tous les détails de ce qui se passait en France. Il repoussa ces idées parasites quand les yeux rouges se posèrent sur lui.

« Drago. »

« La potion ? J'ai obtenu par… ruse, » dit-il avec un sourire en coin, « un échantillon de la potion actuelle. La précédente devait être contaminée, je n'ai jamais réussi à la reproduire de façon convenable. Cependant, j'ai maintenant déjà commencé à préparer un chaudron de potion, et il devrait être possible de la tester sans délai. »

« Quelles sont les chances de pouvoir contrer cette potion ? »

« Elles sont nulles tant que je ne décompose pas complètement l'Avada Kedavra afin de m'adapter totalement à ce sort, ce qui demanderait des mois, peut-être même des années de recherche et de tâtonnements, » affirma Harry. « Cependant, les effets de cette potion ne sont pas éternels. J'ai entendu des rumeurs au Ministère qui disaient que même si Snape a survécu à trois Avadas successifs, il est passé à deux doigts de la mort. Un sort supplémentaire l'aurait achevé. »

« C'est rassurant, » ironisa Pettigrow en avançant vers Harry. « Nous n'aurons qu'à nous tenir là tranquillement pour lancer…»

« Queudver, ça suffit, » siffla son maître, et il recula d'un pas, servile, sans pour autant quitter des yeux Harry qui l'ignorait placidement. « Même toi tu devrais être capable de lancer les quatre Avadas nécessaires à le tuer. »

« Si nous bénéficions de l'effet de surprise, Monseigneur, la potion sera inactive. Il lui faut une demi-heure pour faire son effet, » ajouta Harry.

« Ce sera très certainement une attaque surprise, » siffla Voldemort, affichant un petit sourire. « Et au sujet de Harry Potter ? »

Il haussa les épaules, avant de répondre, « Pour autant que je le sache, il est toujours en exil du Ministère. »

« Et du côté du Ministère ? »

« Le Ministère n'est absolument pas prêt à parer une attaque pour le moment. Il est vulnérable. »

« Très bien. Dmitri, quoi de neuf en Russie ? »

« Rien de spécial, Monseigneur. Les russes coopèrent toujours pleinement, et je crois qu'ils continueront à le faire tant qu'ils auront le sentiment que vous êtes le plus fort. »

Voldemort hocha la tête, et le calme se fit dans la pièce alors qu'il posa successivement son regard sur les trois personnes assises à ses côtés à la table.

« Vous êtes les plus loyaux de mes Mangemorts, et vous serez récompensés plus que tout autre quand notre long combat aura pris fin, une fin qui se fait plus proche de jour en jour. Vous serez bientôt convoqués à nouveau. »

A ces mots, Ingrid et Dmitri se levèrent et adressèrent un signe de tête à leur Maître avant de sortir. Harry quant à lui demeura assis, fixant Voldemort, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que lui, le Seigneur des Ténèbres, et Queudver dans la pièce.

« Est-ce qu'il y avait autre chose, Drago ? »

« Oui, Monseigneur, mais il s'agit d'un sujet dont je ne peux parler qu'à vous seul. »

« Quelle impudence ! » s'exclama Pettigrow, se précipitant vers la table, et s'appuyant dessus pour lui dire, penché vers lui, « Je suis le serviteur le plus fidèle du Seigneur des Ténèbres, et… »

« Laisse-nous, Queudver, » l'interrompit Voldemort, d'une voix sourde, le regard mauvais. Pettigrow s'exécuta. Voldemort revint à Harry, et lui dit, « Approche, et dis-moi de quoi tu souhaites discuter. »

Harry lui adressa un signe de tête et se leva, pour venir s'asseoir directement à côté de Voldemort. Il prit une profonde inspiration et commença.

