Chapitre 28 : Disparition
Les quelques jours qui passèrent furent un supplice pour Morgana. Sirius ne cessait de s'accrocher à elle comme une bouée de sauvetage créant des interrogations de la part de ses amis. Il ne cessait de faire la tête et n'avait pas abordé son frère.
A chaque fois, Morgana insistait pour qu'il aille le voir mais le maraudeur promettait qu'il le ferait quand elle ne serait plus là. « Sirius, tu dois le voir avant. » Répétait-elle. Mais le garçon changeait de sujet.
Regulus, lui, jetait de fréquents coups d'œil dans sa direction mais sans jamais l'aborder. Il paraissait toutefois particulièrement soucieux.
Mais ce qui était le plus bizarre dans toute cette histoire, c'était la disparition d'Erina… Personne ne semblait s'en être rendu compte, personne ne parlait d'elle et surtout, les affaires de son dortoir avaient été retirées… Les professeurs avaient-ils sus qu'elle avait disparu ? Et où était la vraie Erina à présent, celle dont Jane avait usurpé l'identité ?
Ces questions restèrent sans réponse pour la jeune fille, mais ne furent pas sa priorité cependant. En effet, elle avait beaucoup à faire entre supplier Sirius, profiter de ces derniers instants avec lui, passer les ASPIC en même temps et profiter à fond de sa relation forte avec Lily Evans avant de rentrer chez elle…
La veille de son départ, dont elle ne savait pas l'heure exacte, Morgana décida de faire une chose qu'elle risquait de longuement regretter : elle menaça Sirius de ne pas venir le voir le lendemain si il n'allait pas parler à son frère. Les deux amants se disputèrent et Morgana monta dans son dortoir bien décidée à ne pas en ressortir de la journée.
Mais elle ne tint pas sa décision…
En effet, ce matin-là, elle se hâta d'écrire une longue lettre à Sirius lui révélant tout, ainsi qu'à Lily afin d'évoquer également pourquoi elle partait. Aux alentours de midi, elle sortit du dortoir, le cœur noué, pour rejoindre tous les élèves. Avant même d'entrer dans la grande salle, Sirius la vit et se précipita auprès d'elle pour la serrer dans ses bras.
-Pardonne-moi Morgane ! Pardonne-moi ! Je t'en supplie !
Morgana fondit aussitôt en larme tandis que son poing chiffonnait la lettre destinée à Sirius qu'elle gardait dans sa main.
Le maraudeur la berça un instant mais la brunette devina qu'il avait le cœur en miette. Tout comme elle.
-Ne me quitte pas, supplia-t-il à nouveau, tu n'as pas le droit !
A ces mots, la jeune fille s'éloigna d'un petit pas et regarda son amoureux droit dans les yeux :
-Je t'ai écrit une lettre, tu auras toutes les informations nécessaires pour la prophétie, mais promets-moi de ne pas la lire avant mon départ, sinon, je risque de disparaître à jamais. As-tu parlé à Regulus ?
-Comment peux-tu me demander ça alors que tu vas partir ?
-Il le faut, Sirius, la 7ème lune, c'est aujourd'hui !
-Quand pars-tu ? s'enquit le Gryffondor ignorant volontairement sa dernière remarque.
-Sirius, soupira la jeune fille.
-Répond-moi !
-Je ne sais pas, répondit honnêtement Morgana, mais je t'en prie, il faut que tu réalises la prophétie avec Regulus.
Sirius posa un doigt sur ses lèvres pour la faire taire et il l'embrassa. C'était un baiser tendre et tellement désespéré que cela émut de nouveau Morgana. Rapidement, elle glissa la lettre dans la poche de la cape de Sirius pour passer ses bras autour du cou de son amant.
****
Sirius s'accrochait désespérément à Morgane – enfin Morgana, elle ne se rendait pas compte à quel point il avait mal. Ses lèvres étaient humides et avaient le goût du sel de ses larmes. Le jeune garçon essaya d'en profiter au maximum. Si seulement, il pouvait savoir, comprendre qui elle était réellement, d'où elle venait et pourquoi ? Si elle pouvait tout lui expliquer, s'il pouvait encore la voir, passer des week-ends avec elle à Pré-au-lard ou se lancer des piques.
