Coucou! Hi! Ola! Namaste! Sa salam Alaykom! God dag! Ay! Yambo! Azul! Aloha! Fè! Ni hao!

Hi les didous! Comment va? Et voici donc le chapitre 27 tout chaud sorti du four à Wallens et Elfes qu'est devenue ma cabochette!^^ Je suis très heureuse que le dernier chapitre ait eu de bons retours tant en reviews qu'en MP! Il s'agit aussi du chapitre le plus lu rapidement... bizarre bizarre ^^ . je suis particulièrement fière que le passage dans les limbes vous ait plu comme celui avec Legolas comme celui avec le Guérisseur en fait! donc merci pour tout! C'est réellement encourageant et stimulant, ne nous voilons pas la face! :)

Krassnaïa: je ne me formalise pas du tout! Je sais que tu n'aimes jamais les persos principaux, encore moins lorsqu'il s'agit de filles, femmes etc... par contre je garde mon Finnou pour la peine et mon Klaùs! Pour toi, une grosse araignée! :3 je t'aime!... et puis au fait Finou? nan mais ça casse le mythe là!

Virginie: merci de ton soutien, bonne lecture!

Juliefanfic: ma Lady, tu es toute fofolette! Ta review m'a fait explosé de rire... littéralement et j'en avais besoin! Et oui tu es là depuis le tout premier chapitre à peine posté! Que de chemin parcouru ensemble n'empêche! :) et je crois que tu fais une légère obsession sur le Léviathan... non? ;)

Poly Pops: ta comparaison pour le Guérisseur est un baume à mon coeur! Non je ne m'en suis pas inspirée mais quelle comparaison flatteuse! Mais oui où tu as raison, le Guérisseur est... asiatique! ^^ Merci d'être là tout simplement... de ma pompe aortique vers la tienne! Bombe à eau! psssshhh

Mane-Jei: ouiiiiiii mon tit Klaùs n'est pas si mauvais et combat malgré tout ses instincts même s'il reste un badass dans l'âme! Et c'est comme ça que je l'aime avec tous ses défauts! Le Guérisseur est une bonne hypothèse! Reste à savoir si elle se révèlera exacte! Par contre, Iffrin n'est pas le père de Klaùs... hahahahaha! Merci de ta lecture et de laisser trace de ton passage! ;)

Mathy: ma tomate! nan mon clown tomate! tu déchires! Merci pour tes magnifiques compliments. Le cheminement d'Ily pour arriver à Thranduil des limbes était compliqué à mettre en scène et je suis heureuse qu'il t'ai plu... Tu as bien remarqué les sous-etendus du Guérisseur pour Klaùs! Héhéhéhéhé à suivre! motus et bouche cousue! d'ailleurs il m'a dit de te dire qu'il te faisait un ptit bibi. Où ça, Klaùs? Ah non! Je ne peux pas écrire ça! Vilain garçon, va!

Sandra: c'est moi qui suis honorée! Merci de tout ce que tu as dit! C'est juste trop! Oui toujours des détails mais le problème, c'est que j'écris et plus ça bouillonne fort, tu le sais! La marmite est en surchauffe! comment tu dis déjà? Ah oui, 2 mots à mon sujets: optimiste et irrécupérable! Je crois que tu as cerné le perso! gros bibis

Bêta/ relectrice/ revieweuse: Toutouille! ne faudrait-il pas que je rémunère avec cette triple casquette, surtout avec une tordue comme moi?! Je me le demande... ^^ merci beaucoup Madame le Capitaine Fracasse Tout(ouille) hahahaha quel humour! Comme tu le dis si bien: Legolas, allô? Mariage arrangé! c'est loin d'être la meilleur des façons de commencer une histoire (surtout avec un papa comme le tien... je m'égare) Cette semaine, oui Klaùs est pour toi! Je te l'envoie mais il va me revenir cher en timbres! et surtout merci encore pour la dernière de tes phrases, j'en suis encore retournée... comme une certaine scène! =p

bref, je me suis grave étalée, ça craint du boudin! Je vous dédie ce chapitre à toutes les girls! Bonne lecture!

Chapitre 27,

Finnàm, Anaïsa,

Finnàm avait filé de la salle dès qu'il avait compris ce que venait de sous-entendre le Guérisseur sans Nom. Sa sœur était là, tout près de lui. Tout ce dont il avait besoin l'attendait dans ses appartements. Elle seule pouvait lui redonner un semblant de raison, le raccrocher à une réalité qu'il sentait lui glisser de plus en plus entre les griffes. Il craignait tellement de perdre pied comme sa mère avant lui. Depuis cette nuit maudite où il l'avait tuée, où il avait exécuté sa propre génitrice, il avait tout fait pour qu'il ne lui arrive pas la même chose. Tout ce qu'il n'avait jamais craint était de laisser son loup prendre le dessus sur lui et de ne plus arriver à en revenir. Il savait qu'il n'en avait pas été loin dans cette forêt et que si Klaùs n'était pas arrivé... pas arrivé et laissé passer sa haine sur lui, il serait certainement en train de hurler à la lune dans les bois avec sa nouvelle meute. Il l'avait laissé déverser toute sa colère sur lui. Il le remerciait de s'être débattu face à lui, de lui avoir rendu violemment coup pour coup.

Pour cela, on pouvait compter sur le Dragon. Il n'était pas du genre à tendre l'autre joue. Au contraire, Finnàm pouvait sentir chaque muscle de son corps, chaque parcelle de peau lui faire horriblement mal. Cependant cette douleur lui était salutaire. Elle l'empêchait de se complaire dans la souffrance morale qui était la sienne. Souffrance d'avoir perdu sa petite elleth, culpabilité d'avoir failli céder à la pulsion animale qui s'était emparée de lui au contact du reptile. Sa peau bouillante, ses muscles secs, son odeur musquée et ce vice suintant qu'il dégageait lui avaient retourné les sens qu'il avait d'exacerbés à ce moment-là. Il savait qu'il avait toujours pu s'appuyer sur lui. Lui- même était certainement la seule personne avec a co-ogha qui pouvait se targuer de compter pour le Wallen. Klaùs n'aimait pas. Ce n'était pas sa faute. Ainsi étaient les dragons. Il n'y avait qu'à voir son père, Crawen, le gpire exemple paternel qui quiconque puisse avoir. Indifférent à tout ce qui touchait à sa propre progéniture.

Quand il s'arrêtait deux minutes pour réfléchir à la condition wallen, le Ceanar se rendait bien compte que cette dernière était très loin d'être enviable. Oui, ils étaient un peuple libre. Oui, ils agissaient comme une seule et même entité. Mais quelle malédiction pesait sur leurs épaules à tous! C'était une bataille de tous les instants pour résister à leurs doubles qui les assaillaient sans relâche. Ils partageaient leurs corps, leurs âmes avec des... monstres. La vérité le frappa de plein fouet à mesure qu'il avançait vers sa sœur adorée. Évidemment, selon qui occupait leur moi, leurs mutations étaient plus ou moins prononcées tout comme les caractères délétères. Un mouton ne pouvait se comparer à un loup, tout comme un chat à un lion mais les faits étaient là. Il s'était trop longtemps voilé la face et maintenant il comprenait enfin. Il n'avait qu'à regarder son entourage proche.

Seannadh, le serpent, aussi intelligent et dévoué soit-il, était destiné à vivre toujours seul sans se lier durablement avec qui que ce fut. Il ne pouvait vivre les choses simplement sans manipuler, soupeser ou calculer chacune de ses actions.

Les jumeaux, ces ours trop forts pour leur propre bien, étaient de valeureux soldats mais ne passaient un jour sans se blesser atrocement. Ils ne savaient juguler leur force et avaient renoncé à interagir de près trop longtemps avec d'autres personnes de peur de mutiler ou pire...

Klaùs... était Klaùs. celui-ci ne lui avait jamais rien dit des tourments qui l'assaillaient mais, en fin observateur qu'il était, Finnàm avait depuis des années remarqué le soin, la rigueur qui entourait toute sa vie, tous ses gestes pour ne pas tomber dans les bras de son dragon. Il ne pouvait s'attacher et de peur de céder à l'attrait de son double, était devenu le pire débauché qu'il connaissait si ce n'était Ifrinn bien évidemment. L'alcool, la violence, le sexe... toutes ces pulsions étaient devenues des drogues pour lui...

Sans oublier Ilyrià. Ilyrià qui avait des appétits bien trop développés... Ils la poussaient à chercher un homme ou un elfe se prit-il à soupirer avec défaitisme qui pourrait la satisfaire et la dominer. Une sirène qui ne pouvait se baigner dans la mer sans prendre le risque de laisser derrière elle ce à quoi elle tenait tout en y aspirant le plus possible.

Quant à lui-même, qu'y avait-il à dire? Son besoin de meute, d'appartenance, de protéger les siens y compris contre eux- même était pathétique. Pathétique car il faillait sans cesse depuis leur départ de la cité sur la Mer... Il n'avait plus de prise sur rien, sur personne...

Il se mit à rire très fort. Son corps entier fut secoué par les tics nerveux qui s'en échappaient sinistrement. Il n'avait même pas été capable de voir ce qui était sous ses yeux depuis des mois! Il ne s'était douté de rien concernant le roi et son amie. Pourtant Erù savait que tellement de choses auraient dû lui mettre la puce à l'oreille... sans mauvais jeu de mots pour le loup qu'il était... Le soir du bal sylvestre, l'empressement de l'elfe à vouloir lui faire justice que ce fut avec Lomion ou avec cette maudite troupe d'orcs... toutes ses petites choses qu'il ne remarquait que maintenant. Cette autre fois où il avait bien cru que Thranduil allait le frapper pour lui avoir dit sans ambages qu'il avait été le premier amant de la jeune femme. Il avait cru que le roi l'avait mal pris au nom de son fils mais il n'en était apparemment rien. Il avait dû résister difficilement à l'envie de lui arracher la tête...