« Monseigneur, il s'agit d'une chose de la plus grande importance pour moi, et j'aurais besoin de votre assistance. Vous êtes le seul sorcier susceptible de connaître la réponse que je recherche. » La face serpentine acquiesça, et il poursuivit. « Il existe un sort ancien que mon père a utilisé sur de nombreuses personnes, y compris une personne dont je suis proche, et j'ai été incapable de trouver le contre-sort correspondant. J'en ai parlé à des Guérisseurs, aussi bien qu'à des sorciers et des sorcières qui sont les mieux informés en tout ce qui concerne les sorts, mais personne n'en a jamais entendu parler. »

« Et tu voudrais que moi je te fournisse le contre-sort ? »

« Oui, Monseigneur. »

« Et que me donneras-tu en échange ? »

« Tout ce que vous voudrez, Monseigneur. »

« Amène-moi Harry Potter, et je trouverai ton contre-sort. »

« Ça m'est impossible, Monseigneur. »

« Pourquoi ? » demanda Voldemort, ses yeux rouges brillant de curiosité.

Après une longue pause, il répondit finalement. « Parce que je suis Harry Potter. »

« Comment est-ce que ça peut être possible ? » siffla-t-il, sa voix trahissant son incrédulité.

Harry sortit sa baguette de sa cape, et la posa sur la table, entre eux. Il sortit également une petite fiole, qu'il déboucha et but. Quasiment instantanément, il sentit toutes les cellules de son corps trembler et s'agiter, et ses vêtements devenir plus serrés, inconfortables, alors que son corps reprenait son apparence habituelle.

« Comme vous pouvez le voir, c'est possible. Je viens juste de prendre une potion qui contre les effets du Polynectar. »

Harry tendit son avant-bras gauche à Voldemort pour qu'il le regarde. La peau était pâle et vierge de toute Marque des Ténèbres. Voldemort se leva d'un bond, renversant sa chaise, et sortit sa baguette pour la pointer sur la cicatrice au front de Harry. La baguette de ce dernier s'envola de la table vers la main tendue de Voldemort.

« Je ne sais pas comment tu as pu me berner, mais tu vas mourir maintenant, Potter, et la prophétie sera enfin accomplie. »

Ses yeux rouges aussi brillants que des braises, il pointa sa baguette vers Harry sans un mot. Harry fut frappé par quelque chose, et sursauta violemment sur sa chaise, sous l'impression que tous les muscles de son corps se contractaient simultanément. Mais il ne mourut pas. Il lui fallut un moment pour récupérer suffisamment pour être capable de parler, en continuant à respirer bruyamment.

« J'ai pris de la Mortalis Fallax, alors il va vous en falloir encore quelques autres pour me tuer. Mais avant que vous ne le fassiez, vous feriez bien d'écouter ce que j'ai à vous dire. »

Voldemort le dévisagea avec méfiance avant de hocher la tête, tout en gardant néanmoins sa baguette à hauteur de la tête de Harry.

« Je me fais passer pour Drago depuis longtemps, avant même la mort de Lucius, ce qui m'a fourni une multitude d'occasions de vous tuer. Cependant, je ne l'ai pas fait. Est-ce que ça ne vous intrigue pas que je me sois retenu de vous tuer, alors que j'aurais pu le faire si facilement ? »

« Tu serais mort toi aussi, si tu avais essayé de me tuer. Mes loyaux Mangemorts ne t'auraient jamais laissé t'en sortir vivant. »

« C'est vrai, » convint Harry. « Mais j'étais prêt à sacrifier ma vie pour prendre la votre. Cependant, Dumbledore me l'a interdit. Il tenait simplement à ce que je l'informe de vos activités et de vos plans, rien d'autre. »

« Pourquoi est-ce que tu te démasques devant moi aujourd'hui ? Tu dois te rendre compte que je ne peux pas te laisser la vie sauve, pas après tout ce que tu as entendu ce soir. »

« Vous me laisserez la vie sauve, parce que je vous offre Poudlard, et la Mortalis Fallax. Tout ce que je vous demande en échange, c'est le contre-sort qui sauvera le véritable Drago de ce que Lucius Malefoy lui a fait. »

« Tu trahirais ton précieux Dumbledore et tout ce pour quoi il s'est battu ? » demanda Voldemort, écarquillant les narines. « Je ne te crois pas. »

« Alors donnez-moi du Véritasérum, et vous verrez bien que je dis la vérité, » proposa Harry, sortant une autre fiole de sa poche, pour la poser sur la table. « Vous pouvez utiliser le vôtre, si vous n'avez pas confiance en celui-ci. Ça ne fait pas la moindre différence à mes yeux. »

