Désolée pour l'attente, j'ai eu beaucoup de travail ces derniers temps. A priori je pourrai poster un chapitre tous les deux-trois jours pendant les vacances (j'aimerais plus, mais je dois travailler mon… GREC XD et peut-être le Bac de Français, ça pourrait être utile).

Candice.


Chapitre 28 : Bonnes nouvelles

Dans la Grande Salle, Sirius aperçut Regulus de loin et alla le rejoindre.

-Salut Reg, dit-il.

-Qu'est-ce que tu veux ?

Regulus paraissait craindre son frère. Apparemment, le souvenir où Sirius partait de la maison restait bien ancré dans son esprit.

-Je ne pense pas qu'ils m'auraient invité, mais ce n'est pas la peine que Bellatrix et Lestrange m'envoient un carton d'invitation pour leurs fiançailles… pareil pour le mariage, évidemment.

Regulus lui promit qu'il enverrait un hibou aux parents pour le leur dire. Sirius fit demi-tour pour retourner à la table des Gryffondor.

-Sirius ! l'apostropha Regulus.

Sirius regarda par-dessus son épaule et vit son frère se lever pour s'approcher.

-Père… Il a envoyé une lettre au Ministère de la Justice, ils ont décidé de te renier définitivement, cette fois ci.

Pourquoi Regulus le lui disait-il ? Ils ne s'étaient jamais entendus. Il dévisagea son frère et il lui sembla y lire de la tristesse. Mais que lui arrivait-il donc ?

-Merci de me prévenir.

-Oncle Alphard s'est disputé avec eux à la fin des vacances. Il leur a dit qu'ils étaient trop durs avec toi.

Alphard était l'un des seuls membres de la famille Black, avec Andromeda, avec qui Sirius s'entendait.

-Père l'a mis à la porte mais il a eu le temps de dire avant que partir qu'il allait tout te léguer.

Tout lui léguer ? Mais pourquoi parler d'héritage ?

-Il est malade, finit Regulus.

-Oh ! s'exclama Sirius.

Il était vraiment peiné. Et si Alphard parlait d'héritage, ça voulait dire que c'était grave…

-On lui laisse encore quatre mois, tout au plus, ajouta Regulus d'un air sombre.

-Merci de m'avoir prévenu, dit Sirius. A plus, Reg.

Cette fois-ci, il retourna vraiment à la table des Gryffondor.

-Je ne serai pas invité, dit-il.

-Bonne nouvelle, répondit James.

Sirius ne sut même pas comment la fête des fiançailles s'était déroulée. Il n'eût d'ailleurs pas de nouvelle de sa famille (hormis Regulus) pendant trois mois.

Après les vacances de Noël, McGonagall les bombarda de devoirs. Ils devaient faire des recherches sur les Animagi. James lança un regard complice à Sirius qui leva le pouce. Il dirigea ensuite son regard vers Lily qui notait soigneusement les devoirs dans son agenda.

-Mr Potter, j'ose espérer que les Animagi vous intéressent plus que les cheveux de Miss Evans ?

Toute la classe rit. Les visages de James et Lily rougirent.

-Les Animagi sont un sujet passionnant, affirma James.

-Je suis heureuse de vous l'entendre dire, répondit glacialement McGonagall.

Dès que la fin de l'heure eût sonné, James fourra ses affaires dans son sac et sortit le premier de la salle, presqu'en courant. Sirius essaya de le suivre mais il sembla que le jeune homme avait disparu à l'angle d'un couloir.

-Fichue cape d'invisibilité, pesta-t-il.



Il ne retrouva James qu'en fin de soirée, mais celui-ci dormait déjà profondément dans son lit. Il n'essaya pas de le réveiller de peur de se prendre un sort dont il se souviendrait. Le lendemain, quand il se réveilla, James était déjà levé et ses chaussons lapins attendaient sagement au pied de son lit. Il descendit avec Peter jusqu'à la Grande Salle où ils purent retrouver les autres.