A sa décharge, peu l'auraient vu venir. L'ellon avait montré tant de mépris, tant de rancœur envers la sirène... Comment aurait-il pu penser qu'il la retrouverait dans le lit de ce roi, certes honorable il ne pouvait dire le contraire, mais tellement elfique?!

Il avait vu juste sous la tente médicale. De ça au moins il pouvait en être sûr et certain. Ilyrià, toute Wallen qu'elle était et qu'elle serait toujours, tenait énormément aux elfes malgré les recommandations bien inutiles de son propre père. Il ne pouvait en être autrement alors qu'elle était tombée amoureuse du plus emblématique d'entre eux. Car oui, elle était folle de cet elfe aussi sombre que froid. Son amie n'était que lumière et feu alors que le roi, au passé beaucoup trop lourd pour les épaules de la jeune femme, n'était qu'obscurité et glace. Que pouvait-il ressortir de bon d'une telle relation? Pourraient-ils un jour s'apporter du bien? Étaient-ils seulement conscients qu'ils seraient toujours à contre-sens l'un de l'autre?

Sans compter sur le prince que Finnàm avait appris avec le temps à apprécier. Il était juste, capable d'une empathie dont son père était absolument dépourvu et il était tellement solaire. Le loup soupira. Il connaissait par cœur la jeune femme... Il était trop tard. L'humaine s'était accrochée à la fameuse âme elfe du roi tout comme son double. A partir du moment où la femme comme sa sirène s'accordaient sur une même passion, il était définitivement trop tard. Ilyrià le lui avait expliqué ce qu'il en était il y avait très longtemps, au début de leur liaison amicale. Finnàm avait eu peur un instant qu'elle n'attende trop de lui mais elle lui avait dit que son double aquatique se refusait à lui, qu'elle ne cautionnait pas cette attraction... Apparemment, il lui manquait une paire d'oreilles pointues pour faire l'affaire à l'époque...

Il se morigéna. Lui aussi avait succombé à une elfine après tout. Penser à Elëa lui fit l'effet d'un coup de poignard dans la poitrine. Sa respiration coupée, il dût s'arrêter une minute pour reprendre son souffle, adossé à un arbre. Toute sa rage reflua d'un coup. Il revit le corps de l'elleth sans vie dans ses bras baignant dans son propre sang. Il se retourna et envoya son poing déjà abîmé dans le tronc du grand chêne et recommença... encore et encore. Des éclats d'écorce lacéraient son visage mais il n'en avait cure. Il avait besoin de se faire mal, de se défouler, de se décharger de sa peine en en provoquant une autre plus cuisante encore. Il sentit ses phalanges exploser, ses os devenir poussière sous sa peau. Sa chair n'était plus qu'un amas sanguinolent. Le visage inquiet d'Elëa s'imposa à lui, son rire perlé, la douceur de sa peau veloutée sous ses doigts... Il repensa à la dernière fois qu'ils avaient fait l'amour dans cette baignoire beaucoup trop petite, entre rires et gémissements, entre bonheur simple et plaisir... Par Erù, elle l'avait aimé avec tant d'abnégation, de puissance comme d'abandon qu'il n'avait pas su lui rendre en retour. Bien sûr, elle savait depuis le début de leur relation que le loup restait avant tout un soldat, un lieutenant de son roi, qu'il était rusé et calculateur. Mais elle ne lui avait tenu rigueur de rien. Elle l'avait juste aimé pour lui, non pour ce qu'il représentait ou pouvait être. Elle lui avait appris la clémence et même une certaine douceur. Elle n'avait pas eu peur de frayer avec un monstre dont la bestialité prenait une part importante que ce soit dans ses rapports physiques ou encore dans son cheminement de penser.

Jamais plus il ne pourrait donner un morceau d'âme comme il l'avait fait avec l'elleth. C'en était terminé. Quelque part, il s'était retrouvé piégé lui aussi. Tout le monde l'avait mis en garde de ne pas piétiner le cœur d'Elëa, lui rappelant que leur fëa se donnait une fois pour l'éternité. Mais qui l'avait prévenu que lui aussi perdrait cette part de lui dont il ne soupçonnait même pas l'existence? Personne. Il ne sentait plus sa main. La douleur l'avait quittée et ça, ce n'était pas envisageable alors qu'il n'avait pas évacué toute la fureur qui s'accumulait tant dans son corps que dans son esprit. Il se devait pourtant de le faire. Son loup hurlait à s'en déchirer l'âme. Il voulait sortir, prendre le contrôle. Il le sentait le dévorer de l'intérieur, lui griffer les entrailles aussi sûrement que celles de sa mère qui lui avaient labouré le torse.

N'y tenant plus et souhaitant plus que tout dissiper le mal qui le rongeait, Finnàm se rejeta en arrière et mit un grand coup de tête dans le tronc. La peau de son front se déchira, les os de son nez craquèrent violemment. Toujours conscient, la rage le maintenant dans un état proche de la folie, il allait recommencer quand une voix rauque l'arrêta. Une petite main le tira par le bras pour le forcer à se retourner.

Le visage ruisselant de sang, un œil fermé sous le bleu qui gonflait à vue, des morceaux de chair détachés de la peau, il faisait peur à voir. Son seul œil valide s'entrechoqua avec ceux, dorés, de la jeune lionne. Sa simple vue lui fit rendre les armes. Ses joues rondes, son regard doux et serein qui ne cillait pas face au spectacle de son aîné dépassé et à la limite de l'aliénation brisa la digue qu'il s'était imposé depuis sa prime jeunesse. Sans qu'ils échangent la moindre parole, il se laissa tomber à genoux. Entourant la taille fine de sa sœur, il l'attira contre lui avant d' enfouir son visage sanglant dans les plis de sa tunique. Elle lui caressa la peau nue de son crâne, lui lissa ses tresses en murmurant de douces paroles de réconfort dans leur langue natale. Il n'entendait que de très loin sa voix sans saisir le sens de ses mots mais sa musicalité le berçait comme seule, elle en avait le pouvoir sur lui. Anaïsa se laissa tomber à terre elle aussi, son frère toujours entre ses bras aimants. Rien ni personne n'aurait pu lui arracher celui qui était toute sa vie, pour qui elle serait morte sans aucune hésitation et même avec joie. Quiconque se serait interposé en ce moment entre eux deux se serait fait déchiqueter par deux grands prédateurs. Finnàm perdit alors tout contrôle. Bientôt sa sœur put sentir des spasmes parcourir le corps puissant de son grand frère. Il pleurait. Ce soldat, ce tueur sans scrupules ne pouvait retenir les tremblements qui s'étaient emparés de lui.

Trop de choses avaient changé autour de lui. Klaùs qui avait repris pied avec le monde et se laissait aller à s'ouvrir aux autre, lui qui n'était qu'amertume et colère à la cité de son oncle; sa soeur qui avait grandi, comprenant que le monde n'était pas seulement fait d'une couleur; Ilyrià qui avait fait des choix qu'il n'aurait jamais cru envisageables.

Et lui. C'était un fait qu'il ne pouvait plus se cacher. Oui, il avait changé. Restait à savoir s'ils ne couraient pas tous ainsi à leur perte.

Elle souffrait de voir son frère aussi démuni. Elle ne pouvait rien faire pour lui si ce n'est être là et l'entourer du mieux qu'elle pouvait. Rien ne servait de parler. Au contraire, elle risquait de le braquer. Elle devait attendre qu'il prenne la parole, que lui se décide à s'ouvrir à elle. Valar, dans quel état le retrouvait-elle! La lionne n'aurait jamais pensé qu'il avait pu autant s'attacher à quelqu'un, qui plus est une elfe... Elle était heureuse qu'il se soit ouvert à une personne, qu'il ait pu ne serait-ce qu'effleurer le sentiment amoureux, lui qui ne l'avait jamais été. Bien sûr, il avait eu de nombreuses maîtresses et même quelques amants mais aucun d'eux n'avait pu approcher son cœur. Jamais il ne l'avait autorisé. Il était bien trop prudent pour cela. Comment une elleth avait-elle pu réussir là où tant s'étaient cassés les dents avant elle? Il avait toujours refusé de se lier à qui que ce soit de peur de mettre en danger sa famille comme leur mère l'avait fait. La plus proche relation qu'il avait eu était cet ersatz qu'il avait entretenu avec Ilyrià. Tous les deux avaient trouvé en l'autre un partenaire à l'écoute de ses besoins et attentif sans pour autant être capable de s'aimer autrement que par une indéfectible amitié. Le voir dans cet état lui brisait le cœur mais la rassurait sur l'état de ce frère qu'elle avait vu devenir trop insensible, uniquement fixé sur les ordres qu'il recevait. Il était loin de celui qu'elle avait quitté il n'y avait pas si longtemps. Et elle se devait d'être là pour lui, qu'il puisse déverser sur elle toute sa peine comme sa frustration.

- Tu ne guériras pas facilement, mon frère, murmura-t-elle ses lèvres contre sa tempe se moquant éperdument du sang qui maculait son propre visage. Tu n'es pas de bois, Finnàm. Tout finira par s'arranger. Ta douleur sera moins vive à défaut de disparaître totalement et je ne doute pas un seul instant que tu sauras transcender ta colère pour en tirer le meilleur et non te laisser choir. Brathair, dit-elle en lui relevant le menton pour le fixer droit dans les yeux. Tu sais ce qu'on dit chez nous? On ne peut rester au plus haut comme au plus bas, on revient toujours vers la moyenne... Ainsi sont faits les Wallens comme les hommes, les nains ou bien encore les elfes. Nous sommes tous égaux face à cette réalité. Ton elleth est désormais à Mandos et retrouvera les siens sur cette terre qu'ils appellent... comment déjà?

- Valinor, répondit Finnàm machinalement.

