La casse se paie

Réponse aux reviews

grispoils : « pauvre Severus !! Il n'a vraiment pas de chance... se faire écraser en arrivant !!
Je suis curieuse de lire la réaction des professeurs quand ils verront le "collage" d'ombrage !!lol »
Réponse : Et moi donc. Je vois bien Rogue s'enfuir en courant, s'enfermer dans ses cachots et ne plus ressortir tant que Albus (un peu gêné) et Remus (mort de rire) ne lui auront pas présenté leurs excuses. D'autres idées ?

Tsuda : « Pauvre Rogue, s'évanouir dès son arrivée XD
Sinon hm un Griffon comme familier, la chance !! »
Réponse : Mmm, oui, mais je te dis pas les frais de manucure... Hagrid va bondir au plafond quand il va le voir ! Et je vois bien aussi la tête de Dean et Seamus quand Harry va leur dire qu'il dort avec lui ! Bon, blague à part, je suis en train de bosser sur une série de fanarts représentant notre peluche vivante préférée. Ça vous donnera enfin une raison de venir sur mon blog !

viescale : « Oui, merci joyeux Noël à toi aussi, beau cadeau que tu nous as fait là...
Bien que j'ai été déçu de ne faire qu'entrapercevoir Severus, une fois encore... mais je vais me consoler en pensant au splendide griffon... »
Réponse : C'était fait pour :-)
On verra bien Rogue dans ce chapitre (je devrais mettre ce genre d'avis en gras pour que tout le monde le voie bien), il a un gros paragraphe rien qu'à lui. Tu vas adorer.

Et puis sinon, merci pour tous vos vœux ! Noël s'est très bien passé, j'espère qu'il en a été de même pour vous. Ah, et bonne année !

Oh, dites, en passant, vous n'avez pas remarqué quelque chose de bizarre avec le nombre de reviews ?


Chapitre 28 : Vacances dans l'Île

Harry se réveilla avec des plumes plein le nez, ce qui le fit bondir hors du lit et amorcer une fuite paniquée avant que le son d'un rire de griffon réussisse à traverser le brouillard dans lequel il se réveillait habituellement. Il se laissa tomber à plat ventre sur le lit, les bras écartés, ses doigts cherchant à instaurer un contact avec un cou de griffon, mais rata sa cible et glissa sur le drap de satin, retombant de l'autre côté du lit en un tas embrouillé de draps, oreillers et adolescent râleur. Le rire dans sa tête redoubla de volume, suivi par les gloussements familiers de Ron et le rire-aboiement de Sirius.

Harry réussit à dégager sa tête juste assez longtemps pour foudroyer du regard son public hilare avant de tirer les couvertures par-dessus sa tête pour masquer son embarras, rêvant qu'ils disparaissent de la surface de la terre.

« Dommage que Colin ne soit pas là avec son appareil, hein ? » réussit à dire Ron à travers son rire.

« Vous voulez pas me tuer tout de suite et qu'on en finisse ? » gémit une voix écœurée de sous le tas de couvertures.

Sirius riait toujours devant la tête de son fils, mais il essayait de le dégager. « Allez, Harry, debout. On nous a dit que tu te levais tôt pour ton entraînement. Tonks et moi avons besoin de toi pour montrer à cette bande de gamins engourdis ce qu'il faut faire. Ensuite, ton grand-père a promis de nous montrer de nouvelles techniques de duel. »

La tête de Harry jaillit, il se mit debout en laissant tomber les couvertures autour de lui. « Pourquoi tu l'as pas dit plus tôt ? Attends, je m'habille et j'arrive. » Sirius hocha la tête, le sourire encore aux lèvres devant les singeries du griffon et la réaction de Harry, et quitta la pièce, mais Ron resta, voulant parler avec son meilleur ami avant qu'ils rejoignent les autres.

« Euh, Harry, je peux te parler un peu… tu sais… tout seul ? » Ron regardait ses tennis, une nouvelle paire, si blanches qu'elles en brillaient presque. L'armoire de sa chambre contenait tout un ensemble de nouvelles robes, vêtements moldus et chaussures, qu'il avait découverts au matin.