Mais elle devait partir et elle n'avait même pas le droit de lui dire quand, comment et où ? Le garçon renforça son étreinte, mais soudainement, Morgana perdit l'équilibre et s'écroula faisant basculer Sirius en avant. Celui-ci faillit tomber, mais réussit à rester debout malgré tout. Morgana était allongée au sol, le visage pâle, inconsciente.
Sirius se pencha vers elle, paniqué et lui donna des petites tapes pour la ranimer, mais la jeune fille restait inerte. Pris de peur, le maraudeur glissa ses mains sous la frêle silhouette de la demoiselle et la hissa contre lui afin de la porter à l'infirmerie.
Lorsqu'il arriva, l'infirmière lui indiqua de l'allonger dans un lit. Elle l'ausculta quelques instant sous l'œil inquiet de Sirius puis donna son diagnostique.
-Elle s'est encore évanouie à cause d'un manque de magnésium, ce n'est pas la première fois, il va vraiment falloir qu'elle prenne rendez-vous à sainte mangouste pour avoir un traitement, marmonna l'infirmière plus pour elle-même que pour Sirius.
Le maraudeur s'assit au chevet de Morgana et remit en place une de ses mèches.
-Peut-elle rester longtemps inconsciente ? demanda-t-il légèrement rassuré.
-Oh, non, je pense qu'elle se réveillera d'ici une ou deux minutes. Ce n'est qu'un simple évanouissement, je vais lui chercher une potion…
A peine, la femme eut-elle terminé sa phrase que Morgana papillonna des yeux. Elle croisa le regard de Sirius qui lui adressa un immense sourire.
-Ah, tu es réveillée ! Tu m'as fichu une de ces frousses !
Il se pencha pour l'enlacer mais étrangement, la brunette ne réagit pas à son étreinte. Lorsqu'il s'en rendit compte, il s'écarta, pris d'un doute.
-Morgana ? demanda-t-il tandis qu'elle le regardait avec de grands yeux ahuris.
Elle ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit de sa bouche. Sirius l'observa avec un peu de recul. Elle avait quelque chose d'étrange…
-C'est…, commença-t-elle la voix enrouée. Je suis à Poudlard ?
Sirius hocha la tête ne comprenant pas son étonnement.
-Quel jour sommes-nous ?
Mais avant que Sirius ne puisse répondre, Morgana fronça les sourcils.
-Tu m'as appelé Morgana ?
Cette fois-ci le maraudeur fronça les sourcils.
-Pourquoi as-tu l'air si surprise ? Tu ne te souviens pas de ces derniers jours ? s'inquiéta-t-il.
-Je ne suis pas Morgana, répondit alors la jeune fille simplement.
Sirius ouvrit la bouche mais la referma aussitôt. Si elle n'était pas Morgana, cela voulait dire qu'elle…
-Je suis Morgane...
-Quoi ? s'étonna le maraudeur sans comprendre.
Puis soudain il écarquilla les yeux.
-Oh ! Bordel de merde ! jura-t-il avec un haut le corps en reculant brutalement. Morgane, tu es redevenue Morgane ? Tu es redevenue… Oh ! Par Merlin ! C'était comme ça ! Oh Bordel !
Sirius n'avait absolument pas pensé au fait que la disparition de Morgana déclencherait le retour de celle qu'il avait haït presque toute sa scolarité.
-D'où viens-tu ? osa-t-il demander en tentant de calmer la fureur mêlé de tristesse qui montait en lui.
Mais la jeune Poufsouffle ne le regardait plus. Elle n'avait même pas réagit à la brusque réaction du maraudeur. Elle promenait son regard sur l'infirmerie comme si elle voulait s'imprégner du décor qui était sous ses yeux.
-Morgane ? appela le Gryffondor surpris.
Lorsque la jeune fille le regarda à nouveau, Sirius vit qu'elle était en train de fondre en larme… Décidément c'était une journée à aller se noyer avec tout ce chagrin…
-Je suis enfin revenue à Poudlard ! sanglotait-t-elle tandis que le maraudeur n'osait pas s'approcher. Je suis enfin revenue ! Oh par Merlin, je n'y croyais plus !