A l'arrivée du courrier, et plus particulièrement de la Gazette du Sorcier, des exclamations fusèrent dans la Salle.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda James en essayant de lire le journal par-dessus l'épaule de Lily.

-C'est horrible, dit-elle en lui passant le journal d'un air abattu.

PREMIER GRAND MASSACRE DEPUIS PRE-AU-LARD

Depuis l'attaque de Pré-au-Lard en octobre dernier, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom s'était fait presque discret. Malheureusement, la nuit dernière, Vous-Savez-Qui et ses nouvelles recrues – pour la plupart tout fraîchement sorties de Poudlard – ont sauvagement attaqué un village entièrement habité par des Moldus. Evidemment, aucun ne pouvait se défendre et il n'y a donc aucun survivant.

Les Aurors font leur possible pour arrêter le plus de partisans possibles, partisans qui se font plus communément appelés Mangemorts. Keith Urgway, nouveau directeur du Département des Aurors, a déclaré très tôt ce matin que « ces pertes étaient regrettables mais nécessaires pour rallier le plus de sorciers possibles à la cause du bien et du Ministère. Nos unités font leur possible pour stopper le mage noir et je suis confiant dans notre réussite prochaine. »

Beaucoup ont jugé Keith Urgway inapte à prendre la direction du Département, mettant en valeur la difficulté de succéder au brillant William Potter : « William Potter était un excellent Auror et un très bon chef » dit Urgway, « mais il faut se rendre à l'évidence qu'il ne peut plus travailler en raison de sa santé. Je saurai me montrer digne de mon poste et on oubliera bientôt son excellent travail pour se souvenir du mien. »

Le Ministère lance par ailleurs un appel à toute la communauté magique. Il est impératif de contacter le bureau des Aurors si vous apercevez une des personnes suivantes ».

En bas de l'article se trouvaient les photos de plusieurs anciens élèves – dont Lucius Malefoy, Crabbe, Goyle et…

-BELLATRIX ?! s'écria Sirius.

La photo de Bellatrix était en effet entre celle de Goyle et Lestrange.

-C'était à prévoir, dit Sirius en essayant de cacher son malaise.

Ca ne l'étonnait guère de voir Bellatrix en tant que Mangemort mais il ne pensait pas que ce serait aussi tôt. Il reposa le journal et tourna le dos à James. Il sentait que son ami savait qu'il était troublé par la photo de sa cousine dans le journal mais ne tenait pas à ce qu'il approfondisse le sujet devant les autres. En fait, il ne voulait pas qu'il aborde ce sujet tout court.

Il évita le reste de la journée les autres et resta plutôt distrait en cours de Potions.

-As-tu ajouté les pattes de cafard ? demanda Lily.

Comme il ne répondait pas, elle agita sa main devant les yeux du jeune garçon.

-Sirius Black nous ferait-il l'honneur de revenir parmi nous ?

-Hein ? Quoi ?

Elle lui sourit et lui tendit les pattes de cafard.

-Toi devoir mettre pattes de cafard dans chaudron.

Il s'exécuta, de façon très distraite toutefois.

-Black ?

-Mmh ?

-Tu es sûr que ça va ?

-Depuis quand t'intéresses-tu au cas Sirius Black ? demanda-t-il sèchement.

-Depuis que ledit Sirius Black pourrait potentiellement rater la potion, répondit-elle tout aussi sèchement.

Il soupira. Elle ne comprendrait pas, personne dans sa famille n'était Mangemort.

-C'est à cause de ta cousine, non ?

Merlin que les filles pouvaient être intelligentes, pensa Sirius. Il prit de l'essence de Bégonia et en versa dans la potion.

-Ouais, marmonna-t-il.

-Ca fait bizarre de se dire qu'il y a quelques mois, on se lançait des sorts de couloir et qu'aujourd'hui, ils tuent…

-Quand je partirai de Poudlard, je défendrai les Moldus et tous ceux qui sont rejetés par Tu-Sais-Qui.