Harry s'assit au bord de son lit, repoussant les couvertures pour que Ron puisse s'asseoir à côté de lui. « Qu'est-ce qui se passe ? Quelque chose ne va pas ? » Le visage de Harry montrait de l'inquiétude pour son ami.

« Non, rien de mal… enfin… pas vraiment. Je voulais juste… tu sais… m'excuser pour tout ce que j'ai dit et fait l'année dernière. Tu sais… quand j'étais jaloux ? Je veux dire, je ne sais pas ce qui t'es arrivé, personne ne savait l'année dernière. Je suis un peu en colère que tu n'aies rien dit, je t'aurais aidé comme on a fait cet été. Mais bon, Sirius, Dumbledore et même maman nous ont un peu expliqué comment tu ne voulais pas que quelqu'un sache et que ça ne changeait pas qui tu étais et bon… que j'ai vraiment été crétin pour la manière dont je t'ai traité. Maman m'a montré une grosse assurance qu'ils ont avec papa, comme ils ont sept enfants, tu sais. Et elle m'a demandé si je pensais que tu serais jaloux s'ils mourraient que je recevais de l'argent de l'assurance, comme tu as de l'argent de tes parents. Ça m'a fait beaucoup réfléchir et je me suis dit… tu sais… que tu t'en ficherais si j'avais de l'argent et tu n'en avais pas. Je veux dire, tu n'as pas été jaloux quand je suis devenu Préfet et tu n'as même pas pensé comme tout le monde que ça aurait dû être toi et pas moi. »

Harry ne savait pas quoi dire et il hocha simplement la tête. « Ensuite Sirius m'a raconté comment il avait grandi avec ses parents qui le détestaient et qu'il était malheureux, même si sa famille avait beaucoup d'argent. Et avec tout ce qui t'est arrivé… je crois que ce que je veux dire c'est que… ça me dérange pas que tu sois Seigneur ou Duc ou quoi que ce soit et plus riche que Malefoy, parce que tu es juste Harry pour moi… juste mon meilleur ami. Et si tu veux partager… ou m'acheter des choses et partager ce que tu as avec moi, ça ne me gêne pas parce que je partage ce que j'ai avec toi, mes parents et mes frères et sœur. » Ron regarda timidement son meilleur ami depuis cinq ans, se demandant si Harry comprenait ce qu'il essayait maladroitement de lui dire.

Harry sourit et le serra virilement avec un bras avant de lui donner un petit coup de poing dans l'épaule. « Merci. Je donnerais tout ce que j'ai pour avoir grandi avec mes parents, ou même maintenant. Je me demandais pourquoi tu étais jaloux de moi, quand j'étais tellement jaloux de toi. J'adore ta maison, le caramel maison de ta mère et ses pulls, parce qu'ils sont remplis d'amour et que c'est quelque chose qu'on ne peut pas acheter. Bon, assez de sentiments, allons écraser les filles, on est dépassés en nombre et on doit sauver l'honneur des mâles. »

Les deux garçons dévalèrent les escaliers et patinèrent dans les couloirs aux parquets bien cirés, se payant une entrée théâtrale dans la salle de sport en glissant sur les genoux.


Les Malefoy et les Parkinson mangeaient le petit-déjeuner dans une ambiance beaucoup plus légère après que l'offre de Sirius ait été reçue et acceptée, lorsque deux hiboux d'allure passe-partout entrèrent par la fenêtre ouverte et se posèrent sur la table, faisant valser les toasts posés sur un plat au centre de la table.

Drago tendit la main, comme il était le plus près, récupéra les deux parchemins, en tendit un à sa mère et garda l'autre, le tournant timidement entre ses doigts. La parchemin portait l'impressionnant sceau du Baron de Blackmoor, son nouveau gardien.

« Que dit ton oncle Sirius, Drake ? » Narcissa regardait son fils avec curiosité, laissant sa propre lettre fermée à côté de son assiette.

Drago prit le couteau à beurre posé à côté de son aissette et l'utilisa pour briser le cachet de l'enveloppe avant de déplier précautionneusement l'épais parchemin.

Cher Drago

J'ai écrit à ta mère pour lui offrir l'annulation officielle de son mariage avec Lucius Malefoy ainsi que la protection et le soutien de la famille Black. Elle t'a laissé la décision de rompre officiellement les liens avec ton père.