- C'est fou ce que tu as changé, Finnàm'Ail, sourit Anaïsa, les yeux brillants. Jamais auparavant tu n'aurais pris la peine de retenir quoi que ce soit qui ne soit pas wallen... T'en rends-tu seulement compte?

- Ce dont je me rends compte, c'est que malgré cette belle théorie, mo piuthar, tu te trompes, soupira le Ceanar en basculant en arrière de façon à s'asseoir dans l'herbe face à elle.

- Pourquoi dis-tu cela? Il faut que tu arrives à t'en persuader. Tu ne peux te laisser couler Fi...

- Cha ma Lionne. Pourquoi dis-je ces mots? Je ne suis pas désespéré, il n'est pas question de cela. Mais comment veux-tu que les choses s'arrangent alors que j'ai failli tuer mon second il n'y a que quelques heures avant de le... Comment veux-tu que les choses s'arrangent alors qu' Ilyrià est dans le coma? Comment veux-tu que les choses s'arrangent alors que cette peste de sirène s'est faite harponner par un elfe mais pas le bon? Que le lit dans lequel elle batifole est celui du roi Thranduil, celui-là même que son père voudrait voir se balancer au fil de sa claymore? déclama-t-il, essoufflé par la douleur qui lui vrillait chaque centimètre de peau.

Ils se regardèrent droit dans les yeux et se mirent soudainement à rire. Celui d' Anaïsa, aussi léger et doux que le vent, se heurtait à celui de son frère qui tenait plus du grognement animal. Une quinte de toux secoua le corps du loup et il tourna la tête pour cracher un caillot de sang puis un autre. Il fallait qu'il se fasse soigner. La jeune femme le regarda et se dit qu'il garderait sûrement des séquelles des blessures qu'il venait de s'infliger. Tout à coup, une remarque que lui avait faite son frère lui revint à l'esprit.

- Tu as failli faire quoi à Klaùs? s'exclama-t-elle en portant la main devant sa bouche pour cacher son hilarité. Es-tu sérieux, brathair?

Finnàm plissa les yeux et, se penchant, lui mit une pichenette sur le front qui la fit basculer dans l'herbe.

- Et toi tu ne retiens que ça évidemment...

- Comment veux-tu que je puisse oublier un tel aveu? dit-elle en riant.

- Et le passage sur Ilyrià ne t'inspire pas celui-là? demanda Finnàm, railleur quand soudain sa voix se fit plus incisive: A moins que tu ne le saches déjà?

Le soldat et le commandant étaient de retour. Le moment hors du temps qu'ils venaient de vivre était terminé. Il avait remis son armure de Ceanar. Elle pouvait voir les rouages de son esprit rusé et raisonné s'enclencher les uns après les autres. La jeune femme haussa les épaules. Si cela pouvait lui éviter de sombrer...

- Oui et non. Je sais depuis bon nombre de lunes que ce qu'elle éprouvait à l'encontre du roi n'était pas... je ne sais comment dire cela...

- Arrêtes d'essayer d'être diplomate, Anaïsa. Ilyrià est amoureuse de cet elfe. Et elle a plus que consommé cette inclination autant hasardeuse que dangereuse pour elle comme pour lui.

- La question est depuis quand le sais-tu toi? demanda sa sœur en baissant la voix. Et qui d'autre est au courant? Si cette information remonte à Sturten, il sera fou de rage et je crains sa réaction. Sais-tu qu'il pense sérieusement à rompre les fiançailles? Malgré les Valar!

Finnàm donna un coup de reins pour se remettre debout. Il tendit le bras à sa soeur pour l'aider à faire de même et l'attira contre lui pour lui murmurer à l'oreille.

- Elles sont de toute façon brisées, souffla-t-il dans la masse de ses cheveux châtains. Je suis certain que prionnsa Legolas sait quelque chose depuis Erebor. Il s'est passé quelque chose là- bas qui lui a mis la puce à l'oreille. C'était flagrant pendant le voyage de retour.

Anaïsa s'accrocha à l'épaule de son frère pour éviter de chanceler sous le poids de cette nouvelle.

- Que crois-tu qu'il va se passer?

- Je ne sais pas, avoua Finnàm. Ce que je sais en revanche, c'est que a righ Thranduil ne laissera plus personne approcher Ily et qu'il ne la laissera jamais quitter les cavernes. A Lhiguiche t'a-t-il dit quelque chose? Quelque chose qui puisse nous être utile pour faire front à cette situation impossible? Comment allons-nous gérer cela? Les elfes fêlons voulaient déjà sa tête mais là, que crois-tu qu'il va se passer? Tous la haïront... Laisser le prince se prendre un tel camouflet sans réagir? Entraîner a righ dans la fange? Encore plus nombreux seront ceux qui voudront sa mort...

- Cha, il ne m'a rien dit si ce n'est que sous peu certaines choses seront dévoilées et qu'il nous sera plus aisé d'envisager la conduite à tenir.

- Oui donc pas grand-chose, soupira-t-il.

- Tu le connais, il ne veut jamais trop en dire.

- As-tu fait de ton côté des progrès dans tes recherches à la cité?

- Non, dit-elle en rougissant de honte. Je dois bien avouer que non. Seannadh a pris le relais mais tout est incroyablement cloisonné. Nous n'avons trouvé personne qui sache quoi que ce soit. Nous avons déjà fouillé une bonne partie de la cité sans succès. Je ne sais qui est ce ou ces Wallens mais, mon frère, tout est pensé et calculé depuis longtemps... je ne vois que cette solution...

- Sinon vous auriez trouvé quelque chose, termina le guerrier. Celui là quand je le trouverai, je le tuerai de mes mains et y prendrai beaucoup de plaisir, tu peux me croire. Je le dépècerai lentement, très lentement.

- Finn, ça ne t'apportera que de la souffrance... plaida sa sœur en le soutenant du mieux qu'elle le pouvait pour retourner chez eux.

Il se tourna vers elle et siffla entre ses dents serrées:

- Ne comprends tu donc rien? Réfléchis, piuthar! Comment crois-tu que a amadan righ Thror a su pour la danse de protocole? Qui, à part un Wallen, pouvait savoir cela? Personne ne connait nos rites. Personne! Il y a tellement longtemps que nous ne sommes sortis de la cité ou que quelqu'un y soit au contraire convié!

- Par Erù, jusqu'où ira cette gangrène? Et pourquoi ce nain...

- Thror déteste les elfes qui le lui rendent bien. Il a dû suffire de lui promettre le plus grand embarras pour a righ Thranduil et il a accepté. Il n'avait besoin d'aucune autre raison. Voir le roi se décomposer à l'idée qu'une future princesse de son royaume se déhanche pour son propre divertissement.

- Mais que pouvait en tirer ce cancrelat de Wallen?

Finnàm prit le temps de réfléchir quelques secondes. La réponse se fraya un chemin à travers la brume de son cerveau toujours en ébullition. La douleur l'engourdissait mais il retrouvait petit à petit ses facultés.

- Il comptait peut être sur le fait que Thranduil s'en prenne à Ilyrià? proposa Anaïsa.

- Ou alors, commença Finnàm... ou alors l'idée est beaucoup plus vicieuse... mais elle implique aussi qu'il était au courant pour Ilyrià et... Ce qui laisse suggérer que les choses vont beaucoup plus mal que prévu.

- Comment cela, brathair?

La jeune femme était perdue. Il voyait beaucoup plus loin qu'elle.

- Cela veut dire qu'il dispose d'informations que personne n'a à la cité, ma sœur, pas même le roi. Cela veut dire que quelque chose ne va décidément pas et nous échappe. Quelque chose de capital.

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Ilyrià, même moment,

- La perte de ta mère. J'en suis le seul responsable.

Ilyrià fixa Thranduil d'un air totalement ahuri. Elle ne pouvait qu'avoir mal compris ses paroles. C'était tout simplement surréaliste et ridicule. Comment aurait-il pu être à l'origine de la perte de sa mère? Elle s'était jetée dans la mer pour fuir son chagrin d'avoir perdu ses deux frères.

Ses deux frères qui étaient aussi appelés les grands serpents du Nord, monstrueux reptiles qui s'étaient dédiés à une mort certaine pour tous ceux qui avaient le malheur de croiser leur chemin. Ses deux frères qui avaient été traqués par un prince elfe. La vérité s'insinuait en elle aussi tortueusement qu'un de ces monstres. Elle avait l'impression qu'un froid intense s'était saisie d'elle et la gelait au fur et à mesure qu'elle comprenait.

Un prince elfe qui avait lui aussi beaucoup perdu dans la bataille, qui avait été atrocement mutilé disaient les rapports faits à Sturten. Elle connaissait cette histoire, trop bien à son propre goût d'ailleurs. La seule chose qu'elle n'avait jamais sue était le nom de ce pourfendeur de Wallens. Désormais c'était chose faîte... Thranduil Oropherion, prince désireux de faire ses preuves auprès de son père, s'était lancé dans cette quête périlleuse. Quête qui avait détruit plus d'une vie... celle de l'ellon, sa mère, Sturten et d'elle-même qui avait souffert de l'abandon d'une femme qui n'avait jamais pu passer outre son chagrin.

Était-ce pour cela qu'elle avait été ramenée de ces limbes? Pour apprendre que son roi avait trucidé ses oncles et poussé sa mère à se jeter dans les eaux de l'oubli, loin de sa fille? Pour cela? Vraiment?! Galla!