Lily sourit et continua sa Potion.

-Et toi, tu feras quoi quand tu seras sortie de Poudlard ? demanda-t-il.

-Je ne sais pas trop, dit-elle en arrêtant d'éplucher sa figue. Quand je ne savais pas encore que j'étais une sorcière, je voulais être médecin ou sage-femme.

-Médecin ? Sage-femme ? Tu peux arrêter de parler chinois, s'il te plait ?

-Un médecin, c'est comme un Guérisseur et une sage-femme, c'est un gynécomage. Tu ferais mieux d'écouter en Etude des Moldus, ajouta-t-elle en riant.

-Un truc dans le médical… Remarque, ça t'irait plutôt bien.

-Et toi, quels sont tes projets à part vaincre le Mal ?

-Avec James on avait pensé à faire une formation d'Auror.

-Potter, Auror ? s'étonna-t-elle.

-Et pourquoi pas, Miss Evans ?

-Il n'est… enfin, je veux dire que… Il est tellement immature que je le vois mal Auror.

-Au fond, il n'est pas si immature que ça. Il faut juste prendre le temps de le connaître.

Elle ne répondit pas et se concentra à nouveau sur sa figue.

-Tu sais, je crois qu'il est sincère avec toi.

-Tellement qu'il veut me posséder.

-Il ne voulait pas dire ça, il a mal choisi ses mots…

-Finalement, tu fais un bon choix en voulant être Auror. Tu ferais un piètre avocat, Black.

Elle lui interdit jusqu'à la fin de l'heure de toucher aux différents ingrédients et à la potion. Qu'est-ce qu'ils avaient tous à lui dire que James était sincère ? Il n'aimait personne à par lui-même et son stupide bout de bois, appelé plus communément balai. Il aimait la provoquer et l'énerver pour son amusement personnel. Sa vie devait être d'un ennui !

Après le cours, James attrapa Sirius et lui demanda pourquoi il évitait les Maraudeurs. Sirius refusa de répondre et son ami devina bien que c'était à cause de Bellatrix.

-Si c'est parce que tu as peur qu'on te juge à cause d'elle, on n'en fera rien. Promis. On en a vu d'autres, genre l'excès de pilosité mensuel de Lunard.

Il donna une tape dans le dos de Patmol et un pétard explosa quelques secondes plus tard juste devant Rogue.

-Je te retrouve bien là, vieux, plaisanta James.

Sirius esquissa un sourire. Ils se dirigèrent vers la Grande Salle pour aller manger. Remus fut content de voir que Sirius avait retrouvé sa joie et sa bonne humeur habituelle.

Pendant le cours de Potions du lendemain, Sirius trouva Lily tout aussi distraite qu'il avait pu l'être la veille. Quand il lui demanda ce qui n'allait pas, elle lui ordonna d'ajouter les épluchures de citrouille. Sitôt fait, elle tint absolument à mélanger le tout.

-Hey, calmos, Evans !

-Je ne te demande pas ton avis, Black.

-Pas la peine de lâcher tes nerfs sur moi ! Si ton petit copain t'a largué, ce n'est pas de ma faute.

Lily lui lança un regard noir et se concentra sur sa potion. A la fin du cours, elle jeta ses affaires dans son sac et sortit avec Alice.

James demanda à Sirius ce qu'il s'était passé et celui-ci fut incapable de lui répondre. Harry, qui écoutait distraitement la conversation, eût une illumination :

-On est le combien ? demanda-t-il précipitamment.

-Le vingt et un, pourquoi ? dit James.

-Pétunia, murmura Harry.

-Qu'est-ce qu'elle a, Pétunia ?

-Rien, absolument rien.

Harry monta dans son dortoir, suivi de près par Hermione qui tenait absolument à savoir pourquoi il avait évoqué Pétunia.

-Si tu savais combien de fois Vernon avait raconté à Dudley comment il avait demandé sa mère en mariage, tu comprendrais mieux comment je fais pour m'en souvenir.

