Bonjour tout le monde ! Alors voici le nouveau chapitre !
Chapitre 28
Et vous dire. Au nom de tous les miens. Que tant qu'on vit et tant qu'on aime. Tout va bien.
Dès que lui et Drago rentrèrent dans la classe, il vit Terry se précipiter vers Drago, les yeux écarquillés par la surprise. Il sentit aussitôt le corps du blond se raidir à ses côtés alors que celui-ci s'efforçait d'afficher un air impassible. Avant qu'il puisse ordonner à son ami de partir, pour laisser enfin le temps à Drago de vraiment se calmer, celui-ci pencha la tête par l'avant.
-Je suis vraiment désolé Malfoy. Déclara-t-il d'emblée. C'est juste que mon ami m'a mis au défi d'embrasser la personne que je trouve la plus attirante dans la classe et je dois dire que depuis que je t'ai vu… Je te trouve vraiment…
Un rougissement écarlate s'étala alors sur les joues de Terry alors qu'il se massait inconfortablement la nuque. Harry laissa son regard dériver vers Drago qui fixait toujours son ami avec une froideur presqu'insoutenable. Il avait déjà reçu ses regards glacés du blond et plaignait sincèrement Terry d'avoir à les supporter. Bien que tout soit entièrement de sa faute. Il réfléchirait à deux fois avant de faire des actions aussi stupides et s'en y avoir véritablement réfléchis. Il poussa un soupir exaspéré avant de poser son bras autour des épaules du blond, massant légèrement le bras tendu de celui-ci.
-Tu as été vraiment stupide Terry. Commença froidement Harry. Si tu l'embrasses encore sans lui demander sa permission, je serais obligé de te tuer.
Il savait pertinemment que Drago ne lui donnerait jamais sa permission de toute façon. Le blond leva alors son visage vers lui, les sourcils froncés, avant d'hausser les épaules. Une part de lui avait envie de prendre le visage de Terry et de le fracasser durement contre un mur. Il n'oublierait pas de si tôt la vision des joues sillonnées de larmes salées de Drago. Mais ses larmes n'avaient pas vraiment quelque chose à voir avec Terry. Celui-ci n'était qu'un peu de sel jeté dans une plaie à vif qui n'attendait qu'une occasion pour se faire sentir. Donc, étrangler Terry ne servirait à rien. La seule et unique personne qu'il souhaitait étrangler était l'enfoiré qui avait osé toucher Drago contre son gré. Ses yeux se plissèrent dangereusement alors qu'un grognement menaçait de sortir de sa gorge. Oui… il aurait tout donné pour tuer très lentement la personne qui avait osé faire du mal à Drago.
Merde… mieux valait ne pas penser à ça. Le professeur rentra alors dans la classe et Drago lui envoya un petit sourire avant de se dégager de sa poigne afin d'aller s'asseoir. Harry ne put que se maudire silencieusement en sentant un étrange vide à l'intérieur de lui. Bon sang ! Il n'avait pas besoin de toucher Drago vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! De toute façon, il ne restait que cette période avant que la cloche sonne enfin et qu'il puisse retourner chez lui. Là, il aurait toute la soirée pour être prêt de Drago et effleurer ses cheveux et son visage. Un petit sourire se forma sur ses lèvres et il partit s'asseoir à sa place, déterminé à écouter le cours.
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Un éclat de rire s'échappa de ses lèvres en regardant Drago froncer le nez.
-Tu ne veux pas je t'appelle Monsieur Populaire ? Demanda avec amusement Harry. Comment suis-je sensé t'appeler alors ?
-J'ai un nom parfaitement utilisable et dont je n'ai pas honte contrairement à ton nom.
-Qu'est-ce qu'il a mon nom ? Répliqua avec légèreté le brun.
-Il est laid.
-Je suis obligé d'être en désaccord Monsieur Dragon.