Elle tournait comme une bête fauve en cage. Ses pas refusaient de lui laisser un quelconque répit. La tête vint vite à lui tourner. Elle s'a dossa contre l'arbre et ferma les yeux. Elle était si petite quand sa mère l'avait quittée sans un mot, sans un regard, encore moins un sourire. La jeune femme ne se rappelait pas l'avoir jamais vue sourire. Elle se souvenait d'une femme à l'incroyable beauté qui irradiait littéralement, bien plus qu'elle-même ne le serait jamais. Kennocha avait été d'une beauté presque irréelle mais aussi d'une mélancolie, d'une tristesse abyssale. Rien ne l'amusait, rien ne parvenait à la toucher... pas même son enfant ni l'homme qu'elle aimait et qui l'adorait en retour. Sa langueur n'avait d'égale que son mal-être. Son père n'avait plus été le même après son départ, se refermant sur lui-même. Les innombrables liaisons qu'il avait eu par la suite n'avaient jamais comblé son cœur ni son âme. Il les avait lié à cette sirène et rien ne pouvait remplacer ce lien si fort, si magnétique. Il était devenu encore plus dur, plus intransigeant que ce soit envers lui ou les autres, sa fille y compris. Il l'aimait certes mais désormais, seul le devenir de la cité et sa pérennité étaient capitales. Elles, elles ne pourraient jamais le laisser comme l'avait fait Kennocha, comme Ilyrià le faisait elle aussi en intégrant le peuple elfique réalisa-t-elle. Jamais plus, il ne lui donnerait sa confiance. Elle serait à tout jamais corrompue à ses yeux malgré l'amour qu'il avait pour son enfant. Par les Valar, accepter de l'unir au fils de celui qu'il considérait responsable du départ de sa femme bien aimée avait dû être un crève-cœur sans nom... Mais il l'avait fait pour le bien de tous. Ilyrià sentit un aiguillon de jalousie teinté d'amertume lui percer la poitrine. Oui, il l'avait unie sans sourciller au fils du pourfendeur des Serpents du Nord, ses oncles.

S'était-il seulement demandé ce qu'elle éprouverait si jamais elle avait connaissance de la vérité? Elle en doutait et lui en voulait énormément. La jeune femme découvrait, depuis son départ de la cité, des aspects de son roi de père qui lui déplaisaient profondément. Ils se jouaient d'eux tous... d'elle, de Finnàm qu'il avait obligé à prendre des décisions qu'il n'aurait jamais dû avoir à prendre, de son cousin qu'il avait tout bonnement banni... Il était manipulateur et calculait chaque chose, acte et pensée. Mais c'était aussi un homme juste. Toutes ses réflexions l'amenèrent à comprendre quelque chose qui la glaça d'effroi. Ce père qu'elle aimait en dépit de tout s'était aussi servi à l'époque de ce prince elfe. Elle le sentait. Ilyrià regarda Thranduil dont le masque impassible lui tordit le ventre.

Bien sûr qu'il s'était servi de lui! Jamais il n'aurait laissé deux Wallens semer la mort sans ne rien faire... et il avait alors entendu parler de la mission que s'était donnée l'ellon. Voilà qui avait dû arranger ses affaires, se dit-elle avec cynisme. Il l'avait laissé faire sans bouger le petit doigt. De cette façon, il avait gagné sur tous les tableaux, du moins avait-il dû en être persuadé à cet instant. Les Serpents avaient été détruits au détriment d'un elfe et sa reine ne pouvait lui en vouloir à lui... Sturten n'avait pas pris le risque de voir son âme se déchirer sous la colère de Kennocha. Après tout, malgré leurs cœurs pourris jusqu'à la moelle, elle aimait ses frères au-delà du raisonnable. Il avait ainsi voulu préserver leur amour.

Ilyrià n'avait jamais compris ce qu'un tel sentiment voulait dire, jusqu'à maintenant. Et savoir que le destin s'acharnait à l'entraver, à la brider l'insupportait. Elle rouvrit les yeux et les posa sur l'ellon qui lui faisait face. Il ne disait rien, voulant lui laisser le temps de digérer ce que Legolas venait de lui jeter au visage sans aucun préambule. Rien dans les traits de son visage bien trop beau ne laisser supposer de ce qu'il ressentait, dans la mesure où il ressentait bien quelque chose. Ses yeux de glace l'observaient de cette façon dont lui seul avait le secret. Son faciès impénétrable lui faisait bouillir les sangs. Elle aurait voulu qu'il réagisse, qu'il nie... qu'il fasse quelque chose.

Mais non. Droit et fier, il la dévisageait. Elle soupira et passa la main dans ses cheveux comme à chaque fois qu'elle ne savait quelle position adopter, comment réagir. Soudain, la Wallen crut halluciner en voyant la peau de la joue de l'ellon se ronger elle- même comme si elle était dévorée de l'intérieur. Seul de légers tics faciaux lui montraient qu'il souffrait lui aussi.

Elle sut qu'elle n'était pas la seule à avoir perdu quelque chose ce jour-là. Elle avait perdu une mère certes mais Thranduil aussi n'en était pas revenu indemne. Loin s'en fallait. Pouvait-elle vraiment lui en vouloir d'avoir débarrassé le monde de deux monstres qui avaient dévasté une bonne partie de la Terre du Milieu? Combien de pauvres gens auraient-ils encore tué, blessé avant que quelqu'un ne prenne enfin la décision de les arrêter?

Quelle horreur avait-il dû ressentir en sachant que son fils épouserait la nièce de ceux qui lui avaient fait ces blessures épouvantables?! Pas étonnant qu'il l'eut rejetée avec un tel empressement! Comment avait-il pu poser les yeux sur elle et voir autre chose que ces monstres? Par Erù, elle avait grandi sans sa mère par sa faute à lui! Comment leurs âmes pouvaient-elles vouloir s'accrocher l'une à l'autre s'ils étaient la cause de près ou de loin des malheurs de l'autre? C'était tellement cruel...

Toutes ses pensées plus incohérentes les unes que les autres s'entrechoquaient odieusement dans sa tête et elle gémit sans s'en rendre compte, la tête appuyée sur le tronc de l'arbre centenaire. Trompait-elle son père et son chagrin en aimant celui qui était responsable du départ de sa mère? Était-elle déloyale? Elle se laissa glisser le long du chêne et entoura ses genoux de ses bras. Par Erù, il y avait bien trop de secrets... Elle ne pouvait plus respirer. Elle en avait assez...

- Wen nîn, dit Thranduil de sa voix de basse. Nous devons parler...

Il n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce fut. La Wallen s'était relevée d'un bond incertain et l'avait rejoint. Avec brusquerie, elle noua ses mains derrière sa nuque et l'attira vers elle pour que leurs visages ne soient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.

- Cha, mo righ, nous ne parlerons pas, souffla-t-elle, ses lèvres frôlant les siennes. Tu vas m'écouter. Je ne le dirai qu'une seule fois et nous n'aborderons plus jamais, plus jamais, insista-t-elle, ce sujet autant pénible pour toi que pour moi... Tu as fait ce que tu avais à faire et tu en as payé le prix élevé. Elle embrassa amoureusement sa joue meurtrie alors que l'ellon tournait le visage- Je ne suis pas ma mère...

Elle relâcha son emprise et lui fit face les poings sur les hanches, les yeux brillant d'une farouche détermination.

- S'il y a une chose que j'ai compris ces dernières heures, c'est que je suis forte, asséna-t-elle d'une voix claire. Je ne suis pas une petite fille apeurée. Je fais des choix qui sont réellement les miens... J'aime... Je suis forte. Kennocha était faible et, pire encore, égoïste, soupira Ilyrià avec un léger tremblement dans la voix. Elle a préféré mettre fin à ses souffrances en laissant derrière elle ceux qu'elle aimait et qui l'aimaient inconditionnellement en retour. Ce n'est pas comme ça que je vois les choses, pas comme ça que je choisis de vivre. Tout ne se résume qu'à ça après tout... Nos choix, la liberté de choisir que faire, qui aimer quoiqu'il puisse nous en coûter. Je suis peut-être jeune mais je sais ce que je veux. - elle sourit, soudain rêveuse - il m'a fallu une musique, une drôle de fille rousse et un cerf pour que je le comprenne...

Thranduil la regardait comme si elle avait perdu la tête, un sourire amusé au coin de sa si délicieuse bouche. La jeune Wallen sentit une tension lui mordre les reins et se propager en une chaleur digne d'un feu de dragon. Elle s'approcha lentement de lui et posa son index sur son torse minéral. Doucement, elle le fit reculer jusqu'à l'arbre où elle-même s'était tenue juste avant. Du bout du doigt, elle suivit la ligne de son ventre et sentit sous son toucher ses muscles durs tout en finesse au travers du tissu de sa tunique. Elle pressa son petit corps chaud contre le sien immense.

Il était drôle et jouissif, il lui fallait bien l'admettre, d'inverser les rôles... Après tout, elle était une Wallen et une sirène qui plus est. Elle avait toujours aimé jouer, prendre les choses en main mais le contact de cet elfe millénaire l'avait quelque peu bridée sans qu'il le veuille réellement. Sa prestance était telle qu'elle s'était longtemps sentie dépassée, voire écrasée. Hors une digue s'était rompue en elle. Avec le plus grand bonheur, elle sentait son assurance lui revenir par flots.

Elle était la fille d'une sirène et d'un phénix. Un mélange qu'elle ne voulait plus oublier. Elle était forte, elle n'était pas sa mère. Elle ne referait jamais les mêmes erreurs que cette femme. Jamais elle ne pourrait laisser celui qui l'avait enchâssée à lui...

- Si tu savais, mo righ, à quel point j'ai envie de toi, soupira-t-elle en wallen. Elle ne souhaitait pas qu'il comprenne un traître de mot de ce qu'elle lui avouait là. Si tu savais à quel point il est douloureux d'aimer un elfe tel que toi...

Elle sauta et enroula ses jambes autour de lui. Par réflexe, il referma ses bras puissants sur elle en s'appuyant contre le tronc derrière lui. Leurs yeux s'accrochèrent quelques minutes et le désir qu'elle y lut la fit frissonner d'envie tout comme ce qu'elle sentait poindre beaucoup plus au sud de sa personne. Elle réprima un sourire qu'elle savait carnassier et se jeta sur sa bouche avec avidité. Elle passa une de ses mains dans ses cheveux et les agrippa violemment juste comme elle en avait envie.