-Et tu penses que Lily est énervée à cause du mariage de sa sœur ?

-Je suis sûr qu'il a depuis l'été dernier bien monté Pétunia contre Lily. Elle doit le haïr pour avoir « obligé » Pétunia à la détester.

-Je vois…

Ils prirent leurs affaires et redescendirent dans la Grande Salle pour déjeuner. Lily tournait d'un air morose sa fourchette dans ses spaghettis.

-Il ne manquait plus que ça, se lamentait-elle.

-Au moins, tu ne la reverras plus pendant les vacances, la réconfortait Alice.

-Mais il n'y a vraiment plus aucune chance pour que l'on se réconcilie ! Et vingt ans pour se marier, c'est trop jeune, non ?

-Si elle l'aime, ça ne compte pas…

-Je suis sûre qu'elle ne l'aime pas, répliqua sèchement Lily en se levant. On ne peut pas aimer un homme pareil…

-Tous les goûts sont dans la nature, Lily et tu es bien placée pour le savoir, répondit Alice en jetant un coup d'œil à James.

Lily ouvrit la bouche bien qu'elle ne savait pas quoi répondre.

-Tu… tu ne vas quand même pas comparer Potter et Dursley ?

-Lily… soupira son amie. Respecte le choix de ta sœur, même si tu ne l'approuves pas.

-Parce que tu crois que Pétunia respecte mes choix ? Elle n'a jamais accepté le fait que je préfère aller à Poudlard plutôt qu'à l'école du coin !

Alice ne répondit rien et retourna à son assiette. Quant à Lily, elle attrapa son sac et sortit de la Grande Salle.

-Pétunia va marier ? demanda James à Alice une fois que Lily fût partie.

-Se fiancer plus exactement. Pendant les vacances de Noël.

Il prit lui aussi son sac et se dirigea vers la sortie.

-James, ce n'est pas une bonne idée, dit Alice. Elle est vraiment de mauvais poil.

-Je n'ai pas besoin de tes conseils, Geller.

Une fois sorti de la Grande Salle, il utilisa la carte du maraudeur pour retrouver Lily. Il vit qu'elle était dans la Salle commune en compagnie d'Alec McGilliver, le préfet-en-chef qui était lui aussi à Gryffondor. Il avait beau être un excellent élève, James trouvait que son sens de l'humour laissait à désirer.

-Revenant, lança-t-il à la Grosse Dame.

-Sûrement… dit-elle dans un baillement.

Il pouvait y arriver, il saurait être gentil et la réconforter… Il pouvait le faire. Il suffirait de caresser ses doux cheveux rouges, l'inviter à poser sa tête sur ses genoux… Parler le moins possible de lui… Oui, il en était parfaitement capable.

Mais rien ne se passa comme il l'avait prévu. Au lieu de trouver une Lily désemparée sur un canapé et un McGilliver qui faisait ses devoirs sans se soucier de sa présence, il vit Alec embrasser Lily. James eût l'impression que ses entrailles avaient disparu, que le temps s'était arrêté pour le condamner à regarder cette scène pour toujours. Il savait très bien que Lily était déjà sortie avec des garçons mais jusqu'à aujourd'hui, ils étaient plus souvent à Serdaigle. Il savait aussi qu'il ne pourrait supporter cette relation : encore s'il avait été à Poufsouffle, il aurait pu être exempté de la séance calins-bisous-je-t'aime du soir et il n'aurait pas été obligé de voir la seule fille qu'il aimait vraiment s'adonner à un autre. A moins d'éviter la pièce comme la peste – ce qui devrait se révéler très difficile étant donné que James était obligé d'y passer pour se rendre à son dortoir – il ne sera pas épargné par ce spectacle qui lui briserait chaque jour un peu plus le cœur.