Moyen-Age
Morgana avait la bouche complètement pâteuse. Elle sentit quelque chose de frais caresser son front en sueur et reprit conscience. Elle ouvrit délicatement les yeux et tomba sur deux iris couleur noisette.
-Oh ! Par Merlin ! s'écria-t-elle en se redressant d'un coup.
Henry, surpris par une telle réaction sursauta et recula de quelques pas.
-Morgane ! Vous m'avez fait peur !
-Henry ! s'exclama la voyageuse du temps littéralement effrayée.
-Tout va bien, Morgane, vous avez juste perdu connaissance, expliqua le garçon en faisant un geste ayant pour but de l'apaiser.
Morgana s'assit sur son lit et glissa son visage entre ses mains avant de fondre en larme. Cette fois-ci, les sanglots la secouaient comme jamais ça n'était arrivé auparavant. Elle déversait toute sa souffrance et ses peurs dans ses larmes qui coulaient à flot sur ses joues déjà marquées par la tristesse des quelques jours précédents.
-Morgane ? murmura Henry en venant s'asseoir à côté d'elle et en déposant une main timide sur son épaule. Que se passe-t-il ?
La jeune fille ne pouvant pas répondre tout de suite se laissa pleurer jusqu'à épuisement puis se calma à l'aide des caresses patientes d'Henry sur son dos.
-Henry… sanglota-t-elle en relevant les yeux vers celui qu'elle n'avait pas vu depuis bien longtemps et qu'elle avait même… presque oublié. Pourquoi m'appelez-vous Morgane… ? Je suis Morgana.
-Morgana ? s'écria le sorcier en se levant d'un bond comme si on l'avait électrocuté.
La sorcière fut un peu surprise par sa réaction, puis se rappela qu'à son époque, les contacts physiques étaient très rares et souvent plutôt intimes.
-Vous êtes revenue ? Mais où est Morgane ?
Morgana resta bouche-bée. Sa descendante aurait-elle atterrit à son époque dans son corps pendant que la voyageuse du temps avait habité le sien à Poudlard en 1975 ? Ca pourrait être tout à fait logique !
-Vous voulez dire que vous avez rencontré Morgane ? s'enquit alors la jeune fille partagée entre une grande tristesse et une forte curiosité
-Vous la connaissez ? S'étonna Henry toujours un peu effrayé.
-Oh, si vous saviez…, marmonna l'ancienne Poufsouffle. Si vous saviez tout ce qui vient de m'arriver, vous ne me croiriez pas…
1975
Sirius déambulait tristement dans les couloirs. Il avait quelque peu discuté avec Morgane, l'ancienne, qui avait repris possession de son corps. Celle-ci lui avait expliqué son voyage inexpliqué dans le temps.
Le maraudeur l'avait écouté puis lui avait donné sa version, même si il ne connaissait pas véritablement tous les faits. En entendant parler la véritable Poufsouffle, il comprit rapidement que ce n'était pas une blague. Morgana était partie… Elle l'avait abandonné avec une seule recommandation : se lier d'amitié avec son frère. Elle avait emmené tous ses secrets avec elle et même son cœur.
Le jeune garçon traînait misérablement des pieds et ses pas le menèrent rapidement à la tour d'astronomie où il s'accouda au muret pour observer le ciel. Laissant ses pensées vagabonder, il laissa le temps s'écouler… Soudain, il sursauta brutalement.
Fouillant rapidement dans chaque poche de sa cape, il finit par ressortir plusieurs parchemins pliés en quatre. Une forte excitation le saisit et il commença à les déplier pour lire le contenu :
« Mon cher Sirius, Je me devais de t'écrire cette lettre car il aurait été bien injuste que je parte sans que tu ne saches toute la vérité. Ces derniers temps, tu n'as pas dû bien comprendre ce qui t'arrivait. Entre la prophétie, tes conflits avec Regulus, notre histoire et les révélations d'Erina, tu avais toutes les raisons de perdre un peu la tête. Alors, je vais te révéler par étape tout ce que tu dois savoir. Dans un premier temps, je vais me présenter. Je m'appelle Morgana Olliway, je suis née en 1415… »
-1415 ! s'écria Sirius choqué.