Il devait comprendre. Ils n'avaient cédé que deux fois aux élans passionnés qui les avaient submergés mais à chaque fois, elle n'était plus totalement en possession de tous ses moyens, broyée par les émotions trop fortes qui s'étaient emparées d'elle. Elle le voulait maintenant tout à elle alors qu'elle se sentait libérée d'une partie du poids de la culpabilité qu'elle éprouvait. Bien sûr qu'elle se sentait coupable vis-à-vis de Legolas pour qui elle avait malgré tout de forts sentiments. Oui elle culpabilisait pour l'avenir de sa cité et celui des autres royaumes. Mais là où elle se sentait tout à fait libérée, c'était dans son choix de celui qu'elle aimait. Sa sirène et sa part humaine étaient en communion totale sur ce point. Elle ne pouvait qu'en ressentir un intense soulagement même si elle savait que rien ne serait pavé de fleurs des bois et de charmants petits lutins...

Il était bien trop abîmé, bien trop vieux, bien trop roi mais elle, elle avait pour elle sa jeunesse et son amour. Elle le réchaufferait et ferait fondre la glace qui lui enserrait le cœur. Elle saurait le tirer de son obscurité vers sa lumière. Elle avait pour elle l'enthousiasme et la naïveté de son jeune âge. Ilyrià en était consciente mais il lui fallait y croire. Elle ne pouvait faire autrement alors que tout était en train de s'effriter inexorablement autour d'elle. Elle ne pouvait croire que de l'amour naissait la perte uniquement. C'était juste intolérable.

Elle avait tellement envie de l'ellon que son corps criait au désespoir de ne pas s'être encore nourri de lui. Mais il avait aussi besoin d'une petite leçon... à la wallen, mode sirène en colère. Car si elle était passée outre les révélations de Legolas, quelque chose la turlupinait bien plus.

Elle embrassa le coin de sa bouche en effleurant son nez du sien... Il devait comprendre qu'il ne pouvait faire ce que bon lui semblait sans qu'il en subisse un minimum les conséquences... Elle caressa ses lèvres de la pointe de sa langue tout en écrasant ses seins sur son torse. Elle se mouvait contre lui entre ses bras, lui mimant l'acte comme une promesse latente du plaisir qu'elle allait lui donner incessamment. Un râle de désir mourut dans la gorge de l'ellon qu'elle étouffa dans un baiser pressant...

Elle devait lui faire comprendre, même si c'était juste frustrant au plus haut point pour elle, que les choses devaient être claires et nettes entre eux... La sirène ondula des hanches pour mouler son bassin au sien. Elle déboutonna quelques boutons de sa tunique et passa ses doigts bouillants sur sa peau froide. Tout à coup, il se retourna d'un mouvement sec et la plaqua contre l'arbre. Tout en la maintenant toujours enroulée autour de ses jambes, lui aussi entreprit de mettre à nu sa poitrine ronde. Ses yeux n'avaient plus rien de la glace éternelle qu'il arborait perpétuellement. Elle adorait voir ses prunelles à ce moment-là. On aurait pu croire voir de la lave tellement ils étaient luisants de plaisir, assombris par l'envie.

Leurs peaux se cherchaient, chacune se réclamant maîtresse absolue de l'autre. Elle ne pouvait aller plus loin si elle voulait mettre à exécution ses intentions. Or, elle le souhaitait ardemment. Mais elle devait être prudente et agir intelligemment en faisant abstraction de ses propres désirs. Elle était tout de même en colère contre lui et devait lui faire savoir qu'on ne se jouait pas impunément d'elle. Ses armes étaient celles d'une sirène... Elle captura son menton entre ses doigts fins et susurra en lui mordillant la lèvre:

- Repose-moi mo righ...

Ce qu'il fit, charmé par son ton enjôleur... ce qu'il n'aurait pas dû. La Wallen les changea une nouvelle fois de position et il se retrouva dos au chêne, la respiration saccadée. Elle passa une main souple derrière son cou et l'attira vers elle. Ilyrià lui donna alors un profond baiser où elle laissa exploser toute la passion qu'il lui faisait ressentir. Elle se détacha ensuite et alla nicher son nez dans le col de sa tunique. Il sentait si merveilleusement bon... C'était terriblement enivrant...

- Tu me rendras folle mo righ... J'aime tellement de choses en toi, soupira-t-elle avant de le regarder droit dans les yeux. Ce que j'admets beaucoup moins cependant, dit-elle en durcissant sa voix comme son regard, c'est que tu m'ais menti. Ne dis pas le contraire, le contra-t-elle avant qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit. -elle recula de quelques pas et se réajusta en tentant de contrôler le tremblement de ses mains.- Tu as fait ce que tu devais faire avec ces horreurs qu'étaient mes oncles, soit. Je ne te tiendrai jamais responsable de ce que ma mère a choisi, crois-moi. Cela n'avait rien à voir avec toi. Mais je t'ai questionné au sujet de ces cicatrices, j'ai insisté et tu as refusé de me répondre... ça je ne peux le cautionner! cria-t-elle en reculant d'un pas souple et rapide. Je ne peux accepter que tu ne me fasses pas confiance et ce, encore moins lorsque je suis directement concernée! Si tu veux jouer à menteur, menteur et demi, je le peux également!

Elle partit rapidement pour ne pas subir le courroux du roi qui gronda comme une bête sauvage. Elle ne voulait pas non plus le voir se rapprocher trop rapidement de peur de perdre toute envie de le remettre à sa place. Elle avait déjà eu tellement de mal à ne pas céder à l'appel de sa chair contre la sienne... Mais qu'était un peu de frustration quand il s'agissait de lui faire comprendre qu'il ne pouvait faire tout ce qu'il souhaitait comme il le voulait, quand il le voulait? Elle n'était pas idiote et savait qu'avec le caractère tortueux que cet ellon avait, elle risquait de payer cher l'affront qu'elle venait de lui faire subir, juste après lui avoir avoué à demi-mot qu'elle l'aimait.

La partie avait débuté. Deux joueurs s'y étaient engagés, aussi butés et retors l'un que l'autre.

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Thranduil,

Il devait avoir rêvé ou plutôt cauchemardé d'ailleurs. Ça ne pouvait être que ça. Tout ceci n'était qu'un mirage d'Irmo, tout depuis la vision de la Dame des Bois d'Or jusqu'à ce moment précis... Il ne pouvait en être autrement. Il ne pouvait s'être lié à une telle petite furie qui faisait naître chez lui ce besoin primal de la posséder, de conquérir sauvagement si nécessaire son corps comme son âme. Il respira un grand coup en se pinçant les narines pour reprendre ses esprits. Il avait bien d'autres soucis et problèmes à gérer que de penser à la façon dont il allait remettre la main sur elle au sens figuré comme au sens propre... lui faire payer chèrement la manière dont elle venait de se jouer de lui sous ce fallacieux prétexte.

Ne pouvait-elle donc pas comprendre que, s'il lui avait dissimulé cette partie de son histoire, c'était dans le but de la protéger de l'abjecte vérité? Mais non, elle avait agi avec toute la sagesse qui la caractérisait, soit pas énormément. Non, il ne pouvait être d'autant de mauvaise foi. La façon dont elle avait réagi face aux révélations de son fils l'avait stupéfait. Il s'était attendu à ce qu'elle crie, tempête contre lui et pleure sur le sort de la reine mais rien. Elle ne niait pas leur implication à tous mais rejetait la faute sur sa mère en priorité.

Le simulacre qu'elle avait ensuite orchestré ainsi à la volée le laissait en revanche pantois et de fort méchante humeur. Elle l'avait durement embrasé d'une manière dont elle seule avait l'art et la manière avant de l'abandonner à son sort. Le roi était heureux que le sort du Guérisseur ait marché et qu'elle se soit réveillée. Quoi qu'il se fût passé dans les limbes où elle se trouvait d'après le Wallen, elle semblait avoir retrouvé ses premiers instincts qui consistaient à se dresser contre lui. Cette dernière pensée refit naître, malgré sa colère, une flambée de désir dans le creux de son ventre. Il pouvait encore sentir le poids de son corps et le velouté de sa peau sur la sienne. Son parfum lui brûlait toujours les narines. Par les Valar, autant de sens en émoi pour cette gamine, c'était insupportable et à la limite du dégradant pour un être tel que lui. Un sourire mauvais étira ses lèvres ourlées. Tout ce à quoi il aspirait là tout de suite, c'était la retrouver où qu'elle fut et la prendre comme il le voulait, la marquer comme à lui... effacer ce petit sourire provoquant de sa délicieuse bouche charnue. Ce serait elle qui le supplierait d'abroger ses tourments cette fois.

Soudain ses pensées se tournèrent vers la personne qui lui causait le plus de souffrances, celle qu'il avait toujours voulu protéger et qu'il avait lui-même blessé de la plus cruelles des manières en lui ôtant l'espoir d'un amour partagé. Il ne voulait pas s'y arrêter et s'appliquait à rediriger son esprit sur tout et rien sauf sur Legolas. Peine perdue bien évidemment. Thranduil se dit que son âme pervertie depuis si longtemps les avaient tous perdus à commencer par son fils. Le regard furieux et abyssal dont il l'avait gratifié lui avait serré le cœur d'une main glaciale mais il ne pouvait se plaindre tout comme il n'avait voulu tenter de se justifier devant lui. Sa conduite était inqualifiable et méprisable, il en était conscient. Rien ne pouvait excuser un tel comportement. Qu'aurait-il pu dire à son propre fils? Qu'il se sentait irrémédiablement attiré par la femme que les dieux eux même lui avaient destinée? Ridicule et pitoyable. Legolas était en colère et à juste titre... Thranduil s'en voulait d'avoir dû porter la main sur lui mais le voir presser ainsi la jeune femme en dépit de ses supplications l'avait mis hors de lui. Il savait bien que son fils ne lui aurait rien fait de grave mais un geste malheureux était si vite arrivé... Vu l'état de nerfs dans lequel ils se trouvaient tous, il n'avait pas été sûr de pouvoir résister à plus que cela. Ils étaient tous éprouvés. Tous souffraient, que ce soit individuellement ou ensemble. Il faudrait beaucoup de temps pour que Legolas puisse panser ses plaies et qu'elles cicatrisent sans les laisser s'infecter plus encore.