Je t'écris pour renouveler mon serment de te protéger et de te soutenir si tu choisis de prendre officiellement le nom de Drago Amgius Black.

J'occuperai le poste de professeur de DCFM dès la rentrée la semaine prochaine donc tu pourras me voir à Poudlard. Mon fils, Harry Potter-Black, a fait le serment de continuer à te traiter de la manière dont il t'a traité jusque là. Si tu te retiens de l'insulter et/ou de l'attaquer physiquement ou de t'en prendre à ses amis, il continuera de t'ignorer.

Si je deviens ton gardien, il est de mon sincère conseil que tu te retiennes d'insulter ou d'attaquer qui que ce soit, pas seulement les Gryffondor. Je suis prêt à t'aider à changer la direction de ta vie, mais tu dois faire non seulement le premier pas mais aussi ceux qui suivront. Personne ne peut te forcer à changer, Drago, cela doit venir de toi. J'espère que tu as encore en toi non seulement la volonté de changer mais aussi la force et le courage de faire ce changement.

Rappelle-toi, tu n'es pas seul. Ta mère et moi serons là pour t'aider dans chacun de tes pas.

Ton cousin

Sirius Black

Baron Blackmoor

Drago finit sa lecture à voix haute pour sa mère et les Parkinson. Il ne lui fallut qu'un moment pour prendre sa décision ; après tout, Sirius Black, un homme qu'il n'avait jamais rencontré, lui offrait plus d'encouragements et d'acceptation que son père lui en avait jamais offert toute sa vie durant. Il regarda sa mère et hocha la tête, une sensation de chaleur se répandant dans sa poitrine à la vue de la fierté brillant dans ses yeux.


Harry avait tout juste réussi à suivre Ron pendant leurs exercices du matin mais ils étaient tous les deux épuisés et haletants alors que Tonks et Patmol riaient devant leur mine déconfite, tous deux transpirant seulement un peu à la fin du long programme d'exercices. Aucune des filles n'avait été capable de finir, et s'étaient laissées tomber alors que les deux garçons finissaient avec les adultes. Harry était presque aussi maladroit que Tonks, il devait encore s'habituer à sa nouvelle taille, due aux potions que Pompom lui avait fait ingurgiter pendant sa maladie, le transformant en grande tige aux mouvements incertains. Amicus n'avait cessé de faire des commentaires railleurs mais hilarants qui n'avaient pas aidé à sa concentration et avaient provoqué des regards perplexes des autres jusqu'à ce qu'il finisse par éclater de rire à un commentaire particulièrement salé et explique sa connexion mentale avec son familier et ce qu'Amicus lui faisait subir.

Les enfants, et même Tonks et Sirius restèrent sidérés et sans voix quand les deux professionnels furent battus à plate couture par Nicolas dans un combat à deux contre un si déséquilibré que les deux plus jeunes en avaient honte. Nicolas avait simplement ri avant d'admettre qu'il avait plus d'entraînement qu'eux et qu'il avait probablement oublié plus qu'ils n'en avaient appris. Il se mit ensuite à enseigner patiemment au groupe comment se protéger de presque tout sort ou maléfice, utilisant d'anciens sorts de bouclier dont Tonks et Sirius n'avaient jamais connu l'existence, sans parler de les apprendre. Il leur enseigna ensuite comment esquiver et se déplacer, ce qu'il leur dit avoir appris comme nécessité pour les combats à l'épée, mais dont il avait vite réalisé que cela utilisait bien moins d'énergie magique d'esquiver un sort que de le bloquer, et qu'en se déplaçant on pouvait jeter un sort alors que jeter un sort de bouclier empêchait de jeter tout autre sort, net désavantage face à un adversaire plus doué que vous ou dans des circonstances éprouvantes.

A la fin des deux heures d'entraînement, tout le monde sauf Nicolas était en sueur, le souffle court et prêt à s'effondrer au sol alors que le sorcier largement centenaire riait à gorge déployée du manque d'énergie de la jeunesse. Sirius fit le vœu de s'entraîner et de s'entraîner et de s'entraîner encore, mais il pourrait infliger au moins un combat digne de ce nom au vieil homme avant l'été où ils allaient revenir sur l'île pour que Harry et ses amis puissent à nouveau s'entraîner.