Voldemort redressa sa chaise, et s'y enfonça, contemplant Harry pendant un long moment. Finalement, il annonça. « Très bien, Potter. Je vais utiliser du Véritasérum de mes propres réserves, et nous allons bien voir si tu dis la vérité. Reprends l'apparence de Malefoy. »

Alors qu'Harry sortait encore une autre fiole et en buvait le contenu, le Seigneur des Ténèbres toucha sa propre Marque, avant de baisser sa baguette sous la table, pour continuer à la pointer vers Harry. Presque instantanément, un Pettigrow à l'air contrarié apparut dans l'encadrement de la porte, regardant alternativement les deux sorciers.

« Oui, Monseigneur ? »

« J'ai besoin de Véritasérum. Tout de suite. »

Queudver hocha la tête et disparut. Harry et Voldemort se regardèrent l'un l'autre en silence pendant qu'ils attendaient. Finalement, Pettigrow reparut avec la potion, et la donna à son maître. Une multitude de questions se lisaient sur son visage, mais il savait bien qu'on ne lui accorderait aucune réponse.

« Laisse-nous. »

Une fois qu'ils furent de nouveau seuls, Voldemort administra la potion et attendit qu'elle fasse effet.

« Qui es-tu ? »

« Harry Potter, » répondit-il sans intonation particulière.

« Pourquoi est-ce que tu t'es fait passer pour Drago ? »

« Pour espionner Voldemort et ses complices. »

« Depuis combien de temps ? »

« Depuis que Lucius Malefoy l'a battu et abandonné, en avril. »

« Que s'est-il passé ? »

« Lucius l'a battu, lui a lancé un sort inconnu, et l'a abandonné, pensant qu'il ne survivrait pas. Je l'ai trouvé, et soigné, mais maintenant il est en train de mourir à cause de ce sort. »

« Comment est-ce que tu m'as trouvé à chaque fois que j'ai rassemblé mes Mangemorts ? »

« En touchant la Marque des Ténèbres de Drago. Grâce à mon lien avec Voldemort, je suis capable de voir dans ma tête l'endroit où aller, et je peux alors y Transplaner. »

« Pourquoi est-ce que tu n'as pas essayé de me tuer ? »

« Dumbledore m'a ordonné de seulement vous espionner. »

« Est-ce que tu as l'intention de me tuer, maintenant ? »

« Non. »

« Pourquoi est-ce que tu veux trahir Dumbledore et Poudlard ? »

« Pour trouver un remède pour Drago. »

« Tu es prêt à sacrifier tes amis pour ton amant ? »

« Oui. »

« Est-ce que tu préviendras Dumbledore de nos plans ? »

« Non. »

« Est-ce que tu te joindras à moi ? »

« Oui, si ça peut sauver Drago. »

Voldemort se renfonça dans sa chaise, et étudia le jeune homme assis face à lui. Il eut un rictus, ses lèvres fines s'étirèrent.

« Très bien, Harry Potter. Je vais t'autoriser à repartir ce soir, en vie. Mais je convoquerai Drago dans deux jours, et tu devras revenir avec les secrets qui gardent Poudlard, et la potion, ou je te tuerai, ne t'y trompes pas. Après que nous ayons réussi à détruire Poudlard et ce vieux fou de Dumbledore, je te donnerai le contre-sort pour Drago. »

Harry hocha la tête, avant de répondre, « Oui, Monseigneur. Je comprends. »

« Tu peux disposer. »

« Ma baguette, Monseigneur. Je vais en avoir besoin pour aller à Poudlard. »

Un éclair de défiance traversa les yeux rouges, mais il tendit sa baguette à Harry.

« Il faut que tu comprennes, Potter, que si tu devais me trahir maintenant, tu ne peux pas commencer à imaginer les répercussions que ça aurait pour tous ceux que tu aimes. Et je prendrais un grand plaisir à te détruire, personnellement. »

« Oui, Monseigneur. Je ne vous trahirai pas. »

« Envoie-moi Queudver. »

Harry lui fit un petit signe de tête, et quitta rapidement la pièce. Pettigrow traînait juste derrière la porte, malgré le sortilège anti-espionnage placé sur la pièce.