Il relut la phrase pour être sûr qu'il ne s'était pas trompé puis reprit sa lecture abasourdi.
« …et oui, tes calculs sont exacts, c'est bien au Moyen-âge (selon les termes de votre époque). Je suis une sorcière mais qui n'avait jamais été à l'école Poudlard car j'ignorais que cette école existait. Je te laisse cette page de livre (feuillet n°2) que j'ai recopié afin que tu comprennes pourquoi. »
Le maraudeur déplia une feuille tirée de l'histoire de Poudlard que Morgana avait annotée. Il interrompit la lecture de sa lettre pour voir les informations que contenait ce billet. Il y trouva tout le passage concernant la supercherie effectué par le professeur de magie de sa petite amie. Cette dernière avait ajouté des informations la concernant et des précisions qui l'aidèrent à comprendre la situation. Puis, une fois qu'il eut terminé, il saisit de nouveau la lettre et se remit à la lire :
« J'ai d'ailleurs comme projet en rentrant à mon époque de retrouver l'école Poudlard et l'intégrer. Ce voyage dans le temps m'aura au moins permis d'accomplir tout cela. Enfin… revenons-en à mes explications : Alors que j'étais en 1415, j'ai entendu la voix d'une jeune fille s'adresser à moi par la pensée. Elle disait être présente à mes côtés et a essayé de me toucher. Cela me faisait peur car je ne la voyais pas. Elle me donnait l'impression d'être folle. Toutefois, j'ai senti son contact et alors, avec étonnement, je me suis évanouie… Je crois que ça s'est passé comme ça, car en réalité, mes souvenirs sont aujourd'hui assez flous. Mais pour faire court, je me suis réveillée à Poudlard en 1975. La jeune fille que j'avais entendue dans mes pensées a continué à me parler par télépathie, nous étions liées par un sort qu'elle avait fait. Ce sort avait pour but d'envoyer une personne neutre dans l'époque où l'on désirait apporter des changements. Cette jeune fille (dont je tairai l'époque et le prénom pour le bien de l'avenir) vivait dans un futur bien sombre et peu réjouissant pour elle et pour ses amis. Cette décision un peu insensée l'a amené à me confier une mission : intervenir sur des éléments dans votre époque pour changer son présent à elle. Cependant, les choses ne se sont pas passées comme prévu, un jeune garçon qui ne partageait pas ses idées a appris qu'elle avait fait ce sort, il a dérobé la formule pour faire apparaître en 1975 une personne qui agirait pour m'empêcher de réaliser la mission qu'on m'avait confiée. Cette personne comme tu t'en doutes, c'était Erina Macwell – ou plutôt, comme elle l'a dit elle-même Jane Lyndon. Elle s'est liée d'amitié avec moi, elle a essayé de tout savoir et elle a gagné ma confiance. Le premier élément qui aurait dû me mettre la puce à l'oreille (et pardonne-moi pour cela), c'est la carte des maraudeur. J'ai confié à Erina l'existence de cette carte et alors que j'accusai Corbin de l'avoir volé et niait auprès de toi avoir un quelconque rapport avec sa disparition, ma fausse amie l'avait récupéré dans votre dortoir (peut-être par l'intermédiaire de Peter, je ne sais pas). »
Sirius releva la tête de sa lecture.
-La carte des maraudeurs aurait été volée par Peter et Erina ? J'hallucine !
Il lança quelques jurons avant de reprendre :
« Le jour où nous nous sommes retrouvés ensemble chez Mac Gonagall, le soir où nous avons été collés, je venais de surprendre Erina en possession de la carte des maraudeurs, c'est d'ailleurs Rusard qui l'a récupéré. Par quelques ruses, mon amie m'a expliqué qu'elle l'avait trouvé en possession de Corbin, mais c'était un mensonge pour la couvrir, car en réalité, elle a dû l'envoyer entre les mains de ce garçon avant de le récupérer pour faire croire à un hasard. Je suis désolée, je n'ai rien dit car j'avais honte d'avoir été aussi indiscrète et je voulais vraiment gagner ta confiance et celle des maraudeurs. »
Le Gryffondor hocha la tête en soupirant.