Le regard torve que lui lança le blond le fit rire encore plus alors qu'il se stationnait près de chez-lui. Il fronça soudainement les sourcils en voyant que son père était déjà de retour. Il n'était jamais chez-eux à cette heure ? Pourquoi était-il là ? Était-ce à cause de sa mère ? Avait-elle fait une autre tentative ? Un frisson d'horreur lui traversa le corps alors qu'il grimaçait. Non… ce n'était pas possible. Elle était surveillée après tout. Elle ne pouvait pas essayer de se suicider de nouveau. Est-ce que cela voulait dire… qu'elle était de retour ? Pourquoi cette pensée le remplissait encore plus d'horreur que la première ? Il devait y avoir quelque chose d'anormale avec lui. De vraiment anormale.
Pourquoi ne voulait-il pas que sa mère revienne à la maison ? Après tout, ce n'était pas comme s'il la verrait vraiment. Elle se contenterait de marcher dans sa chambre en chantant ou en pleurant dépendant de son humeur. Elle n'allait certainement pas s'abaisser à venir lui parler. Sauf lors des rares occasions où elle venait pleurer dans ses bras. Merde… Pourquoi avait-il donc si froid à l'intérieur de son être ?
-Qu'est-ce qu'il y a Harry ? Demanda soudainement Drago en posant sa main sur son bras. Tu trembles.
-Oh ! Non, tout va bien.
Il envoya alors un petit sourire rassurant au blond avant de sortir précipitamment de sa voiture. Il ne pouvait pas commencer à parler de ses problèmes alors que Drago en avait déjà bien suffisamment. Il pouvait encore sentir les larmes de Drago sur sa chemise… alors non… Il était hors de question qu'il commence à se plaindre sur sa « pauvre » vie alors que Drago souffrait tellement à l'intérieur de lui. Une main s'enroula alors autour de la sienne, l'obligeant à s'arrêter. Il n'osait pas se tourner vers le blond… il n'osait pas regarder dans ses yeux gris…
-Qu'est-ce qu'il y a ? Répéta lentement le blond.
-Rien.
-C'est évident que quelque chose te tracasse Harry. Dis-le-moi.
-Tu as déjà assez de problèmes comme ça.
Il ne s'attendait nullement à ce que Drago lui lâche la main pour, à la place, lui lancer une claque retentissante sur la joue. Il n'avait pas si mal qu'il était complètement surpris. Et les regards noirs que Drago lui lançaient le rendaient encore plus perplexe. Qu'est-ce qu'il avait bien pu faire pour mériter une claque ? Il n'avait rien dit bon sang !
-Alors maintenant je ne suis pas assez fort pour t'écouter. C'est ce que tu es entrain d'insinuer ? Siffla glacialement Drago.
-Je n'ai pas dit ça. Rétorqua Harry. Mais… bon écoute… Tu as passé une très mauvaise journée aujourd'hui. Tu n'as pas besoin d'entendre mes états d'âme.
Avant que Drago ne puisse se mettre à protester, il posa tendrement sa main sur la joue du blond et ne put que sourire en voyant un voile rose s'étendre sur le visage du blond.
-Tu as mal maintenant, non ? Déclara paisiblement Harry.
-Je…
-Je vais bien. Assura le brun. J'ai peur, mais j'ai toujours peur. Tu n'as pas besoin de prendre sur tes épaules chacune de mes émotions. Je sais que je peux compter sur toi. Mais, accepte ta propre fragilité d'accord ?
Il caressa délicatement du pouce la peau douce et eut la satisfaction de voir Drago hocher lentement la tête. Sa mère devait bien revenir un jour. Il n'allait pas s'effondrer à cause de cela. Elle était sa mère après tout. Il se devait de l'aimer, de la chérir et de vouloir la protéger. Peu importait le fait qu'elle ne ressente visiblement pas la même chose… Il se devait d'être un bon fils pour elle. Enfin… un aussi bon fils qu'il pouvait l'être.
-Je sais que je suis… fragile en ce moment. Souffla Drago. Mais, tu as un de ses regards…
-Qu'est-ce qu'il a mon regard ?
-Il me dit… que si je ne te demande pas comment tu vas… Tu risques de tout garder à l'intérieur de toi jusqu'à ce que la douleur soit intolérable.