« Ça y est, on a fini ? » demanda-t-il, moqueur.

« Le Seigneur des Ténèbres désire voir son… » Harry marqua une pause, le temps qu'un sourire narquois se forme sur ses lèvres, et que ses yeux se plissent, « son plus fidèle serviteur immédiatement. Tu ferais mieux de te dépêcher, Queudver, il a peut-être besoin que tu accomplisses une broutille pour lui. »

« Il n'y a pas de broutilles, quand c'est mon Maître qui me donne des ordres ! »

« Dis-moi, Pettigrow, est-ce qu'il t'a puni comme il se doit pour cette pathétique attaque contre Potter et Snape ? » demanda Harry. Son sourire disparut, et ses yeux gris se firent durs et sa voix froide. « Je l'espère, car un échec pareil mérite un châtiment. »

Le petit homme fit un saut en arrière, comme si Harry venait de le frapper. Ses mâchoires serrées tremblèrent de rage, et Harry sut que la punition avait effectivement dû être sévère. Queudver sourit, d'un sourire faux et mielleux qui n'augurait rien de bon.

« Le Seigneur des Ténèbres nous récompense selon nos mérites. »

« Bien sûr. Tu devrais te dépêcher d'aller le voir, avant qu'il ne te récompense à nouveau. »

Harry tourna les talons, et se lança dans le couloir, laissant derrière lui un Pettigrow sans voix. Il serra sa cape contre lui quand il émergea dans la fraîche nuit printanière, puis s'éloigna de la maison, avant de fermer les yeux et de Transplaner dans sa ruelle habituelle.

Il ne s'attarda pas, comme il le faisait la plupart du temps en revenant d'une réunion avec Voldemort, pour permettre à ses pensées de se calmer et à son esprit de se détendre un peu avant de rentrer chez lui. Ce soir, il avait une idée en tête, et il rentra rapidement à l'appartement.

Drago était toujours assis sur le canapé quand Harry entra. Il se leva d'un bond et courut vers son amant pour l'attraper par les épaules. « Harry, est-ce que tout va bien ? Ça a pris plus longtemps que d'habitude ! »

« Je vais bien, » le rassura-t-il, embrassant rapidement Drago sur la joue. Il avança ensuite dans la pièce. « J'ai peut-être un remède pour toi. »

« Quoi ? Un remède ? Comment ? »

« Voldemort, » répondit Harry, en arrivant à la cuisine.

Il avala la potion qui lui rendait son apparence, et se dirigea vers le couloir.

« Harry, » lança Drago, ses yeux gris s'assombrissant alors qu'il suivait Harry jusqu'à la chambre. « Harry, qu'est-ce que tu as fait ? »

« Ce qu'il fallait pour que tu restes en vie. »

Harry fouilla dans le coffre au pied de leur lit, et en sortit une cape argentée qui chatoya et roula comme du mercure quand il la lança sur le cadre du lit.

« Mais qu'est-ce… »

« Je vais à Poudlard. Je serai absent pendant au moins une journée. »

Harry se déshabilla, jetant ses vêtements en pile au sol, avant de sortir un pantalon noir et un pull rouge, qu'il enfila immédiatement.

« Mais et pour ma potion ? »

« Je serai revenu à temps. »

« Harry, mais qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi est-ce que tu vas… »

« Drago, fais-moi confiance. Je serai bientôt de retour. »

Harry attrapa sa Cape d'Invisibilité et remonta de nouveau le couloir. Il traversa le salon, et alla jusqu'à la porte. Il marqua une petite pause pour attendre Drago.

« Je t'aime, » murmura Drago contre l'épaule de Harry, en le prenant dans ses bras.

« Moi aussi, » répondit tendrement Harry. Drago ne pouvait pas voir les larmes qui s'accumulaient dans ses yeux verts. « Plus que tu ne le sais. »

Brusquement, Harry se dégagea de l'étreinte de Drago, et se glissa dehors, laissant pour la deuxième fois de la soirée Drago seul à l'attendre et à s'inquiéter.