Les six adolescents et les deux adultes s'étaient douchés et habillés de frais avant de rejoindre les grands-parents de Harry, le professeur McGonagall, Madame Pomfresh et un professeur Rogue de méchante humeur pour un petit-déjeuner bien nourrissant.

Perenelle finit sa brioche tartinée de crème aigre et de gelée de framboises avant de commencer à expliquer au groupe l'emploi du temps des trois semaines à venir. « Comme ce matin, vous vous lèverez à six heures pour trente minutes d'exercice, puis duel et Défense jusqu'à huit heures et demi, douche et petit-déjeuner à neuf heures. Severus, ce sera l'heure de votre rééducation, suivie par des massages et un bain à remous avec des simples. Après le petit-déjeuner, vous vous séparerez pour les leçons. Hermione, Lisa et Harry auront un cours de Runes Anciennes et d'Arithmancie pendant que Ron, Ginny et Laurie feront de la Métamorphose et des Sortilèges avec le professeur McGonagall jusqu'à onze heures quinze, heure à laquelle vous échangerez vos places, jusqu'au déjeuner à treize heures.

« Après le déjeuner, les enfants, vous aurez un cours de Potions avec mon mari et le professeur Rogue jusqu'à quinze heures trente à seize heures, heure à laquelle vous pourrez aller vous promener dehors, jouer au Quidditch ou simplement profiter du parc. Non, Hermione et Lisa, cela ne signifie pas lire à la bibliothèque, vous pouvez lire, mais dehors. Le dîner est à sept heures et il sera ensuite l'heure du travail individuel, de la lecture ou des jeux calmes jusqu'au coucher à dix heures. Les week-ends sont libres en dehors de l'exercice du matin qui commencera à huit heures au lieu de six. Des questions ? » Elle regarda le groupe, un sourcil levé, mais personne n'avait la moindre objection. En fait, le professeur Rogue semblait ravi à l'idée de préparer des potions avec Nicolas Flamel, même s'il devrait pour cela supporter les morveux ignorants.

Les adultes avaient discuté et organisé l'emploi du temps la veille au soir, après que les enfants aient été envoyés au lit. Le professeur Rogue et Nicolas auraient leurs matinées et leurs soirées pour faire ce qu'ils voulaient, même si Severus passerait le plus clair de ce temps à se reposer pour reprendre des forces, car il n'avait que trois semaines pour se remettre des coups presque mortels qu'il avait reçus de la main de l'oncle de Harry. Tonks et Sirius seraient debout tôt pour l'exercice physique et le duel mais ils étaient ensuite libres à moins de superviser et seraient disponibles l'après-midi si nécessaire. Perenelle et Minerva passeraient leurs matinées à enseigner mais seraient libres ensuite – cependant, Minerva voulait prendre le temps tous les soirs d'aider les sœurs Turpin à surmonter leur deuil et commencer à développer une relation de tutorat, si cela était possible. En fait, les seuls à être pris toute la journée étaient les enfants, même si Sirius allait travailler dur pour développer le programme de Défense pour toutes les années avant qu'ils rentrent ; ce serait ardu même si Tonks avait proposé de l'aider pendant son temps libre, comme les vieux cours d'Ombrage étaient au mieux inutiles.

Ils finirent leur repas, Ron et Harry attrapèrent des petits pains pour manger en route et ils se séparèrent pour aller à leurs occupations respectives


Assis à table, Severus avait du mal à cacher son excitation alors qu'il attendait que les maudits gamins finissent de manger affin qu'ils puissent tous descendre dans le laboratoire de Nicolas, au sous-sol. Il foudroya du regard Pompom qui finissait de manger son dessert ; la misérable tortionnaire en chef avait insisté pour qu'il se repose toute la matinée après le douloureux massage qu'un grand guérisseur nommé Hans lui avait infligé. S'il n'avait pas su le contraire, il aurait juré que l'homme était le frère de Hagrid à en juger par la taille et la force de ses mains. Cependant, le bain à remous brûlant et très odorant qui avait suivi le massage en aurait presque valu le coup, même s'il n'admettrait à personne qu'il se sentait beaucoup moins noué et endolori après cette longue matinée ; mais maintenant, il frémissait d'impatience.