Il ignorait s'il devait détester ou adorer le fait qu'avec une simple phrase, Drago réussissait à faire son cœur s'emballer. La seule chose dont il était convaincu… c'était que de savoir que Drago s'inquiétait pour lui… lui donnait l'envie idiote de sourire comme un imbécile. Il ne se retint pas et colla doucement son front contre celui du blond.
-Je ne me cacherais pas de toi. Promit-il. Si j'ai trop mal… Je viendrais te voir. Mais, c'est toi qui a mal maintenant. Alors, penses à toi d'accord.
Drago hocha légèrement la tête contre la sienne tout en fermant les yeux. Il sentait vraiment bon… Sa peau était douce… Le souvenir du baiser qu'ils avaient échangé lui fit palpiter désagréablement le cœur et il s'obligea à chasser cette image de son esprit. Drago était son ami. Non… il était plus que son ami… Il était quelqu'un qu'il voulait protéger à tout prix et qui faisait son cœur battre plus vite. Il représentait quelque chose de si fort dans son cœur qu'il n'arrivait pas à véritablement trouver un mot pour décrire ce sentiment. La seule chose qui comptait… c'était que ce sentiment était si vrai que plus rien d'autre n'avait la moindre importance.
-Allons à l'intérieur.
Il cessa alors de caresser la joue de Drago et partit vers sa maison, son cœur battant à la chamade. Il ignorait ce qui lui faisait le plus mal au cœur. Cesser d'être aussi proche physiquement de Drago ou bien l'idée de revoir sa mère. Il ouvrit alors la porte et haussa un sourcil perplexe en voyant son père en grande contemplation du plafond. Celui-ci baissa brusquement la tête avant de lui envoyer un petit sourire et de s'approcher de lui afin de lui ébouriffer les cheveux. La surprise face à ce geste lui donna l'envie immédiate de se dégager. Il se retint avec peine en sentant la présence de Drago à ses côtés. Le blond lui avait déjà demandé quel était son problème avec son père et sa réaction avait été de lui faire mal. Il n'allait certainement pas tenter le diable alors que Drago était toujours aussi fragile.
-Pourquoi es-tu là aussi tôt ? Demanda lentement Harry.
Il n'entendait pas les bruits de pas de sa mère à l'étage. Est-ce que cela voulait dire… qu'elle n'était pas encore de retour ? L'envie de pousser un soupir de soulagement le fit grimacer de dégout. Quel genre de fils soupirait en sachant que sa mère n'était pas de retour à la maison ? Des fils comme lui de toute évidence.
-J'ai parlé à la mère de Drago et je voulais lui transmettre son message.
Il vit Drago froncer aussitôt les sourcils.
-Je la vois dans deux jours. Répliqua Drago. Pourquoi…
-Tu lui demanderas. Rétorqua nonchalamment son père. Elle voulait que je te dise qu'elle t'a inscrit à un concours de peinture. Si tu gagnes ce concours… tu pourrais rentrer dans une célèbre école d'art. N'est-ce pas extraordinaire ?
S'il devait en juger par l'air assombri de Drago, non, il ne s'agissait pas d'une bonne nouvelle. Le blond passa alors à côté de lui avant de monter rapidement les marches d'escaliers. Harry et son père échangèrent un regard perplexe avant que le brun ne se mette à courir après Drago. Qu'est-ce qui pouvait bien se passer dans la tête du blond ? Pourquoi avait-il donc réagi de cette manière ?
Il pénétra vivement dans la chambre de celui-ci pour voir Drago entrain de tourner, avec une certaine rage, les pages de son cahier de dessin. Harry s'approcha lentement de lui avant de poser sa main sur l'épaule raide comme une barre de fer du blond. Celui-ci se contenta de lui jeter un regard irrité.
-Pourquoi est-ce qu'elle a fait ça ? Siffla-t-il. Je lui ai déjà dit que je n'irai pas dans une école d'art.
-Pourquoi tu ne veux pas y aller ?
-Parce que ça coûte de l'argent. Enormément d'argent. Et, il n'y a aucune garanti que je réussirais. C'est un projet stupide. Très stupide.