« Par la suite, il y a eu les agressions diverses des Serpentards, je n'en ai pas la preuve, mais je suis quasiment sûre que c'est Erina qui nous a dénoncé auprès d'eux. Comme elle me détestait, je pense qu'elle a dû leur demander de s'acharner sur moi… Mais enfin, ne l'accusons pas de tout. Toutefois, je suis persuadée qu'elle est à l'origine de la décision d'assassiner les parents de James Potter… »
Sirius secoua la tête. Non, Erina n'était pas à l'origine de cet assassinat. Les parents de James avaient été tués car ils représentaient une menace auprès de Voldemort en effectuant des missions contre lui. James lui avait parlé une fois, il avait surpris une conversation de ses parents et cela l'avait inquiété.
« Pour continuer, je vais aborder le sujet de la prophétie. Nous étions bien concernés tous les deux par cette dernière. J'étais l'adolescente des temps anciens, pas par mon nom, mais bien par mon origine, mais je ne pouvais te le révéler, je te remercie donc de ne pas savoir parler latin… »
Le jeune homme eut un léger sourire emprunt de tristesse à la lecture de cette phrase.
« …Nous devions bien nous rapprocher toi et moi pour que je t'aide ensuite à te lier avec ton frère afin que votre fratrie soit réunie. Car oui, Sirius, vous êtes les élus de la prophétie. Tu peux penser tout ce que tu veux de Regulus, celui-ci dans le futur va réaliser une action qui fera de lui un héros de l'ombre. Il faut empêcher cela, Regulus doit accomplir bien plus et vous deux ensemble, vous le pouvez. En vous unissant avant la 7ème lune. Aie confiance Sirius, Aie confiance en moi ! Pour reprendre sur Erina, je l'ai mise au courant de la prophétie, malheureusement. Je ne sais pas comment elle s'est organisée pour me faire croire qu'elle n'y était pour rien dans l'histoire, mais elle en a parlé aux mangemorts (et je pense que Regulus doit être au courant) et Voldemort l'a rapidement su. Ton frère et elle m'ont alors mené dans un piège. Je me suis fait enlever et tourmenter afin d'avouer le contenu de la prophétie. Ce que j'ai finis par faire. Toutefois, j'ai nié connaître sa signification et étrangement, on m'a crue. Nous avons été libérées le soir même par un mangemort qui m'était inconnu, il était caché par un masque et m'a dit que je me battais pour une noble cause. Je n'ai aucune idée de son identité, mais il devait être présent lors de ma torture. Il a insisté pour que l'on ne dise rien de notre enlèvement et en échange il assurerait notre protection à l'école (ce qui veut dire qu'il se trouve à Poudlard). J'ai accepté le deal. Comme je n'avais eu aucune preuve que Regulus m'avait fait tomber dans ce piège même si je m'en doutais, le Serpentard a finit par venir me voir et m'a avoué qu'il était à l'origine de mon enlèvement et qu'il était présent. Il avait donc tout entendu sur la prophétie. Il avait l'air très troublé. Il a voulu savoir qui était les concernés par cette prophétie. Alors furieuse, je lui ai sorti tout ce que j'avais sur le cœur. Il a alors compris qu'il était l'élu ainsi que toi et qu'il était grand temps que vous vous réconciliez. Il est toutefois parti sans me dire un mot. Puis plusieurs événements ont eu lieu dans l'époque de celle qui m'avait invoquée. En voyant également que je me rapprochais de mon départ, j'ai pris peur et c'est pourquoi, je suis venue te parler de tout ça. S'ensuit ce que tu sais : la confrontation avec ton frère, l'aveu d'Erina-Jane et sa disparition… J'espère ne pas t'avoir trop embrouillé avec ces révélations. En réalité, j'ai d'autres éléments qui ont un tout autre enjeu à te révéler et qui va concerner ta mission avec Regulus. Sache que ce que je vais te dire est vraiment dangereux. Je te fais confiance et je sais que tu vas réaliser de grandes choses… mais ce qui suit va être un moment extrêmement douloureux pour toi et ton frère si vous acceptez de le faire. Alors, prends le troisième feuillet que je t'ai écrit si tu te sens prêt à accomplir la prophétie. Toutefois, je t'en supplie Sirius, lis-le en présence de ton frère… Si tu refuses d'accomplir la prophétie, je comprendrai et mon amie télépathique qui est à l'origine de tout cela comprendra aussi, mais dans ce cas, ne lis pas ce parchemin et brûle-le. Dans tous les cas, je te remercie d'avoir été mon ami et petit ami pendant cette courte mais intense période de ma vie. Je sais que j'ai brisé nos deux cœurs et sache que j'en souffre énormément, mais je ne regrette rien. Tu es une personne très importante qui m'a beaucoup apporté et fait grandir et je t'en suis reconnaissante… »
« Oh, Morgana ! » Pensa Sirius bouleversé par ce paragraphe.