Enfin, même les gouffres sans fond à allure d'adolescents mâles eurent fini et le groupe descendit dans une grande pièce claire et bien ventilée, comportant plusieurs postes de travail. Six tables à hauteur de taille, avec de hauts tabourets, étaient disposées harmonieusement dans la pièce ; les murs étaient couverts de cabinets à porte de verre et de hautes étagères où étaient disposés tous les ingrédients de potion qu'il connaissait, avait vus, ou même simplement entendu parler. Severus sentit son cœur accélérer et ses mains commencer à le chatouiller à la vue de la bibliothèque montant jusqu'au plafond, remplie de livres et de grimoires, derrière un bureau de chêne massif. Il avala bruyamment et se reprit ; il avait salivé comme un chien affamé devant la salle de ses rêves !

Harry tira Ron vers une table, Hermione se mit avec Ginny et les sœurs Turpin prirent à une troisième table, après que tout le monde ait passé le tablier protecteur réglementaire. Severus remarqua que Potter chuchotait avec excitation à l'oreille de Weasley, l'incrédulité nettement visible sur le visage du rouquin alors que son voisin jacassait comme une pie. Severus choisit sa propre table loin des enfants qui allaient recevoir leur leçon du jour par un Nicolas souriant qui se tenait devant sa propre table, face à ses étudiants, et commença à leur expliquer ce qu'ils allaient faire et comment préparer les ingrédients ainsi que les chaudrons, et les mit en garde contre les erreurs fréquemment commises avec cette potion. Severus feignait d'être totalement concentré sur son chaudron de Sommeil Sans Rêves, mais il était en réalité totalement captivé par le maître qui parlait, fasciné par son discours intéressant et plein de sens sur un sujet aussi simple que la pommade contre les brûlures qu'il tentait d'enseigner sans grand succès aux quatrième année.

Les enfants regardèrent Nicolas préparer chaque ingrédient ; il leur fit écrire ce qu'il faisait, tout en expliquant pourquoi il coupait un certain ingrédient en morceaux et en réduisait un autre à son état moléculaire. Il leur montra comment enlever la poussière des racines finement coupées afin que la potion ne soit pas trouble ou trop épaisse. Il ajoutait les ingrédients un par un, s'assurant que chaque duo faisait bien la même chose. Severus dut cacher son étonnement ; à la fin de la leçon, même Potter et Weasley avaient réussi à préparer la pâte orange vif et se mêlaient à la discussion finale avec des commentaires pertinents et des questions intelligentes. Nicolas n'avait jamais élevé la voix, personne n'avait fait la moindre erreur et les enfants comme Nicolas étaient détendus et souriants, discutant de leur après-midi tout en nettoyant leurs postes et en mettant la pommade en pot pour l'infirmerie.

En finissant son propre chaudron de potion somnifère, Severus repensa à l'après-midi écoulé, son cerveau comparant l'ambiance agréable aux souvenirs effroyables de ses propres cours. Il savait que très peu d'étudiants passaient leur ASPIC de potions et qu'encore moins exprimaient le plus petit intérêt envers un degré de Maître dans la matière si complexe qu'il aimait tant. Plusieurs articles récents dans ses journaux préférés avaient regretté l'important manque d'apprentis et comment la pénurie de nouveaux Maîtres de Potions avait entraîné une baisse du nombre de nouvelles potions crées, ainsi que les améliorations des existantes, comme améliorer leur efficacité ou diminuer les effets secondaires néfastes ou désagréables.