Il décida malgré tout de passer devant eux dignement pour aller chercher ses affaires de cours pour l'après-midi. Il regarda droit devant lui, fixant un point invisible et passa devant eux le plus discrètement possible. Cela n'empêcha pas cependant Lily de le remarquer. Elle le regarda avancer sans qu'il ne lui adresse un seul regard. Elle ne voulut pas savoir pourquoi cette inattention lui fendit un peu le cœur. Elle regarda Alec d'un sourire triste. James entendit le jeune homme lui murmurer quelque chose qu'il ne put comprendre. Mais il s'en fichait. Il voulait son bonheur et apparemment il n'y participait pas, alors que McGilliver si. En y réfléchissant un peu, elle avait très certainement plus de points communs avec McGilliver qu'avec lui… Ils aimaient tous deux lire, le calme, l'ordre alors que James aimait l'agitation, violer les règlements et être fourré dans toute sorte d'ennuis. Enfin, non pas qu'il aimait vraiment s'attirer des problèmes, mais ça ne le dérangeait pas de faire des choses qui pourraient le fourrer dans le pétrin.

Quand il redescendit, Lily et Alec n'étaient plus là. Il décida d'aller directement devant la salle d'Enchantements : les autres le retrouveraient bien là bas. Une fois devant la salle, il regarda sa montre : il lui restait encore une demi-heure à combler avant le début du cours. Il se laissa glisser contre le mur pour s'assoir par terre. Il ouvrit son agenda et l'ouvrit à la page où il avait collé le petit mot que Lily lui avait envoyé l'été dernier… Il n'était certes pas amical mais il lui appartenait quand même. Malgré tout ce que Harry avait pu lui dire sur le futur – et notamment sur son mariage avec Lily – James avait du mal à croire que tout cela se réaliserait un jour. Lily qui serait sa femme… Ca paraissait tellement irréel, ça appartenait au domaine du rêve. Il en avait marre de devoir toujours paraître heureux, sûr de lui. Ca allait bien le temps d'une farce avec Sirius mais pas perpétuellement.

C'était l'une des premières fois où il se remettait vraiment en question. Il avait toujours su au fond de lui que Lily ne sortirait jamais avec un type qui passait sa vie à se moquer des autres et à faire des blagues stupides mais il n'avait jamais vraiment songé à y remédier. Harry et les autres le lui avaient aussi dit, il avait essayé de s'y appliquer mais peut-être qu'il n'était pas encore assez mature à ce moment-là pour changer en bien et ce définitivement ?

-Serais-tu en train de grandir ? se demanda-t-il à voix haute.

Il rangea son agenda et se remémora tous les refus qu'elle lui avait donnés depuis le début de la sixième année. Il en était arrivé à un total de deux-cent quarante trois, le record de l'année passée était battu. Il avait pourtant vraiment tout essayé, il lui avait même proposé de l'accompagner aux Trois Balais déguisé en lion ou en perroquet.

Il entendit les pas du petit professeur Flitwick s'approcher. Il se leva rapidement et essaya d'applatir inutilement ses cheveux.

-Vous êtes bien avance aujourd'hui, Mr Potter, couina Flitwick.

-Bonjour, professeur, dit James d'un ton qu'il essayait jovial.

Le professeur ouvrit la porte et invita James à s'y installer.

-Nous avons encore quinze minutes de répit.

James hocha brièvement la tête et s'assit à sa table.

-Tout va bien ? s'enquit le professeur Flitwick.

-Heu… oui, pourquoi ?

-Vous avez l'air triste… Non, pas triste… Plutôt nostalgique.

James regarda son professeur, les yeux grands ouverts. Il avait vraiment l'air nostalgique ? Reprends-toi, James, pensa-t-il très fort.

-C'est normal, à votre âge.

« Non mais de quoi je me mêle ? » pensa-t-il.

James s'abstint de toute réponse et sortit ses affaires. Il tapota du bout de ses doigts sa table.