Il repensa aux paroles du Guérisseur. Certaines d'entre elles étaient particulièrement nébuleuses mais une phrase revint titiller sa mémoire en cet instant, une phrase à laquelle il n'avait pas spécialement prêté attention dans tout le fatras qu'il lui avait débité... Il lui avait dit textuellement que le prince croyait être amoureux. «Croyait». Était-ce à dire qu'il ne l'était pas réellement, qu'il ne s'agissait que d'un fugace désir qu'il n'avait pu assouvir? Le roi soupira. Cela serait si simple que, s'il n'était pas ce qu'il était, dur et intransigeant, il en aurait très certainement pleuré de soulagement.

Il devait réellement se montrer patient et ne pas le poursuivre. Au contraire, l'ellon devait laisser à son héritier toute la place ainsi que le temps qui lui serait nécessaires en espérant que leur relation reviendrait un beau jour à la normale.

Sans doute, sa Wallen ne serait-elle plus de ce monde pour le voir. Cette pensée morbide lui fit serrer le poing sur la garde de son épée. Tout cela pour une finalité horriblement humaine... Autant de souffrances pour tous pour en arriver à la mort d'Ilyrià un jour ou l'autre comme le lui avait si bien souligné le mage wallen. Sa vie ne serait qu'un battement de cils dans sa propre existence. Il le savait, le comprenait mais ne pouvait l'appréhender totalement. Et puis, avec sa petite peste et sa propension à trouver les ennuis ou les attirer, son éphémère risquait de lui filer encore plus vite entre les doigts sans qu'il y puisse faire quoi que ce soit. Entre ses détracteurs qui voulaient sa mort, qu'ils fussent elfes ou wallens, et son obsession à se fourrer elle- même dans de dangereuses situations, il avait de quoi craindre le peu de temps dont ils disposaient tous les deux. Une vilaine pensée s'insinuait en lui alors qu'il se dirigeait vers les cachots du palais excavé. Il y avait bien un moyen de la garder en sécurité et ce, malgré elle... L'enfermer, la cloisonner dans une cage dorée et luxueuse dont lui seul aurait la clé comme le papillon inestimable qu'elle était à ses yeux. Etre le seul à pouvoir l'approcher, la toucher, voilà qui était horriblement tentant... Il se mit à rire sous cape. Evidemment, il n'était pas exclus qu'il se réveilla un jour émasculé!

Non bien sûr que non. Une telle idée, quoique épouvantablement tentante, ne ferait que la tuer à petit feu. Il ne pouvait que prendre les problèmes et chaque situation les uns après les autres et faire au mieux. Ainsi serait désormais la vie jusqu'à la disparition de sa Wallen. Il assurerait sa protection. Il l'avait dit au Guérisseur mais de toute façon, il le savait déjà. Jamais il ne laisserait qui que ce soit porter la main, ne serait-ce qu'un doigt sur elle comme sur son fils.

Il descendit l'escalier de pierre menant aux geôles les plus profondes de la caverne. La douce lumière naturelle qui inondait les hauteurs n'était plus de mise ici. Tout était sombre et humide comme pouvaient l'être des grottes. Ses bottes de voyage claquaient durement sur le sol pavé. Il passa distraitement la main sur la roche et se félicita de leur épaisseur qui empêchait tout bruit de remonter aux cavernes supérieures. Les murs étaient nus des plantes et autre végétations qui serpentaient son royaume. Ici, tout était dédié, sinon à la mort, au moins au désespoir. Plus il s'enfonçait dans le dédale tortueux des cellules, plus sa colère se décuplait. Les ombres fantomatiques des cellules alimentaient les germes de sa fureur. Le prisonnier allait devoir répondre à beaucoup de questions qu'il se posait et, s'il ne se soumettait pas à lui, l'elfe se jura de les lui extirper dût-il y mettre tout son talent.

On ne vivait pas des millénaires, on ne restait pas à la tête d'un tel royaume sans être un minimum retors. Or, il était connu pour avoir un caractère particulièrement sanguin. Il n'était pas comme Elrond à prôner la bonté. Il n'était pas Celeborn, guerrier hors pair mais mesuré. Il était un ellon sinda qui avait vu trop d'horreurs, qui en avait trop vécu lui-même... Savoir que des elfes avaient attaqué une femme que tous savaient sous sa égide, pire encore son propre enfant et avaient tué une elfine de son royaume le rendait malade de rage. La fureur lui battait les tempes. Il sentait son sang bouillir littéralement dans ses veines.

Il arriva devant une lourde porte de chêne gardée par deux ellyr. Gallion était là aussi et semblait particulièrement nerveux. Son intendant était un elfe de lettres, il n'avait rien à faire ici. Son soutien commençait à agacer durablement le souverain. Où qu'il aille, il le trouvait sur son chemin. Il se pencha vers un des gardes et lui murmura un ordre que l'elfe alla exécuter sur le champ après avoir salué son roi. Thranduil se tourna vers l'elfe roux.

-Gallion?

- Sire, j'ai pensé que peut-être...

- Vous avez mal pensé, le coupa durement le seigneur sylvestre de toute sa hauteur. Votre place n'est pas ici, intendant. Elle est dans les cavernes supérieures à vous acquitter de ce pour quoi vous avez été nommé à ce poste. L'intendance de ma maison est assez prenante pour que vous ne vous occupiez de tâches fictives. Ne vous en donnez pas plus sinon je risquerai au contraire de devoir les restreindre.

La menace était on-ne-peut-plus claire. Les yeux de Gallion s'étrécirent un court instant et Thranduil crut voir une lueur rageuse au fond de ses prunelles grises. Il devait se tromper. Jamais son intendant ne réagirait aussi promptement face à lui. Ce n'était tout simplement pas son genre. L'elfe s'inclina devant son roi et prit le chemin inverse pour remonter vers la surface. Thranduil fit alors signe au garde restant de lui ouvrir la porte du cachot.

Il entra dans une petite pièce carrée aux murs nus et épais. L'obscurité qui y régnait donnait à l'endroit un aspect mortifère où le temps semblait suspendu. Il attendit sur le pas de la porte que le garde allume les quelques chandelles présentes. Il n'avait besoin que de peu de lumière, sa vision elfique faisant le reste. Il vit l'ellon responsable de la mort d'Elëa au milieu de la petite pièce. A genoux et entravé, il le fixait avec une arrogance qui fit monter la colère du roi d'encore un cran. Sans un mot, il avança d'un pas et referma la porte derrière le garde qui venait de ressortir.

Il désirait être seul avec le Galadhrim, être à son aise pour pouvoir lui soutirer tout ce qu'il souhaitait entendre. L'ellon, plus royal que jamais, se mit à marcher doucement devant le prisonnier sans lui adresser la parole. Il tourna ainsi autour de lui pendant un moment comme un fauve l'aurait fait autour de sa future victime. Il sentait que l'elfe en face de lui était un fantassin certes mais non dénué de courage. Il pouvait sentir sa détermination suinter de tous les pores de sa peau. Mais il était plus que confiant. Si cet elfe se croyait sûr de lui, c'était qu'il ne s'était jamais frotté au seigneur sylvestre. Thranduil le détailla longuement. Il avait tout son temps. Rien ni personne ne l'attendait présentement. Les deux seules personnes qu'il aurait éventuellement aimé voir l'évitaient et de toute façon seule lui importait pour le moment son besoin impérieux de réponses.

Il nota la blondeur de ses cheveux qui n'était pas sans lui rappeler celle de son fils, les yeux gris et froids, les traits fins mais durs. Sous la fine chemise qui lui avait été forcé de mettre, le souverain devinait une musculature sèche. L'ellon semblait aussi calme que lui mais le roi savait combien il était dangereux de croire aux eaux calmes. C'étaient souvent les plus dangereuses...

- Quel est votre nom, Galadhrim? demanda-t-il d'une voix doucereuse et faussement indifférente.

Comme l'elfe à genoux devant lui ne répondait pas, il soupira avec grandiloquence. Thranduil tira un tabouret jusque devant lui pour s'y asseoir en croisant ses longues jambes. Il s'accouda sur son propre genou et cala son menton dans la paume de sa main. Le roi regarda le prisonnier d'un air ennuyé puis reprit.

- Quel est votre nom? Dois-je vraiment vous briser les doigts pour une telle information? Un étranger à mon royaume m'a justement fait remarquer i peine quelques heures que ma patience que je croyais être une de mes qualités premières n'était en réalité que factice...

Il n'avait pas terminé sa phrase que, dans un mouvement d'une célérité incroyable, il écrasa la main gauche de l'ellon de son talon. Ce dernier serra les dents et se retint de pousser le moindre gémissement. Très bien.

- Si tu ne te décides pas à répondre, il te reste une autre main comme une multitude d'os dans ton corps de traître...

- Je m'appelle Astoron et je ne suis pas un traître, cracha le prisonnier. C'est vous le félonà votre peuple, à tous les peuples elfiques, vous et votre fils!

- Ah oui? Et depuis quand? Je ne tue pas les pauvres ellyth innocentes, moi tout comme mon fils.

- Innocente? ricana le Galadhrim, un hoquet de rire traversant son corps musculeux. Cette garce qui partageait sa couche avec ce cabot galeux?! Elle a mérité son sort! Je regrette juste qu'elle n'ait pas plus souffert avant de rejoindre Mandos!