Severus acheva de mettre sa potion en bouteille et nettoya son poste sans vraiment voir ce qu'il faisait, évaluant sa propre part de culpabilité dans la diminution de nombre d'étudiants qualifiés. Sans la masse de haine et de colère qu'il avait nourrie les vingt dernières années, il pouvait admettre avec une honte grandissante qu'il avait été personnellement responsable du déclin rapide du nombre d'étudiants volontaires pour se lancer. Au lieu de les encourager et de partager son amour de la préparation, il l'avait transformée en une expérience pénible et humiliante, sauf pour quelques étudiants spécialement choisis. S'il était totalement honnête avec lui-même, il devait reconnaître que les quelques étudiants qui avaient réussi dans ses cours l'avaient d'avantage dû au placement politique de leurs parents et à leur position dans une maison qu'à des talents particuliers. Il avait toujours offert des cours privés à plusieurs étudiants de Serpentard chaque année, afin de s'assurer qu'ils passeraient avec succès leurs BUSEs et ASPICs mais aucun d'eux n'avait un niveau autre que suffisant pour préparer des potions apprises par cœur et aucun n'avait les accès de perspicacité et de créativité nécessaires pour modifier des potions existantes, sans parler du génie nécessaire pour créer de nouvelles potions.

Severus passa le reste de l'après-midi et la soirée dans une introspection silencieuse et une auto-analyse avant de parvenir à une conclusion douloureuse et humiliante. Il se leva du confortable fauteuil dans la bibliothèque et se mit à la recherche de Nicolas afin de le supplier de l'aider à réviser et modifier totalement l'enseignement de son sujet bien-aimé. Il était déterminé à modifier sa méthode d'éducation menaçante avant que l'étude des potions ne devienne un cauchemar pour une nouvelle fournée d'élèves.


Après le cours de potion le plus agréable que les étudiants aient jamais reçu, ils sortirent tous pour savourer le soleil printanier. Harry et Amicus avaient joyeusement mené la voie vers les grandes écuries et les immenses prés verts pour rencontrer les parents d'Amicus et les autres troupeaux et hordes qui vivaient dans les prés. Harry et Lisa firent une promenade à dos de Thestral alors que les quatre autres montaient tour à tour dans un pré, les elfes donnant un cours d'équitation impromptu au bénéfice des chevaux ravis de faire de l'exercice. Hermione et les sœurs Turpin avaient déjà monté et elles aidaient aussi Ron, Ginny et Harry. Harry montait naturellement, presque aussi naturellement que sur un balai, mais Ron et Ginny n'étaient pas loin derrière lui, leur entraînement sur un balai les préparant bien, semblait-il, à monter à cheval.

Après une invitation des elfes à revenir chaque après-midi, les six enfants parcoururent les prés et firent la connaissance des deux griffons adultes avant que les garçons et Ginny réussissent à entraîner les deux autres vers le petit terrain de Quidditch que Harry avait découvert lors de ses explorations. Laurie se joignit joyeusement à eux pour voler, mais Hermione et Lisa sortirent chacun un livre et s'installèrent pour lire, levant le nez quand un des quatre autres lançait un cri ou un rire particulièrement bruyant.

Ils rentrèrent tous avec les joues rouges et rejoignirent les adultes pour le dîner, racontant avec excitation ce qu'ils avaient fait. Pernelle sépara Harry de ses amis pour voir son petit-fils en privé et discuter tranquillement de son héritage et de tout ce que ça entraînait, pendant que Pompom emmenait les sœurs Turpin voir le professeur McGonagall dans un petit bureau confortable pour commencer à parler de ce qu'elles avaient vécu, de comment leur vies avaient changé et de ce qu'elles pouvaient faire maintenant. Minerva avait apprécié Lisa en tant qu'étudiante, elle avait l'esprit vif et un caractère agréable, et elle espérait devenir la tutrice des filles, au moins jusqu'à ce qu'ils puissent chercher un parent qui pourrait prendre les deux sœurs en charge.

Ron défia Sirius aux échecs et se retrouva face à un adversaire à sa mesure, ce qui ne lui était pas arrivé depuis des années. Il s'amusait énormément ; il aimait gagner – qui ne l'aimait pas – mais il aimait encore plus devoir se battre pour de bon contre son adversaire. A la fin de la soirée, il avait réussi à gagner une partie, la seconde s'était finie au pat et Sirius avait gagné la troisième.

Ginny, Hermione et Tonks avaient passé une soirée totalement féminine à discuter de ragots, de mode et de coiffure, étant simplement 'les filles' alors que Tonks faisait une démonstration de coiffures de plus en plus extravagantes.