Le blond s'apprêtait visiblement à déchirer violemment ses dessins et Harry n'eut d'autres choix que de le tourner brusquement vers lui en lui tenant fermement les bras afin qu'il ne fasse rien de stupide.
-Pourquoi est-ce que ce serait un projet stupide ? Tes dessins sont beaux.
-Pas assez beau. Répliqua le blond.
La colère de Drago sembla le quitter soudainement et il baissa la tête vers le sol, n'osant visiblement pas le regard face à face.
-Pourquoi est-ce que tu dis ça ?
-Parce que je n'arrive pas à dessiner ce que je veux dessiner.
Il se dégagea alors de l'étreinte d'Harry pour se passer nerveusement la main dans les cheveux.
-Je veux pouvoir dessiner quelque chose qui touche le cœur des gens. Chuchota-t-il. Je veux pouvoir dessiner quelque chose qui fera réagir quelqu'un. Je veux qu'une personne regarde mes dessins et se disent « Voilà ce que je ressens. Voilà ce que je suis. ».
Il enroula alors ses bras autour de lui, n'osant toujours pas le regarder.
-Je veux pouvoir dessiner un sentiment… Une émotion… Juste un moment qui a réussi à tout changer. Je veux que mon art ressemble à ça, mais j'en suis incapable. Alors, je ne veux pas montrer mes dessins.
Qu'était-il sensé dire dans une telle situation ? Il n'était pas doué avec les mots. Il n'avait jamais eu à être doué. Personne ne s'était jamais vraiment confié à lui. Ou bien, s'il osait se confier, Harry n'avait jamais eu à répondre quoi que ce soit. Mais maintenant… il voulait pouvoir dire quelque chose qui réussirait à faire comprendre à Drago ce qu'il pensait de ses dessins… Il se saisit alors du cahier du blond et tomba sur l'image de Narcissa Malfoy. Elle souriait toujours de son air paisible, son regard semblant lui dire de venir lui donner un câlin. Et il éclata soudainement de rire.
-Tu es stupide. Déclara-t-il. Comment peux-tu dire que tes dessins ne reflètent aucune émotion.
Les yeux de Drago se posèrent vivement sur lui mais il ne lui prêta aucune attention. Il était bien trop occupé à dévisager le beau visage de Narcissa Malfoy.
-Ta mère est vraiment une belle femme. Continua-t-il.
-Je te l'ai déjà dit. Je sais que mes dessins sont beaux. Ce n'est pas ça le problème.
-Tu es vraiment stupide. Répéta Harry. Comment peux-tu priver le monde de ton talent ?
-Tu es mon ami, c'est pour ça que tu me dis ça.
-Tu as raison. Même si tu aurais dessiné comme un pied, je t'aurais dit de tenter ta chance et de vivre ton rêve. Et, lorsque tu aurais échoué, je t'aurais dit de ne pas abandonner et qu'il y a toujours une autre chance. Je t'aurais parlé de tous ces grands artistes qui ont déjà reçu des refus, je t'aurais encouragé jusqu'à ce que tu deviennes à peu près bon. Parce que tu es mon ami.
Il passa lentement sa main sur le visage de Narcissa Malfoy, souriant gentiment alors qu'il savait pertinemment que ses yeux ne souriaient nullement.
-Pourtant… Lorsque je regarde tes dessins, je ne pense pas à notre amitié. Je regarde le dessin de ta mère et je me dis « Ah… c'est ça avoir une mère… Une mère qui t'aime… une mère qui te voit… C'est à ça que sa ressemble d'avoir une mère qui nous aime… ». C'est pour ça que tu es un imbécile. Parce que, avec un simple dessin, tu réussis à me rendre jaloux de ta relation avec ta mère.
Il daigna alors s'approcher de Drago et posa le cahier entre ses mains délicates. Il pouvait voir la surprise dans les traits du blond… son ébahissement total face à sa déclaration.
-Tes dessins sont remplis d'émotions Drago. Dommage que tu sois trop aveugle pour le voir.
Sans un mot de plus, il quitta la chambre du blond.
À suivre…