Thranduil pinça les lèvres sans rien dire mais ne put réprimer sa colère autant qu'il l'aurait souhaité. L'entendre parler ainsi de la douce Elëa lui retourna les sangs. Il se leva et projeta son pied dans l'épaule de l'elfe qui, entravé comme il l'était, se la déboîta dans un horrible craquement. Cette fois, à la grande satisfaction du roi qui n'avait pas bougé de son siège de fortune, il cria de douleur. Cependant, il se reprit rapidement et fixa ses yeux mercure sur Thranduil.

- Nous savons tous les deux qu'Elëa n'était pas votre cible, articula le souverain d'une voix dangereusement calme. Vous vous êtes trompé à cause de la cape. Elle portait celle de Dame Ilyrià. Vous aviez tellement hâte de la passer au travers de votre épée que vous n'avez même pas pris la peine de vérifier son identité. Ne me faîtes pas l'affront de le nier.

- L'affront, c'est vous qui vous en êtes rendu responsable en étant d'accord pour unir le prince à cette chose moitié humaine, moitié animale! S'il y avait un seigneur que nous aurions pensé adhérer à notre cause, il s'agissait bien de vous! grogna le prisonnier, rouge de colère. Au lieu de saisir la chance que nous vous offrions, vous la protégez. Nombre d'entre nous se demandent pourquoi. L'honneur? La grandeur de l'âme sinda? Non rien de tout ça, n'est-ce pas mon seigneur?

Thranduil ne répondit pas. Il préférait le laisser déverser son venin et voir si une quelconque information pourrait s'avérer intéressante, lui être utile à quoi que ce fut.

- N'est-ce pas? répéta le renégat avec colère. Ses yeux gris n'étaient plus que deux billes d'acier.

- Ah oui? fit négligemment le roi, limite avec une indolence qui heurta l'elfe au sol.

- Vous savez de quoi je parle, aran Thranduil! grinça-t-il. Que dirait votre père Oropher s'il vous voyait avec cette garce de Wallen?

Le sang de Thranduil ne fit qu'un tour dans ses veines. Il saisit la tête de l'injurieux et l'envoya rencontra son genou avant de le jeter avec violence en arrière. Comme il était toujours enchaîné, les os de ses épaules et de ses chevilles finirent de se disloquer dans un long et franc cri cette fois. Thranduil se leva calmement et alla jusqu'à lui qui gisait sur le dos. Il se baissa élégamment et posa son genou sur le torse douloureux de l'elfe puis, dans un mouvement ample et gracieux, se pencha vers lui. La pointe de ses longues mèches argent traînèrent dans le sang que le prisonnier crachotait et se teintèrent de carmin sans qu'il s'en souciât.

- Tu vas me dire tout ce que je veux savoir elfe, murmura-t-il à son oreille d'une voix suave en passant sciemment au tutoiement peu orthodoxe au sein de leur peuple. Et si tu as le malheur de prononcer encore une fois le nom de mon père ou de manquer de respect à la princesse Wallen, je te coupe la langue et te la fais manger. Me suis-je bien fait comprendre?

- Je ne dirai absolument rien, dit le blessé à terre, le sternum bloqué par la jambe du roi. Comme si vous alliez me tuer, vous ne vous abaisserez jamais à une telle exaction sur un des vôtres, monseigneur.

Des pas lourds se firent entendre à l'extérieur. Le garde à qui il avait confié une mission était revenu. Le roi se releva lestement et alla tranquillement jusqu'à la porte.

- Effectivement, tu as raison, fit le roi. Moi je ne lèverai plus la main sur toi. -il ouvrit grand la porte- lui par contre... Rien n'est moins sûr.

Dans l'embrasure de la porte, se découpait la silhouette de Finnàm. Il était réellement à faire peur. Thranduil ne dit rien mais nota chaque contusion que présentait son visage. Lui qui était déjà bien abîmé au départ d'Erebor... Chaque centimètre de sa peau, du front au menton, n'était que plaies béantes. Il put voir que les os de son nez étaient en bouillie tout comme sa pommette. La chair était lacérée absolument partout. L'ellon baissa les yeux et vit que sa main droite bandée étroitement ne pouvait contenir le sang qu'il perdait abondamment. Mais le Wallen s'en fichait complètement. Son attention était fixée autre part. Ses yeux jaunes ne quittaient pas leur prisonnier. Instinctivement, il avait retroussé ses lèvres comme s'il s'agissait de babines sur ses canines pointues et acérées. Un grondement sourd vrillait sa gorge. Il ressemblait plus à une bête sauvage qu'à un être humain... Le Ceanar s'avança et referma la porte d'un coup de talon. Il remonta sa longue tresse et l'entoura autour de son coutelas avant de tirer un cigarillo de derrière son oreille percée. Il l'alluma et inspira une énorme bouffée sans quitter l'elfe des yeux. Thranduil ne ressentait aucune pitié mais ne put s'empêcher de penser qu'il allait regretter sous peu de ne pas être déjà à Mandos.

Alors qu'il s'apprêtait à jeter son mégot, Finnàm prit de l'élan et décocha un monstrueux coup de pied coqué dans la mâchoire de l'elfe avant de lui exploser le genou gauche en l'écrasant. L'elfe était allongé sur le dos, gémissant. Le Conui s'accroupit devant lui puis posa ses mains sur le torse de leur prisonnier. Avec une lenteur effroyablement calculée, il les fit courir sur la fine chemise de baptiste en un geste qui aurait pu paraître d'une douceur inopportune en cet instant d'une extrême violence. Tout à coup, ses doigts se rétractèrent brutalement pour laisser place à ses griffes qu'il planta sans sourciller dans sa chair en le regardant droit dans les yeux, se délectant de sa souffrance. Il le redressa en position assise en le tirant grâce à ses doigts incrustés dans sa peau. Sans lui laisser un quelconque répit, il le saisit à la gorge et se plaça dans son dos en lui faisant une clé de bras. Il l'étranglait à moitié sans être assez pour ne pas lui faire perdre connaissance. Thranduil se rassit sur le siège et reprit sa position d'origine.

- Ne te méprends pas, Galadhrim. Je n'apprécie aucunement cette situation, asséna-t-il de sa voix polaire. Mais je veux des réponses et je les veux maintenant. Pourquoi?

- Pourquoi? articula l'ellon avec difficulté. Pourquoi? Voyez-vous même la bestialité dont ils sont capables...

- Et tu n'as rien vu, gronda Finnàm à son oreille.

- Vous voulez pervertir notre peuple avec... avec ces bêtes sans foi ni loi.

- Les Valar l'ont exigé, objecta Thranduil en arquant un de ses épais sourcils. Pour notre protection à tous.

- Non! Cela ne se peut! se récrimina l'elfe à terre. Il s'agit d'une ruse de Morgoth! Jamais les Valar imposeraient à leurs premiers nés une telle alliance aussi contre nature soit-elle! Unir un prince elfe à cette femelle dont l'idiotie n'a d'égale que sa lubricité!

- Lubricité? rit le souverain sombrement. C'est vous qui êtes des idiots de croire à ces théories fumeuses!

- Ah oui aran Thranduil? Il me serait en effet bien stupide de croire en la parole d'un roi qui se retourne contre les siens pour protéger une telle engeance!

- Combien êtes-vous? Comment vous organisez-vous?

- Mais que croyez-vous donc? fit l'ellon venimeux. Nous venons d'absolument partout! De toutes les terres elfiques! Nombreux sont ceux qui ne veulent pas de cette chose sur le trône d'un royaume elfe. Traquez-nous, exterminez-nous tous! D'autres prendront toujours la relève pour mettre fin aux jours de cette Wallen!

- Et pourquoi Legolas? marmonna Thranduil, plus ébranlé qu'il ne le montrait.

- Parce que deux précautions valent mieux qu'une! s'écria l'elfe avec ferveur.

Le roi se releva avec grâce et alla à la porte qu'il ouvrit doucement. Il se retourna pour jeter un dernier coup d'oeil à l'elfe gisant au sol.

- C'est votre conspiration ridicule qui est folle. S'il le faut, je les débusquerai tous moi-même et leur ferai payer l'impudence d'avoir ne serait-ce que lever les yeux sur mon fils et ma Wallen. Quant à toi... Ce n'est pas moi qui statuerai sur ton sort.

Un éclair de lucidité traversa le regard nuageux de l'elfe qui se débattit un instant, non pour tenter de s'en sortir mais dans un sursaut de fierté mal placée.

- Je veux être jugé par mes pairs, aran Thranduil! s'époumona-t-il. Seuls la Dame Galadriel et son Seigneur ont la main sur ma personne! Certainement pas...

Certainement pas ce cabot galeux? termina le roi en lui jetant un regard dédaigneux. Je crois que le «cabot» n'entend pas les choses de la même façon que toi, Galadhrim, conclut-il en voyant la main de Finnàm qui enserrait le cou de l'elfe muter à nouveau et se distordre pour laisser place à ses longues griffes. Il avait à peine fini sa phrase que le Wallen avait déjà tranché la gorge de l'elfe et laissait glisser son corps sur à terre.

Il se releva tranquillement et le regarda droit dans les yeux. Un sourire sinistre mais apaisé étira ses lèvres craquelées.

- Je l'ai toujours dit, a righ. Rien ne sert de faire traîner les choses en longueur. Une justice expéditive.

Ils se séparèrent à la remontée des geôles. Tous deux avaient besoin d'un léger temps de réflexion pour tirer le meilleur parti des maigres informations qu'ils avaient extorqué à l'assassin d'Elëa. Au moins, justice avait-elle été rendue. Il hésita un instant à se rendre au logis d'Ilyrià pour lui rendre la monnaie de sa pièce mais la fatigue et le sang qu'il avait aidé à verser lui collaient à la peau. Aussi renonça-t-il à son projet.