Nicolas avait patiemment écouté Severus qui lui avait vidé son cœur. Le jeune Maître de Potions avait enfin trouvé un mentor. Albus avait essayé pendant des années, mais la haine et de colère datant des années d'école de Severus, ainsi que son ressentiment envers les Maraudeurs, avaient souillé leur relation, si bien que Severus s'était toujours retenu, ne voulant pas se laisser complètement aller et accorder une confiance totale au vieil homme pour lui livrer ses secrets et ses peurs, même si Albus avait toujours attendu patiemment et donné à son pupille craintif et agressif le temps dont il avait besoin pour lui faire confiance.

Nicolas n'avait aucune conflit avec Severus à surmonter, c'était un homme doux, patient et compréhensif, et leur amour mutuel des potions avait forgé une amitié et un respect presque instantanés quand ils s'étaient rencontrés pour la première fois. Severus tenait Nicolas en admiration à cause de sa réputation et de ce qu'il avait accompli alors que Nicolas était profondément reconnaissant envers Severus pour tout ce qu'il avait traversé pour séparer l'immonde et atroce connexion que la bête inhumaine avait créée pour détruire l'esprit de son petit-fils. Albus lui avait expliqué la culpabilité de Rogue dans le refuge de Harry dans le coma, mais Nicolas était prêt à oublier cela grâce aux actions de Severus. Et quand Severus avait timidement admis et confessé son subterfuge et les conséquences inattendues, les deux hommes s'étaient liés d'une façon profonde et inexplicable.

Cette nuit-là, les treize occupants du manoir dormirent plus profondément qu'ils ne l'avaient fait depuis longtemps.


Le lendemain, Perenelle régala tout le monde, au déjeuner, d'une merveilleuse leçon d'histoire ; son art de tisser un récit captivant en fit oublier le repas à tout le monde alors qu'ils se faisaient entraîner dans les récits de la vieille Angleterre sorcière. Parce qu'elle avait vécu beaucoup des événements qu'elle racontait, elle pouvait mettre un visage sur les noms qu'ils reconnaissaient à peine d'avoir vu pendant leurs leçons ennuyeuses avec le professeur fantôme. Même les adultes étaient fascinés avec un simple aperçu de la vie tumultueuse de la vieille sorcière. Elle parlait d'histoire datant de plusieurs siècles avec une vision de premier plan et Nicolas mêlait souvent sa voix à la sienne pour ajouter ses commentaires.

Les enfants restaient assis, bouche bée, alors que Dame Serdaigle, du haut de ses six cent quarante ans, leur racontait des histoires à propos des Fondateurs, histoires reçues de son grand-père de deux cents ans qui les tenait lui-même de ses propres grands-parents, Seigneur et Dame Serdaigle et leurs amis, les Gryffondor, devenus Potter dans un grand et fastueux mariage de la fille Gryffondor avec l'héritier Potter. La douceur d'Helga Poufsouffle et sa volonté d'accepter presque n'importe qui, jusqu'à ce qu'ils soient jugés indignes de ses exigences, offrant si facilement son amitié et sa confiance, jusqu'à l'amère trahison de Salazar Serpentard après le meurtre de sa femme et de leur jeune fils par un groupe de moldus déchaînés, lors d'une simple visite chez son père, jusqu'à la réunion de tous oubliée, mais réelle, de Gryffondor et de Serpentard des décennies plus tard, lorsque l'existence même de Poudlard avait été menacée par l'invasion normande après la bataille de Hastings.

Chaque déjeuner devint une leçon d'histoire improvisée alors que Perenelle et Nicolas captivaient leur audience avec des récits fabuleux, des personnages mémorables, des batailles sanglantes et derrière tous ces conflits, les manœuvres politiques malsaines et les combines douteuses. L'Histoire devint vivante pour le petit groupe d'une façon qu'aucun livre ni aucun monotone soporifique d'un professeur mort depuis longtemps pourraient jamais atteindre. Même Minerva apprit des choses dont elle n'avait jamais entendu parler quand elle était étudiante, tant d'années auparavant.