« Je te souhaite de continuer ta vie sans plus penser à moi et de trouver le bonheur en compagnie de tes amis. Ta dévouée Morgana. PS : Peux-tu confier le deuxième parchemin à Lily où je lui explique mon départ ? »
Je t'embrasse tendrement
Sirius laissa échapper un long soupir avant d'attraper les deux derniers feuillets l'un était adressé à Lily Evans, l'autre, cacheté par de la cire s'adressait à Sirius et Regulus Black. Il hésita longuement puis en relisant entièrement la lettre de Morgana, il décida de rebrousser chemin le cœur lourd.
Il s'avança dans la bibliothèque, presque sûr d'y trouver son frère. Ce dernier était, comme à son habitude, assis à sa table de travail. Malgré toute la haine qu'il avait pour lui, Sirius avait toujours été impressionné par son côté sérieux et calme qui s'opposait complètement au sien.
-Regulus, est-ce qu'on peut se parler ? grommela-t-il d'un air renfrogné.
Le cadet des Black se redressa et regarda longuement Sirius dans les yeux.
-D'accord, dit-il finalement. Il se hâta de ranger ses affaires avant de suivre son frère jusqu'à la sortie.
-C'est la première que je te vois aussi calme en ma présence…, remarqua le Serpentard d'une voix égale.
-Morgane est partie.
Regulus resta silencieux et Sirius l'observa quelques secondes. Le jeune garçon lui ressemblait et même si il avait des traits moins réguliers et plus enfantins, il paraissait malgré tout un peu plus mature et cela vexa profondément le Gryffondor.
-Pourquoi as-tu enlevé Morgane ? demanda-t-il d'une voix qui frisait la rancœur profonde.
-Il y aurait tellement de choses qu'il faudrait te dire, Sirius… Mais, dans quel but es-tu venu me voir ? Seulement parler de Morgane, enfin Morgana ou bien réaliser ses dernières volontés et réaliser la prophétie avec moi.
-Tu parles d'elle comme si elle était morte…, reprocha Sirius.
-C'est un peu comme si c'était le cas… sauf qu'au lieu d'aller au paradis ou je ne sais où dans la mort, elle revenue à son époque, mais au jour d'aujourd'hui, elle est bien mor…
-Tais-toi, ça suffit, c'est déjà suffisamment dur comme ça.
-Tu l'aimais cette fille ? s'enquit le Serpentard qui semblait un peu surpris.
-Ce ne sont pas tes affaires ! Est-ce que je te demande si une fille te plait, moi ?
-Non, mais pour ta gouverne, je pense que Morgana était également attiré par moi.
Sirius releva brutalement les yeux et croisa le regard moqueur de son frère :
-Tu crois vraiment que ce genre de phrases peut me faire du bien peut-être ?
-Tu as raison, confirma Regulus, nous ne sommes pas là pour parler d'elle. Que voulais-tu me dire alors ?
La colère de Sirius s'évapora à cette question et il décida de mettre son orgueil de côté juste pour réaliser le souhait de Morgana, en sa mémoire.
Il fouilla dans ses poches et en ressortit le parchemin cacheté.
-Morgana m'a donné ceci pour que nous accomplissions la prophétie ensemble.
Regulus sourit. Pour la première fois depuis très longtemps, il ressentait un véritable sentiment de bonheur. Dès que ses pensées parvinrent à son cerveau, il les refoula et se reforma son masque habituel :
-Je t'écoute.
-Tu as vraiment envie de détruire ton maître ? s'étonna Sirius.
-Il y a beaucoup de points sur lesquels j'ai évolué Sirius…, répondit simplement Regulus.