A la fin du cours, il se précipita dans le couloir et alla dans son dortoir, là où personne en dehors de ses vrais amis ne le verrait. C'était bien beau d'avoir une tonne d'admiratrices, une foule de bons copains avec qui on peut plaisanter de temps en temps… Mais ça ne valait rien comparer à Lily, Sirius et Remus. Il se souvint des conseils que Remus lui avait donnés à la fin de la quatrième année :

-Allez, ce sont les vacances. Tu ne la verras pas pendant deux mois, elle te manquera de moins en moins… Il faut que tu prennes de la distance, c'est tout.

Et en ce moment, il n'avait qu'une envie : quitter le château pour ne pas avoir à assister au spectacle que donneraient Lily et Alec !

Quand Sirius et Remus entrèrent dans le dortoir, James était profondément assoupi.

Jamais le temps n'avait semblé si long à James. Il en avait presque perdu l'envie de faire des farces. Les cours de Potions paraissaient bien calmes à présent et les matchs Quidditch étaient presque devenus monotones. Sirius et Remus étaient désemparés face à l'état passif de leur ami. Quant à Peter, il couinait de temps en temps quelques paroles qui essayaient tant bien que mal d'être réconfortantes mais il passait le plus clair de son temps avec les Serpentard – en toute discrétion, bien entendu.

Cependant, après quelques semaines de déprime, James décida de se reprendre en main.

-Ce n'est qu'une fille, après tout, dit-il à Remus d'un ton convaincu.

-Heureux de te l'entendre dire, commenta son ami sans lever le nez de son livre de Métamorphose.

-C'est vrai, après tout, Harry m'a dit qu'on sortirait ensemble et même qu'on se marierait mais que ce ne sera qu'en septième année, je ne vois pas pourquoi je perdrais mon temps en ce moment, tout en sachant que ça ne sert à rien.

-Bien dit ! l'approuva Sirius en lui donnant une énorme tape dans le dos.

-Il en faut plus pour achever un Potter ! riposta James en lui envoyant un coussin dans la figure.

Les Maraudeurs jugèrent préférable de dormir par terre, étant donné que même les matelas avaient fini sur le sol.

Quand ils se réveillèrent le lendemain matin, ils enfilèrent leurs uniformes à toute vitesse, prirent leurs sacs et descendirent on ne peut plus rapidement dans la Grande Salle.

-Les cours commencent dans quinze minutes, remarque Remus.

Quelqu'un tapota dans le dos de Sirius. Celui-ci retourna.

-Quoi ? demanda-t-il à Regulus.

Son frère parut hésiter.

-Narcissa t'invite à l'inauguration du manoir.

-Quel manoir ?

-Hector Malefoy est mort… Lucius a hérité du manoir et avec Narcissa, ils ont fait quelques travaux et… enfin, je voulais savoir… Enfin, Narcissa voulait savoir si tu voulais venir…

-Pourquoi m'inviterait-elle ? Tu vaux bien plus que moi à leurs yeux. Et ils se trompent, ajouta-t-il pour lui-même.

Regulus mit du temps à répondre.

-Narcissa me demandait simplement si tu voulais venir, dit-il finalement en tournant de dos à Sirius. C'était AIMABLE !

-C'est ça, c'est ça, grogna Sirius en s'asseyant à la table des Gryffondor. Comme si une personne qui se mariait à un Malefoy pouvait être capable de quelconque sympathie.

-Pardon ? demanda Harry.

-Lord Malefoy II a hérité du manoir de son petit papa tout juste décédé.

Les entrailles de Harry se serrèrent. Un seul mot résonnait dans sa tête : JOURNAL.

Ron le ramena à la réalité quand il fallut aller en cours. Harry avait du mal à contenir sa joie. Un sourire persistait sur son visage, ce qui amena bien entendu les Maraudeurs à se poser des questions. Sirius l'interrogea sur Ginny ; Harry démentit fermement avoir fait quoique ce soit de « spécial » avec Ginny ces derniers temps.

En Potions, James fit exploser le chaudron du petit frère de Crabbe qui avait redoublé sa sixième année. La mine déconfite, il fut envoyé par Slughorn à l'infirmerie, en raison du nombre affolant de pustules qui lui poussaient sur le visage.