Ces premiers jours donnèrent le ton du reste du temps passé à Tír na nÓg et les trois semaines s'écoulèrent vite, trop vite pour tout le monde. Les six enfants devinrent plus forts, en meilleure santé et plus heureux, Severus et Harry avaient retrouvé la forme et les adultes s'étaient reposé et avaient récupéré du stress et des épreuves qui avaient marqué les mois précédents. Rogue avait même pris un peu de poids et avait un début de bronzage. Et tout le monde s'habituait enfin à le voir avec des couleurs ! Quand Perenelle avait arrangé le remplissage des armoires, elle avait enlevé les épaisses robes de travail de Severus et les avait remplacées par des robes plus légères, parfaites pour le printemps ; oui, elles étaient sombres, mais les verts, gris, bruns et bleus étaient simplement sombres, pas noirs. Elle avait refusé de lui rendre ses vieilles robes noires jusqu'à la veille de leur départ.

Donc, après seulement trois semaines de visite, Harry serrait Amicus contre sa poitrine avec un bras nettement plus fort et finement musclé, tandis que son autre main touchait la corde que son grand-père avait ensorcelée pour servir de Portoloin. Il souriait d'une manière vraiment heureuse pour la première fois depuis de nombreuses années en regardant le groupe hétéroclite qui tenait la longue corde. Il n'arrivait pas à croire combien Sirius et le professeur Rogue semblaient plus jeunes et plus heureux après seulement trois semaines. Tonks était toujours irrésistible mais Ron, Hermione et Ginny avaient perdu les marques de fatigue que la maladie de Harry et le calvaire que leur faisaient subir Ombrage et Rogue avaient imprimé sur leurs visages. Lisa et Laurie avaient perdu l'expression de vide qui prenait parfois leur visage et elles souriaient au professeur McGonagall, leur nouveau gardien. Madame Pomfresh tenait fermement de la main droite une grande malle de potions que Severus et Nicolas avaient mises au point à partir d'anciennes potions améliorées et elle semblait ravie de la guérison de ses deux patients ainsi que de l'amélioration de l'état mental général.

Harry se tourna pour une étreinte à s'en rompre les côtes de sa grand-mère en larmes et de son grand-père. Nicolas murmura dans son oreille, pour que seul Harry l'entende, « Ça ne fait que six semaines, enfant. Nous avons déjà tout arrangé pour que Sirius et tes amis passent l'été ici avec toi. Et nous te regarderons. Si tu as besoin de nous, dis-le à Amicus, il peut nous contacter quelle que soit la distance qui le sépare de ses parents. Fais attention à toi et rappelle toi, nous t'aimons et nous t'aimerons toujours, enfant. » Les yeux humides, les deux sorciers se serrèrent encore fort avec que le Portoloin s'active, ramenant les dix sorciers dans le monde réel et de nouvelles aventures une fois de plus.


A/N : Encore un chapitre jusqu'aux BUSEs et la fin de l'année scolaire. J'écrirai peut-être une suite pour parler de leur été ensemble mais je veux d'abord finir Paddy's Little Pup (T/N : pas encore achevée et d'autres histoires ont été lancées. Je vous tiens au courant).
T/N : vous pensez donc que ça va être tranquille ? Détrompez-vous... Il va falloir mériter l'action, mais elle va venir.

Bon, c'est pas tout ça, je dois vous parler de quelque chose
(Fait craquer ses doigts – je sais, c'est hyper désagréable, mais je ne vais pas me racler la gorge, je vous parle avec un clavier, là)
Il y a sur ce site une histoire particulière (bon, il y en a plusieurs, mais je vous parle d'une an particulier, donc ça compte)
58 chapitres à ce jour. Non terminée.
9137 reviews. NEUF MILLE CENT TRENTE-SEPT.
Elle m'a fait de l'œil pendant un an et j'ai espéré pouvoir la traduire, mais une autre l'a gagnée. 29 chapitres sont déjà en ligne.
Un AU incroyable qui vous fera vivre avec Harry des aventures totalement inédites.
Superbement écrit.
En bref, c'est de la BOMBE et si vous n'allez pas tout de suite la lire, je vous raye définitivement de la liste de mes lecteurs.
L'Amour d'une Tante d'Emma Lipardi, traduit par Cerulane.
http:// www. fanfiction. net/s/2672447/1(enlevez les espaces)