Un pli attendait Thranduil sur la console de ses appartements, une lettre en provenance d'Imladris. Avec un soupir las, il la décacheta après s'être assis à son bureau. Le roi en prit rapidement connaissance et la reposa sur sa table de travail avec un nouveau soupir, exaspéré celui-là. Elle annonçait l'arrivée non seulement d'Elrond et de ses fils pour les fêtes de Turuhalmë mais aussi celle de Dame Galadriel et de son époux... qui se rajouteraient aux Wallens qui seraient bientôt là pour l'anniversaire d'Ilyrià.

Merveilleux.

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Cité sur la Mer,

Sturten regarda la délégation qu'il envoyait en Forêt Noire s'éloigner du ponton et sourit. Il aurait aimé pour une fois quitter sa précieuse cité pour voir son enfant. Déjà plus de six mois qu'elle lui avait été arrachée, qu'il avait laissé faire. Pas un jour ne passait sans qu'il ne regrette ce geste. Même s'il s'agissait d'une directive des Valar, il aurait dû prendre plus de temps pour y réfléchir. Il avait été trop impulsif. Le retour des ours à la cité et les nouvelles qu'ils lui avaient apporté le confortaient dans cette optique. Bien entendu, il savait déjà l'état catatonique dans lequel elle était plongée, le Lhigiche l'en avait déjà informé avant de quitter la cité. Il n'avait aucun doute sur le fait que le Guérisseur remettrait la jeune femme sur pieds. Le roi connaissait sa valeur et ses nombreux pouvoirs. Il le côtoyait depuis tellement de temps, plusieurs millénaires maintenant. Cet homme était toujours un mystère pour lui, à aller et venir ainsi. On ne pouvait jamais savoir quand il débarquerait sur la cité ni quand il en repartirait...

Il n'avait pas puni plus avant l'ours. Cela n'avait pas été nécessaire. Le roi Thranduil s'en était aussi déjà chargé et quelque part, cela le chagrinait. Pourquoi tant de sollicitude envers sa fille? N'aurait-il pas dû se réjouir de cet état qui lui aurait permis de différer un tant soit peu le mariage de leurs enfants? Au-delà des mots des jumeaux, il percevait quelque chose, un sentiment intangible qu'il n'arrivait à définir mais qui le mettait mal à l'aise.

Le vieil homme soupira, frustré. Son problème était qu'il vieillissait et voyait désormais le mal partout. Il jalousait tout et tout le monde aujourd'hui de partir voir son enfant alors qu'il se devait de rester là. Ses cheveux ondulaient doucement sous l'effet de l'alizé qui s'était levé. L'odeur des bruyères qui poussaient absolument partout sur les falaises escarpées de la tour vint lui chatouiller les narines. Il respira à pleins poumons leur parfum mélangé à celui salé de la mer. Rien de plus vitalisant pour le corps comme pour l'esprit.

Il sentit une présence se glisser subrepticement à ses côtés. Inutile pour lui de jeter un coup d'œil pour reconnaître son petit frère.

- Crawen, dit-il sobrement.

- Sturten, répondit son cadet, un soupçon de moquerie dans le voix.

Il croqua dans la cuisse de volaille qu'il tenait à la main et jeta l'os à moitié dévoré dans l'eau avant de s'essuyer les doigts sur sa tunique noire.

- Que fais-tu mon frère? Tu déprimes? railla-t-il en observant de son regard sombre la petite troupe au loin.

- J'envie les nôtres, répondit le phénix avec une franchise déroutante.

- D'aller chez les elfes? demanda Crawen, narquois.

- De retrouver nos enfants.

- Oh ça... lâcha négligemment le Dragon. Il se retourna et s'adossa à la rambarde pour regarder son frère bien en face, un sourire aux lèvres.

- N'aimerais-tu pas voir Klaùs?

- Mo brathair, mon fils est bien là où il est. Voir du pays lui fait le plus grand bien! Ce dragonnet est bien trop impudent!

- Tu es un père absolument infect, commenta le roi avec une esquisse de sourire devant l'attitude désinvolte de son cadet. Il reprit sérieusement: Tu ne t'inquiètes vraiment pas? Sa réaction risque d'être...

- Je ne serai pas là-bas pour le voir, le coupa Crawen, aussi insouciant qu'indifférent. Mais effectivement, il risque d'y avoir des étincelles... Les elfes devraient se méfier, leurs précieux bois risquent de s'enflammer! Je n'arrive pas à croire que tu as réussi ce tour de force sur le Seigneur aux oreilles pointues!

- Il en a toujours été ainsi prévu, fit Sturten les yeux perdus dans le vague. Depuis le début. C'était une de mes conditions. Je voulais que ma fille puisse avoir les siens pour son anniversaire, spécialement celui-là. C'est un passage rituel pour nous autres. Elle doit être entourée de Wallens et non d'elfes qui ne comprendront rien à rien. Et puis... finit-il avec un sourire torve, je pourrai avoir d'autres nouvelles que celles rapportées dans les plis du Ceanar.

- Toujours une arrière-pensée, brathair! Je te reconnais bien là! Ne lui ferais-tu plus confiance à ton louveteau? le questionna Crawen surpris.

- Il est depuis trop longtemps dans cette forêt et cela me chagrine de le dire mais ma confiance en eux tous n'est plus qu'extrêmement limitée... y compris en Ilyrià.

- Et tu as amplement raison, grinça son frère. Thus aelficas! On ne peut prendre leur parole pour argent sonnant et trébuchant... surtout quand tu sais qui est leur roi, cracha-t-il avec dédain.

Sturten ne répondit pas continuant de fixer l'horizon où les siens au loin ne formaient plus qu'un lointain point. Crawen désigna la délégation wallen du menton.

- Lequel de ces deux- là posera le plus de soucis à ton humble avis mo righ?

Un rictus tordit sa bouche parcheminée. Oh oui, des problèmes, le roi elfe allait en voir arriver incessamment sous peu. Des problèmes de taille.

- J'espère bien les deux, brathair.

Oo0o0o0o0o0o0o0o0o0oo0o0o0o

ça vous a plu? ;) Je l'espère... Pas de Klaùs... il se repose comme le lui a demandé le Guérisseur... ou alors il se détend à la Klaùs... alcool etc etc! Alors une idée sur les «2» dont parlent Sturten et Crawen? Je vous donne un petit indice qui n'en est pas un... La délégation wallen se compose de cinq wallens... Hahahaha! ^^ mais qui? Qui aimeriez-vous voir? :)

Aujourd'hui, un petit récap' des persos ^^ (je crois que même moi j'en ai besoin par moment... Nan je déconne... ce sont mes bébés à moi qui prennent un tantinet de place). Si vous appréciez ce rappel, je me ferai un plaisir de vous en faire un régulièrement.

ELFES:

Thranduil Oropherion: est-il nécessaire de présenter le Haut Roi hyper canon monstrueusement sexy de la Forêt Noire? Hmmmmm je ne crois pas!^^

Legolas Thranduilion: même chose que son paternel, si ce n'est qu'il est prince au lieu de roi... information capitale que je vous donne là!

Elwë: elfe sylvain, ombre du roi et meilleur pisteur du roi.

Gawën: guérisseur en chef de Mirkwood.

Gallion: intendant du Palais du Haut Roi et accessoirement un des trois chefs de «la conspiration pour la pureté elfique»... tête à claques notoire.

Elëa: elleth sylvaine, camériste d'Ilyrià et amoureuse de mon ptit loup. Elle a été tuée à Erebor à la place de la princesse wallen.

Elrond: le boss d'Imladris.

Elrohir / Elladan: les fils d'Elrond et de Celebrian qui se trouve à Valinor depuis perpète... frères d'une certaine Arwen Undomiel, inconnue au bataillon... =p

WALLENS:

Sturten: bah c'est lui The Big Boss, le roi des Wallens de la Cité sur la Mer. Père d'Ilyrià. Son double est le Phénix.

Kennocha: reine disparue, femme de Sturten, mère d'Ilyrià. Double: sirène.

Crawen: petit frère du roi et principal conseiller (en fait il en pas d'autres!). Père de Klaùs... Double: Dragon.

Klaùs: alors ça donne: neveu de Sturten / fils de Crawen / cousin d'Ilyrià... aïe bobo ma tête! Double: Dragon.

Ilyrià: peste wallen, fille de Sturten et de Kennocha. Cousine de Klaùs. Fiancée bientôt défiancée de Legolas Vertefeuille. Amoureuse du padre de son fiancé... J'avais prévenu: une peste! Double: Sirène.

Finnàm'Ail: le Ceanar, commandant de la Garde de Sturten, dépêché en son nom à Mirkwood pour la protection d'Ilyrià. Frère d'Anaïsa. Double: Loup.

Anaïsa: bah ptite soeur du Ceanar! =p . meilleure amie d'Ilyrià (et la mienne aussi d'ailleurs... :3). ex chérie de Seannadh. Double: Lionne.

Fillan/ Fingall: mes jumeaux soldats et si trognons... Doubles: ours bruns.

Ainnas/ Fearghas: jumeaux pas mignons. Frères de Kennocha. Doubles: les potes de Thranduil, les Grands Serpents.

Seannadh: soldat. Remplace Finnàm à la tête de la Garde à la cité. Ex chéri d'Anaïsa. Double: Serpent.

Cendera: apprentie du Guérisseur sans nom. Double: vous l'avez deviné^^ en lisant le passage des limbes: l'Aigle Blanc.

Le Guérisseur sans Nom: et bien... le Guérisseur sans Nom!

Fife'Ail: j'en ai parlé plusieurs fois donc même si on la verra pas, vous aurez au moins son nom en rappel: gentille maman de Finnàm et d'Anaïsa. Ancienne nourrice d'Ilyrià. Double: Louve.

Donnàn'Ail: papounet mort au combat de Finnàm et de sa soeur. Double: le Lynx.

Iffrin: alors j'en ai parlé plusieurs fois sans préciser qui il était... laissons cela comme ça...

bisous tout doux! à bientôt!