-Bien joué, lui dit Sirius à la fin du cours en faisant exploser un pétard aux pieds de Rogue qui fut propulsé à quelques mètres de là.

Remus les regarda d'un œil sévère et, pendant qu'il réprimandait ses deux amis, Harry et les autres en profitèrent pour s'éclipser dans leur dortoir.

-On y va pendant les vacances de printemps, décida Harry.

-Tu es sûr que Voldemort leur aura donné le journal ? demanda Hermione.

-Assurément. Le journal a été l'un des premiers Horcruxes créés, et on a déjà la bague et le médaillon. Je suis convaincu que Voldemort a déjà créer le journal et qu'il n'est plus question que de quelques semaines avant qu'il ne le donne aux Malefoy. Peut-être qu'il le donnera à Lucius pour le « consoler » de la mort de son père.

-Mais comment va-t-on y entrer ? demanda Ginny, à juste titre.

-On va essayer de réconcilier Sirius et Regulus, répondit-il simplement.

Aucun de ses camarades ne chercha à demander comment il s'y prendrait pour.

Quand ils descendirent manger dans la Grande Salle, ils aperçurent Lily et Alec et un peu plus loin, James se vengeait sur ses spaghettis.

-Ce – n'est – qu'une – fille ! essayait-il de se convaincre.

-Continue comme ça, et l'assiette ne sera plus rien, le taquina Sirius.

Si les yeux de James avaient pu tuer, Sirius serait déjà mort.

-Au fait, Harry, entraînement mardi soir, rappela le futur père.

-Je n'ai pas oublié.

C'était l'équipe de Serdaigle qui remportait la coupe pour le moment. Les Gryffondor devaient jouer contre les Poufsouffle le samedi qui suivait. Si Gryffondor gagnait avec plus de quarante points Poufsouffle, il affronterait Serdaigle pour la première place. S'il remportait la victoire avec moins de quarante points, il jouerait tout de même contre Serdaigle mais il lui faudrait les gagner avec trente points d'avance. Si l'équipe perdait, elle jouerait contre Serpentard pour la troisième ou la dernière place, dernière place qui n'avait encore jamais eu le plaisir d'accueillir l'équipe de Gryffondor depuis que James y était entré. Il le rappelait constamment à ses joueurs qui se contentaient d'hocher légèrement la tête à chaque fois.

Ginny assistait à chaque entraînement religieusement, encourageant l'équipe toute entière et calmait les débuts de crise d'angoisse de James lorsqu'il était seul. Personne ne l'avait jamais vu aussi stressé depuis le début de sa scolarité à Poudlard. Devant ses camarades, il faisait le fier, il aimait paraître convaincu de la future victoire de son équipe mais par derrière, il n'en menait pas large.

-Si on perd, mon père va me tuer, dit-il une fois à Ginny et Harry après un entraînement alors qu'ils retournaient au château.

-Mais non, le rassurait Ginny. Il y a des choses beaucoup plus grave que perdre un match de Quidditch, et tu le sais très bien et ton père aussi.

-Dire que certains me considéraient comme l'un des meilleurs joueurs de ma génération…

-Pourquoi « considéraient » ? Tu es excellent, James, pourquoi cela changerait-il cette année ?

Dans le Hall, James les laissa, prétextant vouloir aller faire un tour dans les cuisines. Ils voulurent l'accompagner mais il refusa, pour la bonne raison qu'il ne comptait pas aller dans les cuisines. Il attendit dans un angle du couloir qu'ils soient hors de sa vue et s'achemina vers la volière. Tenant fermement son balai dans la main, il avançait d'un pas décidé, regardant ses pieds. Il était tellement absorbé par le mouvement de ceux-ci qu'il ne vit la personne qui s'avançait devant lui, le pas tout aussi décidé. Boum ! Des livres tombèrent à leurs pieds.

-Excuse-moi Evans, dit précipitamment James en ramassant ses bouquins.

Il les lui fourra dans les bras et avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, il avait déjà disparu.